XII
Reading edition
JOURNAL DE VOYAGE [534]
Dans son Voyage en Amérique (Œuvres complètes, tome VI), Chateaubriand a donné quelques fragments de son Journal de route. Ce sont de simples notes, mais où se révèle déjà le grand peintre qu'il sera plus tard. «Rien, dit Sainte-Beuve (Chateaubriand et son groupe littéraire sous l'Empire, t. I, p. 126), rien ne rend mieux l'impression vraie, toute pure, à sa source; ce sont les cartons du grand peintre, du grand paysagiste, dans leur premier jet.»
Voici quelques-unes de ces notes.
Le ciel est pur sur ma tête, l'onde limpide sous mon canot qui fuit devant une légère brise. A ma gauche sont des collines taillées à pic et flanquées de rochers d'où pendent des convolvulus à fleurs blanches et bleues, des festons de bignonias, de longs graminées, des plantes saxatiles de toutes les couleurs; à ma droite règnent de vastes prairies. A mesure que le canot avance, s'ouvrent de nouvelles scènes et de nouveaux points de vue; tantôt ce sont des vallées solitaires et riantes, tantôt des collines nues; ici c'est une forêt de cyprès dont on aperçoit les portiques sombres; là c'est un bois léger d'érables, où le soleil se joue comme à travers une dentelle. Liberté primitive, je te retrouve enfin! Je passe comme cet oiseau qui vole devant moi, qui se dirige au hasard, et n'est embarrassé que du choix des ombrages. Me voilà tel que le Tout-Puissant m'a créé, souverain de la nature, porté triomphant sur les eaux, tandis que les habitants des fleuves accompagnent ma course, que les peuples de l'air me chantent leurs hymnes, que les bêtes de la terre me saluent, que les forêts courbent leur cime sur mon passage. Est-ce sur le front de l'homme de la société, ou sur le mien, qu'est gravé le sceau immortel de notre origine? Courez vous enfermer dans vos cités, allez vous soumettre à vos petites lois; gagnez votre pain à la sueur de votre front, ou dévorez le pain du pauvre; égorgez-vous pour un mot, pour un maître; doutez de l'existence de Dieu, ou adorez-le sous des formes superstitieuses: moi j'irai errant dans mes solitudes; pas un seul battement de mon cœur ne sera comprimé, pas une seule de mes pensées ne sera enchaînée; je serai libre comme la nature; je ne reconnaîtrai de souverain que celui qui alluma la flamme des soleils, et qui d'un seul coup de sa main fit rouler tous les mondes. Sept heures du soir. Nous nous sommes levés de grand matin pour partir à la fraîcheur; les bagages ont été rembarques; nous avons déroulé notre voile. Des deux côtés nous avions de hautes terres chargées de forêts; le feuillage offrait toutes les nuances imaginables: l'écarlate fuyant sur le rouge, le jaune foncé sur l'or brillant, le brun ardent sur le brun léger; le vert, le blanc, l'azur, lavés en mille teintes plus ou moins faibles, plus ou moins éclatantes. Près de nous c'était toute la variété du prisme; loin de nous, dans les détours de la vallée, les couleurs se mêlaient et se perdaient dans des fonds veloutés. Les arbres harmonisaient ensemble leurs formes; les uns se déployaient en éventail, d'autres s'élevaient en cônes, d'autres s'arrondissaient en boule, d'autres étaient taillés en pyramide: mais il faut se contenter de jouir de ce spectacle sans chercher à le décrire. Midi. Il est impossible de remonter plus haut en canot: il faut maintenant changer notre manière de voyager; nous allons tirer notre canot à terre, prendre nos provisions, nos armes, nos fourrures pour la nuit, et pénétrer dans les bois. Trois heures. Qui dira le sentiment qu'on éprouve en entrant dans ces forêts aussi vieilles que le monde, et qui seules donnent une idée de la création telle qu'elle sortit des mains de Dieu? Le jour, tombant d'en haut à travers un voile de feuillage, répand dans la profondeur du bois une demi-lumière changeante et mobile qui donne aux objets une grandeur fantastique. Partout il faut franchir des arbres abattus, sur lesquels s'élèvent d'autres générations d'arbres. Je cherche en vain une issue dans ces solitudes; trompé par un jour plus vif, j'avance à travers les herbes, les mousses, les lianes, et l'épais humus composé des débris des végétaux; mais je n'arrive qu'à une clairière formée par quelques pins tombés. Bientôt la forêt redevient plus sombre; l'œil n'aperçoit que des troncs de chênes et de noyers qui se succèdent les uns aux autres, et qui semblent se serrer en s'éloignant: l'idée de l'infini se présente à moi. Six heures. J'avais entrevu de nouveau une clarté et j'avais marché vers elle. Me voilà au point de lumière: triste champ plus mélancolique que les forêts qui l'environnent! Ce champ est un ancien cimetière indien. Que je me repose un instant dans cette double solitude de la mort et de la nature: est-il un asile où j'aimasse mieux dormir pour toujours. Sept heures. Ne pouvant sortir de ces bois, nous y avons campé. La réverbération de notre bûcher s'étend au loin; éclairé en dessous par la lueur scarlatine, le feuillage parait ensanglanté, les troncs des arbres les plus proches s'élèvent comme des colonnes de granit rouge, mais les plus distants, atteints à peine de la lumière, ressemblent, dans l'enfoncement du bois, à de pâles fantômes rangés en cercle au bord d'une nuit profonde. Minuit. Le feu commence à s'éteindre, le cercle de sa lumière se rétrécit. J'écoute; un calme formidable pèse sur ces forêts; on dirait que des silences succèdent à des silences. Je cherche vainement à entendre dans un tombeau universel quelque bruit qui décèle la vie. D'où vient ce soupir? d'un de mes compagnons: il se plaint, bien qu'il sommeille. Tu vis, donc, tu souffres: voilà l'homme. Minuit et demie. Le repos continue: mais l'arbre décrépit se rompt: il tombe. Les forêts mugissent; mille voix s'élèvent. Bientôt les bruits s'affaiblissent; ils meurent dans des lointains presque imaginaires; le silence envahit de nouveau le désert. Une heure du matin. Voici le vent: il court sur la cime des arbres; il les secoue en passant sur ma tête. Maintenant c'est comme le flot de la mer qui se brise tristement sur le rivage. Les bruits ont réveillé les bruits. La forêt est toute harmonie, Est-ce les sons graves de l'orgue que j'entends, tandis que des sons plus légers errent dans les voûtes de verdure? Un court silence succède: la musique aérienne recommence; partout de douces plaintes, des murmures qui renferment eux-mêmes d'autres murmures; chaque feuille parle un langage différent, chaque brin d'herbe rend une note particulière. Une voix extraordinaire retentit: c'est celle de cette grenouille qui imite les mugissements du taureau. De toutes les parties de la forêt les chauves-souris accrochées aux feuilles élèvent leurs chants monotones: on croit ouïr des glas continus, ou le tintement funèbre d'une cloche. Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
TABLE DES MATIÈRES.
INTRODUCTION. V
PRÉFACE TESTAMENTAIRE. XLIII
AVANT-PROPOS. LILI
PREMIÈRE PARTIE.
LIVRE PREMIER.
Naissance de mes frères et sœurs. -- Je viens au monde. -- Plancoët. -- Vœu. -- Combourg. -- Plan de mon père pour mon éducation. -- La Villeneuve. -- Lucile. -- Mesdemoiselles Couppart. -- Mauvais écolier que je suis. -- Vie de ma grand'mère maternelle et de sa sœur, à Plancoët. -- Mon oncle, le comte de Bedée, à Monchoix. -- Relèvement du vœu de ma nourrice. -- Gesril. -- Hervine Magnon. -- Combat contre les deux mousses. 1
LIVRE II.
Billet de M. Pasquier. -- Dieppe. -- Changement de mon éducation. -- Printemps en Bretagne. -- Forêt historique. -- Campagnes Pélagiennes. -- Coucher de la lune sur la mer. -- Départ pour Combourg. -- Description du château. -- Collège de Dol. -- Mathématiques et langues. -- Trait de mémoire. -- Vacances à Combourg. -- Vie de château en province. -- Mœurs féodales. -- Habitants de Combourg. -- Secondes vacances à Combourg. -- Régiment de Conti. -- Camp à Saint-Malo. -- Une abbaye. -- Théâtre. -- Mariage de mes deux sœurs aînées. -- Retour au collège. -- Révolution commencée dans mes idées. -- Aventures de la pie. -- Troisièmes vacances à Combourg. -- Le charlatan. -- Rentrée au collège. -- Invasion de la France. -- Jeux. -- L'abbé de Chateaubriand. -- -Première communion. -- Je quitte le collège de Dol. -- Mission à Combourg. -- Collège de Rennes. -- Je retrouve Gesril. -- Moreau. -- Limoëlan. -- Mariage de ma troisième sœur. -- Je suis envoyé à Brest pour subir l'examen de garde de marine. -- Le port de Brest. -- Je retrouve encore Gesril. -- Lapeyrouse. -- Je reviens à Combourg. 63
LIVRE III.
Promenade. -- Apparition de Combourg. -- Collège de Dinan. -- Broussais. -- Je reviens chez mes parents. -- Vie à Combourg. -- Journées et soirées. -- Mon donjon. -- Passage de l'enfant à l'homme. -- Lucile. -- Dernières lignes écrites à La Vallée-aux-Loups. -- Révélations sur le mystère de ma vie. -- Fantôme d'amour. -- Deux années de délire. -- Occupations et chimères. -- -Mes joies de l'automne. -- Incantation. -- Tentation. -- Maladie. -- Je crains et refuse de m'engager dans l'état ecclésiastique. -- Un moment dans ma ville natale. -- Souvenir de la Villeneuve et des tribulations de mon enfance. -- Je suis rappelé à Combourg. -- Dernière entrevue avec mon père. -- J'entre au service. -- Adieux à Combourg. 123
LIVRE IV.
Berlin. -- Potsdam. -- Frédéric. -- Mon frère. -- Mon cousin Moreau. -- Ma sœur, la comtesse de Farcy. -- Julie mondaine. -- Dîner. -- Pommereul. -- Mme de Chastenay. -- Cambrai. -- Le régiment de Navarre. -- La Martinière. -- Mort de mon père. -- Regrets. -- Mon père m'eût-il apprécié? -- Retour en Bretagne. -- Séjour chez ma sœur aînée. -- Mon frère m'appelle à Paris. -- Premier souffle de la muse. -- Manuscrit de Lucile. -- Ma vie solitaire à Paris. -- Présentation à Versailles. -- Chasse avec le roi. 169
LIVRE V.
Passage en Bretagne. -- Garnison de Dieppe. -- Retour à Paris avec Lucile et Julie. -- Delisle de Sales. -- Gens de lettres. -- Portraits. -- Famille Rosambo. -- M. de Malesherbes. -- Sa prédilection pour Lucile. -- Apparition et changement de ma Sylphide. -- Premiers mouvements politiques en Bretagne. -- Coup d'œil sur l'histoire de la monarchie. -- Constitution des États de Bretagne. -- Tenue des États. -- Revenu du roi en Bretagne. -- Revenu particulier de la province. -- Le Fouage. -- J'assiste pour la première fois à une réunion politique. -- Scène. -- Ma mère retirée à Saint-Malo. -- Cléricature. -- Environs de Saint-Malo. -- Le revenant. -- Le malade. -- États de Bretagne en 1789. -- Insurrection. -- Saint-Riveul, mon camarade de collège est tué. -- Année 1789. -- Voyage de Bretagne à Paris. -- Mouvement sur la route. -- Aspect de Paris. -- Renvoi de M. Necker. -- Versailles. -- Joie de la famille royale. -- Insurrection générale. Prise de la Bastille. -- Effet de la prise de la Bastille sur la cour. -- Têtes de Foullon et de Bertier. -- Rappel de M. Necker. -- Séance du 4 août 1789. -- Journée du 5 octobre. -- Le roi est amené à Paris. -- Assemblée constituante. -- Mirabeau. -- Séances de l'Assemblée nationale. -- Robespierre. -- Société. -- Aspect de Paris. -- Ce que je faisais au milieu de tout ce bruit. -- Mes jours solitaires. -- Mlle Monet. -- J'arrête avec M. de Malesherbes le plan de mon voyage en Amérique. -- Bonaparte et moi, sous-lieutenants ignorés. -- Le marquis de la Rouërie. -- Je m'embarque à Saint-Malo. -- Dernières pensées en quittant la terre natale. 213
LIVRE VI.
Prologue. -- Traversée de l'océan. -- Francis Tulloch. -- Christophe Colomb. -- Camoëns. -- Les Açores. -- Île Graciosa. -- Jeux marins. -- Île Saint-Pierre. -- Côtes de la Virginie. -- Soleil couchant. -- Péril. -- J'aborde en Amérique. -- Baltimore. -- Séparation des passagers. -- Tulloch. -- Philadelphie. -- Le général Washington. -- Parallèle de Washington et de Bonaparte. -- Voyage de Philadelphie à New-York et à Boston. -- Mackensie. -- Rivière du nord. -- Chant de la passagère. -- M. Swift. -- Départ pour la cataracte de Niagara avec un guide hollandais. -- M. Violet. -- Mon accoutrement sauvage. -- Chasse. -- Le carcajou et le renard canadien. -- Rate musquée. -- Chiens pêcheurs. -- Insectes. -- Montcalm et Wolfe. -- Campement au bord du lac des Onondagas. -- Arabes. -- Course botanique. -- L'Indienne et la vache. -- Un Iroquois. -- Sachem des Onondagas. -- Velly et les Franks. -- Cérémonie de l'hospitalité. -- Anciens grecs. -- Voyage du lac des Onondagas à la rivière Genesee. -- Abeilles, défrichements. -- Hospitalité. -- Lit. -- Serpent à sonnettes enchanté. -- Cataracte de Niagara. -- Serpent à sonnettes. -- Je tombe au bord de l'abîme. -- Douze jours dans une hutte. -- Changement de mœurs chez les sauvages. -- Naissance et mort. -- Montaigne. -- Chant de la couleuvre. -- Pantomime d'une petite Indienne, original de Mila. -- Incidences. -- Ancien Canada. -- Population indienne. -- Dégradation des mœurs. -- Vraie civilisation répandue par la religion. -- Fausse civilisation introduite par le commerce. -- Coureurs de bois. -- Factoreries. -- Chasses. -- Métis ou Bois-brûlés. -- Guerres des compaynies. -- Mort des langues indiennes. -- Anciennes possessions françaises en Amérique. -- Regrets. -- Manie du passé. -- Billet de Francis Conyngham. -- Manuscrit original en Amérique. -- Lacs du Canada. -- Flotte de canots indiens. -- Ruines de la nature. -- Vallée du tombeau. -- Destinée des fleuves. -- Fontaine de Jouvence. -- Muscogulges et Siminoles. -- Notre camp. -- Deux Floridiennes. -- Ruines sur l'Ohio. -- Quelles étaient les demoiselles Muscogulges. -- Arrestation du roi à Varennes. -- J'interromps mon voyage pour repasser en Europe. -- Dangers pour les États-Unis. -- Retour en Europe. -- Naufrage. 315
APPENDICE.
I. La tombe du Grand-Bé. 441
II. Le manuscrit de 1826. 448
III. Le comte Louis de Chateaubriand et son frère Christian. 451
IV. Le comte René de Chateaubriand, armateur. 454
V. Chateaubriand et le collège de Dinan. 456
VI. Récits de la Veillée. 457
VII. Le cousin Moreau et sa mère. 460
VIII. M. de Malesherbes. 465
IX. La cléricature de Chateaubriand. 468
X. Le baron Billing et l'ambassade de Londres. 469
XI. Francis Tulloch. 472
XII. Journal de voyage. 476
-- Table. 481
Paris. -- E. Kapp, imprimeur, 83, rue du Bac.
«Jeté au milieu des mers où Camoëns plaça le génie des tempêtes, Buonaparte ne peut se remuer sur son rocher sans que nous ne soyons avertis de son mouvement par une secousse. Un pas de cet homme à l'autre pôle se ferait sentir à celui-ci. Si la Providence déchaînait encore son fléau; si Buonaparte était libre aux États-Unis, ses regards attachés sur l'océan suffiraient pour troubler les peuples de l'ancien monde: sa seule présence sur le rivage américain de l'Atlantique forcerait l'Europe à camper sur le rivage opposé.»(retour)
Dans la cour du Palais je naquis ton voisin.(retour)
When you entombed, in men' eyes, shall lie Your monument shall be my gentle verse.(retour)
1º Geoffroy-René-Marie, né le 4 mai 1758 (mort au berceau). 2º Jean-Baptiste-Auguste, né le 23 juin 1759 (celui qui sera le petit-gendre de Malesherbes). 3º Marie-Anne-Françoise, née le 4 juillet 1760 (plus tard Mme de Marigny). 4º Bénigne-Jeanne, née le 31 août 1761 (qui épousera plus tard M. de Québriac, puis M. de Châteaubourg). 5º Julie-Marie-Agathe, née le 2 septembre 1763 (plus tard Mme de Farcy). 6º Lucile-Angélique, née le 7 août 1764 (plus tard Mme de Caud). 7º Auguste, né le 28 mai 1766 (mort au bout de quelques mois). 8º Calixte-Anne-Marie, née le 3 juin 1767 (morte en bas âge). 9º François-René, né le 4 septembre 1768 (l'auteur du Génie du christianisme). Le chiffre de dix enfants, donné par Chateaubriand, n'en est pas moins exact. Un dixième enfant -- qui fut en réalité le premier -- était né à Plancoët, où M. et Mme de Chateaubriand habitèrent pendant quelque temps à la suite de leur mariage. Ce premier enfant, né et mort à Plancoët, n'a pu figurer sur les registres de Saint-Malo. (Recherches sur plusieurs des circonstances relatives aux origines, à la naissance et à l'enfance de M. de Chateaubriand, par M. Ch. Cunat, 1850.)(retour)
«François-René de Chateaubriand, fils de haut et puissant René de Chateaubriand, chevalier, comte de Combourg, et de haute et puissante dame, Apolline-Jeanne-Suzanne de Bedée, dame de Chateaubriand, son épouse, né le 4 septembre 1768, baptisé le jour suivant par nous, Messire Pierre-Henry Nouail, grand chantre et chanoine de l'Église cathédrale, official et grand vicaire de Monseigneur l'évêque de Saint-Malo. A été parrain haut et puissant Jean-Baptiste de Chateaubriand, son frère, et marraine haute et puissante dame Françoise-Marie-Gertrude de Contade, dame et comtesse de Plouër, qui signent et le Père. Ont signé: Jean-Baptiste de Chateaubriand, Brignon de Chateaubriand, Contades de Plouër, de Chateaubriand, Nouail, vicaire général.»(retour)
E ce fut en Broceliande, Une broce (une forêt) en une lande.
(Voir Brocéliande et ses chevaliers, par M. Baron du Taya, p. 6, et Histoire de Bretagne, par Arthur de la Borderie, tome I, p. 44, 45.)(retour)
«L'aspect du pays, entrecoupé de fossés boisés, est celui d'une continuelle forêt, et rappelle l'Angleterre. Des vallons étroits et profonds où coulent, parmi des saulaies et des chenevières, de petites rivières non navigables, présentent des perspectives riantes et solitaires. Les futaies à fond de bruyères et à cépées de houx, habitées par des sabotiers, des charbonniers et des verriers tenant du gentilhomme, du commerçant et du sauvage; les landes nues, les plateaux pelés, les champs rougeâtres de sarrasin qui séparent ces vallons entre eux, en font mieux sentir la fraîcheur et l'agrément. Sur les côtes se succèdent des tours à fanaux, des clochers de la renaissance, des vigies, des ouvrages romains, des monuments druidiques, des ruines de châteaux: la mer borde le tout.»] (retour)
«Séance du 8 pluviôse an II (27 janvier 1794) de la République une et indivisible. «Le Comité de surveillance et révolutionnaire de la commune de Rennes a arrêté d'envoyer au district les motifs qui ont déterminé les incarcérations et arrestations des personnes suivantes: «1º Julie Chateaubriand, femme Farcy, ex-noble, âgée de 27 ans, envoyée à la maison de réclusion de Rennes, le 21 octobre 1793 (vieux stile), par le Comité de surveillance de Fougères, sans autres motifs; «2º Lucille Chateaubriand, ex-noble, âgée de 25 ans, regardée comme suspecte aux termes de la loi du 17 septembre (vieux stile); «3º Céleste Buisson, femme Chateaubriand, ex-noble, âgée de 18 ans, envoyée de Fougères le 21 octobre 1793, même motif.» Il ressort de cette pièce que Lucile n'a pas été envoyée de Fougères à Rennes, le 21 octobre 1793, bien qu'à cette époque elle vécût, dans la première de ces deux villes, avec sa sœur et sa belle-sœur. Il est probable qu'elle fut, à ce moment, laissée en liberté, et qu'elle provoqua elle-même son incarcération, pour ne pas quitter la jeune femme, son amie, dont elle avait promis de ne pas se séparer. On lit, en effet, dans une lettre de Lucile, la dernière qu'elle ait écrite à son frère: «Lorsque tu partis pour la seconde fois de France, tu remis ta femme entre mes mains, tu me fis promettre de ne m'en point séparer. Fidèle à ce cher engagement, j'ai tendu volontairement mes mains aux fers, et je suis entrée dans ces lieux destinés aux seules victimes vouées à la mort.» (retour)
The world was all before them, where to choose Their place of rest, and Providence their guide! (retour)
Carbon de Flins des Oliviers A plus de noms que de lauriers.
Ami de Fontanes, il rédigea avec lui, en 1789, le Journal de la Ville et des Provinces, ou le Modérateur. Il a fait jouer, non sans succès, plusieurs comédies en vers. L'une d'elles, le Réveil d'Épiménide à Paris ou les Étrennes de la liberté, représentée sur le Théâtre-Français, le 1er janvier 1790, obtint une vogue considérable, justifiée d'ailleurs par le mérite de la pièce et par son excellent esprit.(retour)
Note 299: Mlle Saint-Val cadette. Son aînée avait quitté la Comédie-Française en 1779.(retour)
Ils ne sont pas venus, nos deux rois; qu'on leur die Qu'ils se font trop attendre, et qu'Attila s'ennuie.(retour)