Note 304 — XII
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Note 304: Guinguené fut nommé, au commencement de 1798, ambassadeur de la République française à Turin. «C'était, dit M. Ludovic Sciout (le Directoire, tome III, p. 532), c'était un vrai Trissotin, un révolutionnaire aussi sot qu'insolent.» Par affectation de simplicité, et sans doute aussi par économie, car il tenait beaucoup à l'argent, il fit dispenser sa femme de paraître en habit de cour aux audiences. Sans perdre une heure, il dépêcha au ministre des relations extérieures un courrier extraordinaire, porteur de la grande nouvelle: la citoyenne ambassadrice est allée à la cour en pet-en-l'air! Ce pauvre Guinguené avait compté sans son hôte: le ministre (c'était Talleyrand) glissa aussitôt dans le Moniteur la note suivante: «Un ambassadeur de la République a écrit, dit-on, au ministre des relations extérieures qu'il venait de remporter une victoire signalée sur l'étiquette d'une vieille monarchie, en y faisant recevoir l'ambassadrice en habits bourgeois. Le ministre lui a répondu que la République n'envoyait que des ambassadeurs, parce qu'il n'y avait chez elle que des directeurs et qu'on n'y connaissait de directrices que celles qui se trouvaient à la tête de quelques spectacles.» (Moniteur du 26 juin 1798.) -- A quelques jours de là, Guinguené était rappelé.(retour)