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Mémoires d'Outre-Tombe, Tome 1

V

Reading edition

Dans Atala, le récit, encadré entre un prologue et un épilogue, comprend quatre divisions, qui sont comme les quatre chants d'un poème: les Chasseurs, les Laboureurs, le Drame, les Funérailles.

Le Génie du Christianisme est composé de quatre parties et de vingt-deux livres.

Simple journal de voyage, l'Itinéraire de Paris à Jérusalem ne comporte pas la division en livres, qui aurait altéré le caractère et la physionomie de l'ouvrage. L'auteur, cependant, l'a fait précéder d'une Introduction et l'a divisé en sept parties, dont chacune forme un tout distinct et comme un voyage séparé.

Pour les Martyrs, au contraire, la division en livres était de rigueur, et l'on sait combien est savante et variée l'ordonnance de ce poème.

Les Mémoires sur la vie et la mort du duc de Berry, une des œuvres les plus parfaites du grand écrivain, sont formés de deux parties, renfermant, la première, trois, et la seconde, deux livres.

En abordant l'histoire, Chateaubriand ne crut pas devoir abandonner les règles de composition qu'il avait suivies jusqu'à ce moment. Les Études historiques sur la chute de l'empire romain, la naissance et les progrès du christianisme et l'invasion des barbares se composent de six discours: chacun de ces discours est lui-même divisé en plusieurs parties.

En 1814, un demi-siècle après l'Essai sur les Révolutions Chateaubriand donnait au public son dernier ouvrage, la Vie de Rancé. Là encore, nous le retrouvons fidèle à ses habitudes: la Vie de Rancé est divisée en quatre livres.

Chateaubriand pensait sans doute sur ce point comme son critique, puisque aussi bien il ne pêchait point par excès de modestie, ainsi qu'on le lui a si souvent et si durement reproché. Du moment qu'à ses yeux sa Biographie, ses Mémoires, devaient former une épopée, un poème entier, il a dû d'abord, en raison de leur étendue, les diviser en plusieurs parties et diviser ensuite chacune de ces parties elles-mêmes en plusieurs livres. Il a dû le faire et il l'a fait. Nul doute possible à cet égard.

L'ouvrage comprenait alors trois parties. C'est encore ce que constate la Préface de 1833: «Quand la mort baissera la toile entre moi et le monde, on trouvera que mon drame se divise en trois actes. Depuis ma première jeunesse jusqu'en 1800, j'ai été soldat et voyageur; depuis 1800 jusqu'en 1814, sous le Consulat de l'Empire, ma vie a été littéraire; depuis la Restauration jusqu'aujourd'hui, ma vie a été politique.»

La division des Mémoires en livres n'est pas moins certaine que leur division en quatre parties.

Donc, en 1834, toute la partie des Mémoires alors rédigée, c'est-à-dire sept volumes sur onze, était divisée en livres. L'auteur avait encore à écrire le récit de sa carrière littéraire, de 1800 à 1814, et d'une partie de sa carrière politique, de 1814 à 1828. Ce fut l'objet des quatre volumes complémentaires, composés de 1836 à 1839. En cette nouvelle et dernière partie de sa rédaction, Chateaubriand a-t-il brisé le moule dans lequel il avait jeté ses précédents volumes? A-t-il rompu tout à coup avec ses procédés habituels de composition? Il n'en est rien, ainsi que le montrent les textes ci-après, empruntés à la rédaction de 1836-1839.

Tome V, p. 97. -- Paris, 1839. -- Revu en juin 1847. -- «Le premier livre de ces Mémoires est daté de la Vallée-aux-Loups, le 4 octobre 1811: là se trouve la description de la petite retraite que j'achetai pour me cacher à cette époque.»

Tome V, p. 178. -- Paris, 1839. -- «Ces deux années (de 1812 à 1814), je les employai à des recherches sur la France et à la rédaction de quelques livres de ces Mémoires.»

Tome V, p. 189. -- Paris, 1839. -- «Maintenant, le récit que j'achève rejoint les premiers livres de ma vie publique, précédemment écrits à des dates diverses.»

Tome VI, p. 336. -- «Dans le livre IV de ces Mémoires, j'ai parlé des exhumations de 1815.»

Tome VI, p. 380. -- 1838. -- «Benjamin Constant imprime son énergique protestation contre le tyran, et il change en vingt-quatre heures. On verra plus tard, dans un autre livre de ces Mémoires, qui lui inspira ce noble mouvement auquel la mobilité de sa nature ne lui permit pas de rester fidèle.»

Ainsi, en 1839, dernière date de la rédaction de ses Mémoires (quelques pages seulement y furent ajoutées plus tard), Chateaubriand continue d'être fidèle aux principes de composition qui avaient présidé au commencement de son travail. Si nous poussons plus avant, si nous descendons jusqu'à l'année 1846, époque à laquelle l'ouvrage était depuis longtemps terminé, nous trouvons ce curieux et très significatif billet de Mme de Chateaubriand. Il est adressé à M. Mandaroux-Vertamy:

2 février 46.

En priant M. Vertamy d'agréer tous mes remerciements empressés, j'ai l'honneur de lui envoyer les 1er, 2e et 3e livres de la première partie des Mémoires que je sais qu'il lira avec toute l'attention de l'amitié.

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