Note (retour) — V
Reading edition
Veut-on que Chateaubriand, après avoir commencé ses Mémoires sous cette forme et l'avoir maintenue jusqu'en 1826, l'ait abandonnée dans les années qui suivirent? Cela ne se pourrait soutenir. En 1834, lors des lectures de l'Abbaye-au-Bois, la division en livres subsistait toujours, ainsi que le constatent non seulement tout ceux qui assistèrent aux lectures et en rendirent compte, mais encore Chateaubriand lui-même, dans le passage déjà cité de sa préface testamentaire du 1er décembre 1833: «Les Mémoires sont divisés en parties et en livres.» J'en trouverais une autre preuve, si besoin était, dans une lettre écrite par l'auteur, le 24 avril 1834, à Édouard Mennechet, qui lui avait demandé un fragment de l'ouvrage pour le Panorama littéraire de l'Europe. «Tel livre de mes Mémoires, lui écrivait Chateaubriand, est un voyage; tel autre s'élève à la poésie; tel autre est une aventure privée; tel autre, un récit général, une correspondance intime, le détail d'un congrès, le compte rendu d'une affaire d'État, une peinture de mœurs, une esquisse de salon, de club, de cour, etc. Tout n'est donc pas adressé aux mêmes lecteurs, et, dans cette variété, un sujet fait passer l'autre [25].»