← Table of contents
Mémoires d'Outre-Tombe, Tome 1

Note 422 — XII

Reading edition

Note 422: De ces études botaniques qui avaient préparé son voyage au nouveau monde, il était resté à Chateaubriand une connaissance assez étendue des plantes; et ses contemplations de la nature, comme ses promenades solitaires, avaient accru sa science: «Quand nous errions, dit M. de Marcellus (Chateaubriand et son temps, p. 44) dans les grands espaces presque déserts, autour de Londres, il s'amusait à me montrer dans les prairies de Regent's-Park, ou sous les bois de Kensington, quelques-unes des fleurs, ses anciennes amies de Combourg, retrouvées dans les forêts de l'Amérique, mais il citait moins Linné que Virgile, car il savait les Géorgiques par cœur. « -- Voici,» me dit-il un jour, «l'avoine stérile, steriles dominantur avenæ. Mais Virgile veut parler ici de l'avoine folle et sauvage, et elle n'est pas stérile; car les Indiens la récoltent en Amérique; j'en ai vu des moissons naturelles aussi hautes et épaisses que nos champs de blé. Là, au lieu de la main des hommes, c'est la Providence qui la sème. Regardez ce chardon épineux, segnisque horreret in arvis carduus, et il n'est pas segnis, parce qu'il serait lent et paresseux à croître; mais bien au contraire parce qu'il rapporte aussi peu que les terres où il s'élève: neu segnes faceant terræ, a dit aussi Virgile, ici la grande centaurée, graveolentia centaurea, que j'ai cueillie sur les raines de Lacédémone; plus loin le cerinthæ ignobile gramen, périphrase pour laquelle j'aurais à gronder un peu le poète latin, car je veux y retrouver notre gentille pâquerette, qui certes n'a rien d'ignoble.»(retour)

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings