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Les Touâreg du nord

LIVRE PREMIER. (continued 2)

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Sur toute l’étendue de ces 75 kilomètres, les sables recouvrent le sol qui apparaît de temps en temps, soit sous forme d’un calcaire noirâtre ou violet, compact et solide, soit sous forme de graviers quartzeux arrondis ; quelquefois ces graviers ont été cimentés avec le sable par les pluies au moyen d’une substance calcaire agrégeable, et alors ils forment un poudingue.

On rencontre aussi parfois dans ce parcours des places couvertes d’une argile violette solide et lisse, mais fendillée par l’action du soleil ; ces couches d’argile représentent les lits de mares desséchées, et expliquent jusqu’à un certain point comment les graviers et le sable ont pu se souder ensemble de manière à former la roche dont je viens de parler.

C. — Plateau d’Éguélé.

Je donne le nom de plateau d’Eguélé à une région mouvementée, partie hamâda, partie dunes, qui sépare la région des dunes d’Edeyen de la vallée des Igharghâren. Ce plateau bas a 106 kilomètres du Nord au Sud dans la partie où je l’ai traversée. Sa longueur, de l’Est à l’Ouest, est encore inconnue.

Entre Abrîha, point où les sables cessent, et Tâdjentoûrt, est une hamâda plate, couverte de petites pierres.

Tâdjentoûrt, qu’il ne faut pas confondre avec l’ouâdi de ce nom situé plus au Sud, est une dépression circulaire comme on en remarque si souvent dans les régions sahariennes.

Au delà, sur une étendue de 9 kilomètres, ma route parcourt la continuation du plateau au milieu de pierres calcaires et d’affleurements de même nature. Çà et là apparaissent des sables mêlés à du gravier et formant un terrain solide.

Eguélé est une chaîne de hauteurs de pierres calcaires noires, d’où leur nom Eguélé (le coléoptère[40]), et dont la direction générale est du Nord-Est au Sud-Ouest. Cette chaîne coupe la route et marque le point culminant de cette section ; c’est pourquoi, à défaut d’un nom indigène applicable à l’ensemble du plateau, je donne au tout le nom de sa partie la plus remarquable.

Au Sud du point où je traverse la chaîne d’Eguélé, on rencontre l’Ouâdi-Tâdjentoûrt, ravin sans eau qui a ses origines dans une ligne de hauteurs que la route suit sur une étendue de 35 kilomètres ; ligne qu’on laisse dans l’Est, et qui est la prolongation Sud de la chaîne d’Eguélé.

Le trajet s’effectue au milieu des rochers, et on arrive à la dépression d’Aseqqîfâf, réceptacle des eaux pluviales de la chaîne, mais à sec, hors les temps de pluie.

Entre Aseqqîfâf et Isaouan (35 kilomètres) est le plateau calcaire de Timozzoudjên, recouvert dans sa partie Nord, sur un parcours de 12 kilomètres, de petites dunes de sables auxquelles on donne le nom d’Isoûlan-n-Emôhagh et vis-à-vis desquelles on voit dans l’Ouest les sables de Tedjoûdjelt.

Ce plateau, dans son entier, est de même formation que celui de Tînghert ; sa pente générale est légèrement inclinée vers le Sud.

Isaouan est le nom donné à la partie de la plaine des Igharghâren dans laquelle se trouvent les grands rhedîr de Sâghen, alimentés par l’Ouâdi Tikhâmmalt.

Le rebord méridional du plateau de Timozzoudjên termine la série des calcaires sur lesquels est assise la route de ce point à Ghadâmès.

D. — Plaine des Igharghâren.

La plaine des Igharghâren est une grande vallée de 320 kilomètres de l’Est à l’Ouest, et d’une largeur moyenne de 35, formée au Nord par le rebord méridional du plateau de Timozzoudjên et au Sud par les versants septentrionaux des montagnes du Tasîli. Sa principale largeur est dans l’Est.

Cette grande vallée d’alluvions sablonneuses est découpée du Sud au Nord en forme de larges plates-bandes par les nombreux ouâdi du Tasîli, qui tous viennent se réunir au pied du plateau d’Eguélé en un lit unique prenant le nom de son principal affluent, l’Ouâdi-Tikhâmmalt, et qui, après avoir suivi une direction générale Sud et Nord, du sommet du Tasîli à Sâghen, tourne brusquement à l’Ouest pour aller se jeter dans l’Ouâdi-Igharghar à El-Bîr, au Sud-Ouest de Timâssanîn.

Cette grande vallée, couverte d’arbres dans toutes ses lignes de bas-fonds, fait un contraste très-remarquable entre l’aspect monotone des plateaux du Nord et de ceux du Sud.

Elle pourrait être facilement transformée en une série d’oasis, avec des eaux courantes, si les forages artésiens y réussissent, ainsi que tout l’indique. Dans tous les cas, avec des puits ordinaires, on y aurait l’eau à peu de profondeur, surtout dans les lits des principaux ouâdi.

Je reviens à mon itinéraire.

Les rhedîr de Sâghen ne sont ordinairement pleins qu’après les grandes pluies, mais à environ un mètre du sol on trouve toujours l’eau nécessaire à tous les besoins.

Au milieu des alluvions qui entourent les rhedîr, on remarque des laves[41] noires, poreuses et légères, charriées, du sommet de l’Adrâr, point le plus élevé du Tasîli, par les eaux de débordement de l’Ouâdi-Tikhâmmalt.

Les Touâreg trempent quelquefois ces laves dans l’huile, qu’elles absorbent comme le ferait une éponge ; après quoi ils y mettent le feu ; l’huile brûle. Ce fait mal expliqué a fait croire à l’existence de la houille dans les montagnes des Touâreg. Lorsqu’on leur demandait : « Avez-vous dans votre pays des pierres noires qui brûlent ? » ils répondaient : « Oui, nous en avons, » mais sans ajouter : « Nous les imprégnons d’huile pour qu’elles puissent brûler. »

Déjà M. Isma’yl-Boû-Derba avait trouvé dans l’Ouâdi-Igharghar, mais provenant du Ahaggâr, des laves de même nature.

Ces deux constatations, confirmatives d’autres indications données par les Touâreg, ne laissent aucun doute sur la formation volcanique des points culminants du Ahaggâr et du Tasîli.

Plus loin, j’aurai l’occasion de constater la présence de pierres de même nature dans le Djebel-es-Sôda (la montagne noire) que j’ai pu étudier avec plus de soin, mon itinéraire traversant ce massif de montagnes.

Le fond du sol de Sâghen est un composé de sables et d’argile apportés par les eaux d’inondations ; dans les sables, on trouve une grande quantité de mica. Les pierres roulées par les eaux sont des grès ou des détritus de roches plus grossières, formés de grains de quartz agglomérés.

De Sâghen à Tâdjenoût, la route suit la vallée de l’Ouâdi-Tikhâmmalt, tantôt sur une rive, tantôt sur une autre. En remontant le lit de cette rivière, on remarque sur le sol des affleurements d’un grès grisâtre, noirci à la surface.

A Tâdjenoût, pour la première fois depuis mon départ de Ghadâmès, je rencontre des sources d’eau vive et je dois faire observer que, des puits de Timelloûlen jusqu’à Tâdjenoût, sur un parcours de 310 kilomètres, l’eau ne se trouve qu’accidentellement dans les rhedîr ; ce qui rend cette route difficile en dehors des années de grandes pluies.

La route orientale, celle des caravanes, est plus riche en eau, car en tout temps on est certain d’en trouver dans les puits sur six points différents.

De Ghadâmès à Tâdjenoût, mon itinéraire avait suivi une direction générale Nord et Sud. Tout à coup, il tourne à l’Est et longe le versant Nord du Tasîli jusqu’à l’Ouâdi-Izêkra.

Entre Tâdjenoût et l’Ouâdi-Izêkra, la distance est de 46 kilomètres. Au Nord de la route, le terrain conserve les caractères généraux de la plaine des Igharghâren ; au Sud, apparaissent en affleurements les grès siliceux, fins, très-durs, gris jaunâtres du Tasîli[42].

Au point où l’Ouâdi-Izêkra sort du Tasîli pour déboucher dans la plaine, le sol est recouvert par une couche de sable, en mélange avec de la terre végétale.

Il n’y a d’eau dans cette rivière qu’après les grandes pluies. En temps ordinaire il faut aller s’abreuver au puits d’In-Hemoûl, à 4 kilomètres en aval dans le lit de l’ouâdi.

De l’Ouâdi-Izêkra à l’Ouâdi-Târat (30 kilomètres), la route continue, comme la précédente, à suivre le pied du Tasîli en conservant les mêmes caractères.

La vallée de Târat forme une large coupure dans la montagne ; à l’Est et à l’Ouest, elle est bordée de pics de grès noir. La largeur de l’ouâdi est de 800 mètres environ ; la hauteur des berges est de 90 à 100 mètres. Cette sorte de col porte le nom d’Aghelâd (passage).

Dans l’Est, sur la rive droite de l’ouâdi, apparaît le haut pic de Mârhet, qui domine le niveau moyen du plateau du Tasîli dans lequel on va entrer. Dans le bas de la vallée, est une ligne de hautes dunes de sables qui se prolongent dans l’Est jusqu’à Tânit-Mellet.

Sur la rive gauche de Târat, on trouve un énorme tamarix appelé Azhel-en-Bangou.

Près de ce point, dans le fond de la vallée, je remarque des grès ferrugineux sensibles à l’aimant[43], pierres détachées provenant de la partie supérieure de l’ouâdi. Plusieurs de ces pierres me paraissent avoir été soumises à l’action du feu ; j’en demande l’explication aux Touâreg qui me répondent avoir l’habitude de les faire rougir et de les jeter ensuite dans le lait afin d’en assurer la conservation.

Sans s’en douter, les Touâreg préparent ainsi un lait ferrugineux et devancent, sous ce rapport, les peuples civilisés qui, jusqu’à ce jour, se sont bornés à l’usage de l’eau ferrugineuse.

E. — Tasîli des Azdjer.

Le Tasîli du Nord ou des Azdjer, dont il est ici question, est un immense gradin de 500 kilomètres de longueur et de 130 kilomètres de largeur moyenne, orienté du Sud-Est au Nord-Ouest, et dont le point le plus élevé porte le nom d’Adrâr.

Ce plateau, à l’exception des vallées, est complétement dénudé ; on n’y trouve pas même d’herbe.

A partir de Târat, pendant l’ascension, ma boussole perd momentanément sa direction vers le Nord. Ne pouvant attribuer cet affolement aux grès ferrugineux d’Azhel-en-Bangou, j’interroge les Touâreg sur l’importance et l’étendue des gisements de fer dans leurs montagnes, et j’apprends que je devais en trouver sur plusieurs points de mon itinéraire jusqu’à Rhât.

Le ravin de l’Ouâdi-Alloûn me conduit sur les hauteurs du Tasîli.

Les berges de cet ouâdi constituent de chaque côté des murailles de grès, noircis à la surface, dont la hauteur augmente à mesure qu’on monte.

L’assise inférieure de ces murailles présente, au niveau du lit, un sable jaune grisâtre, légèrement concret[44], au milieu duquel je trouve des veines spathtiques[45] qui se prolongent en affleurements dans le lit. La masse, jusqu’au sommet de la berge, est un grès siliceux[46], compact, très-dur, dont la couleur varie suivant les minéraux dont il est imprégné.

Sur la rive droite de l’Ouâdi-Alloûn, au fond d’un ravin affluent, jaillit la source de Ahêr, dans un bassin à fleur de sol, d’un mètre carré à peu près, mais dont le réservoir est couvert par un rocher sous lequel résonne l’écho quand on plonge les seaux dans la source.

Sa température est de 19° 8, celle de l’air étant de 26°.

Le sol, autour de la source, porte des traces de dépôts salins.

Les rochers des environs forment des blocs anguleux détachés, des grottes ou abris sous lesquels vivent des pigeons et autres oiseaux.

Dans une de ces grottes, et sur un des rochers voisins, je trouve douze inscriptions en langue temâhaq que je copie.

A la sortie du ravin par lequel la source d’Ahêr débouche dans le lit de l’Ouâdi-Alloûn, je rencontre, sur la route, des traces de constructions régulières dont je lève le plan et qui me paraissent appartenir à la civilisation berbère. Les Touâreg, que j’interroge sur l’origine de ces constructions, me disent que ce sont les tombeaux des gens d’autrefois qu’on appelait Jabbâren ou géants. Il existe dans le pays un certain nombre de ces tombeaux.

Après le ravin desséché de l’Ouâdi-Alloûn, le plateau est hérissé de rocs énormes, séparés les uns des autres par de grandes crevasses. Ces rocs ont souvent une forme curieuse qui rappelle les pierres levées des anciens Druides ; mais, ici, l’origine de ces pierres étranges est toute géologique.

Ce sont d’immenses blocs aplatis[47] dans leur partie supérieure et tenus en équilibre sur une base étroite comme le pied d’une coupe, mais assez haute pour qu’un cheval et son cavalier puissent circuler sous le plateau supérieur. (Voir page 35.)

Ces formations bizarres sont dues à l’action des eaux diluviennes qui, en respectant la partie supérieure et la plus dure de la roche, ont rongé la partie la plus tendre du piédestal.

Le point du plateau qui supporte ces témoins géologiques, en nombre assez considérable, s’appelle Takarâhet. Plus loin, dans l’Est, le même plateau prend le nom significatif de Teroûrit (le dos), parce qu’il devient le point de partage des eaux qui se rendent du côté de l’Ouest dans le bassin de l’Igharghar, et dans l’Est, vers Tîterhsîn, d’où elles vont se perdre dans le bassin des dunes d’Edeyen.

Entre Takarâhet et Teroûrit, la route traverse successivement trois basses dépressions : celle de l’Ouâdi-Tîn-Array, de l’Ouâdi-Tîn-Têrdja, de Tîn-Tâkelît, qui portent les eaux du plateau aux sables de Tânit-Mellet, d’où elles vont rejoindre l’Ouâdi-Târat.

Les rochers nus qui séparent ces trois dépressions sont tellement hérissés et distribués sans ordre, qu’un excellent guide est nécessaire pour ne pas perdre la route. Ces rochers sont toujours de grès siliceux, dur, compact, noir à la surface, gris cendré à l’intérieur[48].

Après de nombreux détours au milieu de ces rochers, le chemin atteint la tête de l’Ouâdi-In-Ezzân, affluent du bassin de Tîterhsîn.

Le ravin assez large de cet ouâdi est bordé de chaque côté de hautes murailles formées de deux assises bien distinctes : la supérieure, composée d’un grès-quartzite[49], compact, blanchâtre à l’intérieur, avec coloration brune ferrugineuse à la surface ; l’inférieure, composée d’un grès grossier, siliceux, de couleur jaune sale[50].

Ce ravin conduit directement à Titerhsîn. Dans sa partie haute, il porte le nom d’In-Akhkh ; dans sa partie basse, celui de Timsennanîn.

Au confluent de l’Ouâdi-Tiferghasîn dans Timsennanîn, je trouve une pierre roulée[51], noire, à grain très-fin, lourde, qui, à l’examen, a été reconnue être du fer oligiste de la plus grande richesse.

Timsennanîn est séparé du bas de la vallée par une dépression du nom de Takhôba, au delà de laquelle on entre sur un terrain plus élevé, couvert de blocs de grès de formes accidentées ; après quoi on descend par une pente insensible dans le fond de la vallée.

Sur la rive gauche de l’ouâdi, à peu de distance de la route, est une petite ligne de sable, encore appelée Azekka-n-Bôdelkha, dernier vestige d’une chaîne de dunes dont j’ai déjà parlé (voir page 42) et qui tend à se reconstituer.

La vallée de Tîterhsîn, à fond alluvionnaire, est à l’extrémité orientale du Tasîli ce que la vallée des Igharghâren est à son versant Nord, c’est-à-dire le réceptacle des eaux pluviales qui, avec celles venant de l’Ouest de la plaine de Tâyta, vont se perdre dans les dunes d’Edeyen. Avant l’obstacle apporté par les sables, toutes ces eaux se réunissaient à celles des Igharghâren pour aller grossir l’Igharghar. Elles doivent s’y rendre encore, mais souterrainement.

La vallée de Tîterhsîn cesse d’avoir un bassin tracé à partir de sa sortie des montagnes ; de là jusqu’aux dunes, elle offre l’aspect d’une vaste plaine de sable.

Malgré le rôle hydraulique qu’elle joue, on n’y trouve de puits qu’à Tâdjenoût, au pied des dunes et à Tarz-Oûlli, dans la vallée. Ce dernier est comblé. Après les grandes pluies, il est vrai, il existe dans le lit de la rivière un endroit appelé Amezzien, où l’eau s’accumule et forme un rhedîr qui persiste pendant deux ans.

En tout temps, les sources de Tihôbar, dans l’Ouâdi-Taouezzak, affluent de Tîterhsîn, suffisent aux besoins des voyageurs.

Près de ces sources sont des cultures de blé.

Sur les rives desséchées du rhedîr d’Amezzien, je trouve des coquilles d’eau stagnante, mortes depuis longtemps, et qui ont été reconnues par M. Deshayes pour être la physa contorta (Michaud) et la bithinia dupotetiana (Forbes).

F. — Vallée d’Ouarâret.

Cette vallée porte communément et indistinctement les deux noms d’Ouarâret et d’Aghelâd.

Ouarâret est le nom particulier du principal ouâdi de la vallée.

Aghelâd signifie passage. En effet, la vallée est un vaste couloir entre le Tasîli et l’Idînen, par lequel passe la grande route de Ghadâmès à Rhât.

A 7 kilomètres de Tarz-Oûllî, on remarque sur le rebord rocheux du Tasîli le mont Têlout, entièrement isolé aujourd’hui, mais dont la constitution est tout à fait semblable à celle du Tasîli dont il semble détaché.

A quelques kilomètres, à gauche, en entrant dans la vallée, au sortir de Tîterhsîn, on aperçoit un petit plateau allant de l’Ouest à l’Est, du nom de Tizoûl (même racine que tazôli, fer). La couleur de la roche me paraît, de loin, noirâtre avec des nuances jaunes. Je ne tarde pas à être fixé sur la nature de sa formation.

En effet, à 20 kilomètres de Tarz-Oûllî, je trouve les puits artésiens d’Ihanâren, nouvellement curés, et, autour de ces puits, provenant des déblais, des dépôts de sables ocreux, contenant des débris végétaux, mais surtout remarquables par la quantité de fer qu’ils renferment[52].

Ces puits, au nombre d’une dizaine environ, ont été creusés à la façon de ceux de l’Ouâd-Rîgh et, comme eux, donnent des eaux jaillissantes servant à l’irrigation des terres voisines, au moyen de canaux et de réservoirs en maçonnerie.

Le 12 mars 1861, jour où je rencontrai ces puits, la température des eaux était de 24° 4 au fond des bassins, celle de l’air extérieur étant de 8°. Je dois ajouter que les outres contenant nos provisions d’eau avaient gelé dans la nuit du 11 au 12 et dans les deux précédentes.

La profondeur moyenne des puits est de 1m 50 à 2 mètres environ. Leurs orifices sont entourés de branchages pour éviter que les animaux y puissent tomber ; c’est pourquoi, sans doute, les déblais provenant du curage contiennent des matières végétales.

La vallée qui conduit à Rhât a 44 kilomètres de longueur, sur une largeur moyenne de 7. Sa direction générale est Nord et Sud.

Dans la vallée est une source, celle de Tinoûhaouen, appartenant à une dame de Rhât et exploitée pour l’irrigation.

Cette source, connue des anciens Touâreg, avait depuis longtemps disparu sous des masses de sables ; on l’avait déblayée en 1858.

Le sol de cette vallée, là où il n’est pas recouvert par des sables, est composé d’argiles roses, micacées, tantôt terreuses[53], tantôt schisteuses[54], qui se montrent sous forme de veines.

Les parties les plus basses de ces veines sont sillonnées d’affleurements d’alun qu’on exploite[55].

Sous les grès quartzites des berges de la vallée, sont des grès micacés[56], rougeâtres, très-fins et très-compacts, lamellés, se détachant en couches de 8 à 9 millimètres d’épaisseur.

Le mont Idînen, qui marque le côté oriental de la vallée d’Ouarâret, est réputé par les indigènes être le séjour mystérieux d’esprits surnaturels, Idînen, d’où lui est venu son nom.

La forme d’Idînen est celle d’un fer à cheval, du centre duquel part un ravin aboutissant au Tanezzoûft. M. le docteur Barth, qui a visité ce mont, s’exprime ainsi sur sa nature : « J’atteignis enfin la crête qui s’élève semblable à une muraille au sommet de la côte. Je constatai que ce massif se composait généralement de couches horizontales de marne reposant sur un lit de pierres calcaires ; sur le versant, je découvris un vaste chaos de blocs de rochers tombés du haut de la montagne. »

Rhât est adossée à une chaîne de collines peu importantes qui portent le nom de Koukkoûmen.

Autour de Rhât, on retrouve la terre végétale des oasis, légèrement sablonneuse et arrosée par de nombreuses sources qui sourdent de tous les points.

IIIe SECTION.

DE TÎTERHSÎN A ZOUÎLA.

Cet itinéraire géologique comprendra les divisions suivantes :

A. — Passage de l’Akâkoûs, entre Tîterhsîn et Serdélès ;

B. — Désert de Tâyta, entre Serdélès et Oubâri ;

C. — Parcours de l’Ouâdi-Lajâl, entre Oubâri et le plateau de Mourzouk ;

D. — Dunes d’Edeyen ;

E. — Hamâda de Mourzouk ;

F. — Dépression d’El-Hofra ;

G. — Cherguîya ;

H. — Massif du Hâroûdj.

A. — De Tîterhsîn à Serdélès.

La distance entre ces deux points est de 80 kilomètres.

Jusqu’à l’Ouâdi-Tanezzoûft, qui vient de Rhât et dont la vallée sépare le plateau d’Idînen de la chaîne de l’Akâkoûs, la route ne traverse guère que des sables et quelques petits plateaux pierreux entre des dunes de sables.

A Amarhîdet, je retrouve les argiles schisteuses[57] de la vallée d’Ouarâret, avec des colorations qui varient du rouge lie de vin au blanc pur en passant par les nuances intermédiaires du violet, du rose et du jaune, suivant les diverses stratifications.

Au delà du Tanezzoûft est le passage de l’Akâkoûs, d’abord par un plateau inégal, ensuite par un dédale de collines, de pitons et de ravins successivement échelonnés dans le plus grand désordre.

Sur un parcours de 4 kilomètres, la roche est nue, sans végétation et composée d’un grès fin, micacé, de couleur rosée, stratifié, très-solide[58].

La chaîne de l’Akâkoûs est tellement abrupte, dressée en forme de muraille, que c’est à peine si, une fois en dix années, il se rencontre parmi les Touâreg un homme assez adroit pour pouvoir en opérer l’ascension, par un unique escalier très-étroit, Abarqa-wân-dârren (chemin des piétons), et qui va chaque jour en se dégradant. On cite dans le pays les rares individus qui ont gravi ce rempart de roches dénudées, dont les pointes, dressées vers le ciel, présentent l’aspect le plus bizarre.

Le versant méridional de la montagne conduit, par une pente insensible, à Serdélès.

Ce point, que les Arabes appellent aussi El-’Aouïnât, est certainement l’un des plus remarquables du Sahara.

Si l’artiste peut, dans un seul coup d’œil, embrasser trois des grandes horreurs de la nature : le squelette dénudé de la chaîne de l’Akâkoûs, le désert de Tâyta, les dunes d’Edeyen ; si l’archéologue trouve dans les ruines du château d’Aghrem matière à exercer sa sagacité ; si l’attention du botaniste est appelée par un arbre gigantesque, l’acacia albida de Delille, unique de son espèce dans tout le pays d’Azdjer, celle du géologue est bien plus surexcitée encore par la constatation d’une série de faits, tous nouveaux pour lui.

D’abord, il est au point de partage des eaux entre le bassin de la Méditerranée et celui de l’Océan ; ensuite, au lieu d’une nature aride, sans eaux, comme celle des contrées environnantes, il trouve dans l’enceinte du château une source remarquable par son volume et, à côté, deux puits artésiens, alimentant de leur jet continu divers bassins aménagés pour l’irrigation des terres ; enfin, il est là sur le terrain le plus ancien connu sur tout le continent africain, le terrain dévonien, immédiatement inférieur aux dépôts houillers, et ce terrain apparaît dans des conditions qui ne laissent aucun doute sur son identification.

M. de Verneuil, celui de nos professeurs le plus versé dans l’étude des terrains anciens, a bien voulu déterminer la nature des échantillons de roches que j’ai rapportés de cette contrée. Voici textuellement les notes qu’il a bien voulu rédiger à ce sujet.

« Il y a dans les échantillons de grès argileux de Serdélès soumis à mon observation deux espèces de coquilles fossiles reconnaissables : un spirifer et le chonotes crenulata.

« La plus abondante des deux espèces est un spirifer strié, à sillon lisse, appartenant au groupe des ostiolati de de Buch. C’est peut-être même le spirifer ostiolatus (Schlotheim) qu’on réunit aujourd’hui généralement au spirifer lævicosta (Valencienne).

« Il y en a deux variétés, l’une plus courte, l’autre plus transverse. Ces deux variétés s’observent dans le spirifer lævicosta tel que l’a figuré M. Schur. (Brachiopoden von der Eifel, pl. 32 bis, fig. 3 a-h.)

« Un des échantillons de Serdélès représente un area assez élevé qui pourrait le rapprocher du spirifer subcuspidatus (Schnur) de l’Eifel.

« Enfin on peut aussi comparer cette espèce au spirifer medialis (Hall), qui est abondant dans le Hamilton Group ou terrain dévonien de l’État de New-York.

« Quelle que soit l’espèce à laquelle on rattache le spirifer de Serdélès, c’est toujours avec une espèce caractéristique du terrain dévonien qu’il sera identifié, et c’est là le point capital.

« L’autre brachiopode que je distingue dans les deux échantillons qui m’ont été soumis est le chonotes crenulata (Römer). C’est une coquille exclusivement dévonienne et caractéristique surtout de l’étage moyen ainsi que la précédente. Elle a beaucoup de ressemblance avec le chonotes striatella du système silurien, mais elle a l’area un peu moins développé et sa plus grande largeur est au milieu des deux valves, ce qui lui donne une forme légèrement arrondie.

« Le terrain dévonien est aujourd’hui connu dans le Nord de l’Afrique sur trois points :

« 1o Dans le Maroc, où il a été découvert et décrit par M. Coquand, professeur à Marseille (voir le Bulletin de la Société géologique, vol. IV, page 1204) ;

« 2o Dans le Fezzân, où le docteur Overweg l’a trouvé en traversant l’Amsâk à 80 kilomètres environ à l’Est de Serdélès (voir Zeitschrift der deutschen geologischen Gesellschaft, IV Band. — Berlin, 1852) ;

« 3o Enfin, à Serdélès, d’où proviennent les deux échantillons soumis à mon examen par M. Henry Duveyrier[59].

« Dans le Sud de l’Afrique, ce même terrain dévonien se représente près du cap de Bonne-Espérance, dans la montagne de la Table.

« Le terrain silurien et le terrain carbonifère, le premier au-dessous, le second au-dessus du dévonien, n’ont pas encore été signalés en Afrique, que je sache au moins.

« Cependant, au Maroc, M. Coquand croit pouvoir rapporter au terrain silurien les calcaires à bronteus et à orthoceras qui sont au-dessous des grès dévoniens. (Voir le Bulletin, vol. IV. p. 1204.)

« Des grès argileux, assez semblables à ceux de Serdélès, se trouvent aussi à Almaden, en Espagne, dans le terrain dévonien. Ils abondent également en moules de spirifer dont quelques-uns sont voisins de l’espèce que nous venons de mentionner. »

Les échantillons soumis à l’examen de M. de Verneuil figurent dans ma collection sous les nos 37 et 38. Ils proviennent d’une roche près du château.

La même localité me fournit encore un grès ferrugineux[60] présentant quelques traces de coquilles indéterminables paraissant se rapporter aux grès précédents.

Mais, chose curieuse, près de la source, je retrouve le calcaire crétacé[61], jaunâtre, avec inocerames et bivalves, du plateau sur lequel est bâti Ghadâmès.

La source du château sort d’un bassin de 3 à 4 mètres de long, sur 1 mètre 50 de large. De là, les eaux s’écoulent, par un canal profond creusé dans la butte sur laquelle est bâti le château, pour aller arroser des cultures de céréales dans les environs.

A Serdélès, pour atteindre la nappe d’eau jaillissante, il faut creuser à la profondeur de trois hauteurs d’homme ; mais, disent les habitants, pour y arriver on a à percer une couche de roche très-dure, difficulté devant laquelle on recule pour augmenter le nombre des puits. D’ailleurs à quoi bon ? La nature du sol environnant, imprégné d’alun et de sel, n’est pas favorable à la culture, et son infertilité ne sollicite pas à entreprendre des travaux pénibles pour le féconder.

L’eau de la source, comme celle des puits, est excellente. L’une et l’autre sont employées aux irrigations. Les puits son particulièrement affectés à l’arrosage des palmiers.

A 4 kilomètres au Nord-Ouest, avant d’arriver au château de Serdélès, on trouve la source de l’alun, Tîn-Azârif, près de laquelle, en effet, de beaux affleurements d’alun blanc[62] me permettent d’en faire provision.

B. — Désert de Tâyta.

Dès la sortie du bassin de l’Ouâdi-Serdélès, on entre sur un terrain plus élevé, à gradins successifs, le tout de la plus grande aridité et recouvert de grès noirâtres. Bientôt on atteint une plaine unie, de gravier solide ; c’est le commencement du désert de Tâyta qui présente une formation géologique nouvelle ; ici, de grandes parties calcaires qui m’ont paru dolomitiques, sur et dans une pâte de grès avec laquelle elles forment corps ; là, des pierres détachées, d’un calcaire gris compact à grain très-fin[63] ; ailleurs, des rognons d’un conglomérat composé de grains quartzeux blancs réunis par une pâte rouge complétement siliceuse[64] ; à droite, du gravier pur ; à gauche, une terre rougeâtre tendre, avec ou sans gravier ; enfin, une roche composée de divers éléments : dolomies, quartz, silex, agglomérés ou plutôt fondus les uns dans les autres.

Le désert de Tâyta occupe l’espace compris entre les chaînes de l’Akâkoûs et de l’Amsâk, les oasis de l’Ouâdi-Lajâl, les dunes d’Edeyen et la plaine des Igharghâren.

Sur toute son étendue la végétation est nulle.

Sa largeur, entre l’Akâkoûs et l’Amsâk, c’est-à-dire de l’Ouest à l’Est, est de 65 kilomètres, et sa longueur, du Nord au Sud, est de 160.

Ma route coupe ce désert dans sa plus grande largeur, en me rapprochant du coude de l’Amsâk et en m’éloignant des dunes d’Edeyen.

J’aperçois de loin, dans le Sud-Est, la coupure de l’Amsâk, que M. le docteur Barth a traversée pour passer de l’Ouâdi-Aberdjoûch dans le désert de Tâyta. Elle est appelée Aghelâd par les Arabes et Alfao par les Touâreg[65].

« Des deux côtés de l’étroit passage, dit le célèbre voyageur, s’élevaient à une hauteur de cent pieds, des murailles de rochers à pic, composées d’énormes couches de marne et de grès, qui se rapprochaient quelquefois au point de ne plus laisser entre elles qu’un espace de six pieds. »

A sa sortie du défilé, M. le docteur Barth a trouvé le sol du désert aride, couvert de grès et de pierres calcaires.

Sous le même méridien, à 33 kilomètres dans le Nord, le sol se présenta à moi sous forme d’une terre rougeâtre et tendre, mais toujours recouvert de graviers et de pierres.

Plus on se rapproche de l’Amsâk, plus le plateau, tout en conservant ses caractères généraux, est jonché de pierres détachées, de grès ordinaire.

Au pied d’un des nombreux caps de l’Amsâk, apparaît une profonde caverne, avec une ouverture assez large pour donner passage à un chameau ; cette caverne est une ancienne carrière de pierres meulières, appelée Ouiderêren (les meules).

Sur un autre point, nommé Tîn-Aboûnda, surgissent des affleurements de calcaire blanc détérioré.

Avant l’arrivée à Tîn-Aboûnda, le désert perd son aspect désolé : à un sol nu, aride, sans végétation, sans eau, succède une forêt de gommiers, celle dite d’Oubâri, qui sépare le désert de Tâyta des nombreuses oasis de l’Ouâdi-Lajâl.

Deux puits, celui d’Essâniet et d’In-Tafarat, peu éloignés l’un de l’autre, témoignent aussi que la nature du sol a changé.

Le puits d’In-Tafarat, d’une profondeur de 4m 50, est creusé dans une terre ocreuse.

La pente générale du désert de Tâyta est du Sud-Est au Nord-Ouest. Toutes les eaux des versants de l’Amsâk, après avoir traversé la plaine de Tâyta dans des dépressions à peine marquées, vont se perdre dans les dunes d’Edeyen.

Le plateau sur lequel s’élève la forêt de gommiers est le point de partage des eaux entre le bassin de Tâyta et celui de l’Ouâdi-Lajâl.

C. — Ouâdi-Lajâl.

On donne le nom commun d’Ouâdi-Lajâl à une vallée de 190 kilomètres de longueur dans sa partie habitée et cultivée, et d’une largeur moyenne de 8 kilomètres.

Cette longue vallée, dont la direction et la pente générale sont de l’Ouest à l’Est, est bornée au Nord par le bourrelet méridional des dunes d’Edeyen et au Sud par la prolongation de la chaîne de l’Amsâk.

Au Nord, les dunes forment une ligne à peu près droite, tandis qu’au Sud la chaîne de l’Amsâk offre de nombreux caps et de nombreux golfes, sortants et rentrants, qui découpent inégalement ce côté de l’ouâdi.

La partie Ouest de cette vallée porte le nom de Ouâdi-el-Gharbi (vallée de l’Ouest) ; la partie Est, celui de Ouâdi-ech-Chergui (vallée de l’Est) ; elles sont séparées l’une de l’autre par deux promontoires : l’un de dunes, du côté du Nord ; l’autre de rochers, du côté du Sud. Mais géologiquement, ces deux vallées n’en font qu’une ; car elles ont la même pente à l’Est, la même nature d’eau et de sol.

Le sol, à la superficie, est un terrain de heycha, c’est-à-dire une terre alluvionnaire, légère, saturée de sel et boursouflée par l’action combinée des eaux et de la chaleur.

Ce terrain de heycha, on le retrouvera, plus au Sud, dans l’Ouâdi-’Otba, dans la Hofra ou dépression de Mourzouk, et dans la Cherguîya, autour de Zouîla.

Cette nature de terrain est aussi celle des oasis septentrionales du Nefzâoua, d’El-Faïdh, de l’Ouâd-Rîgh, du bassin de Ouarglâ et même du Touât.

Le sous-sol est un terrain d’alluvion jaunâtre, calcaire, mélangé de petits grains quartzeux très-roulés[66].

Dans cette grande vallée de l’Ouâdi-Lajâl, il n’y a pas de lit de rivière proprement dit ; mais, sur toute l’étendue de la vallée, on trouve, à une profondeur moyenne de 3m 60, une couche aquifère dont l’eau est amenée à la surface du sol au moyen de puits et d’appareils en charpente qui ne sont pas sans quelque analogie avec ceux usités en Égypte pour l’arrosage des terres. J’en donne un dessin ci-contre.

Toute la vallée est couverte de villages et de forêts de palmiers, à l’ombre desquels on cultive des plantes maraîchères et des arbres à fruits de diverses espèces.

J’ai à signaler comme dérogeant à l’uniformité générale de la vallée les objets suivants :

1o Une carrière d’argile à poterie, encore exploitée aujourd’hui, au pied du Djebel-Tîndé, l’un des caps de l’Amsâk qui dominent Oubâri ;

2o A Djerma, les grandes pierres de taille du monument romain, extraites des carrières de l’Amsâk, en grès rose, analogue à ceux des édifices de l’ancienne Égypte ;

3o Une mine de sel, de qualité inférieure à cause de son mélange avec une terre rousse, et située au milieu de l’Ouâdi-El-Gharbi, entre la chaîne de l’Amsâk et les dunes ;

Un système de puits à galeries, fogârât, creusé sur le flanc du versant Sud de l’Amsâk dans un golfe vis-à-vis l’ancienne Garama.

Me trouvant à Djerma, je ne pus m’empêcher de penser aux émeraudes garamantiques jadis si célèbres à Rome. Sur les lieux, on ne m’a donné que des renseignements négatifs ; mais les Arabes nomades de l’Ouâdi-ech-Chiati, à 120 kilomètres au Nord de Djerma, m’assurèrent que l’on trouvait chez eux de ces émeraudes enchâssées dans des bagues provenant des fouilles des anciens tombeaux. D’autre part, on sait que des émeraudes ont été découvertes dans le Touât, qui devait être compris dans le pays des Garamantes, dont la domination s’étendait dans l’Ouest jusqu’à l’oasis du Tafilelt, l’ancienne Sedjelmâssa. Il est donc possible que les émeraudes de l’antiquité aient été trouvées ailleurs qu’aux environs de Djerma.

Le nombre des villages de l’Ouâdi-El-Gharbi est de onze, savoir :

Oubâri, Ghoreyfa, Touech, Djerma, Teouîoua, Berêg, El-Fogâr, Tekertîba, El-Kharâig, Garâgara, El-Fejîj.

Je ne puis indiquer ceux de l’Ouâdi-Ech-Chergui, n’ayant pas visité cette partie de la vallée.

Pl. IV. Page 68. Fig. 9.

APPAREIL A ÉLEVER L’EAU DANS LES OASIS DU FEZZÂN. D’après un dessin de M. H. Duveyrier.

Illustration from Les Touâreg du nord

D. — Dunes d’Édeyen.

Edeyen, en langue temâhaq, signifie dunes. Je donne ce nom à toute une région de sables, courant de l’Ouest à l’Est, que j’ai traversée entre les plateaux de Tînghert et d’Eguélé, puis longée dans la traversée du désert de Tâyta, et que je retrouve au Nord de l’Ouâdi-el-Gharbi en visitant les lacs de Gabráoûn et de Mandara. M. le docteur Barth l’a parcourue dans sa plus grande largeur entre l’Ouâdi-ech-Chiati et l’Ouâdi-el-Gharbi, en se rendant directement de Tripoli à Mourzouk.

La longueur de cette zone de sables, de l’Est à l’Ouest, est de 800 kilomètres environ.

Sa largeur moyenne est de 80.

Dans mon itinéraire géologique de Ghadâmès à Rhât, j’ai indiqué la nature de cette zone entre Ohânet et Abrîha.

Un itinéraire de Ghadâmès à Rhât, recueilli par renseignements, me donne sa largeur entre Tâghma et Tidjedakkannin, avec un puits au milieu, celui d’El-Mîsla.

J’extrais de l’itinéraire du docteur Barth, entre l’Ouâdi-ech-Chiati et l’Ouâdi-el-Gharbi, les renseignements suivants :

« Notre route, extrêmement pénible, nous conduisit presque sans cesse entre de hautes et roides collines de sable. Il s’élevait encore dans certains endroits des groupes de palmiers. Le plus important est l’Ouâdi-ech-Chiouch, enseveli entre deux hautes dunes de sable blanc mouvant.

« Dans notre seconde journée de marche, les collines de sable étaient si escarpées qu’il nous fallait, de nos mains, en aplanir les côtés pour que nos chameaux pussent y avoir pied ; l’un de nos chameliers me dit que cette zone de sable s’étendait, du Sud-Ouest au Nord-Est, depuis Douessa jusqu’à Foukka. »

J’ignore quelle est la position de Douessa, mais je connais celle de Fogha, à l’Est de ma route de retour par Sôkna, et je crois devoir ne pas prolonger jusque-là la zone de ces dunes, bien qu’en effet les sables s’y montrent encore, mais non plus sous la forme de dunes compactes et pressées les unes sur les autres.

« Notre troisième journée de marche, ajoute M. le docteur Barth, continua à travers des collines de sable. Après avoir traversé l’Ouâdi-Djemmal, nous arrivâmes à la pente la plus escarpée de ce désert de sable.

« Nous campâmes dans l’Ouâdi-Tiguidéfa, près de deux palmiers plantés l’un à côté de l’autre et d’une source abondamment pourvue de fort bonne eau.

« Après douze heures de marche dans les dunes de sable, nous arrivâmes, le quatrième jour, dans l’Ouâdi-el-Gharbi. »

En allant visiter les lacs de Mandara, de Gabráoûn, de Bahar-ed-Doûd et autres, situés dans ces dunes, au Nord de l’Ouâdi-el-Gharbi, j’eus l’occasion de les reconnaître de nouveau. Je les trouvai dépourvues de végétation, d’un accès difficile, tantôt formant des chaînes, tantôt s’élevant, à de grandes hauteurs, en pitons isolés taillés presque à pic.

Un des caractères distinctifs de cette région est d’être abondamment pourvue d’eau, car indépendamment des dix lacs salés ou d’eau douce dont il a été question au chapitre précédent, il en est encore d’autres que je n’ai pas cru utile d’aller visiter, parce qu’ils m’ont paru tous de même nature.

M. le docteur Barth constate aussi la présence de l’eau en plusieurs points.

On dirait donc que cette immense région de sable a pour mission de conserver les eaux des hauteurs qui les bordent.

E. — Hamâda de Mourzouk.

Entre l’Ouâdi-el-Gharbi et Mourzouk s’étend un plateau que les indigènes appellent hamâda, sans le différencier par un nom particulier des autres hamâd, mais auquel je donne le nom de la capitale du Fezzân, afin de le distinguer de ses homonymes.

En sortant de l’Ouâdi-el-Gharbi, on doit traverser la chaîne de l’Amsâk par un col étroit, difficile à gravir, à cause des pierres glissantes qui obstruent le passage ; puis on entre dans la hamâda, dont le sol, dépourvu de végétation, est couvert d’un gravier mélangé de terre formant un tout solide. Cette contrée me rappelle, malgré moi, la hamâda entre Laghouât et le pays des Beni-Mezâb, avec cette différence que les pistachiers du Sahara algérien sont remplacés dans le Fezzân par des gommiers.

On me signale à peu de distance, dans l’Ouest de la route, un puits de 45 mètres de profondeur ; plus loin, je trouve dans le lit de l’Ouâdi-er-Resiou un autre puits qui n’a plus que 18 mètres ; il s’appelle Bîr-’Amrân. La hamâda conserve toujours l’aspect d’un désert sec et aride jusqu’à l’Ouâdi-’Otba.

L’Ouâdi-’Otba est une longue vallée qui prend son origine dans la chaîne de l’Amsâk et se prolonge dans l’Est jusqu’au delà de la route de Mourzouk à Sôkna. Il ne forme oasis que dans sa partie centrale, là où des alluvions sablonneuses permettent la culture des palmiers et des autres arbres.

On y compte cinq villages, savoir :

Tessâoua, Agâr, Tiggerourtîn, Marhaba, Doûjâl, tous rapprochés les uns des autres et réunis ensemble par des plantations de palmiers.

Grâce à l’altitude du plateau, on trouve dans cette oasis des végétaux des zones les plus différentes, entre autres l’olivier à côté du palmier, le pommier et le pêcher à côté du gommier et d’autres arbres de l’Afrique centrale.

L’Ouâdi-’Otba, comme l’Ouâdi-el-Gharbi, n’est alimenté d’eau que par des puits. La nature du sol est la même, mais moins saline.

Entre l’Ouâdi-’Otba et la dépression de Mourzouk, on traverse la suite de la hamâda, couverte de gravier en tout semblable à celui qu’on a rencontré dans la partie Nord ; quelques petites dunes de sable viennent de temps en temps atténuer la monotonie du paysage.

La distance entre l’Ouâdi-el-Gharbi et l’Ouâdi-’Otba est de 55 kilomètres, celle de l’Ouâdi-’Otba à Mourzouk est de 45 ; ensemble 100 kilomètres.

Ce plateau, que j’ai traversé obliquement, est limité au Nord et dans l’Ouest par la chaîne de l’Amsâk ; mais dans le Sud et dans l’Est, il se prolonge indéfiniment jusque dans le pays des Teboû ; ce qui rend les routes méridionales de ce côté si pauvres en eau.

F. — Dépression de la Hofra.

La dépression dans laquelle se trouve Mourzouk, et que les indigènes appellent Hofra (bas-fond), est une surface unie de 110 kilomètres de long sur 15 de large environ, divisée en deux parties inégales, l’une de 30 kilomètres à l’Ouest, l’autre de 80 à l’Est de la capitale du Fezzân.

Son fond est par excellence une terre de heycha, c’est-à-dire un terrain alluvionnaire salin, à couches aquifères à peu de profondeur.

Les alluvions de la Hofra sont de sable mêlé d’argile, formant un tout assez solide, mais facile à travailler.

La terre est tellement saline que les briques, avec lesquelles la ville de Mourzouk est construite, se fondent à la pluie comme le sel lui-même.

La profondeur moyenne des puits est de quelques mètres ; l’eau qu’ils fournissent est un peu saline comme le sol et d’une digestion difficile.

Aux environs de Trâghen, existe une source, celle de Ganderma, l’une des plus belles qu’on puisse trouver dans la région saharienne.

La fontaine est entourée d’une muraille d’enceinte assez vaste, mais très-mal conservée. Cette construction est défendue, sur toute sa circonférence, par un fossé qui porte le nom de gandô. Il servait autrefois de réservoir, d’où les eaux se rendaient par trois canaux aux plantations de palmiers jusqu’à Ghoddoua, à 2 kilomètres de la source. Ces canaux, dont on peut encore suivre le tracé, avaient de 0m 70 à 1 mètre de largeur ; ce qui témoigne d’un débit considérable.

Au moment de la conquête arabe, la source fut, dit-on, bouchée avec des coins en pierre ; seul moyen que trouvèrent les conquérants pour réduire à leur discrétion la ville païenne de Trâghen. Depuis cette époque, la plus grande partie des eaux se perd dans le sol.

Toute l’étendue de la dépression de la Hofra est couverte, de l’Ouest à l’Est, de villages, de plantations de palmiers et de cultures de toute nature.

Au Sud-Ouest de Trâghen, à 2 kilomètres environ, s’étend une sebkha autour de laquelle on rencontre des pierres bizarres appelées merch ou fordogh.

Ces pierres, de nature calcaire, ont subi une sorte de cristallisation, mais, au lieu de prendre des facettes régulières comme celles des cristaux, elles montrent les formes les plus étranges, cependant toujours terminées par des lignes courbes ; ce sont probablement des concrétions accidentelles des particules calcaires dont les terrains voisins des sebkha sont comme imprégnés. Les produits naturels auxquels on peut le mieux les comparer sont les stalactites.

Touîla est dans l’Est le dernier village de la Hofra ; il est bâti au pied d’un petit plateau pierreux qui forme la limite orientale du bassin. Sur l’un de ses versants, on a construit un puits à galerie ou fogâr, qui amène l’eau dans les réservoirs échelonnés servant à l’arrosage.

G. — La Cherguîya.

La Cherguîya est séparée de la Hofra par une petite hamâda, continuation probable de celle de Mourzouk et entrecoupée de dépressions alluvionnaires salines de même nature que la Hofra elle-même.

En quittant Touîla pour aller dans la Cherguîya, on gravit immédiatement le petit plateau pierreux auquel cette ville est adossée.

Ce plateau est composé d’un grès[67] quartzeux, brun lie de vin, probablement chauffé par les anciens volcans, et d’un grès grossier, très-siliceux, blanchâtre[68] dans certaines parties, jaunâtre[69] dans d’autres.

A l’extrémité orientale de ce plateau, on trouve Maghoua, petit village bâti dans une dépression saline dont l’eau a un goût de sel très-prononcé.

En continuant la route dans l’Est, le sol est recouvert de buttes de terre couronnées de tamarix ethel qui portent à croire que ces arbres auraient protégé de leurs racines la partie d’un terrain autrefois plus élevé. Une inondation formidable et récente aura probablement ravagé celles de ces terres que les tamarix ne couvraient pas.

Dès qu’on quitte ce sol végétal, on rentre dans la hamâda avec son fond pierreux. Au milieu est bâti le petit et misérable village de Tha’aleb. Au delà, la hamâda recommence, d’abord avec un sol de sable et de gravier, puis avec un sol pierreux. Enfin elle finit, et on arrive à Oumm-el-Arâneb, village encore bâti sur le plateau.

Sur la droite de la route, on a laissé une dépression légère appelée El-Guerâra, et plus loin une haute gâra ou témoin isolé.

En quittant Oumm-el-Arâneb, une longue colline rocheuse, de 20 kilomètres environ, reste dans le Nord ; le sol devient sablonneux sans être mouvant jusqu’au village d’El-Bedîr ; au delà on continue à voyager sur un fond de sable mélangé à de la chaux ; après quoi on traverse un petit plateau pour descendre dans une dépression riche de végétation dont le village d’Oumm-es-Sougouîn occupe le centre.

Après cette dépression, couverte de palmiers sur une étendue de plusieurs kilomètres, reparaît une hamâda sablonneuse plus élevée que l’oasis.

Je dois faire remarquer ici que, depuis l’entrée dans la hamâda séparative de la Hofra, des sables se montrent toujours dans le Sud, parallèlement à la route suivie. Au delà de la hamâda d’Oumm-es-Sougouîn, les dunes se prolongent à 2 kilomètres de la route avec une bordure de palmiers, puis on monte un nouvel échelon de la hamâda redevenue pierreuse, et sur ce gradin, qui permet de dominer les dunes de droite, on aperçoit une longue ligne de hauteurs bleues à 14 kilomètres environ. Je suppose que c’est le rebord du plateau sur lequel on trouve Gatrôn et Wao.

Le village de Medjdoûl, qui fait partie de la Cherguîya, est situé entre la ligne des sables et celle des hauteurs bleues.

Des points élevés de la hamâda d’où je plonge mes regards vers le Sud, on descend par une pente douce dans les terres de culture et les plantations de Zouîla.

De Touîla à Zouîla, la distance est de 70 kilomètres. Je n’ai pu ni entrer ni séjourner dans cette dernière ville, et j’ai dû la quitter quelques heures après avoir atteint ses jardins.

Tout ce que j’en sais, c’est que l’oasis de ce nom est considérable comme étendue et couvre le bas-fond d’une dépression entre une ligne de dunes de sables au Sud et une ligne de collines rocheuses au Nord. L’eau qui alimente la ville est fournie par des puits.

Ici se termine ma reconnaissance à l’Est des montagnes occupées par les Touâreg.

Je m’étais proposé, en m’avançant dans l’Est du Fezzân, d’aller jusqu’au massif du Hâroûdj, sur la route de l’Égypte, pour embrasser dans son ensemble le mouvement géologique auquel est due la formation des montagnes de cette partie du Sahara ; mais, à la résistance que je rencontrai à Zouîla, malgré l’appui du gouvernement turc, je reconnus que je ne serais pas mieux accueilli chez les fanatiques des villes de Fogha et de Zella et chez les Arabes nomades de la montagne ; je me bornai donc à recueillir des renseignements qui, complétés par ceux du voyageur Hornemann et de M. de Beurmann, ne laissent aucun doute ni sur la nature volcanique de ce massif, ni sur sa position.

H. — Massif du Hâroûdj.

Construit d’après mes renseignements combinés avec ceux du voyageur Hornemann, le massif volcanique du Hâroûdj constitue un grand système de montagnes entièrement isolé, de 224 kilomètres du Nord au Sud, sur une largeur moyenne de 170 de l’Ouest à l’Est, traversé obliquement par la route des caravanes du Fezzân en Égypte, entre Zouîla et Aoudjela, route que Hornemann a parcourue à grandes marches en 5 jours 1/4.

Sa principale altitude, de 800 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, est indiquée à l’angle Nord-Est, à peu de distance de Zella ; de ce point, la montagne s’incline graduellement vers le Sud-Ouest, de manière à venir se confondre avec les collines de la hamâda calcaire qui l’enveloppe, de Zella à Fogha, de Fogha à Temessa, de Temessa à Wao, ce qui a fait distinguer un Hâroûdj noir (el-Asoued) au Nord et un Hâroûdj blanc (el-Abiod) au Sud.

J’estime à 600 mètres l’altitude moyenne du plateau sur lequel se développe le Hâroûdj.

D’après Hornemann, la surface générale du pays présenterait des chaînes continues de collines courant dans diverses directions, de 8 à 12 pieds seulement au-dessus du niveau intermédiaire, et entre ces coteaux (sur une surface parfaitement unie) s’élèveraient des montagnes isolées à rampes extrêmement escarpées ; l’une d’elles, le Stres, était fendue depuis le haut jusqu’au milieu ; une autre, depuis le pied jusqu’au sommet, était couverte de pierres détachées de même nature que les collines.

Entre les collines basses et les pics surélevés, il y a de petites vallées couvertes de sables et de végétation, dont quelques-unes de 4 kilomètres de largeur. Au milieu de ces parties planes seraient épars des blocs de pierre, de même nature que celle des pics des montagnes.

La roche du Hâroûdj est moitié rouge, moitié noirâtre ; la partie rouge, plus poreuse, plus spongieuse, plus légère, est moins dense que la noire. Dans ces scories, Hornemann n’a pu découvrir aucune matière ou substance étrangère.

La couche de terre servant d’assise à ces masses de verrues rocheuses lui a paru des cendres sorties d’un volcan.

La stratification des pierres est horizontale, mais souvent dérangée : une partie du premier lit s’enfonçant et se mêlant avec celles du second et celles du second avec celles du troisième.

Quelquefois, ajoute le voyageur, il ne paraît pas du tout de strata et une suite de collines basses est formée d’une masse solide de rochers, avec des crevasses dans la direction du Nord.

Hornemann rencontra une caverne de 9 pieds de profondeur et de 5 pieds de largeur ; il éprouva, dit-il, des sensations telles que s’il avait vu l’entrée des enfers.

Son interprète, Frendenburgh, en vit une autre dont les escaliers étaient noirs jusqu’à une profondeur considérable et dont le stratum était de pierre blanche.

Pour Hornemann, il n’y a pas de doute, la formation du Hâroûdj est due à un soulèvement volcanique.

Dans sa partie occidentale, à une journée de marche dans l’intérieur du massif, le cheïkh de Fogha indique une source sulfureuse, nouveau témoignage de l’action volcanique.

A part cette source, impropre à l’alimentation, mes indicateurs ne me signalent aucune eau dans toute cette région.

Après les pluies, on en trouve dans des rhedîr ; c’est là que s’abreuvent les bergers et les troupeaux des tribus nomades des Riah, des Oulâd-Khérîs et de la Cherguîya, qui, seuls, dans la saison des pâturages, fréquentent cette contrée désolée.

Ce que Hornemann appelle le Hâroûdj blanc n’est qu’une partie de la hamâda de la Cherguîya soulevée, mais non atteinte par l’action du feu souterrain.

Dans les roches blanches et calcaires de cette contrée, dit-il, on trouve des squelettes entiers de gros animaux marins pétrifiés, des têtes de poissons qu’un homme pourrait à peine porter, des coquillages, des conques variées et en grand nombre.

Il est regrettable que le fanatisme des habitants de la ville de Zouîla ne permette pas à un géologue expérimenté d’aller explorer librement les deux Hâroûdj ; car on pourrait y faire une ample collection de grands fossiles. Le meilleur moyen de pénétrer avec sécurité dans cette contrée est de se placer sous la protection des Riah, Arabes nomades des environs de Sôkna, habitués aux relations avec les Européens et qui vont chaque année faire paître leurs troupeaux dans le Hâroûdj.

J’aurai l’occasion de signaler un gisement de grand fossile dans le Ahaggâr.

D’ailleurs, les fossiles ne paraissent pas rares dans certaines parties de l’Afrique centrale ; car un de mes informateurs qui a fait de fréquents voyages au Kânem m’indique de grands animaux fossiles dans les roches des ravins du Bahar-el-Ghozâl.

IVe SECTION.

DE MOURZOUK À LA MER PAR LE MASSIF VOLCANIQUE DE LA SÔDA.

Dans cet itinéraire géologique, accessoire à l’objet principal de ce travail, je me bornerai à décrire à grands traits ma route, en n’appelant l’attention que sur les points justificatifs de ma carte et sur ceux dans lesquels l’action du feu souterrain se révèle.

De Mourzouk à la Sôda, on ne quitte guère qu’accidentellement les terrains pierreux des hamâd, d’abord celle à laquelle j’ai donné le nom de Hamâda de Mourzouk, puis la grande Hamâda-el-Homra, comprise entre Ghadâmès et Sôkna de l’Ouest à l’Est, et entre El-Hesî et Gueria du Sud au Nord.

Je me limiterai donc aux constatations suivantes :

Traversée de la Hofra, au Nord de Mourzouk ;

Rencontre successive d’une petite sebkha, produisant un peu de sel, à la hauteur de Cheggoua ; d’un second bas-fond couvert de palmiers broussailles ; d’une dépression à sol de sebkha humide ; du lit de l’Ouâdi-’Otba qui se prolonge encore dans le Nord-Est ;

Entre ces bas-fonds, terrains couverts tantôt de pierres de grès-quartzite grossier[70], tantôt d’un simple gravier, alternant entre eux ;

Entre le puits de Néchoûà et le village de Delêm, un fragment roulé de lave[71] dont la couleur varie du vert au noir ;

De ces points à Ghoddoua, gravier solide, semé de pierres noirâtres ;

Au Nord de Ghoddoua, terrain sablonneux couvert de tamarix ethel et de palmiers broussailles qui indiquent la présence de l’eau à peu de profondeur ;

Dans l’Ouâdi-Néchoûà, Bîr-el-Wouchka (puits entouré de palmiers broussailles) au fond d’une petite grotte creusée dans l’argile ;

Gravier solide, avec affleurement de pierres ;

Fin des collines rocheuses signalées au Nord de ma route de Mourzouk à la Cherguîya ;

Dépression d’El-Mehyâf, à sol nu, à bords déchiquetés et hérissés de pitons ;

El-Bîbân (les portes), petit col entre le dernier contre-fort oriental de la chaîne de l’Amsâk et les hauteurs rocheuses du Nord de la Cherguîya qui n’en sont que la continuation atténuée ;

Terrain sablonneux, prolongement des dunes d’Edeyen, dans lequel des palmiers à haute tige et en broussailles se succèdent d’El-Gordha à la ville de Sebhâ ;

Au Nord de Sebhâ, continuation des sables avec palmiers ; hauteurs de 20 mètres composées de grès noir ; dépression pierreuse de Hadjâra (les pierres), avec palmiers ; plaine de Ouâsâà-Khanga (large défilé), à sol de gravier et de pierres et bordée à l’Est et à l’Ouest par des hauteurs qui se prolongent jusqu’à Hotîyet-el-Ghazi (la plaine des maraudeurs), où les sables reparaissent ;

A la sortie des sables, puits de Sâlah-ber-Rekheyyis, avec une eau puante impossible à boire ; sol de gravier avec sables, devenant argileux à l’approche des palmiers de Temenhent.

Les eaux de cette oasis sont douces ou salées, suivant les puits d’où on les tire.

En continuant la route au Nord de Temenhent : d’abord terre argileuse et palmiers avec dunes à 2 kilomètres au Nord ; ensuite sol couvert de pierres noires et d’affleurements de calcaire blanc ; puis dépression riche en végétation et dans laquelle se trouve le puits de Gourmêda.

Après Gourmêda, sol pierreux, ligne de petites montagnes coupant la route. A l’Est apparaissent les plantations de Semnou et celles de l’oasis de Zîghen.

A la sortie des palmiers de Zîghen, le sol s’élève par gradins superposés ; à 10 kilomètres au Nord, les sables réapparaissent, et plus loin, de leur milieu, se dressent des hauteurs noires ; entre les sables et le plateau est la source d’’Aouînet-Tittaouîn. Toujours le voisinage des sables donne de l’eau. On en retrouve encore au puits d’Oumm-el-’Abîd et à un fogâr, ou puits à galerie horizontale situé sur la route, et creusé dans le rebord occidental d’une petite dépression, lequel rebord est composé d’argile feuilletée, recouverte de pierres de grès noir et gris.

Entre ces puits et la montagne volcanique de la Sôda, la route est tout entière dans une hamâda qui d’abord porte le nom de Serîr-ben-’Afîn, puis celui de Boû-Hogfa.

Serîr est synonyme de hamâda.

Mais cette hamâda n’est pas un plateau uni : d’abord elle est coupée par la ligne de collines de Mehyâf, de 10 mètres de hauteur environ, composée d’une roche blanche analogue au plâtre sablonneux ; puis viennent deux petites lignes de sable et une dépression, El-Hofer ; et enfin la ligne des collines blanches du Gâf que la route traverse entre deux mamelons symétriques.

A l’Ouest de Mehyâf se dresse la gâra ou témoin d’’Ameyma qui en est détachée.

A l’Est de la route, mais entre El-Hofer et le Gâf, sont les hautes dunes de Remla-el-Kebîra.

Au delà du Gâf, on aperçoit les hauteurs de la Sôda, et le sol, composé d’un gravier rougeâtre, commence à être parsemé de pierres basaltiques que l’on trouvera en plus grandes quantités dans le ravin de Máitbât, au pied même de la Sôda.

Le Djebel-es-Sôda, ou montagne noire, est un massif volcanique comme le Hâroûdj, isolé comme lui, au milieu d’une hamâda de calcaire blanc.

Sa longueur est de 110 kilomètres environ de l’Est à l’Ouest, et de 55 environ du Sud au Nord. Une sorte de col formé par une série successive de ravins le traverse dans cette dernière direction, et le divise en deux sections, la Sôda-Gharbîya et la Sôda-Cherguîya. C’est dans ce col que passe la route.

L’altitude moyenne de la Sôda est de 736 mètres au dessus du niveau de la mer ; les sommets les plus élevés sont le Dhâharet-es-Sôda dans l’Ouest, et la Gâret-Tefîrmi dans l’Est.

A partir du ravin d’El-Máitbât, en continuant la route, on commence à gravir les pentes méridionales du massif, au milieu d’amas de grosses pierres basaltiques.

Dans l’Ouest, au loin, est une montagne importante, Gâra-el-Kohela (le témoin noir), isolée comme toutes les goûr, mais, par sa nature noire, appartenant au massif de la Sôda.

Les échantillons des roches que j’ai rapportés de cette contrée ont été déterminés par M. Des Cloizeaux, ainsi qu’il suit :

Échantillon no 50. « Roche volcanique amygdaloïde basaltique, remarquablement lourde, contenant probablement du fer et du péridot. Cette roche indique presque certainement un épanchement volcanique sous-marin. »

Échantillon no 51. « Amygdaloïde basaltique avec géodes remplies de calcaire et d’une substance brune paraissant analogue à l’hyalosidérite. Cette roche se retrouve dans les volcans éteints de l’Islande et de l’Auvergne. »

Les Arabes qui m’accompagnent, et qui sont des Riah de Sôkna, dont les troupeaux, après avoir consommé les pacages de la Sôda, vont dans le Hâroûdj, m’affirment que les pierres de ce dernier massif sont de même nature que celles de la Sôda.

Hornemann, qui traversa la Sôda après avoir reconnu le Hâroûdj, fit la même constatation.

Le point culminant de la route, celui qui forme le partage des eaux, est Dhâharet-Moûmen (le dos de Moûmen), plateau uni, très-vaste, couvert de grosses pierres.

Au centre de ce plateau est une légère dépression à sol de gravier ; elle se nomme El-Mejnah.

De Dhâharet-Moûmen, la route continue par une succession de ravins et de vallées jusqu’à Sôkna, au pied du versant Nord de la montagne.

Dans cette seconde partie de la route, la nature des roches s’est modifiée : les pierres basaltiques n’occupent plus que le haut des berges ; celles qu’on trouve dans le lit de l’ouâdi ont toutes été roulées ; le fond des roches est un calcaire coquillier, de couleur rougeâtre, qui repose lui-même sur des argiles.

Les ravins successivement suivis ou traversés sont :

Au Sud de Dhâharet-Moûmen,

L’Ouâdi-Temechchîn, très-étroit, qui se dirige vers l’Est ;

L’Ouâdi-Fonguer ;

L’Ouâdi-Ouiddegânen (les lits de ces deux ouâdi se creusent de plus en plus et ont des berges très-marquées) ;

Megrîz-es-Sâmeha ;

Megrîz-el-Ghârega ;

L’Ouâdi-Tîn-Guezzîn, assez vaste et profond ;

L’Ouâdi-Boû-l’Hâchem ;

L’Ouâdi-Boû-l’Ferêa’a ;

Au Nord de Dhâharet-Moûmen :

L’Ouâdi-Tefîrmi, profond ;

L’Ouâdi-Zeggâr, qui se dirige dans l’Est ;

L’Ouâdi-el-Wouchka ;

L’Ouâdi-Boû-Souwân ;

L’Ouâdi-el-Afenât.

Le nombre considérable d’ouâdi rencontrés ou traversés indique combien la Sôda est ravinée et accidentée, et, bien certainement, la route la parcourt dans sa partie la plus accessible.

Une argile verdâtre[72], imprégnée de sel marin, et parsemée de cristaux de gypse lamellaire, sert de base au calcaire de l’Ouâdi-el-Wouchka.

Ce calcaire, crétacé[73], gris, jaunâtre, saccharoïde, contient des moules de cardium et de turritella indéterminables.

L’Ouâdi-Tîn-Guezzîn a des puits-citernes (themed) dans le haut ; mais le seul puits réel de la route est celui de Gottefa, dans la vallée de Boû-Souwân.

Un pacha du Fezzân, Moukkeni, avait entrepris d’en faire creuser dans le ravin de l’Ouâdi-Temechchîn ; il a dû abandonner cette entreprise ; depuis, les travaux ont été continués par un riche marchand de Sôkna, Makersou, mais sans plus de succès, malgré la grande profondeur du forage.

Sur la périphérie du massif, on me signale huit puits, savoir : Wenzeref, Oumm-es-Slâg, Meguettem, ’Açîla, ’Aâfia, Zâkem, Ferdjân, Zemâmîya.

J’ignore quelle est la qualité des eaux de ces puits, mais celles de Sôkna se troublent beaucoup par l’addition du nitrate d’argent, qui ne s’y dissout pas complétement, ce que j’ai pu constater en cherchant à préparer un collyre. Celle de la petite ville de Hôn, à 12 kilomètres Est de Sôkna, est amère et encore plus désagréable au goût ; enfin celle de Zemâmîya, que j’ai eu l’occasion de goûter, en allant de Sôkna à Bondjêm, est aussi amère et mauvaise, comme celles de toute cette région.

Je ne continuerai pas cet itinéraire dans les détails qu’il comporte jusqu’à la mer. Je me bornerai à dire qu’au Nord de Zemâmîya, les sables disparaissent, le sol devient calcaire, et toutes les montagnes sont de calcaire blanc compact. La seule exception à cette loi générale est à quatre journées de marche de Tripoli, dans les berges de l’Ouâdi-Nefîd : on y retrouve la même structure géologique que sur le flanc Nord de la Sôda, notamment dans le Chaa’bt-es-Sôda, où des pierres basaltiques sont éparses sur une assez grande étendue de terrains calcaires[74].

Toutefois, je ne puis m’abstenir de parler de la grande Hamâda-el-Homra (la rouge), dont les quatre points cardinaux sont marqués par Ghadâmès à l’Ouest, Gueria-el-Gharbîya au Nord, Sôkna à l’Est et El-Hesî au Sud.

M. le docteur Barth l’a parcourue du Nord au Sud sur une étendue de 215 kilomètres. De l’Est à l’Ouest, elle en a 690. Dans cette dernière direction, aucune route ne la traverse, parce qu’aucun animal ne peut supporter la faim et la soif assez longtemps pour entreprendre un pareil voyage.

D’après le savant voyageur, l’altitude moyenne du plateau est de 451 à 486 mètres. A son point le plus élevé, Redjem-el-Erha (le tas de pierres meulières), il atteint 511 mètres.

Le caractère général de cette hamâda est d’être totalement dépourvue d’eau et presque totalement de végétation et d’animaux. Les oiseaux eux-mêmes n’entreprennent pas sa traversée sans danger ; aussi, comme en mer, leur présence signale-t-elle le voisinage d’une terre habitable.

Une tranchée, profondément creusée dans le roc, permit à MM. Barth et Overweg de constater la formation géologique de ce plateau.

« La masse générale des pierres de l’escarpement, dit le docteur Barth, se compose de grès que l’on prendrait, au premier abord, pour du basalte, à cause de la surface complétement noire qu’elles offrent, ainsi que des blocs détachés qui gisent à leur pied.

« Au dessus de cet immense lit de grès, recouvert à certains endroits d’une couche d’argile mêlée de gypse, reposait une autre couche de marne au-dessus de laquelle se trouvait une croûte supérieure de calcaire et de silice. »

Les renseignements particuliers qui m’ont été donnés par les indigènes me permettent d’ajouter que le niveau uniformément plat de la hamâda n’est interrompu que par quelques dunes, des goûr et de légères dépressions.

M. Francesco Busettil, officier de santé de la garnison de Mourzouk, qui a parcouru la hamâda, m’a remis plusieurs fossiles trouvés sur sa route, entre autres :

1o L’ostrea larva[75] (Lamk), de l’étage sénonien de d’Orbigny, de la craie blanche à silex, de la craie de Maëstricht ;

2o Une ostrea[76], du groupe de l’ostrea frons, du terrain crétacé sénonien, dont une identique a été trouvée par M. Hébert, à Aubeterre (Charente), mais qui n’est pas encore décrite ;

3o Des baguettes d’oursins[77] qui devaient être énormes ;

4o Plusieurs coquilles univalves[78] indéterminables ;

5o Enfin une concrétion curieuse[79] qui ressemble à l’agate.

Quand on constate l’état actuel de ce désert, nu, aride, sans eau, on se demande comment les armées romaines ont pu le traverser à une époque où le chameau n’était pas encore introduit dans le pays ; car l’assiette des ruines romaines sur cette route, à l’exclusion de celle par Sôkna, ne laisse aucun doute sur la voie suivie pour aller d’Œea (Tripoli) à Garama (Djerma). D’ailleurs le passage suivant de Pline ne laisse aucune incertitude sur la préférence donnée à la voie directe : « Jusqu’à ce jour, le tracé de la route des Garamantes fut inexplicable. Dans la dernière guerre que les Romains entreprirent avec le concours des Œensiens, sous les auspices de l’empereur Vespasien, le total de la route fut diminué de quatre jours. Ce chemin est appelé : par la tête de la montagne, PRÆTER CAPUT SAXI. » (Liv. V, 5.)

Aujourd’hui, avec le concours du chameau, les caravanes traversent péniblement la hamâda ; une armée, fût-elle exclusivement indigène, ne le pourrait pas.

Ve SECTION.

DE RHÂT À IN-SÂLAH.

La présence de Mohammed-ben-’Abd-Allah au Touât, avec des contingents qui devaient bientôt arborer l’étendard de la guerre sainte et envahir le Sahara algérien, m’a empêché d’aller de Rhât à In-Sâlah par les montagnes d’Azdjer et du Ahaggâr, et de prolonger dans l’Ouest, comme je l’ai fait dans l’Est, de Tîterhsîn à la Cherguîya, l’étude géologique du plateau central du Sahara, mais de nombreux renseignements me permettent de suppléer à l’exploration personnelle.

Cette section comprendra, de l’Est à l’Ouest :

A. — Le plateau du Tasîli des Azdjer ;

B. — Le plateau d’Éguéré ;

C. — Le plateau du Mouydîr ;

D. — Le massif du Ahaggâr.

A. — Plateau du Tasîli.

Je résume succinctement les indications géologiques sur le Tasîli que me fournissent mes observations et mes itinéraires par renseignements.

La masse du plateau est de grès, noir à la surface, mais semblable aux échantillons de ma collection pris entre l’Ouâdi-Târât et l’Ouâdi-Tîterhsîn. — Le nom d’Éguélé (le coléoptère), donné à un pic isolé du rebord Sud du Tasîli, indique que cette roche se retrouve dans le Sud-Ouest comme dans la partie Nord-Est du plateau que j’ai traversée.

Sur plusieurs points, des roches blanches, probablement des calcaires crayeux, sont signalées, notamment à Tâfelâmt-Tamellet et à Tiôkasîn. L’informateur qualifie ce dernier point de hamâda à sol blanc.

Après les grès, les roches de formation volcanique, semblables à celles que j’ai trouvées à Sâghen et dans la Sôda, les unes poreuses et légères, les autres compactes et pesantes, semblent être fréquentes, notamment dans l’Adrâr, dont la longueur est de quatre jours de marche et la largeur de deux.

Le point culminant d’In-Esôkal est-il le seul volcan éteint d’où sont sorties toutes ces roches volcaniques ? Je l’ignore, mais je suis tenté de lui assigner ce rôle en commun avec d’autres pics isolés qui me sont signalés sur toute l’étendue du plateau, car la dissémination des laves démontre que le feu souterrain a dû se faire jour en plus d’un endroit.

Un long ravin, tellement profond et encaissé que le soleil y pénètre à peine quelques heures par jour, coupe le Tasîli par son milieu, du Sud au Nord, du pic d’In-Esôkal à la vallée des Igharghâren. Ce ravin, qui porte le nom d’Ouâdi-Afara dans sa partie supérieure et d’Ouâdi-Sâmon dans sa partie inférieure, peut être considéré comme une fracture du plateau, contemporaine sans doute de l’action volcanique.

La force du feu épuisée pour soulever la portion orientale du Tasîli a laissé en contre-bas la portion occidentale ; de là la brisure, de là le niveau différent des deux parties du plateau, l’une surélevée, l’autre plus basse et s’inclinant en pente douce vers le bassin de l’Igharghar.

Après ces indications générales, mes renseignements me donnent comme détails les faits géologiques suivants :

Carrière de serpentine dans le ravin de Tehôdayt-tân-Hebdjân, ainsi appelé parce qu’on en tire la pierre dont on fait les anneaux de bras que portent les Touâreg ;

Débris d’un grand mammifère fossile[80] dans le ravin de Tehôdayt-tân-Tamzerdja ;

Sebkha ou saline à laquelle aboutit ce dernier ravin ;

Mine de bon alun à Tifernîn sur la route d’’Aïn-el-Hadjâdj à ’Aouînet-Tîn-Abderkeli ;

Fer oligiste semblable à l’échantillon no 29, et grès ferrugineux sur plusieurs points du plateau ;

Roches bouleversées en un grand nombre d’endroits.

D’après les remarques et les échantillons de M. Isma’yl-Boû-Derba, les grès et la craie blanche du Tasîli reposeraient sur le terrain dévonien.

Indépendamment des lacs de Mîherô, assez riches en eaux pour nourrir des poissons, mes informateurs me signalent dans Amguîd, sur le rebord occidental du Tasîli, une source du nom de Tîn-Selmakin, dont le bassin est assez grand pour que de gros poissons y vivent aussi.

B. — Plateau d’Éguéré.

Le petit plateau d’Éguéré semble être une seconde fracture du Tasîli, mais la fracture, au lieu de s’étendre sur toute sa largeur comme celle d’Afara, est restreinte à l’angle Sud-Ouest du plateau. La séparation, au lieu d’une ravine profonde et étroite, forme ici une plaine ou large vallée parcourue par l’Ouâdi-Têdjert, prolongement Nord de la plaine d’Amadghôr.

Je n’ai aucune indication sur la nature de la roche d’Éguéré, mais tout me porte à croire que la masse est de grès.

C. — Plateau du Mouydîr.

La forme particulière du Mouydîr, la situation du point dominant, l’Ifettesen, par rapport aux trois points culminants du Ahaggâr, le prolongement de ses assises caractérisé dans l’Est par des pitons isolés : Tisellêlin, Afisfés, Sakkâya, le voisinage de la source sulfureuse de Dhâyet-el-Kâhela, tout semble indiquer que la formation de ce plateau est due à l’action volcanique. Cependant, je dois le dire, aucune indication précise de mon journal de voyage ne justifie cette opinion ; j’ai négligé d’interroger les indigènes à ce sujet.

Mes notes se bornent à signaler la présence du fer à Tiwonkenîn, appelé par les Arabes Kheng-el-Hadîd.

L’abondance relative des eaux dans le Mouydîr est aussi un fait confirmé par tous les informateurs.

D. — Massif du Ahaggâr.

Le soulèvement du massif du Ahaggâr par l’action du feu souterrain n’est pas seulement attesté par la forme de son relief et par les témoignages nombreux des indigènes, il est encore affirmé par les laves roulées que M. Isma’yl-Boû-Derba a trouvées dans le lit de l’Igharghar à son débouché des montagnes, dans un endroit où les sables ne sont pas venus cacher la nature des alluvions.

Voici ce que dit ce voyageur :

5 Septembre. « Vers les quatre heures du matin, nous gagnâmes l’Ouâdi-Igharghar. Une grande vallée unie venant du Sud-Ouest et se dirigeant vers le Nord-Est forme le lit de la rivière. De gros cailloux roulés, en pierre ponce, semblent indiquer l’origine de cet ouâdi.

« Les Touâreg, en me montrant cette pierre, me dirent qu’elle est tout à fait semblable à celle dont est formé le pâté de montagnes du Ahaggâr. Elle est très-légère, celluleuse, d’une couleur noirâtre, et affecte l’apparence d’une éponge. »

M. le docteur Marès, qui a vu les échantillons de M. Isma’yl-Boû-Derba, les a trouvés identiques à ceux que j’ai rapportés de Sâghen et que M. Des Cloizeaux a reconnus être de la lave de volcan éteint.

Ces laves ne peuvent provenir du même point, car les sables de la plaine des Igharghâren empêchent aujourd’hui et depuis longtemps la communication de l’Ouâdi-Tikhâmmalt avec l’Igharghar. Ainsi la certitude scientifique est absolue.

Voici maintenant les indications particulières que me donnent mes renseignements.

Tout l’Atakôr-en-Ahaggâr est en pierres noires. Du côté du Touât, elles s’étendent jusqu’à l’Ouâdi-Idjeloûdjâl. De ce point à Menîyet, la roche est blanche, mais elle redevient noire lorsque l’on monte le Mouydîr.

Le promontoire du Tîfedest est aussi noir : tout indique qu’il a dû être couvert par les laves du puy d’Oûdân, comme l’Atakôr par celles des puys de Ouâtellen et Hîkena.

Quoi qu’il en soit, si l’identification des trois monts ci-dessus nommés avec d’anciens volcans est permise, celle des cônes des gradins inférieurs, quoique possible, est moins probable.

Le Ahaggâr doit à son altitude et à sa constitution géologique une richesse de sources d’un débit assez abondant, car elles suffisent aux besoins de l’irrigation. On y cite des ruisseaux à eaux courantes, ceux d’Idélès, de Tâzeroûk et de Tazoûlt, très-grande rareté dans le Sahara. On parle même de la cascade d’un ouâdi du nom d’Adjellal, descendant du Tîfedest ; ce serait la seule peut-être entre la vallée du Nil et l’Océan Atlantique.

CONCLUSION GÉOLOGIQUE.

J’ai donné à ce chapitre un développement considérable, sans craindre même de suppléer à l’investigation personnelle par de nombreux renseignements glanés çà et là auprès des indigènes ou dans les travaux de mes devanciers, parce qu’il m’a semblé important de fixer d’une manière plus nette l’opinion sur la constitution géologique de la partie centrale du Sahara, la moins connue jusqu’à ce jour.

Désormais des faits importants me paraissent acquis à la science :

Jusqu’au versant Nord des montagnes des Touâreg, la nature du sol reste la même, sans changements appréciables, et nous présente toujours le terrain crétacé comme au Sud de l’Algérie, de la Tunisie et dans la Tripolitaine.

Dans la montagne apparaissent des terrains paléozoïques reconnus d’abord par le docteur Overweg sous le versant occidental du plateau de Mourzouk, puis par M. Isma’yl-Boû-Derba dans le Tasîli du Nord, et enfin par moi, au pied de l’Akâkoûs, en un point intermédiaire aux gisements précédents.

Désormais, la production, la circulation, l’amoncellement des sables sont circonscrits dans les limites que la nature leur a assignées, et la comparaison du Sahara à une peau de panthère, faite par Strabon, cesse d’être le dernier mot de nos connaissances sur des oasis disséminées dans un désert de sables.

Enfin nous savons que le soulèvement du Tasîli et du Ahaggâr, et probablement des plateaux secondaires qui en dépendent, est dû à une action volcanique définie, comme le Djebel-Nefoûsa, la Sôda, le Hâroûdj et le massif d’Aïr.

Ces connaissances sommaires ont besoin d’être complétées, cela est certain ; mais en attendant, nous avons la satisfaction d’être arrivé à un résultat qui nous permet de contrôler les récits fort obscurs des anciens sur une contrée qui a excité la curiosité du monde depuis l’antiquité.

CHAPITRE V.

MÉTÉOROLOGIE.

Hérodote nous fait connaître (livre IV, §§ 173, 184 et 185) ce qu’était, il y a deux mille trois cents ans, le climat du pays qu’embrasse mon exploration. Voici ce qu’il en dit :

Température : « Les Atarantes maudissent le soleil qui passe au-dessus de leur tête et lui adressent toutes sortes d’outrages, parce que sa chaleur consume les hommes et la contrée.

Vents : « Le souffle de Notus (S.-E.) dessécha tout ce qui contenait de l’eau. D’après les Libyens, les Psylles marchèrent en armes contre Notus. Or, quand ils arrivèrent au désert de sable, Notus souffla de plus belle et les ensevelit tous.

Eaux, pluies : « Le pays est désert, sans eau, sans bêtes fauves, sans pluies, sans arbres ; on n’y trouve nulle humidité. »

Les observations que j’ai faites pendant les trois cent dix jours consacrés à l’étude de la région qu’Hérodote appelle le désert de Libye permettront d’apprécier quelles modifications le temps a apportées au climat de ce pays.

Pour ne pas abuser de la patience du lecteur, je limite le tableau ci-après au pays des Touâreg et à une observation quotidienne ou locale (total : 330 observ.), me réservant de publier dans un recueil spécial l’ensemble de toutes celles faites pendant les vingt-neuf mois de mon voyage.

Quant aux diverses séries d’observations qui n’ont pu trouver place dans ce tableau, je les résume à la suite.

Observations météorologiques[81].

LOCALITÉS. ALTITUDES DATES. 1860 HEURES. BAROMÈTRE réduit à 0° et corrigé. THERMOMÈTRE fronde. ÉTAT DU CIEL. VENTS[82].

m Juillet.

El-Ouâd (Soûf) 135 26 7.45 s. 749.05 35,3 Couvert, légers cumulus ?

’Amich 193 27 5.30 m. 744.58 23,0 Pur E. — 5.

Drá-el-Khezîn 169 28 4.55 m. 748.73 23,5 Voilé O.-N.-O. — 3

Choûchet-el-Guedhâm 150 » 3.30 s. 749.77 42,0 Id. O.-N.-O. — 1.

Mouï-er-Rebaáya 147 29 5.15 s. 750.34 24,6 Couvert E. 1/4 N. — 1.

Mâleh-ben-’Aoûn 144 30 5.» m. 751.82 25,1 Nuageux E. — 4.

Mouï-Rebah 152 » 2.30 s. 750.78 39,7 Pommelé E. — 3.

El-’Ogla 107 31 10.55 s. 754.57 25,0 Nuageux E. 1/4 N. — 4.

Août.

El-’Ogla 1 5.10 m. 756.75 22,2 Pommelé E. 1/4 N. — 3.

Er-Reguíáât 181 » 2.» s. 748.10 34,5 Couvert E. 1/4 N. — 4.

Berreçof 177 2 3.30 s. 740.20 36,0 Quelques nuages pommelés E. — 4.

Id. » 3 8.30 m. 752.59 30,7 Légèrement nuageux E. — 4.

Id. » 4 4.» s. 750.11 38,1 Presque serein, cumulus N.-N.-O. — 3.

Id. » 5 3.30 s. 756.30 36,3 Pur E. — 2.

En route, Sieste 168 6 4.30 s. 745.96 38,3 Légèrement voilé S.-S.-E. — 3 — sirocco.

Ouidiân-el-Halma 213 7 4.30 s. 746.55 39,0 Pur S.-S.-E. — 3 — id.

Dhahar-el-’Erg 355 8 4.30 s. 735.85 41,6 Pur S.-S.-E. — 3 — id.

Haoudh-el-hâdj-Sa’id 365 9 4.30 s. 733.43 40,0 Pur S.-E. — 3 — id.

En route, Sieste 393 10 4.30 s. 731.11 40,1 Pur S.-E. — 3 — id.

Ghâba de Ghadâmès 359 11 3.50 s. 733.99 40,2 Pur S.-E. — 6 — sirocco.

Ghadâmès[83] 351 12 8.30 m. 733.80 35,1 Pur S.-E. — 4 — id.

Id. » 13 8.» s. 731.58 34,0 Légèrement couvert Nul.

Id. » 14 9.45 s. 730.21 32.8 Pur Nul.

Id. » 15 8.» m. 734.11 32,9 Pur Insensible.

Id. » 16 6.» m. 733.45 23,8 Pur S.-S.-E. — insensible. — 1.

Id. » 17 8.» s. 730.49 34,2 Presque pur, cumulus Nul.

Id. » 18 2.» s. 734.41 38,1 Pur S.-S.-E. — 2.

Id. » 19 2.» s. 741.30 36,6 Un peu voilé S.-S.-E. — 6.

Id. » 20 3.» s. 741.17 38,8 Pur S.-S.-E. — 2.

Id. » 21 6.» m. 732.58 24,3 Pur Nul.

Id. » 22 2.30 s. 734.86 38,3 Pur S.-S.-O. — 2.

Id. » 23 8.30 s. 734.98 31,0 Pur S.-E. — 1 — par bouffées.

Id. » 24 9.» s. 737.30 31,1 Pur S.-S.-E. — 1 — sirocco par bouff.

Id. » 25 2.» s. 743.22 38,8 Presque pur, petits cumulus ronds S. — 1.

Id. » 26 8.» s. 733.57 31,2 Pur S.-S.-E. — 2.

Id. » 27 3.» s. 729.64 36,2 Pur E. — 2.

Id. » 28 2.» s. 736.45 34,7 Pur S.-S.-O. — 3.

Id. » 29 2.» s. 733.48 36,4 Pur S. — 1.

Id. » 30 6.» m. 734.18 21,0 Pur Insensible.

Id. » 31 2.» s. 736.96 38,1 Pur S.-S.-O. — 1.

Septemb.

Id. » 1 2.» s. 736.21 38,2 Pur Nul.

Id. » 2 6.» m. 730.08 23,1 Pur Nul.

Id. » 3 6.» m. 731.33 24,4 Pur E. — 1.

Id. » 4 3.30 s. 735.30 40,4 Quelques cumulus E. — 2.

Id. » 5 8.30 s. 732.42 32,2 Pur Nul.

Id. » 6 6.» m. 730.88 23,1 Pur E. — 1.

Id. » 7 6.» m. 737.28 20,8 Pur E. — 2.

Id. » 8 2.30 s. 737.48 37,7 Pur Nul.

Id. » 9 6.» m. 730.17 25,1 Pur N.-E. — 3.

Id. » 10 6.» m. 727.92 22,8 Cumulus irréguliers à l’O. E. — 2.

Id. » 11 7.» s. 734.13 32,9 Pur E. — 1.

Id. » 12 2.» s. 731.59 36,2 Pur E. — 3.

Id. » 13 2.30 s. 737.90 37,1 Pur N.-E. — 4.

Id. » 14 2.» s. 738.96 38,1 Pur E. — 3.

Id. » 15 6.» m. 734.92 38,9 Pur E. — 4.

Décemb.

Id. » 10 10.5 m. 735.77 17,7 Pur S.-O. — 4 — sirocco.

Mâreksân 348 11 7.30 m. 735.04 9,7 Pur S.-O.— 3.

Id. » 12 8.» m. 727.94 10,4 Pur S.-O. — 2.

Ouâdi-Timîsit 347 13 9.» m. 731.74 10,9 Pur S.-S.-O. — 4.

Imozzelâouen 337 14 9.30 m. 727.79 12,1 Presque pur, stratus à l’horizon N. S.-S.-E. — 4.

Tifôchayen 415 15 8.50 m. 719.95 13,9 Presque pur, légers nuages S. — 3.

Timelloûlen 421 16 7.15 s. 718.68 10,5 Pur O. — 1.

Id. » 17 7.15 s. 721.46 5,9 Nuages légers, plumeux Nul.

Id. » 18 8.30 m. 721.75 2,2 Nuages plumeux Nul.

Id. » 19 9.20 m. 727.93 10,5 Petits nuages O.-S.-O. — 2.

Tahâla 416 20 8.» m. 729.66 9,1 Couvert E. — 1.

Ahêdjren 505 21 8.30 m. 720.11 9,3 Couvert. — Petite pluie Nul.

Adehi-n-Ouarân 456 22 8.» m. 715.94 4,9 Nuages à l’horizon E.-S.-E. — 2.

Tidjedakannîn 454 23 9.30 m. 717.68 6,9 Pur Nul.

Id. » 24 8.30 m. 721.30 6,6 Pur. — Rosée Nul.

Id. » 25 2.» s. 723.38 24,4 Légers nuages blancs à l’horizon Nul.

Id. » 26 7.45 m. 722.66 10,2 Légers nuages plumeux E.-N.-E. — 1.

Id. » 27 7.30 m. 722.53 7,1 Pur N.-E. — 1.

Sâghen 534 28 6.45 m. 719.53 1,9 Pur E.-N.-E. — 1.

Id. » 29 8.30 m. 718.89 4,9 Pur Nul.

Id. » 30 8.30 m. 721.22 8,5 Pur Insensible.

Id. » 31 9.15 m. 719.68 10,8 Pur E. — 1.

1861

Janvier.

Id. » 1 8.30 m. 718.51 7,0 Pur Nul.

Id. » 2 9.» m. 719.05 9,5 Pur Nul.

Id. » 3 7.30 s. 715.73 14,8 Pur. - Lueur blanche à l’horizon O. Nul

Id. » 4 8.» s. 716.88 16,4 Couvert partout Nul.

Tikhâmmalt (1er camp) » 5 10.» m. 716.96 18,7 Pur Nul.

Afara-n-Wechcheran 543 6 11.30 m. 714.05 24,8 Pur S. — 1.

Id. » 7 1.30 s. 703.24 28,9 Presque serein, petits nuages rares S.-E. — 3 — sirocco.

Id. » 8 6.45 s. 710.00 14,0 Pur N. — 3.

Id. » 9 10.30 m. 710.80 12,2 Presque pur, quelques petits nuages Nul.

Id. » 10 3.» s. 711.96 16,6 Pur N. — 2.

Id. » 11 3.20 s. 712.34 19,6 Pur N.-N.-E. — 2-3.

Id. » 12 3.» s. 709.01 22,9 Presque pur, petits nuages horiz. N. N.-O. — 4.

Id. » 13 9.» m. 712.01 13,1 Pur S.-E. - 2-3.

Id. » 14 10.» m. 715.78 14,7 Pur S.-S.-E. — 1.

Id. » 15 11.» m. 715.99 18,9 Pur S.-S.-O. — 2.

Id. » 16 9.» m. 715.21 10,0 Un cinquième nuages blancs S.-E. — 1-2.

Id. » 17 5.30 s. 711.79 18,9 Couvert horiz. N. O. — 6.

Id. » 18 3.» s. 711.12 17,8 Légers nuages blancs transparents N.-O. — 3.

Id. » 19 10.30 m. 716.17 11,0 Nuages plumeux au N. E.-S.-E. — 3.

Id. » 20 1.30 s. 715.32 17,2 Pur N.-O. — 2-3.

Id. » 21 11.30 m. 721.32 15,2 Pur O.-N.-O. — 2-3.

Inghar et Asouîtar 611 22 3.» s. 718.16 16,6 Nuages ronds blancs N.-E. — 1.

Id. » 23 3.30 s. 717.32 19,7 Nuages blancs S.-E N.-E. — 3.

Id. » 24 9.» m. 718.92 9,2 Cinq sixièmes couvert E.-N.-E. — 5.

Id. » 25 8.» s. 722.34 13,6 Pur N.-E. — 3.

Id. » 26 3.» s. 722.16 16,6 Pur N.-E. — 5.

Id. » 27 9.» m. 719.20 10,3 Petits nuages, horiz. S. voilé E.-N.-E. — 4.

In-Tafersin 627 » 6.30 s. 716.50 14,1 Couvert, pluie moitié de la nuit E. — 3.

Tâdjenoût 594 28 10.30 m. 717.99 15,5 Couvert Nul.

Oursêl 624 29 7.» s. 712.33 12,9 Pur N.-N.-E. — 1.

Id. » 30 7.» s. 716.91 12,0 Pur N.-E. — 3.

Id. » 31 3.» s. 718.49 15,8 Couvert E. — 2.

Février.

Id. » 1 3.» s. 727.46 17,3 Presque tout couvert E. — 3.

Id. (autre camp) » 2 10.» m. 719.63 14,8 Pur S. — 2.

Id. » 3 10.» m. 718.73 14,3 Presque pur, un petit nuage Nul.

Id. » 4 8.30 m. 716.52 11,5 Pur E. — 1.

Près d’In-Hemoûl 593 5 11.30 m. 714.56 20,5 Petits nuages dispersés E.-S.-E. — 1.

Id. » 6 9.» m. 715.96 16,7 Couvert Nul.

Tamioutin (Aghelâd) 553 7 9.» m. 717.67 19,3 Voilé S.-E. — 1.

Târat (Aghelâd) 549 » 8.» s. 714.61 21,3 Voilé E.-S.-E. — 1.

Targhaghît 542 8 9.» s. 711.21 21,3 Quelques nuages Nul.

Id. » 9 9.» m. 713.22 17,2 Pommelé au S. S.-S.-E. — 1.

Près de Mârhet 478 10 9.20 s. 708.69 19,6 Pur Nul.

Azhel-en-Bangou 655,5 11 8.» s. 705.85 22,2 Pas très-pur S. — 1.

Id. » 12 11.» m. 713.68 23,5 Légèrement voilé E.-S.-E. — 1.

Id. » 13 9.» m. 714.82 17,6 Couvert S.-E. — 0-1.

Id. » 14 10.» s. 714.04 15,7 Pur Nul.

Id. » 15 8.» m. 713.50 12,3 Légèrement voilé à l’horizon Nul.

Id. » 16 9.» m. 712.06 18,6 Petits nuages plumeux N. — 1.

Id. » 17 10.» m. 711.59 24,5 Quelques petits nuages plumeux S.-O. — 1.

Id. » 18 3.» s. 705.57 26,0 Pur N. — 2.

Id. » 19 8.45 s. 709.97 21,7 Voilé. Halo à 20° 1/2 du bord de la lune S.-S.-O. — 1.

Id. » 20 3.» s. 704.98 31,2 Un tiers nuageux S. — 5.

Id. » 21 2.30 s. 703.82 29,1 Couvert, voilé ; nuages de poussière E. — 4.

In-Tâfaraout 631 22 2.30 s. 708.25 24,7 Neuf dixièmes couvert E. — 1.

Id. » 23 3.» s. 707.89 26,5 Voilé O.-S.-O. — 0-1.

Id. » 24 3.» s. 705.96 22,8 Voilé N.-N.-O. — 4.

Id. » 25 7.30 m. 710.83 16,3 Voilé O. — 2.

Id. » 26 8.» m. 711.41 9,6 Pur S.-O. — 0-1.

Id. » 27 9.» m. 711.56 15,3 Presque pur, nuages plumeux rares S.-O. — 2.

Ouâdi-Alloûn » » 6.» s. 702.13 24,2 Pur E.-N.-E. — 2.

Ahêr (source) 745 28 11.» m. 704.80 23,9 Ciel demi-couvert, nuages alignés S.-N. N.-N.-O. — 2.

Ouâdi-Takarâhet 820 » 6.15 s. 698.65 20,8 Couvert au N. à l’horizon N. — 2.

Mars.

Id. 1 3.» s. 702.53 19,5 Petits nuages plumeux au S. N.-N.-O. — 2.

Tîn-Arrây 975 2 6.» s. 689.59 15,5 Pur N.-E. — 2.

Tîn-Têrdja 10..2 3 3.» s. 688.17 18,2 Pur N.-E. — 2.

Tîn-Tâkelît 870 4 3.15 s. 695.82 19,2 Pur E. — 3.

In-Ezzân 945 5 9.» m. 697.63 14,7 Pur E. — 1.

In-Akhkh 865 6 6.» m. 695.41 10,0 Pur S. — 2.

Tiferghasîn 864 » 9.» m. 697.91 16,6 Pur S. — 1.

Tîterhsîn 784 » 6.30 s. 703.90 19,0 Pur N.-O. — 2.

Tarz-Oûlli 766 7 9.» m. 696.69 13,7 Pur E. — 0-1.

Id. » 8 9.» m. 707.71 12,6 Gris uniforme, air trouble N.-N.-E. — 2.

Id. » 10 9.» m. 709.37 11,2 Pur N.-E. — 2.

Ouâdi-Tînselmadjîn 667 11 midi. 710.82 19,4 Pur N.-E. — 2.

Id. » 12 7.30 m. 706.67 8,5 Pur E. — 1.

Tinoûhaouen 772 13 9.» s. 692.31 14,7 Pur O. — 0-1.

Toûnîn (Rhât) 726 14 11.58 m. 702.23 29,3 Pur S.-O. violent. — 6.

Id. » 15 9.30 s. 706.67 14,9 Pur N.-O. — 2.

Id. » 16 3.» s. 700.93 23,2 Pur N.-O. — 2.

Id. » 17 9.30 s. 703.27 16,5 Pur S.-E. — 1.

Id. » 18 6.» m. 698.68 6,8 Pur Nul.

Id. » 19 3.» s. 700.47 23,6 Pur N.-O. — 1.

Id. » 20 9.» m. 704.42 18,3 Pur N. — 1.

Id. » 21 midi. 706.37 25,1 Pur N.-E. — 1.

Id. » 22 9.» s. 703.86 18,5 Presque tout couvert Nul.

Id. » 23 midi. 700.48 33,5 Cirrho-cumulus S.-S.-E. — 2.

Id. » 24 3.» s. 696.01 32,2 Cirrho-cumulus S.-S.-E. — 2.

Id. » 25 9.» m. 702.87 26,9 Cirrho-cumulus et cirrho-stratus çà et là S. — 3.

Id. » 26 3.» s. 692.05 34,5 Voilé S.-E. et S.-S.-E., tr.-violent dans la soirée et dans la nuit. — 7.

Id. » 27 3.» s. 692.47 28,6 Légèrement voilé E.-N.-E. — 2-3.

Id. » 28 9.» m. 703.42 20,6 Pur Nul.

Tinoûhaouen 772 29 3.» s. 693.35 31,5 Pur, horizon voilé O. — 3.

Id. » 30 7.» m. 699.13 14,2 Bleu, légèrement voilé Nul.

Id. » 31 3.» s. 697.71 26,6 Cirrho-cumulus N.-O. — 2.

Avril.

Tarz-Oûlli 766 1 8.30 s. 704.31 21,8 Nuageux à l’horizon E. E.-N.-E. — 3.

Id. » 2 9.» s. 704.05 22,3 Un tiers couvert E.-S.-E. — 2.

Id. » 3 11.» s. 699.53 18,5 Pur S. — 1.

Id. » 4 9.» m. 701.36 27,5 Sept dixièmes couvert S. — 3.

Id. » 5 10.30 s. 701.30 22,3 Pur, horiz. S. voilé N.-O. — 1.

Id. » 6 3.» s. 695.30 33,9 Demi-cumulus S. — 2.

Id. » 7 3.» s. 696.80 33,7 Pur N.-E. — 2.

Id. » 8 6.» s. 693.84 30,0 Pur, horizon O. voilé S.-E. — 2.

Id. » 10 3.» s. 693.17 31,7 Voilé N.-O. — 4.

Id. » 11 midi. 700.22 28,6 Pur S.-S.-E. — 2.

Id. » 12 7.30 s. 699.17 24,6 Pur N. — 1.

Id. » 13 6.» s. 693.77 28,6 Pur, horizon N. couvert N. — 2.

Id. » 14 9.» m. 703.75 20,8 Pur N.-E. — 2.

Id. » 15 8.15 s. 700.37 24,6 Pur E. — 2.

Id. » 16 3.» s. 702.66 31,3 Pur N.-N.-O. — 2.

Id. » 17 3.45 s. 697.22 34,5 Légèrement voilé à l’horizon, poussière et sables soulevés O. — 4.

Id. » 18 9.» s. 702.21 22,8 Pur N.-E. — 4.

Id. » 19 3.» s. 696.06 32,9 Légèrement mais entièrement couvert E. — 2.

Id. » 20 8.» s. 702.23 30,3 Deux tiers couvert E. — 1.

Id. » 21 7.30 s. 700.77 32,1 Presque pur S. chaud. — 2.

Id. » 22 9.» m. 702.88 37,3 Voilé S.-S.-O. — 7 — sirocco.

Id. » 23 3.» s. 691.94 32,2 Un peu voilé à l’horizon N.-O. — 2.

Id. » 24 3.» s. 693.06 37,8 Cirrho-cumulus S.-O. — 2.

Id. » 25 3.» s. 692.49 38,3 Quelques petits cumulus S.-S.-O. — 6 — sirocco.

Id. » 26 3.» s. 693.87 34,3 Voilé E. — 5.

Id. » 27 3.» s. 698.98 32,4 Cumulus aux deux tiers S.-E. — 1.

Id. » 28 3.» s. 699.38 31,9 Couvert, pluie S.-O. — 5.

Id. » 29 6.» m. 701.80 22,1 Presque entièrement couvert N. — 2.

Iferdjân 769 30 6.30 m. 701.25 22,3 Couvert E. — 1.

Mai.

Serdélès 709 2 9.» m. 708.16 29,5 Pur N.-E. — 2.

Id. » 3 6.» m. 702.66 19,5 Pur S.-S.-E. — 3.

Id. » 4 6.» m. 701.88 21,4 Demi-couvert de cumulus S.-E. — 4.

Id. » 5 9.» m. 702.85 29,3 Un quart cumulus et cirrho-cumulus N.-O. —2.

Id. » 6 9.» m. 701.58 33,4 Presque tout couvert N. — 3.

Id. » 7 9.» m. 701.73 25,0 Légers cumulus E. — 3.

Id. » 8 3.» s. 699.44 32,5 Cumulus Insensible.

Id. » 9 6.» m. 703.21 24,2 Couvert, gouttes de pluie Insensible.

Id. » 10 6.» s. 702.37 30,2 Pur N. — 2.

Id. » 11 4.50 m. 703.89 14,2 Pur E.-N.-E. — 1.

Eraouen 594 13 5.45 s. 712.03 29,5 Pur O. — 4.

Id. » 14 4.30 m. 717.18 15,0 Cumulus à l’O. Nul.

Tîn-Aboûnda 559 15 4.50 m. 718.09 14,4 Pur Insensible.

In-Tâfarat 572 » 12.30 s. 718.97 28,6 Légèrement voilé, pur au zénith N.-E. — 1.

Hotiya-Cheikh-el-Hoseyni. 552 » 7.45 s. 719.17 23,4 Pur Nul.

Oubâri 515 16 2.30 s. 717.24 34,7 Couvert N.-O. — 1.

Id. » 17 6.» m. 718.66 25,5 Couvert N. — 2.

Id. » 18 7.20 m. 725.09 25,6 Pur N. — 1.

Taguelelt 517 » 1.20 s. 720.21 34,4 Pur Insensible.

Djerma 485 19 8.45 m. 722.20 32,6 Pur Insensible.

Brêg 551 20 4.35 s. 719.39 36,3 Cumulus S.-E. — 2.

El-Fogâr 515 21 2.15 s. 719.22 39,0 Pur S.-E. par bouffées. — 2.

Tekertîba 529 22 6.45 m. 719.31 31,9 Pur S.-E. — 3.

Id. » 23 6.50 m. 718.43 33,2 Pur E.-S.-E. — 2.

Id. 529 24 4.30 m. 717.38 24,6 Pur S.-E. — 1.

Id. » 25 2.» s. 714.00 40,3 Moitié gros cumulus O. — 1.

Id. » 26 8.15 s. 718.92 27,5 Pur N.-E. — 3.

Id. » 27 4.20 m. 721.34 19,0 Pur E. — 2.

Lac de Mandara 527 28 4.50 s. 721.14 29,5 Petits cirrho-cumulus N.-N.-E. — 2.

Goloûb-es-Soltân 474 29 2.20 s. 721.26 31,5 Moitié cumulus et cirrho-cumulus N.-N.-E. — 1.

Gabráoûn 459 » 5.10 s. 721.74 29,0 Cirrho-cumulus N. — 1.

Ouâdi-Gabráoûn 542 30 5.40 s. 716.76 29,7 Légers cumulus N.-N.-E. — 2.

Tekertîba 529 31 1.30 s. 719.03 34,1 Pur E. 1/8 S. — 5.

Juin.

El-Fejîj 579 1 4.» s. 717.81 33,9 Pur E. — 2.

Indjârren 623 2 1.30 s. 714.66 35,1 Pur, un peu voilé à l’horizon E. — 3.

Bîr-’Amrân 569 » 6.35 s. 717.50 27,5 Pur Nul.

Tessâoua 528 3 1.30 s. 720.40 36,7 Pur Insensible.

Id. » 4 7.15 s. 718.44 25,2 Pur Nul.

Agâr 586 5 8.40 s. 717.88 23,7 Pur Nul.

Oumm-el-Hamâm 543 6 1.50 s. 717.05 39,2 Pur S. — 2.

Mourzouk 559 7 2.» s. 719.26 38,5 Pur E. — 3.

Id. » 8 1.30 s. 720.15 39,1 Pur N.-E. — 5.

Id. » 9 4.15 m. 721.57 22,7 Pur Nul.

Id. » 10 1.30 s. 719.63 41,0 Légèrement voilé S.-E. — 5.

Id. » 11 7.» m. 719.48 32,7 Pur S.-E. — 2.

Id. » 12 1.30 s. 717.38 38,4 Voilé O. — 2.

Id. » 14 1.30 s. 720.31 35,9 Voilé S. — 1.

Id. » 16 2.30 s. 719.16 36,5 Pur E. — 1.

Id. » 17 2.30 s. 718.61 37,8 Pur Insensible.

Id. » 18 5.10 m. 720.48 24,2 Pur E. — 2.

Id. » 19 1.30 s. 719.96 36,5 Pur E. — 1.

Id. » 20 2.» s. 720.78 36,5 Pur E. — 3.

Id. » 21 1.30 s. 720.29 34,5 Pur E. — 3.

Id. » 22 1.30 s. 719.04 33,1 Pur, légers nuages à 45° E. — 3 par bouffées.

Id. » 23 2.40 s. 718.06 34,3 Pur E. — 1.

Id. » 25 1.30 s. 720.39 35,6 Pur E. — 2.

Id. » 26 2.» s. 718.94 36,3 Pur E. — 1.

Id. » 27 4.45 s. 719.65 20,2 Pur N.-O. — 1 faible.

Id. » 29 1.30 s. 718.10 38,3 Pur N. — 3.

Id. » 30 1.30 s. 720.73 36,2 Pur E. — 5.

Juillet.

Id. » 1 3.30 s. 720.34 37,7 Pur E. — 5.

Id. » 2 1.» s 720.36 39,9 Un quart cumulus à l’E. E. — 1 faible.

Id. » 3 1.30 s. 718.96 40,8 Cumulus à l’E. et au N. S.-E. — 2.

Id. » 4 2.» s. 717.20 40,6 Gros cumulus épars N.-N.-E. — 1.

Id. » 5 3.» s. 716.83 41,7 Petits cumulus blancs N. et E. S.-S.-E. — 1.

Id. » 6 1.» s. 718.78 41,5 Pur Nul.

Id. » 7 3.» m. 718.89 22,7 Pur Nul.

Mokhâten 565 8 3.10 m. 720.37 21,9 Pur Nul.

Trâghen 520 9 6.» m. 721.08 27,3 Pur Nul.

Id. » 11 3.45 m. 721.35 24,4 Pur E. — 1 faible.

Id. » 12 1.30 s. 720.88 39,9 Pur E. ou N.-E. — 5.

Id. » 14 2.30 s. 720.01 36,5 Pur E. — 5.

Id. » 15 4.» m. 722.06 22,2 Pur Insensible.

Touîla 589 16 1.30 s. 719.70 40,5 Pur S.-O. — Insensible. 1.

Maghoua 577 17 1.30 s. 719.69 40,4 Pur N.-E. — 6.

Tha’aleb 595 18 1.45 s. 717.48 41,6 Pur N. — 2.

Oumm-el-Arâneb 546 19 4.» s. 718.60 38,5 Pur N.-O. — 4.

El-Bedîr 546 20 1.30 s. 719.58 40,0 Pur ?

Oumm-es-Sougouîn 506 21 3.» m. 722.24 22,3 Pur E. — 2.

Zouîla 539 » 1.» s. 721.20 36,6 Pur N.-O. — 2.

Hammîra 446 22 1.» s. 728.70 37,5 Pur N.-E. — 4.

Trâghen 520 23 4.» s. 720.17 36,5 Pur N.-E. — 2.

Mourzouk 559 27 9.40 m. 711.67 38,8 Pur ?

Id. » 29 3.» s. 701.21 38,5 Pur E. — 1.

Août.

Id. » 5 6.» m. 719.16 23,1 Pur E.-N.-E. — 2.

Notes in this chapter

Note 1 · Presque tous les coléoptères du Sahara sont de couleur noire.Note 2 · Échantillon no 20, déterminé, ainsi que tous ceux ayant une origine pyrogène, par M. Des Cloizeaux ; conséquemment on ne peut craindre d’errNote 3 · Échantillon no 21.Note 4 · Échantillon no 22.Note 5 · Échantillon no 23.Note 6 · Échantillon no 24.Note 7 · Échantillon no 25.Note 8 · Voir la page 35.Note 9 · Échantillon no 26.Note 10 · Échantillon no 27.Note 11 · Échantillon no 28.Note 12 · Échantillon no 29.Note 13 · Échantillon no 30.Note 14 · Échantillon no 31.Note 15 · Échantillon no 32.Note 16 · Échantillon no 33.Note 17 · Échantillon no 34.Note 18 · Échantillon no 35.Note 19 · Échantillon no 36.Note 20 · M. Vatonne, dans le Mémoire géologique dont j’ai déjà parlé, nous apprend que M. Isma’yl-Boû-Derba a également trouvé le terrain dévonien, aNote 21 · Échantillon no 39.Note 22 · Échantillon no 40.Note 23 · Échantillon no 41.Note 24 · Échantillon no 42.Note 25 · Échantillon no 43.Note 26 · Mais ces deux noms sont de la langue temâhaq.Note 27 · Échantillon no 44.Note 28 · Échantillon no 45.Note 29 · Échantillon no 46.Note 30 · Échantillon no 47.Note 31 · Échantillon no 48.Note 32 · Échantillon no 49. Cet échantillon, déterminé par M. Des Cloizeaux, porte la mention suivante : lave d’un volcan qui a fait irruption, mais Note 33 · Échantillon no 52.Note 34 · Échantillon no 53.Note 35 · Échantillon no 54.Note 36 · Échantillon no 55.Note 37 · Échantillon no 56.Note 38 · Échantillon no 57.Note 39 · Échantillon no 58.Note 40 · Échantillon no 59.Note 41 · D’après les Touâreg, une femme peut s’asseoir à l’aise dans la cavitéNote 42 · Dans la suite de ce chapitre, je ferai connaître les instruments dont je me suis servi et les corrections qu’ils ont dû subir.Note 43 · La force du vent est estimée sur une échelle de 0, calme parfait, à 10, ouragan.Note 44 · Faute d’observations correspondantes au niveau de la mer, l’altitude de Ghadâmès n’a pu être calculée que sur une moyenne de cinq journées :
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