HÉGÉSIPPE MOREAU
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LA FERMIÈRE
Amour à la fermière! elle est Si gentille et si douce! C'est l'oiseau des bois qui se plaît Loin du bruit dans la mousse. Vieux vagabond qui tends la main, Enfant pauvre et sans mère, Puissiez-vous trouver en chemin La ferme et la fermière!
De l'escabeau vide au foyer, Là, le pauvre s'empare, Et le grand bahut de noyer Pour lui n'est point avare; C'est là qu'un jour je vins m'asseoir, Les pieds blancs de poussière; Un jour … puis en marche! et bonsoir, La ferme et la fermière!
Mon seul beau jour a dû finir, Finir dès son aurore; Mais pour moi ce doux souvenir Est du bonheur encore: En fermant les yeux, je revois L'enclos plein de lumière, La haie en fleur, le petit bois, La ferme et la fermière!
Si Dieu, comme notre curé Au prône le répète, Paie un bienfait (même égaré), Ah! qu'il songe à ma dette! Qu'il prodigue au vallon les fleurs, La joie à la chaumière, Et garde des vents et des pleurs La ferme et la fermière!
Chaque hiver, qu'un groupe d'enfants A son fuseau sourie, Comme les anges aux fils blancs De la Vierge Marie; Que tous, par la main, pas à pas, Guidant un petit frère, Réjouissent de leurs êbats La ferme et la fermière!
ENVOI.
Ma chansonnette, prends ton vol! Tu n'es qu'un faible hommage; Mais qu'en avril le rossignol Chante, et la dédommage; Qu'effrayé par ses chants d'amour, L'oiseau du cimetière Longtemps, longtemps, se taise pour La ferme et la fermière!