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Voyage d'une Parisienne dans l'Himalaya occidental

CHAPITRE XI LE BALTISTAN (SUITE) (continued 2)

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Donc, Méta-Manghel n’étant pas gouverneur de ce beau pays, nous voyons un arbre jeté en travers de la rivière, qui nous indique qu’autrefois il y avait là un pont. Il est emporté.

Tant pis; les voyageurs continuent leur chemin par des corniches où les chevaux ont peine à marcher en croisant les pieds; ils sont si habiles que nous passons effleurant de ravissantes cascades; l’eau de l’une d’elles est si claire que nous en buvons avec délices.

Sonmarg, la tant renommée, ne nous produit aucun effet; le mounchi, comme tous les Orientaux, au lieu de nous faire camper à l’endroit où les Anglais ont l’habitude de dresser leurs tentes, a planté les nôtres au bord de la rivière, dans un site encaissé de montagnes. Nous voyons, adossées à celles-ci, de misérables maisons anglaises autrefois jolies, aujourd’hui en ruines et habitées par des indigènes.

L’année dernière, l’église anglicane a été détruite par un incendie.

Les moutons qui reviennent de paître sur les hauteurs passent sur le pont, qui est en assez mauvais état, et viennent nous tenir compagnie. La poussière qui les enveloppe augmente notre mauvaise humeur; mais, malgré les remontrances que nous adressons au mounchi, nous restons où on nous a placés, car le jour baisse et la nuit vient de meilleure heure. Après le dîner nous nous hâtons de rentrer sous notre tente et de nous coucher, moyen le plus sûr pour nous réchauffer; ce qui n’empêche pas que je suis réveillée, la nuit, par un froid glacial. La rivière qui coule à nos pieds avec un bruit effrayant me fait frissonner, et j’ai toutes les peines du monde à me rendormir.

Au lever du matin, le froid, qui passe par les interstices de nos maisons portatives, me fait hâter ma toilette, et je compte sur le soleil de midi pour la réparer.

A peine avons-nous passé un bloc de montagnes, qu’un coup d’œil merveilleux nous fait deviner le campement choisi par les voyageurs anglais.

Les creux et les fentes de ces élévations terrestres couvertes de neige, leurs flancs verdoyants qui semblent défier les rigueurs de l’hiver, les tapis herbeux sur lesquels se vautrent des chevaux, dans le fond l’entrée sombre et étroite du défilé que nous allons prendre, et la rivière qui arrose dans le bas les bords de ces riantes et mélancoliques prairies au milieu desquelles se dressent subitement des maisonnettes en bois, nous font voir le pays séduisant de Sonmarg tout autrement que nous ne l’avions entrevu.

Ce lieu tant vanté est délicieusement pittoresque, et la proximité d’un vaste glacier en rehausse encore la beauté.

Le défilé sombre prend des allures de parc, et la végétation qui l’ombrage nous fait penser à l’Europe. Quel mauvais chemin dans un si bel endroit! En passant, nous admirons des ruines superbes, toutes cachées par une nature luxuriante, qui font un grand effet dans cette solitude magnifique.

Sonmarg.
Sonmarg.

Sonmarg.

Au sortir du défilé, la vallée reparaît, large et étendue, mais plutôt riche que belle. Un pont emporté, et à sa place un tronc d’arbre jeté à la hâte et reliant une rive à l’autre nous force à chercher notre chemin sur le haut de la montagne, où les gibbosités pierreuses ne nous sont point épargnées.

Ce détour nous retarde, mais cependant nous arrivons à Kolan, petit village blotti sous les arbres et couché au pied des montagnes. Les arbustes parfumés, les noyers magnifiques, les chèvrefeuilles et les jasmins nous rappellent l’Europe.

Tous ces végétaux y poussent en fouillis, à leurs caprices, et entremêlent leur parfum. L’élégant et royal rosier se mêle à cette luxuriante et prodigue nature et embaume le chemin de son odeur suave. Les roses du Cachemire sont renommées et elles sont, en effet, très belles.

Il est dommage qu’un si beau pays soit si mal entretenu. Si des Européens possédaient ce petit coin de terre, quelle merveille sortirait de leurs mains! tout y serait riant et vivant. La gaieté remplacerait cette mélancolie qui étreint toute chose appartenant aux Orientaux. Les toits des maisons sont couverts de chaume, et leur forme pointue frappe pour la première fois nos regards.

Cette large vallée pourrait être mieux cultivée, mais il faut en faire remonter la cause aux gouvernants et à la disette survenue il y a trois ans, qui a enlevé beaucoup de bras à l’agriculture.

Le 17 nous partons pour Hayen, où nous devons trouver M. Dauvergne, un Français établi depuis une quinzaine d’années au Cachemire pour le commerce des châles. C’est un grand chasseur, et il possède une collection magnifique d’animaux qu’il a tués dans les régions élevées de l’Himalaya et du Thibet; il connaît le pays et en parle la langue avec une très grande facilité.

A la manière dont il est installé sous ses tentes, nous reconnaissons vite un homme habitué aux longs voyages de ces contrées. Ses domestiques répondent au signal d’un coup de sifflet, habitude très pratique lorsqu’on vit en plein air.

Nous faisons dresser nos tentes près des siennes, et nous nous décidons à rester deux jours avec lui.

Le chant du coq nous réveille le matin. C’est un vrai village, au moins; les poulets n’en sont pas plus tendres, et leurs ailes, habituées à voler, ne seront guère plus délicates que leurs cuisses, mais le chant du réveille-matin villageois porte à notre cœur un souvenir de nos chères contrées et nous fait retrouver notre bonne humeur d’autrefois.

On est venu dire à M. Dauvergne qu’à un mille du village un ours casse les branches d’un magnifique noyer et se désaltère au petit ruisseau qui coule auprès de l’arbre. Pas bête, mon ours; bonne chère et bonne boisson, tout est réuni. Il a tant mangé de pommes et d’abricots que les noix lui paraissent meilleures.

L’endroit est, en effet, bien choisi; un fourré épais au pied d’une belle clairière, le tout abrité du bel arbre objet de ses convoitises, adossé à de hautes montagnes sur lesquelles il peut faire une retraite prudente en cas d’alerte.

Le cadre est digne de l’habitant, et la prochaine nuit verra les repas savoureux de notre hôte, qui rejoindra, repu, sa tanière à l’aurore naissante.

M. Dauvergne a donc donné l’ordre de le réveiller par un beau clair de lune, et cette perspective le tient en éveil toute la nuit. Cependant personne ne l’a dérangé; sans doute l’ours, flairant un danger, est allé se repaître ailleurs. Adieu la peau, qui, sans être d’une énorme grandeur dans ces parages, est encore assez belle.

M. Dauvergne est très amateur de chevaux, et autrefois il en possédait de très beaux, de très agiles au jeu de polo, qu’il aime passionnément. Les tatous ont donc été pour lui une de ses préoccupations favorites. Il nous a dit la manière dont on arrivait à monter ces animaux, qui ont un caractère très prononcé de rébellion.

Les indigènes commencent d’abord par jeter une légère couverture sur le dos des jeunes poulains, puis deux, puis trois, jusqu’à cinq. Ils ont soin de les tenir sur une place sablonneuse, à un endroit desséché au bord de la rivière, et les font, ainsi chargés, promener en rond jusqu’à ce qu’ils transpirent. Ensuite ils lui glissent doucement sur le dos un sac contenant un peu de sable et augmentent peu à peu la charge; puis l’homme, tout en le faisant marcher, s’appuie sur le sac, légèrement en commençant, et augmentant par degrés jusqu’à ce que finalement il passe vivement sa jambe de l’autre côté du cheval, qui se trouve ainsi monté sans s’en être aperçu. Le poney se cabre un peu, mais, maintenu par une main solide, il s’habitue vite et devient bientôt doux et souple. Ces exercices demandent un certain laps de temps et beaucoup de patience de la part du dompteur.

Nous mangeons un raisin délicieux que M. Dauvergne a fait querir pour nous dans les environs; les grains sont très petits et très sucrés, mais peu propres à faire du vin; le gros raisin que nous goûtons après me semble inférieur à l’autre.

Les soirées et les matinées sont bien fraîches, et je plains les Hindous, qui sont forcés par leur religion de prendre leurs repas presque nus; aussi la gourmandise n’est-elle pas de la partie; notre colonel mange vite, il a hâte de remettre ses vêtements; il nous semble même qu’il fraude tant soit peu la loi, mais on ne peut lui en vouloir par 12 degrés au-dessus de zéro.

Nous avons tremblé, non de froid, mais d’inquiétude, parce que notre dobi (blanchisseur), en recevant la nouvelle de la mort de son père, nous a prévenus de son départ. Adieu la propreté de nos vêtements; jusqu’à Srinagar il va nous falloir être économes.

Cependant, la première douleur calmée, son flegme oriental et l’amour du gain reprirent le dessus; comme il n’avait pas à brûler son père et que celui-ci n’était pas mort pendu dans une peau de cochon, il se tranquillisa sur le sort de l’âme de l’auteur de ses jours, et, pensant qu’il arriverait trop tard pour les funérailles, il nous déclara qu’il restait. Tant mieux. Il est si amusant de le voir à sa besogne, assis sur ses talons, une planche par terre, quand il repasse gravement avec un fer lourd et immense comme ceux dont on se sert en Bretagne. Il le promène lentement, tout rempli de feu, sur les pièces qu’il a devant lui, et l’objet sous ses mains devient lisse et ferme. A première vue, c’est assez original de voir des hommes transformés en blanchisseuses et en couturières, mais à la longue l’œil s’y fait, et l’on s’habitue vite à voir un homme raccommoder des bas.

Les jolies bêtes que les moutons du Ladak avec leurs poils longs et soyeux qui font de si beaux cachemires! ils portent des fardeaux d’à peu près quinze livres par ces petits sentiers montagneux que leur pied agile et sûr peut seul franchir, où le yack même recule parce qu’il ne peut trouver place pour sa noble et majestueuse corpulence. L’homme lui tient compagnie. Ces montagnards du fin fond du Ladak ont l’œil et le pied aussi sûrs que les bêtes qu’ils conduisent: peuples mongols des hautes régions thibétaines, on ne peut s’y méprendre en voyant leurs petites tresses et leurs traits caractéristiques.

En ce moment les paysans cachemiris sont en train de décortiquer du riz avec une machine primitive en usage dans tout le pays; les prisonniers font, dans les prisons, une grande partie de cet ouvrage. Cette machine est simplement un lourd pilon en bois mis en mouvement par une corde et retombant lourdement dans un récipient en pierre ou en bois.

A Hayen, les villageois ont une singulière manière de faire sécher leur foin; ils le mettent sur les branches des arbres, et ces parasites momentanés font ressembler les arbres à de gracieux saules pleureurs. Leur façon d’effrayer les oiseaux et de les empêcher de manger leur récolte est aussi bien singulière et prouve certainement jusqu’à quel point le temps de l’homme a peu de valeur à leurs yeux. Ils piquent en terre quatre hauts bâtons et placent au-dessus un plancher de branchages; sur cette élévation, assez haute pour dominer à distance, ils mettent alors un homme en vedette, chargé de faire du bruit à la moindre apparition des destructeurs ailés. Cette manière d’effrayer les oiseaux deviendrait coûteuse chez nous, mais la vie est si bon marché dans ces régions élevées où la roupie vaut un louis chez nous, que cette originale faction peut se continuer longtemps. Les montagnes boisées qui enferment Hayen sont peuplées de grandes bêtes cornues. Bientôt le marcor va faire entendre ses cris. Le moment du rut se fait sentir, et cet animal à l’œil de lynx, au flair si fin et aux jambes agiles, viendra, dans sa folie amoureuse, s’offrir aux coups du chasseur, qui le guette, patient et silencieux, dans l’ombre des sombres fourrés. Impossible de le prendre dans d’autres moments. Quel bonheur pour ce dernier quand il a atteint son ennemi! mais parfois il faut monter bien haut pour aller chercher sa victime, qui s’est enfuie vers son gîte et palpite dans les dernières douleurs de l’agonie. Quelle joie de dépouiller la pauvre bête! Quel triomphe d’orner ses murs de ces cornes superbes!

M. Dauvergne en a tué pas mal, et les plus belles pièces de sa collection sont destinées par testament, nous a-t-il dit, au Muséum d’histoire naturelle. Il faut lui en savoir gré. Que de fois les pauvres expatriés se sont fait des amis étrangers qu’ils aiment; tous ont des qualités en ce bas monde, et l’on se fait si vite aux usages et aux coutumes, surtout aux idées du milieu dans lequel on vit. Il ne lui serait plus possible, nous a-t-il avoué, de se faire à la France. Le 20 nous quittons M. Dauvergne, qui nous donne rendez-vous à Srinagar.

La route suit la rivière; nous traversons et retraversons plusieurs fois ce cours d’eau, puis enfin il nous quitte pour aller se perdre dans les terres; une faible, mais bien faible partie, va se jeter dans l’Hydaspe. Tout à coup l’horizon s’étend au loin devant nous: ce sont déjà les plaines de Srinagar; nous en sommes bien éloignés pourtant, puisqu’il nous faut faire encore halte à Baltavar; mais nos yeux, déshabitués des vastes horizons, s’écarquillent et s’éparpillent sur les silhouettes des montagnes qui encadrent la grande plaine de la capitale de ce paradis terrestre des Indes.

Encore une nuit à passer sous la tente; si nos bêtes ne nous demandaient pas grâce, nous irions tout d’une traite à Srinagar.

Que faire en son gîte, à moins que l’on ne songe? Cependant, pour varier, au lieu de faire comme le lièvre, nous regardons les passants, qui nous regardent eux-mêmes. Ce sont des Baltis, des serviteurs de Méta-Manghel; ses bagages sont déjà en route. Cet homme intelligent va retourner dans son gouvernement.

Quelle description minutieuse ils vont faire des mensurations, ces peuples curieux, comme tout Oriental, voyant tout, examinant tout et entendant tout! S’ils pouvaient nous comprendre! Mais leur langue est thibétaine, bien qu’ils soient aryens.

La récolte de riz est commencée; elle sera bonne, dit-on. Il ne pleut pas, c’est le temps le plus favorable, car lorsque la pluie survient à cette époque à Srinagar, c’est une malédiction pour ce pauvre peuple: la récolte est entravée, les gerbes pourrissent sur pied, et la famine se laisse entrevoir dans toute son horreur. C’est ainsi qu’elle apparut aux pauvres habitants il y a trois ans, fauchant, dans sa cruauté, les enfants que le sol avait nourris jusqu’alors.

Cette année, cette cruelle perspective n’est point à redouter; les meules s’élèvent au-dessus de la terre en forme de dôme doré par le soleil. Le tonnerre roule au loin, les éclairs sillonnent la nuée, et le temps s’est subitement obscurci. Mais, après quelques gouttes de pluie chassées par le vent, le beau temps a reparu.

Le 21 nous partons pour Srinagar; la route pourrait être belle, si elle était bien entretenue, mais l’eau des rizières s’épand en mille endroits et rend le chemin gras et boueux. Déjà les premiers abords de la cité apparaissent, rougis par le soleil d’automne. C’est aujourd’hui le jour réglementaire de la saison nouvelle.

Nous voyons la forteresse, dont les parties abîmées semblent vouloir accuser la vieillesse, car c’est encore une manière délicate des Orientaux de déguiser la vérité, le manque de réparations faisant croire à sa vétusté. Pourana, vieille! s’écrient-ils. Puis des vieilles mosquées, des temples en ruines s’entremêlent aux baraques déjà ouvertes des boulangers, des bouchers et des autres marchands indigènes. Les chiens se jettent sur les nôtres, furieux de voir des intrus qui, dans leur imagination canine, vont leur disputer leur nourriture quotidienne; mais les nôtres ont bien vite raison de ces familiers des rues, et les coulis, en leur lançant des pierres, font disparaître le reste.

En Orient, chaque quartier, chaque rue a ses chiens, qui y font les travaux de voirie; malheur à celui d’entre eux qui s’égare et se fourvoie dans des parties de la ville qui lui sont étrangères, il est impitoyablement déchiré par ses pareils.

Les indigènes sont aux fenêtres, et les figures curieuses se mêlent aux grappes rouges des graines de poivre que l’on met sécher pour l’hiver.

Des maisons finement sculptées sont abandonnées; on dirait un quartier ruiné par un incendie; on voit de magnifiques pierres travaillées boucher un trou et servir à la réparation de vieilles et horribles maisons qui pourraient servir à toute autre chose qu’à abriter des humains. Ces rues étroites qui se mêlent, s’entremêlent les unes dans les autres, cachent des beautés qui font d’autant plus saillie que leur encadrement est plus laid; les traces d’un beau trottoir, enfin tout ce qui est sous vos yeux vous dit que tout cela a dû être fort beau autrefois... Un sentiment de tristesse vous envahit en voyant ce peuple bien constitué, mais paresseux, sale, en haillons, se vautrant au soleil et dormant sous les décombres de ses anciennes splendeurs.

Vous soupirez et regrettez la Srinagar d’autrefois, tant vantée par les anciens auteurs.

Un attroupement? Ce sont des gens qui vont au palais de justice; ils attendent leur tour avec une patience tout orientale.

Ils nous regardent passer avec leur méprisante indifférence.

Jadis la justice hindoue avait des épreuves judiciaires, comme au moyen âge; on l’appelait le jugement de Dieu.

Ces épreuves étaient au nombre de neuf: celles de la balance, du feu, de l’eau, du poison, du cocha, du tandoula, l’huile bouillante, le fer rouge et le dharmach; l’accusé soumis à l’un ou à l’autre de ces jugements était absous si l’épreuve lui était favorable. Mais ces jugements, dans lesquels la supercherie entrait pour beaucoup, ont été abolis par les Anglais, et, s’il reste encore quelques-unes de ces coutumes barbares, on ne les pratique plus au grand jour. Les prisons du Cachemire punissent les voleurs seulement, et les assassins payent sans doute de leur vie le prix du sang.

Plus loin, les medcheds laissent sortir de leurs murs le chant des enfants qui sont à l’école; les Hindous les appellent des choupari.

La matinée est réservée au travail, puis on va prendre le bain, auquel on consacre plusieurs heures; ensuite vient le dîner, puis la récréation. L’heure du travail se fait de nouveau entendre jusqu’au coucher du soleil. Les enfants prennent alors quelque repos; puis, après le souper, ils se remettent au travail jusqu’à dix ou onze heures du soir.

Quelquefois sous nos tentes nous entendions leurs chants troubler les heures solitaires du soir; par un beau clair de lune, ces chants traversant l’espace avaient une poésie qui nous reportait aux jours inconscients de notre enfance. Par une nuit sombre, au milieu des éclats du vent et de la tempête, leur rythme lointain et saccadé hurlait comme des plaintes assourdies par l’espace.

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