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Tendresses impériales

LETTRE LVII

Reading edition

À l'Impératrice, à Paris.

Mon amie, ta lettre du 20 janvier m'a fait de la peine; elle est trop triste. Voilà le mal de ne pas être un peu dévote! Tu me dis que ton bonheur fait ta gloire, cela n'est pas généreux; il faut dire: le bonheur des autres fait ma gloire, cela n'est pas conjugal; il faut dire: le bonheur de mon mari fait ma gloire, cela n'est pas maternel; il faudrait dire: le bonheur de mes enfants fait ma gloire; or, comme les peuples, ton mari, tes enfants ne peuvent être heureux qu'avec un peu de gloire, il ne faut pas tant en faire fi! Joséphine, votre cœur est excellent et votre raison faible; vous sentez à merveille, mais vous raisonnez moins bien.

Voilà assez de querelle; je veux que tu sois gaie, contente de ton sort, et que tu obéisses, non en grondant et en pleurant, mais de gaité de cœur et avec un peu de bonheur.

Adieu, mon amie; je pars cette nuit pour parcourir mes avant-postes.

Napoléon.

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