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Missions au Sahara, tome 2

CHAPITRE I (continued 2)

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TENTES GUERRIERS CHAMEAUX MOUTONS ET CHÈVRES

Kel Immidir 35-40 50 300 1200

Isselamaten 12-15 40 400

Ireguenaten 50 ? ?

47-55 100 340 1600

Enfin, les Ibottenaten, qui peuvent mettre sur pied une centaine d’hommes, habitent d’ordinaire l’Adr’ar’ des Ifor’as.

Tobol des Tedjehé Mellet.

TENTES GUERRIERS CHAMEAUX MOUTONS ET CHÈVRES

Tedjéhé Mellet 20 ? 450 800

Kel Ohat 30 40 400 6 à 700

Kel Terourirt 15 25 300 800

65 1150 2200-2300

Les Kel Terourirt nomadisent habituellement dans le tassili des Azdjer.

Quelques fractions du tobol des Taïtok habitent d’ordinaire l’Ahaggar ; les Ikechammaden, une quinzaine d’hommes à peu près, vivent avec le Dag R’ali ; les palmiers de Silet leur appartiennent. Les Tedjehé n’Efis sont plus disséminés ; un tiers, à peu près une dizaine de tentes, nomadisent aux environs de Tamanr’asset ; le reste habite l’Aïr et l’Adr’ar’ des Ifor’as.

Benhazera [l. c., p. 140-143] donne, pour 54 tentes des Kel R’ela, une statistique détaillée, nominative. Si j’ai bien compté, il y a 39 hommes, 42 femmes et 82 enfants (41 fils, 41 filles) ; une veuve, Tazza oult Doua, a 8 enfants ; 4 familles en ont 5 ; 5 ménages sont sans enfants.

Les fortunes sont restreintes ; on cite les Touaregs, nobles ou imr’ad, qui ont une centaine de chameaux ; Moussa ag Amastane, en a possédé 200. Sidi ag Keradji, l’ancien chef de l’Ahnet, un des guerriers les plus célèbres du Sahara, ne vit guère que de mendicité.

On trouvera de nombreux détails dans Benhazera sur l’organisation et les mœurs de ces tribus et sur les impôts que les imr’ad paient aux nobles.

Malgré tous ces chiffres précis, il est difficile de fixer la population de l’Ahaggar. La liste des Kel R’ela donne à peu près 3 habitants par tente ; il y aurait donc environ 1350 Touaregs, hommes, femmes et enfants dans tout l’Ahaggar ; ce chiffre est d’accord avec ce qu’indique le combat de Tit (avril 1902) : les Touaregs, dont la mobilisation avait été aussi complète que possible, avaient pu rassembler environ 300 guerriers. Il ne faut pas oublier que les Kel Ahaggar sont la confédération la plus importante des Touaregs du nord.

Les haratins sont moins d’un millier ; il faudrait y joindre les nègres et les négresses qui vivent avec les nomades et qui sont probablement plus nombreux que leurs maîtres ; pour ces serviteurs, les chiffres font totalement défaut. Malgré cette incertitude, il est douteux que la population totale de l’Ahaggar et de ses annexes dépasse 5 ou 6000 habitants pour une superficie grande comme le quart de la France.

Un fait assez surprenant est que les Touaregs sont peu nomades de tempérament ; pendant son voyage de l’Adr’ar’ à Gao, Gautier avait été frappé par leurs instincts casaniers. Tout confirme cette impression qui n’est paradoxale qu’à première vue.

Chez eux la transhumance n’existe pas ; ils ne font pas de voyages réguliers, fixés par les saisons, comme les pâtres d’Espagne ou du midi de la France ; leurs terrains de parcours sont limités à quelques vallées, d’où ils ne s’éloignent habituellement pas ; dans la majeure partie de l’Ahaggar, les coups de main sont peu à craindre et les troupeaux paissent sans gardiens ; le maître fait de temps à autre une tournée pour savoir où sont ses bêtes ; il est d’ailleurs renseigné sur elles par tous les passants.

Aussi beaucoup de Touaregs ne connaissent-ils que les quelques vallées qu’ils parcourent habituellement ; sur le reste du pays ils ne savent que ce qu’ils ont appris par ouï dire. Pour une expédition un peu lointaine, il est difficile de trouver un guide, sauf pour quelques pistes que suivent habituellement les rezzou.

En somme, chez les Touaregs, la stabilité est la règle ; elle seule convient à leur caractère ; tous aiment se réunir ; il y a chez eux des nécessités en quelque sorte mondaines ; les soirées musicales, l’ahal, sont journalières et sont toujours fréquentées. Ce besoin de relation de voisinage est difficilement compatible avec une vie errante.

Aussi n’est-ce que contraints et forcés que les Kel Ahaggar, comme les Kel Ahnet, se décident à se déplacer ; la cause la plus habituelle de ces migrations est la sécheresse ; quand, pendant plusieurs années, la pluie a manqué au Sahara, les pâturages habituels disparaissent et tout le monde se déplace en bloc. On est parfois obligé d’aller fort loin chercher des régions plus favorisées.

A la suite d’une longue période sans pluie et des ravages des sauterelles (1906), tous les habitants de l’Ahnet ont dû se réfugier dans l’Adr’ar’ ; plus récemment (1908), toutes les tribus de l’Ahaggar ont été forcées, pour le même motif, d’abandonner leurs montagnes et d’aller installer leur troupeau entre l’Aïr et l’Adr’ar’.

L’Adr’ar’ des Ifor’as.

A peine connu il y a quelques années, l’Adr’ar’ des Ifor’as[37] est maintenant une des parties les mieux étudiées du Sahara.

Il y a à cela d’excellentes raisons. L’Adr’ar’ est, sur la route d’In Salah à Gao, c’est-à-dire de l’Algérie au Niger, la seule région où l’on soit certain de rencontrer, en toute saison, des pâturages suffisants. En cas de sécheresses prolongées, les Touaregs de l’Ahaggar et de l’Ahnet viennent s’y réfugier avec leurs troupeaux. Les mêmes causes géographiques ont obligé à plusieurs reprises les méharistes du Tidikelt, au cours de leurs longues randonnées sahariennes, à y séjourner pour refaire leurs animaux. Cette nécessité leur a permis de faire œuvre politique utile, puisqu’ils ont toujours trouvé dans l’Adr’ar’ des tentes dépendant des tribus soumises à leur commandement ; elle leur a permis aussi d’y rencontrer, à plusieurs reprises, les troupes du Soudan de qui relève l’Adr’ar’, et qui, elles aussi, y nomadisent volontiers. Ces jonctions fréquentes, qui montrent à tous l’accord complet d’Alger et de Dakar, sont du meilleur effet sur l’esprit des nomades.

Ces séjours de détachements, venus du nord et du sud, ont été l’occasion de nombreux itinéraires, tous levés avec soin ; un canevas d’observations astronomiques assez serré est venu accroître leur précision ; la carte que vient de donner de ce pays le lieutenant Cortier peut être considérée comme définitive ; il n’y manque plus que quelques indications hypsométriques.

Personnellement je n’ai vu que le nord-est du pays, en suivant le contour du triangle In Ouzel, Timiaouin, Tin Zaouaten ; ce qui suit sera surtout un résumé des notes de Gautier[38], qui a traversé l’Adr’ar’ d’In Ouzel à la vallée du Telemsi, du rapport de Dinaux et de l’ouvrage de Cortier[39] qui, pendant plus d’un mois, a parcouru la région sans autre préoccupation que des études géographiques et astronomiques. La bonne monographie de Cortier rend inutile un long chapitre.

A l’ouest, comme au sud, les limites de l’Adr’ar’ sont très nettes ; elles sont marquées par une bande de calcaires fossilifères (Crétacé supérieur, Éocène), que jalonnent des puits profonds ; grâce à la perméabilité du sol, les eaux ne séjournent pas à la surface de ces calcaires ; elles disparaissent en profondeur dans des miniatures d’aven, des entonnoirs de quelques centimètres de diamètre ; cette bande est, aux dimensions près, un karst. Les Touaregs sont très conscients de la stérilité de cette zone et de ses causes ; ils distinguent nettement, des territoires avoisinants, cette plaine aride qu’ils appellent l’Adjouz. On peut la suivre au moins jusqu’au Mabrouka, au sud du Timetr’in ; elle borde l’Adr’ar’ à l’ouest et au sud, et s’étend très loin vers l’est (cf. carte géologique hors texte).

Cet Adjouz est une région déshéritée, où l’extrême perméabilité du sol annihile l’influence heureuse d’une saison de pluies régulières ; elle sépare par sa stérilité les pâturages de l’Adr’ar’ des hautes plaines argilo-gréseuses du bassin du Niger, où nomadisent les Kountah et les Oulimminden.

L’Adr’ar’ des Ifor’as n’est pas très différent, au point de vue géologique, des régions qui l’avoisinent au nord et à l’est. Comme le tanezrouft d’In Zize, il est essentiellement constitué par les terrains silurien et archéen ; il y a tout au plus à remarquer que l’Archéen qui, dans le tanezrouft, n’occupe qu’une assez faible surface et joue un rôle subordonné, prend la première place dans l’Adr’ar’, surtout dans sa partie occidentale. Il en résulte, pour l’ensemble du pays, un aspect plus massif et plus confus.

Malgré ces analogies géologiques, l’individualité de l’Adr’ar’ des Ifor’as est cependant bien tranchée ; par sa latitude, il devrait être un tanezrouft ; son relief, récemment rajeuni, lui assure une saison des pluies régulières, qui le rattache à la zone fertile de la brousse à mimosées ; les pâturages y sont permanents, et les habitants presque sédentaires. Ses limites sont très précises ; à part la large route fertile de la vallée du Tilemsi, qui le relie au Niger, l’Adr’ar’ est entouré sur toutes ses faces par le désert ; au nord et à l’est, le redouté tanezrouft le sépare de l’Ahnet et de l’Ahaggar ; à l’ouest et au sud, l’Adjouz aux puits profonds l’isole de la zone sahélienne.

Orographie. — L’Adr’ar’ est, dans l’ensemble, un plateau dont l’altitude est voisine de 800 mètres ; quelques paquets granitiques, à structure massive, atteignent un millier de mètres. Ces reliefs montagneux à contours arrondis, surmontés parfois de coupoles en dômes, se pressent surtout à l’ouest du plateau où ils forment une bande presque continue de Tessalit à Es-Souk, bande dont l’Adr’ar’ Terrarar occupe le centre ; ils sont beaucoup plus espacés dans le reste de l’Adr’ar’. Il résulte de cette disposition une certaine dyssymétrie : la pente générale du plateau est vers le sud-ouest et les plus hauts massifs sont à l’ouest ; tandis que par ses trois faces nord, est et sud, l’Adr’ar’ se relie sans rupture de pente aux pays voisins, il est limité à l’ouest par une dénivellation assez brusque.

Des hauteurs qui, d’une centaine de mètres, dominent Tessalit, on découvre à l’est et vers le sud un plateau élevé, à structure informe, où nul sommet ne se détache nettement. Vers l’ouest, à 500 mètres tout au plus, l’Adr’ar’ cesse brusquement : à perte de vue, s’étend une immense plaine couverte de maigres pâturages et d’où n’émergent aucune colline, aucun rocher. Toute la frontière occidentale de l’Adr’ar’ est partout aussi clairement définie.

R. Chudeau. — Sahara Soudanais. Pl. V.

Cliché Pasquier 9. — ADR’AR’ DES IFOR’AS. Un col au sud de Timiaouin.

Illustration from Missions au Sahara, tome 2: Sahara soudanais

Cliché Laperrine 10. — UN OUED DE L’ADR’AR’ DES IFOR’AS.

Illustration from Missions au Sahara, tome 2: Sahara soudanais

Hydrographie. — De cette structure hétérogène de l’Adr’ar’ résultent pour les oueds deux aspects très différents : dans la montagne, les oueds sont encaissés et serpentent parfois dans de véritables gorges ; la pente est d’ordinaire assez forte et les crues violentes. Le lit est tapissé de gravier, souvent coupé de roches, et la végétation arborescente seule à pu s’y développer. Dans ces vallées étroites, il y a quelques aguelmans et parfois des puits permanents profonds d’une dizaine de mètres au plus. Combemorel a donné [l. c.] des détails précis sur ces oueds encaissés.

Sur le plateau, au contraire, les oueds ont une tout autre allure ; Gautier a vu l’oued Etambar couler le 23 juillet 1905 et l’a traversé pendant la crue ; le lit, avec des ramifications très compliquées, avait plusieurs kilomètres d’un bord à l’autre, et il a fallu, à la petite caravane, patauger pendant plus d’une heure dans une étendue indéfinie d’eau sans profondeur ; l’énorme masse liquide était animée d’un mouvement de translation insensible : c’était une pellicule d’eau n’ayant nulle part les allures vives d’une rivière. Deux jours après, l’oued Etambar était à sec.

Cet état de l’oued, pendant la crue, aide à comprendre l’aspect de l’oued à sec, dans son état normal.

L’oued normal est une plaine alluviale plantée d’une savane, et il n’est que cela. Dans cette plaine, il existe en certains points des ravinements nettement circonscrits, sans continuité ; ce sont les traces de remous ou de tourbillons locaux le plus souvent en relation avec quelque saillie granitique. Nulle part l’oued n’est encadré entre des berges, il n’a même pas de rives ; ses limites sont tout à fait incertaines et on se trouve l’avoir quitté sans s’en apercevoir.

L’oued ainsi défini est démesurément large ; il s’étale sur plusieurs centaines de mètres et souvent dépasse le kilomètre. Les alluvions sont très fines, sans galets ni cailloutis ; l’ensemble est limoneux. La surface est très horizontale et très lisse ; elle contraste singulièrement avec les oueds sahariens où la végétation et le sable se livrent un combat désordonné, oueds encombrés de dunes en miniature qui montent à l’assaut des moindres touffes : dans l’Adr’ar’, les alluvions, pendant les neuf mois de la saison sèche, restent assez imbibées d’eau pour n’offrir aucune prise aux actions éoliennes. Pendant la saison des pluies, après un trajet assez bref dans les ravins de la montagne, les eaux des orages se trouvent réunies dans une immense plaine bien nivelée et s’y présentent sous la forme d’une nappe mince, presque pelliculaire, cheminant à peine (0 m. 25 par minute) et bien vite absorbée par la masse des alluvions. Jamais l’ensemble de ce réseau ne coule, jamais une crue ne cheminera pendant des centaines de kilomètres comme il arrive au Sahara : l’Adr’ar’ garde toutes ses pluies pour sa consommation personnelle.

Cette structure anormale du réseau hydrographique tient à la dyssymétrie du relief de l’Adr’ar’ ; presque tous les oueds ont leur source vers l’est ; ils s’épandent d’abord largement sur le plateau d’où ils ne peuvent s’échapper qu’en franchissant les massifs granitiques, accumulés surtout vers l’ouest de la pénéplaine : ils reprennent alors pour un moment leur allure de cours d’eau de montagnes. Cette discontinuité dans la pente des rivières prouve aussi la jeunesse du relief de l’Adr’ar’.

Tout cela fait à l’Adr’ar’ une physionomie géographique facile à schématiser : de grandes plaines d’alluvions fertiles, couvertes de graminées et de quelques arbres, autour desquelles s’élèvent quelques blocs de roches dénudées, d’aspect franchement saharien.

Les massifs rocheux appartiennent encore au désert : granite, porphyres et gneiss sont couverts d’un vernis noir et luisant qui est la marque des climats secs ; les oueds qui les traversent ne contiennent que quelques arbres assez maigres, des acacias, des asabay ; ils ne diffèrent pas, à première vue, des ravins d’In Zize.

Quant aux plaines d’alluvions, elles doivent leur richesse à une graminée spéciale, non encore déterminée, l’alemouz. Elle lève quelques semaines après les premières tornades ; pendant la saison sèche, elle persiste, sous forme de chaume haut de vingt à trente centimètres, jusqu’à la saison des pluies suivantes : la première crue en détruit les derniers restes. Les arbres qui font de ces plaines d’alluvions des savanes sont ceux de la zone sahélienne ; quelques lianes les accompagnent.

Les points d’eau de l’Adr’ar’ sont de plusieurs types : dans la montagne les r’edirs abondent ; leur accès est souvent difficile et fort peu sont permanents.

Les puits véritables, les « anou », ne dépassent jamais une douzaine de mètres de profondeur ; ils se rencontrent en général sur la berge de l’oued, hors des atteintes de la crue, près du débouché de l’oued dans les plaines d’alluvions, au pied des massifs montagneux ; leur débit est d’ordinaire assez bon et permet d’alimenter au moins une quinzaine de chameaux à l’heure (un chameau boit de 70 à 80 litres, parfois davantage). Ces puits sont à large orifice et l’eau y est puisée au moyen d’un simple seau, d’un simple délou [t. I, pl. VII] : nulle part, on ne se sert de poulies, ni on n’utilise la traction animale.

Pendant la saison des pluies, toutes les plaines d’alluvion sont semées d’eau stagnante : ce sont le plus souvent de simples flaques de quelques mètres carrés de superficie, mais qui, pendant plusieurs mois, suffisent aux besoins des troupeaux et des indigènes.

Comparé à l’Ahaggar, l’Adr’ar’ est un pays riche ; l’élevage du bœuf à bosse, du zébu, s’y fait en grand et les bêtes y sont bien nourries toute l’année ; des zébus abattus en juillet, pour le ravitaillement de la colonne Dinaux, quelques semaines seulement après les premières pluies, étaient en excellent état, ce qui laisse à supposer qu’ils n’avaient pas trop souffert de la saison sèche.

La plupart des habitants de l’Adr’ar’ donnent l’impression de gens qui mangent habituellement à leur faim ; ce signe de richesse ne manque pas d’impressionner quand on vient du nord, non plus que le développement de poitrine des femmes Ifor’as, chez qui l’on trouve souvent le type de nos nourrices. Moins sveltes et moins adroites que les targuiates de l’Ahaggar, moins entraînées aussi à une vie active, les femmes de l’Adr’ar’, sauf deux ou trois, ont renoncé au méhari ; et, dans leurs déplacements, qui sont rarement plus longs qu’une demi-journée, elles usent d’une monture moins noble et se contentent de l’âne. Elles n’ont pas cependant l’embonpoint prodigieux des femmes de la boucle du Niger qui, à force de graisse, deviennent presque impotentes et qu’il faut, en cas de déplacement, charger comme des colis sur de robustes bœufs.

Le cheptel de l’Adr’ar’ est abondant ; on rencontre en route de nombreux troupeaux ; et, à défaut de statistique, le bas prix du bétail prouve combien il est commun : une chèvre vaut 3 fr. 15, une vache de 35 à 50 francs ; dans l’Ahaggar, les bœufs sont introuvables et une chèvre vaut de 7 à 12 francs[40].

Villages. — Comme dans l’Ahaggar, il existe, dans l’Adr’ar’ des Ifor’as, quelques jardins, mais encore plus exigus ; Cortier en énumère six.

A Tessalit, il y a près de 200 palmiers qu’il n’est pas nécessaire d’arroser, la nappe d’eau étant peu profonde ; ils produisent au plus 40 charges de dattes de qualité médiocre ; presque tous appartiennent au marabout Baï qui a en plus, dans l’ar’erem, une case carrée en pierres et six ou sept gourbis où habitent ses haratins. Baï n’est pas seul propriétaire de Tessalit : Mohammed Illi, amr’ar des Ifor’ass, y possède quelques palmiers et un nègre chargé de les surveiller. Les puits de Tessalit ont de 5 à 6 mètres de profondeur et permettent de cultiver, à l’ombre des dattiers, des oignons, du tabac, etc.

Teleyet ou Telia a été pendant longtemps ce que l’on pourrait appeler le centre religieux de l’Adr’ar’ : Sidi Amer, marabout kounta, acheta aux Tara Mellet l’oued Telia et ses puits au prix de 15 chèvres ; il y fonda une kasbah et y installa sa zaouïa. Son fils aîné, Sidi Mohammed, lui succéda et à sa mort (1895) fut remplacé par Baï son frère qui, secondé par d’autres frères et des neveux, prit la direction de la zaouïa.

Depuis la venue des Français à Teleyet (colonne Théveniaux, 1904), Baï a abandonné sa kasbah et vit maintenant sous la tente, mais sans jamais s’éloigner beaucoup de son ancienne résidence.

Baï est un homme d’une quarantaine d’années qui a une grande réputation de sainteté et de science : sa bibliothèque est célèbre au Sahara ; elle représente, dit-on, la charge de trois ou quatre chameaux.

L’influence de Baï est considérable et il l’a toujours employée à faire régner la paix ; son élève le plus marquant est Moussa ag Amastane, Aménokal des Kel Ahaggar ; c’est en suivant les conseils pieux de son maître que Moussa s’est acquis un grand renom de sagesse et de bonté chez les Touaregs ; c’est aussi d’après les avis du marabout qu’il a poussé ses compagnons d’armes à se soumettre à nous après le combat de Tit (avril 1902).

Malgré le grand rôle que Baï a joué dans la pacification du Sahara, il a toujours évité, jusqu’à présent, d’entrer en relations directes avec nous, comme d’ailleurs avec tous les étrangers au pays, même musulmans.

En dehors de son importance politique, Teleyet est un village insignifiant ; on y cultive un peu de blé, d’orge et de mil, des oignons et du tabac ; il y a une vingtaine de doums, hauts de 8 à 15 m. et un seul dattier. Il y a à Téleyet une demi-douzaine de puits dont les plus profonds ont 7 mètres ; quelques-uns d’entre eux, en mars 1904, contenaient plus de 1 mètre d’eau.

In Tebdoq est un peu moins pauvre ; il appartient à Mohammed Illi : une vingtaine de dattiers à peine donnent, annuellement, trois ou quatre charges de mauvaises dattes ; on y cultive du blé, du mil, du tabac, des piments et des oignons. Il y aurait quatre maisons et six gourbis. Malgré le nom du village, le coton (tebdoq) n’y est pas cultivé, d’après Cortier ; Combemorel (1904) y mentionne cependant quelques plants de coton.

Ir’acher, avec quelques dattiers, qui produisent annuellement 15 à 20 charges ; Ararebba, où il n’y a que des jardins maraîchers, que suffisent à arroser deux puits, sont encore habités.

Kidal, où l’eau est abondante, est en ruines ; les palmiers y sont assez nombreux et les dattes de Kidal passent pour les meilleures de l’Adr’ar’.

Les Ifor’as. — A traverser le pays, on a l’impression que la population y est plus dense que dans l’Ahaggar ; mais les chiffres précis font défaut. Cortier énumère 7 tribus nobles qui, à elles toutes, comptent 56 tentes notables. Au moment de son passage, les tribus imr’ads, dont il énumère une dizaine, avaient presque toutes émigré vers le sud. D’autres tribus ont leurs campements habituels vers l’ouest, dans les plateaux gréseux qui, vers le Timetr’in, prolongent le tassili de Timissao. Il est pour le moment impossible de chercher à dresser une statistique.

Malgré sa proximité du Soudan, l’Adr’ar’ est, ou du moins, a été au point de vue politique une dépendance de l’Ahaggar ; on se rend facilement compte des liens d’intérêt qui rattachent les Ifor’as aux Touaregs du nord. Le climat du Mouidir-Ahnet et de l’Ahaggar est encore bien mal connu, mais on sait cependant que les pluies y sont irrégulières et que la sécheresse oblige fréquemment les nomades à de grands déplacements : à ce point de vue, les Kel Ahaggar ont impérieusement besoin de l’Adr’ar’ pour sauver leurs troupeaux pendant les mauvaises années.

D’autre part, les Ifor’as ont avec le nord à peu près toutes leurs relations économiques ; leurs caravanes fréquentent les marchés du Touat et du Tidikelt où elles achètent des dattes et vendent des moutons ; les Ifor’as ne possèdent pas de chevaux ; ce sont des méharistes, outillés pour le désert, non pour les bords du Niger où en certaines saisons le chameau ne peut vivre. Le seul article d’échange important que possèdent les Ifor’as est le bétail, et ils ne peuvent songer à le vendre vers le sud : les rives du Niger sont largement peuplées de tribus qui se livrent à l’élevage. Les 300 kilomètres qui les séparent du fleuve rendront toujours aux Ifor’as la concurrence impossible.

Enfin ils sont séparés du fleuve par les Maures Kountah, différents de langue, de mentalité, peut-être de race, et leurs ennemis de longue date. La limite ouest de l’Adr’ar’ est une frontière sanglante ; c’est de là que viennent les dangers possibles, contre lesquels la protection des Touaregs du nord peut être indispensable ; on se rend compte ainsi que les Ifor’as aient accepté assez volontiers la suprématie de l’Ahaggar et consenti à payer l’impôt à l’amenokal du nord, malgré le tanezrouft qui est une sérieuse barrière naturelle entre les deux pays.

Le peu que l’on sait de l’histoire du pays confirme la nécessité de cette alliance. Pendant de longs siècles l’Adr’ar’ a été disputé entre les Touaregs, les Maures et l’empire noir Sonr’ai. Les traditions des indigènes, toujours suspectes, sont confirmées par l’existence de plusieurs villes en ruines ; on en cite une dizaine, dont la plus importante est Es Souk ; R. Arnaud croit cette orthographe mauvaise et inventée par les Arabes, voulant interpréter le nom (Es Souk = Le Marché) ; il faudrait écrire Assouk, qui serait à rapprocher d’Azaouak, nom d’une région voisine. Cependant Gautier indique Tademka comme nom berbère d’Es Souk.

Des renseignements assez confus et contradictoires recueillis par Gautier, Arnaud et Cortier[41], il semble qu’Es Souk, créée peut-être par les Sonr’ai qui en ont été les maîtres à plusieurs reprises, a été aussi en la possession des Berbères et d’une tribu maraboutique, les Kel Essouk, qui se donne comme d’origine arabe : elle descendrait d’un disciple de Sidi Okba. Ces Kel Essouk, habituellement instruits, sont actuellement disséminés dans un grand nombre de campements, chez les Oulimminden surtout ; ils apprennent à lire aux enfants.

Les ruines d’Es Souk sont assez importantes ; elles indiquent une ville ouverte, bâtie en pierres sèches, pouvant avoir contenu 2 à 3000 habitants ; on y voit les restes de trois mosquées et d’un marché dont le nom, la Koceilata, rappelle le vieux héros de l’indépendance berbère.

Le nom des Ifor’as figure déjà dans Duveyrier, mais sa signification est encore assez obscure.

Il est porté par une petite tribu qui nomadise au voisinage d’Ansongo, sur le Niger, au sud de Gao, et dont les liens de parenté avec les Ifor’as de l’Adr’ar’ ne sont pas clairs. On le retrouve dans l’Aïr, où une tribu d’Ifor’as dépend du chef des Kel Férouan ; ces Ifor’as de l’Aïr sont assez nombreux, 400 environ ; ils campent habituellement dans le nord du Damergou. On les répute, en Aïr, comme des hommes nobles, mais pauvres et déconsidérés : ils seraient issus de la tribu des Kel Antassar (Touaregs de la région de Tombouctou) et seraient venus, il y a une cinquantaine d’années seulement[42], s’installer sur les terres du sultan d’Agadez.

Enfin chez les Azdjer, il existe des tribus Ifor’as (une centaine de tentes) qui y passent aussi pour étrangères. D’après Duveyrier [l. c., p. 359] elles seraient originaires d’Es Souk.

Aucun de ces groupes d’Ifor’as, sauf peut-être le dernier, ne semble se rattacher de bien près à ceux de l’Adr’ar’.

Les Ifor’as de l’Adr’ar’ ne seraient pas de vrais nobles ; leur pays appartiendrait en droit aux Oulimminden qui l’ont habité longtemps et à qui les Ifor’as payaient tribut.

Le départ des Oulimminden pour le sud aurait rendu les Ifor’as maîtres du pays ; tout ceci est peu clair, car, jusqu’en ces dernières années, jusqu’à l’occupation française, les Ifor’as étaient tributaires des Kel Ahaggar et leur payaient l’impôt.

Adr’ar’ Tiguirirt. — A une assez grande distance de l’Adr’ar’ des Ifor’as (125 kilomètres au sud-est) et séparé de lui par un tanezrouft de roches cristallines, se trouve un autre paquet montagneux, l’Adr’ar’ Tiguirirt, que le capitaine Pasquier a eu l’occasion de traverser. Sa constitution paraît analogue à celle de l’Adr’ar’ des Ifor’as ; les roches cristallines y jouent un grand rôle et l’abondance du mica y est remarquable, d’après les renseignements que Pasquier a bien voulu me communiquer.

L’Aïr.

Pour les habitants du pays, l’Aïr[43] est extrêmement vaste ; il désigne tous les territoires qui dépendent du sultan d’Agadez ; il comprend tous les terrains de parcours des Kel Gress et s’étend jusqu’au voisinage de Sokoto.

Les géographes européens ont pris l’habitude de réserver ce nom à la région montagneuse qui s’étend d’Agadez à Iférouane et c’est cet usage que nous suivrons. Le mot Aïr (ou Ahir) est employé par les Arabes et les Touaregs ; il a un synonyme haoussa : Asbin.

Orographie. — L’Aïr est contigu au sud, et probablement à l’est, à une haute plaine formée de grès et d’argile appartenant probablement au Crétacé inférieur (argiles et grès du Tegama). A l’ouest, une région déprimée, la plaine de Talak qui dans sa partie méridionale contient quelques lambeaux éocènes, lui fournit une limite assez précise ; vers le nord il se relie au tanezrouft : une pénéplaine silurienne, avec de rares îlots archéens, commence à une cinquantaine de kilomètres au sud d’In Azaoua ; les collines basses qui la recouvrent sont alignées d’ordinaire suivant une direction méridienne. Entre Assodé et Aoudéras, cette pénéplaine atteint une altitude voisine de 800 mètres ; elle s’abaisse au voisinage de 500 au nord comme au sud.

Sur cette pénéplaine sont venus se greffer des accidents volcaniques importants qui donnent à l’Aïr sa physionomie si spéciale, et justifient presque le nom d’« Alpes Sahariennes » qui lui a été parfois attribué.

Il y a une assez grande analogie entre l’Aïr et l’Adr’ar’ : tous deux qui, par leur latitude, devraient être des tanezrouft, forment, grâce à leur altitude, en plein désert, des sortes de péninsules demi-fertiles ; ils appartiennent, par leur climat et leur végétation, à la zone sahélienne.

Dès le 20° de latitude, les deux massifs jumeaux de Tar’azi et de Zelim annoncent l’Aïr ; l’un et l’autre se dressent, assez à l’improviste, au milieu de la pénéplaine qu’ils dépassent de 500 mètres. Tous deux contiennent des points d’eau permanents, des r’edirs analogues à celui d’In Zize, mais leur caractère volcanique reste à démontrer.

R. Chudeau. — Sahara Soudanais. Pl. VI.

Cliché Posth 11. — KORI TIN TEBOIRAK (SAISON D’HIVERNAGE). 25 km. à l’Est d’Agadez.

Illustration from Missions au Sahara, tome 2: Sahara soudanais

Cliché Posth 12. — UNE CASCADE PRÈS D’AOUDÉRAS. Après un orage.

Illustration from Missions au Sahara, tome 2: Sahara soudanais

R. Chudeau. — Sahara Soudanais. Pl. VII.

Cliché Posth 13. — LE KORI D’AOUDÉRAS, APRÈS L’ORAGE

Illustration from Missions au Sahara, tome 2: Sahara soudanais

Cliché Posth 14. — PRÈS D’AOUDÉRAS (AÏR). Au premier plan, une repousse de C. thebaïca, simulant un palmier-nain. Au fond, le massif d’Aoudéras.

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Ces deux massifs sont assez accidentés, ils contiennent des pâturages suffisants pour quelques montures, et sont le repaire habituel de Tebbous ou d’Azdjer, coupeurs de route, qui enlèvent souvent quelques chameaux aux caravanes mal gardées. D’après le kébir d’Iférouane, El Hadj Mohammed, une tente touareg y était installée presque à demeure, tout au moins ces années dernières, et prélevait ouvertement un droit de passage sur les marchands de R’at qui descendaient à Zinder et à Kano.

Les massifs volcaniques sont nombreux et pressés surtout entre l’oued Sersou et Aoudéras. Beaucoup de sommets dépassent 1000 mètres ; quelques-uns atteignent 1400 et le pic majeur du Timgué s’élève à environ 1700, dominant de près de 1000 mètres la vallée d’Iférouane.

Cette surimposition, à une vieille pénéplaine usée, de massifs éruptifs jeunes, donne à l’Aïr un aspect surprenant, presque paradoxal : les vallées sont des vallées de plaine, souvent larges, parfois bordées de prairies, à pente assez faible ; le travail de l’érosion y est insignifiant ; leur fond est tapissé de sable, les galets y sont rares : les sommets qui, d’un seul jet, s’élèvent à 5 ou 600 mètres au-dessus des rivières, font songer à un pays de montagnes et de ravins : on s’étonne de ne pas voir des lits de torrents descendus des hauteurs ; on cherche, au pied des escarpements, les cônes de déjection.

Fig. 20. — L’Adr’ar’ Adesnou, vu de la gorge de l’oued Kadamellet.

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Cet aspect singulier est dû à la juxtaposition de deux formations que l’érosion n’a pas eu le temps de raccorder. Les parois des dômes sont trop dures, trop abruptes et trop jeunes pour que, dans un pays où la pluie est rare, le ruissellement ait pu y créer un bassin de réception. Les orages coulent en nappe sur leurs flancs ; nulle part les eaux ne se réunissent en masses assez considérables pour pouvoir remanier sérieusement les parties basses, les lambeaux, non recouverts par les laves, de la pénéplaine restée presque horizontale, lambeaux qui forment entre les massifs volcaniques comme un réseau de couloirs où les caravanes passent aisément.

L’Aïr fournit d’excellents exemples de ces montagnes créées par une accumulation de matériaux, accumulation assez rapide pour que la part de l’érosion dans la production de ces formes de terrain soit négligeable. Ces montagnes que l’eau n’a pas sculptées, n’ont jamais formé de chaînes ; elles ont toujours été isolées les unes des autres.

La sécheresse du climat est évidemment pour beaucoup dans le rôle insignifiant qu’il convient d’attribuer à l’érosion ; mais il faut aussi faire sa part au facteur géologique : la plupart des masses éruptives de l’Aïr rentrent dans la catégorie des cumulo-volcans et des dômes que l’éruption de Giorgios, en 1866, à Santorin, avait permis à Fouqué d’entrevoir et que, tout récemment, les dernières éruptions de la Martinique nous ont appris à mieux connaître[44] : des crêtes, comme l’Adr’ar’ Ohrsane (fig. 74) sont inexplicables par l’érosion ; on ne peut les comprendre que formées par la juxtaposition d’aiguilles, analogues à celles de la montagne Pelée : elles sont le résultat à peu près inchangé d’un phénomène de construction.

Parfois cependant, dans l’Aïr, les éruptions ont été d’un type plus banal ; à Aoudéras, de belles coulées de basaltes sont accompagnées de projections et de bombes volcaniques ; un bassin de réception a pu se créer dans les cinérites (fig. 73) et la rivière qui en sort s’est creusé, dans le plateau d’alluvions qui porte le village d’Aoudéras, un lit qui est en contre-bas de 5 ou 6 mètres.

La plupart des montagnes de l’Aïr sont de couleur foncée comme celles de l’Adr’ar’ ; ce vernis du désert qui couvre d’une pellicule noire la plupart des roches, quelle que soit leur couleur propre, est extrêmement brillant ; à certaines heures, les massifs d’Asbin ont presque l’éclat métallique. La présence de cette patine foncée n’est pas constante : l’Ohrsane est rose et jette une teinte claire sur le paysage ; jusqu’au sud de l’Aïr, les tons de quelques rochers restent assez variés et ces taches de couleur vive contrastent assez gaiement avec les montagnes sombres qui forment les masses principales. Malheureusement, le ciel est souvent brumeux et l’on ne voit que rarement dans l’Aïr ces jeux de lumière éclatants qui font le charme de l’Ahaggar. Parfois cependant, après une averse qui a nettoyé l’atmosphère, le spectacle devient magnifique ; le 22 septembre 1905, du campement de l’oued Kadamellet, au coucher du soleil, l’Adr’ar’ Adesnou (fig. 20) semblait une masse de bronze qui se détachait puissamment sur un ciel lie de vin, la teinte sensible des physiciens ; quelques nuages bleu indigo ajoutaient, à la magie de la couleur, une nuance imprévue.

La pénéplaine silurienne et archéenne qui sert de socle à l’Aïr se relie très graduellement au tanezrouft qui lui fait suite au nord ; les massifs de Timgué (1700), d’Aguellal, (1100) d’Akelamellen (1200) et d’Agalac (1400) reposent sur cette partie basse de la pénéplaine. Entre les puits d’Agalac et d’Aourarène la piste est obligée de franchir une falaise d’une quarantaine de mètres, orientée est-ouest, au nord du volcan d’Aggatane ; on accède ainsi à un plateau qui porte le Bilat (1400), le Tchemia, le Baghazan (1400) et le massif d’Aoudéras (1400). Sur la route d’Aoudéras à Agadez la descente est à peu près continue, sauf quelques marches de 3 à 4 mètres, et je n’avais pas d’abord attribué à ce plateau du sud de l’Aïr une importance suffisante. Des renseignements nouveaux, dus à l’amabilité du capitaine Posth, qui a bien voulu mettre à ma disposition ses levés d’itinéraires (fig. 22) et de nombreux documents manuscrits, montrent que ce plateau d’Aoudéras est un trait tout à fait important dans la structure de l’Aïr. La région montagneuse s’étend beaucoup plus au sud que ne l’indiquent les cartes les plus récentes ; les Alpes Sahariennes descendent jusqu’à la latitude d’Agadez ; leur limite est assez nette et peut être tracée avec précision ; le rebord méridional de ce plateau est indiqué non pas par une falaise continue, mais par une série de mamelons, hauts de 10 à 20 mètres, que l’on peut suivre pendant longtemps au nord d’une importante vallée qui le sépare du Tegama. Ces premiers contreforts de l’Aïr avaient été aperçus, de loin, dès 1902, par Cauvin qui avait escorté, jusqu’à 50 km. à l’est d’Agadez, une forte caravane.

Fig. 21. — Aïr. L’Adr’ar’ Timgué ou de l’oued Tidek. Iférouane est au pied du dernier piton au S.W.

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Sur la partie méridionale de ce plateau, qui serait à peu près à 600 mètres, se dressent un certain nombre de massifs montagneux ; le plus important est le Taraouadji qui contient dans sa partie nord quelques sommets dont l’altitude varie de 800 à 900 mètres ; quelques-uns approchent de 1000 mètres ; la montagne de Tassamakal et celle de Tsilefin atteignent 800 ou 900 mètres.

Tous ces massifs paraissent en majeure partie granitiques, autant que l’on en peut juger par les photographies du capitaine Posth et les échantillons qu’il a rapportés, et qui sont à l’étude au Muséum. Il est vrai que le pourtour seul des Taraouadji a été parcouru ; d’après les renseignements des guides, ce massif ne forme pas une masse compacte ; il est coupé par un grand nombre de vallées souvent assez larges, du type habituel aux koris de l’Aïr. Les Taraouadji sont donc très habitables ; en fait, ils ont souvent servi, en cas de surprise, de refuge aux nomades de la région d’Agadez, et l’on comprend le peu d’empressement que les gens du pays aient eu à nous faire connaître leur citadelle.

RÉGION MÉRIDIONALE DE L’AÏR Fig. 22. — Région méridionale de l’Aïr, d’après les itinéraires et les renseignements du capitaine Posth.

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Hydrographie. — Ce haut massif de l’Aïr qui, de l’Ohrsane au Kori d’Idelioua, se développe sur environ 260 kilomètres avec une largeur qui en atteint parfois 75, donne naissance à de nombreuses rivières qui, toutes, coulent trois ou quatre fois par an. Les Haoussa les appellent des koris[45], le nom est peut-être bon à conserver : elles sont beaucoup plus vivantes que les oueds sahariens ; dans quelques-uns de ces koris la végétation est presque forestière, au sens qu’a ce mot en Europe ; le plus souvent, le kori est couvert d’un tapis de graminées avec quelques arbres isolés. Dans l’Adr’ar’, comme dans l’Aïr, la formation végétale qui domine dans les vallées se rattache à la savane ou à la brousse à mimosées ; les hauteurs dénudées appartiennent au type saharien ; mais à côté de cette ressemblance générale il y a des différences nombreuses ; les larges plaines d’alluvions argileuses sur lesquelles s’épandent en couches minces les eaux de l’Adr’ar’, n’ont pas d’équivalents dans l’Aïr ; les vallées sont plus étroites, plus resserrées entre les massifs montagneux ; leur fond est occupé par des arènes granitiques ou du sable assez grossier ; il y a parfois des galets ; assez fréquemment on peut distinguer un lit mineur avec des berges de quelques décimètres et qui se continue sur tout le parcours de la rivière ; la pente des vallées, plus forte dans l’Aïr que dans l’Adr’ar’, explique suffisamment ces divergences.

Les crues doivent être parfois très violentes : dans le haut Teloua, qui est encaissé, des graminées et des branches charriées par la crue étaient accrochées à des arbres à 3 mètres du sol.

J’ai vu l’Ir’azar couler à Iférouane, le 7 octobre 1905 ; il avait plu dans la nuit sur le Timgué ; au matin il y avait dans le ruisseau, large d’une dizaine de mètres, 0 m. 25 d’eau qui coulait rapidement : on en entendait le bruit à 100 mètres ; à neuf heures et demie, il restait quelques flaques isolées, qui disparurent avant midi. L’Adrar Timgué est imperméable, d’où le peu de durée de la crue.

A Aoudéras, la montagne est formée de coulées de basalte et de cinérites ; aussi, quand il a plu, le très mince filet d’eau courante qui passe au pied du village persiste plus longtemps ; nous l’avons vu le 23 octobre ; il avait à peine 1 mètre de large et 2 ou 3 centimètres de profondeur : les habitants d’Aoudéras comptaient qu’il ne serait à sec qu’une quinzaine de jours après la tornade. Il y aurait même sur le Baghazam un ruisseau presque permanent.

Fig. 23. — Aïr. Extrémité nord du massif d’Akelamellen. — Du puits d’Agalac.

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La plupart des belles photographies que Posth a rapportées d’Aïr ont été prises après des orages. Les ruisseaux et les cascades qu’elles figurent, donnent du pays une représentation qui n’est que très accidentellement exacte.

Je n’ai pas vu de r’edir, mais il y en a sûrement dans la montagne ; ils sont d’accès difficile et les puits sont assez fréquents, assez peu profonds (18 mètres au plus) pour que l’on puisse négliger les autres ressources.

A part deux ou trois koris, connus seulement par renseignements, K. de Tafidet, de Ténéré, qui se dirigent vers l’est et appartiennent au bassin de Bilma, toutes les eaux de l’Aïr aboutissent, théoriquement au moins, au bassin du Niger ; il est douteux qu’une seule goutte d’eau tombée en Asbin arrive aussi loin, mais l’ancien cours de l’Ir’azar d’Agadez est jalonné par une série de puits peu profonds, dont quelques-uns sont comblés aujourd’hui ; celui d’Assaouas (10 m.), à 50 kilomètres d’Agadez, est encore bien vivant ; à Teguidda n’Adrar, il y a plusieurs mares, alimentées par des sources qui donnent naissance à de courts ruisseaux. Les puits suivants : Sekkaret (7 à 8 m.), Tamat Tédret (2 m.), Tamayeur (1-2 m.), Inerider (4 m.), Manetass (4-6 m.), Gessao (1-2 m.) se succèdent assez régulièrement vers l’ouest. A Tenekart, le fleuve, qui a pris le nom d’Azaouak, est bien marqué ; la vallée, nettement encaissée, a 6 ou 7 kilomètres de large. A ce point, l’Azaouak change de direction et va tout droit vers le sud en passant par Filingué, Sandiré ; dans cette dernière partie de son cours, il devient le Dallol Bosso, affluent du Niger[46].

R. Chudeau. — Sahara Soudanais. Pl. VIII.

Cliché Posth 15. — CASES DU VILLAGE D’AGUELLAL (AÏR)

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Cliché Posth 16. — LE MASSIF ET LE VILLAGE D’AOUDÉRAS (AÏR).

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R. Chudeau. — Sahara Soudanais. Pl. IX.

Cliché Posth 17. — LE PUITS DE TINCHAMANE, A AGADEZ. Remarquer l’outre à manche et la double corde.

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Cliché Posth 18. — LES “ DOUM ” (CUCIFERA THEBAÏCA DEL.) DANS UN KORI D’AÏR.

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De Tenekart à Assaouas tous les puits mentionnés se trouvent sur la route de Gao à Agadez, route qui a été suivie par d’importantes caravanes au temps de la splendeur de l’empire Sonr’aï.

Pratiquement la masse principale des eaux s’arrête beaucoup plus près de l’Aïr. Presque toutes les rivières qui prennent naissance dans la partie méridionale du massif montagneux, dans les Taraouadji notamment, se dirigent vers le sud et aboutissent à une région déprimée, allongée de l’est à l’ouest, comprise entre le rebord du plateau d’Aoudéras et la falaise de Tigueddi ; le long du cours du kori d’Abrik qui recueille les eaux de cette dépression, se trouvent plusieurs mares d’hivernage importantes, et des pâturages permanents, assez fréquentés ; le kori d’Abrik vient rejoindre, à Assaouas, l’Ir’azar d’Agadez.

Mais la grande majorité des rivières de l’Aïr le traversent de l’est à l’ouest et vont rejoindre l’Ir’azar d’Iférouane qui, à deux jours de marche des montagnes, s’épand en une vaste plaine, la plaine de Talak[47], très riche en eau et en pâturages ; d’après les derniers renseignements que j’ai pu avoir sur ces régions, le Taffassasset viendrait lui aussi passer dans cette région du Talak.

Cette plaine de Talak serait un vaste cirque entouré de hauteurs, surtout vers l’est ; l’eau de source y est abondante et excellente. Les pâturages y sont beaux ; on parle même d’une forêt vierge, impénétrable par place. En tous cas, cette région de Talak semble jouer un rôle très important dans la vie des nomades de l’Aïr ; les villages de la partie montagneuse, simples entrepôts commerciaux, ne vivent que de produits achetés au dehors ; dans l’Aïr même, les vallées se dessèchent parfois et les troupeaux ne trouvent pas toujours à y paître ; dans la plaine de Talak, au contraire, l’élevage est toujours possible ; les tentes y sont souvent rassemblées.

Ces deux dépressions recueillent, en somme, presque toutes les eaux des montagnes de l’Aïr, qu’elles limitent très nettement à l’ouest et au sud ; ce sont parfois, à la saison des pluies, de véritables fleuves qui coulent pendant quelques heures. Ces fleuves se réunissent ou plutôt se réunissaient autrefois, lorsqu’il pleuvait au Sahara, vers l’ouest, au delà des Teguidda, à Tamat Tédret et contribuaient tous deux à former l’Azaouak.

Les villages. — Comme l’Ahaggar et l’Adr’ar’ des Ifor’as, l’Aïr est habité par des nomades et par des sédentaires.

Mais la plupart des villages y ont un caractère commercial très particulier : l’Aïr s’est trouvé de tout temps sur le passage obligé des caravanes qui, de Tripolitaine ou de l’Ahaggar, vont commercer dans les territoires plus riches de Kano et de Zinder. Aussi tous les villages de l’Aïr sont-ils surtout des relais pour les chameaux, des entrepôts pour les marchandises ; il n’existe de jardins, de cultures, que dans un très petit nombre d’entre eux. Depuis que la traite a été supprimée dans les possessions européennes, les grands convois d’esclaves ont disparu ; n’ayant plus à échanger contre les produits de la Méditerranée que quelques plumes d’autruche et des peaux de filali, les chefs noirs ont dû singulièrement restreindre leurs achats et le commerce est tombé presque à rien. Aussi tous les centres de l’Aïr sont en pleine décadence, et tous donnent une fâcheuse impression de ruine et de misère.

La capitale, Agadez, avait 7000 habitants vers 1850, d’après l’évaluation de Barth ; c’est aujourd’hui une ville bien déchue : l’étendue de ses ruines, l’importance de ses cimetières, la hauteur de son minaret dénotent un centre autrefois florissant. Ce minaret (Pl. XI) est une pyramide élevée de 20 à 25 mètres, au sommet de laquelle on accède par un plan incliné en colimaçon ; c’est certainement une belle construction en terre sèche, qui, d’après la légende, aurait neuf cent quatre-vingts ans d’âge et daterait d’Almou Bari, second sultan d’Aïr, à qui les Kel Gress l’auraient offerte. Il ne reste plus aujourd’hui à Agadez que 200 chefs de cases : tous ont été réunis un jour, pour un palabre, dans une des pièces du poste militaire ; il a été facile de les compter. Cela fait tout au plus 1500 habitants pour la ville.

Une certaine industrie existe dans la ville ; on y fait de fort belles sparteries, d’un travail soigné : la matière première est fournie par les palmiers doums dont les feuilles, coupées en lanières fines, sont bouillies dans l’eau pour en accroître la souplesse. Ces lanières sont teintes en jaune avec de l’ocre ; en rouge acajou avec des feuilles de mil ; pour les teindre en noir, on les fait rouir dans certaines mares dans lesquelles on jette des scories de forge ; le tannin est fourni par les feuilles. Ces trois couleurs, jointes à la teinte paille des feuilles séchées, permettent d’obtenir des dessins géométriques d’une réelle élégance.

Comme les fabricants de nattes, les bijoutiers d’Agadez ont une certaine réputation au Soudan ; ils savent ciseler l’argent avec quelque finesse et le couvrir d’ornements de bon goût. — L’industrie de la poterie est également développée.

A Agadez même, la culture est insignifiante : les puits sont éloignés et profonds, celui du poste français (Tinchamane) est à 1500 mètres d’Agadez et dépasse 21 mètres ; à Agadez même les puits, dont l’eau est mauvaise, ont un débit insignifiant. Dans ces conditions, l’irrigation est pénible, presqu’impossible. Mais à quelques kilomètres au nord, dans la vallée du Téloua, à Alar’sess, l’eau est à fleur de sol ; les puits à bascule vont chercher l’eau dans de simples tilmas. La culture y est assez développée, quoique peu soignée ; les seguias sont mal entretenues et les planches des potagers, où tout est semé un peu pêle-mêle, n’ont pas la belle ordonnance des jardins des Oasis ou de l’Ahaggar où la culture est aussi correcte que chez nos maraîchers parisiens. Cependant, depuis la décadence du commerce et la gêne qui en résulte pour les habitants, la culture tend à se développer. C’est un symptôme heureux qui est assez général au Sahara.

A Alar’sess on cultive fort peu de céréales (mil, maïs, etc.), mais surtout des légumes qui sont les mêmes que dans l’Ahaggar (courges, tomates, etc.). Les principales cultures sont l’oignon et la carotte ; cette dernière plante serait d’introduction récente dans l’Aïr ; les premières graines auraient été données aux jardiniers par Foureau (1900) [Jean, l. c., p. 145].

Les animaux domestiques sont peu nombreux ; les chevaux, les zébus, les moutons existent à peine. Les chèvres sont assez communes ; beaucoup d’habitants ont des poules, des pintades et des pigeons ; quelques autruches domestiques sont élevées dans les cases. Il y a quelques chiens et, en 1905, le sultan possédait un chat.

Aoudéras (200 habit.) a, au plus, une soixantaine de cases en terre et en paille, et quelques tentes en sparterie. Le tissage des nattes y paraît assez développé. Des puits à bascule permettent d’irriguer quelques jardins ; l’abondance des coulées de basalte au voisinage, entretient l’humidité des alluvions et, le long de l’oued, il y a environ 850 dattiers et autant de doums.

Beaucoup de caravanes passent à Aoudéras ; la plupart des tribus nomades de l’Aïr y ont une maison où elles déposent leurs provisions de céréales et leurs objets de valeur, confiés à la garde de quelques bellah.

Assodé est historiquement la capitale de l’Aïr montagneux, la patrie du chef des Kel Oui, l’anastafidet Yato. Il y a actuellement 69 maisons habitées et peut-être 200 habitants[48]. Gadel y a compté 337 maisons démolies ; la plupart étaient bâties en pierres et de forme carrée. Un minaret, comparable peut-être autrefois à celui d’Agadez, est en ruines aujourd’hui ; il aurait été construit il y a un millier d’années d’après les informations indigènes et se serait écroulé il y a 4 siècles.

Ceci n’est guère d’accord avec les indications de Barth, qui place en 1420 la fondation d’Assodé.

Assodé est aujourd’hui en pleine décadence ; l’anastafidet y a toujours sa demeure officielle, mais il y vient à peine passer quelques jours par an et réside habituellement dans le Damergou.

Il n’y a pas de cultures à Assodé.

Aguellal mérite à peine d’être cité ; il n’y a que quelques cases et huttes, des greniers à mil, et une mosquée sans apparence ; les jardins font défaut. Aguellal est cependant le centre religieux le plus important de l’Asbin ; le marabout, El Hadj Sliman, y aurait une centaine d’élèves ; sa bibliothèque, la plus riche du pays, est évaluée à un millier de volumes. Il appartient à la confrérie des Quâdria, la seule importante en Aïr, où les Senoussistes ont peu d’influence.

Iférouane, plus connu dans le pays sous le nom d’Ir’azar, est, à qui vient du nord, le premier village du Soudan ; il y existe quelques cases carrées en terre, mais les paillottes rondes à toit conique y dominent déjà ; elles existent seules dans quelques hameaux de bergers, voisins d’Iférouane, dont ils ne sont que les faubourgs. Chaque case, qu’elle soit de terre ou de paille, est habituellement accompagnée de constructions auxiliaires dont la plus fréquente est une sorte de vérandah, simple toit posé sur quatre pieux à deux mètres du sol et que l’on retrouve dans tout le Soudan. Toutes les constructions qui appartiennent à un même chef de familles ont encloses d’une palissade commune formée le plus souvent de branches de korunka. Tout cela est bien nègre.

Les cultures d’Iférouane ont un développement moyen ; une maigre palmeraie (4250 palmiers) s’y meurt (Pl. XI, phot. 21). Les céréales, le mil, le blé, un peu d’orge et de maïs, n’y donnent de récolte que les années humides. Seuls, quelques légumes (tomates, oignons, concombres, pastèques et menthe, etc.) y sont d’un produit assuré. Les puits ont une dizaine de mètres de profondeur et l’eau en est tirée dans des outres à manche, auxquelles sont attelés des zébus.

Iférouane est surtout un marché, quelque chose comme un centre d’affaires ; les notables y ont seulement un pied à terre ; ils n’y viennent qu’en passant, pour assurer le trafic ; leur vraie résidence est le village de Tintar’odé qui est situé dans la montagne, à une quinzaine de kilomètres au sud-est, et où sont déposées leurs réserves. La population stable serait d’une centaine d’habitants.

Fig. 24. — L’Adr’ar’ Timgué, vu d’Iférouane.

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Il existe dans le sud de l’Aïr, dans le Baghazam, des villages peu importants comme nombre de cases[49] (Elnoulli, Akari, Tassassat) où se fait un peu de culture maraîchère. Mais la raison d’être de ces villages est différente ; situés en dehors des routes commerciales, en des points d’accès difficile, ils servent, en cas d’attaque, de dernier refuge : la légende raconte que les Kel Aïr y résistèrent, pendant trois ans, à un puissant sultan du Bornou, qui dut finalement lever le siège, et regagna à grand’peine ses États. Bien à l’abri des rezzou, ils servent surtout d’entrepôts, et l’on y trouve toujours des provisions considérables de mil, de dattes et de sel.

Il est probable que le cas du Baghazam et de Tintar’odé n’est pas isolé et qu’à côté des villages de commerce, situés sur les routes caravanières, il existe de nombreuses retraites dans la montagne ; c’est une nécessité que la peur a inspirée aussi bien à l’Aïr qu’à l’Adr’ar’ et à l’Ahaggar.

On pourrait allonger cette liste de quelques noms de villages encore habités ; on trouvera dans Jean une nomenclature plus complète. Beaucoup de points sont complètement délaissés, qui ont été importants : d’Agalac, il reste un cimetière et les débris de quelques cases ; Tin Telloust, où Barth a résidé, est abandonné de même que Tafidet. Tin Telloust et Tafidet étaient à la lisière orientale de l’Aïr, sans protection contre les Tebbous ; cette insécurité a causé leur ruine : même les pasteurs hésitent à profiter des beaux pâturages de cette partie de l’Aïr.

In Gall. — Bien qu’il soit en dehors de l’Aïr proprement dit, il convient de mentionner ici, parce qu’il dépend du sultan, le petit ksar d’In Gall, situé à l’extrémité occidentale de la falaise de Tigueddi, dans l’Azaouak, à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Agadez. In Gall aurait été fondé au commencement du XVIIIe siècle par les Icherifan (Posth)[50].

C’est un marché important pour le commerce du sel, qui provient de Teguidda n’Tecum, situé à 80 kilomètres au N. Les Kel Gress et les Oulimminden le fréquentent ; il est sur la route directe de Tahoua à Agadez. L’eau d’In Gall est très bonne, et il y a une assez belle palmeraie (4000 palmiers).

On a cru longtemps que les dattes d’In Gall étaient de qualité inférieure, car, par crainte de pillage, les propriétaires les cueillaient dès qu’elles commençaient à mûrir ; depuis que la présence de tirailleurs permet d’attendre la maturité, on a pu s’assurer que les dattes étaient bonnes. En 1907, le grain ayant manqué, la récolte a été assez abondante pour nourrir la population pendant trois mois (Posth).

Cette localité, plus petite qu’Agadez, n’est pas délabrée comme elle ; les maisons y ont leurs façades et leurs terrasses ornées de motifs d’architecture d’assez bon goût ; elles voisinent avec de bonnes paillottes, à toit conique surmonté d’œufs d’autruches, du type habituel aux villages noirs.

D’après Gadel, il y aurait une centaine de maisons et 300 habitants à In Gall ; 800, d’après Posth. Un poste de tirailleurs y a été installé pendant quelques mois en 1904 ; il a été rétabli en 1907.

R. Chudeau. — Sahara Soudanais. Pl. X.

Cliché Posth 19. — UN PUITS A BASCULE DANS LA PALMERAIE D’AOUDÉRAS. Soir d’orage.

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Cliché Posth 20. — UN KORI D’AÏR

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R. Chudeau. — Sahara Soudanais. Pl. XI.

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Cliché Posth

21. — LA PALMERAIE D’IFÉROUANE (AÏR)

Il n’y a pas de culture sous les dattiers.

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Cliché Posth

22. — LA MOSQUÉE D’AGADEZ.

Le minaret a une vingtaine de mètres.

Histoire. — L’Aïr est beaucoup plus peuplé que l’Ahaggar et l’Adr’ar’ des Ifor’as ; sa population est aussi moins homogène, et l’organisation politique y est très compliquée. Quelques renseignements historiques (?) sont nécessaires pour l’éclaircir un peu.

Quelques tribus nomades, Kel Fédé, Kel Gress, Kel Ferouan, Kel R’arous, Hoggar, etc., sont blanches et appartiennent aux races méditerranéennes ; mais la plupart des Touaregs de l’Aïr sont des noirs ou des mûlatres, apparentés de près aux Haoussas qui auraient été les premiers habitants du pays.

La langue haoussa est très répandue dans tout l’Aïr ; elle est comprise généralement de tous et paraît employée dans les villages de préférence au tamachek. On la retrouve dans les noms propres où « dan », fils, en haoussa, tient la place du « ben » des Arabes ou du « ag » des Berbères : Yato dan Kasseri est le nom d’un des principaux chefs du pays, l’anastafidet.

Agadez et In Gall ont été des colonies de Gao au temps de sa splendeur et la langue sonr’ai y est encore parlée ou tout au moins comprise (Lt Jean). Quant aux conquêtes bornouannes, dont la légende a conservé le souvenir, elles paraissent avoir été sans influence sur le pays.

Avant notre installation, toute récente[51], dans l’Aïr, le sultan d’Agadez, le serki n’Asbin des Haoussas, commandait, théoriquement au moins, aux Kel Gress et aux Kel Oui ainsi qu’à une fraction des Oulimminden.

Le lieutenant Jean a recueilli, avec grand soin, les traditions historiques des Asbinaoua ; les Kel Gress et les Kel Oui auraient quitté, vers le VIIIe siècle, le Fezzan devenu trop peuplé (?) ; ils se seraient installés dans l’Aïr, les premiers à l’ouest, les seconds à l’est de la route d’Iférouane à Agadez. Les Kel Gress restèrent peu de temps au contact des Kel Oui ; ils continuèrent leur migration vers le sud et s’étendirent jusqu’au Sokoto, où ils seraient arrivés à la fin du XVIIIe siècle.

Quant au sultan, il serait d’origine étrangère : naguère, las des luttes incessantes qui déchiraient les tribus, les plus sages des Touaregs décidèrent d’aller demander à Constantinople un chef qui pût les mettre d’accord. La députation qui partit comprenait surtout des Itessehen, appartenant au groupe des Kel Gress et actuellement fixés dans le Sokoto ; pour cette raison, jusqu’à notre établissement dans le pays, les chefs des Itessehen sont restés les grands électeurs du sultan.

Le Commandeur des Croyants leur donna un de ses fils, Ihounés, né d’une femme captive, qui partit accompagné de quelques esclaves, ancêtres de tous les ministres actuels. Dès le début, l’intervention de six sœurs, sultanes imenanes, provenant d’une tribu de l’Ahaggar, amena la séparation des Kel Oui en deux fractions principales : trois d’entre elles, les plus jeunes, restèrent à Agadez et furent les mères des tribus qui dépendent directement du sultan ; les trois aînées retournèrent à Iférouane et eurent pour descendants les Kel Oui proprement dits, qui dépendent de l’anastafidet, le véritable chef de l’Aïr et son intermédiaire auprès du sultan. Tout ceci est évidemment en partie légendaire, mais il est intéressant de retrouver les Imenan, qui sont des Cheurfa, descendants probables des premiers missionnaires musulmans qui vinrent en pays touareg, jouer un rôle en Aïr ; chez les Touaregs du nord, ils ont été longtemps les chefs de toute la confédération et ont eu une très grande importance ; ils ont provoqué récemment les guerres qui ont mis aux prises les Ahaggar d’Aïtar’el et les Azdjer d’Ikhenoukhen, l’ami de Duveyrier, guerres qui auraient amené, à la demande d’Ikhenoukhen, l’installation d’une garnison turque à R’at (1877 ?) [Benhazera, Six mois chez les Touaregs, p. 101-122].

De l’ambassade à Constantinople et de la démarche des six sultanes, est résulté un protocole extrêmement précis et très compliqué qui se manifeste à l’élection de chaque sultan et, tous les ans, à la réunion des chefs, à la « sansanié », où, sous la présidence du serki, la justice est rendue. On trouvera le détail de ces cérémonies dans Gadel et dans Jean : l’étiquette y est très ridicule, très stricte et aurait certainement satisfait la Palatine, juge difficile et sévère.

Il est peu aisé de fixer une date à l’établissement de la dynastie d’Agadez ; on connaît le nom d’une centaine de sultans et, d’après les marabouts instruits d’Aïr, le premier serait arrivé à Agadez vers 1420, la prise de Constantinople par les Turcs est de 1453[52] ; il y a donc contradiction flagrante entre la date indiquée et la légende d’Ihounés qui paraît cependant reposer sur des faits positifs.

Les habitants. — Les habitants de l’Aïr se partagent en un certain nombre de castes, analogues à celles que l’on trouve chez les Touaregs du nord.

Il y a d’abord des tribus nobles, les Imajeran, puis les Ifor’as, récemment venus en Aïr, et dont la noblesse n’est pas certaine ; les Imr’ad, qui sont analogues à ceux de l’Ahaggar, comme eux libres, mais vassaux des Imajeran.

Les Irraouellan sont des affranchis ou des descendants d’anciens captifs ; les enfants d’un Touareg libre et d’une esclave sont de droit Irraouellan, en même temps que la mère est affranchie. Ces affranchis (bouzou, pluriel bougajié en haoussa) sont extrêmement nombreux ; quelques-uns sont établis dans le Haoussa où ils se livrent à la culture et à l’élevage ; jusqu’à notre arrivée, ils payaient un léger tribut à leurs anciens maîtres. D’autres sont restés en Aïr et vivent surtout du commerce et des caravanes ; ils seraient 4 ou 5000.

Enfin les captifs (bellah en haoussa, iklan en tamachek), dont quelques-uns vivent auprès de leurs maîtres, tandis que le plus grand nombre gardent au loin les troupeaux et sont en fait à peu près libres, forment la dernière caste.

Beaucoup de ces esclaves sont très attachés à leurs patrons et ne veulent pas être libérés ; captifs, ils n’ont pas à se préoccuper de leur nourriture ; la sécurité et le repos d’esprit qui en résultent pour eux compensent largement l’absence de liberté : un usage très humain de l’Asbin autorise les marabouts à s’opposer à l’affranchissement d’un esclave lorsqu’il est infirme ou âgé, ou bien, pour une cause quelconque, hors d’état de gagner sa vie. Ce manque d’enthousiasme pour une vaine liberté s’observe dans les États noirs aussi bien qu’en Aïr.

Les données de Jean permettent d’établir les statistiques suivantes :

Tribus dépendant directement du Sultan.

NOMBRE DE TRIBUS TOUAREGS POPULATION TOTALE CHAMEAUX CHEVAUX BŒUFS ÂNES CHÈVRES ET MOUTONS

Immakitane 7 95 460 400 19 20 100 2000

Kel Tadek 3 100 470 300 5 30 20 1800

Amazegzel 3 30 125 0 50 0 30 500

Kel Ferouan 14 685 4320 3000 120 1100 900 11000

Tribus non groupées 13 520 2830 4500 90 450 600 9000

40 1430 8205 8200 284 1600 1650 24300

Les Kel Ferouan seraient arrivés en Asbin avec le sultan Ihounés, qui, à la demande d’une jeune fille noble de la tribu (Ibouzahil ou Izoubahil, Isabelle ?), aurait consenti à installer les Kel Ferouan autour d’Agadez et à faire de leurs guerriers sa garde particulière, garde d’une indépendance souvent dangereuse. Les Kel Ferouan ont toujours conservé une grande liberté ; leur chef entretient à Agadez, auprès du sultan, une sorte d’ambassadeur, le Rastamala (Pl XXXI, phot. 59).

Tribus Kel Oui dépendant de l’anastafidet.

NOMBRE DE TRIBUS TOUAREGS POPULATION TOTALE CHAMEAUX CHEVAUX BŒUFS ÂNES CHÈVRES ET MOUTONS

Kel Oui 13 312 1795 1800 30 170 250 4000

Kel Tafidet 8 305 2555 1350 40 300 160 6000

Azanières 6 160 1080 1800 30 100 140 2000

Ikaskazan[53] 15 480 3170 7000 160 320 640 6000

42 1257 8600 11950 260 890 1190 18000

Il y aurait d’après cela, en Aïr, environ 20000 habitants dont 3000 guerriers. Leur fortune en troupeau serait, en chiffre rond, de 20000 chameaux, 600 chevaux, 3000 ânes, 2600 bœufs et 45000 chèvres ou moutons.

Un rapport manuscrit du capitaine Posth permet de préciser ou de rectifier quelques points ; il confirme le chiffre de 20000 habitants, mais augmente sensiblement le nombre des tribus ; chez les nobles surtout, la pulvérisation est poussée à l’extrême et certaines fractions ne comptent que trois ou quatre tentes ; l’une d’entre elles même, celle des Kel Taguei, du groupe des Ikaskazan, n’a plus qu’un seul représentant (en 1907).

Les 20000 habitants comprendraient 8 à 10000 Touaregs (Imajeran, Ifor’as et Imr’ad) ; 4 à 5000 Iraouellen ; 2500 à 3000 sédentaires (Agadez et région des Teguidda) et 2 à 3000 captifs.

J’avais noté, à Agadez, que les guerriers comprenaient 2149 hommes libres et 827 bellah.

Tous ces renseignements sont assez concordants, de sorte que le chiffre de la population peut être considéré comme exact.

Quant au bétail, Posth l’estime beaucoup plus nombreux que les statistiques de Jean ; 400000 chèvres et moutons, et 60000 chameaux.

Les Kel Gress qui nomadisent surtout entre In Gall, Sokoto et Kano ne sont pas compris dans les statistiques précédentes. Ils tendent de plus en plus à s’installer avec leurs nombreux troupeaux dans le Tessaoua et le Gober ; ils ne paraissent plus à Agadez que pour les fêtes officielles ; ils y passent aussi pour aller chercher du sel et des dattes à Bilma.

Ils compteraient 46 tribus ; leur nombre serait d’environ 20000.

Quant aux Oulimminden de l’est, ce ne serait que depuis le XIVe ou le XVe siècle qu’ils auraient eu des rapports avec l’Aïr, rapports très lâches d’ailleurs et très intermittents. 7 à 8000 individus, partagés entre une dizaine de tribus qui nomadisent dans la région de Tahoua, payaient seuls l’impôt à Agadez ; l’autre fraction des Oulimminden forme une confédération indépendante qui habite surtout l’est de Gao et fréquente la région des mares de Menaka et de l’Azaouak, sous la direction de l’amenokal Fihroun ; Pasquier, dans un rapport resté inédit, donne la statistique suivante pour les Touaregs qui dépendant de Fihroun : Imochar (nobles), 350 tentes ; Imrad, 600 ; bellah, 900. Soit à peine 2000 hommes ; les Oulimminden, dépendant d’Agadez, formeraient à peu près la moitié du groupe.

Par sa position géographique et la pointe qu’il fait vers le nord au milieu des tanezrouft, l’Aïr a toujours eu une grande importance : les routes qui vont des États haoussas à la Méditerranée sont obligées d’y passer. Relativement au bassin du Niger, l’Adr’ar’ a une fonction analogue. L’originalité humaine de l’Aïr tient à une autre cause : les Touaregs qui l’habitent ne sont pas tous de vrais Touaregs ; la plupart des Kel Oui ne sont pas des Méditerranéens, mais des Haoussas. L’Aïr est probablement la région la plus septentrionale d’Afrique où vive actuellement, en liberté, à l’état spontané, un rameau des races noires.

Ces Touaregs blancs et ces Touaregs noirs sont d’ailleurs extrêmement mélangés ; toutefois les blancs se trouvent surtout dans les tribus qui dépendent du Sultan et qui vivent presque constamment dans l’Aïr, les noirs dominent dans les tribus de l’anastafidet qui sont en relations très suivies avec les États haoussas.

Cette dualité de races explique sans doute les guerres incessantes dont l’Aïr a été le théâtre ; elle explique aussi les demandes d’intervention qui se sont manifestées à maintes reprises à Zinder : c’est à la demande formelle des tribus noires et du sultan qu’Agadez a été occupé.

Les Touaregs blancs, les véritables nomades de l’Asbin, sont des éleveurs qui, vivant surtout de laitage, peuvent se passer de relations régulières et suivies avec les pays producteurs de mil. Leurs qualités guerrières leur permettaient d’ailleurs, en cas de disette, de trouver, par la force, dans le sud, le complément nécessaire.

Les Kel Oui, au contraire, sont peu guerriers ; on prétend dans l’Ahaggar que, pour aller chez eux, il suffit d’être armé d’un bâton : le guide qui nous avait amenés à Iférouane, en 1905, a profité de son passage dans ce village pour s’approvisionner de beaucoup de choses utiles ; la terreur que le nom de sa tribu inspirait à tous, lui a fait donner tout ce dont il avait besoin ; et, par crainte de représailles venant de lui ou de ses contribules, ce n’est que plusieurs jours après son départ, que j’ai été avisé de ses manœuvres. Les Kel Oui vivent surtout de commerce ; ils assurent le passage des caravanes jusqu’à Zinder et à Kano ; ils leur vendent des céréales et entreposent leurs marchandises. Pour eux, les bonnes relations avec le sud et la sécurité des routes sont des conditions nécessaires : on comprend qu’ils soient venus rapidement à nous ; la soumission des vrais Touaregs, qui ne gagnaient rien d’immédiat, a été plus difficile à obtenir.

Notes in this chapter

Note 1 · Les Touaregs du nord prononcent et écrivent Ad’ar’ (Benhazera, l. c., p. 191). Mais, les habitants du pays et les Touaregs du sud en généralNote 2 · E.-F. Gautier, La Géographie, XV, 1, 1907, p. 1-28.Note 3 · Cortier, La Géographie, XVII, 1908, p. 265-280. — D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, 1908. — Dinaux, Renseignements coloniaux publiés paNote 4 · La valeur de l’argent dans ces pays sera à peu près fixée par les salaires ; à l’Ahaggar, la journée de travail d’un jardinier lui est payéeNote 5 · Gautier, l. c. p. 26. — R. Arnaud, Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afr. fr., avril 1907, p. 93-94. — Cortier, D’une riveNote 6 · D’après Jean. Posth indique plus d’un siècle pour leur arrivée en Asbin.Note 7 · Jean, Les Touaregs du Sud-Est. L’Aïr. Paris, 1908.Note 8 · Fouqué, Santorin et ses éruptions, 1879, p. 41. — Lacroix, La Montagne Pelée et ses éruptions, 1904.Note 9 · Du verbe koré, conduire. Le mot goulbi s’applique aux grandes vallées ou aux grandes masses d’eau, il est l’équivalent de l’arabe beh’ar. IrNote 10 · Pasquier, in R. Arnaud, Rens. col. du Comité Afr. fr., mai 1907, p. 123.Note 11 · Talak veut dire argile en Tamachek.Note 12 · Gadel, Notes sur l’Aïr, Bull. de la Soc. de Géogr. de l’A. O. F., t. I, Dakar, 1907.Note 13 · 150 cases en tout. — Il y aurait des citronniers dans ces villages. Jean, l. c., p. 132, 133.Note 14 · Près de Takaredei, à 25 km. N.W. d’Agadez, un cimetière important serait la dernière trace d’une ville occupée jadis par les Icherifan et leNote 15 · Ce n’est que depuis 1906, qu’une garnison est installée définitivement à Agadez. Les années précédentes, depuis 1904, les tirailleurs n’y avNote 16 · D’après Barth, Agadez aurait été fondé en 1460.Note 17 · Une tribu des Ikaskazan, les Taraouaza, a pour chef une femme nommée Tekeloui.
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