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Missions au Sahara, tome 2

APPENDICE III

Reading edition

NOUVELLES NOTES COMPLÉMENTAIRES SE RAPPORTANT AU TOME I, « SAHARA ALGÉRIEN ».

I

P. 160. — A propos du « Sultan noir » qui aurait pris Béchar au XIIe s., M. Basset me communique une intéressante rectification : « Le Sultan noir est un héros légendaire qu’on personnifie tantôt dans un Almohade, tantôt dans un Mérinide, tantôt dans un Chérif. Ici ce serait Mouley ed Dehebi, qui n’a pu prendre Béchar au XIIe siècle puisqu’il vivait à la fin du XVIe. » Pour plus de détails voir : R. Basset, Nédromah et les Traras, 1901, appendice IV.

Nous saisissons sur le fait, une fois de plus, l’extrême incertitude des souvenirs indigènes.

II

P. 163. — A propos du mot ar’rem, M. Basset me fait observer qu’il est d’un usage courant dans le M’zab et à Ouargla, avec le sens de ksar. Il n’y a même qu’un synonyme, le mot taourirt, qui correspond d’ailleurs à une nuance peu différente de sens (Kalaa, ksar juché sur une éminence).

III

P. 164. — Au sujet de Sidi Beyazid el Bistami (alias de la ville de Bezdama), M. Basset, professeur d’arabe à l’école des Lettres d’Alger, me communique les observations suivantes :

Sur Beyazid el Bistami, on trouvera des renseignements détaillés dans :

Tadhkirat u’l Awliyá (commémoration des Saints), texte persan publié par Nicholson. T. I, Londres, 1905, in-8o, p. 134-179 ;

Djami, Nefahat el Ous (notice par de Sacy, Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque du Roi, t. XII, Paris, 1831, p. 404) ;

Nicholson, an historical inquiry concerning the origine and developments of Sufism (Journal of the Royal Asiatic Society, 1906, 2e trimestre).

Beyazid a vécu au IIIe siècle de l’hégire en Orient ; il n’est jamais venu au Maghreb. Il faut noter, d’autre part, que Ibn Khaldoun ne prononce pas son nom à propos des Beni Goumi, dont il parle longuement.

Il est donc évident que les Beni Goumi, se plaçant sous l’invocation de ce saint, ont voulu se rattacher à lui par une légende inventée de toutes pièces. Et il est probable que les origines de cette légende remontent aux environs du XVIe siècle, à l’époque des prédications maraboutiques.

E. F. G.

IV

P. 262-264. — Fr. Coello [Conocimientos que se tenian del Sahara occidental antes de la expedicion (de Cervera et de Quiroga), Rev. de Geografia comercial, 15 déc. 1886, p. 70] a indiqué que l’influence des Maures chassés d’Espagne s’était fait sentir jusqu’à Chinguetti, où les études littéraires étaient encore en grand honneur. Les traditions recueillies en 1900 par Paul Blanchet et A. Dereims pendant leur séjour à Atar confirment pleinement l’indication de Coello. Beaucoup d’habitants de Chinguetti conservent encore la clef de la maison que leurs ancêtres possédaient à Grenade ; ils sont en état de fournir des détails sur les principaux monuments et la topographie de la ville qu’ils ont perdue.

Blanchet, qui savait bien l’arabe, avait été frappé de la pureté de la langue qu’emploient les Maures des bonnes familles d’Atar.

R. Chudeau.

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