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Missions au Sahara, tome 2

APPENDICE I

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LA CARTOGRAPHIE DU SAHARA

Les cartes que l’on peut établir du Sahara ont encore un caractère provisoire. Les observations astronomiques sont encore clairsemées, surtout dans le Sahara soudanais : du nord au sud, elles forment trois bandes principales. Du Tidikelt et du Touat au Niger, on possède de bonnes séries de position dues à Villate [La Géographie, XII, 1905, p. 229, et XIII, 1906, p. 446], E.-F. Gautier [cf. t. I, p. 339], Cortier [D’une rive à l’autre du Sahara, p. 399] et Nieger [La Géographie, XVI, 1907, p. 364]. La route de la Méditerranée vers Zinder, par l’Aïr, a été repérée avec soin par Foureau [Doc. Sc., p. 45, 65]. Entre le Tchad, Bilma et la Tripolitaine, nous avons les observations de Monteil [De Saint-Louis à Tripoli par le Tchad]. De l’ouest à l’est, le cours du Niger a été relevé méthodiquement par diverses missions hydrographiques (Hourst, Mazeran, Le Blévec).

Entre le Niger et le Tchad, plusieurs commissions de délimitation [Moll, Tilho ; La Géographie, XIII, 1906, p. 214] ont fixé la position des principaux points.

Il subsiste cependant quelques divergences inadmissibles ; la longitude de Gao est 2°,5′ W. d’après Hourst et 2°,27′,33″ d’après Cortier : une erreur matérielle peut seule expliquer une semblable divergence.

Malgré ces quelques incertitudes, on peut considérer que, dans l’ensemble, assez de points sont déterminés avec précision pour que les itinéraires qui viennent s’y appuyer soient valables. Le réseau de ces itinéraires est à mailles encore larges, mais qui se resserrent rapidement.

L’hypsométrie est encore bien indécise. Elle repose sur des observations d’anéroïdes, plus rarement d’hypsomètres.

Les observations de Foureau [l. c., p. 157], dont le calcul a été fait par Angot, laissent une incertitude de ± 30 mètres [p. 97]. Les itinéraires de Voinot contiennent de nombreuses indications d’altitude qui peuvent inspirer une certaine confiance.

Dans l’esquisse hypsométrique, les courbes de 500 mètres et de 1000 mètres sont probablement à peu près exactes ; celle de 200 mètres est beaucoup plus douteuse.

La très grande activité déployée en ces dernières années par les officiers du Soudan et par ceux des Oasis est la cause des divergences, parfois notables, qui existent entre les deux cartes que l’on trouvera à la fin de ce volume.

L’esquisse hypsométrique a été établie à la fin de 1907 ; l’esquisse géologique à la fin de 1908. Dans l’intervalle, de nombreux itinéraires ont été levés ou sont parvenus en Europe. Ces données nouvelles ont permis à Cortier de dresser au 1000000e une carte du Sahara méridional. Cette carte est encore inédite ; on en trouvera une réduction dans l’Année Cartographique [18me année, 1908] au 5000000e. Grâce à l’obligeance de Cortier et du Service Géographique du Ministère des Colonies, j’ai pu profiter largement de ce travail pour le dessin de l’esquisse géologique qui, j’espère, donnera, au point de vue hydrographique surtout, des renseignements exacts : entre Gao et l’Aïr surtout, il a fallu modifier profondément le tracé des cours d’eau.

Pour placer les teintes géologiques, j’ai dû recourir à des indications de valeur très inégale. Les itinéraires de Gautier et les miens m’ont naturellement servi de base ; les profils géologiques de la planche hors texte indiqueront suffisamment quelles routes nous avons suivies. J’ai puisé de nombreux renseignements dans Foureau [Doc. Sc., p. 576-696 et Pl. XI] qui, de Tir’ammar à Zinder, a saisi en gros le 6° Long. E. et de Zinder au Tchad, le 14° de Lat. N. — Mussel [Rens. Col. publiés par le Comité Afr. Fr., juin 1907] a fait le tour du tanezrouft d’Ouallen (In Zize, Guernen, Sounfat, Achourat, Taoudenni, Tin Haïa, Touat). Son travail m’a été d’autant plus utile que j’avais eu le plaisir de l’avoir pour compagnon de route dans l’Ahnet et que nous avions ainsi des points de comparaison communs.

Pour la région du Tchad, je dois beaucoup à Freydenberg et à Courtet qui, outre les renseignements que j’ai puisés dans leurs ouvrages, m’ont fourni de nombreuses indications verbales. J’ai emprunté à Hubert les tracés de l’Atacora et du plateau du Gourma.

A ces différents renseignements, qui ont permis de tracer un réseau à très larges mailles, sont venus s’ajouter ceux que l’on peut déduire des échantillons parvenus en Europe. Thévenin [Les fossiles de l’Afrique Centrale, Revue Coloniale, 1905, p. 655-667] et Lacroix [Résultats minéralogiques, etc., id., p. 129-139 et 205-223] ont résumé ce qui était connu il y a trois ans ; depuis les envois ont continué et j’ai pu, je crois, avoir connaissance de tout ce qui est arrivé du Soudan à l’École des Mines, au Muséum ou à la Sorbonne. J’en ai donné le détail dans le texte et les gîtes fossilifères ont été indiqués sur la carte.

Il aurait évidemment été prudent de ne mettre de couleur que le long des itinéraires et aux points d’où provenaient les fossiles. J’ai pensé toutefois que les rapports d’itinéraires, parfois même les renseignements indigènes, pouvaient permettre d’étendre les teintes de façon à donner une carte plus parlante et mettant mieux en évidence certains ensembles qui paraissent vraiment homogènes. Il sera facile, d’après ce qui vient d’être dit, de faire la part des faits positifs et des indications douteuses.

La question de l’orthographe des noms géographiques est partout difficile ; au Sahara et au Soudan, elle semble insoluble. Les Touaregs ont bien une écriture, mais la langue est mal fixée et chacun écrit à sa fantaisie [Motylinski, Dictionnaire, p. 7]. Pour les langues du Soudan, il faut se fier à l’oreille et l’on sait quelles erreurs on commet ainsi. Quelques Haoussas et quelques Bornouans se servent de l’alphabet arabe, mais ils sont peu nombreux et ont de plus modifié la valeur de certaines lettres.

J’ai essayé, dans le texte, d’écrire toujours de la même façon les mêmes noms, en adoptant autant que possible l’orthographe de Motylinski, ou celle de Cortier, qui a pu être guidé par de Foucauld dans cette tâche difficile. On trouvera quelques divergences entre le texte et les cartes ; aucune d’entre elles n’est assez marquée pour rendre le nom méconnaissable.

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