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Manuel du Valet de Chambre

De la Tenue

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La Tenue,—c’est-à-dire la manière d’être, a une très grande importance; par elle on juge de suite un domestique. C’est donc le premier point que nous allons aborder.

1º Il y a l’attitude.—Il faut se tenir droit, d’aplomb sur les deux pieds; les bras tombant le long du corps; ne pas s’appuyer en parlant ou en attendant, ni contre un mur, ni sur un meuble; marcher sans courir; monter et descendre les escaliers, marche par marche, sans glisser la main sur la rampe.—Dans les appartements, il ne faut ni fumer, ni siffler, ni chanter; ne pas interpeller les autres domestiques à haute voix; enfin agir en tout avec le plus de discrétion et le plus de silence possible.

2º La propreté.—On ne saurait trop insister sur ce point; un domestique qui approche ses maîtres, qui vit dans leur intimité, ne doit pas se rendre désagréable à la vue, ni à l’odorat; il doit donc avoir un soin tout particulier de sa personne; se laver souvent à fond; changer fréquemment de linge et de chaussettes; avoir toujours les cheveux en ordre, le visage bien rasé, les mains et les ongles aussi propres que le permet le travail. Ne pas se servir de cosmétique, ni de pommade, ni d’aucun parfum.

Du savon blanc, de la glycérine pour le soin des mains s’il y a engelures ou crevasses; un peigne, une brosse pour la tête, une pour les dents et une pour les ongles, ainsi qu’une pierre ponce; voilà l’outillage indispensable à la toilette.

3º Le vêtement.—Ceci dépend en partie de la maison dans laquelle vous servez.—La livrée doit être soigneusement entretenue, bien brossée, boutons astiqués à la patience; suspendue avec soin; pantalon bien plié; les taches enlevées à la Neufaline, dès qu’il y en a.—Les tabliers doivent être ménagés, les blancs pour le travail d’appartement, les bleus pour les gros ouvrages; toujours bien attachés devant soi, accrochés pour qu’ils ne se froissent pas dès qu’on les quitte.—Le faux-col, propre et bien mis; la cravate serrée et bien nouée; le gilet boutonné complètement.

Pas de grosses épingles ni de grosses chaînes; pas de bagues; pas de cravates aux couleurs voyantes; pas de fortes chaussures faisant du bruit. Dans les appartements, des pantoufles noires légères; des sabots pour la cour et le balayage de la rue.

4º Le langage.—Il est d’usage, pour un domestique, de parler à la troisième personne; c’est-à-dire en s’adressant directement à une personne, comme si on parlait d’une autre. Exemple:

Au lieu de dire:On dira:

Voulez-vous? Monsieur veut-il?

Madame veut-elle?

Avez-vous? Monsieur a-t-il?

Madame a-t-elle?

On vous demande. On demande Monsieur.

On demande Madame.

Si vous voulez Si Monsieur veut.

Si Madame veut.

Comme vous voudrez. Comme Monsieur voudra.

Comme Madame voudra.

C’est une habitude à prendre, en s’y appliquant on y arrive très vite.

Pour répondre lorsqu’on est appelé, on dit simplement: «Monsieur! Madame!»—Quand la personne à laquelle on s’adresse a un titre, on le donne en lui parlant: «Monsieur le Comte, Madame la Comtesse; Monsieur le Baron, Madame la Baronne, etc...»

S’il y a des enfants dans la maison, en leur parlant ou en parlant d’eux, on fera toujours précéder leur nom, de Monsieur ou de Mademoiselle, pour si jeunes qu’ils soient: «Monsieur Jean, Mademoiselle Madeleine.»

On ne parle que pour le besoin du service, ou pour répondre aux questions qui sont faites; il faut interrompre l’ouvrage qu’on est en train de faire, se tenir droit et regarder la personne qui vous parle; ne se retirer que lorsqu’on vous fait comprendre que l’observation ou l’ordre sont terminés.—Dans la rue, se découvrir pour parler à quelqu’un et garder tout le temps le chapeau à la main, sans le tortiller dans les doigts, mais en le tenant, la main tombant le long du corps.

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