VII
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SOMMAIRE
Enterrements de toutes classes.—Une odeur de cuir chaud.—M. Briguiboul ne sera plus Refusé.—L'honneur est le seul vrai salaire.—Morceau éloquent.—Un maréchal qui a raison.—Il a tort.—Les peintres ont mal compris.—On lit dans le Moniteur.
La distribution solennelle des croix et des médailles d'honneur, des médailles de 1er, 2e et 3e classes, des mentions honorables et des rappels de médailles aux peintres, architectes, sculpteurs, graveurs et lithographes, est enfin terminée.
Les discours ont passé «comme un parfum d'été.»
M. Briguiboul est le seul Refusé qui ait obtenu (non à cause de cette qualité) une médaille de 3e classe.
Si l'on admet ce principe absurde qu'une récompense est due à un artiste parce qu'il a du talent,—comme si la vraie, la seule récompense pour un artiste n'était pas d'avoir du talent ou même du génie,—on attribuera le don de cette 3e médaille au tableau mythologique de M. Briguiboul, qui est parmi les œuvres refusées et non au tableau reçu. C'est pourtant ce dernier qui a valu à son auteur le grand honneur de 3e classe dont nous venons de parler.
Les jours de distribution de prix, les lycéens ne sont pas plus heureux et plus émus que les artistes ne le sont quand un ministre ou un maréchal leur octroye, dans une cérémonie solennelle, au nom de l'Empereur, des récompenses diverses.
Quant à moi, si j'étais guerrier, je ne combattrai que pour combattre,—parce que ce serait mon devoir,—et non pour obtenir un grade ou une croix; peintre, je ne peindrai que pour faire de beaux tableaux—et non pour être applaudi ou récompensé; travailler pour soi-même me paraît une superbe maxime que je voudrais lire en lettres d'or sur champ d'azur chez tous les artistes.
Arriver à être content de soi, à savoir, à être sûr qu'on a bien fait, est la vraie gloire, la seule durable, la seule que se transmettent les hommes de génie, frères de celui qui l'a conquise.
Quel jury, quel souverain pourraient me donner tort ou raison contre moi-même. Quoi!—il dépendrait d'un homme parvenu—ou de plusieurs—d'annihiler mon œuvre ou d'augmenter sa valeur! J'oserais me dire artiste et je n'aurais pas d'opinion! Le jugement même d'un grand homme prévaudrait contre le mien, quand je sais, quand j'ai appris, étudié, travaillé, quand j'ai vécu et fait mon œuvre! Non, mille Dieux! répondrais-je. Je suis libre, je sens, je suis convaincu, je discute et je maintiens ce que j'ai fait!
D'autre part, comment pourrait-on établir la justice et la justesse des condamnations et des récompenses en matière d'art?—Il est inutile de recommencer à démontrer l'impossibilité des censures et des jurys.
La magistrature artistique infaillible n'est pas encore éclose. Dès lors un peintre médaillé, homme consciencieux, s'appréciant à sa valeur exacte,—s'il est possible,—pourra-t-il supporter de sangfroid qu'un peintre de sa valeur ou plus fort que lui n'ait pas reçu la même faveur? Croit-on que beaucoup d'académiciens pouvaient, sans rougir, frotter de leurs habits à palmes, en passant, le paletot de Balzac?
Non, non.—Il est d'éternelles vérités toujours bonnes—et inutiles à dire,—dont on ne profite guère, soit, mais que les cérémonies, les solennités et toutes les fausses grandeurs ne renverseront pas.
Le discours de M. le maréchal Vaillant, ministre des Beaux-Arts, a ceci de particulier que, pour la première fois peut-être, on a pu entendre l'éloge officiel de l'invention, de l'originalité. Dans les phrases d'un vieux soldat, l'armée devait naturellement avoir quelques mots. Mais nous ne sommes pas de l'opinion de M. le maréchal quand il parle du jury éclairé et quand il affirme que le public est toujours empressé d'accueillir une tentative originale.
Quelques allusions aux peintres refusés se glissent dans le discours de M. de Nieuwerkerke, qui a repoussé l'excentricité avec dédain.
Je crois, moi, que l'excentricité est une rare faculté en Art que n'a pas qui veut, et contre laquelle conséquemment il est peu urgent de se mettre en garde.
Certaines parties du discours de M. de Nieuwerkerke ont été interprétées par les artistes comme des promesses de liberté pour les Expositions à venir, et pour ce vivement applaudies.
Beaucoup d'artistes, et des meilleurs, désirent et demandent la suppression du jury et la liberté des Expositions. C'est trop juste, et cela se fera.
Voici, d'après le Moniteur, le compte-rendu de la cérémonie et les discours:
DISTRIBUTION SOLENNELLE
DES
RÉCOMPENSES DÉCERNÉES AUX ARTISTES
APRÈS L'EXPOSITION DE 1863
La distribution des récompenses aux artistes qui ont pris part à l'Exposition de 1863 a eu lieu hier, à une heure, au Palais de l'Industrie.
S. Exc. le maréchal Vaillant, ministre de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts, a présidé la cérémonie. Il était accompagné de M. Alphonse Gautier, conseiller d'État, secrétaire général du ministère de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts, et de M. le lieutenant-colonel Monrival, son aide de camp. Il a été reçu, à son arrivée au Palais, par M. le comte de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts, assisté de M. Courmont, chef de la division des Beaux-Arts, de MM. les inspecteurs généraux des Beaux-Arts, de M. le marquis de Chennevières, conservateur adjoint au Musée du Louvre, chargé du service des Expositions.
A droite et à gauche de l'estrade d'honneur se sont placés les membres du jury, les conservateurs et conservateurs adjoints des Musées impériaux, et les fonctionnaires supérieurs du service des Beaux-Arts.
A une heure, la séance ayant été déclarée ouverte, S. Exc. le maréchal Vaillant s'est levé et a prononcé le discours suivant:
«Messieurs,
«C'est un vieux soldat qui vous remet, cette année, les récompenses accordées par l'Empereur à tous ceux dont les travaux honorent le pays. L'armée, vous le savez, a souvent bien mérité des artistes. Vous lui devez quelques-uns de ces chefs-d'œuvre que-vous admirez et que vous prenez pour modèles; et naguère encore vous l'avez vue, à Rome, suspendant les coups qui pouvaient porter le ravage dans ces sanctuaires des arts, objets de juste vénération. Aujourd'hui, ma tâche est facile: je viens proclamer les décisions d'un jury éclairé, confirmées par ce jury sans appel qu'on nomme le public. En aucun pays ses arrêts ne sont plus autorisés qu'en France, parce qu'en France il n'y a personne qui ne s'intéresse à vos travaux. Laissons la médiocrité orgueilleuse accuser le goût du siècle et déplorer ses changements et ses caprices.
«Les artistes, messieurs, trouveront toujours le public empressé d'accueillir une tentative originale, parce que l'invention est une des plus précieuses qualités de l'art. S'ils rencontrent de la sévérité lorsque, pour suivre la vogue, ils renient leurs propres convictions; si, traités d'abord avec bienveillance, ils sont vite abandonnés, c'est justice. Le public a toujours maudit, avec le poète, le troupeau servile des imitateurs. Il avait applaudi à de brillantes promesses, il retire sa faveur à qui ne les a pas tenues.
«Notre siècle, assurément, n'est pas de ceux dont les artistes aient à se plaindre. Je ne vous rappellerai pas la constante protection dont ils sont l'objet de la part de l'Empereur; les richesses nouvelles acquises par ses ordres pour nos Musées, les grands travaux exécutés dans la capitale de l'Empire. Qu'il me soit permis de vous faire remarquer seulement que l'absence de préjugés, l'éloignement pour la routine, le dégagement de toutes traditions étroites, sont devenus les principes de la critique moderne. Plus heureux que la plupart de vos devanciers, vous n'avez plus à vous débattre contre des règles absolues que de glorieuses écoles ont souvent laissées après elles. Aujourd'hui, qu'on poursuive l'étude de la nature jusque dans ses trivialités ou qu'on s'applique à rechercher un idéal poétique, tous les efforts consciencieux sont appréciés, et jamais le mérite d'un ouvrage ne sera contesté pour n'avoir pas l'autorité d'exemples anciens. Cette disposition, qui laisse aux artistes la plus complète liberté pour suivre leurs tendances et leurs inspirations, ne doit pas leur faire oublier les difficultés nombreuses de leur carrière. A moins de s'être préparé par de fortes études, il est imprudent de tenter des routes nouvelles, et, si j'ose me servir ici d'une comparaison empruntée à mon métier, je dirai qu'il n'appartient qu'aux soldats aguerris et disciplinés de tout oser avec l'espoir fondé de réussir. L'observation constante de la nature, les méditations patientes devant les œuvres des maîtres, voilà les plus sûrs moyens d'obtenir des succès durables. Telle a été l'éducation de ceux de vos prédécesseurs qui ont conquis une juste renommée; telle je voudrais que fut l'éducation de tous nos artistes.
«Vous avez désiré que des Expositions plus fréquentes permissent à vos juges naturels de suivre, pour ainsi dire pas à pas, vos efforts et vos progrès. Le comte Walewski, mon honorable prédécesseur, qui, pendant son administration, a donné tant de preuves de sa sollicitude pour vos intérêts, qui s'est montré si jaloux de multiplier les moyens d'encourager vos travaux, a porté votre désir à la connaissance de l'Empereur, et Sa Majesté a ordonné la réalisation de cette mesure. Une année ne se passera donc pas sans que cette enceinte reçoive vos œuvres nouvelles. J'ai la confiance que ces Expositions annuelles répondront à votre attente, comme à celle du Gouvernement, grâce à vos efforts et au concours du surintendant des Beaux-Arts, qui vient de recevoir de la confiance de l'Empereur une mission plus élevée, et qui vous aidera d'autant plus sûrement de ses conseils et de son autorité qu'il est sorti de vos rangs et qu'il vous appartient toujours par ses œuvres.
«Pourquoi faut-il qu'un douloureux souvenir attriste la joie de cette fête! Moins que personne et moins ici que partout ailleurs, au milieu de ces toiles animées qui nous parlent de combats et de victoires, je ne puis oublier que, dans le cours même de cette année, il y a quelques mois à peine, l'armée des arts perdait l'un de ses plus illustres maréchaux.
«Vous l'avez reconnu, messieurs, et vos cœurs ont nommé avant moi le troisième, le dernier, le plus grand des Vernet.
«Peintre de l'épopée impériale, Horace Vernet, dans son inépuisable fécondité, s'est associé à tous les triomphes de la France. Pendant une longue vie, qui égala presque celles du Titien et de Michel-Ange, cet infatigable créateur ne cessa pas un jour de travailler, et, sans jamais avoir vieilli, ne s'arrêta que pour mourir!
«Nul plus que lui, sans doute, n'aurait eu droit à d'éclatantes funérailles; le peuple eût porté l'artiste populaire à sa suprême demeure; jeunes et vieux, les soldats de l'Empire eussent voulu honorer encore celui qui avait reproduit tous leurs combats et popularisé toutes leurs victoires; et vous, messieurs, ses derniers élèves, ses premiers admirateurs, quelle escorte vous eussiez faite à sa cendre!
«Il ne l'a pas permis. Lassé de la gloire, il a refusé pour sa tombe tous les hommages; mais dans cette tombe il a emporté tous les regrets.
«Ce que la reconnaissance du pays n'a pu faire alors, messieurs, l'Empereur, inspiré par sa grande âme, l'avait fait d'avance en accordant à votre vieux maître, à mon vieil ami, un honneur si exceptionnel qu'il est presque unique dans l'histoire de l'art.
«Que l'exemple vous soutienne, messieurs, et que la récompense vous encourage. Il est bon, au début de la carrière, de se fortifier pour la lutte, et rien ne rehausse le cœur comme le spectacle du travail accompli, du succès mérité et de la gloire obtenue.»
Ce discours a été plusieurs fois interrompu par des salves d'applaudissements.
M. le comte de Nieuwerkerke a pris ensuite la parole et s'est exprimé en ces termes:
«Messieurs,
«A l'heure où les questions d'art deviennent plus graves parce qu'elles deviennent plus générales, l'Empereur, en réunissant dans le ministère de sa Maison tous les services des Beaux-Arts, en les confiant à un maréchal de France à la fois homme de science et de goût, a voulu, pour ainsi dire, les rapprocher encore de Lui.
«Déjà une mesure essentiellement libérale a été prise cette année en faveur d'un grand nombre d'artistes. Ils la doivent, vous ne l'ignorez pas, à la sollicitude de l'Empereur. Avec cette bienveillante initiative qui distingue chacun de ses actes, notre auguste Souverain a appelé tous les artistes à partager le grand jour de la publicité. Il a pensé que le moment était venu de donner cette satisfaction au public, aux artistes, aux membres du jury eux-mêmes. C'est donc à tous ceux dont les œuvres ont été exposées que je m'adresse aujourd'hui, à ceux dont les noms sont inscrits au catalogue officiel, comme à ceux pour lesquels des salles particulières ont été ouvertes.
«Nous sommes heureux de constater le redoublement d'activité qu'a produit le Salon de 1863. Il nous donne la preuve de l'intérêt croissant que l'art inspire; le nombre des visiteurs pendant la semaine a été plus considérable que les années précédentes, et chaque dimanche, 30 à 40,000 personnes, profitant de ce jour de repos, se sont empressées de venir contempler vos travaux.
«Vous répondrez à ce précieux encouragement de la foule, messieurs, et nous aurons bientôt à enregistrer, à côté de noms déjà célèbres, d'autres talents qui seront une illustration de plus pour l'époque où nous vivons. Quand on voit constamment grandir l'élite vaillante de notre école, quand on mesure sa moyenne fort élevée, il est bien permis de caresser un pareil espoir.
«Nous qui suivons vos progrès avec une attention soutenue, nous reconnaissons que jamais dans l'École française il n'y a eu une somme de talent si générale; cependant nous ambitionnons une supériorité plus haute encore. Ne vous méprenez pas sur notre pensée, messieurs: lorsque nous souhaitons pour vous, pour l'art national, un plus vaste avenir, nous ne prétendons pas refuser au présent la justice qui lui est due. C'est parce que vous pouvez beaucoup que nous vous demandons toujours davantage.
«Nous n'insisterons pas sur certains écarts de goût que le jury devait signaler à ceux qui les ont laissés se manifester dans leurs œuvres. Cet avertissement suffira, nous en avons l'espérance, pour que de telles défaillances ne se renouvellent plus; car, messieurs, vous qui avez déjà du talent, croyez bien que l'excentricité n'a jamais eu d'autre effet que de retarder les succès légitimes et durables. C'est à vous-mêmes que nous en appelons, et nous ne doutons pas que dans un très-bref délai vous ne nous donniez raison.
«Si nous regrettons d'avoir à constater que l'on s'éloigne de la grande peinture, il n'y a cependant pas lieu d'en être trop alarmé; si les préférences de quelques-uns se portent vers l'étude du paysage, par exemple, leurs succès dans cette voie ne doivent pas nous inquiéter sur les destinées du grand art en France. Chaque époque, en effet, obéit à un mouvement particulier, à une pression extrêmement mobile de l'esprit et du goût. L'important, c'est que dans chacune des directions parcourues, le talent soit à la hauteur de la tentative. D'ailleurs, comme pour être signé de Raphaël ou de Ruysdaël, de Michel-Ange ou de Clodion, un chef-d'œuvre n'en est pas moins un chef-d'œuvre: en raison de la diversité des esprits, de la variété infinie des talents et des aptitudes originelles, nous comprenons que la plus grande liberté règne dans la pratique et la direction de l'art. Mais, au nom même et en échange de cette liberté de tendances dont nous nous plaisons à reconnaître la légitimité, nous vous demandons, nous vous recommandons avec instance le travail obstiné, patient, convaincu. Méfiez-vous des à-peu-près en tout genre; la véritable force les a toujours dédaignés, et vous pouvez, vous devez être véritablement forts.
«Le grand art sera toujours l'objet de nos prédilections. Pourtant que ceux d'entre vous qui ne suivent pas ses traditions ne croient pas que nous voulions les renier; ils sont nos enfants prodigues, mais, à l'inverse de celui de la parabole, ils reviennent parfois les mains pleines. L'École française contemporaine est à la tête des écoles d'art de l'Europe. Et si nos cœurs sont encore émus de la perte des Vernet, des Delaroche, des Decamps, des Pradier, et de tant d'autres, hélas! n'est-ce pas une consolation de penser que parmi vous il se fait ou se fera d'aussi grandes renommées? La France est féconde, messieurs, et, de même que ses soldats, ses artistes sont les premiers du monde.—Dans cette lice où sont venus se mesurer les représentants de l'art européen, plus la lutte a été sérieuse, plus la victoire est honorable, car nous sommes trop justes pour ne pas apprécier à sa véritable valeur le mérite des artistes étrangers qui, à chaque Exposition, viennent concourir avec vous. Aussi est-ce sans distinction de nationalité que les récompenses sont accordées au talent. L'Empereur et l'Impératrice, par de nombreuses acquisitions aux artistes de toutes écoles et de tous pays, ont voulu consacrer ce principe.
«Maintenant, messieurs, je vais vous faire connaître les noms des artistes récompensés. Tout en laissant au jury l'honneur comme la responsabilité de ses choix, il est juste de dire que la quantité des médailles dont il pouvait disposer n'étant pas en rapport avec la somme des talents, il s'est trouvé en présence d'une grande difficulté. Cet embarras du choix, nous sommes heureux d'en faire la remarque, prouve une fois de plus dans quelles proportions s'est augmentée l'élite de l'École française. Un autre système de récompenses était donc devenu nécessaire; nous vous le ferons connaître prochainement, ainsi que le règlement de l'Exposition de 1864»
Le discours s'est terminé au bruit des manifestations les plus sympathiques.
Le surintendant des Beaux-Arts, après avoir demandé les ordres de S. Exc. le ministre de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts, a fait l'appel des artistes français et étrangers nommés dans l'ordre de la Légion d'honneur, par décret impérial; puis il a lu la liste des récompenses décernés par le jury.
Chaque artiste est venu, au milieu des acclamations des assistants, recevoir les récompenses de la main de S. Exc. le maréchal Vaillant.
A deux heures, la séance était terminée.
(Moniteur, 7 juillet 1863.)
Outre M. Briguiboul, plusieurs Refusés-Reçus, c'est-à-dire ayant des tableaux aux deux Expositions, ont eu des mentions honorables.
C'est M. Blin et M. Méry, deux paysagistes de talent, deux suspects qui figurent timidement parmi les Refusés et qui ne se sont pas nommés dans le catalogue. Nous donnons, nous, une mention à leurs paysages repoussés. Puis, M. Harpignies, déjà nommé, qui a deux paysages remarquables, rejetés par la même raison qui a fait admettre un autre tableau de lui, je veux dire sans savoir pourquoi. MM. Laurens et Tabar, peintres connus et toujours reçus jusqu'à présent. Enfin, MM. Vaudé et Wagrez. Refusés cachés comme leurs tableaux qui ne m'ont pas arrêté.
Je ne cite ces mentions que comme des preuves de plus de la faillibilité des censeurs et examinateurs. Comment s'expliquer que ces tableaux, d'égale force et des mêmes peintres, aient été—les uns admis, les autres renvoyés? Saint Basile, le fameux dialecticien, l'oracle invincible, n'aurait pu éclaircir ce mystère.