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De l'emploi du temps

CHAPITRE V. Suite du précédent.

Reading edition

Les domestiques pourroient nous épargner beaucoup de temps, et c’est à quoi l’on ne songe guère, ou même point du tout ; on veut qu’une femme de chambre sache faire des robes et des chiffons, on gagne à cela fort peu d’argent, l’essentiel est qu’elles sachent parfaitement coudre et travailler en linge, et un peu savonner et repasser ; mais lorsqu’on en prend une nouvelle, il faudrait exiger, qu’outre ces choses, elle fût en état de lire, tout haut, si non avec une parfaite correction, du moins d’une manière passable qui n’eût rien de ridicule, qui fût surtout bien intelligible. On doit lui demander encore de savoir bien tailler des plumes, des crayons, ployer des billets, des lettres, faire des enveloppes, des paquets, choses que tout le monde peut facilement apprendre en une quinzaine de jours[18].

Quand on a des talens, il faut demander de plus, non que l’on sache accorder des instrumens, mais qu’on sache choisir et remettre des cordes à un violon, un violoncelle, une harpe, une guitare, une mandoline, etc. J’ai connu par moi-même combien toutes ces petites choses font perdre de temps, faute d’avoir auprès de soi quelqu’un qui puisse les faire.

La lecture tout haut épargne beaucoup de temps, surtout aux femmes, parce qu’elles peuvent se faire lire tout haut pendant qu’elles font de la tapisserie, des broderies, etc. On doit choisir pour ce genre de lecture parmi les bons livres ceux qui n’exigent pas une profonde application, et faire marquer à mesure les passages que l’on veut particulièrement retenir, et par conséquent extraire et placer dans les livres blancs[19].

Lorsque les femmes dînent seules chez elles, ce qui arrive assez souvent à celles qui savent s’occuper, une lecture tout haut seroit très-bien placée pendant ce repas solitaire ; et comme les hommes studieux aiment mieux dîner chez eux tout seuls que chez des restaurateurs, ils pourroient faire la même chose (1).

Je vais maintenant entrer dans le détail, non de la manière d’apprendre les langues, le dessin, la géographie, l’histoire, à jouer des instrumens, etc. ; j’ai donné mes idées à cet égard dans Adèle et Théodore, dans mes Leçons d’une gouvernante[20] et dans ma Nouvelle méthode d’enseignement. Je ne parlerai dans cet ouvrage que de la manière d’entretenir (en ménageant le temps autant qu’il est possible) les talens acquis.

Notes in this chapter

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