PRÉFACE
Paulin Paris translation
DE L'ÉDITEUR ANGLAIS.
En publiant cet ouvrage, je n'aurais pu, je l'avoue, me défendre d'une grande défiance, en songeant à tout ce qui me manquait pour accomplir une pareille tâche, si je n'étais persuadé que le sujet lui-même et la variété des matériaux qu'il comporte doivent conserver une grande partie de leur intérêt, même dans les mains les plus inhabiles. Les motifs qui portèrent Lord Byron à fuir son pays sont bien déplorables sans doute, mais c'est à son éloignement de l'Angleterre, alors que son génie brillait du plus vif éclat, que nous devons toutes les lettres qui formeront la plus grande partie du troisième et du quatrième volume de cet ouvrage, et qui, nous n'en doutons pas, seront jugées pour l'intérêt, l'énergie et la variété, comparables à ce qui honore le plus notre littérature dans le même genre.
On a dit de Pétrarque que sa correspondance et ses vers offraient «l'intérêt progressif d'un récit dans lequel le poète s'identifie toujours avec l'homme.» On peut appliquer, et plus justement encore, les mêmes expressions à Lord Byron, tant sa physionomie littéraire et son caractère personnel sont intimement liés. C'est même au point que priver ses ouvrages du commentaire instructif qu'en offrent sa correspondance et l'histoire de sa vie, ce serait commettre une égale injustice envers lui-même et envers le monde.