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Oeuvres complètes, tome 5

LA REMISE. Calais.

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M. Dessein étoit arrivé avec la clef de la remise à la main, il nous ouvrit les grands battans de son magasin de chaises.

Le premier objet qui me donna dans l'œil, fut une autre guenille de désobligeante, le vrai portrait de celle qui m'avoit plu une heure auparavant, mais qui depuis avoit excité en moi une sensation si désagréable… Il me sembloit qu'il n'y avoit qu'un rustre, un homme insociable, qui eût pu imaginer une telle machine, et je pensais à-peu-près de même de celui qui voudroit s'en servir.

J'observai qu'elle causoit autant de répugnance à la dame qu'à moi… M. Dessein s'en aperçut, et il nous mena vers deux chaises qui devinrent tout de suite l'objet de ses éloges. Les lords A. et B., dit-il, les avoient achetées pour faire le grand tour; mais elles n'ont pas été plus loin que Paris; ainsi, elles sont à tous égards aussi bonnes que neuves… Je les trouve trop bonnes, M. Dessein; et je passai à une autre qui étoit derrière, et qui parut me convenir… J'entrai sur-le-champ en négociation du prix… Cependant, dis-je, en ouvrant la portière et en montant dedans, il me semble qu'on auroit bien de la peine à y tenir deux… Ayez la bonté, madame, dit M. Dessein, en lui offrant son bras, d'y monter aussi… La dame hésita une demi-seconde… et s'y plaça… et M. Dessein, à qui un domestique faisoit signe qu'il vouloit lui parler, ferma la portière sur nous et nous laissa.

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