← Table of contents
Oeuvres complètes, tome 3

CHAPITRE XXVI. Chacun a sa marotte.

Reading edition

En vain j'ai fait de mon père vingt portraits différens.—En vain je l'ai représenté sous toutes sortes de formes et d'attitudes.—Vous n'êtes pas encore, monsieur, et vous ne serez jamais en état de prévoir ce que mon père pourra penser, dire ou faire, à chaque nouvelle circonstance.—Il y avoit en lui tant de bizarrerie; sa manière étoit si imprévue, si peu calculée, qu'il venoit toujours à bout de confondre vos plus sages combinaisons.

A dire vrai, le sentier qu'il suivoit étoit si éloigné du chemin battu, qu'il ne voyoit rien comme les autres hommes.—Tout s'offroit à lui sous une forme et sous une face nouvelle.—Les objets n'étoient plus les mêmes.—En un mot, il les considéroit différemment.

C'est ce qui fait que ma chère Jenny et moi (aussi-bien que tant d'autres qui ont été avant nous, et que tant d'autres qui seront après) avons sans cesse des disputes interminables sur rien.—Elle regarde une chose par un côté; je la regarde par un autre; et nous ne pouvons jamais nous entendre.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings