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Oeuvres complètes, tome 3

CHAPITRE LXXIV. Paix d'Utrecht.

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Dans le petit nombre des enfans d'Adam, dont le cœur n'a jamais senti l'aiguillon de l'amour… (—je dis, enfans légitimes, maintenant pour bâtards tous ceux qui n'ont pour les femmes que de l'aversion)—dans ce petit nombre, dis-je, il faut avouer qu'on trouve les noms des plus grands héros de l'histoire ancienne et moderne.

Il me seroit facile d'en retrouver la liste, depuis le chaste Joseph jusqu'à Scipion l'africain; sans parler de Charles XII au cœur de fer, sur qui la comtesse de Konismarck ne put jamais rien gagner.—Ni ceux-là, ni tant d'autres que je ne cite pas, n'ont jamais fléchi le genou devant la déesse; mais c'est qu'ils avoient toute autre chose à faire.—Ainsi avoit eu mon oncle Tobie; ainsi avoit-il échappé au sort commun,—jusqu'à ce que le destin… jusqu'à ce que le destin, dis-je, enviant à son nom la gloire de passer à la postérité avec celui de Scipion, fit le replâtrage honteux de la paix d'Utrecht.

Et croyez-moi, messieurs, de tout ce qui arriva cette année-là par ordre du destin, la paix d'Utrecht fut ce qu'il y eut de pis.

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