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Manuel de synonymie Latine

Avis pour la seconde édition (continued 3)

Théophile Leclaire translation

Humare, v. Sepelire.

Humidus, v. Udus.

Humerus, v. Armus.

Humus, v. Tellus.

I-J

Jacere, v. Cubare.

Jactatio. Gloriatio. Ostentatio. Venditatio.

Jactatio et gloriatio, défauts qui ont leur origine dans la vanité et la suffisance : jactatio, défaut du fat qui se donne de grands airs, qui fait étalage de ses avantages et de ses mérites, qui les fait ressortir par ses paroles et ses gestes, avec une idée accessoire d’étourderie ; gloriatio, défaut du fanfaron qui publie hautement ses avantages ou ses mérites, avec une idée accessoire d’impertinence. L’ostentatio et la venditatio ont leur origine dans un calcul habile de l’effet qu’on peut tirer d’une fausseté : l’ostentation, ostentatio, cherche à déguiser sous des apparences brillantes une pauvreté réelle ; la représentation, venditatio, veut paraître en faisant valoir outre mesure certains avantages.

Jactura, v. Mittere et Damnum.

Jaculum, v. Missile.

Janua, v. Ostium.

Icere, v. Verberare.

Idoneus. Aptus.

Idoneus, qui a ce qu’il faut pour être employé à quelque chose, aptus, pour le faire, F. A. Wolf. En d’autres termes, l’idoneus est propre à un emploi par des qualités quelconques et par le concours des circonstances, ἐπιτήδειος ; l’aptus, par sa valeur personnelle, par sa capacité, ἱϰανός. L’idoneus est inactif par lui-même ; on se sert de lui pour atteindre un but, parce qu’il est un instrument commode ; l’aptus entre de lui-même dans une affaire, parce qu’il a les dispositions nécessaires pour réussir.

Ignarus, v. Cognitio.

Ignavia. Inertia. Segnitia. Desidia. Socordia. Pigritia.

1. Ignavia, opposé à industria, l’amour du désœuvrement considéré comme une dérogation à la loi du devoir, en ce sens qu’on n’est homme, qu’on ne se distingue du vulgaire, qu’on ne vaut par soi-même que si on est doué du goût de l’action ; inertia, le même amour envisagé comme une infraction à la loi du travail, en ce sens que l’homme ne devient un membre utile, plus ou moins estimable de la société, que par son activité pratique. L’oisiveté, ignavia, est entée sur le naturel ; l’action lui répugne ; la fainéantise, inertia, est affaire d’habitude et de caractère ; elle ne se soucie point de travailler. Un méchant esclave est un fainéant, iners ; un noble qui vit sans rien faire est un oisif, ignavus.

2. Segnitia, desidia, socordia et pigritia, défauts divers d’un tempérament trop tranquille. La nonchalance, segnitia, attend qu’on l’excite, qu’on la contraigne, qu’on la prenne corps à corps avant de renoncer au repos ; elle a pour opposé promptus. L’indifférence, desidia, se croise les bras et attend que les choses se fassent d’elles-mêmes. L’apathie, socordia, est incapable de prendre à quoi que ce soit un vif intérêt et néglige ses devoirs faute d’y songer. La paresse, pigritia, a une horreur naturelle de toute espèce de mouvement et n’est heureuse que dans les bras du repos.

Ignavia, v. Vereri.

Ignominia. Infamia. Dedecus. Probrum. Opprobrium.

1. L’ignominia ôte l’honneur légal dont la perte ne dépend point des propos du public, mais d’une juste réprimande infligée par un magistrat, un censeur, par exemple, ἀτιμία ; l’infamia ôte l’honneur moral, la bonne réputation ; elle tient au mépris public, elle est la suite d’une conduite honteuse et déshonorante, δυσφημία.

2. Ignominia et infamia sont des termes abstraits qui marquent l’état d’une personne déshonorée ; dedecus et probrum, des termes concrets qui marquent la cause de cet état, l’acte déshonorant. Le dedecus s’écarte des façons d’un homme d’honneur, de la noblesse qu’on s’attendait à retrouver dans toutes ses actions ; le probrum entache la moralité d’un homme qu’on croyait du moins capable de se conduire honnêtement. La bassesse expose au dedecus dans les fonctions publiques ; l’inconduite, au probrum dans les relations privées.

3. Probrum, reproche qu’on serait en droit de nous adresser ; opprobrium, reproche formulé. Probrum appelle l’attention sur la honte qui a été encourue ; opprobrium, sur le blâme qui s’exprime hautement.

Ignoscere. Veniam dare.

Ignoscere est un acte moral : c’est pardonner de tout cœur, remettre et oublier, par opposition à garder rancune, comme συγγιγνώσϰειν ; veniam dare est un acte politique ; c’est substituer la clémence à la justice, par opposition à châtier, comme μεθιέναι. L’ami, l’égal pardonne, ignoscit ; le supérieur, le puissant fait grâce, veniam dat. Cic. Man. 3. Illis imperatoribus laus est tribuenda quod egerunt ; venia danda quod reliquerunt. Il faut louer ces généraux de ce qu’ils ont fait ; il faut leur faire grâce pour ce qu’ils ont laissé inachevé. Comparez avec Att. XVI, 16. Ignosce mihi quod eadem de re sæpius scribam. Pardonne-moi de revenir si souvent sur le même sujet.

Ilia, v. Caro.

Illico, v. Repente.

Illustris, v. Celeber et Luculentus.

Imago. Simulacrum. Statua. Signum.

1. Imago et simulacrum, termes généraux, représentation d’un objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture : l’imago se rattache à l’original, comme la copie au modèle, par une ressemblance frappante, εἰϰών ; le simulacrum s’oppose à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait illusion, εἴδωλον. Statua, signum et effigies sont exclusivement des ouvrages de sculpture ; tabula et pictura, exclusivement des tableaux.

2. Simulacrum et statua s’entendent de la reproduction complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la sculpture ; effigies et imago marquent par préférence la reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits du visage ; effigies, dans la sculpture ; ce sont des bustes ; imago, dans la peinture ; ce sont des têtes. Tac. Ann. I, 74. Alia in statua amputato capite Augusti effigiem Tiberii inditam. Il avait coupé la tête à une autre statue qui représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de Tibère. XIV, 61. Effigies Poppææ proruunt, Octaviæ imagines gestant humeris. Le peuple renverse les bustes de Poppée et promène sur ses épaules les portraits d’Octavie. H. II, 3. Simulacrum deæ non effigie humana. La déesse est représentée avec des traits qui s’écartent de la nature humaine. Cic. Tusc. III, 2, 3. Optimus quisque consectatur nullam eminentem effigiem (virtutis) sed adumbratam imaginem gloriæ. Ce n’est point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les meilleurs d’entre nous.

3. Signum, toute espèce de sculpture, par opposition à tabulæ et picturæ ; simulacrum, statue sacrée, celle d’un dieu, ἄγαλμα ; statua, statue profane, celle d’un homme, ἀνδριάς. Cic. Cat. III, 8. Simulacra deorum immortalium depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ. Les statues sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues profanes des anciens héros abattues. Verr. I, 22. Legati deorum simulacra venerabantur, itemque cætera signa et ornamenta lacrimantes intuebantur. Les députés adoraient les statues sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et de décoration leur arrachait des larmes.

Imbecillis, imbecillitas, v. Validus.

Imber, v. Pluvia.

Infirmus, infirmitas, v. Validus.

Imitatio. Æmulatio. Certatio. Rivalitas. Simulatio.

1. Imitari marque simplement, sans idée morale accessoire, un effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet donné ; æmulari marque, outre l’effort d’imitation, le désir d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en honneur, en succès. L’imitatio n’a en vue que l’objet donné ; c’est une tendance généralement modérée et louable ; l’æmulatio n’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la peine d’être imitée ; elle se montre toujours sous les traits d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant qu’elle tire son origine d’un amour honnête ou d’un amour désordonné des honneurs. Plin. Ep. VII, 30. Demosthenis orationem habui in manibus non ut æmularer (improbum enim ac pæne furiosum), at tamen imitarer ac sequerer tantum. J’ai étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être du moins son imitateur et son élève.

2. L’æmulus est au-dessous de son adversaire, il vise à l’atteindre et à l’égaler un jour ; le certator et le concertator lui sont égaux, ils visent à le battre et à le vaincre.

3. L’æmulatio dispute une supériorité quelconque ; la rivalitas soutient une lutte pour emporter la première place dans le cœur d’une personne. Cic. Tusc. IV, 26, 56. Illa vitiosa æmulatione quæ rivalitati similis est, æmulari quid habet utilitatis ? A quoi bon poursuivre une personne de cette émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie ?

4. L’imitatio est un effort pour devenir ce qu’on n’est pas encore, mais ce qu’on deviendrait volontiers et ce qu’on peut devenir en effet ; la simulatio, un effort pour paraître ou devenir ce qu’on n’est point, ne peut ni ne doit être, parce que la nature s’y oppose. L’imitatio est le chemin qui conduit à un idéal réel ou imaginaire ; la simulatio reste toujours un plagiat.

Immanis, v. Magnus.

Impensa, v. Sumptus.

Impar, v. Æquus.

Imperare, v. Jubere.

Impertire. Tribuere. Participare. Communicare.

Impertire et tribuere signifient partager, distribuer, sans donner à entendre que le donateur réserve une part pour lui : impertire présente ce partage comme un acte libre, volontaire, de pure bonté ; tribuere, comme un acte de justice et de prudence. Participare et communicare, admettre les autres à un partage dont on profite soi-même : participare, faire participer, se rapporte généralement à la personne qui reçoit, qui est appelée à prendre part, communicare, mettre en commun, à la chose dont on fait part et à l’usage de laquelle cette personne doit participer.

Impietas, v. Delictum.

Impius, v. Scelestus.

Imponere, v. Fallere.

Imus. Infimus.

Imum, la partie la plus basse dans un tout indivisible ; infimum, la base ou le dessous dans un tout divisible. L’imum est en bas ; l’infimum, en dessous. Cic. Rosc. com. 7. Ab imis unguibus usque ad summum verticem. De la plante des pieds au sommet de la tête. Comparez avec Divin. I, 33. Ut ab infima ara subito anguis emergeret. Un serpent sortit tout à coup de dessous l’autel. Et avec N. D. II, 20. Luna infima est quinque errantium. Des cinq planètes, c’est la lune qui est en dessous. Imus n’exprime d’ailleurs qu’un rapport de lieu ; infimus contient une idée accessoire, celle du dernier rang.

Inambulare, v. Ambulare.

Inanis. Vacuus.

Inanis, ce qui est vide au lieu d’être rempli, ce qui ne contient rien, par opposition à plenus ; vacuus, ce qui est vacant et peut encore se remplir, ce qui n’a point de maître, par opposition à occupatus ou à obsessus. Tac. Ann. VI, 34. Jason post avectam Medeam genitosque ex ea liberos inanem mox regiam vacuosque Colchos repetivit, c’est-à-dire le palais désert, mort, et le peuple sans maître. Au figuré : inane, c’est ce qui n’existe point, vacuum ce qui est libre.

Incassum, v. Frustra.

Incedere, v. Ire.

Incestus, v. Inficetus.

Incastus. v. Inficetus,

Incendere, v. Accendere.

Inchoare, v. Incipere.

Incipere. Ordiri. Inchoare. Coepisse.

1. Incipere, marque le commencement par opposition à l’inaction qui précède et qui suit, c’est-à-dire, à cessare et à desinere, desistere, finire ; ordiri, par opposition à la continuation de l’action, c’est-à-dire à continuare, et à son correspondant intransitif pergere ; enfin, inchoare, incohare, par opposition à l’achèvement ou à l’accomplissement de l’action, c’est-à-dire à perficere, consummare, peragere, absolvere, etc. Cic. Off. I, 37. Ut incipiendi ratio fuerit, ita sit desinendi modus. Sachez entrer en matière, sachez aussi vous arrêter. Varron. R. R. III, 16. Apes cum evolaturæ sunt, aut etiam inceperunt, consonant vehementer. Lorsque les abeilles vont s’envoler ou qu’elles viennent de partir, elles font entendre un fort bourdonnement. Cic. Finn. IV, 6. Hoc inchoati cujusdam officii est, non perfecti. Ceci n’est encore qu’une ébauche et non point une œuvre achevée. Cic. Fr. ap. Non. Perge, quæso, nec enim imperite exorsus es. Continuez, je vous prie, votre début n’est point maladroit.

2. Cœpi a le même opposé qu’incipere. Sen. Cons. Polyb. 20. Quicquid cœpit et desinit ; mais cœpi appelle plus fortement l’attention sur l’action qui commence, et incepi sur le commencement que prend l’action. Cœpi est une sorte de verbe auxiliaire, incepi est emphatique ; cœpi se rapporte d’habitude à un infinitif et incipere à un substantif. Cic. Verr. V, 10. Quum ver esse cœperat (sed quum rosam viderat, tum ver incipere arbitrabatur), dabat se labori. Quand le printemps revenait, mais le printemps ne datait pour lui que des roses, il affrontait la fatigue.

Incitare. Instigare. Irritare. Instinctus.

1. Incitare, synonyme d’hortari, porter un paresseux par de bonnes paroles, par des encouragements, des apostrophes à une action presque toujours louable ; instigare, synonyme de stimulare, pousser bon gré, mal gré une personne à une action hardie par des moyens énergiques comparables à des coups d’aiguillon, par reproches, promesses, menaces ; irritare, synonyme d’exacerbare, exciter à un acte de violence un personnage paisible en remuant ses passions, son ambition, ses désirs de vengeance. Ter. Andr. IV, 2, 9. Age si hic non insanit satis sua sponte, instiga. Va, s’il ne s’emporte pas assez tout seul, pousse à la roue. Lucr. IV, 1075. Et stimuli subsunt qui instigant lædere id ipsum. Et des aiguillons secrets les poussent à blesser ce qu’ils aiment.

2. Instigatus, aiguillonné par une cause extérieure et profane, par des paroles, des ordres ; instinctus, poussé par une cause intérieure d’un ordre élevé, inspiration, amour, voix de Dieu.

Inclytus, v. Celeber.

Incolere. Habitare. Incola. Inquilinus. Colonus.

1. Incolere est transitif comme habiter ; habitare, neutre comme demeurer. En outre, incolere rappelle l’idée du pays auquel on appartient en qualité de citoyen ou de sujet ; habitare, celle de la maison où l’on est établi à demeure en qualité de propriétaire ou de locataire.

2. Incola, au sens restreint, le sujet par opposition au citoyen, μέτοιϰος ; inquilinus, le locataire par opposition au propriétaire de la maison ou dominus, σύνοιϰος ; colonus, le fermier par opposition au propriétaire foncier, à peu près comme θής.

Incolumis, v. Salvus.

Incurvus, v. Curvus.

Indagare, v. Quærere.

Indignari, v. Succensere.

Indulgere, v. Concedere.

Incuriosus, v. Tutus.

Incusare, v. Arguere.

Indigere, v. Carere.

Indoles, v. Ingenium.

Industria, v. Opera.

Inedia, v. Fames.

Inertia, v. Ignavia.

Infamia, v. Ignominia.

Infans, v. Puer.

Infensus, infestus, v. Adversarius.

Inficetus. Infacetus. Incestus. Incastus.

1. Inficetus exprime un blâme positif et se dit d’un homme lourd et sans goût ; infacetus n’exprime qu’un blâme négatif, c’est un homme qui n’a point d’esprit à revendre.

2. Et de même incestus celui qui a souillé son propre sang ; incestus, celui qui n’est point chaste.

Infidelis, infidus, v. Fidus.

Infitiari, infitias ire, v. Negare.

Infimus, v. Imus.

Inflammare, v. Accendere.

Infortunium. Calamitas. Infelicitas. Miseria.

Infortunium et calamitas désignent un accident isolé : infortunium un accident fâcheux, un petit malheur, par exemple la perte d’une bourse, des coups qu’on a reçus ; calamitas un accident tragique comme la perte d’une personne qu’on aime, de la fortune. Infelicitas et miseria expriment une position malheureuse et durable : infelicitas comme une simple privation de bonheur ; miseria comme une misère réelle et accablante.

Ingenium. Natura. Indoles.

Ingenium et natura, le naturel considéré comme la base inébranlable de l’individualité humaine et comme rebelle à toute altération : ingenium se rapporte de préférence aux dons de l’esprit, natura à ceux du cœur. Indoles, le naturel considéré comme le germe de l’individualité et comme susceptible de culture.

Ingluvies, v. Faux.

Ingruere, v. Irruere.

Inimicus, v. Adversarius.

Ingredi, v. Inire et Ire.

Inimicitia, v. Odium.

Inire. Intrare. Introire. Ingredi.

1. Inire ne s’emploie guère qu’au figuré, c’est se mettre à quelque chose, par exemple, inire pugnam, numerum, engager le combat, chercher un nombre ; intrare, introire, ingredi expriment l’action d’entrer au sens propre ; mais intrare est d’ordinaire transitif, il a l’accent sur sa racine verbale, introire est neutre, il a l’accent sur sa racine adverbiale. Dans intrare curiam on songe surtout au seuil qu’on franchit, dans introire, aux quatre murs entre lesquels on va s’enfermer.

2. Intrare et introire supposent un espace fermé à dessein par des murailles, des barrières, des bornes ; ingredi ne suppose qu’un espace étranglé, une route, viam, un pont, pontem.

Initium. Principium. Primordium.

1. Initium, commencement au sens abstrait, comme simple point de départ, par opposition à exitus ; principium, au sens concret, comme la partie qui se présente avant les autres lorsqu’il s’agit de choses, qui précède lorsqu’il s’agit d’actions, par opposition à extremum. Initium n’est qu’un commencement dans le temps, principium est en outre une base posée dans l’espace. L’initium disparaît dans ce qui suit, le principium sert de fondement aux progrès ultérieurs. Les initia philosophiæ sont les rudiments au-dessus desquels le disciple s’élève dans le cours de ses études, les principia sont les principes auxquels il faut toujours revenir. Initio signifie ordinairement d’abord comme ceci et ensuite autrement ; principio, dès l’abord et toujours de même.

2. Primordium est un augmentatif emphatique de principium, et suppose un vaste système dont l’origine est assez reculée pour qu’on puisse distinguer entre un commencement apparent et un commencement réel, primordial, élémentaire.

Injuria, v. Contumelia.

Innocentia, v. Virtus.

Innumerus. Innumerabilis.

Innumerus, terme poétique et choisi, comme sans nombre, ἀνήριθμος ; innumerabilis, terme prosaïque et usuel, comme innombrable, ἀναρίθμητος.

Inopia, v. Paupertas.

Inquilinus, v. Incolere.

Insanus, v. Amens.

Inscius, v. Cognitio.

Insimulare, v. Arguere.

Insomnis, v. Vigil.

Instigare, v. Incitare.

Inquam, v. Dicere.

Inquinare, v. Contaminare.

Inscendere, v. Scandere.

Insignis, v. Eminens.

Insolentia, v. Superbia.

Insomnium, v. Somnus.

Instituere. Instaurare. Restituere. Restaurare.

Instituere, prendre un arrangement profane ; instaurare, organiser une cérémonie sainte, vénérable ou du moins une entreprise importante, par exemple un sacrifice, des jeux sacrés ou des fêtes, la guerre ou une bataille. Instituere est un terme usuel, instaurare un terme pompeux et choisi. Même différence entre restituere et restaurare.

Instituere, v. Erudire.

Insuper, v. Præterea.

Integrare, v. Iterum.

Instructus, v. Præditus.

Integer, v. Salvus.

Intelligere. Sentire. Cognoscere.

Intelligere se dit des notions rationnelles dues à la réflexion qui combine des idées ; sentire, des notions naturelles qui s’acquièrent par voie de sentiment, par des perceptions ou des impressions instantanées des sens ou de l’esprit ; enfin, cognoscere, des notions historiques fondées sur le témoignage des sens et de la tradition, Sen. Ir. III, 13. Quidni gauderet, quod iram suam multi intelligerent, nemo sentiret ? Je conçois que Socrate ait ressenti un mouvement de joie quand sa colère que tous ses familiers discernaient ne frappait les yeux de personne. Cic. N. D. III, 24. Quare autem in his vis deorum insit tum intelligam quum cognovero. Quant à leur divinité, je la comprendrai quand j’aurai appris à la connaître.

Intercapedo. Interruptio. Interpellatio. Interlocutio.

Intercapedo et interruptio, interruption d’une action, d’une affaire : l’intercapedo est polie, souvent même bienveillante ; l’interruptio est violente, elle trouble. Interpellatio et interlocutio, interruption d’un discours par un autre discours qui vient à la traverse : l’interpellator n’a d’autre but que d’empêcher l’orateur de continuer ; l’interlocutor veut se faire entendre lui-même au beau milieu du discours d’un autre.

Interdicere, v. Vetare.

Interdum, v. Nonnunquam.

Interdiu, v. Dies.

Interea. Interim.

Interea se rapporte à une action durable qui tombe dans une période, comme cependant ; interim à une action momentanée, comme là-dessus. Il y a entre eux la même corrélation qu’entre un temps passé et l’aoriste, entre un instant et une période. Cic. Quint. 6. Hæc dum Romæ geruntur... Quintius interea de agro detruditur. Voilà ce qui se passait à Rome ; cependant Quintius est évincé de son champ : c’est-à-dire que la chose se fait peu à peu. Comparez avec Famm. X, 12. Interim ad me venit Manutius noster. Là-dessus je vois venir chez moi notre cher Manutius. Tac. Ann. XI, 32. Non rumor interea sed undique nuntii incedunt... Atque interim Ostiensem viam intrat. Cependant ce ne sont plus des bruits, ce sont des messagers qui arrivent de tous les côtés... Et là-dessus elle prend la route d’Ostie.

Interemptor, v. Homicida.

Interfector, v. Homicida.

Interesse, v. Adesse.

Interficere. Perimere. Interimere. Negare. Occidere. Jugulare. Obtruncare. Trucidare. Percutere.

1. Interficere et perimere, termes généraux, mettre à mort, faire mourir, tuer pour quelque motif et par quelque moyen que ce soit, faim, poison, corde, fer, supplice, ϰτείνειν : mais interficere est un terme ordinaire, perimere un terme archaïque, choisi, poétique. Interimere suppose accessoirement que la chose passe inaperçue, comme se défaire de quelqu’un, ἀναιρεῖν ; necare implique une idée d’injustice ou du moins de cruauté, comme assassiner, φονεύειν. Cic. Tusc. V, 20. Dionysius alterum jussit interfici, quia viam demonstravisset interimendi sui. Denys le fit mettre à mort pour avoir montré comment on pouvait se défaire de lui. Fr. Arat. 11. Quem neque tempestas perimet, nec longa vetustas interimet. Il ne périra point sous l’effort d’une saison, il ne succombera point à la lente action des siècles. Curt. IX, 7, 8. Boxum protinus placuit interfici ; Biconem etiam per cruciatus necari. Il voulut qu’on mit sur-le-champ Boxus à mort, mais qu’on fît périr Bicon dans les tourments.

2. Occidere, jugulare, trucidare, obtruncare, percutere, expriment une mort sanglante : occidere, porter par terre, c’est le fait du soldat dans un combat franc et loyal ; jugulare, couper la gorge ou le cou, ou plutôt tuer d’un coup savant sous la clavicule, c’est le fait du bandit qui veut imiter le gladiateur, σφάξαι ; obtruncare, tailler en pièces, massacrer, couper en morceaux comme un meurtrier maladroit ; trucidare, tuer à loisir comme un boucher, en homme avide de sang qui met à mort sans rencontrer de résistance et triomphe d’une victime sans défense ; percutere, exécuter, simple action mécanique, office du bourreau ou de tout autre exécuteur d’une condamnation ou d’un ordre. Senec. Contr. III, 21. Nec dominum occidit, nec domino venenum dedit. Il n’a ni poignardé ni empoisonné son maître. Hor. Ep. 1, 2, 32. Ut jugulent homines surgunt de nocte latrones. Les brigands sortent de l’ombre pour égorger le monde. Sall. Fr. Cæteri vice pecorum obtruncantur : en sorte qu’on voyait à terre comme sur un étal des membres détachés. Tac. Hist.... Juberet interfici ; offerre se corpora iræ ; trucidaret. Il n’avait qu’à les faire mourir ; ils étaient prêts à servir de victimes à sa colère : il pouvait les tuer à son aise. Cic. Rosc. Am. 34. Cujus consilio occisus sit invenio ; cujus manu percussus sit non invenio. Je discerne l’auteur, je ne découvre pas l’instrument de cette mort sanglante.

Interitus, v. Lues et Mors.

Interlocutio, v. Intercapedo.

Intermittere. Omittere.

Intermittere, suspendre, remettre une affaire à un autre temps dans l’espérance et dans le dessein de la reprendre : in tempus mittere cum spe consilioque resumendi ; omittere, abandonner. Varron. Fr. Studia tantum intermittantur, ne omittantur. Interrompez vos études, ne les abandonnez jamais.

Intermori, v. Mors.

Interrogare, v. Rogare.

Intestina, v. Caro.

Intueri, v. Videre.

Invadere, v. Irruere.

Interpellatio, v. Intercapedo.

Interruptio, v. Intercapedo.

Intrare, introire, v. Inire.

I nunc, v. Agere.

Invenire. Reperire. Deprehendere. Nancisci. Adipisci. Consequi. Assequi.

1. Invenire, terme général, trouver dans toutes les conjonctures ; reperire et deprehendere supposent un objet caché qu’on songe et qu’on s’applique à trouver : mais le reperiens se borne à découvrir ce qu’il ne voyait point d’abord et qui s’offre ensuite à ses yeux, ἀνευρεῖν ; le deprehendens découvre ce qui voulait se cacher ou échapper et qui tombe en son pouvoir. Tac. Ann. I, 74. Perniciem aliis ac postremo sibi invenere. De bourreaux qu’ils étaient, ils finirent par se trouver victimes. Comparez avec XIV, 3. Cædes quonam modo occultaretur nemo reperit. Personne ne vit jour à cacher le meurtre.

2. Invenire, reperire, deprehendere ont pour terme un objet caché qu’on découvre ; nancisci, adipisci, assequi et consequi, un objet éloigné qu’on atteint : le nanciscens arrive au terme avec ou sans peine, parfois même sans le souhaiter ; c’est une rencontre ; l’adipiscens a une lutte à soutenir ; c’est une victoire ; le consequens voit ses désirs comblés, qu’il y ait ou non mis du sien ; c’est un bonheur ; l’assequens voit sa constance et ses efforts couronnés ; c’est un succès. Suet. Tib. 10. Titus ad primam statim mansionem febrim nactus. Titus prit la fièvre à la première halte. Comparez avec Dom. 15. Nero in adipiscenda morte manu Epaphroditi adjutus est. Néron ne parvint à se donner la mort qu’en se faisant aider par la main d’Epaphroditus. Cic. Att. X, 12. Nactus Curionem omnia me consecutum putavi. J’avais eu la chance de trouver Curion, je crus avoir tout gagné. Rosc. Com. 4. Ut neque nihil neque tantum quantum postulavimus consequamur. Il ne s’agit plus de recevoir tout ce que nous avons demandé, il s’agit de ne pas être réduits à rien. Dans Cicéron, Mil. 11 : Nihil dico quid respublica consecuta sit, nihil quod vos, nihil quod omnes boni. Je ne tiens aucun compte de ce que gagne la république, de ce que vous gagnez vous-mêmes, de ce que gagnent tous les gens de bien (à la mort de Clodius à laquelle Milon a seul contribué) ; assecuta sit ne serait pas à sa place, et réciproquement consequuntur serait faible dans ce passage de Sen. Brev. 17. Operose assequuntur quæ volunt, anxie tenent quæ assecuti sunt. Ce qu’ils désirent est pénible à acquérir, ce qu’ils ont acquis est inquiétant à garder. Cic. Fam. I, 7, 10. Omnia quæ ne per populum quidem sine seditione se assequi arbitrabantur, per senatum consecuti sunt. Ils ont reçu des mains du sénat tous les avantages qu’ils désespéraient d’acquérir par l’appui du peuple à moins de le soulever.

Invertere, v. Vertere.

Investigare, v. Quærere.

Invicem, v. Vicissim.

Invidia. Livor. Invidentia. Malignitas. Obtrectatio. Detrectatio.

1. Invidia, envie qui fait qu’on regarde les gens de travers et qu’on leur en veut pour des motifs tantôt avouables, tantôt immoraux, le plus souvent, mais non point toujours par égoïsme, ὑποψία ; livor, envie dévorante qui infecte l’âme entière et qui ôte au corps même les fraîches couleurs de la vie.

2. Invidia, terme usuel qui se prend au sens actif pour l’envie qu’on porte aux autres, et au sens passif pour l’envie dont on est l’objet de leur part ; invidentia, néologisme de Cicéron pour l’envie qu’on porte.

3. Invidia et livor présentent l’envie comme un accès passager ; malignitas, comme un défaut d’habitude et de nature, par opposition à la bonté d’âme ou de cœur. L’invidus et le lividus envient certains biens à certaines personnes dans certaines circonstances ; le malignus est incapable de rien souhaiter d’heureux à tout autre qu’à lui-même.

4. Invidia, livor, malignitas, ne marquent qu’un sentiment ou un tour d’esprit ; obtrectatio marque une action ou une façon d’agir qui procède de ce sentiment et qui tend à nuire à celui qu’on envie par des moyens honteux, comme le dénigrement, par exemple. On ne conçoit point l’obtrectatio sans invidia, mais on peut concevoir l’invidia sans obtrectatio quand l’envie est trop lâche pour s’engager dans une lutte.

5. L’obtrectatio suppose un rival et tire son origine de la jalousie ; la detrectatio ne suppose qu’un adversaire et provient de l’aversion.

Invidia, v. Odium.

Jocus, v. Ludus.

Irasci, v. Succensere.

Ire. Meare. Gradiri. Ingredi. Incedere. Vadere.

1. Ire et meare expriment la marche, en général, comme mouvement d’un lieu vers un autre, ire, ἰέναι, se disant particulièrement des hommes, c’est la suite d’un acte de volonté ; meare, φοιτᾷν, se dit particulièrement des bêtes, des vaisseaux, des cours d’eau, des astres : c’est un mouvement mécanique auquel la volonté n’a point de part. Gradiri et ingredi, incedere et vadere ajoutent à l’idée générale des idées accessoires et précises sur la manière de marcher : gradiri et ingredi, une idée de calme et de régularité, par opposition à serpere, currere, stare, comme ϐαδίζειν ; incedere, une idée de fierté, de mesure et de convenance à propos d’une cérémonie, d’une revue, par opposition à ambulare, comme ἐμϐαίνειν ; vadere, une idée de bonne volonté et de vivacité, en voyage, dans une attaque de vive force, par opposition à repere ? comme χωρεῖν.

2. Ingressus, la marche en général ; incessus, la démarche qui tient à l’individu et à laquelle on le reconnaît comme à une seconde physionomie. Ingressus est un terme purement physique ; incessus, un terme moral et esthétique.

Irridere, v. Ridere.

Irritus, v. Frustra.

Irritare, v. Incitare et Lacessere.

Irruere. Irrumpere. Ingruere. Invadere.

Irruere, entrer en courant, à la hâte et à l’étourdie ; irrumpere, pénétrer par force et violence ; ingruere, avec menaces et importunité ; invadere, tomber quelque part avec audace et brusquerie.

Iter. Meatus. Via. Trames. Semita. Callis.

1. Iter et meatus expriment, au sens abstrait, le chemin qu’on fait, la marche, le voyage : iter, le chemin que fait un être raisonnable ; meatus, celui que fait un être sans raison et sans volonté ; mais via, c’est le chemin sur lequel on marche, c’est un terme concret. Hor. Od. III, 2, 22. Virtus negata tentat iter via. La vertu se fraye des routes nouvelles. Cic. Att. V, 14. Iter conficiebamus æstuosa et pulverulenta via. Nous cheminions sur une route brûlante et poudreuse.

2. Iter, pris comme terme concret, chemin, direction qui mène au but, comme ϰέλευθος ; il n’est pas nécessaire que ce soit une voie frayée et fréquentée. Via, voie sinon construite, du moins régulière et battue, comme ὁδός. César entend, par viarum atque itinerum duces, des guides tenus de montrer les routes et les sentiers praticables et d’indiquer la direction à suivre quand les voies frayées venaient à manquer.

3. Via et iter peuvent être étroits ou larges ; trames, callis et semita ne désignent qu’un chemin ou un sentier étroit : trames, un chemin ou une rue de traverse, à la campagne ou à la ville, propre à conduire au but plus promptement ou plus secrètement que la grand’route ; semita, un sentier pour les piétons, souvent un trottoir qui court à côté de la route carrossable, οἶμος ; callis, un chemin de montagne ou de forêt qui n’est guère praticable que pour le bétail, ἀτραπός. Plaut. Cas. III, 5, 42. De via in semitam degredi. Quitter la route pour un sentier. Cic. Phil. XIII, 9, 19. Egressus est non viis sed tramitibus paludatus. Il n’osa suivre les rues et prit les ruelles pour sortir de Rome en tenue de général. Virg. Æn. IX, 383. Rara per occultos lucebat semita calles, c’est-à-dire qu’Euryale et Nisus cherchent à s’échapper par des sentiers, semita, mais qu’ils ont de la peine à en découvrir faute de clarté, d’autant que les ombres de la nuit et de la forêt leur cachent même les chemins, calles.

Iter facere, v. Proficisci.

Iterum. Rursus. Denuo. De integro. Repetere. Integrare.

1. Iterum veut dire, comme δεύτερον, pour la seconde fois ; rursum ou rursus, αὖθις et πάλιν, une fois de plus, encore une fois ; denuo, νέοθεν, de nouveau : il semble qu’on n’ait encore rien fait ; de integro, αὖθις ἐξ ὑπαρχῆς, derechef, sur de nouveaux frais : c’est l’idée précédente exprimée avec plus de force. Justin, XXI, 4, 6. Нос consilio præventus iterum servitia concitat statutaque rursus cædium die, quum denuo se proditum videret. Prévenu dans ce dessein, il soulève une seconde fois les esclaves, fixe encore une fois le jour du massacre, et, se voyant de nouveau trahi...

2. De même, pugnam iterare signifie livrer une seconde bataille ; pugnam repetere, reprendre le combat ; pugnam renovare, le renouveler, et pugnam integrare, recommencer la bataille sur de nouveaux frais. Auct. Herenn. II, 3, 47. Enumeratio est per quam colligimus et commonemus quibus de rebus verba fecerimus, breviter, ut renovetur, non redintegretur oratio. L’énumération résume et rappelle les points sur lesquels on a parlé ; elle est courte, il s’agit de reprendre, non de recommencer le discours.

Jubere. Imperare. Præcipere. Mandare.

Jubere, ordonner une chose parce qu’on souhaite et qu’on veut qu’elle soit faite, par opposition à vetare, comme ϰελεύειν ; imperare, commander militairement en vertu de la supériorité de grade, ἄρχειν ; præcipere, prescrire en vertu de l’autorité de précepteur, de gouverneur, à peu près comme ἐντέλλεσθαι ; mandare, charger d’une affaire une personne qui a toute notre confiance, ἐφίεσθαι.

Jucundus, v. Gratus.

Jugum, v. Mons.

Jugulare, v. Interficere.

Jumentum, v. Pecus.

Jurgium, v. Disceptatio.

Jusjurandum. Juramentum. Sacramentum.

Jusjurandum et juramentum, qui est d’une époque postérieure, serment civil par lequel on confirme ou promet quelque chose ; sacramentum, serment militaire par lequel le soldat s’engage et se lie au drapeau. Liv. XXII, 38. Milites tunc quod nunquam antea factum erat jurejurando a tribunis militum adacti jussu consulum conventuros neque injussu abituros ; nam ad eam diem nihil præter sacramentum fuerat. Les tribuns militaires firent jurer aux soldats qu’ils se réuniraient sur l’ordre des consuls et ne se retireraient point sans leur ordre. Cela ne s’était pas encore vu ; il n’y avait jamais eu jusqu’à ce jour que le serment aux aigles.

Juvare, v. Auxilium.

Juvenis, v. Puer.

Juventa. Juventus. Juventas. Juvenalis. Juvenilis.

1. Juventa, la jeunesse considérée comme une période de la vie ; juventus, comme la classe des jeunes gens ; juventas, comme une déesse.

2. Juvenalis, terme indifférent pour tout ce qui se rapporte aux jeunes gens ou élogieux, par opposition à la faiblesse de l’âge ; juvenilis contient une idée morale accessoire, celle des goûts que comporte le caractère des jeunes gens, la plupart du temps avec une teinte de blâme, par opposition à la maturité de l’âge.

L

Labare. Titubare. Vacillare. Nutare.

Labare caractérise le chancellement par rapport au corps entier qui ne pose point sur une base solide ; titubare, par rapport aux jambes qui refusent le service et se dérobent ; vacillare, par rapport au haut du corps qui n’a point une attitude droite, tranquille, sûre ; enfin, nutare, par rapport à la tête qui ne se soutient plus. Le titubans menace de s’affaisser sur lui-même ; le vacillans, de tomber à la renverse. La titubatio est l’indice de la faiblesse corporelle ; la vacillatio, d’un manque de dignité extérieure, de calme et de décence.

Labes, v. Vitium.

Labi. Cadere.

Labi, tomber, par rapport au point de départ et à l’espace que le corps traverse dans sa chute, tendre vers la terre, ὀλισθεῖν ; cadere, tomber, par rapport au point que le corps atteint au bout de sa chute, arriver à terre, πεσεῖν. Virg. Æn. VI, 310. Lapsa cadunt folia. Les feuilles se détachent, glissent et tombent. Cic. Brut. 49. Quibus vitiis labatur aut cadat orator. Les défauts qui égarent ou renversent l’orateur.

Labor. Molestia. Ærumna.

1. Labor, le travail qui met les forces en jeu et fatigue, πόνος ; molestia, la peine qui fait naître la mauvaise humeur parce qu’elle est trop grande ou qu’elle vient mal à propos, χαλεπότης ; ærumna, l’accablement qui surpasse presque les forces humaines et terrasse le héros même, ταλαιπωρία ; c’est un terme archaïque et à demi poétique. Cic. Finn. V, 32. Ut ubi virtus sit resque magnæ et summe laudabiles virtute res gestæ, ibi esse miseria et ærumna non possit, tamen labor possit, possit molestia. Soyez vertueux, accomplissez par vertu de grandes choses dignes du plus haut éloge, vous ne succomberez jamais sous le poids du malheur, mais vous serez toujours sensible à la fatigue et à la peine.

2. Laborare, verbe intransitif, être au fort de la peine et du travail ; elaborare, verbe transitif, produire quelque chose par sa peine et son travail.

Labor, v. Opera.

Lacerare. Laniare.

Lacerare, déchirer de vive force avec les mains, les griffes, les serres, les dents ; laniare, découper à l’aide d’un instrument tranchant, les dents, griffes et serres pouvant d’ailleurs être considérées comme des instruments de ce genre. Appul. Metam. IV, p. 84. Morsibus laceratus ferroque laniatus. Déchiré par les morsures, tailladé par le fer.

Lacertus, v. Ulna.

Lacessere. Irritare. Sollicitare.

1. Lacessere, pousser à la contradiction, à la résistance la raison et la volonté ; irritare, exciter jusqu’à la colère les sentiments ou les passions. Cic. Mil. 31. Ut vi irritare ferroque lacessere fortissimum virum auderet. Il osa irriter par la violence, provoquer par la vue des armes le plus courageux des hommes.

2. Lacessere, exciter en troublant la paix d’une façon grossière ; sollicitare, en troublant par finesse le repos des gens.

Lacrimare. Plorare. Flere. Lamentari. Ejulare. Deflere. Deplorare.

1. Lacrimare exprime la conséquence physique d’un mouvement de l’âme joyeux ou triste, comme δαϰρύειν, répandre des larmes ; plorare est l’expression passionnée de la douleur, comme θρηνεῖν, hurler et crier. Entre les deux se trouve flere, qui a pour opposé ridere ; il a de commun avec lacrimare l’absence de passion, et avec plorare le ressentiment de la douleur, c’est le grec ϰλαίειν, pleurer. Sen. Ep. 63. Nec sicci sint oculi amisso amico, nec fluant ; lacrimandum est, non plorandum. Vous perdez un ami je n’exige pas que vos yeux soient secs, mais ne fondez pas en pleurs ; versez des larmes, ne criez pas.

2. Lamentari et ejulare sont encore des augmentatifs de ploratus : lamentari marque, comme ϰωχύειν, un hurlement prolongé ; ejulare, un hurlement interrompu par des cris et des sanglots, comme ὀλολύζειν.

3. Plorare et flere sont intransitifs ; deplorare et deflere, transitifs.

Lacuna. Lacus. Stagnum. Palus. Uligo. Lama. Lustrum.

Lacuna signifie en langage poétique toute espèce d’eau dormante depuis la mer jusqu’à la mare ; lacus et stagnum, eaux dormantes, mais salubres, entretenues et rafraîchies par des sources ou par un cours d’eau qui s’y jette et qui en sort : lacus, lac de taille à rappeler l’image de la mer et opposé à la mer, λίμνη ; stagnum, étang assez grand pour ne point ressembler à une simple mare, par opposition à une rivière, τέναγος. Palus et uligo, eaux dormantes altérées et corrompues : palus, marais, contrée recouverte d’une eau corrompue, ἔλος ; uligo, fondrière, terrain pénétré par une eau corrompue. Le marais, palus, offre l’aspect d’une masse d’eau troublée par la vase et le limon, où on peut se noyer ; la fondrière, uligo, celui d’un sol amolli par l’eau, où on peut enfoncer. Enfin lamæ et lustra signifient des eaux dormantes de peu de circuit : lamæ, de simples flaques, humides et boueuses, sur des routes ; lustra, des mares croupissantes qui blessent l’odorat et la vue, dans des forêts et ailleurs.

Lædere. Violare. Offendere.

Lædere, endommager, blesser, exprime une atteinte physique ; violare, faire violence, une atteinte au droit ; offendere, choquer, offenser, une atteinte au sentiment. Lædere se rapporte à un objet auquel il y a quelque chose à gâter ; violare, à un objet pour lequel on a le droit de prétendre à des ménagements ; offendere, à un être doué de raison et de sentiment. Cic. Off. I, 28, 99. Justitiæ partes sunt non violare homines, verecundiæ non offendere. Ne pas entreprendre sur les autres, c’est justice ; ne les choquer en rien, c’est délicatesse. Sen. Ir. III, 18. Pleraque eorum propter quæ irascimur offendunt nos magis quam lædunt. Nos colères viennent très-souvent de ce qui nous choque plutôt que de ce qui nous nuit. Const. 4. Contumelia tantum delicatis gravis est, qua non læduntur, sed offenduntur. Une offense ne pèse qu’aux gens chatouilleux on ne leur a pas nui, mais on les a choqués. Ovid. Am. III, 3, 31. Formosas superi metuunt offendere læsi. Les dieux craignent d’offenser la beauté qui les a blessés.

Lætari, v. Gaudere.

Lævis. Glaber. Fricare. Terere.

1. Lævis, levis, lisse par opposition à ce qui est rude et raboteux, cela est joli et cause une impression agréable ; glaber, nu et uni, par opposition à ce qui est garni de poils ou de cheveux, couvert d’une végétation ; cela constitue un défaut et cause une impression désagréable.

2. Fricare, polir pour rendre lisse, ψήχειν ; terere, frotter pour diminuer le volume, τρίϐειν.

Lævus, v. Sinister.

Lama, v. Lacuna.

Lambere. Lingere.

Lambere, lécher lorsque la langue sert d’instrument comme la main pour saisir ou toucher un objet, que ce soit ou non un aliment, qu’il ait du goût ou qu’il n’en ait pas ; lingere, lécher lorsqu’on emploie la langue comme organe du goût pour apprécier une saveur. Plin. H. N. XXXV, 7. Canem ex ære vulnus suum lambentem. Un chien de bronze qui passe la langue sur sa blessure. Comparez avec XXI, 4. Pecoribus sal datur lingendus. On donne au bétail du sel à lécher.

Lamentari, v. Lacrimare.

Laniare, v. Lacerare.

Lancea, v. Missile.

Laniena. Macellum.

Laniena, étal sur lequel le boucher, lanius, expose en vente des bêtes tuées et dépecées ; macellum, marché où le macellarius débite toute sorte de viandes, menue viande, charcuterie, gibier, volaille, poisson.

Lapis, v. Saxum.

Laqueus. Funis. Restis.

1. Laqueus, nœud coulant fait à une corde ; funis et restis, la corde même : funis, grosse corde destinée à tirer, à haler, et qui doit pour cette raison avoir une certaine longueur, σχοῖνος ; restis, corde mince qui servait plutôt à lier et à suspendre et qui pouvait être courte, σπάρτη. Le trait qui attache le cheval de volée, equus funalis, la corde sur laquelle danse le funambule, le câble qui remorque la chaloupe d’un vaisseau, ne s’appellent jamais restis en prose ; par contre une corde bonne pour se pendre, pour fouetter un esclave, pour servir de ceinture, ne prendra guère le nom de funis, à moins qu’un poète ne s’avise de préférer ce dernier terme comme le plus noble.

2. Rudentes, les écoutes ; retinacula et oræ, les câbles des ancres : retinacula, comme terme usuel et populaire ; oræ, dans oras solvere, comme terme technique.

Largitio, v. Donum.

Largus. Benignus. Liberalis. Munificus.

Largus se dit de toute personne qui donne beaucoup, n’importe à qui, n’importe dans quelle vue, par opposition à parcus ; benignus, liberalis et munificus n’expriment que des vertus. Le benignus obéit à un penchant de pure humanité, à l’amour du prochain ; le liberalis, à un noble orgueil, à une juste estime de soi-même ; le munificus, à une vanité bien placée qui ferait honneur à un prince. La benignitas donne abondamment parce qu’elle ne veut ni posséder ni jouir seule, c’est de la bonté d’âme ; la liberalitas fait bien les choses, elle consiste à donner en proportion du rang qu’on tient et du mérite d’autrui, c’est le fait du galant homme chez lequel on ne retrouve aucune trace des calculs méticuleux du marchand ; la munificentia donne plutôt trop que trop peu par plaisir de rendre heureux et de surprendre, comme la générosité.

Larva. Persona.

Larva, masque grotesque et effrayant ; persona, masque bien fait qui représente un personnage connu.

Lascivus, v. Petulans.

Lassus, v. Fatigatus.

Latebra. Latibulum.

Latebra, lieu écarté ou obscur où l’on peut se cacher décemment ; latibulum, réduit où il faut se glisser en rampant, comme une bête.

Latrare. Gannire. Baubari.

Latrare se dit de l’aboiement hostile d’un gros chien, et au figuré d’une querelle, ὑλαϰτεῖν ; gannire, des jappements inoffensifs d’un petit chien, et au figuré du clabaudage, ϰνυζᾶσθαι ; enfin, baubari, des hurlements et gémissements du chien, ϐαΰζειν.

Latro, v. Præda.

Latus, v. Coxa.

Lectus, v. Cubile.

Lembus, v. Navigium.

Legare, v. Mittere.

Lemures, v. Spectrum.

Lenis, v. Mitis.

Lentus, v. Tardus.

Lepidus. Facetus. Festivus. Salsus. Dicax. Cavillator.

Lepos, facetiæ et festivitas expriment un genre d’esprit inoffensif, la bonne humeur opposée à la gravité et propre à une âme bienveillante : lepos, l’esprit dispos et léger par opposition à la pesanteur ; festivitas, la gaieté d’esprit par opposition à une gravité sombre ; facetiæ, l’enjouement par opposition à un tour d’esprit grave et sérieux. Sales, dicacitas, cavillatio, expriment un genre d’esprit vif, caustique et pénétrant : sales, c’est le piquant opposé au fade et au trivial, voué à la recherche du trait, causant au hasard du plaisir ou de la peine ; dicacitas, l’esprit satirique qui s’exerce aux dépens d’autrui, mais en sorte que la plaisanterie reste le but principal et que la moquerie ne soit qu’un accessoire ; cavillatio, l’esprit moqueur pour lequel la blessure à faire est le point important, la plaisanterie un simple instrument et une forme comme une autre. Cic. Orat. 30. Demosthenes non tam dicax fuit quam facetus. Est autem illud acrioris ingenii, hoc majoris artis. Démosthène est plutôt un esprit enjoué qu’un esprit satirique. La satire exige plus de vivacité naturelle, l’enjouement plus de savoir-faire.

Letum, v. Mors.

Libare, v. Sapor.

Liberalis, v. Largus.

Levis, v. Lævis.

Libenter, v. Sponte.

Liberalitas, v. Donum.

Libertus. Libertinus.

Libertus, l’affranchi par rapport à son maître et par opposition à servus ; libertinus, par rapport à sa condition et par opposition à civis et ingenuus. Sen. Contr. III, 21. Quærendus mihi gener erat libertinus ; quid ergo ? alieno potius liberto ? J’étais réduit à chercher un gendre dans la classe des affranchis. Eh bien, pourquoi pas le mien, plutôt que celui d’un autre ? Cic. Verr. I, 47. Trebonius fecit heredem libertum suum... Equiti Romano libertinus homo fit heres. Trébonius prit son affranchi pour héritier. Un homme de la classe des affranchis devient héritier d’un chevalier romain. Tac. Ann. XIII, 27. Si separarentur libertini, manifestam fore penuriam ingenuorum. On n’avait qu’à compter tout ce qui appartenait à la classe des affranchis ; on ne verrait que trop clairement combien on manquait d’hommes libres.

Libido, v. Cupido.

Libra. Pondo.

L’expression complète est libra pondo, mot à mot une balance, un plateau de balance chargé de manière à faire équilibre à l’unité de poids, une livre pesant ; libra est la formule la plus vague : l’ellipse de pondo ouvre la porte à une équivoque, on pourrait croire qu’il s’agit de la balance même ; pondo est une expression elliptique, en ce sens que l’idée accessoire, celle du poids, représente en même temps l’idée principale, celle de l’unité de poids. Il y a la même différence entre operæ pretium est d’une part, et operæ est, pretium est, de l’autre.

Librare. Vibrare.

Librare hastam, balancer une pique horizontalement afin de la lancer avec plus de force et de justesse ; vibrare, la brandir d’avant en arrière, ou de haut en bas pour témoigner de l’envie qu’on a de combattre.

Liburna, v. Navigium.

Licet, v. Concessum est.

Ligare. Viere. Vincire. Nectere. Obligare. Obstringere. Devincire.

1. Ligare et viere, synonymes de copulare, lier pour empêcher que les parties ne se séparent, δέειν ; vincire et nectere, synonymes de coercere, enchaîner pour prévenir la liberté des mouvements, δεσμεύειν.

2. Ligare est le terme général ; viere, le terme technique à l’usage du tonnelier, du vannier, etc.

3. Obligare, attacher par des prévenances ; obstringere, lier par des bienfaits ; devincire, enchaîner à soi par des relations intimes et durables. L’obligatus se sent engagé par les devoirs conventionnels de la vie du monde ; l’obstrictus, par des devoirs de morale ou de religion ; le devinctus, par des devoirs de piété.

Lima. Scobina.

Lima, outil pour polir ; scobina, pour dégrossir.

Limes, v. Finis.

Lingere, v. Lambere.

Limus, v. Lutum.

Lingua. Sermo.

Lingua, langage du premier peuple venu, même le plus grossier, gentis ou nationis, pourvu qu’il ait un vocabulaire particulier pour rendre ses idées ; sermo, langue d’un peuple civilisé, populi, servant d’expression à des pensées suivies. Notre idiome, lingua, nous est donné quand nous venons au monde comme la langue que nous avons dans la bouche, et ce terme se rapporte par préférence au matériel des mots ; le sermo suppose comme le discours une certaine initiative personnelle, il comprend les règles de la grammaire et du style. Cic. Finn. 3, 10. Sæpe disserui latinam linguam non modo non inopem, sed locupletiorem etiam esse quam græcam. J’ai souvent essayé de démontrer que le latin, qui est notre idiome, n’est rien moins que pauvre, qu’il offre même plus de ressources que le grec. Comparez avec Off. I, 31. Sermone debemus uti eo qui notus est nobis. Employons la langue que nous savons.

Linter, v. Navigium.

Lira, v. Porca.

Liquere, v. Fluere et Constat.

Littera. Elementum.

Littera, la lettre comme élément indivisible de l’écriture, γράμμα ; elementum, comme élément indivisible de la langue parlée, comme un des sons simples que la science grammaticale étudie, στοιχεῖον.

Litteræ. Epistola. Codicilli.

Litteræ, terme général, lettre ; epistola, lettre adressée à un ami éloigné et envoyée par un messager, missive ; codicilli, billet adressé dans l’enceinte d’une ville. Sen. Ep. 55. Adeo tecum sum ut dubitem an incipiam non epistolas, sed codicillos tibi scribere. Je vis si parfaitement avec toi en imagination, qu’il me prend des envies de t’écrire au lieu de longues missives de simples billets. Cic. Fam. VI, 18. Simul accepi a Seleuco tuo litteras ; statim quæsivi e Balbo per codicillos quid esset in lege. Aussitôt ta lettre reçue des mains de Séleucus, j’écrivis un billet à Balbus pour savoir de lui la teneur de la loi.

Litteræ. Artes. Doctrinæ. Disciplinæ.

Litteræ et artes, les lettres et les sciences considérées en général comme le but des études : litteræ, au sens restreint, la littérature d’imagination ou de raisonnement consignée dans les livres, comme moyen direct d’enrichir la mémoire, et moyen indirect d’aiguiser l’intelligence et de former le goût ; artes, les lettres et les sciences dans l’acception la plus haute quand les connaissances qu’on acquiert servent immédiatement à développer l’esprit et le talent. Doctrinæ et disciplinæ, les diverses branches du domaine général de la science réduites en systèmes : doctrinæ, se disant par préférence des sciences spéculatives, abstraites, des études philosophiques et savantes ; disciplinæ, des sciences pratiques appliquées aux usages de la vie.

Litigatio, v. Disceptatio.

Livor, v. Invidia.

Littus, v. Ripa.

Locuples, v. Divitiæ.

Locus. Tractus. Regio. Plaga.

Locus, espace pris comme un point isolé, endroit, τόπος ; tractus, espace considéré comme une ligne, bande, zone qui s’étend au loin, c’est à peu près le grec ϰλίμα ; regio, espace pris comme un cercle, comprenant les environs d’un centre, contrée, χῶρος ; plaga, espace pris comme une surface en général.

Longævus, v. Vetus.

Loquax, v. Garrire.

Longe, v. Procul.

Loqui, v. Dicere.

Lucere. Fulgere. Splendere. Nitere. Renidere. Coruscare. Micare. Radiare.

1. Lucere, fulgere, splendere, nitere, désignent une clarté fixe et permanente : fulgere, celle d’une lumière intense ou d’une couleur de feu qui éblouit, comme φλέγω ; lucere, celle d’une lumière bienfaisante et d’une couleur de feu plus douce, comme φαίνω, φέγγω ; splendere, l’éclat d’une surface polie et nette, par opposition à sordere, comme λάμπω ; nitere en prose et en vers renidere, le lustre d’un corps humide, huilé, graissé, verni ou lavé, par opposition à squalere, comme στίλϐω.

2. Coruscare, micare, radiare, désignent une clarté intermittente et mobile comme étinceler et scintiller : coruscare, briller comme l’éclair qui sort brusquement de la nue ; micare, étinceler comme le métal qu’on agite au soleil ; radiare, lancer des jets de lumière comme le soleil qui darde ses rayons. Cic. Cat. II, 3. Qui nitent unguentis, qui fulgent purpura. Ceux qui empruntent le lustre des parfums, l’éclat de la pourpre. Auct. ad Herenn. IV, 33. Tantus erat in armis splendor ut solis fulgor obscurior videretur. Ses armes resplendissantes semblaient obscurcir les feux ardents du soleil. Plin. H. N. XXXVII, 2. Splendor murrhinis sine viribus, nitorque verius quam splendor. Il n’y a rien qui frappe dans l’éclat de ces vases, et ils ont même, à vrai dire, plus de lustre que d’éclat. Splendor présente en effet l’éclat sous son aspect majestueux, nitor sous son aspect aimable, comme dans Auct. ad Herenn. IV, 50. Gemmæ nitore et auri splendore. Par le lustre des pierreries et par l’éclat de l’or. Au figuré splendor marque la magnificence, nitor l’élégance.

Lucerna, v. Candela.

Lucrum. Emolumentum. Quæstus. Compendium.

Lucrum et emolumentum, gain dans toutes les circonstances de la vie : lucrum, gain qu’on doit à ses propres efforts, par opposition à damnum, ϰέρδος ; emolumentum, avantage qui échoit à quelqu’un, par opposition à detrimentum, ὠφέλημα. Quæstus et compendium, bénéfice dans le domaine du commerce : quæstus, bénéfice soutenu, permanent, par opposition à sumptus, χρηματισμός ; compendium, profit accidentel et considérable, par opposition à dispendium.

Luctus, v. Dolor.

Luculentus. Illustris.

Luculentus, synonyme de probabilis, ce qui supporte les regards et n’a point de raison de fuir la lumière, ce qui est comme il faut ; illustris, synonyme d’excellens, ce qui attire les regards, ce qui saute aux yeux et brille au soleil. Luculentus ne contient jamais un éloge emphatique. Cic. Off. III, 14, 60. Нос quidem satis luculente, c’est-à-dire cela s’entend. Et Finn. I, 5, 15 : Cum græce, ut videor, luculenter sciam. Je crois savoir convenablement le grec, ce qui n’est nullement prétentieux. C’est comme si on disait : sic satis.

Lucus, v. Silva.

Ludio, v. Actor.

Ludus. Schola.

Ludus, école élémentaire pour les enfants qui ont besoin d’apprendre et qu’on y oblige ; schola, école d’enseignement supérieur pour les jeunes gens et les hommes qui veulent s’instruire. Le ludus suppose des écoliers, discipulos, un maître, ludi magistrum, et une discipline classique ; la schola suppose des auditeurs, auditores, un professeur, doctorem, et un genre d’exposition académique.

Ludus. Lusus. Ludicrum. Jocus.

1. Ludus, le jeu qui offre à l’homme un moyen de divertissement ; lusus, le jeu auquel l’homme se livre, qu’il met en train, qu’il imagine. Ludus présente le jeu comme une récréation, par opposition à la peine ; lusus, comme une action puérile et vaine, par opposition aux occupations sérieuses. Plin. Ep. IX, 33, 3. Pueri quos otium ludusque sollicitat. Les enfants que dérangent le désœuvrement et le jeu. Comparez avec IX, 25 : Lusus et ineptias nostras legis. Tu lis les bagatelles et les sottises auxquelles nous nous sommes amusés. Cic. Flacc. 5, 12. Græci quibus jusjurandum jocus est, testimonium ludus, c’est-à-dire les Grecs pour lesquels c’est fort peu de chose que de porter un faux témoignage. Comparez avec Sen. Contr. I, 2. Piratas... quibus omne fas nefasque lusus est, c’est-à-dire les pirates aux yeux desquels la différence entre le juste et l’injuste n’est qu’un amusement, un jeu de mots sans conséquence.

2. Le pluriel ludi prend la signification particulière de spectacles publics, et, dans cette acception, il a pour singulier ludicrum.

3. Ludus et lusus ont un tour négatif ; ce sont de simples passe-temps, des distractions, comme moyen préservatif contre l’ennui ; jocus est un terme positif, amusements, plaisanteries, comme manifestation de la bonne humeur et de la vivacité d’esprit. Le ludens ne demande qu’à n’être point astreint, à ne rien faire de sérieux et à se délasser ; le jocans dépense en frivolités autant d’ardeur qu’on en peut mettre aux affaires.

Lues. Contagium. Pestilentia. Pestis. Pernicies. Exitium. Interitus. Exitus.

1. Lues, terme général, miasme, principe impur et délétère ; contagium, mal contagieux ; pestilentia, maladie contagieuse, et de plus régnante, ou au sens restreint, la peste proprement dite. Sall. Cat. 10. Post ubi contagio quasi pestilentia invasit. Puis, quand ce mal contagieux eut fait, comme la peste, d’irrésistibles progrès. Plin. H. N. XXIII, 28. Laurus folia pestilentiæ contagia prohibent. Les feuilles du laurier de Delphes préservent des atteintes contagieuses de la peste. Lucan. VI, 89. Fluidæ contagia pestis. L’air se charge d’exhalaisons pestilentielles[1].

2. La poésie seule emploie pestis pour la peste même ; hors de là, pestis exprime, comme exitium et pernicies, un fléau en général, sans qu’il soit question de maladie ; mais pestis s’emploie régulièrement comme terme concret, exitium et pernicies comme termes abstraits. Sen. N. Q. III, pr. Philippi aut Alexandri... qui exitio gentium clari non minores fuere pestes mortalium quam inundatio. Les Philippe et les Alexandre, fameux par la destruction de tant de peuples, fléaux de l’humanité aussi désastreux qu’un déluge.

3. Pernicies a la signification active ; il exprime qu’on fait périr par meurtre des êtres vivants ; exitium a la signification passive et s’entend même de la destruction d’objets inanimés ; enfin, interitus a, comme exitus, la signification neutre et se dit d’êtres animés ou inanimés qui tombent en décadence. Tac. Ann. XVI, 63. Poppæa non nisi in perniciem uxoris nupta ; postremo crimen omni exitio gravius. Poppée, qui ne s’était fait épouser que pour perdre la femme légitime ; une accusation enfin plus pénible que mille morts. Cic. Cat. IV, 3. Cum de pernicie populi Romani, exitio hujus urbis cogitarit. L’extermination du peuple romain, la destruction de la ville à laquelle il songeait sans cesse. Rull. II, 4, 10. Extremi exitiorum exitus.

4. Exitium, fin violente ; exitus, fin naturelle. Cic. Rull. II, 4, 10. Qui civitatum afflictarum perditis jam rebus extremi exitiorum solent esse exitus. Cela exprime pour ainsi dire le dernier soupir d’un État qui périt dans les convulsions. Verr. V, 6, 12. Exitus exitiales.

1 Traduction de la collection Panckoucke. Lucain, tome II, p. 9.

Lumen. Lux.

Lumen, le corps lumineux qui éclaire, φέγγος ; lux, la lumière émise, φάος. Cic. Finn. III, 14, 45. Ut obscuratur et offunditur luce solis lumen lucernæ. De même que la simple lumière du soleil fait pâlir et presque évanouir la flamme d’une lampe. Curt. VIII, 2, 21. Sed aditus specus accipit lucem ; interiora nisi allato lumine obscura sunt. L’entrée de la caverne est accessible à la lumière ; l’intérieur est plongé dans les ténèbres tant qu’on n’y porte point de flambeaux. Cic. Acadd. pr. II, 8, 26. Si ista vera sunt, ratio omnis tollitur, quasi quædam lux lumenque vitæ, c’est-à-dire que la raison, qui est seule claire et lumineuse en elle-même et par elle-même, répand sur la vie sa clarté et sa lumière. Et au sens figuré, lumen se rapporte au principe, lux, au simple fait de la célébrité. Cicéron, Man. 5, appelle Corinthe : Græciæ totius lumen, mais Rome, Cat. IV, 6 : lucem orbis terrarum. C’est comparer Corinthe à un foyer de lumières ; c’est dire de Rome que toutes les autres villes ne sont en comparaison que des cités obscures. Lucida oratio, discours plein de clarté, aisé à entendre ; luminosa, discours lumineux, plein de beautés éclatantes.

Luridus, v. Luteus.

Lusus, v. Ludus.

Lustrum, v. Lacuna.

Luteus. Gilvus. Helvus. Flavus. Luridus.

Luteus, jaune par excellence, par exemple, jaune d’œuf ; gilvus et helvus, jaune obscur qui tire sur le rouge, celui du miel ; flavus et luridus, jaune clair qui tire sur le blanc ; flavus, jaune agréable et brillant, celui des cheveux blonds ; luridus, jaune pâle, désagréable, le jaune livide de la mort.

Lutum. Limus. Cœnum. Sordes. Squalor. Pædor. Situs. Stercus. Fimus. Oletum. Merda.

1. Lutum, limus, cœnum, matière malpropre et humide lutum, boue des rues et des routes, πηλός ; limus, limon des fleuves, ἴλυς ; cœnum, vase des marais, ϐόρϐορος. Tac. Ann. I, 63. Cætera limosa, tenacia gravi cœno aut rivis incerta erant. Hors de là des terrains limoneux où l’on reste fortement engagé dans la vase ou des terrains coupés par des ruisseaux. Sordes, squalor, pædor, situs, matière malpropre et sèche : sordes, opposé à splendor, crasse des pauvres, de la populace, des avares qui porteront, par exemple, des vêtements hors d’usage, ῥύπος ; squalor, opposé à nitor, malpropreté des gens qui manquent de savoir-vivre et de goût, qui oublieront, par exemple, de se peigner les cheveux, αὐχμός ; pædor, opposé à munditiæ, saleté des gens qui ne prennent aucun soin de leur personne, vermine, gale, πίνος ; situs, opposé à usus, moisissure, rouille, qui proviennent d’un abandon prolongé, ἄζη. De là viennent les formes différentes des adjectifs : lutosus, limosus, cœnosus, c’est-à-dire plein de boue, de limon, de vase ; mais sordidus, squalidus, pædidus, c’est-à-dire qui se sent des sordibus, etc. ; et dans les périphrases : oblitus luto, limo, cœno, mais obsitus sordibus, squalore, pædore.

2. Stercus, le femier considéré par son vilain côté, comme amas d’immondices, ϰόπρος ; fimus, par son côté utile, comme engrais.

3. Cœnum, terme général pour les excréments qui inspirent du dégoût ; oletum, excréments de l’homme ; merda, des animaux.

Lux, v. Lumen.

Luxus. Luxuria.

Luxus, usage ou étalage du luxe, parfois même objet de luxe ; luxuria met toujours l’homme en jeu ; c’est une disposition, une inclination, un penchant au luxe. Sen. Ir. I, 11. Animis delicias, luxum, opes ignorantibus. Ces âmes auxquelles les jouissances, le luxe, les richesses sont inconnues. Et un peu plus loin : Opinionem luxuriæ segnitiæque. Les lenteurs de Scipion le firent soupçonner d’aimer le luxe et le repos. Sall. Cat. 13. Romani famem aut sitim... luxu ante capere, c’est-à-dire par un raffinement que le luxe avait introduit. Comparez avec Jug. 90 (ou 85[1], vers la fin du discours de Marius). Luxuria atque ignavia, pessimæ artes, luxuria, c’est-à-dire la manie du plaisir.

1 Dans la collection Lemaire et la collection Panckoucke.

Lymphatus, v. Amens.

M

Macellum, v. Laniena.

Maceria, v. Murus.

Madidus, v. Udus.

Magnopere, v. Perquam.

Macer, v. Exilis.

Macula, v. Vitium.

Magister, v. Doctor.

Magnus. Grandis. Amplus. Ingens. Immanis. Vastus.

1. Magnus, grandis et amplus expriment une grandeur convenable ; ingens, immanis et vastus, une grandeur excessive. Sen. Ir. I, 16, 26. Nec enim magnitudo ista est, sed immanitas. Ce n’est pas le langage d’un grand homme, c’est celui d’un monstre.

2. Magnus exprime la grandeur sans idée accessoire, par opposition à parvus, comme μέγας ; grandis, avec une idée accessoire de force et de majesté naturelle, grandiose, par opposition à exilis, subtilis, tumidus, minutus, exiguus ; enfin, amplus, avec l’idée accessoire d’une dignité extérieure qui impose et fait impression.

3. Ingens, ἄπλετος, fait ressortir ce qu’il y a d’extraordinaire ; immanis, πελώριος, ce qu’il y a d’effrayant ; vastus, ἀχανὴς, ce qu’il y a de disgracieux dans une grandeur excessive.

Mala. Maxilla. Gena.

1. Mala, la mâchoire supérieure ; maxilla, la mâchoire inférieure.

2. Mala, terme usuel, la joue au sens physiologique ; gena, terme archaïque et choisi, la joue, avec une idée accessoire de beauté.

Maledictum. Probrum. Convicium.

Maledictum, tout ce qu’on dit pour nuire à autrui, soit en forme de malédiction pour lui porter malheur, soit en forme de paroles injurieuses pour le couvrir de honte, ϰαϰηγορία. Probrum et convicium, ce qu’on dit pour couvrir quelqu’un de honte : probrum, ὄνειδος, l’invective composée de phrases et de propos déshonorants ; convicium, λοιδορία, l’insulte composée de mots détachés et de surnoms déshonorants. Fur ! est un convicium ; fur es ! un probrum ; l’un et l’autre sont des maledicta.

Malefactum, maleficium, v. Delictum.

Malitia. Malignitas. Malevolentia. Malus. Nequam. Pravus.

1. Malitia, la méchanceté qui aime à mentir et à tromper parce qu’elle est devenue insensible aux avertissements de la conscience ; malignitas, la malignité qui est une forme de l’amour de soi, qui ne souhaite de bien qu’à soi, jamais aux autres et provient d’un égoïsme qui court les rues ; malevolentia, la malveillance qui souhaite plutôt du mal que du bien à quelqu’un par aversion personnelle. La malitia est une façon de penser et d’agir punissable parce qu’elle compromet la sécurité publique ; la malignitas, un sentiment méprisable qui annonce un fond de misanthropie ; la malevolentia enfin est un défaut haïssable parce qu’elle est portée à se réjouir du mal qui arrive aux autres. La malice ne s’appelle jamais en latin malitia, mais plutôt malevolentia, et mieux encore studium nocendi.

2. Malus homo, homme immoral ; nequam, homme qui n’est bon à rien, dont le travers est de fuir les travaux utiles et de se plaire aux mauvais tours, vaurien, par opposition à frugi ; enfin, pravus, homme qui a pris une mauvaise direction au sens physique, intellectuel ou moral, par opposition à rectus. Quintil. VIII, 3, 48. Nec parricidam nequam dixeris hominem, nec meretrici forte deditum nefarium, quod alterum parum, alterum nimium est. Vous ne traiterez ni un parricide de vaurien ni un amoureux de monstre ; le premier dit trop peu, le second dit trop.

Malignitas, v. Invidia.

Mancipare, v. Vendere.

Mandare, v. Jubere.

Manare, v. Fluere.

Mancipium, v. Servus.

Mane. Crepusculo. Diluculo.

Mane, le matin, ὄρθρῳ ; il s’entend des premiers pas que le jour fait dans sa carrière, par opposition, d’une part, à la nuit, de l’autre, aux heures de la journée qui précèdent midi ; crepusculo, ἦρι, le matin, au crépuscule, par opposition au grand jour ; diluculo, enfin, le matin, à l’aube, par opposition aux ténèbres de la nuit, λυϰόφως.

Manere. Morari. Tardare. Detinere.

1. Manere, rester, par opposition à partir ; morari, s’arrêter en route, interrompre un mouvement au lieu d’aller de l’avant. Cic. Sen. 23. Commorandi natura deversorium nobis, non habitandi dedit. C’est un asile passager, ce n’est point une demeure fixe que nous a donné la nature. Dans Tac. H. II, 48. Irent propere neu remanendo iram victoris asperarent. Il fallait se hâter d’y aller et éviter tous les retards qui pourraient irriter le courroux du vainqueur : la variante remorando mérite la préférence.

2. Morari aliquem, décider quelqu’un à s’arrêter de son plein gré, διατρίϐειν ; tardare, lui susciter des difficultés qui l’empêchent de parcourir rapidement son chemin, ϐραδύνειν ; detinere, l’empêcher par force d’avancer, ϰατέχειν. Tardare se rapporte par préférence à l’action ; detinere, à la personne ; morari, aux deux.

Manere. Exspectare. Præstolari. Opperiri.

1. Manere n’exprime qu’une action physique, comme d’attendre et de rester en un lieu jusqu’à ce qu’une chose arrive ; exspectare, præstolari et opperiri expriment une action de l’âme, comme d’attendre quelque chose ou quelqu’un avec une certaine tension d’esprit.

2. Exspectare présente l’attente comme un acte simple de l’esprit, sans idée accessoire d’application pratique ; præstolari et opperiri expriment en outre cette idée accessoire que celui qui attend compte agir quand la chose ou la personne attendue sera arrivée.

3. Le præstolans attend une personne au service et à la disposition de laquelle il veut se mettre ; l’opperiens, un événement par lequel il ne veut point se laisser surprendre. Le præstolans est un inférieur ; l’opperiens, un égal, soit ami, soit ennemi, par rapport à la personne attendue. Enfin, præstolari est un terme prosaïque, opperiri, un terme poétique ou du moins choisi. Les Latins n’ont point de synonymes qui correspondent à la distinction qu’on fait en allemand entre warten et harren, entre l’attente paisible, calme, et l’attente impatiente qui tend tous les ressorts de l’âme.

Manes, v. Spectrum.

Manifesto, v. Aperire.

Manice, v. Vincula.

Mannus, v. Equus.

Mansuetudo. Clementia.

Mansuetudo, la douceur et la magnanimité de l’homme et du particulier qui ne tire point vengeance d’une injure, par opposition à iracundia ; clementia, l’indulgence et l’humanité du souverain ou du juge qui ne fait point subir au coupable un châtiment mérité, par opposition à crudelitas.

Mansuetus, v. Cicur.

Manubiæ, v. Præda.

Mare. Æquor. Pontus. Pelagus.

1. Mare, la mer prise comme un amas d’eau, par opposition à terra et aer, ἄλς, θάλασσα ; æquor, pelagus et pontus, la mer au point de vue de ses dimensions : æquor et pelagus, de sa dimension horizontale, la surface de la mer, comme πέλαγος, d’où vient πελαγίζειν, inonder ; pontus, de sa dimension verticale, la profondeur de la mer, comme πόντος, d’où ποντίζειν, submerger. Colum. VIII, 17. Ut in solo piscinæ posita libella septem pedibus sublimius esset maris æquor. En sorte qu’un niveau placé sur le fond du vivier marque sept pieds au-dessous du niveau de la mer. Ovid. Met. II, 872. Mediique per æquora ponti fert prædam. Il traverse les plaines de la haute mer avec la proie qu’il emporte.

2. Æquor, la surface de la mer au simple sens physique ; pelagus, avec l’idée accessoire de sa vaste étendue, de son immensité.

Margo. Ora.

Margo, le bord, la limite naturelle d’une surface conçue comme une ligne mathématique, et ne comprenant que par extension la partie extrême de la surface ou bordure ; ora, la frange, la bordure artificielle de la surface, ajoutée le plus souvent dans un but d’ornement et occupant elle-même une certaine largeur. Aussi dit-on ora togæ et non margo, et vice versa margo fluminis et ripæ, quand il s’agit de désigner la ligne de bord à l’exclusion de la rive.

Marita, v. Femina.

Mas, v. Homo.

Matrimonium, v. Conjugium.

Maxilla, v. Mala.

Meare, v. Ire.

Mederi. Medicari. Sanare. Medicamen. Medicina. Remedium.

1. Mederi et en vers medicari, synonymes de curare, ἰᾶσθαι, présentent la guérison comme le résultat obtenu par le médecin et dû à ses soins, à sa prudence, à son art ; sanare, synonyme de restituere, ἀϰεῖσθαι, comme l’effet du remède qui rend la santé au malade par une action physique.

2. Medicamentum, médecine considérée dans sa substance matérielle, telle qu’elle sort des mains du pharmacien, φάρμαϰον ; medicina, médecine considérée au point de vue de sa vertu curative, telle qu’elle est prescrite par le médecin : c’est d’une maladie qu’il s’agit dans les deux cas. Remedium, toute espèce de secours contre un mal donné, ἄϰος. CIC, N. D. II, 53, Medicamentorum salutarium plenissimæ terræ. Terres qui abondent en simples salutaires. Comparez avec Divin. II, 51. A medico petere medicinam. Demander une ordonnance au médecin.

Meditari, v. Cogitare.

Medius. Modicus. Mediocris.

Medius est toujours adjectif de lieu, au milieu, entre deux, par opposition aux points extrêmes ; modicus est un adjectif de quantité qui se rapporte au nombre et à la grandeur, comme modéré, par opposition à toute sorte d’excès ; mediocris est un adjectif de qualité qui se rapporte à la valeur d’un objet, comme médiocre, par opposition à l’excellence. Il y a identité entre modicæ facultates, une certaine dose de moyens, et mediocre ingenium, un génie médiocre. Cic. Rep. II, 31. Haud mediocris vir fuit, qui modica libertate populo data facilius tenuit auctoritatem principum. Je ne saurais voir un génie médiocre dans l’homme qui ne donna au peuple une liberté modérée que pour mieux conserver l’autorité des grands.

Medius dies, v. Meridies.

Membrum. Artus.

Membrum, le membre même constituant une partie du corps, comme μέλος et χῶλον ; artus, l’articulation du membre, comme ἄρθρον et ἅψος. Sen. Contr. II, 13. Differebatur distortis manibus, emotis articulis ; nondum in sua membra artus redierant[1]. On la tiraillait encore quoique les mains fussent disloquées, les articulations luxées ; les jointures ne s’étaient pas encore rapprochées des membres. Virg. Æn. V, 422. Magnos artus membrorum. Les muscles puissants qui servaient d’attache aux membres. Quintil. Decl. Ult. Ut per singulos artus membra laxaret[2]. Afin de déboîter les membres à chaque jointure. D’autre part, membra se dit de toutes les parties du corps, même de la tête et du tronc ; artus ne désigne que les extrémités qui se rattachent par des jointures, commissuræ, au corps proprement dit, composé de la tête et du tronc.

1 Collection Lemaire. Tome CXXXIII, p. 219.

2 Collection Lemaire, Tome XLIX, p. 406.

Meminisse. Reminisci. Recordari.

Meminisse présente le souvenir comme un état de l’esprit, μεμνῆσθαι, on a conservé un fait dans sa mémoire, on sait encore sans avoir jamais oublié, c’est le sens de memorem esse ; reminisci et recordari présentent le souvenir comme un acte de l’esprit, ἀναμιμνήσϰεσθαι, on retrouve une idée qu’on avait perdue de vue. Mais reminisci exprime, comme in memoriam revocare, un acte momentané ; recordari un acte durable, comme revocata in memoriam contemplari. Cic. Lig. 12, 35. Equidem, cum tuis omnibus negotiis interessem, memoria teneo, qualis T. Ligarius, quæstor urbanus, fuerit erga te et dignitatem tuam ; sed parum est, me hoc meminisse ; spero etiam te, qui oblivisci nihil soles, nisi injurias, quoniam hoc est animi, quoniam etiam ingenii tui, te aliquid de hujus illo quæstorio officio cogitantem, etiam de aliis quibusdam quæstoribus reminiscentem recordari. Témoin de tous tes embarras, j’ai la mémoire encore pleine de ce que T. Ligarius a fait pour toi, pour ménager ta dignité, dans sa questure civile. Mais c’est peu que je me souvienne moi. Tu nous as habitués à ne te voir jamais oublier que les injustices, c’est là que va la pente de ton âme et de ton caractère ; j’espère donc qu’en songeant à la manière dont il a rempli cette charge, tu t’arrêteras aussi sur les souvenirs qui se rapportent à quelques autres questeurs. Ce passage fait voir 1º que memoria tenere n’est qu’une périphrase de meminisse ; 2° que recordari peut être une conséquence de reminisci, sans que la réciproque soit vraie, car il y a entre les deux le même rapport qu’entre intueri et conspicere. Cic. Sen. 21. Pueri... ita. celeriter res innumerabiles arripiunt, ut eas non tum primum accipere videantur, sed reminisci et recordari. Les enfants saisissent si promptement une foule d’idées qu’ils ont l’air de les retrouver et de s’y arrêter par souvenir plutôt que de les recevoir pour la première fois. Cicéron aurait pu ajouter : quæ non satis meminerint, sed in aliquantum temporis obliti sint : idées qui ne s’étaient point assez gravées dans leur mémoire, qu’ils avaient oubliées pour un temps. Tusc. I, 24, 58. Animus, quum se collegit atque recreavit, tum agnoscit illa reminiscendo ; ita nihil aliud est discere, quam recordari. L’esprit se recueille et reprend des forces, après quoi il retrouve ces idées par un effort de mémoire ; apprendre, c’est donc s’arrêter sur des souvenirs. Sen. Ep. 100. Magis reminiscor quam teneo. C’est un souvenir que je retrouve plutôt qu’un souvenir qui m’est resté.

Menda, mendum, v. Vitium.

Mendicitas, v. Paupertas.

Meracus, v. Purus.

Mens, v. Anima.

Mercari, v. Emere.

Mercenarii. Operarii. Operæ.

Mercenarii, journaliers qui ne travaillent point à leur compte, mais pour un salaire, par opposition au propriétaire qui a le profit ; operarii et operæ, manœuvres qui entreprennent pour un autre un travail mécanique par opposition au maître qui fournit l’idée. Les mercenarii sont relégués à un rang inférieur par leurs mœurs ; les operarii, par la grossièreté de leur travail,

Merces, v. Præmium.

Merda, v. Lutum.

Mercimonium, v. Merx.

Merere. Dignum esse. Mereri.

1. Merere et mereri, mériter par une action ; dignum esse, être digne par une qualité.

2. Merere est habituellement transitif, il se joint à un accusatif ou à une proposition explicative ; mereri est intransitif, et se joint à une expression adverbiale. Cic. Rosc. Com. 15. Fructum quem meruerunt retribuam. Je leur payerai le tribut d’éloges qu’ils ont mérité. Comparez avec Catil. II, 2, 4. Si illum ut erat (sous-entendu : de me) meritus morte mulctassem. Si je lui avais infligé la peine de mort comme je le lui devais.

3. Merere, employé comme verbe intransitif ou sans complément, signifie servir en qualité de soldat, par ellipse de stipendia ; mereri, employé comme verbe transitif ou avec un complément signifie gagner, acquérir quelque chose, sans idée de mérite.

Meridies. Medius dies.

Meridies, le coup de midi considéré comme un point qui sépare la matinée de l’après-midi ; medius dies, le milieu de la journée considéré comme un espace qui est compris entre le matin et le soir.

Merus, v. Purus.

Merx. Mercimonium.

Merx, la marchandise qui est par le fait un article de commerce ; mercimonium, celle qui peut le devenir, la matière première. Tac. A. XI, 5. Nec quidquam publicæ mercis tam venale fuit. De toutes les marchandises qui sont dans le commerce, aucune ne se vendait mieux. Comparez avec XV, 38. Mercimonium quo flamma alitur. Les matières les plus propres à servir d’aliment à la flamme.

Metiri. Metari. Dimetiri. Dimetari.

1. Metiri, mesurer un espace pour en connaître la grandeur ; metari, jalonner l’espace mesuré pour en indiquer les limites.

2. On emploie dimetiri et dimetari pour indiquer en outre qu’on mesure et qu’on jalonne les subdivisions ; metari castra se rapporte simplement à l’enceinte des retranchements, mais quand Tite-Live dit par préférence VIII, 38, Locum castris dimetari, c’est qu’il marque expressément, ce qui d’ailleurs va de soi, qu’on a aussi jalonné les places d’armes, principia, l’emplacement de la tente du général, prætorium, etc., dans l’intérieur du camp.

Metuere, v. Vereri.

Minime, v. Neutiquam.

Minutus, v. Parvus.

Micare, v. Lucere.

Minister, v. Servus.

Misereri. Miserari. Miseret me.

1. Misereri, avoir le cœur plein de pitié, comme compatir et ἐλεεῖν ; miserari, montrer de la pitié en paroles, comme plaindre et οἰϰτείρειν. Les Latins n’ont point de terme spécial pour la pitié en action ou erbarmen de l’allemand.

2. Misereor tui présente la pitié comme un acte de libre arbitre, il peint la générosité de la personne qui compatit, comme si on disait en allemand : ich erbarme mich dein, j’ai pitié de toi. Miseret me tui présente la pitié comme une impression irrésistible, tout mérite moral disparaît, et la grandeur du malheur d’autrui en ressort d’autant, comme si on disait en allemand es erbarmt mich dein, tu me fais pitié. Car miserere est un verbe causatif, comme οἰϰτίζειν.

Miseria, v. Infortunium.

Missile. Hasta. Lancea. Jaculum. Verutum. Tragulum. Pilum.

Missile, terme général pour toute espèce d’arme qui sert à combattre de loin, trait ou flèche ; hasta et lancea, armes de main et de jet, la pique : hasta, l’arme nationale des Romains, δόρυ ; lancea, arme étrangère attribuée aux Suèves, λόγχη. Pilum, jaculum, verutum, sont plutôt des armes de jet, le javelot : jaculum, terme général comprenant l’arme de ce genre usitée à la chasse ou épieu, ϐέλος ; verutum et tragulum, termes techniques pour les javelots militaires, ἄϰων ; pilum, terme spécial pour le javelot du légionnaire romain. Liv. IX, 19. Romano pilum haud paulo quam hasta vehementius ictu missuque telum. Le légionnaire romain a son javelot qui n’a guère moins de pénétration que la pique comme arme de main et de jet.

Mitis. Lenis. Placidus.

Mitis, doux par caractère, par opposition à acerbus, comme μείλιχος ; lenis, doux dans ses actions, par opposition à vehemens, comme πρᾶος ; placidus, dans ses façons, par opposition à turbidus, comme ἤπιος.

Mittere. Legare. Amittere. Dimittere. Omittere.

1. Mittere, exprime l’idée générique, comme envoyer ; legare, a un sens spécial et politique, comme déléguer. Le missus est un serviteur ou un messager ; le legatus, un représentant.

2. Amittere et dimittere, laisser échapper de ses mains ce qu’on tenait en son pouvoir amittere, contre sa volonté, comme perdre ; dimittere, après en avoir usé, comme congédier. Omittere, laisser passer quelque chose devant soi sans en prendre possession. Et, pour préciser : amittimus inviti et casu, omittimus volentes et sponte. Amittere occasionem, c’est perdre une occasion et se mettre hors d’état de l’utiliser par indolence, tandis qu’omittere, c’est renoncer à en tirer parti et ne pas vouloir l’utiliser pour en faire peu de cas. Et vitam amittere, c’est perdre la vie, mais omittere, c’est la sacrifier.

Moderatus, modestia, v. Modus.

Modicus, v. Medius.

Modo—modo. Nunc—nunc.

Modo—modo ne devrait s’appliquer à la rigueur qu’à des actions passées ou futures ; nunc—nunc à des actions présentes. Cette distinction est tombée en désuétude, mais nunc—nunc a du moins un tour plus vif et appartient à la poésie et à la prose élevée, comme tantôt... tantôt ; modo—modo est, comme une fois... une autre fois, le terme propre de la prose dont Cicéron se sert constamment.

Modo, v. Nuper.

Modus. Modestia. Moderatio. Temperatio. Continentia. Abstinentia.

1. Modus, l’idée de la mesure et de la règle prise comme un précepte moral indépendant de toute personnalité, ce que les Grecs entendent par μέτριον, μηδὲν ἄγαν ; modestia et moderatio, la même idée par rapport au sujet qui la possède ou la pratique : modestia, sous forme de sentiment, et moderatio sous la forme d’une conduite que dirige ce sentiment de la mesure et de la règle.

2. Moderatio, la modération qui est fille de l’intelligence, du calcul et de la réflexion, elle est parente de la prudentia ; temperatio et temperantia, qualité qui pénètre l’homme entier et ennoblit tout son être, elle est parente de la sapientia. La moderatio suppose, comme l’empire sur soi-même, une lutte des passions avec la raison dans laquelle la raison a le dessus ; la temperatio suppose, comme la tranquillité d’esprit, une raison qui a déjà pris le dessus, soit par un effet de la nature, soit par progrès moral.

3. Temperatus, temperatio, expriment simplement une qualité louable qui peut appartenir aux choses ; temperans, temperantia, une vertu dont les êtres raisonnables sont seuls susceptibles.

4. Moderatio, la modération dans l’action par opposition à cupiditas ; continentia, dans la jouissance par opposition à libido.

5. Continentia, l’empire qu’on exerce sur les désirs sensuels, la continence ; abstinentia, sur la convoitise de la propriété d’autrui, l’honnêteté stricte. Il est moins exact de traduire abstinentia par désintéressement, cette dernière vertu n’étant imposée que par la morale, tandis que l’abstinentia est commandée par la loi.

6. La modestia craint de dépasser la juste mesure ou modus par égard pour la morale qui la prescrit ; la verecundia et la reverentia, par égard pour des personnes auxquelles le verecundus craint de déplaire et auxquelles le reverens croit devoir du respect ; enfin, la pudor, par égard pour elle-même afin de ne pas s’exposer au mépris. Varron, dans Non. Non te tui saltem pudet, si nihil mei revereare ? N’as-tu point de honte pour toi-même, si tu n’as plus aucun respect pour moi ? Terent. Phorm. I, 5, 3, ou II, 1, 3. Non simultatem meam revereri ? Saltem pudere ? Ne pas reculer par respect devant mon inimitié ? Ne pas rougir pour lui-même ?

Mœnia, v. Murus.

Mœstitia, v. Dolor.

Moles. Onus. Pondus. Gravitas.

Moles et onus, la pesanteur envisagée par son côté désavantageux : moles, au sens absolu, comme un obstacle, en parlant d’un objet difficile à remuer à cause de sa grandeur, ὄγϰος ; onus, au sens relatif, comme une charge ou un fardeau qui accable le porteur, φόρτος. Pondus, la pesanteur envisagée par son côté avantageux, comme puissance et comme force, le poids, ἄχθος. Enfin, gravitas réunit ces deux rapports et exprime tantôt la pesanteur qui est à charge, tantôt le poids qui devient une force active, ϐάρος.

Molestia, v. Labor.

Monere, v. Hortari.

Moliri, v. Audere.

Moneta, v. Pecunia.

Mons. Jugum.

Mons, la montagne, par rapport à sa dimension en hauteur, ὄρος ; jugum, par rapport à ses dimensions en largeur et en longueur. Jugum a deux sens. Il se dit de la courbe supérieure de la montagne, courbe qui prend encore les noms plus précis de dorsum et de cacumen, selon qu’elle est aplatie ou pointue, par opposition à radices montis. Il se dit aussi des contre-forts d’une montagne et particulièrement des hauteurs par lesquelles différentes montagnes sont réunies de manière à former une chaîne. Par opposition à mons. Liv. XXII, 18. Sub jugo montis prælium fuit. Le combat eut lieu au-dessous de la crête de la montagne. Comparez avec XLI, 18. Petilius adversus Balistæ et Leti jugum, quod eos montes perpetuo dorso conjungit, castra habuit. Pétilius campa en face des contre-forts du Baliste et du Létus qui réunissent ces montagnes par une crête continue.

Monstra, v. Auguria.

Morari, v. Manere.

Monstrare, v. Ostendere.

Morbidus, morbus, v. Æger.

Morosus, v. Austerus.

Morigerari, v. Parere.

Mors. Letum. Nex. Obitus. Interitus. Perire. Oppetere. Demori. Intermori. Emori.

1. Mors et letum, la mort naturelle : mors, qui est le terme ordinaire, se prend simplement au sens physique ; c’est le chemin qui mène à la dissolution, θάνατος ; letum est le terme choisi, solennel, la mort imposée par le destin, οἶτος ; nex, la mort violente, terme passif, par opposition au terme actif de cædes.

2. Mors, letum, nex, sont des termes propres ; obitus et interitus, des euphémismes. Obitus désigne, comme exitus, une mort naturelle ; interitus et perire désignent habituellement, comme exitium, une mort violente. Plin. Ep. III, 7. Silius ultimus ex Neronianis consularibus obiit, quo consule Nero periit. De tous les consulaires du règne de Néron, Silius fut le dernier à partir ; la mort violente de Néron date de son consulat. Plaut. Epid. III, 4, 56. Malo cruciatu pereas atque obeas cito. Va-t’en périr dans les tourments, pars au plus vite.

3. Perire présente la mort comme une destruction et une corruption ; interire, comme une disparition, en sorte qu’à la rigueur celui-là regarde plutôt le corps, celui-ci plutôt l’âme. Plaut. Capt. III, 5, 32. Qui per virtutem periit, at non interiit, c’est-à-dire celui qui meurt par un noble trépas, de celui-là le corps seul périt, l’essence de son être (il ne s’agit pas ici de l’âme, mais de la renommée et de la gloire) ne passe point. En outre, perire désigne une mort prompte et tragique, particulièrement par suicide ; interire, une mort lente et douloureuse ou encore une mort paisible. Tac. Ann. XV, 44. Et pereuntibus Christianis addita ludibria, ut ferarum tergis contecti laniatu canum interirent. Et pour se faire un jeu de la mort violente des chrétiens, on les couvrait de peaux de bêtes sauvages, et ils mouraient lentement déchirés par les chiens. Serv. ap. Cic Famm. IV, 5. Si quis nostrum interiit aut occisus est. Si l’un de nous est mort tranquillement ou s’il a été tué.

4. Obire mortem présente la mort comme un accident physique ; on reste tout à fait passif ; oppetere, comme un acte moral : si l’on ne va pas chercher la mort, on l’attend du moins avec une fermeté méprisante.

5. Demori, sortir par la mort d’une société dans laquelle on laisse un vide ; intermori, être frappé pour un temps de mort apparente, ἐϰθανεῖν ; emori, mourir tout à fait, par opposition à un semblant de vie passée dans le malheur, l’esclavage et la honte, πανδίϰως θανεῖν. Cic. Pis. 7. Ut emori potius quam servire præstaret. Plutôt mille morts que l’esclavage.

Mos, v. Consuetudo.

Mucro, v. Acies.

Mostellum, v. Spectrum.

Mulcare, v. Verberare.

Mulcere. Palpare.

Mulcere, passer légèrement la main sur un corps rude, par exemple, sur des cheveux pour les lisser ; au figuré, adoucir un homme en colère, comme ϰαταψῆν ; palpare, toucher légèrement un corps lisse, par exemple, la peau nue, pour causer par l’attouchement une sensation agréable ; au figuré, se mettre en frais d’amabilité, cajoler, comme ψηλαφᾷν.

Mulcta, v. Vindicta.

Mundus, v. Purus.

Mulier, v. Femina.

Munificus, v. Largus.

Munimenta, v. Murus.

Munus, v. Donum et Officium.

Murus. Paries. Mœnia. Maceria. Parietinæ. Munimenta.

1. Murus, toute espèce de bâtisse en forme de mur, au point de vue exclusif de la forme, sans égard à la destination, τεῖχος ; paries, mur latéral, mur mitoyen ou cloison servant à établir des séparations, τοῖχος ; mœnia, murs d’une ville pour servir de défense contre l’ennemi, περίϐολος ; maceria, le mur qui entoure une pièce de terre pour en marquer les limites et pour la protéger contre les voleurs, la clôture d’un jardin, d’un vignoble, θριγϰός. Virg. Æn. VI, 549. Mœnia lata videt triplici circumdata muro. Il voit une vaste enceinte entourée d’un triple mur. Tac. Ann. XV, 43. Nero instituit, ut urbis domus non communione parietum sed propriis quæque muris ambirentur. Néron décida que les maisons de Rome n’auraient plus de murs mitoyens, que chacune aurait les siens.

2. Muri, mœnia, etc., murs en bon état d’entretien ; parietinæ, murs en ruine.

3. Mœnia, remparts d’une ville propres à résister à un coup de main ; munimenta, fortifications régulières d’une place forte ou d’un camp retranché, capables de braver un assaut.

Mutilare. Truncare.

Mutilare se dit de mutilations légères, comme de briser les cornes, de couper le nez, les doigts, etc. ; truncare, de mutilations graves, comme de trancher les bras, les pieds, les mains. On peut comparer les mutilata membra à des rameaux et à des scions rompus ; les truncata, à de grosses branches abattues.

Mutuo, v. Vicissim.

Mysteria, v. Arcana.

Mutuum, v. Commodare.

N

Nancisci, v. Invenire.

Nares, v. Nasus.

Nasus. Nares.

Nasus, le nez, partie saillante du visage, ῥίν ; nares, les fosses nasales ou narines, organe actif du sens de l’odorat, μυϰτῆρες.

Natio, v. Gens.

Navigium. Navis. Celox. Lembus. Liburna. Scapha. Cymba. Linter.

Navigium est le terme général, comme bâtiment ; navis, véritable vaisseau destiné à de longues traversées ; celox, lembus et liburna, bateaux qu’on peut équiper et armer en guerre ; scapha, cymba et linter, canots ou nacelles destinés à de courtes excursions et à un simple trajet d’un bord à l’autre scapha et cymba, larges, en forme de chaloupe ; linter, long et effilé, en forme de pirogue.

Necessarius. Propinquus. Cognatus. Consanguineus. Affinis.

1. Necessarius, toute personne à laquelle on est lié par un rapport durable, par des relations d’affaires en qualité de collega, de patronus, de cliens, ou par des relations privées en qualité de familiaris, d’amicus, comme προσήϰοντες ; propinquus, toute personne à laquelle on tient par des rapports de famille, parent quelconque, comme ἀγχιστεῖς et ἔται : c’est le terme générique qui comprend, outre le cognatus et le consanguineus ou parents par le sang, l’affinis ou parent par mariage ou alliance, comme ϰηδεστής.

2. Cognatio, la parenté par le sang entre membres de la famille, comme σύναιμος ; consanguinitas, celle de nations qui appartiennent à la même race, comme συγγενής. Cæs. B. G. VII, 32. Hominem summæ potentiæ et magnæ cognationis. Personnage très-puissant et de grande famille. Comparez avec I, 11. Ambarii necessarii et consanguinei Æduorum. Les Ambarriens attachés aux Éduens et de même race qu’eux.

Necesse est. Oportet. Opus est. Debere.

1. Necesse est exprime une exigence de la nature et de la nécessité, comme ἀνάγϰη ἐστίν ; oportet, une exigence de la morale et de l’honneur, comme χρή ; opus est, de la prudence, comme δεῖ. Cic. Orat. II, 25. Jure omnia defenduntur quæ sunt ejus generis, ut aut oportuerit, aut licuerit, aut necesse fuerit. On excuse tous les faits de ce genre en se rejetant sur une obligation morale, sur une liberté consacrée par l’usage ou sur la nécessité. Att. IV, 6. Si loquor de republica quod oportet, insanus, si quod opus est, servus existimor. Si je parle honneur à propos des affaires publiques, je passe pour un insensé ; si je parle prudence, je passe pour un esclave. Sen. Ep. 94. Emo non quod opus est, sed quod necesse est ; quod non opus est, asse carum est. Je ne fais point tous les achats qu’exigerait la prudence, mais seulement ceux qu’exige la nécessité ; pour une acquisition que la prudence ne commande pas, c’est trop d’une pièce de cuivre. Sall. Jug. 31. Nihil vi, nihil secessione opus est ; necesse est suomet ipsi more præcipites eant. La prudence n’exige de vous ni violence ni retraite sur le mont sacré ; il faut de toute nécessité que leur propre conduite les entraîne à leur perte.

2. Oportet exprime le droit que les autres exercent sur nous au nom de la morale ; debere, l’obligation morale à laquelle nous nous sentons soumis, comme ὀφείλειν. Tac. H. IV, 7. Accusatores etiamsi puniri non oporteat, ostentari non debere. Si on n’était point obligé en droit à punir les accusateurs, du moins ne devait-on pas les montrer au public.

Nectere, v. Ligare.

Nefandus, nefarius, v. Scelestus.

Nefas, v. Delictum.

Negare. Infitiari. Infitias ire. Denegare. Pernegare. Recusare. Abnuere. Renuere. Repudiare.

1. Negare, nier au nom de la vérité qu’on voit ou qu’on prétend voir, comme ἀποφάναι, οὐ φάναι ; infiteri, infitiari et infitias ire, renier, désavouer pour quelque raison d’intérêt personnel, comme ἀρνεῖσθαι. Cic. Fr. Tog. cand. p. 525. Or. Denique illi negare potuerunt et negarunt ; tu tibi ne infitiandæ quidem impudentiæ locum reliquisti. Pour eux, ils pouvaient nier et ils ont nié le fait ; pour toi, tu ne t’es même pas réservé le moyen de désavouer ton effronterie.

2. Infiteri, terme vieilli ; infitiari, terme usuel et général. Infitias ire ne se construit en prose qu’avec une négation et répond alors à ne pas disconvenir.

3. Negatio, négation qui a pour but ou pour effet d’instruire l’auditeur ; pernegatio ou negitatio, de le convaincre quand il se montre incrédule ; denegatio, de le chagriner, particulièrement à propos d’une prière qu’on n’exauce pas. Mart. Ep. IV, 82. Negare jussi, pernegare non jussi. J’ai voulu un non tout court, je n’ai pas voulu de non répétés. Cic. Phil. XI, 8, 19. In quo maximum nobis onus imposuit ; assensero : ambitionem induxero in curiam ; negaro : videbor suffragio meo tanquam comitiis honorem homini amicissimo denegasse. L. César nous a mis là sur les épaules un pesant fardeau. Dire oui, c’est introduire des cabales dans le palais du sénat ; dire non, c’est paraître dénier par mon vote, comme par une décision des comices, cet honneur à mon meilleur ami.

4. Negare ne suppose qu’une demande, ou faite ou faisable, à laquelle on répond non ; recusare suppose une insinuation qu’on repousse, d’où il résulte que negare est une manière de parler plus répandue et plus douce que recusare ; car le negans, qu’on questionne ou qu’on prie, nie simplement la possibilité de la chose ; le recusans se retranche sur-le-champ dans son droit, il proteste contre l’insinuation en homme qu’on menace ou sur lequel on empiète. Aussi negare, denegare, sont-ils plus usités à propos d’affaires particulières ; recusare, à propos d’affaires publiques.

5. Negare et recusare exigent des paroles ou des discours ; abnuere et renuere n’exigent guère que des signes ou des gestes : abnuere, un geste de la main pour congédier, comme ἀπονεύω ; renuere, un signe qui consiste à retirer la tête en arrière, comme ἀνανεύω.

6. Abnuere est une manière amicale ; renuere, une manière hautaine de dire non.

7. Recusare se rapporte à un objet qui s’annonce comme un fardeau et qui entreprend sur la résignation des gens, par opposition à suscipere ; repudiare, à un objet qui s’annonce comme un bien et qui promet du profit ou du plaisir, par opposition à assumere. Cic. Finn. I, 10,33. Sæpe eveniet ut et voluptates repudiandæ sint et molestia non recusanda. Il y aura souvent lieu et de congédier les plaisirs et de ne pas repousser la peine.

Negligere, v. Spernere.

Nepos, v. Prodigus.

Nequidquam, v. Frustra.

Nescius, v. Cognitio.

Nemus, v. Silva.

Nequaquam, v. Neutiquam.

Nequitia, v. Malitia.

Neutiquam. Nequaquam. Minime.

Neutiquam, en aucun cas, par opposition à utique ; nequaquam, en aucune façon ; minime, pas le moins du monde.

Nex, v. Mors.

Niger, v. Teter.

Nihil agere, v. Vacare.

Nihil est. Nihili est. Nullus est.

Nihil est exprime le comble de l’impuissance et de l’incapacité, comme être autant que rien ; nihili est, le défaut absolu de valeur, l’inutilité complète, comme ne compter pour rien ; enfin, nullus est, la négation de l’existence : n’être plus.

Nitere, v. Lucere.

Nobilis, v. Celeber.

Niti, v. Fulciri.

Nocens, v. Culpa.

Nominare. Nuncupare. Vocare. Appellare.

Nominare et nuncupare, désigner une personne par son nom : nominare, par un nom qui lui appartient de vieille date ; nuncupare, donner un nom à un objet qui n’en a pas encore, dénommer, surnommer. Appellare et vocare, désigner une personne ou un objet par un nom, un titre ou un attribut quelconque.

Nonnunquam. Interdum. Aliquando.

Nonnunquam, de temps à autre, opposé à nunquam et semper, se rapproche de l’idée exprimée par sæpius, comme ἔσθ’ ὅτε ; interdum, parfois, opposé à crebro, se rapproche de l’idée exprimée par rarius, comme ἐνίοτε ; enfin, aliquando, quelquefois, une ou deux fois, opposé à semel, se rapproche de l’idée exprimée par propenunquam, comme ποτέ. Les interdum facta sont des faits isolés ; les nonnunquam facta, des faits qui se répètent ; les aliquando facta, des faits rares. Cic. Sext. 54. Comitiorum et concionum significationes interdum veræ sunt, nonnunquam vitiatæ et corruptæ. Les manifestations de comices et des autres assemblées sont parfois vraies ; ne sont-elles pas, de temps à autre, entachées de fraude et de violence ?

Notare, v. Animadvertere.

Novissimus, v. Extremus.

Notitia, v. Cognitio.

Novus. Recens. Novicius.

1. Novus, nouveau, se dit de ce qui n’existait pas précédemment, par opposition à antiquus, comme νέος ; recens, récent, de ce qui n’existe pas depuis longtemps, comme ϰαινός.

2. Novus se prend généralement pour tout ce qui est nouveau ; il y a, de plus, dans novicius, l’idée accessoire du novice qui a de nouvelles habitudes à prendre ou du nouveau venu auquel il faut que les autres s’habituent.

Noxia, noxius, v. Culpa.

Nullus sum, v. Nihil est.

Numen. Deus. Divus. Semo. Heros.

Numen, pris dans son acception générale, tout être divin, δαίμων. C’est le terme générique, par rapport à deus, anciennement divus, le dieu, θεός, et à semideus, le demi-dieu, ἡμίθεος, ou semo, moitié homme, moitié dieu. L’usage a donné pour équivalent à ces deux mots, outre heros, qui est d’origine étrangère, numen, pris dans son acception restreinte. Plin. Pan. 2, 3. Nusquam ut deo, nusquam ut numini blandimur. Nous ne cherchons aucune occasion de lui complaire comme à un dieu, ni même comme à un demi-dieu.

Nummus, v. Pecunia.

Nuncupare, v. Nominare.

Nunc—nunc, v. Modo—modo.

Nuper. Modo.

Nuper, il y a quelques jours, quelques mois, même quelques années, dernièrement, νεωστί ; modo, il y a quelques instants, à l’instant même, ἄ ρτι. Cic. Verr. IV, 3, 6. Nuper homines nobiles ejusmodi ; sed quid dico nuper ? imo vero modo ac plane paulo ante vidimus. De ces hommes illustres nous en avons vu dernièrement. Et que signifie ce dernièrement ? Ne les voyions-nous pas encore tout à l’heure, à l’instant ? Tusc. I, 24. Quanta memoria fuit nuper Charmadas ! quanta qui modo fuit Scepsius Metrodorus ! Et, dans ces derniers temps, quelle mémoire chez Charmadas ! quelle encore chez Scepsius Métrodorus, qui vient à peine de s’éteindre !

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