CLIO Muse de l’Histoire
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MADEMOISELLE DE LA VIGNE A propos de sa correspondance galante avec Fléchier encore abbé
RONDEAU
L’ébat galant de ce petit collet ! Il fait sa roue et dit : « Votre valet ! » A ma vertu son œil cherche un esclandre : Mais à sauter le doux ruisseau du Tendre, Il n’aura fait valoir que son mollet. S’il me faut rendre à son premier boulet, Je me renforce aux brèches, pour attendre Qu’à cet abbé l’on teigne en violet Les bas. Les miens sont bleus. Pour en baiser l’ourlet, Je le ferais à mes genoux de lait Chanter la Pâque un mercredi des Cendres… Ces abbés, bons à musquer un poulet ; Mais au déduit le dernier des Léandres Les bat !
MADEMOISELLE DE SCUDÉRY
Eh là ! n’esmouvez plus, Sapho, L’esventail, zéphyr des ruelles. S’il vous cuit, la glace ne fault Que mon vers jette à pleine escuelle. Relevez votre beau séant Du throsne de la Chambre bleue ; Assez avez piaffé céans Dedans vos mots à longue queue. Vos poulets ne se mangent point, — Régime bon aux fièvres quartes. — Du village des Petits Soins Vous avez dessiné la carte. Ains en votre privé, ma sœur, Vous ne vous estes point faict coulpe De vous régaller pour le seur D’une plus nourricière poulpe. L’ambition dont s’enflamma Vostre bouche, où branle un pieu jaune, Charge la langue et l’estomac, Et rote des phrases d’une aune. L’in-quarto, frais noirci de vers, Moins que votre peau suinte l’encre. Estes-vous plus blanche à l’envers, Où vertu de fille s’eschancre ? Ores veulx, — poussé le verrou — Vierge au fusain, mais qui sens l’huile, Vous esclaircir — je sçais par où — Le teint, l’oraison et le chyle. Ces jupes à bas ! Ostez donc La friponne après la modeste, Ces liens que l’épingle (oh ! pardon) La sangsue encor me conteste. Salut Phœbé ! Dans ce bassin Mire ta beauté qui se scinde ! L’eau d’Hippocrène est au ricin ; Voici l’Hélicon et le Pinde. Qu’entre deux monts il soit congreû Que coule un ruisseau, je m’affie : Le Bouillon des deux Sœurs ! Ce rû Manque à votre géographie. Si trouvez trop aigu l’outil Dedans votre honneur, j’y subroge La pointe de vos concetti… Et je pousse à val. Loge ! Loge ! Est-ce là ce qu’un rêve pur Vous promist du premier Sylvandre Offrant quelque chose de dur A l’étroite Reine du Tendre ? Or, jà dans vos flancs caverneux Cyrus gronde et la Calprenède… Je fuis le Perse au trait ocreux Et la balistique du Mède.
A SONNET DE COURVAL Médecin de Vire
Aux malades Virois, en médecin de Vire, Au lieu de se borner à tailler des tombeaux, A lui-même il bastit son monument, plus beau De ses durables vers que d’un muet porphyre. Ce Juvénal bourgeois écrivit maint libelle Contre le féminin, et tança ses humeurs. Il montre le Dégout épousant la Laideur, Et ce qu’il croît de corne au mari d’une Belle. Aucunes fois la Chaude au lit du flegmatique — Et rage d’os pelvien passe le mal de dents — Evente à grand meschef de ses soupirs ardents Le sang trop froidureux des vaisseaux spermatiques. La Superbe a mari lâche et ladre. — O lésine ! Sans rabats à la Guise, en robe de blanchet, Moi, noble Damoiselle, où tant d’honneur t’échet, Ne peux faire le brave autant que la voisine. La Pauvre te contraint d’endurer les diffames. L’Infidèle t’encorne en satyre bouquin. Pour son honneur venger d’injurieux pasquin La Quinteuse te pousse aux espagnolles lames. De Laide, Pauvre, Riche, ou de Belle, son livre Fait cruelle censure et portraits d’Arétin. Mais sur toutes il hait la secrète putain Baisant dévotement ses médailles de cuivre. Ces Circés il purgea d’horrible scammonée, Vomit au lit nopcier ; puis, bien vidé son pot, Sans craindre les écueils signés par ses drapeaux, Cingla délibéré vers le port d’Hyménée. Il disait : « Le serez ! L’estes ! Ou bien le fustes ! » Le fut-il ? Mourut-il squammeux, farci de clous, Le priape écorché des dents de mille loups, Comme l’avait prédit à bons maris de putes ? Au moins d’un Récipe[8] sauvait-il la dépense Contre bouton de Naple ou chancre corallin. Si toi-mesme as métier[9] de baster un poulain, Lecteur, dedans ses vers lis au long l’ordonnance.