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La Mort

CHAPITRE XI NOTRE SORT DANS CES INFINIS

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I

Le premier infini, l'infini idéal est le plus conforme aux exigences de notre raison, ce qui n'est pas une raison pour lui donner la préférence. Il nous est impossible de prévoir ce que nous y deviendrons, puisqu'il semble exclure tout devenir. Il ne nous reste donc qu'à interroger le second, celui que nous voyons et imaginons dans le temps et l'espace. Au surplus, il se peut qu'il précède le premier. Quelque absolue que soit notre conception de l'Univers, nous avons vu qu'on peut toujours admettre que ce qui n'eut pas lieu dans l'éternité d'avant, adviendra dans celle d'après nous; et que rien, sinon d'innombrables hasards, ne s'oppose à ce que l'Univers, s'il ne la possède pas encore, n'acquière enfin la conscience intégrale qui le fixe à son apogée.

II

Nous voici dans l'infini de ces mondes, dans l'infini stellaire, dans l'infini des cieux qui nous masque assurément autre chose, mais ne saurait être une illusion totale. Il ne nous paraît peuplé que d'objets, planètes, soleils, étoiles, nébuleuses, atomes, fluides impondérables qui s'agitent, s'unissent et se séparent, se repoussent et s'attirent, s'affaissent et s'épanouissent, se déplacent sans cesse et n'arrivent jamais, mesurent l'espace dans ce qui n'a pas de borne et computent les heures dans ce qui n'a pas de terme. En un mot, nous voici dans un infini qui paraît avoir à peu près le même caractère, les mêmes habitudes que cette puissance au sein de laquelle nous respirons et que sur notre terre nous appelons la nature ou la vie.

Qu'y deviendrons-nous? Il n'est pas vain de se le demander, alors même que nous nous y mêlerions après avoir perdu toute conscience, toute notion du moi, alors même que nous n'y serions plus qu'un peu de substance sans nom, âme ou matière, on ne le saurait dire, en suspens dans l'abîme également sans nom qui remplace l'espace et le temps. Il n'est pas vain de se le demander, car c'est de l'histoire des mondes ou de l'Univers qu'il s'agit; et cette histoire, bien plus que celle de notre petite existence, est notre propre et grande histoire, où peut-être quelque chose de nous-mêmes ou d'incomparablement meilleur et plus vaste que nous, finira par nous retrouver quelque jour.

III

Y serons-nous malheureux? Nous ne sommes guère rassurés lorsque nous songeons aux habitudes de la nature et considérons que nous faisons partie d'un Univers qui n'a pas encore rassemblé sa sagesse. Nous avons vu, il est vrai, qu'heur et malheur n'existent que par rapport à notre corps, et qu'ayant perdu l'organe des souffrances, nous ne retrouverons plus aucune des douleurs de la terre. Mais là ne se borne point l'inquiétude; et notre pensée devant laquelle s'arrêtent toutes nos douleurs d'autrefois, roulant, désemparée, de mondes en mondes, inconnue à elle-même dans de l'inconnaissable qui se cherche sans espoir, ne connaîtra-t-elle pas ici l'effroyable torture dont nous avons déjà parlé et qui, sans doute, est la dernière que l'imagination puisse toucher de l'aile? Enfin, quand il n'y aurait plus rien de notre corps et notre pensée, il resterait la matière et l'esprit (ou du moins l'énergie évidemment unique à laquelle nous donnons ce double nom) qui les composèrent et dont le sort ne nous doit pas être plus indifférent que notre propre sort; car, répétons-le, à partir de notre mort, l'aventure de l'Univers devient notre aventure. Ne nous disons donc point: «Qu'importe, nous n'y serons plus.» Nous y serons toujours, puisque tout y sera.

IV

Ce tout dont nous serons, en un monde qui se cherche toujours, continuera-t-il d'être en proie à des expériences nouvelles, incessantes et peut-être pénibles? Puisque la partie que nous y fûmes s'y trouva malheureuse, pourquoi la partie que nous y serons y aurait-elle meilleure chance? Qui nous assure que ces combinaisons et ces essais, qui ne finiront point, ne seront pas plus douloureux, plus maladroits et plus funestes que ceux dont nous sortons, et comment expliquer que ceux-ci aient pu se produire après tant de millions d'autres qui auraient dû ouvrir les yeux du génie de l'infini? On a beau se persuader, comme le veut la sagesse hindoue, que nos douleurs ne sont qu'illusions et apparences, il n'en est pas moins vrai qu'elles nous rendent très réellement malheureux. L'Univers a-t-il ailleurs une conscience plus complète, une pensée plus juste et plus sereine que sur cette terre ou dans les mondes que nous apercevons? Et s'il est vrai qu'il ait atteint en quelque autre lieu cette pensée meilleure, pourquoi celle qui préside aux destinées de notre terre n'en profite-t-elle point? Aucune communication ne serait-elle possible entre des mondes qui doivent être nés de la même idée et s'y trouvent plongés? Quel serait le mystère de cet isolement? Faut-il croire que la terre marque l'étape la plus avancée et l'expérience la plus favorisée? Qu'aurait donc fait la pensée de l'Univers et contre quelles ténèbres lui aurait-il fallu lutter pour n'en être que là? Mais, d'un autre côté, ces ténèbres ou ces obstacles, qui ne naîtraient que d'elle-même, ne pouvant surgir de nulle autre part, eussent-ils pu l'arrêter? Qui donc aurait posé à l'infini ces problèmes insolubles, et de quel endroit plus reculé et plus profond que lui-même seraient-ils sortis? Il faut pourtant que quelqu'un sache ce qu'ils demandent; et comme derrière l'infini ne peut se trouver personne qui ne soit l'infini même, il est impossible d'imaginer une mauvaise volonté dans une volonté qui ne laisse autour d'elle aucun point qu'elle n'occupe tout entier. Ou bien, les expériences commencées dans les astres se continuent-elles mécaniquement, en vertu de la force acquise, sans égard à leur inutilité et à leurs conséquences pitoyables, selon la coutume de la nature qui ignore notre parcimonie et gaspille les étoiles dans l'espace comme les semences sur la terre, sachant que rien ne se peut perdre? Ou encore, toute la question de notre repos et de notre bonheur, comme celle de la destinée des mondes, se réduit-elle à savoir si l'infini des tentatives et des combinaisons est ou n'est pas égal à celui de l'éternité? Ou enfin, pour en venir au plus probable, est-ce nous qui nous trompons, ignorons tout, ne voyons rien et estimons imparfait ce qui peut-être est sans défaut; nous qui ne sommes qu'un infime fragment de l'intelligence que nous jugeons à l'aide des petits débris de pensée qu'elle a bien voulu nous prêter?

V

Comment pourrions-nous répondre, comment nos pensées et nos regards pénétreraient-ils l'infini et l'invisible, nous qui ne comprenons et ne voyons même pas la chose par laquelle nous voyons et qui est la source de toutes nos pensées? En effet, ainsi qu'on l'a fait très justement observer, l'homme ne voit pas la lumière elle-même. Il ne voit que la matière ou plutôt la petite partie des grands mondes qu'il connaît sous le nom de matière, touchée par la lumière.

Il n'aperçoit les immenses rayons qui parcourent les cieux qu'à l'instant qu'ils sont arrêtés par un objet conforme à l'un de ceux que son œil est accoutumé de voir sur cette terre; sinon tout l'espace peuplé de soleils innombrables et d'une puissance sans limites, au lieu d'être l'abîme d'absolues ténèbres qui absorbe et éteint les faisceaux de clartés qui de toutes parts le traversent, ne serait qu'un prodigieux, un insoutenable océan de fulgurations. Et si nous ne voyons pas la lumière, du moins en croyons-nous connaître quelques traits ou quelques reflets; mais nous ignorons absolument tout de ce qui, sans doute, est la seule loi essentielle de l'Univers: la gravitation. Qu'est-ce donc que cette force, de toutes la plus puissante et la moins visible, insaisissable, sans forme, sans couleur, sans température, sans consistance, sans saveur et sans voix, mais si formidable qu'elle suspend et meut dans l'espace tous les mondes que nous voyons et tous ceux que nous n'apercevrons jamais? Plus rapide, plus subtile, plus spirituelle que la pensée, elle règne à tel point sur tout ce qui existe, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, qu'il n'est pas un grain de sable sur notre terre, une goutte de sang dans nos veines, qui, pénétré, travaillé, animé par elle, n'agisse à tout instant sur la plus lointaine planète du dernier système solaire que nous nous efforçons d'imaginer par delà les bornes de notre imagination. Voici longtemps que le mot fameux de Shakespeare: «Il y a plus de choses sur terre et dans les cieux que n'en peut rêver notre philosophie», est tout à fait insuffisant.

Il n'y a pas plus de choses que n'en peut rêver ou imaginer notre philosophie; il n'y a que des choses qu'elle ne peut rêver, il n'y a que de l'inimaginable; et si nous ne voyons même pas la lumière, qui est la seule chose que nous croyions voir, on peut dire qu'il n'y a tout autour de nous que de l'invisible.

Nous nous agitons dans l'illusion de voir et de connaître ce qui est strictement indispensable à notre petite vie. Tout le reste, qui est à peu près tout, nos organes nous en défendent non seulement l'accès, la vision ou la perception, mais nous interdisent même de soupçonner ce qu'il est, comme ils nous empêcheraient d'y rien comprendre si une intelligence d'un autre ordre s'avisait de nous le révéler ou de nous l'expliquer. Le nombre et le volume des mystères est aussi illimité que l'Univers. Si l'humanité se rapprochait un jour de ceux qui lui semblent aujourd'hui les plus grands et les plus inaccessibles; par exemple, l'origine et le but de la vie; derrière ceux-ci, comme des montagnes éternelles, elle en verrait immédiatement surgir d'autres qui seraient aussi grands et aussi insondables; et ainsi indéfiniment. Par rapport à ce qu'il faudrait savoir pour tenir la clé de ce monde, elle se trouverait toujours au même point d'ignorance centrale. Il en irait encore de même si nous possédions une intelligence plusieurs millions de fois plus vaste et plus pénétrante que la nôtre. Tout ce que découvrirait sa puissance miraculeusement accrue rencontrerait des limites non moins infranchissables qu'à présent. Tout est sans bornes dans ce qui n'a pas de bornes. Nous serons les prisonniers éternels de l'infini. Il nous est donc impossible d'apprécier en quoi que ce soit, fût-ce sur le plus petit point imaginable, l'état présent de l'Univers, et de dire, tant que nous serons hommes, s'il suit une ligne droite ou s'il décrit un cercle sans mesure, s'il devient plus sage ou plus insensé, s'il s'avance vers l'éternité qui n'aura pas de fin ou revient sur ses pas vers celle qui n'a pas eu de commencement. Tout ce qui nous est accordé dans notre minuscule enceinte, c'est de nous y évertuer vers ce qui nous paraît être le mieux et d'y demeurer héroïquement convaincus que rien de ce que nous y faisons ne s'y peut perdre.

VI

Mais que toutes ces questions insolubles ne nous poussent pas vers la crainte. Au point de vue de notre avenir d'outre-tombe, il n'est nullement nécessaire que nous ayons réponse à tout. Que l'Univers ait trouvé sa conscience, la trouve un jour ou la cherche éternellement, il ne saurait exister pour être malheureux et souffrir, non plus dans son ensemble que dans une seule de ses parties; peu importe que celle-ci soit invisible ou incommensurable, attendu que le plus petit est aussi grand que le plus grand dans ce qui n'a terme ni mesure. Torturer un point, c'est même chose que torturer les mondes; et s'il torture les mondes, c'est sa propre substance qu'il torture. Son sort même, où nous prenons place, nous protège; car nous ne sommes que de l'infini. Il tient en nous comme nous tenons en lui. Son souffle est notre souffle, son but est notre but et nous portons en nous tous ses mystères. Nous y participons de toutes parts. Il n'y a rien en nous qui lui échappe; il n'y a rien en lui qui ne nous appartienne. Il nous prolonge, nous remplit, nous traverse de tous côtés. Dans l'espace et le temps, et dans ce qui, par delà l'espace et le temps, n'a pas encore de nom, nous le représentons et le résumons tout entier avec toutes ses propriétés et tout son avenir; et si son immensité nous effraie, nous sommes aussi effrayants que lui-même.

Si donc nous devions y souffrir, nos souffrances n'y seraient qu'éphémères, et rien n'importe qui n'est pas éternel. Il est possible, bien qu'assez incompréhensible, que des parties se trompent et s'égarent; mais il est impossible que la douleur soit une de ses lois durables et nécessaires; car il aurait porté cette loi contre lui-même. Aussi bien est-il et doit-il être sa propre loi et son unique maître; sinon la loi ou le maître auquel il devrait obéir serait seul l'Univers, et le centre d'un mot que nous prononçons sans pouvoir en saisir l'étendue serait simplement déplacé. S'il est malheureux, c'est qu'il veut son malheur; s'il veut son malheur, il est fou, et s'il nous paraît fou, c'est que notre raison fonctionne au rebours de tout et des seules lois possibles puisqu'elles sont éternelles; ou, plus humblement, c'est qu'elle juge ce qu'elle ne comprend point.

VII

Il faut donc que tout finisse ou peut-être que tout soit déjà, sinon dans le bonheur, du moins dans un état exempt de toute souffrance, de toute inquiétude, de tout malheur durable; et qu'est-ce au fond que notre bonheur sur cette terre, sinon l'absence de douleur, d'inquiétude et de malheur?

Mais il est puéril de parler de bonheur et de malheur quand il s'agit de l'infini. L'idée que nous avons du bonheur et du malheur est si spéciale, si humaine, si fragile, qu'elle ne dépasse pas notre taille et tombe en poussière dès que nous la sortons de sa petite sphère. Elle provient entièrement de quelques hasards de nos nerfs qui sont faits pour apprécier de minimes incidents, mais auraient pu sentir tout au rebours et se réjouir de ce qui les peine.

Je ne sais si l'on se rappelle la saisissante page de Sir William Crookes, où l'illustre savant démontre qu'aux yeux d'un homme microscopique, presque tout ce que nous tenons pour lois essentielles de la nature se trouverait démenti; tandis que des forces que nous ignorons à peu près, telles que la tension superficielle, la capillarité, les mouvements Browniens, deviendraient prépondérantes. Il se promènerait, par exemple, sur une feuille de chou, à l'heure de la rosée, et la voyant constellée d'énormes globes de cristal, il en conclurait que l'eau est un corps solide qui s'arrondit et monte dans les airs. A quelques pas de là, s'approchant d'une mare, il constaterait que ce même corps, au lieu de s'élever, paraît s'incliner à partir du bord, en une immense courbe concave. S'il essayait, avec l'aide de ses amis, d'y jeter une de ces énormes barres d'acier que nous appelons aiguilles, il verrait celle-ci creuser à la surface du liquide une sorte de lit et y flotter tranquillement. Il tirerait naturellement de ces expériences et de mille autres qu'il pourrait faire, des théories diamétralement contraires à celles sur quoi repose toute notre vie. Il en irait de même dans l'hypothèse de William James, où il s'agit d'altérations possibles dans le sens de la durée. «Supposons-nous capables, dans l'espace d'une seconde, de noter distinctement dix mille événements au lieu de dix, comme aujourd'hui; si notre vie ne devait contenir que le même nombre d'impressions, elle pourrait être mille fois plus courte. Nous vivrions moins d'un mois et, par expérience personnelle, ne saurions rien du changement des saisons. Si nous étions nés en hiver, nous croirions à l'été comme nous croyons maintenant aux chaleurs de la période carbonifère. Les mouvements des êtres organisés seraient si lents que nous ne les verrions pas et ne les connaîtrions que par induction. Le soleil demeurerait immobile dans les cieux, la lune n'aurait pas de phases et ainsi de suite. Renversons maintenant l'hypothèse et supposons un être n'ayant que la millième partie des sensations que nous avons dans un temps donné; il vivrait mille fois plus longtemps que nous. Les étés et les hivers lui sembleraient des quarts d'heure. Les champignons et les autres plantes à croissance rapide surgiraient si brusquement qu'elles lui apparaîtraient comme des productions instantanées; les plantes annuelles s'élèveraient et tomberaient, sans relâche, pareilles aux bouillons d'une source minérale. Les mouvements des animaux seraient aussi invisibles que le sont, pour nous, les mouvements des balles et des boulets; le soleil traverserait le ciel comme un météore en laissant derrière lui une traînée de flammes, etc. Qui nous dit que rien de pareil n'existe dans le monde animal?»

VIII

Nous ne croyons voir sur notre tête que catastrophes, morts, tourments et désastres, nous frissonnons à la seule pensée des grands froids et des formidables et noires solitudes interplanétaires et nous nous imaginons que les mondes qui roulent dans l'espace sont aussi malheureux que nous parce qu'ils se glacent, se désagrègent, se heurtent et se consument en d'indicibles flammes. Nous en inférons que le génie de l'Univers est un tyran atroce, en proie à une monstrueuse démence, qui ne se complaît qu'au supplice de soi-même et de tout ce qu'il porte. A des millions d'étoiles, qui sont plusieurs milliers de fois plus grandes que notre soleil, à des nébuleuses dont aucun chiffre, aucun mot de nos langues ne peut exprimer la nature et les dimensions, nous prêtons notre sensibilité d'un instant, le petit agencement éphémère de nos nerfs; et nous sommes convaincus que la vie doit être impossible ou épouvantable en ces mondes, parce que nous y aurions trop chaud ou trop froid. Il serait bien plus sage de nous dire qu'il eût suffi d'un rien, de quelques papilles de plus ou de moins sur notre épiderme, de quelques ramifications déplacées dans l'œil et l'oreille, pour que la température, le silence et les ténèbres de l'espace devinssent un printemps délicieux, une musique inouïe, une lumière divine. «Rien n'est trop merveilleux pour être vrai», a dit Faraday. Il serait bien plus raisonnable de nous persuader que les catastrophes que nous y croyons voir sont la vie même, la joie et l'une ou l'autre de ces immenses fêtes de la matière et de l'esprit, auxquelles la mort, écartant enfin nos deux ennemies, l'heure et la distance, nous permettra bientôt de prendre part. A chaque monde qui se dissout, s'éteint, s'émiette, se consume ou qu'un autre monde rencontre et pulvérise, c'est une expérience magnifique qui commence, un espoir merveilleux qui s'approche, et peut-être un bonheur inconnu puisé à même l'inépuisable inattendu. Qu'importe qu'ils gèlent ou s'embrasent, se ramassent ou se dispersent, se poursuivent ou se fuient; la matière et l'esprit, quand ils ne sont plus réunis par le même hasard misérable qui les joignit en nous, se doivent réjouir de tout ce qui advient; car tout n'est que naissance et renaissance, départ dans l'inconnu peuplé d'admirables promesses et peut-être pressentiment de quelque ineffable arrivée…

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