PETIT SALON (continued 3)
Reading edition
H. 44, L. 32
—Un homme, assis de face sur un fauteuil, au dos canné. Il a l'épée au côté et le chapeau sous le bras. Le fond de l'appartement est garni de tableaux.
Dessin sur papier jaunâtre[38] à la pierre d'Italie rehaussé de blanc.
Signé: Carle Vanloo f. 1743.
Vente Lajarriette.
H. 44, L. 32.
—Auprès d'un petit bureau, un homme assis de face, tenant de la main gauche sa tabatière, où il vient de prendre une prise. Quelques tableaux accrochés au mur du fond.
Dessin sur papier jaunâtre à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc.
H. 39, L. 31.
—Une vieille femme, tricotant au coin d'une cheminée; à sa gauche, une petite table sur laquelle il y a une corbeille à tapisserie, des ciseaux, une pelote. Derrière elle l'angle d'un grand tableau.
Dessin sur papier bleuâtre à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc.
Signé à l'encre: Carle Vanloo 1743.
H. 47, L. 33.
—Tête de jeune femme, vue de trois quarts, aux cheveux relevés et noués avec un ruban au sommet de la tête.
Dessin à la sanguine brunâtre, travaillée dans la manière et avec les entre-croisements de hachures des têtes d'études de Greuze.
Provenant de la vente de Norblin père dans laquelle il était catalogué sous le nom de Mlle de Nesle.
H. 43, L. 31.
—Tête de petite fille, de profil, tournée à droite, une collerette au cou, un fil de perle et un ruban bleu s'enroulant dans ses noirs cheveux relevés.
Dessin au crayon noir légèrement pastellé.
Étude pour le tableau gravé par Fessard, sous le titre: la Musique, décorant le salon de compagnie de Mme de Pompadour, au château de Bellevue.
H. 25, L. 20.
—Tête de petite fille, de profil, tournée à gauche, un ruban rose courant dans ses cheveux blonds, roulés sur sa tête. Elle a un collier de perles au cou.
Dessin au crayon noir légèrement pastellé.
Étude pour le tableau gravé par Fessard, sous le titre: la Peinture, décorant le salon de compagnie de Mme de Pompadour, au château de Bellevue.
H. 25, L. 20.
—Personnages groupés dans un salon autour d'une femme assise dans un fauteuil.
Dessin à la plume, lavé de bistre.
Première idée du tableau gravé par Beauvarlet, sous le titre: la Conversation espagnole[39].
Provient des ventes Norblin fils et Arozarena.
H. 26, L. 23.
Vernet (Joseph). De tranquilles et sérieux dessins, qui ont rompu avec le tapage pittoresque de l'école paysagiste de Boucher: des effets larges, de grandes lumières dormantes, le commencement de l'enveloppement d'un paysage par une atmosphère.
—Vue de la Seine en face le palais Bourbon. Le cours de l'eau est animé par des bateaux, des trains de bois, des batelets remplis de gentilshommes et de dames; au milieu du fleuve est amarrée une frégate.
Dessin à la pierre noire.
Portant une marque inconnue.
H. 22, L. 37.
—Un maçon en train de tailler une pierre près d'un toiseur regardant dans un cahier, sa toise sous le bras.
Dessin à la mine de plomb et à la sanguine.
Étude faite pour les ports de mer, avec des numéros sur les diverses parties du costume du maçon, qui indiquent, en marge, les couleurs pour la peinture à l'huile.
H. 20, L. 15.
Vernet (Carle). Le peintre sportsman, le sec amuseur du Directoire, avec des caricatures qui semblent exécutées au tire-ligne, et où l'esprit est très médiocre et trop souvent scatologique. J'ai là, de Vernet, un important dessin, qui est un vrai dessin de water-closet, et un jour je l'y ferai encadrer.
—Derrière une porte entre-bâillée, un homme accroupi sur une lunette, pendant qu'attend dehors un autre homme très pressé, qui se tortille.
Sépia.
Signé: Carle Vernet.
Gravé par Debucourt, sous le titre: Chacun son tour.
H. 33, L. 21.
—Un incroyable donnant le bras à une femme, et faisant la rencontre d'une merveilleuse, au chapeau impossible.
Aquarelle sur trait de plume.
Gravé par Darcis, sous le titre: les Merveilleuses.
H. 28, L. 33.
Vincent (François-André). Un des premiers déserteurs du goût du xviiie siècle, pour arriver à devenir un des médiocres adeptes de l'art raide et mannequiné.
—Caricature ou plutôt, comme l'on disait alors, dans les ateliers, Calotine de Jombert. Il est représenté jouant du violon, en bonnet de coton, de grosses besicles sur le nez.
Sanguine.
On lit au dos du dessin: Jombert (Charles-Pierre), fils de Charles-Antoine Jombert, éditeur de beaucoup d'ouvrages sur les mathématiques et l'art militaire, est entré dans l'école de Durameau, sous les auspices de M. Cochin, et a gagné le grand prix de peinture avec éclat sur la punition de Niobé, fille de Tantale et d'Amphion. (Collection de M. Gault de Saint-Germain, no 200.)
H. 24, L. 17.
—Une tête d'homme, surmontée d'un singe promenant une plume sur du papier.
Dessin à la pierre noire.
Signé: Vincent f. en pleine mer, octobre 1771.
H. 26, L. 17.
Wailly (Charles). Habile architecte qui a passé de nombreuses années en Russie. Quoiqu'on lui attribue les personnages qui se trouvent dans les paysages de Lantara, on peut affirmer, en dépit de son unique signature sur le dessin catalogué ici, qu'il n'est pas l'auteur des nombreuses figures, où le faire de Leprince est parfaitement reconnaissable.
—Sacre de Catherine II dans la cathédrale de l'Assomption, à Moscou.
Sous la voûte de la basilique, aux lustres gigantesques, entre les immenses piliers peints et historiés, Catherine II est représentée debout, devant un prêtre casqué, tenant ouvert sur sa poitrine un livre ouvert; au bas de l'escalier, où se tient sur chaque marche un héraut, se déroule dans les bas-côtés une foule énorme de vieux dignitaires du clergé russe dans d'amples dalmatiques et de jeunes prêtres coiffés à la catogan et habillés de pelisses aux manches fendues des dolmans.
Lavis à l'encre de Chine.
Signé: C. de Wailly 1776.
H. 48, L. 72.
Watteau (Antoine). Le dessinateur, sous les doigts duquel les outils et les matières du dessin semblent des matières et des outils d'une nature et d'une qualité autres que ceux employés par tous les dessinateurs: c'est de la sanguine qui contient de la pourpre, c'est du crayon noir qui a un velouté à nul autre pareil; et cela mélangé de craie, avec la pratique savante et spirituelle de l'artiste, devient, sur du papier chamois, de la chair blonde et rose. Watteau, le grand, l'original, l'inimitable dessinateur de l'école française!
—Académie de femme, assise de profil, tournée à gauche, une jambe croisée sur l'autre, une main posée sur une corbeille.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
Étude de la figure principale pour la peinture de la salle à manger de Crozat, gravée par Desplaces, sous le titre: le Printemps.
H. 32, L. 27.
—Académie d'homme assis, une coupe à la main, vu de trois quarts et tourné à gauche.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
Étude de la figure principale pour la peinture de la salle à manger de Crozat, gravée par Fessard, sous le titre: l'Automne.
H. 28, L. 19.
—Un mezzetin dansant, répété quatre fois, de dos, de face, de trois quarts.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
Les deux silhouettes de gauche ont été gravées dans les Figures de différents Caractères, sous les numéros 18 et 102; les quatre figures sont des études pour l'Indifférent de la galerie La Caze.
Vente d'Imecourt.
H. 25, L. 37.
—Un mezzetin dansant vu de dos, les bras étendus, la jambe de derrière relevée.
Sanguine sur papier blanc.
Signé: W.[40].
H. 22, L. 15.
—Tête de femme, quatre fois répétée sous différents aspects; au-dessous une tête de paysanne, un masque, une tête d'homme.
Feuille d'études aux trois crayons sur papier chamois.
H. 22, L. 28.
—Deux études d'hommes: l'une d'un pèlerin assis sur une rampe de pierre, une main entr'ouverte sur l'un de ses genoux; l'autre d'un personnage de théâtre, de profil, tourné à gauche et dans la pose de quelqu'un qui se penche pour ramasser quelque chose à terre.
Sanguine sur papier blanc.
Vente d'Aigremont.
H. 18, L. 20.
—Une femme, vue de profil, tournée à droite. Habillée du petit manteau volant affectionné par le Maître, elle est assise sur une chaise de bois, tenant à la main un éventail.
Sanguine.
H. 16, L. 16.
—Cinq études de mains de femmes; une a l'air de serrer le bois d'un arc, l'autre s'appuie sur la pomme d'une canne.
Dessin à la sanguine et à la mine de plomb.
Provient des collections Saint et Desperret.
H. 21, L. 15.
—Paysage, où deux femmes sont assises au bord d'une rivière, et où un homme pousse devant lui une brouette.
Dessin à la sanguine rehaussé de blanc sur papier chamois.
Gravé dans les Figures de différents Caractères, par Boucher, sous le no 146.
H. 19, L. 30.
—Arabesque, où se voit à droite une nymphe surprise par un satyre, à gauche une nymphe couchée, entourée de faunins.
Sanguine.
Gravé par Huquier, sous le titre: le Berceau.
H. 40, L. 27.
—Arabesque, où sous un berceau de treillage, une statue de déesse reçoit l'adoration de gens agenouillés.
Sanguine.
Gravé par Huquier, sous le titre: le Temple de Diane.
H. 37, L. 27.
—Profil de jeune fille, tourné à droite. Elle a les cheveux relevés et torsadés au sommet de la tête, d'où lui retombe sur la nuque une longue boucle frisée; sur ses épaules est jeté un manteau de lit.
Contre-épreuve d'un dessin aux trois crayons[41].
H. 21, L. 16.
—Un vieux remouleur penché sur sa meule, où égoutte l'eau d'un sabot percé.
Contre-épreuve d'un dessin aux trois crayons. L'original est dans la réserve des dessins du Louvre.
Gravé dans les Figures de différents Caractères, par Caylus, sous le no 107.
Vente Valferdin.
H. 32, L. 22.
—Un montreur de la curiosité.
Contre-épreuve d'un dessin au crayon noir et à la sanguine.
Un dessin analogue, et qui fait une sorte de frontispice dans les Figures de différents Caractères, a été gravé sous le no 132. Le montreur de la curiosité, au lieu d'être debout, est agenouillé.
H. 31, L. 20.
—Deux études de femmes vues de dos: l'une debout tenant, de l'extrémité des doigts de sa main droite, sa jupe relevée; l'autre assise un bras levé, une jambe allongée sur un tertre. Dans le fond une reprise de la tête de cette dernière.
Contre-épreuve d'un dessin aux trois crayons.
Vente Peltier.
H. 23, L. 30.
Watteau dit Watteau de Lille, le père (Louis). Peintre et dessinateur qui n'a rien de son illustre ascendant, mais qui, en cette Flandre toujours piétinée par ces troupes inspiratrices des premiers tableaux d'Antoine Watteau, y trouva des motifs de vives et colorées croquades du soldat en ivresse et en joie.
—Sous des arbres, un grenadier, une femme toute débraillée sur les genoux, trinquant avec un autre grenadier ayant sur sa cuisse la tête d'une femme ivre, couchée à terre.
Dessin sur papier gris à la pierre noire, mélangée de sanguine brune avec rehauts de craie.
Au dos du dessin la signature qui était dans la marge: Wattaux.
Gravé par Beurlier, sous le titre: Ribotte de grenadiers.
Vente Tondu.
H. 24, L. 29.
Watteau le fils (François-Louis-Joseph). Le peintre de très charmants tableaux, le dessinateur de modes, qui, dans une toilette de femme, a apporté une espèce de style grandiose, et qui en cette collection d'Esnauts et Rapilly, au milieu des Leclerc et des Desrais, étonne par l'ampleur de ses étoffements superbes[42].
—Une femme, à mi-corps, arrangeant les plumes d'un chapeau posé sur ses genoux, pendant qu'une fille de chambre lui attife les cheveux.
Dessin sur papier gris à la pierre noire estompée, rehaussée de craie[43].
H. 29, L. 25.
Weyler (Jean-Baptiste). Miniaturiste pastelliste, émailleur, auteur du bel émail du comte d'Angeviller, possédé par le Louvre.
—Une tête de femme vue de trois quarts, tournée à droite avec le regard à gauche; elle a dans ses cheveux en désordre, un ruban bleu.
Dessin légèrement pastellé[44].
Signé: Weyler 1790.
H. 17, L. 13.
Wille (Jean-Georges). De pauvres dessins lavés d'eaux tristes et sans lumière.
—Vue de Paris prise du bas du rempart de l'Arsenal. On voit l'île Louviers couverte de piles de bois, le chevet de Notre-Dame, le pont de la Tournelle, le fort de la Tournelle et la porte Saint-Bernard. Au premier plan, un homme qui porte sur son épaule une épave de la Seine.
Lavis à l'encre de Chine.
Signé sur un mur: J. G. Wille 1762.
C'est le dessin, dont Wille parle dans ses Mémoires: «(May 1762.) Le 19, je me levai de grand matin et je courus dessiner un paysage, tout seul, derrière l'Arsenal. A onze heures j'étais de retour.»
H. 23, L. 34.
Wille fils (Alexandre). Un dessinateur à l'éducation d'art toute française, mais qui se ressentira, toute sa vie, de son origine allemande, en ce Paris dont l'art est fait surtout d'esprit.
—Une page de griffonnis, au milieu de laquelle se voient cinq têtes de femmes; au-dessous une étude d'amour couché, une tête de chien, etc.
Plume relevée d'aquarelle dans les figures de femmes.
Signé: P. A. Wille filius inv. et del. 1768.
Vente Chanlaire.
H. 24, L. 22.
—Femme, en caraco à capuchon, en jupe verte avec une garniture à dessous rose; elle tient dans la main une lettre à l'adresse du peintre.
Encre de Chine, lavée d'aquarelle.
Dessin gravé par Louise Gaillard, dans une série de costumes de femmes, sous le titre: la Mystérieuse.
H. 24, L. 16.
—Une femme du peuple prenant aux cheveux un homme, qui frappe, à coups de bâton, un homme terrassé.
Aquarelle sur trait de plume.
Signé: P. A. Wille filius del. 1773.
H. 22, L. 18.
—Une jeune fille de la campagne assise, et tenant une plume dans sa main, tombée le long de son corps.
Dessin à la pierre noire.
Signé: P. A. Wille filius 1773.
Gravé en fac-similé dans l'Œuvre de Demarteau.
H. 30, L. 21.
—Dans une chambre, assise près d'une toilette, derrière laquelle est debout son mari, une femme examine un bonnet de nouveau-né que lui présente une lingère.
Sanguine.
Signé: P. A. Wille filius inv. del. 1767.
Ce grand dessin, d'un travail très fini, a été gravé sous un titre que je ne retrouve plus.
H. 31, L. 26.
Winkeles. Un Hollandais qui fit deux voyages en France; un à la fin du xviiie siècle, un autre à la fin du Directoire, et qui a laissé, sur le Paris de la fin du siècle, des vues historiques d'un grand intérêt, et animées de petits personnages qui sont mieux que des figures de dessinateur de monuments.
—Vue de l'entrée des Tuileries au Pont-Tournant, et de la loge-restaurant du Suisse du jardin. Nombreuses figures de promeneurs, de gentilshommes, de dames, d'abbés. A droite, un gardien en livrée dormant assis sur une chaise.
Lavis à l'encre de Chine.
H. 17, L. 23.
—Vue du château de Madrid au bois de Boulogne tel qu'il existait encore en 1802. Devant le château passe un wiski, attelé en arbalète de six chevaux, et au premier plan, un homme traîne un tonneau d'eau.
Aquarelle.
Au revers du dessin est écrit, de la main du dessinateur: Le château de Madrid au bois de Boulogne. Winkeles fils del. 1802.
H. 16, L. 23.