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La maison d'un artiste, Tome 1

PETIT SALON (continued 2)

Reading edition

Signé: J. B. Hûet, 1787.

H. 34, L. 44.

—Cour de ferme, où sur des bottes de foin est assise une jeune villageoise, adossée à la porte rustique d'un verger, sous laquelle joue un enfant.

Signé: J. B. Hûet, 1787.

H. 34, L. 44.

—Canard prenant son vol.

Aquarelle.

Signé: C. Huet, 1754[22].

H. 21, L. 39.

Huez. Un sculpteur qui fait des dessins de sculpteur.

—La France, appuyée sur un bouclier fleurdelysé, fait le geste de bénir une femme, ayant la main sur un aérostat. Dessin au bistre et à l'encre de Chine sur trait de plume.

Signé: D'Huez, qui a écrit dans la marge: La Physique présentant la machine aérostatique à la France qui la protège.

H. 31, L. 24.

Jeaurat (Edme). Dessinateur de scènes «du bas peuple» à la façon de Chardin, mais qui n'a rien de son ampleur magistrale. Ses dessins sont presque toujours exécutés au crayon noir avec une pierre d'Italie, presque grise, et très légèrement rehaussés de blancs à peine visibles, cela sur un papier bleuâtre, en sorte que ses études, aux contours et aux détails arrêtés par un petit trait sec, apparaissent comme éclairées par un clair de lune. On remarquera que trois de ces dessins de Jeaurat, quoique provenant de ventes différentes, portent gravée à froid une petite ancre: la marque du chevalier Damery. Cet amateur, dont le nom se trouve au bas d'un certain nombre d'estampes, comme le nom du possesseur d'une collection considérable de tableaux et de dessins, fut un homme d'un goût sûr, un choisisseur délicat et raffiné. Je signale sa marque aux amateurs: elle n'est jamais sur un dessin médiocre.

—Un homme et une femme du peuple dansant.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Étude des deux figures principales pour le tableau de la Place des Halles, gravé par Aliamet.

Portant la marque du chevalier Damery.

H. 22, L. 27.

—Trois femmes des halles faisant les cornes.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Étude pour le Transport des filles de joie a l'hôpital, gravé par Levasseur.

Portant la marque du chevalier Damery et du peintre Joyant.

H. 22, L. 28.

—Un homme attelé au brancard d'une charrette; en bas, à gauche, une répétition de la tête coiffée d'un bonnet au lieu d'un chapeau.

Dessin sur papier gris, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Étude pour le Déménagement du Peintre, gravé par Duflos.

H. 22, L. 19.

—Une femme assise dans un fauteuil, un sac au bras.

Dessin sur papier jaunâtre, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Étude de la femme pour la composition gravée par Balechou, sous le titre: le Mari jaloux.

H. 34, L. 26.

—Un malade assis à une table, comptant les parties de son apothicaire, un laquais appuyé au dos de sa chaise, une fille de chambre une seringue à la main.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Portant la marque du chevalier Damery.

H. 24, L. 30.

Lafitte (Louis). L'illustrateur que les éditeurs du Directoire et de l'Empire acceptèrent pour le continuateur de Moreau, un dessinateur incorrect et niais, dans l'imagerie duquel la recherche de David s'allie à des sentimentalités à la Bartolozzi.

—Intérieur d'atelier, à la muraille garnie de plâtres, du commencement de la Révolution; des élèves dessinent et peignent, d'autres lisent; un modèle de femme se repose la main sur un tabouret.

Dessin sur papier jaune, au crayon noir, rehaussé de blanc.

Signé à l'encre: L. Lafitte, 1790.

Ce dessin est le no 98 de la vente Lafitte, 1828, où il est ainsi décrit dans le catalogue: Représentation de l'atelier de Vincent et portraits de plusieurs de ses élèves pendant une heure d'étude.

H. 42, L. 54.

Lagrenée dit l'aîné (Louis-Jean-François). Un peintre et dessinateur gracieux, faisant de la grâce dans laquelle commence à apparaître le goût de l'antique et ces profils à la grecque, où le front passe au nez par une ligne droite sans rentrant.

—Une sultane accroupie à terre, une cuiller à la main, près d'une petite table basse où sont posées une théière et une tasse; dans le fond, deux suivantes versant de l'eau dans une bouilloire posée sur un trépied allumé.

Bistre sur trait de plume, rehaussé de blanc de gouache.

Étude pour un dessus de porte.

H. 11, L. 25.

La Joue (Jacques). Un artiste au dessin verveux et tordu, et qui, dans les personnages, semble le dessin d'un grand orfèvre, associant l'homme à la rocaille de ses créations. Un génie abondant, comme on disait alors, une imagination meublée de paysages aux arbres ornementaux, d'architectures ronflantes, de ruines théâtrales.

—Un encadrement portant en haut l'écusson de la maison d'Orléans, soutenu par deux amours, et descendant des deux côtés par des chutes de verdure et de treillage à des scènes de chasse au milieu desquelles se voit dans un cartouche le portrait de Wouwermans.

Dessin à la plume lavé d'encre de Chine.

Signé: Lajoue.

Gravé par Le Parmentier, sous le titre: Frontispice de l'Œuvre de Wouwermans.

H. 34, L. 45.

—Dans une bibliothèque, deux amours dont l'un porte une toque, une fraise, un manteau, et sur son ventre nu, le baudrier de la Comédie italienne. Tous deux sont appuyés sur un globe terrestre.

Un amour couronnant un buste encastré dans un obélisque, dont le soubassement porte les trois fleurs de lys; un second amour étendant les bras vers le buste.

Lavis à l'encre de Chine.

Tous deux signés: Lajoue.

Études pour dessus de portes.

H. 33, L. 32.

—Au pied d'un bouquet d'arbres et d'une fontaine surmontée d'un groupe d'animaux représentant un cerf forcé, des chasseurs se reposent couchés à terre; dans le lointain, une chasseresse à cheval qui a une amie en croupe.

Dessin à la plume lavé d'aquarelle.

H. 23, L. 27.

Lancret (Nicolas). Un dessin descendant de Watteau, mais sans ces appuiements cassés et ce brisement aigu de la ligne, qui sont le charme et la signature du grand Maître. En outre, le dessin est plus lourd, plus rond, plus ramassé, et toujours avec des extrémités balourdes. Lancret ne voit pas long comme voyait Watteau. Il serait toutefois injuste de ne pas accorder à Lancret une certaine ampleur décorative de beaux contours rocailleux, des grâces parfois solides, et, dans le procédé, la trituration du crayon noir et de la sanguine d'un vrai coloriste.

—Une femme debout et déclamant, un masque à la main, une autre assise et chantant, les yeux sur un livre de musique, toutes deux en robes et en petits toquets garnis de fourrures.

Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir et à la sanguine, gouaché de blanc.

Ces deux figures se retrouvent dans un tableau de Lancret, conservé dans les appartements du château de Potsdam.

Vente Villot.

H. 18, L. 30.

—Deux femmes vêtues, comme dans le dessin précédent, de robes et de toquets à la polonaise. Elles sont debout l'une en face de l'autre et semblent jouer une scène de théâtre.

Dessin aux trois crayons sur papier chamois.

H. 18, L. 24.

—Deux hommes dans l'attitude de présenter la main à une femme au bas d'un escalier, trois hommes vus de dos dans l'inclination d'un salut.

Feuille de croquis au crayon noir et à la sanguine sur papier blanc.

L'étude de l'homme présentant la main a été employée par Lancret, avec un changement, dans l'Adolescence, gravée par de Larmessin.

H. 23, L. 32.

—Un homme de profil tourné à droite dans le mouvement d'ajuster. Dans le fond, deux répétitions de sa tête coiffée d'une manière différente.

Dessin sur papier verdâtre rehaussé de blanc.

H. 31, L. 22.

—Un homme couché à terre, vu de dos, la tête de profil tourné à gauche.

Dessin à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc sur papier jaune.

Étude.

H. 22, L. 23.

Lantara (Simon Mathurin). Le peintre, le dessinateur amoureux des jeux de la lumière dans les vapeurs, dans les nuages, et qui met toujours un peu des vaporisations d'un clair de lune en ses ciels du jour.

—Un bord de rivière, ayant à droite un bouquet d'arbres, à gauche les toits d'un village, dans le fond une tour en ruine. Au premier plan, un homme dont une bourrasque, qui fait le ciel nébuleux, enlève le chapeau.

Dessin sur papier bleu au crayon noir estompé avec rehaut de craie.

H. 25, L. 39.

La Rue (dit des Batailles). Dessinateur au gros et épaté contour roussâtre, qu'on dirait une cernée faite par la pourriture du papier. Les dessins de La Rue sont très rares.

—Une course de chevaux dans un site italien.

Dessin au bistre tracé à la plume de roseau et lavé d'une teinte bleutée.

Vente Peltier.

H. 19, L. 47.

La Tour (Maurice-Quentin de). Un grand, un très grand pastelliste, mais avant tout l'homme unique des préparations, de ces savantes et vivantes ébauches de la physionomie humaine, qui peuvent tenir à côté de n'importe quel portrait de quelque école que ce soit.

—Une femme vue de face, à mi-corps. Poudrée, en coiffure basse du milieu du siècle, et d'où s'échappe et se déroule, à gauche, sur sa gorge, une boucle de cheveux appelée repentir, elle porte au cou un collier de ruban bleu, et sa robe décolletée est une robe de velours bleu garnie de dentelles et de fourrure de cygne. Derrière elle, le dos d'un fauteuil sculpté se détachant d'un fond bleuâtre.

Pastel.

H. 54, L. 48.

—Masque de La Tour.

Préparation pastellée sur papier jaunâtre.

Étude pour le portrait de l'artiste du Louvre.

H. 27, L. 17.

—Tête de femme de trois quarts tournée à gauche.

Préparation sur papier jaune, poussée au fini du pastel dans le visage; les cheveux seulement frottés d'une coloration de poudre, le cou indiqué par un trait de craie, le fond haché de bleu. Préparation mise au carreau.

Étude pour le grand portrait en pied de Mme de Pompadour du Louvre.

H. 36, L. 26 (ovale).

—Tête de femme de trois quarts tournée à gauche.

Préparation sur papier bleu, au crayon noir, rehaussée de craie, avec de la sanguine seulement sur les lèvres.

Le nom de Mlle Dangeville était écrit, d'une écriture du temps, sur une bande de papier collé sur le petit cadre noir habituel aux préparations de La Tour. Il est encore au dos du dessin. L'authenticité de l'attribution est confirmée par une seconde étude plus avancée qui figure au Musée de Saint-Quentin sous le no 64.

H. 30, L. 20.

—Tête d'homme vu de trois quarts, tourné à droite, un mazulipatan noué sur la tête.

Préparation sur papier bleu, aux trois crayons, rehaussée de pastel.

Étude pour le portrait de Dumont le Romain, conservé au Louvre.

H. 30, L. 20.

Lavreince (Nicolas). Un gouacheur qui n'a rien de la large manière de Baudouin, mais non sans mérite dans ses compositions d'une coloration aimable, d'un travail précieux, d'un badinage de pinceau dans les étoffes, léger, volant, zigzagant, et dans les chairs d'un fin aiguillage de petits tons délicats. Lavreince est, à l'heure qu'il est, la coqueluche des amateurs de tabatières, et cette année un riche carrossier, M. Mülbacher, vient d'acheter 25,000 francs les deux gouaches de «l'Assemblée au Salon» et de «l'Assemblée au Concert». Les deux gouaches, cataloguées ici, ont été achetées par moi moins chèrement chez un coiffeur de la rue de Vaugirard. Le besoin d'amuser, par quelque chose accroché au mur, l'homme auquel on coupe les cheveux, dont on racle le menton, a fait de la boutique des coiffeurs de la banlieue et de la province une des mines où les marchands de Paris et quelquefois les amateurs ont fait les plus heureuses retrouvailles de dessins et de gravures du xviiie siècle.

—Dans un parc, un homme assis à terre et lisant une brochure, où se distingue le nom de Figaro, à une société parmi laquelle sont deux femmes debout, abritées sous la même ombrelle; en un coin, une jeune fille chatouille avec une paille la figure d'un petit garçon qui dort.

Gouache sur vélin.

Signé: Lavreince, 1782.

Gravé de la même grandeur par Gutenberg, sous le titre: le Mercure de France. On lit dans l'annonce de la mise en vente de cette gravure publiée dans le Mercure de France du 27 novembre 1784: «La principale figure est M. de Beaumarchais lisant dans le Mercure l'extrait du Figaro.»

H. 29, L. 34.

—Sous de grands arbres, un homme couché à terre, un coude appuyé sur un tabouret, jouant de la flûte, un abbé pinçant de la guitare, une femme jouant de la mandoline; au milieu du groupe, une autre femme tenant ouvert un livre de musique, sur lequel est penchée une jeune fille.

Gouache sur vélin.

Signé: Lavreince.

Gravé de la même grandeur par C.-N. Varin, sous le titre: le Concert agréable.

Les gouaches du «Mercure de France» et du «Concert agréable» passaient en 1787 sous le no 378 à la vente Collet.

H. 29, L. 34.

Le Barbier (Jean-Jacques-François). L'artiste qui déshonore les Chansons de La Borde par sa collaboration, l'auteur de grands dessins philosophiques et patriotiques au trait d'un maître d'écriture, lavés sur des ombres à l'encre de Chine, de la froide aquarelle d'un lavis d'architecture.

—La Peinture et l'Histoire immortalisant Voltaire dans le temple de Mémoire, où son portrait est accroché à une colonne par un amour, et peint par une femme en tunique la palette à la main. Encadrement fait d'un rameau de laurier enrubanné.

Aquarelle sur trait de plume.

Signé: Lebarbier l'aîné, 1770.

H. 44, L. 31 (ovale).

Le Bas (Jacques-Philippe). Des dessins en quête de Lancret, et encore assez souvent de mignards croquetons à la mine de plomb sur peau vélin, où le sérieux graveur s'amuse à faire de la bergerie galante.

—Autour d'une table dressée sous un arbre, deux femmes et deux enfants, au milieu desquels un vieillard, le chapeau à la main, semble dire le Benedicite.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie avec rehauts de craie.

Signé dans la marge: J. P. Le Bas, 1739.

H. 27, L. 32.

—Jeune villageoise marchant avec un enfant, les pieds dans l'eau d'un ruisseau; au fond, deux femmes chargeant un cheval.

Croquis à la mine de plomb sur peau vélin.

H. 17, L. 23.

Lemoine. Ce pastelliste, ce dessinateur[23], cet auteur du joli profil de la Saint-Huberty, gravé par Janinet dans les «Costumes des grands théâtres de Paris» est aujourd'hui complètement oublié,—et l'homme et l'œuvre,—et ses dessins, qui ne sont presque jamais signés, donnent lieu aux attributions les plus extravagantes. Cependant le portraitiste a laissé des dessins qui méritent la restitution de son nom au bas de leur nuageuse indication. Ce sont des bustes de femmes, des femmes en pied dessinées avec des ombres et des lumières, sans l'arrêt, pour ainsi dire, d'un contour. Baignées de lueurs diffuses, ces femmes sont flottantes dans le fusinage, seulement fortifié çà et là de quelques accentuations de sauce. Des images troubles délicieusement vagues, qui demandent une grande intelligence de la lumière, et qui se rapprochent, avec un peu moins de légèreté, de l'estompage gris de quelques rares études d'Honoré Fragonard.

—Une femme posée à contre-jour devant une fenêtre, entre une toilette et un pupitre à musique. Elle est assise les jambes croisées, une main tenant un livre dans le creux de sa jupe. Vêtue d'une blanche toilette de linon, elle porte sur la tête un chapeau de paille enrubanné, au rebord abaissé sur les yeux.

Dessin estompé à la sauce.

H. 45, L. 38.

Lemoyne (François). Un grand dessinateur incorrect, le précurseur de Boucher, et qui a gardé dans ses corps de femmes et leurs airs de tête un peu de la grâce du Parmesan et de la manière de Véronèse.

—Une jeune fille en chemise, assise sur un tertre, la jambe droite allongée en avant, dans le mouvement d'une femme qui va se laver les pieds.

Dessin sur papier bleu, à la pierre noire, rehaussé de craie.

Portant les marques des collections Lempereur et Desperret.

H. 38, L. 26.

Lempereur (Jean-Baptiste-Denis). Un graveur auquel, sans qu'il soit nommé, l'œuvre gravé de Watelet doit beaucoup, et un agréable paysagiste en ses moments de loisir. De l'aimable banlieue de Paris, il a laissé des sanguines d'un croquant particulier, des aquarelles lavées des eaux de la pâle et blonde aquarelle de Boucher, des paysages au crayon noir dont l'estompage, mélangé de craie et d'un rien de sanguine, semble le procédé moderne de Clerget.

—Un escalier, surmonté de deux sphinx à tête et à gorge de femme, posés à l'entrée d'une terrasse à balustres menant à une habitation sous de grands arbres; en bas, un homme qui pousse une brouette.

Sanguine.

Signé: Lempereur, 1773.

Au dos du dessin était écrit: Vue d'un jardin à Fontenay-aux-Roses.

H. 30, L. 37.

—Une cour de ferme, où sur la droite est un hangar fait de troncs d'arbres et de branchages, au fond un homme assis sur une auge.

Aquarelle sur trait de plume.

Signé: Lempereur f., 1772.

Dans la marge de l'ancienne monture, de l'écriture du paysagiste: A Aulnay près Sceaux.

H. 22, L. 29.

—Une chaumière au toit défoncé dans un bouquet d'arbres.

Dessin au crayon noir estompé, mélangé de craie et de sanguine.

Signé: Lempereur, 1773.

Dans la marge: A Aulnay près Sceaux.

H. 20, L. 31.

Lepaon (Jean-Baptiste). De jolis petits soldats, de jolis petits canons, de jolis petits campements, de jolis petits sièges: ce sont là les dessins de cet artiste, qui s'engagea pour voir la guerre de près, et qui n'en a jamais été que l'enjoliveur et le bistreur coquet. Parmi les dessins de Lepaon qui figurent ici, il en est un curieux. C'est une grande aquarelle qui détruit l'assertion de Brunn Neergaard, avançant dans le Moniteur du 29 août 1806[24] que Lepaon n'a jamais fait d'aquarelle. Puis cette aquarelle représente l'équipage de chasse de la maison de Condé, dont Lepaon était le peintre officiel, et où parmi les piqueurs et au milieu des chevaux et des chiens figurent les princes de Conti et de Condé. Du reste, le dessin est assez mauvais, pas assez cependant, pour que le marchand qui le possédait, ait cru devoir me le donner par-dessus le marché pour envelopper une gravure qu'il m'avait vendue.

—Opérations d'un siège avec la vue du camp assiégeant, de ses tranchées, de ses batteries. Au premier plan, une femme se promène, une ombrelle à la main, au bras d'un officier, tandis qu'un peintre, un genou posé à terre, fait un croquis.

Dessin au bistre sur trait de plume.

H. 19, L. 48.

—Halte de cavalerie dans un village; au premier plan, un cavalier, descendu de cheval, prend un sac des mains d'une vieille femme.

Bistre sur trait de plume.

H. 29, L. 39.

—Un hallali à Chantilly. Un piqueur sonnant de la trompe à cheval, valets de chiens se reposant couchés à terre, chiens se désaltérant à une mare. Sur la droite, en habits rouges à collets et à revers de velours noir, le prince de Conti et le prince de Condé causent ensemble.

Aquarelle.

Signé: Lepan (sic) fecit 1769.

H. 41, L. 56.

Lépicié (Nicolas-Bernard). Du petit, du très petit Chardin, dans un dessin cependant serré, détaillé, étudié à la pointe d'une pierre d'Italie très grise, sur du papier jaune, avec des rehauts de craie et de sanguine, qui font des études d'après nature de Lépicié, de tièdes et de blondes préparations pour sa claire peinture.

—Dans un intérieur rustique, Lépicié, assis, prend un verre de vin sur une table, ayant entre ses jambes un enfant qui mange un morceau de pain.

Dessin terminé au crayon noir, rehaussé de craie et de sanguine.

Signé: Lépicié.

C'est le dessin du tableau qui figurait dans la galerie Boitelle.

H. 45, L. 38.

Leprince (Jean-Baptiste). L'esprit, le ragoût, la couleur de Boucher transportés dans des dessins, dans des lavis, presque tous consacrés à la reproduction de sujets russes. Le dessin des «Joueurs de tonneau» a son histoire: acheté par le marchand de gravures Dauvin, chez le peintre Decamps, il avait fait presque les frais de la composition d'un de ses tableaux.

—Une jeune femme en costume russe, un oiseau posé sur un doigt de sa main.

Sanguine.

Gravé en fac-similé dans l'œuvre de Demarteau, sous le no 537.

H. 33, L. 22.

—Dans un riche intérieur, une femme en costume russe jouant de la guitare, pendant qu'une petite esclave pose un rafraîchissement sur une table.

Aquarelle.

Gravé en couleur par Marin, sous le titre: The Pleasures of solitude, et publié à Londres.

H. 23, L. 15.

—Dans un paysage russe, un pont élevé sur de hauts piliers menant à la porte d'une ville fortifiée.

Bistre.

Signé: B. Le Prince.

H. 24, L. 26.

—A la porte d'une chaumière, cinq paysans jouant au tonneau; dans le fond, un homme prenant une femme par la taille.

Bistre.

H. 27, L. 35.

—Dans un caback, une guinguette des environs de Moscou, devant une estrade où des gens boivent et fument, un couple de Russes exécute la danse nationale, aux sons d'un orchestre monté sur des tonneaux.

Lavis d'encre de Chine sur frottis de sanguine.

Signé: Le Prince, 1778.

Gravé par Leprince, sous le titre: la Danse russe.

H. 32, L. 57.

Lesueur (Louis). Dessinateur-paysagiste qui raye et griffonne ses lavis de fins traits de plume, ressemblant à l'égratignure d'une aiguille sur du cuivre.

—Cour de ferme devant la porte de laquelle un âne chargé de paniers se met au pas, suivi de la fermière.

Bistre retouché de plume.

Signé: L. Lesueur, 1782.

H. 13, L. 21.

Liotard (Jean-Étienne). L'artiste excentrique et cosmopolite, le pastelliste de «la Chocolatière» dont les trois crayons ont une certaine ressemblance avec les trois crayons de Portail, et dont, par un hasard inexplicable, on ne connaît guère que des contre-épreuves. Je crois que la femme de ma collection est de la suite de ces costumes de femmes de tous les pays contre-épreuvées, que possède le cabinet des Estampes.

—Femme de profil tournée à droite, la tête vue de trois quarts. Habillée d'une robe semée de pois sur laquelle est jeté un mantelet à capuchon, elle tient ses mains dans un petit manchon de soie au rebord de fourrure.

Contre-épreuve d'un dessin à la pierre d'Italie et à la sanguine.

H. 30, L. 20.

Loutherbourg (Philippe-Jacques). Tantôt imitant le faire de Leprince, tantôt le faire des maîtres flamands, et, dans cette dernière imitation, se servant d'un papier rugueux assez semblable au papier préparé pour la peinture à l'huile, et sur lequel, les lavis au bistre prennent le caractère d'esquisses brossées au bitume.

—Réjouissances publiques, où des pifferari font danser des marionnettes; sur une fontaine décorative est écrit de la main du peintre: Il nous est rendu.

Bistre sur trait de plume.

Signé au pinceau: Loutherbourg.

Vente Tondu.

H. 27, L. 36.

—Repos de pâtres italiens sous un grand arbre; à droite, un homme, monté sur une mule caparaçonnée, boit à une gourde, la tête renversée en arrière.

Bistre avec rehauts de blanc de gouache sur un papier préparé, à la nuance verdâtre.

H. 33, L. 43.

Machy (Pierre-Antoine de). Devant les aquarelles de cet homme, dont la peinture rappelle un peu la peinture de Guardi, un étonnement vous prend à les trouver si sales, et peuplées de personnages qui annoncent les bonshommes de Béricourt.

—La colonnade du Louvre en perspective, au fond le palais Mazarin et l'Hôtel des Monnaies, à droite les maisons qui masquaient la façade de Saint-Germain-l'Auxerrois[25]. De nombreux personnages sur la petite place, un arracheur de dents, un marchand de mort aux rats, un porteur d'eau, des marchandes à éventaires, des promeneurs.

Aquarelle.

H. 33, L. 63.

Mallet (Jean-Baptiste). Le dernier représentant de la gouache, de cet art tout xviiie siècle, et qui ne survécut pas à la monarchie. Aussi les gouaches de Mallet, passé la Révolution, sont aigres, ses chairs de femmes briquées, l'ensemble du travail pénible. Et il arrive un moment où Mallet laisse le faire et le badinage de l'ancienne gouache française, pour une gouache qu'il touche avec les petites lumières carrées de la peinture de Téniers, appliquée à des sujets français qu'il habille à la hollandaise.

—Dans une chambre, décorée à la mode du Directoire, et que des objets de peinture, posés sur un secrétaire, disent la chambre d'un peintre, un jeune homme verse une tasse de thé à son modèle, une femme en chemise assise sur ses genoux, tandis qu'une autre femme, debout devant le groupe, remue une cuiller dans la tasse qu'elle tient à la main.

Gouache.

Signé sur un carton: Malet f.[26].

H. 22, L. 29.

—Un antiquaire assis dans une galerie, où se voient des statues, des bustes, des vases, des lampes, une momie; une jeune femme, qu'un jeune homme tient par la taille, regarde avec lui dans le tiroir d'un médaillier.

Aquarelle sur trait de plume, relevée de gouache.

Dessin du tableau exposé au Salon de l'an IX.

H. 22, L. 32.

—Dans l'encadrement d'une fenêtre soutenue au milieu par une statuette d'Amour, et où monte une vigne, une femme, en costume flamand, fait pisser, dans un vase de bronze, un petit enfant à la brassière écourtée.

Gouache.

Signé au pinceau dans la muraille: Mallet.

H. 23, L. 17.

Marillier (Clément-Pierre). Ce vignettiste, que les bibliophiles sont en train de faire l'égal des premiers dans son genre, commence la série des illustrateurs qui n'ont plus le dessin du peintre, ainsi que l'avaient Gravelot, Moreau, Eisen, et ne peuvent sortir du petit dessin pinoché du graveur. Dans ses compositions les plus réussies, Marillier ne s'élève jamais au delà de la gentillesse.

—Une jeune femme alitée dans sa chambre à coucher et à laquelle une fille de chambre apporte une tasse de tisane; à son chevet est assis un gentilhomme.

Dessin à la plume lavé de bistre.

Signé dans la marge: C. P. Marillier inv. 1775.

Gravé par de Longueil pour les œuvres d'Arnaud de Baculard.

H. 6, L. 9.

—Une jeune femme, qu'une fille de chambre habille devant un miroir tenu par une autre chambrière; un rustaud, le chapeau à la main, est en train de saluer la femme.

Bistre.

Signé dans la marge: C. P. Marillier inv. 1775.

Gravé par Delaunay pour le conte de Pauline et Suzette, anecdote française.

H. 6, L. 9.

—Dans un cadre, un enfant nu couché aux pieds de deux bornes, au-dessus un miroir entouré de rayons, au-dessous une épée suspendue dans une couronne de laurier.

Lavis à l'encre de Chine.

Signé: C. P. Marillier inv. 1779.

Gravé par Texier pour le cul-de-lampe de Valmiers, anecdote.

H. 11, L. 8.

Massé (Jean-Baptiste). Un portraitiste faisant revivre dans les petits portraits qu'il fait de ses contemporains, le sourire de l'époque. Il est miniaturiste de son métier, et ses dessins, lumineux et roses sur papier jaune, ont quelque chose de l'ébauche sur l'ivoire d'une miniature.

Buste d'un homme de cour poudré, un large nœud de ruban noir au cou.

Dessin sur papier jaune, au crayon noir estompé avec rehauts de craie et de sanguine, et encore avec un léger lavis d'aquarelle sur la figure.

Signé dans l'encadrement: J.-B. Massé fecit.

H. 17, L. 13 (ovale).

Meissonnier (Juste-Aurèle). L'ornemaniste au beau dessin turgide, amendé toutefois, en sa correcte exubérance, des extravagances et des écarts de goût du Borromini,—le créateur de la rocaille française.

—Candélabre à cinq lumières, imaginé dans le serpentement et l'entre-croisement de branchages; un aigle dans la niche, formée en bas par les tortils de la rocaille, un amour soutenant la plus haute girandole.

Dessin au crayon noir et à la plume et à l'encre de Chine, lavé d'une teinte jaune. Il a été mis au carreau.

Gravé dans l'Œuvre de Meissonnier sous le titre: Projet d'un grand Chandelier pour le Roi.

H. 29, L. 19.

Monnet (Charles). Peintre d'histoire et dessinateur possédant le dessin courant du temps.

—Le Dauphin, la Dauphine travaillant à un métier de tapisserie, entourés de leurs enfants (Louis XVI, Louis XVIII, Charles X).

Lavis d'encre de Chine sur trait de plume.

On lit au dos du dessin, d'une écriture du temps: «M. le Dauphin, Mme la Dauphine, les trois princes, M. le duc de la Vauguyon et le Père Berthier, composition originale de Monnet, peintre du Roi. J'en ai trois autres du même sujet par le même avec différences.» Un de ces trois autres projets, en hauteur et au bistre, existe au revers du dessin.

Ce dessin du tableau exposé au Salon de 1771, réduit à la dimension d'une vignette, a été gravé sous le titre: Quelle école pour les pères! dans «le Vicomte de Valmont ou les Égarements de la Raison», vol. IV.

Vente Monmerqué.

H. 38, L. 41.

—Télémaque embrassant l'Amour dans les bras d'Eucharis; au fond, danse de nymphes.

Gouache sur vélin.

Dessin original[27] faisant partie de l'illustration de l'exemplaire du «Télémaque» de Didot in-4o, imprimé sur peau vélin que j'ai possédé.

H. 20, L. 14.

Moreau le jeune (Jean-Michel). L'habile ordonnateur et metteur en scène des assemblées de gentilshommes et de grandes dames parées, des Sacres, des Revues, des Bals de cour, des Feux d'artifices, le dessinateur sans pareil des intérieurs et des élégances de la vie de son temps. J'ai eu la bonne fortune d'acquérir son plus beau dessin et je vais raconter l'histoire de ce dessin. Dans la vie de Le Bas d'après des notes manuscrites de l'expert Joullain, chargé de la vente du graveur, mon frère et moi avons dit qu'il avait été commandé par Le Bas à Moreau: «M. Moreau jeune avait fait prix avec M. Le Bas pour ce dessin à 600 livres payées comptant, et deux douzaines de la planche qui devait être gravée d'après ce dessin, dont moitié desdites épreuves avant et moitié après la lettre. Il a exigé de la succession de M. Le Bas pour indemnité de ces épreuves la somme de 480 livres. Il avait reçu 600 livres; total 1,080 livres.» A cette vente Le Bas, en 1783, le dessin payé 1,080 livres se vendait seulement 610, et était acheté par le libraire Lamy qui l'acquérait pour le faire graver[28]. Des mains de Lamy où passait le dessin? On ne le savait, et on le croyait perdu, lorsqu'il se retrouvait, en 1859, en la possession d'un petit chemisier du quartier des Halles, dont la femme, de bonne famille, était la fille d'une personne qui, je crois, avait été attachée au service du comte de Bordeaux. Le dessin était offert au Musée, et successivement à tous les riches amateurs de Paris, au prix de 1,000 francs. M. Reiset m'indiquait l'existence du dessin. J'allais le voir et étais très tenté, mais je me trouvais n'avoir devers moi que quelques centaines de francs et ne pouvais en offrir que quatre cents francs. J'étais refusé, et n'y pensais plus quand, à quelques semaines de là, un soir on sonna chez moi. J'allais ouvrir et me trouvais en face d'une jeune femme, portant sur son bras un enfant, et tenant de sa main libre une grande chose enveloppée dans une serviette. C'était la Revue du Roi. J'avoue que, quand je regarde mon Moreau aujourd'hui, je ressens comme un remords d'avoir eu à offrir si peu d'argent à cette pauvre femme si touchante dans son sacrifice, où l'on sentait la gêne d'affaires embarrassées.

—Petite fille endormie dans son lit. Elle est représentée de profil tournée à gauche, ses deux bras reposant sur le drap que soulève une de ses jambes relevée.

La même petite fille endormie tournée de l'autre côté. Elle a la tête soulevée et enfoncée dans l'oreiller, et les deux bras étendus et croisés devant elle.

Dessins lavés d'encre de Chine sur trait de plume.

—Deux études, très probablement faites par le père, d'après la petite fille, devenue depuis la mère d'Horace Vernet.

H. 10, L. 15.

—Vieille femme assise, les bras croisés, un mantelet de soie noire sur les épaules; à côté d'elle, un chat sur une table. Le mur du fond est décoré de quelques estampes encadrées, parmi lesquelles on remarque la Tête d'expression, gravée par Cochin, et une marine d'après Vernet, à laquelle la mère de Cochin a travaillé. Serait-ce le portrait de Madeleine Horthemels?

Dessin lavé au bistre sur trait de plume.

H. 19, L. 16.

—Le roi Louis XV à cheval, son livret en main, passant la revue de sa Maison militaire, qui défile dans le fond; au premier plan nombreux carrosses sur lesquels sont montées des chambrières dont les jupes s'envolent sous un coup de vent.

Dessin lavé à l'encre de Chine sur trait de plume.

Signé: J. M. Moreau le Jeune 1769.

Ce dessin, exposé au Salon de 1781, a été gravé de la même grandeur par Malbeste, sous le titre: la Revue du Roi a la plaine des Sablons.

Vente Le Bas.

H. 35, L. 74.

—Dans la basilique de Reims, le roi Louis XVI prêtant entre les mains de l'archevêque «le serment du royaume».

Dessin lavé de bistre sur trait de plume.

Signé: J. M. Moreau le Jeune, 1775.

Première idée de la scène gravée avec changement et ampliation à droite, sous le titre: le Sacre de Louis XVI, dessiné d'après nature et gravé par J. M. Moreau le Jeune, dessinateur et graveur du cabinet du Roi, 1779.

H. 37, L. 49.

—La reine Marie-Antoinette allant, le 21 janvier 1782, rendre grâce à Notre-Dame et à Sainte-Geneviève pour la naissance du Dauphin. Partie de la Muette, ayant pris ses voitures au rond du Cours-la-Reine, elle passe sur la place Louis XV, dans un carrosse attelé de huit chevaux blancs, et suivi des cent-gardes du corps du Roi. Le dessin est pris de la terrasse du palais Bourbon, où des curieux pressés contre la balustrade regardent le défilé et la foule immense de l'autre côté de la Seine. Dans le coin, à gauche, le prince de Condé et le duc de Bourbon causent, les mains dans des manchons, avec un groupe de femmes.

Dessin lavé à l'aquarelle sur trait de plume.

Ce dessin, qui faisait partie des dessins commandés à Moreau pour perpétuer le souvenir des journées des 21 et 23 janvier 1782, n'a point été gravé. Est-ce le dessin lavé offrant une vue perspective de la place Louis XV prise de la terrasse du palais Bourbon, que Thierry place dans le boudoir du palais?

H. 45, L. 105.

—Diane,—Iphigénie,—Oreste,—Thoas,—Garde de Thoas,—Scythe.

Dessins à l'aquarelle sur trait de plume.

Signés tous les six: J. M. Moreau le Jeune, 1781.

Recueil des costumes commandés par l'Académie royale de musique à Moreau, pour monter l'opéra d'«Iphigénie en Tauride», dont la première représentation eut lieu le 23 janvier 1781.

H. 23, L. 16.

—Un pont en bois jeté sur une petite île et reliant les deux rives d'une rivière ombragée d'arbres, où se tiennent des pêcheurs à la ligne.

Dessin à l'encre de Chine.

H. 26, L. 35.

Moreau l'aîné (Louis). Un des gouacheurs les plus habiles, les plus légers, les plus pimpants, et le paysagiste qui, pour moi, a seul rendu la gaieté et le riant de la campagne parisienne. Les deux gouaches de ma collection sont de la plus belle qualité du Maître. Le jour où je les vis à l'exposition du boulevard des Italiens en 1860, ce fut chez moi un désir fou de les posséder. Et ce désir était de temps en temps réveillé par une vente que faisait, par-ci par là, leur possesseur, le miniaturiste Carrier: une vente où les gouaches désirées n'apparaissaient jamais. J'en étais venu à des vœux homicides, et étais presque tenté d'imiter ce monsieur, auquel un de mes oncles avait enlevé aux enchères une paire de cornets de Chine d'un rouge très laid, mais introuvable; pendant plusieurs années, il vint tous les ans s'informer chez le concierge si mon oncle était encore vivant. Enfin M. Carrier mourait en 1875, et les aquarelles étaient vendues; mais cette fois, au lieu de les acheter 2 ou 300 francs, leur valeur en 1860, j'étais forcé de les payer 1,325 francs.

—Entrée d'un parc auquel mènent cinq marches, à gauche une rangée de caisses et de pots de fleurs. Dame, une ombrelle à la main, dont un serviteur porte la traîne.

Gouache.

Signé: L. M. 1780.

Vente Carrier.

H. 29, L. 23 (ovale).

—Intérieur de parc, où, sous un arbre penché, se voit le départ d'une rampe d'escalier, surmontée d'une pomme de pin en pierre. Bergère assise, une houlette en travers des genoux; un berger lui offre un bouquet de fleurs.

Gouache.

Signé: L. M. 1780.

Vente Carrier.

H. 29, L. 22 (ovale).

—Jardin chinois, où s'élève au milieu des arbres une pagode à clochetons; une gondole à l'ancre dans une pièce d'eau. A droite, au premier plan, un gentilhomme donne des ordres à un jardinier; à gauche, un homme, une bêche à la main, est assis sur un rouleau à fouler le gazon.

Aquarelle légèrement gouachée.

H. 39, L. 32 (ovale).

Natoire (Charles). Le Boucher de la seconde moitié du siècle, mais n'ayant de son prédécesseur, et de seconde main encore, que la pratique et la convention, et rien de ce que Boucher avait vu de la nature, même avec ses yeux du xviiie siècle.

Toutefois il y a, dans l'œuvre de Natoire, des paysages romains, amusants, spirituellement décoratifs, faits d'un rien d'aquarelle et de gouache jeté sur une feuille de papier bleu couverte d'un croquis à la plume: des dessins que le peintre aimait, collectionnait, et dont on vendait une suite de 160 à sa mort.

—Dessin allégorique pour la naissance d'un dauphin de France. Un génie dans une draperie fleurdelysée, présentant un nouveau-né à l'Olympe trônant sur les nuages, sous les yeux d'une femme assise, au manteau doublé d'hermine, et entourée des Muses. Au premier plan, à droite, les nymphes de la Seine offrant des fleurs, à gauche, une caverne où rentrent les génies de la Discorde, au milieu des amours jouant avec des globes terrestres et des télescopes.

Aquarelle sur crayonnage.

H. 43, L. 69.

—Deux figures de femmes couchées sur les nuages et représentant: le Printemps, l'Été.

Lavis au bistre sur papier bleu avec rehauts de blanc de gouache[29].

Ces deux dessins ont été exécutés pour des plafonds.

H. 20, L. 25.

—La Muse de la musique entourée d'amours, une main sur une lyre, l'autre soutenant la bande d'une partition qu'un amour déroule dans le ciel.

Dessin sur papier bleu à la pierre d'Italie rehaussé de craie.

Dessin d'un dessus de porte.

H. 21, L. 29.

—Vue de la villa d'Este. Au premier plan une femme agenouillée donnant à boire à des chèvres, et sur le piédestal d'une louve allaitant Rémus et Romulus, un homme jouant de la guitare.

Croquis à la plume lavé d'aquarelle et de gouache sur papier bleu.

Signé: Villa d'Est. magio 1766 C. N.

H. 30, L. 47.

Nattier (Jean-Marc). Le portraitiste auquel est attribué un certain nombre d'études rapides, enlevées d'une manière similaire, mais dont on n'a pas retrouvé, que je sache encore, la peinture ou la gravure d'aucun de ces jets sur le papier[30]. A ces études de portraits se trouve réunie dans ma collection, une grande machine décorative, une de ces compositions avec lesquelles Nattier, qui se levait de fort bonne heure, amusait ses matinées avant l'arrivée de ses modèles du grand monde.

—Une femme à mi-corps, assise de face sur une chaise, le haut du corps un peu penché à droite, en train de faire de la frivolité.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Vente Villot[31].

H. 33, L. 30.

—Un homme à mi-corps, de profil, tourné à droite, la tête retournée et vue de trois quarts, un carton sur les genoux, à la main un compas avec lequel il trace une figure géométrique.

Dessin sur papier bleu à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Vente Villot.

H. 30, L. 25.

—Triomphe d'Amphitrite; au-dessus de la conque traînée sur les eaux, une grande voile déployée dans le ciel que soulèvent et tendent des amours.

Lavis d'encre de Chine sur trait de plume, avec dans certaines parties des rehauts de blanc de gouache. Le dessin a été mis au carreau.

Signé au dos du dessin: J. M. Nattier invenit et delineavit 1758, et, d'une écriture du temps, au crayon: Peint en 1759.

Vente Peltier.

H. 29, L. 52.

Norblin (Jean-Pierre de la Gourdaine). Un faiseur de taches à l'encre de Chine, à l'imitation des taches au bistre faites par Fragonard; un crayonneur gras et croquant à la mine de plomb, à l'imitation des crayonnages de Fragonard à la sanguine.

—Un cabaret où un homme cherche à embrasser une femme qui se défend.

Une course à la bague dans la campagne, où l'on voit au premier plan un homme caracolant, armé d'une lance.

Deux croquetons à la mine de plomb.

H. 10, L. 17.

—La Main-chaude. Sous de grands arbres, au milieu d'une nombreuse compagnie, une jeune fille frappant dans la main posée sur le dos d'un homme, dont la tête est cachée dans les jupes d'une femme.

Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume, en forme d'écran.

H. 29, L. 27.

—Le Jeu de bascule. Sous de grands arbres, des jeunes filles et des jeunes gens se balançant sur un tronc d'arbre basculant.

Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume, en forme d'écran.

H. 29, L. 27.

Olivier (Michel-Barthélemy). Des dessins non signés, que les marchands ont offerts pendant longtemps aux amateurs, sous des attributions absurdes, et que les amateurs n'achetaient pas, les croyant fabriqués par un faussaire: ces dessins ayant quelque chose d'une modernité suspecte. Enfin, il y a une quinzaine d'années, dans une vente, je crois, d'un descendant d'Olivier, arrivait aux enchères un lot de ses eaux-fortes et de ses dessins, dont quelques-uns étaient la première idée de quelques-unes des eaux-fortes. Ce jour-là on était fixé sur ces dessins inconnus, on avait à faire à Olivier, le peintre officiel du prince de Conti, l'auteur des curieux tableaux du Thé à l'anglaise dans le salon des Quatre-Glaces au Temple, de la Fête dans le Bois de Cassan à l'Ile-Adam. Les dessins d'Olivier sont de petits, petits, petits dessins, à la recherche d'intentions spirituelles, et s'appliquant à rappeler dans le mélange de la sanguine, du crayon noir, de la craie, l'esprit et la couleur des dessins de l'école de Watteau. Quelquefois même des touches de pastel viennent s'ajouter aux trois crayons et agrémenter les études du peintre galant du Temple, d'un coloriage léger et gai. Très souvent aussi, à l'imitation de Watteau, le sujet principal est accompagné du crayonnage d'une tête, d'un bras, d'une main, d'un croqueton qui fait contraste avec l'étude terminée.

—Deux femmes de profil, tournées à gauche, se promenant. Elles sont habillées en grand habit avec des plumes dans les cheveux; l'une d'elles tient à la main un éventail fermé. Sur le fond est jetée une étude de tête.

Dessin aux trois crayons sur papier chamois.

H. 24, L. 17.

—Femme assise à terre, coiffée d'un papillon, elle est entourée d'études de bras et de mains.

Sanguine; trois des études de bras et de mains sont à la pierre d'Italie.

H. 15, L. 20.

—Femme assise, les jambes allongées, une main tendue et montrant quelque chose dans le lointain.

Dessin sur papier gris, à la pierre d'Italie et à la sanguine rehaussé de pastel.

H. 13, L. 21.

—Rose endormie, couchée sur une chaise longue, un livre tombé de ses mains; du dessous de ses jupes remontées, son petit chien toutou aboie après un garçonnet penché sur le dossier et regardant les mollets de la belle.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, frotté de sanguine et rehaussé de blanc.

Ce dessin, en hauteur, a été gravé en largeur avec de nombreux changements et l'introduction d'une fille de chambre, sous le titre: le Sommeil interrompu. Il ne porte ni nom de dessinateur ni nom de graveur, dans sa marge qu'emplissent vingt-cinq vers.

H. 32, L. 26.

Oudry (Jean-Baptiste). On disait, de son temps, Oudry encore plus attaché à ses dessins qu'à ses tableaux, et que, de ses dessins, il composait des portefeuilles de cinquante morceaux variés, de manière que celui qui en possédait un seul, avait un échantillon de tous les genres embrassés par le peintre. En effet, l'illustrateur des Fables de la Fontaine est universel, mais plus particulièrement paysagiste et avant tout animalier. Dans ses dessins d'animaux presque toujours exécutés sur papier bleu, à la pierre noire avec rehauts de craie, il apporte une habileté dont le seul défaut est peut-être la constante égalité, le faire uniformément semblable, une perfection qui vous laisse sans surprise. Ses dessins aux beaux écrasements de crayon noir dans l'ombre, aux détails simplifiés dans les clairs,—et tout lumineux des lumières posées par l'homme qui peignait des oiseaux blancs sur fond blanc,—arrivent à une unité d'effet extraordinaire et sous des apparences faciles, à ce résumé concret de l'objet représenté que donne seul un savoir énorme. Et les heureux et magistraux dessins qu'a laissés ce dessinateur toujours occupé à crayonner, ce dessinateur «des perdrix au plumage bizarre, des cerfs à tête singulière» tués par le Roi, ce dessinateur de tous les animaux inconnus et étranges arrivant à la ménagerie de Versailles. Ce sont de pittoresques accumulis de poissons qui lui faisaient faire, au dire des «Mémoires des Académiciens», dix voyages à Dieppe pour les dessiner dans toute leur fraîcheur; ce sont de ces buffets ou de ces dispositions de deux pièces de gibier, accrochées à un clou au-dessus d'une tablette garnie de victuailles ou d'accessoires, d'une touche de crayon qu'on supposerait être celle de Chardin; ce sont de savantes études de chiens, de la grosse bête chassée par la vénerie royale, etc. Et même le paysagiste n'est pas à dédaigner: ses dessins de grands parcs avec un bout d'escalier, avec un angle de terrasse à balustres, se font remarquer tout de suite par une connaissance de l'anatomie de l'arbre, une science de ses embranchements, et encore par un éclairage du dessous des grandes futaies qui n'appartiennent qu'à Oudry.

A propos des dessins à la sanguine d'animaux d'Oudry, on doit se défier de certains dessins un peu dans sa manière, mais d'un crayonnage plus maigre, et qui sont du nommé Dugommer; quant à ses paysages à la pierre d'Italie, sur papier bleu, il faut prendre garde à quelques dessins de Pierre, moins libres cependant que ceux d'Oudry, mais qui a travaillé d'après nature à Arcueil, dans l'ancien parc du prince de Guise, et reproduit les mêmes motifs que son confrère. Enfin il ne faut pas craindre d'acheter des paysages d'Oudry dans lesquels se promènent des personnages de l'Empire: un marchand du commencement du siècle qui en possédait un certain nombre, ayant eu, pour les vendre, l'idée de faire peupler leur vide et leur solitude, par un artiste contemporain dont on m'a dit le nom que j'ai oublié.

—Un chien barbet surprenant un cygne sur ses œufs.

Dessin sur papier bleu, lavé à l'encre de Chine, rehaussé de gouache.

Signé: Oudry fecit pour présent.

Dessin du tableau exposé au Salon de 1742 et peint pour la salle à manger de M. Bernard l'aîné.

H. 35, L. 40.

—Attaque d'un loup par trois dogues.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc et de quelques touches de pastel.

H. 44, L. 27.

—Dans l'angle ruineux d'un parapet donnant sur la mer, un amoncellement de poissons surmontés d'un congre et d'une anguille de mer ficelés à un clou; sur le parapet, un perroquet.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Signé à la plume: Oudry, 1740.

Vente Andreossy.

H. 31, L. 43.

—Un baquet débordant de poissons de mer répandus à terre; sur un bout de mât où sèche un filet, un perroquet.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Signé à la plume: Oudry, 1740.

Vente Andreossy.

H. 31, L. 40.

—Un canard et un lièvre accrochés à un clou; en bas, des bouteilles, du pain, du fromage.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Dessin du tableau peint pour le dessus de cheminée de M. Jombert, libraire, et exposé au Salon de 1742.

H. 39, L. 22.

—Dans une niche de buffet, un faisan et un lièvre accrochés à un clou; sur la tablette, gigot, volaille piquée, cardons, bouteilles et panier.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Signé: J. B. Oudry, 1743.

Dessin du tableau fait pour la salle à manger de M. Roettiers, orfèvre du Roi, et exposé au Salon de 1753. Il y a quelques changements dans les accessoires.

H. 35, L. 26.

—Un chien à côté d'un tabouret de canne où sont posés une musette, des estampes, un livre.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Dessin du tableau pour devant de cheminée exposé au Salon de 1742 et acquis par M. Watelet. Le tableau est aujourd'hui au château de Jeand'heurs appartenant à M. Léon Rattier.

H. 24, L. 33.

—Vue d'un parc terminé par une terrasse à balustres donnant sur une rivière.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

Signé: J. B. Oudry, 1744.

Vente Guichardot.

H. 32, L. 53.

Pajou (Augustin). Un sculpteur qui dessine avec le pittoresque, le brio d'un dessinateur de profession. Ses dessins, qui ne sont pas très communs, sont généralement lavés d'un chaud bistre sur un trait de plume.

—Projet d'une fontaine à têtes de béliers et à godrons, surmontée d'un cygne, et dont la panse, où deux amours s'embrassent, est soutenue par deux satyres. Le socle est formé par trois cariatides à queue de serpent.

Bistre sur trait de plume.

Signé: Pajou.

Vente Tondu.

H. 32, L. 18.

—Projet de brûle-parfum, au couronnement formé d'un amour et de deux satyres.

Bistre sur trait de plume avec rehauts de blanc de gouache.

H. 14, L. 18.

—Dans un fronton, accoudées à un écusson vide et couronné de fleurs de lys, les figures de la Prudence et de la Libéralité.

Sanguine.

Ce dessin, très terminé, est le projet définitif, et tel qu'il a été exécuté, du fronton du pavillon de droite du Palais-Royal, sur la place.

H. 22, L. 59.

Parizeau (Ph.-L.). Des dessins de paysage où tout est gracieux: les arbres, les bêtes, les paysans.

—Une chaumière, où une femme, assise dans la baie de la porte, est entourée de petits enfants jouant sur le seuil.

Sanguine.

Signé sur le mur de la chaumière: Ph. L. Parizeau, 1775, près Longjumeau.

Étude par Parizeau, dans un voyage avec Wille, et dont Wille donne les étapes dans ses «Mémoires», à la date du 3 septembre 1775.

H. 18, L. 43.

Parrocel (Charles). Le peintre de l'entrée de l'Ambassadeur turc, le coloriste, dont les yeux semblent avoir toujours gardé la mémoire de ces tableaux de Bourguignon faits sur cuir doré, et où l'or, épargné par la peinture, faisait les cuirasses; le dessinateur dont la plume et la sanguine ont une sorte de furia, le croqueur instantané habitué à saisir le galop d'un cheval, et qui, en ses hâtifs et cursifs et carrés dessins, rencontra quelquefois de petits cavaliers au torse superbe, aux pans d'habits renflés, qui ont quelque chose du crayonnage de Watteau.

—La course de la bague, avec la tête du pistolet, la tête de l'épée, la tête de lance, la tête de Méduse, etc.

Sanguine.

Gravé à l'eau-forte par Parrocel, en réduction et avec quelques petits changements dans «l'École de cavalerie» par M. de la Guerinière, vol. Ier, p. 30.

Vente Le Bas, où ce dessin était catalogué sous le no 37.

H. 26, L. 46.

—Un palefrenier étrillant un cheval.—Une échoppe de regrattier.—Un maréchal-ferrant travaillant la mâchoire d'un cheval.

Lavis d'encre de Chine sur trait de plume.

Ces trois dessins sont gravés dans une suite d'après le Maître.

H.17, L. 13.

Pater (Jean-Baptiste). En dépit de la disproportion des parties d'un corps, d'un dégingandement parfois singulier de ses figures dessinées, Pater est le dessinateur qui approche le plus de son Maître. Il ne vous trompera pas avec un de ses trois crayons,—là Watteau défie tout le monde;—mais le plus fin connaisseur pourra être pris à un croquis, à un croqueton à la sanguine, tant l'élève s'est assimilé le jet et le ressentiment du contour de Watteau. Disons ici que c'est tout à fait une rareté que de rencontrer un dessin qui soit la première idée presque complète d'un tableau de Pater; on ne connaît guère de lui que des études de figures isolées. Sous le nom de Pater je catalogue, avec une espèce de certitude, un lavis dont pour moi le pointillage du pinceau a la plus grande analogie avec le faire du crayonnage du dessinateur; toutefois, pour affirmer d'une manière positive mon attribution, il aurait fallu voir des lavis de ce maître parfaitement authentiques, et je n'en connais pas.

—Un couple assis sur un tertre et devisant; dans le fond, à gauche, un galant dont la tête n'est indiquée que par un ovale, caressant la gorge d'une femme qui se défend.

Dessin aux trois crayons sur papier chamois.

Première idée du tableau gravé par Filleul, sous le titre: l'Amour et le Badinage.

H. 25, L. 31.

—Près d'une niche, à la sculpture rocaille, et d'où tombe un filet d'eau, un négrillon pose un déjeuner de porcelaine sur un guéridon, placé devant une dame à l'ample robe. A côté de la femme se tient debout, le bras appuyé au piédestal d'un grand vase, un homme en robe de chambre un bonnet de coton à fontange sur la tête; plus loin un gentilhomme, son chapeau sur la cuisse, est assis sur un tabouret.

Dessin à l'encre de Chine, dessiné et lavé au pinceau sur papier bleu.

Vente Thibaudeau, où il était catalogué sous le nom d'Eisen père.

H. 27, L. 38.

Perroneau (Jean-Baptiste). Un grand pastelliste injustement sacrifié par Diderot à La Tour, et dont la préparation de Laurent Cars, au Louvre, donne la plus haute idée. Perroneau est plus naturellement coloriste que La Tour; il est, dans sa peinture de poussière colorée, tout plein de tons clairs, frais, presque humides. Certes son heureux rival a une science anatomique et physiognomique d'un visage bien supérieure à la sienne, mais trop souvent ses tons sont fatigués, ne se montrent plus entiers, et jamais, au grand jamais, il ne s'est élevé à ces clartés d'une figure faites de la pose franche de touches de bleu, de vert, balafrés de rose, et qui ont la plus grande parenté avec la couleur à l'huile des portraits de Reynolds, des portraitistes anglais de la fin du xviiie siècle.

—Louis Claude, comte de Goyon de Vaudurant, sous-gouverneur de Bretagne, coiffé à l'oiseau royal; il est en habit de velours noir, jabot de dentelle, gilet de soie à fleurettes traversé par le cordon rouge de commandeur de l'ordre de Saint-Louis.

Pastel sur peau vélin.

Provient de la collection du docteur Aussant de Rennes, où il était attribué à La Tour. Ce pastel, qui a tous les caractères du faire de Perroneau, n'a pu être exécuté par La Tour qui, déjà un peu fou, ne travaillait plus à l'époque, où M. de Goyon était nommé commandeur de l'ordre de Saint-Louis.

H. 71, L. 58.

Pierre (Jean-Baptiste Marie). Le remplaçant et le continuateur de Boucher, un dessinateur dont les dedans sont un peu vides, mais un contourneur élégant et joliment maniéré de l'humanité de son temps. Ses femmes nues sont très désirables avec leur petite gorge drue, leur corps allongé dans la rondeur, leur derrière en poire, et l'élève de Natoire n'est point encore trop maladroit au tortillage d'une toilette d'homme ou de femme de son temps. Ce dessin du «Peintre sicilien» catalogué plus bas, je me vois toujours l'achetant, au temps des ventes fastes et secourables aux désargentés, en cette vieille maison du fond de la rue de Vaugirard, cette maison toute bondée de dessins et de gravures, et où les lots de choses d'art semblaient ne pouvoir s'épuiser: la maison de Villenave. Je le payais, mon Pierre, je crois, quelque chose comme 7 francs, et je l'achetais aux côtés de M. Reiset, qui, encore plus heureux que moi, acquérait là, pour moins de cent francs, deux Watteau qui sont aujourd'hui deux des joyaux de la collection du duc d'Aumale.

—Le gentilhomme Adraste aux genoux de l'esclave grecque dont il vient d'ébaucher le portrait.

Dessin sur papier blanc à l'encre de Chine, rehaussé de blanc de gouache.

Signé dans le dos d'une chaise: Pierre.

Dans la marge du dessin est écrit: Le Sicilien. Eh bien, allez, oui, j'y consens.

H. 22, L. 27.

—La Folie faisant fuir la Religion. En bas, un prêtre renversé, un soldat se tordant les mains, un laboureur levant les bras au ciel, un magistrat à genoux regardant la Religion s'envoler. Allégorie satirique contre la philosophie et l'irréligion du ministère Maurepas, Sartine, Miromesnil.

Dessin lavé à l'encre de Chine relevé de plume.

Signé au crayon dans la marge de l'ancienne monture: Pierre, le merc(redi) 1er février 1775.

H. 32, L. 27.

—Une jeune femme vue de dos, peignant un paysage posé sur un chevalet.

Sanguine.

Signé à l'encre: Pierre.

H. 23, L. 18.

Pillement (Jean). Un chinoiseur faisant de la chinoiserie rococo au goût du temps, et de petits paysages proprets avec un crayon taillé menu, menu, menu.

—Un pont à l'arche de pierre rompue et remplacée par une passerelle en bois; au premier plan, un homme monté sur un âne qu'il pousse à coups de bâton.

Dessin à la pierre noire.

Signé: J. Pillement, 1769.

H. 16, L. 23.

—Une masure au bord d'une rivière; sur une estacade une femme qui file debout, la quenouille à la main.

Dessin à la pierre noire.

H. 16, L. 23.

Portail (Jacques-André). Des deux crayons ayant l'air de dessins de la vieillesse de Watteau—qui n'en eut pas,—des dessins hésitants, tâtonnés, et comme tracés par des doigts un peu tremblants, et jamais, sans cette belle audace même dans la maladresse, qu'ont parfois et Pater et Lancret; des dessins cependant tout pleins, dans une interprétation ingénue et plaisamment maladroite, de la physionomie du xviiie siècle. Longtemps ces deux crayons se vendaient sans qualification. Ce n'est qu'en 1851, à la vente du baron de Silvestre, que l'apparition d'une dizaine de ces dessins, sauvés des soixante-neuf ramassés par son grand-père, le Maître à dessiner des enfants de France, réapprenait aux amateurs et aux marchands le nom du bonhomme Portail. On remarquera qu'en général les dessins de Portail sont seulement à la sanguine et à la pierre noire sans mélange de craie. Indépendamment de ces deux crayons, Portail, dont le titre était «peintre de fleurs», a exécuté, à l'aquarelle et à la gouache, de nombreuses et savantes études de fleurs, de plantes même de légumes, dont quelques-unes, indépendamment d'une série de miniatures, passaient à la vente de M. de Menars. Elles sont la plupart, maintenant, je crois, en la possession du marquis de Chennevières.

—Portrait du peintre, en buste, vu de trois quarts et tourné à gauche, la tête un peu soulevée, une joue appuyée sur sa main droite.

Dessin à la pierre noire et à la sanguine avec quelques touches de lavis à l'encre de Chine.

Une inscription d'une écriture du temps porte dans la marge: Dessiné par M. Portail, de l'Académie royale de peinture et sculpture, premier dessinateur du cabinet du Roi, garde des plans et tableaux de la couronne.

Vente Aussant.

H. 22, L. 17.

—Deux négrillons en costume de porte-queues de robes, et coiffés du casque à la moresque orné de panaches; ils sont accoudés à une table de toilette, sur laquelle il y a posés un pot à l'eau et une cuvette.

Dessin à la sanguine et à la pierre noire.

H. 27, L. 25.

—Une dame en grands paniers, assise dans une chaise, une canne à la main, causant, la tête retournée, avec un gentilhomme appuyé au dossier.

Dessin à la sanguine et à la pierre noire.

Collection Niel.

H. 30, L. 24.

—Un jeune homme assis, jouant de la flûte, auquel un autre homme, appuyé au dossier de sa chaise, présente la partition.

Dessin à la sanguine et à la pierre noire.

H. 26, L. 22.

—Jeune fille, vue à mi-corps, en déshabillé et regardant dans son corset qu'elle soulève de ses deux mains.

Dessin à la sanguine et à la pierre noire.

Étude pour la miniature portant le no 329 du marquis de Menars, ainsi décrite: «Une jeune fille assise et en déshabillé. Elle ouvre sa chemise et paraît y regarder attentivement.»

H. 26, L. 19.

Prud'hon (Pierre-Paul). Le dernier dessinateur de la grâce.

—Accroupie sur ses pieds, un ruban lui servant de guides, Psyché est traînée par l'Amour à genoux et dont les mains sont enchaînées derrière le dos.

Dessin à la pierre d'Italie sur papier jaunâtre.

Ce dessin est le modèle du bras de fauteuil pour l'ameublement de l'impératrice Marie-Louise, fondu par Thomire.

Porte la marque de M. His de la Salle qui avait fait un échange avec Blaisot.

H. 21, L. 36.

Pujos. Le portraitiste de Belle et Bonne, dessinateur consciencieux, appliqué, au crayonnage un peu froid, mais adroitement contre-taillé.

—Portrait de Sue, représenté dans une houppelande à collet de fourrure, et tenant de la main gauche une tête de mort.

Dessin à la pierre d'Italie.

Dans la tablette de l'écriture du peintre: Sue, célèbre anatomiste, et au-dessous: Dessiné par son ami Pujos en 1785.

Vente Capé.

H. 19, L. 13.

—Buste de femme, un pouf jeté sur le haut des cheveux et coiffée avec deux coques derrière l'oreille. Elle est habillée d'un peignoir bordé d'une ruche, et à son cou se voit le cordonnet d'un médaillon.

Dessin sur papier jaunâtre à la pierre d'Italie, relevé de craie.

Signé dans la marge: L. Pujos... en 1775.

H. 14, L. 14 (ovale).

Queverdo (François-Marie-Isidore). Le dessinateur, dont j'ai vu dans ma jeunesse, chez Mayor, deux dessins qui, s'ils n'avaient été signés, auraient été pris, par tout le monde, pour des Eisen,—le dessinateur devenu, dans les dernières années du xviiie siècle, l'affreux illustrateur que l'on connaît.

—Le Coucher de la mariée. Une femme entourée de ses chambrières, dont l'une tient une bougie, et qu'un homme agenouillé sollicite d'entrer au lit.

Lavis au bistre mélangé de carmin et rehaussé de blanc de gouache.

Signé dans l'encadrement carré fait à l'ovale du dessin par le dessinateur: Queverdo 1762.

H. 20, L. 18.

—Dans un confessionnal fait en treillage et fleuri de plantes grimpantes et couronné de deux pigeons qui se becquètent, un moine confesse une jeune villageoise qui s'essuie les yeux, tandis que de l'autre côté son amoureux attend son tour. A droite et à gauche du dessin, un groupe de berger et de bergère, couchés à terre, qui s'embrassent.

Lavis de bistre sur trait de plume.

Gravé sans nom de dessinateur et de graveur dans les imageries de Basset, sous le titre de: la Belle Pénitente, avec des vers au bas qu'on chantait sur l'air du Confiteor.

H. 15, L. 28.

Ranc (Jean). Peintre de portraits, élève de Rigaud. Il a laissé, de ses portraits à l'huile, des études crayonnées aux ombres légères et comme effacées, et dont l'éclairage de craie semble exécuté sur une contre-épreuve.

—Une vieille femme, au triple menton, à la coiffure basse, un pan de draperie jetée sur l'épaule droite. Elle est représentée vue de face dans le cadre d'un œil de bœuf architectural.

Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.

H. 23, L. 17.

Robert (Hubert). L'artiste qui a inventé la ruine spirituelle, le crayonneur agréable, l'aquarelliste à l'aquarelle à la fois délicate et décoratoire. En dehors de ses villas italiennes, Hubert Robert a donné, sur notre ancien Paris, quelques dessins inspirés par une démolition, par un incendie, par une catastrophe montrant le monument ruineux et pittoresque, dessins où il apporte son talent prime-sautier dans la représentation de localités qui ne sont guère peintes que par un Raguenet.

—Un portique de villa italienne surmonté d'une terrasse, et dans la niche duquel tombe l'eau d'une fontaine. Un gentilhomme, le chapeau sous le bras, et donnant le bras à une dame en mante noire, s'apprête à monter un escalier s'ouvrant entre deux statues antiques; au premier plan, une femme puise de l'eau dans un chaudron, près d'une mère qui tient son enfant par les lisières.

Aquarelle sur trait de plume.

Signé: H. Robert 1763.

H. 34, L. 21.

—Jardin d'une villa italienne, où un escalier, au bas duquel est couché un Fleuve sur son urne, mène à une fontaine monumentale retombant en cascade; en bas, le long d'un mur, aux bas-reliefs encastrés, deux femmes arrangent des arbustes dans de grands pots de terre rouge.

Aquarelle.

Signé: H. Robert fecit 1770.

H. 21, L. 22.

—Escalier monumental que gravit une Italienne, son enfant sur le bras; au premier plan près d'un sphinx de bronze vert jetant de l'eau dans une vasque, une femme, accoudée sur une borne, tient un petit chien dans ses bras.

Aquarelle sur trait de plume.

Signé: H. Robert.

H. 33, L. 28.

—Vue de l'intérieur d'un cellier romain où un gros chien a pour niche un tonneau; une femme, un marmot sur le bras, monte un escalier, où un enfant, assis sur une marche, mange sa soupe.

Croquis sur un large frottis de sanguine, lavé de bistre et relevé de plume.

H. 36, L. 47.

—Vue, prise sous une arche du Pont-Neuf, du Pont-au-Change tout chargé de maisons; une grande estacade à droite au pied de laquelle sont amarrés des bateaux; au premier plan, un groupe de trois hommes dont l'un tient une ligne.

Croquis à la pierre noire.

Portant la marque FR.

H. 31, L. 46.

—Vue de l'Hôtel-Dieu, après l'incendie de 1772; une échelle est appliquée contre l'arceau du milieu; au premier plan, un groupe de deux femmes et d'un homme.

Sanguine.

H. 28, L. 36.

—Vue de la démolition du cimetière des Innocents. Par la baie d'une arche ogivale, on aperçoit une tour au-dessus du cloître dont la partie supérieure est déjà démolie; au milieu de la cour, amoncellement de poutres et de débris; au premier plan, un homme regardant appuyé sur le mur d'appui.

Sanguine lavée d'encre de Chine, relevée de plume et rehaussée de blanc de gouache.

H. 37, L. 29.

Sablet le jeune. Des dessins nobles, des études d'après nature qui rappellent des académies d'atelier.

—Une vieille femme aux pieds nus, en costume de la campagne romaine, représentée de profil, tournée à gauche et tendant la main.

Lavis à l'encre de Chine.

H. 35, L. 27.

Saint-Aubin (Gabriel). Un gribouilleur de génie, dans les croquis, les croquetons duquel il serait possible, en les gravant, de reconstruire une Illustration du xviiie siècle, qui aurait ses légendes toutes faites avec le bavardage écrit de la main de l'artiste-croqueur, en marge, au dos, au revers, et même à travers le crayonnage et la peinturlure de ses dessins d'après nature.

—Portrait d'Augustin de Saint-Aubin enfant, dormant tout habillé sur un tabouret; dans le coin, à gauche, une répétition plus étudiée de la tête du dormeur.

Dessin à la pierre noire.

Au dos, de la fine écriture d'Augustin: Étude faite d'après nature par Gabriel de Saint-Aubin en 1747 d'après son frère Augustin qui lui servait de modèle[32].

H. 21, L. 19.

—Portrait de Louis XVI dans un cadre, au bas duquel jouent deux amours, au milieu d'attributs et de médaillons représentant des épisodes de la vie du monarque.

Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir et frotté de blanc, signé: Gabriel de Saint-Aubin f. 1770. Il a écrit en bas: Louis-Auguste, dauphin de France. Marié le 16 may 1770, et ajouté plus tard: Roi le... 1774.

H. 33, L. 22.

—Deux études du portrait de Young.

L'une représente l'écrivain dans un médaillon, au bas duquel est une lampe, un sablier et une tête de mort servant d'encrier; l'autre le montre dans un médaillon soutenu par un Génie, avec au bas une Muse la tête voilée de noir, une plume à la main.

Le premier dessin est à la pierre d'Italie et à la sanguine relevé d'encre; le second est à la pierre d'Italie.

Tous les deux sont signés. Le second porte au bas trois lignes au crayon, qui commencent ainsi: Gabriel de Saint-Aubin l'ami de Young...

Le premier a été gravé par Augustin de Saint-Aubin, en tête de la traduction des Nuits de Young, par Letourneur, 1770.

H. 14, L. 8.

—La Vierge exposant l'Enfant Jésus à l'adoration d'un moine et d'une sœur. Le sujet principal est entouré de quinze petits médaillons à la plume, représentant quinze épisodes de la vie du Sauveur.

Dessin lavé sur crayon noir à l'encre de Chine.

Signé: G. d. S. A.

Vente Pérignon.

H. 20, L. 18.

—Matathias renversant les idoles et massacrant les prêtres.

Dessin à la plume, lavé d'aquarelle avec rehauts de gouache.

Vente Pérignon.

H. 17, L. 23.

—La mort de Germanicus.

Dessin à la plume, lavé sur frottis de sanguine, et rehaussé de gouache.

Gravé sous le no 44 de l'illustration faite par Gabriel Saint-Aubin de «l'Abrégé d'histoire romaine», publié chez Nyon.

H. 21, L. 16.

—Une châsse promenée à la porte d'une église par le clergé.

Dessin à la pierre noire, relevé de plume.

Projet de tableau, ainsi que l'indique la mention de 14 pieds, écrite en bas, au crayon, par Gabriel de Saint-Aubin.

H. 5, L. 10.

—Les Dimanches de Saint-Cloud.

Dans une allée de boutiques, au milieu du cercle fait par la foule, un homme et une femme dansent aux accords d'un joueur de violon et d'un harpiste.

Bistre relevé de plume.

Signé au bas, à gauche: Gabriel de Saint-Aubin del., et sur le toit d'une boutique: Vu à Saint-Cloud le 12 septembre 1762. G. de S. A.

H. 20, L. 28.

—Vue du Pont-Neuf et de la Samaritaine prise au quai de la Mégisserie à l'époque où se construisaient, sur les demi-lunes du pont, les guérites dont la location fut affermée par le Roi, au profit des veuves de l'Académie de Saint-Luc. Sur le premier plan un marché aux fleurs, une rixe de femmes, un groupe de racoleurs.

Dessin à la sanguine et à la pierre noire, accentué de plume.

Signé: G. de Saint-Aubin 1775.

Ventes Brunn-Neergaard, Sylvestre[33].

H. 23, L. 38.

—Pitres de parade se fendant pour un assaut, gros abbé le nez en l'air, vieillard vu de dos dans un grand manteau, savoyard sautillant sur un pied, femme assise sur un banc soulevant son enfant pour voir.

Feuille de croquis sur papier grisâtre, à la pierre noire, rehaussés de blanc.

Étude pour la «Vue des Boulevards» de Gabriel de Saint-Aubin, gravée sans titre par Duclos.

H. 43, L. 26.

—Deux vues du Wauxhall.

Dessin à la plume sur un dessous de crayon lavé.

Sur l'un de ces dessins on lit, de l'écriture de Saint-Aubin: Vue du salon des Muses faite au Wauxhal par Gabriel de Saint-Aubin, 1769, avec indication de café turc et de restaurateur.

H. 5, L. 10.

—Vue des tables d'un café des boulevards, devant lequel défilent des carrosses.

Croquis au crayon noir rehaussé de blanc.

Vente Pérignon.

H. 14, L. 19.

—Dans le fond l'École-Militaire, au premier plan une foule immense regardant, du quai, un bateau au milieu de la Seine.

Dessin à l'aquarelle repris de plume.

En bas, de l'écriture du dessinateur: Bateau insubmersible de M. de Bernière éprouvé le 1er août. Gabriel de Saint-Aubin, 1776. Le véritable honneur est d'être utile aux hommes. Pour la société établie à cette fin, 1776. (Voir sur cette expérience les «Mémoires de la République des lettres» à la date du 4 août 1776.)

H. 19, L. 14.

—Un laboratoire de chimie, au manteau du fourneau décoré d'une figure allégorique présentant un miroir à Vulcain. Au-dessous sont groupés, autour d'une table, des savants, des femmes, des abbés, au milieu desquels on remarque un seigneur au grand cordon en sautoir. Un homme tient une cornue entre ses mains. C'est sans doute la chambre d'expérimentation du chimiste-amateur, le duc de Luynes, où se lit sur une porte sculptée: Au Sage.

Dessin à la pierre noire, relevé de quelques coups de plume.

Signé: G. S. A. 1779.

Vente Pérignon.

H. 18, L. 12.

—Sous un ciel, où les Naïades versent la pluie avec des arrosoirs, et où les Vents soufflent la tempête, des jouteurs de régates de la Seine s'avancent, leurs lances de bois appuyées sur la cuisse. Au premier plan, un cabriolet stationnant à côté d'une ancre.

Dessin à la pierre noire, relevé de plume, lavé d'aquarelle et de gouache dans le ciel.

Signé: G. de S. A.

Vente Pérignon.

H. 22, L. 18.

—Danse d'hommes et de femmes dans des arbres, au pied de statues, avec un fond de ciel qui semble éclairé d'illuminations et de lueurs de feux d'artifice.

Dessin sur papier gris à la pierre noire, rehaussé de craie et de quelques touches de pastel dans le fond.

On lit dans le ciel de ce dessin représentant sans doute quelque réjouissance publique: le Retour désiré.

Vente Pérignon.

H. 22, L. 28.

—Le Salon de 1757. Plusieurs personnes, parmi lesquelles se trouve un Turc, sont arrêtées devant une statue de Vénus.

Dessin à l'encre de Chine sur trait de plume.

En bas, au crayon de la main de Gabriel: Salon de 1757, figure de M. Mignot. C'est la figure ainsi mentionnée au livret de l'exposition: «Vénus qui dort. Cette figure est de la même proportion que l'Hermaphrodite antique et doit faire son pendant, par M. Mignot, agréé.»

H. 14, L. 16.

—Une jeune femme dessinant dans un atelier une statuette de Vénus, posée sur un guéridon. Un peintre, la main qui tient sa palette, posée sur l'épaule de la femme, lui indique, de son autre main, une correction.

Dessin sur papier jaunâtre à la pierre noire, éclairé d'un frottis de craie.

H. 21, L. 15.

—Trois jeunes filles dessinant sur un coin de table.

Dessin à la pierre noire, relevé de plume.

On déchiffre à peu près, sur ce dessin, de la main de Gabriel: ... Pour Mme J. G. Colignon de Freneuse; et en bas, sous la jeune fille de premier plan: pied en l'air.

H. 17, L. 11.

—Dans un appartement aux lambris sculptés, au mobilier somptueux, un commissaire verbalisant avec son clerc à une table, tandis qu'un soldat aux gardes saisit dans un secrétaire une boîte, en présence d'un homme en robe de chambre et en bonnet de coton.

Lavis à l'encre de Chine sur un frottis de sanguine.

Portant la marque du chevalier Damery.

H. 24, L. 19.

—Une femme donnant de la bouillie à un enfant, renversé sur ses genoux.

Dessin sur papier bleu à la pierre noire, rehaussé de craie.

Signé: G. de S. A. 1773.

H. 28, L. 20.

—Une femme assise, un pied sur un tabouret, lisant dans un livre.

Contre-épreuve d'un dessin à la pierre noire, avec, en marge de la femme, des croquetons à la plume et au crayon.

H. 23, L. 18.

—Deux hommes assis sur des chaises, à l'entrée d'une grande allée d'arbres; à côté d'eux deux femmes couchées à terre.

Dessin à la pierre noire, lavé d'encre de Chine et d'une coloration bleuâtre. Au dos du dessin, croquis de statue à la plume et tête d'homme baissé et paysage au crayon.

H. 18, L. 11.

—L'Étude et les Amours cherchant à arrêter le Temps, un pied posé sur les constitutions des Jésuites.

Dessin estompé au crayon noir.

Signé: G. de S. A.

Ce grand dessin académique, dont le dessinateur semble avoir eu une sorte d'orgueil, porte en bas, de la main de Gabriel: Bon à coler derrière mon portrait.

H. 54, L. 43.

—Un Génie ailé, à la main une trompette de Renommée, montrant un portrait lauré, et repoussant du pied l'Envie et la Haine.

Dessin lavé de bistre sur papier bleu, rehaussé d'aquarelle et de gouache.

Signé: Gabriel de Saint-Aubin f. avec la mention: Pour le prince de la Paix.

Vente Peltier.

H. 24, L. 21,

—La Ville de Paris, figurée par une déesse tenant une rame, et montrant à une femme qui serre deux enfants sur sa poitrine, la colonne de l'hôtel de Soissons, encastrée dans les nouvelles Halles aux grains et aux farines. En haut, un petit dessin architectural de l'encastrement.

Dessin au crayon et à la plume, lavé de bistre et d'encre. Au revers, sur un fond aquarellé de bleu, le crayonnage d'un homme assurant un lorgnon dans son œil, à côté d'un autre homme couché sur un banc; autour d'eux, plusieurs objets d'art.

Nombreuses écritures sur le dessin du recto, et au verso, à côté d'une petite statuette religieuse, deux fois dessinée: Bronze à Saint-Jean par..... le 1er octobre 1769.

Allégorie relative à l'érection de la colonne donnée par Bachaumont à la ville de Paris, et dont le dessin destiné aux «Étrennes françoises» dont Gabriel Saint-Aubin a fait presque toute l'illustration, a été remplacé par un Gravelot.

H. 18, L. 12.

—Études d'amours pour un plafond, avec la composition du milieu cherchée deux fois, d'une manière différente.

Dessin moitié à la sanguine relevé de plume, moitié au lavis d'encre de Chine sur crayonnage à la pierre noire.

Signé: G. de Saint-Aubin, 1779.

Ce dessin porte en bas de la main de Gabriel: pour le plafond de..... Serait-ce un plafond pour l'hôtel de M. d'Angiviller, dont le nom se trouve dans un cartouche sur lequel est assis un amour?

H. 18, L. 14.

—Près d'une femme, un personnage grotesque et coiffé d'une calotte, tenant renversée une marotte à laquelle se suspend un amour.

Dessin à la pierre noire.

Signé: G. de S. A. et griffonné, en marge, de chiffres, d'écritures, d'adresses, de recettes de peinture.

Vente Pérignon.

H. 18, L. 13.

—Dans un appartement à colonnes et où la porte est surmontée d'un groupe de deux amours, deux hommes causant debout, une main de l'un posée sur la main de l'autre.

Dessin à la pierre d'Italie, relevé de quelques traits de plume.

Signé: G. de Saint-Aubin del.

Gravé par Augustin de Saint-Aubin pour l'Intérêt personnel, acte II, scène II.

H. 12, L. 7.

—Neuf compositions pour l'illustration de Zadig de Voltaire.

Gribouillis à la plume, dont un seul est légèrement lavé d'encre de Chine.

H. 10, L. 8 (forme ovale).

—Trois dessins d'armoiries: deux différents pour les armes de Madame de Pompadour, un pour les armes de son frère, M. de Marigny.

Trois dessins au crayon, à la plume, lavés d'encre de Chine, sur papier et sur peau vélin.

Signé au bas des deux poissons de Marigny: G. S. A.

H. 6, L. 12.

Saint-Aubin (Augustin de). Un cadet moins peintre, moins savant dessinateur, moins artiste que son aîné, mais doué d'un contour de grâce, d'une suavité de dessin, d'une naïve galantiste d'art, qui en fait le peintre de la volupté de la femme de son temps. Pour le juger complètement, il faudrait qu'un habile fureteur déterrât les originaux de son «Bal paré» et de son «Concert bourgeois», ces deux représentations typiques du monde du xviiie siècle, exposées au Salon de 1773, et faites avec ce joli procédé qui lui réussit si bien: un doux crayonnage balayé d'un nuage d'aquarelle. Dans l'ordre de ces dessins de vapeurs, et parmi lesquels je citerai la première idée de «Au moins soyez discret», c'est dans un certain vague à peine coloré d'aquarelle ou de pastel, comme la pâle vision d'une femme rose, entrevue dans un rêve amoureux.

—Portrait à mi-corps et de profil, du dessinateur à l'âge de vingt-huit ans. Il a les cheveux en accommodage du matin, un carton sur les genoux, un porte-crayon au bout de sa main droite, levée et tendue. Au fond, sur un chevalet, une toile représentant une nudité mythologique.

Bistre sur trait de plume.

Signé: Aug. de Saint-Aubin del. 1764.

Vente Renouard.

H. 19, L. 14.

—Portrait d'une jeune femme de profil, tournée à gauche, aux cheveux bouffants et retombants, serrés par un ruban au sommet de la tête, un collier de perles au cou, un fichu lâchement noué sur le décolletage de sa poitrine.

L'encre de Chine, relevée de quelques petits traits de plume, est légèrement lavée d'aquarelle.

Signé au crayon dans le cercle blanc de l'ovale: A. de Saint-Aubin, 1780.

Au dos, d'une écriture du temps: Aimée Louise Chevrau de Moussy[34].

H. 12, L. 10 (ovale).

—Portrait d'une jeune femme de profil, tournée à droite, coiffée en chien couchant. Elle a une perle longue à l'oreille, et ses épaules décolletées sortent d'une robe jaune.

Dessin à la mine de plomb, légèrement lavé d'aquarelle et relevé de pastel.

H. 17, L. 14 (ovale).

—Portrait d'une femme âgée, vue de trois quarts, en cheveux relevés et surmontés d'un pouf. Un fichu de mousseline est jeté sur ses épaules.

Dessin à la pierre noire et à la mine de plomb, rehaussé de sanguine dans la figure.

H. 18, L. 13.

—Portrait de femme, représentée la tête renversée, les cheveux épars, les yeux au ciel, la gorge nue à demi voilée par une vapeur d'encens.

Sanguine.

H. 16, L. 13.

—Jeune femme debout, un petit tablier sur sa robe, les bras nus croisés, et les mains enfoncées dans les engageantes de ses manches. Derrière elle, un intérieur de chambre, où se voit une console au-dessous d'une glace.

Au dos, de l'écriture d'Augustin: Étude d'après Mlle L. G. dessinée par Aug. de Saint-Aubin, 1763.

H. 21, L. 13.

—Une femme jouant de la harpe et chantant.

Mine de plomb reprise de plume.

H. 17, L. 10.

—Une petite fille, assise dans un grand fauteuil de paille, et lisant un livre qu'elle tient de ses deux mains entrecroisées; à terre, une poupée.

Mine de plomb.

H. 19, L. 13.

—Une femme en corset, en camisole qu'elle ramène sur un de ses seins, envoyant un baiser du bout des doigts.

Mine de plomb légèrement aquarellée sur la figure.

Première idée du dessin gravé par Augustin de Saint-Aubin, sous le titre de: Au moins soyez discret.

H. 21, L. 16.

—Dame habillée, vue de face; un bras passé derrière son dos. Coiffure de fleurs et de plumes, robe violette avec nœuds, glands, barrières et volants jaunes; gants montant jusqu'aux coudes.

Aquarelle sur dessous de mine de plomb.

Gravé dans la «Gallerie des Modes et Costumes français dessinés d'après nature» et publiée par Esnauts et Rapilly, gravé par Dupin fils sous le no 360, avec la légende: Grande robe de cour garnie de gazes entrelacées et de guirlandes.....

H. 25, L. 18.

—Dame habillée, vue de face, la tête tournée de profil à gauche, une main appuyée sur la hanche. Robe bleue falbalassée sur jupe rose à guirlandes de fleurs.

Aquarelle sur dessous de mine de plomb.

Gravé dans la collection Esnauts et Rapilly, par Dupin fils, sous le no 375, avec la légende: Grande robe de cour à l'étiquette.....

H. 25, L. 18.

—Dame habillée, de profil, tournée à gauche et tenant d'une main un éventail fermé. Corsage rose, retroussis bleu sur une jupe rose entr'ouverte sur un dessous à bordure jaune, brodé de fleurettes.

Aquarelle sur dessous de mine de plomb.

Gravé dans la collection Esnauts et Rapilly, par Dupin fils, sous le no 357, avec la légende: Robe asiatique ornée de gazes et de guirlandes de chêne.....

Ces trois dessins de costumes d'Augustin de Saint-Aubin proviennent de la vente Hope.

H. 25, L. 18.

—Un commissionnaire, tenant de ses deux mains son chapeau contre sa poitrine.

Mine de plomb.

Gravé par Augustin de Saint-Aubin, sous le no 4, dans la suite: «Mes gens, ou les Commissionnaires ultramontains.»

H. 20, L. 14.

—Trois petits garçons jouant à la toupie, devant la colonnade du Louvre.

Sanguine.

Gravé par Augustin de Saint-Aubin, sous le titre: la Toupie, dans la suite: «C'est ici les différents jeux des petits polissons de Paris.»

H. 17, L. 17.

Saint-Aubin (Mlle Germain de). Tous les hommes et toutes les femmes de cette famille Saint-Aubin peignent et dessinent. Un curieux document, à l'appui de cette assertion, est l'album possédé par M. Destailleurs, où les dessins de Gabriel et des Augustin sont entremêlés des dessins de celui-ci et de celle-là, d'un neveu, d'une nièce.

—Portrait de Germain de Saint-Aubin, l'auteur des Papillonneries humaines.

Mine de plomb.

Au revers du dessin, on lit: Charles Germain de Saint-Aubin, dessinateur du Roy, né le 17 janvier 1721, dessiné en 1761 par Mlle de Saint-Aubin pour M. Sedaine, son amy.

H. 11, L. 11 (ovale).

Saint-Quentin. Un dessinateur à la fois médiocre et facile, et dans l'aquarelle duquel se glissent des bruns qui ne sont pas les roux d'un coloriste.

—A l'ombre d'un saule, un lavoir, dans le fond une charrette dételée et basculée ou jouent de petits paysans; au premier plan, à côté d'une cuve à lessive, un homme baignant des enfants.

Dessin lavé à l'aquarelle légèrement gouachée.

Signé: Saint-Quentin inv. f. 1764.

H. 23, L. 35.

Soldi. Un Italien devenu français, séduit par Chardin, et qui cherchait à imiter ses sujets et sa manière dans des dessins chauds et blonds.

—Dans un pauvre intérieur aux paniers pleins de linge, près d'une table à repasser, où est appuyé un petit garçon, une jeune fille, accotée à un cuveau, est grondée par une vieille femme, qui lui met sous le nez un linge dans lequel elle lui montre un trou.

Dessin à la sanguine, lavé d'encre de Chine, rehaussé de blanc et repris de plume.

Gravé par Henriquez, avec un changement dans le petit garçon, sous le titre: la Négligence aperçue.

Swebach-Desfontaines (Jacques). Un dessinateur du soldat et des foules, qui a des allumements de lumière assez gais, et de petites adresses de plume et de pinceau parfois amusantes.

—Vue d'un camp, où des fantassins et des hussards à cheval boivent, groupés autour d'une vivandière, à la porte d'une baraque transformée en cabaret.

Lavis à l'encre de Chine sur papier verdâtre, rehaussé de blanc de gouache.

H. 24, L. 34.

—Foule groupée devant les tréteaux du théâtre des Associés. Foule sortant de dessous l'auvent du théâtre d'Audinot.

Deux croquis lavés de bistre sur gribouillage de plume.

On lit de la main de Swebach, sur le premier: Assossiés; et sur le second: Sortie de chés Odinot (sic).

H. 11, L. 17.

—Entrée d'un café à la devanture soutenue par des piliers de bois, garnis de jalousies, et sur la porte duquel on lit: Café Godet[35]. Des hommes et des femmes, dans des costumes du Directoire, se pressent vers les tables en plein air. Devant le café, un vielleur, une marchande d'oublies, de petits Savoyards.

Aquarelle.

Au dos du dessin, se lisait: Sweback, 1798.

H. 14, L. 28.

Taraval (Hugues). Le peintre dont on disait: «Il a un très beau pinceau», et dont les dessins sont rares. Au fond un artiste qui est de la monnaie de Boucher, mais avec des enveloppements moins ronds de la forme, des ressentiments plus nature, et une certaine venusté dans ses figures de femmes.

—Académie de femme agenouillée, les mains jointes sous son menton.

Dessin estompé aux trois crayons.

Portant la marque F. R.

H. 29, L. 20.

Saugrain (Élise). De petites lumières papillonnantes, des eaux égayées de reflets, des verdures bleuâtres, une nature couleur de mousse et d'automne: c'est là la palette de cette élève de Moreau l'aîné, qui gravait les gouaches de son Maître, avec cette mention au bas de l'estampe: Élise Saugrain sculp. Moreau direxit.

—Un bouquet de saules au bord d'une rivière, dont les détours et les sinuosités baignent de petites langues de terre et de petits îlots verts.

Aquarelle légèrement gouachée.

Signé: Saugrain, 1767.

H. 21, L. 39.

Schenau. Encore un Allemand, et le plus Allemand de tous les Allemands qui ont fait de l'art français.

—La maîtresse d'école. Une vieille paysanne, entourée de petites filles et de petits garçons, fait lire, dans un livre, un marmot juché sur une table, qu'elle tient entre ses bras contre sa poitrine.

Dessin à l'encre de Chine lavé d'aquarelle.

H. 39, L. 27.

Taunay (Nicolas-Antoine). Un dessinateur, dont on ne rencontre guère que des dessins et des illustrations de sa vieillesse, sans grand accent du xviiie siècle. Et cependant,—détail presque ignoré aujourd'hui,—il a été un moment un des plus lestes et des plus pimpants gouacheurs du xviiie siècle, un gouacheur qui, sur la peau vélin, a fait revivre la claire et pétillante peinture de Pater, avec ses lumineux réveillons, avec ses allumements de couleurs tendres: les cendres vertes, les vermillons, les jaunes de soufre.

—Ouverture d'un chemin dans la campagne. Homme brouettant de la terre, charretier chargeant un tombereau de déblais, femme accroupie renversant une hotte, travailleurs défonçant la terre à coups de pic; dans un coin, un individu déculotté, faisant ses besoins dans un cours d'eau.

Gouache sur peau vélin.

Signé: N. Taunay, 1784.

Répétition du tableau, que le «Salon de la Correspondance», de la Blancherie, annonce exposé, comme faisant partie du cabinet du comte de Cossé, sous le titre: Des travailleurs qui ouvrent un chemin dans une montagne.

H. 32, L. 25.

—Juge reconduit chez lui aux flambeaux.

Juge assis dans un fauteuil auquel on présente de petits chiens.

Dessins au bistre gouachés de blanc, l'un a été mis au carreau.

Deux scènes de l'illustration des «Plaideurs» de Racine, pour une édition de Didot.

H. 11, L. 8.

Touzé. Dessinateur minutieux appliqué, un peu parent de Duplessis-Bertaux, et dont le crayon, comme le sien, va naturellement à la caricature. Je me trouve posséder par hasard tous ses dessins qui ont eu l'honneur de la gravure depuis son «Charlatan» et son «Conducteur d'ours» acquis il y a bien des années à une petite vente de l'hôtel des Jeûneurs, jusqu'à son dessin de «Zemire et Azor», trouvé, pendant l'armistice du siège, chez un coiffeur de la banlieue, presque démoli par les obus.

—Sur le quai de l'École, dans la foule des badauds, un sauvage arrachant avec un sabre, du haut de sa voiture, une dent à un patient monté sur un escabeau.

Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir, rehaussé de blanc.

Gravé par Miger, sous le titre: le Charlatan.

H. 21, L. 26.

—Escorté de musiciens en carrosse, un homme marchant dans la foule de la rue, et tenant en laisse un ours, sur lequel sont deux singes.

Dessin à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc sur papier jaunâtre.

Gravé par Miger, sous le titre: le Conducteur d'ours.

H. 21, L. 26.

—Dans un palais de théâtre au fond duquel un transparent laisse voir un sultan, au milieu de son harem, à droite un acteur à l'apparence d'un homme-bête, à gauche une actrice chantant.

Dessin sur papier jaunâtre à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc.

Gravé par Voyez le jeune, sous le titre du: Tableau magique de Zémire et Azor.

H. 38, L. 32.

—Contre un pilier des Halles, un petit bout d'homme ridicule, voulant embrasser de force une marchande, pendant qu'un enfant lui verse, par derrière, une bouteille dans sa poche.

Dessin sur papier jaunâtre, à la pierre d'Italie, légèrement lavé de bistre et rehaussé de blanc.

Gravé en réduction par Hémery, sous le titre: la Marchande d'œufs[36].

H. 45, L. 36.

Trémollières (Pierre-Charles). Un élève de Jean Baptiste Vanloo, qui dans un dessin, non sans force et sans puissance, a encore exagéré l'engorgement des amours de Boucher, qu'on voit chez lui, tout pantalonnés de graisse, en leurs chairs renflées. En dehors de quelques rares têtes d'études pastellées, il a un seul et unique procédé de dessin: des lavis au crayon noir sur papier bleu, lavés d'un vilain bistre jaune, avec de larges hachures au pinceau.

—Groupe de trois amours, dont l'un entoure de ses bras un coq qui chante.

Croquis au crayon noir, lavé de bistre et rehaussé de blanc sur papier bleu.

Dessin ovale d'un panneau de lambris.

H. 26, L. 20.

—Fillette regardant un petit garçon, qui dort, le ventre à l'air, sur le départ d'une rampe de parc.

Croquis au crayon noir, lavé de bistre et rehaussé de blanc sur papier bleu.

Dessin pour un panneau de lambris,

H. 27, L. 22.

Trinquesse (Louis). Un crayonneur à la sanguine, qui a laissé un certain nombre d'études de femmes, saisies d'après nature dans leur ajustement et leur accommodement du jour, et qui trouve ou surprend parfois de jolis mouvements, mais dont les dessins sont gâtés par la sécheresse académique, les hachures sérieuses qu'il introduit dans ses croquis de la mode et des fanfioles de la toilette. Les deux premiers dessins viennent d'une suite de 24 études, où, sur l'une d'elles, il y avait écrit, de la main du peintre, qu'elles avaient été faites en 1773, d'après une Madame de Framery.

—Étude de femme en pied, un chapeau à plumes sur la tête, assise dans une bergère près d'une servante où est posé un pot à l'eau.

Sanguine.

Signé à la plume: Trinquesse f.

H. 39, L. 24.

—Femme en robe habillée, couchée tout de son long sur une chaise longue. Sa tête est appuyée sur une main, l'autre tient un bouquet dans le creux de sa jupe.

Sanguine.

Signé à la plume: Trinquesse f.

H. 25, L. 37.

—Femme assise de côté dans un fauteuil, les pieds étendus sur un tabouret.

Sanguine.

H. 34, L. 27.

—Femme assise sur une chaise, une main tenant une plume, appuyée sur une table à côté d'elle.

Sanguine.

H. 32, L. 22.

—Femme assise de côté sur une table, une jambe pendante, un pied posé à terre.

Sanguine.

H. 34, L. 27.

Troy (Jean-François de). Des dessins, dont l'authentification est difficile, et dont il faudrait, pour avoir la certitude complète de l'authenticité, trouver quelque première idée des tableaux gravés du peintre, ou des tableaux exécutés en tapisserie aux Gobelins, comme la série d'Esther. Celui-ci a pour lui le faire gras du dessinateur, l'espèce d'orientalisme de ses compositions, imaginé avec des têtes de juifs des ghetto italiens, l'attribution d'une écriture du temps sur la vieille monture, et la mention de son biographe, que de Troy a peint une «Femme adultère» pour le cardinal de Tencin.

—Au milieu des pharisiens, la femme adultère en larmes, auprès de laquelle, Jésus-Christ penché à terre, écrit de son doigt sur le sol: «Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre.»

Dessin à la pierre noire.

Portant la marque G. P. entre-croisés.

H. 38, L. 28.

Vanloo (Carle). C'est en quelque sorte le dessinateur officiel de l'école française de son temps. Algarotti le proclame le créateur d'un nouveau mode de dessin, par la substitution à l'estompage italien, de l'égrenage du crayon, relevé de traits de force: une façon de faire revivre, dans un mol enveloppement, les hachures entre-croisées des vieux maîtres. Mais, indépendamment du procédé, il est accordé, surtout à Vanloo, par les salonniers, le grand style du dessin. Enfin, pour tout dire, l'académie à la sanguine, que l'élève-peintre copie dans le tableau du «Dessinateur» de Chardin, est une académie de Vanloo. Il y a bien à rabattre sur cet engouement des contemporains, et de Mme de Pompadour. Vanloo n'a pas le dessin personnel, n'a pas le dessin franchement de son époque, de sa patrie: son dessin est un compromis bâtard entre le dessin italien et le dessin français. Toutefois ses dessins méritent de trouver une place assez large dans une collection du xviiie siècle, dont il est un des représentants attitrés. Puis dans les dessins décrits ici, il se trouve une série où l'artiste a été sauvé de la convention, et forcé pour ainsi dire d'être français par l'étude rigoureuse de la nature. Ce sont les dessins faisant partie de ce lot mentionné dans son catalogue[37], où il avait représenté dans leur intérieur, et en pied, les peintres ses amis et leurs femmes. Et peut-être en étudiant bien les vagues tableaux accrochés à la muraille sur quelques-uns des fonds, arriverai-je, un jour, à découvrir le nom des aimables personnages.

—Une femme assise, en déshabillé Pompadour, un bonnet papillon sur une coiffure basse, une cravate en chenille au cou, une échelle de rubans au corsage, des engageantes à la saignée, tenant de sa main droite, posée sur ses genoux, un mouchoir, pendant que son bras gauche repose sur un coussin placé sur une table. Quelques personnes croient retrouver dans cette étude le portrait de Mme Vanloo, qui existe dans le grand tableau de la famille des Vanloo.

Dessin à la pierre d'Italie sur papier bleu, rehaussé de blanc avec un léger frottis de sanguine sur le visage et les mains.

Signé: Carle Vanloo 1743.

Porte la marque du chevalier Damery, et provient de la vente de M. Jules Boilly.

Notes in this chapter

Note 1 · Huet est né en 1745, donc il aurait eu 9 ans quand il aurait fait ce dessin, en outre ses prénoms sont Jean-Baptiste, et cependant le dessinNote 2 · Il était aussi peintre et aurait peint le plafond du théâtre de Rouen, dont il était originaire.Note 3 · L'article de Brunn-Neergaard était fait sur le livre: l'Art du dessin en France depuis son rétablissement jusqu'à nos jours, par le docteur Note 4 · On rencontre, du même artiste, de nombreux croquis de la démolition de ces maisons.Note 5 · Je n'ai pas besoin de dire que les fautes d'orthographe sont fréquentes dans les signatures parfaitement authentiques des peintres du xviiieNote 6 · Les dessins au trait, lavés de bistre, tels qu'ils sont gravés, sont de Monnet; mais je doute que les miniatures finies soient du peintre. LNote 7 · Voir plus loin, aux lettres de peintres, le traité pour la gravure de ce dessin entre l'éditeur Lamy et le graveur Malbeste.Note 8 · Ces deux dessins sont d'une manière un peu différente de la manière de Natoire, d'un faire plus italien, mais je les tiens pour de parfaits Note 9 · Cependant on parle d'une étude faite dans ces conditions, et où Nattier a écrit sur le dessin, avec son orthographe singulière: Madame de PrNote 10 · Catalogué sous le nom de Roslin.Note 11 · Le couteau maladroit du monteur de dessins a rogné la première ligne de cette note.Note 12 · Il existe un faux dessin de ce sujet, ou du moins un dessin qui a été poussé au fini, sur un léger croquis de Gabriel.Note 13 · Les «Mémoires de Maurepas» donnent cette madame de Moussy comme maîtresse à d'Argenson, le ministre de la guerre.Note 14 · Café des boulevards, célèbre par les batailles des Lafayettistes et des Maratistes au commencement de la Révolution.Note 15 · Malgré la valeur de l'attribution, je serais disposé à voir dans ce dessin, d'un faire plus large que ses dessins ordinaires, une compositioNote 16 · Voici la mention du catalogue de Vanloo donné dans les «Deuils de cour», à la suite de sa biographie: «Plusieurs portraits de la famille et
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