L’ENFANT MAUDIT. (continued 3)
Reading edition
—Tu me reconduiras? dit Gabrielle en sortant la première de ce calme délicieux.
—Pourquoi nous quitter? répondit Étienne.
—Nous devrions être toujours ensemble, dit-elle.
—Reste.
—Oui.
Le pas lourd du vieux Beauvouloir se fit entendre dans la salle voisine. Le médecin trouva les deux enfants séparés, et il les avait vus entrelacés à la fenêtre. L’amour le plus pur aime encore le mystère.
—Ce n’est pas bien, mon enfant, dit-il à Gabrielle. Demeurer si tard, ici, sans lumière.
—Pourquoi? dit-elle, vous savez bien que nous nous aimons, et qu’il est le maître au château.
—Mes enfants, reprit Beauvouloir, si vous vous aimez, votre bonheur exige que vous vous épousiez pour passer votre vie ensemble; mais votre mariage est soumis à la volonté de monseigneur le duc...
—Mon père m’a promis de satisfaire tous mes vœux, s’écria vivement Étienne en interrompant Beauvouloir.
—Écrivez-lui donc, monseigneur, répondit le médecin, exprimez-lui votre désir, et donnez-moi votre lettre pour que je la joigne à celle que je viens d’écrire. Bertrand partira sur-le-champ pour remettre ces dépêches à monseigneur lui-même. Je viens d’apprendre qu’il est à Rouen; il amène l’héritière de la maison de Grandlieu, et je ne pense pas que ce soit pour lui... Si j’écoutais mes pressentiments, j’emmènerais Gabrielle cette nuit même...
—Nous séparer, s’écria Étienne qui défaillit de douleur en s’appuyant sur son amie.
—Mon père!
—Gabrielle, dit le médecin en lui tendant un flacon qu’il alla prendre sur une table et qu’elle fit respirer à Étienne, Gabrielle, ma science m’a dit que la nature vous avait destinés l’un à l’autre... Mais je voulais préparer monseigneur le duc à un mariage qui froisse toutes ses idées, et le démon l’a prévenu contre nous.—Il est monsieur le duc de Nivron, dit le père à Gabrielle, et toi tu es la fille d’un pauvre médecin.
—Mon père a juré de ne me contrarier en rien, dit Étienne avec calme.
—Il m’a bien juré aussi, à moi, de consentir à ce que je ferais en vous cherchant une femme, répondit le médecin; mais s’il ne tient pas ses promesses?
Étienne s’assit comme foudroyé.
—La mer était sombre ce soir, dit-il après un moment de silence.
—Si vous saviez monter à cheval, monseigneur, dit le médecin, je vous dirais de vous enfuir avec Gabrielle, ce soir même: je vous connais l’un et l’autre, et sais que toute autre union vous sera funeste. Le duc me ferait certes jeter dans un cachot et m’y laisserait pour le reste de mes jours en apprenant cette fuite; mais je mourrais joyeusement, si ma mort assurait votre bonheur. Hélas, monter à cheval, ce serait risquer votre vie et celle de Gabrielle. Il faut affronter ici la colère du gouverneur.
—Ici, répéta le pauvre Étienne.
—Nous avons été trahis par quelqu’un du château qui a courroucé votre père, reprit Beauvouloir.
—Allons nous jeter ensemble à la mer, dit Étienne à Gabrielle en se penchant à l’oreille de la jeune fille qui s’était mise à genoux auprès de son amant.
Elle inclina la tête en souriant. Beauvouloir devina tout.
—Monseigneur, reprit-il, votre savoir autant que votre esprit vous a fait éloquent, l’amour doit vous rendre irrésistible; déclarez votre amour à monseigneur le duc, vous confirmerez ma lettre qui est assez concluante. Tout n’est pas perdu, je le crois. J’aime autant ma fille que vous l’aimez, et veux la défendre.
Étienne hocha la tête.
—La mer était bien sombre ce soir, dit-il.
—Elle était comme une lame d’or à nos pieds, répondit Gabrielle d’une voix mélodieuse.
Étienne fit venir de la lumière, et se mit à sa table pour écrire à son père. D’un côté de sa chaise était Gabrielle agenouillée, silencieuse, regardant l’écriture sans la lire, elle lisait tout sur le front d’Étienne. De l’autre côté se tenait le vieux Beauvouloir dont la figure joviale était profondément triste, triste comme cette chambre où mourut la mère d’Étienne. Une voix secrète criait au médecin:—Il aura la destinée de sa mère!
La lettre finie, Étienne la tendit au vieillard, qui s’empressa d’aller la donner à Bertrand. Le cheval du vieil écuyer était tout sellé, l’homme prêt: il partit et rencontra le duc à quatre lieues d’Hérouville.
—Conduis-moi jusqu’à la porte de la tour, dit Gabrielle à son ami quand ils furent seuls.
Tous deux passèrent par la bibliothèque du cardinal, et descendirent par la tour où se trouvait la porte dont la clef avait été donnée à Gabrielle par Étienne. Abasourdi par l’appréhension du malheur, le pauvre enfant laissa dans la tour le flambeau qui lui servait à éclairer sa bien-aimée, et la reconduisit vers sa maison. A quelques pas du petit jardin qui faisait une cour de fleurs à cette humble habitation, les deux amants s’arrêtèrent. Enhardis par la crainte vague qui les agitait, ils se donnèrent, dans l’ombre et le silence, ce premier baiser où les sens et l’âme se réunissent pour causer un plaisir révélateur. Étienne comprit l’amour dans sa double expression, et Gabrielle se sauva de peur d’être entraînée par la volupté, mais à quoi?... Elle n’en savait rien.
Au moment où le duc de Nivron montait les degrés de l’escalier, après avoir fermé la porte de la tour, un cri de terreur poussé par Gabrielle retentit à son oreille avec la vivacité d’un éclair qui brûle les yeux. Étienne traversa les appartements du château, descendit par le grand escalier, gagna la grève, et courut vers la maison de Gabrielle où il vit de la lumière. En arrivant dans le petit jardin, et à la lueur du flambeau qui éclairait le rouet de sa nourrice, Gabrielle avait aperçu sur la chaise un homme à la place de cette bonne femme. Au bruit des pas, cet homme s’était avancé vers elle et l’avait effrayée. L’aspect du baron d’Artagnon justifiait bien la peur qu’il inspirait à Gabrielle.
—Vous êtes la fille à Beauvouloir, le médecin de Monseigneur, lui dit le lieutenant de la compagnie d’ordonnance quand Gabrielle fut remise de sa frayeur.
—Oui, seigneur.
—J’ai des choses de la plus haute importance à vous confier. Je suis le baron d’Artagnon, le lieutenant de la compagnie d’ordonnance que monseigneur le duc d’Hérouville commande.
Dans les circonstances où se trouvaient les deux amants, Gabrielle fut frappée de ces paroles et du ton de franchise avec lequel le soldat les prononça.
—Votre nourrice est là, elle peut nous entendre, venez, dit le baron.
Il sortit, Gabrielle le suivit. Tous deux allèrent sur la grève qui était derrière la maison.
—Ne craignez rien, lui dit le baron.
Ce mot aurait épouvanté une personne qui n’eût pas été ignorante; mais une jeune fille simple et qui aime ne se croit jamais en péril.
—Chère enfant, lui dit le baron, en s’efforçant de donner un ton mielleux à sa voix, vous et votre père vous êtes au bord d’un abîme où vous allez tomber demain; je ne saurais voir ceci sans vous avertir. Monseigneur est furieux contre votre père et contre vous, il vous soupçonne d’avoir séduit son fils, et il aime mieux le voir mort que le voir votre mari: voilà pour son fils. Quant à votre père, voici la résolution qu’a prise Monseigneur. Il y a neuf ans, votre père fut impliqué dans une affaire criminelle; il s’agissait du détournement d’un enfant noble au moment de l’accouchement de la mère, et auquel il s’est employé. Monseigneur, sachant l’innocence de votre père, le garantit alors des poursuites du parlement; mais il va le faire saisir et le livrer à la justice en demandant qu’on procède contre lui. Votre père sera rompu vif; mais en faveur des services qu’il a rendus à son maître, peut-être obtiendra-t-il de n’être que pendu. J’ignore ce que Monseigneur a décidé de vous; mais je sais que vous pouvez sauver monseigneur de Nivron de la colère de son père, sauver Beauvouloir du supplice horrible qui l’attend, et vous sauver vous-même.
—Que faut-il faire? dit Gabrielle.
—Allez vous jeter aux pieds de Monseigneur, lui avouer que son fils vous aime malgré vous, et lui dire que vous ne l’aimez pas. En preuve de ceci, vous lui offrirez d’épouser l’homme qu’il lui plaira de vous désigner pour mari. Il est généreux, il vous établira richement.
—Je puis tout faire, excepté de renier mon amour.
—Mais s’il le faut pour sauver votre père, vous et monseigneur de Nivron?
—Étienne, dit-elle, en mourra, et moi aussi!
—Monseigneur de Nivron sera triste de vous perdre, mais il vivra pour l’honneur de sa maison; vous vous résignerez à n’être que la femme d’un baron, au lieu d’être duchesse, et votre père vivra, répondit l’homme positif.
En ce moment, Étienne arrivait à la maison, il n’y vit pas Gabrielle, et jeta un cri perçant.
—Le voici, s’écria la jeune fille, laissez-moi l’aller rassurer.
—Je viendrai savoir votre réponse demain matin, dit le baron.
—Je consulterai mon père, répondit-elle.
—Vous ne le verrez plus, je viens de recevoir l’ordre de l’arrêter et de l’envoyer à Rouen, sous escorte et enchaîné, dit-il en quittant Gabrielle frappée de terreur.
La jeune fille s’élança dans la maison et y trouva Étienne épouvanté du silence par lequel la nourrice avait répondu à sa première question:—Où est-elle?
—Me voilà, s’écria la jeune fille dont la voix était glacée, dont les couleurs avaient disparu, dont la démarche était lourde.
—D’où viens-tu? dit-il, tu as crié.
—Oui, je me suis heurtée contre...
—Non, mon amour, répondit Étienne en l’interrompant, j’ai entendu les pas d’un homme.
—Étienne, nous avons sans doute offensé Dieu, mettons-nous à genoux et prions. Je te dirai tout après.
Étienne et Gabrielle s’agenouillèrent au prie-Dieu, la nourrice récita son rosaire.
—Mon Dieu, dit la jeune fille dans un élan qui lui fit franchir les espaces terrestres, si nous n’avons pas péché contre vos saints commandements, si nous n’avons offensé ni l’Église ni le roi, nous qui ne formons qu’une seule et même personne en qui l’amour reluit comme la clarté que vous avez mise dans une perle de la mer, faites-nous la grâce de ne nous séparer ni dans ce monde ni dans l’autre!
—Chère mère, ajouta Étienne, toi qui es dans les cieux, obtiens de la Vierge que si nous ne pouvons être heureux, Gabrielle et moi, nous mourions au moins ensemble, sans souffrir. Appelle-nous, nous irons à toi!
Puis, ayant récité leurs prières du soir, Gabrielle raconta son entretien avec le baron d’Artagnon.
—Gabrielle, dit le jeune homme en puisant du courage dans son désespoir d’amour, je saurai résister à mon père.
Il la baisa au front et non plus sur les lèvres; puis il revint au château, résolu d’affronter l’homme terrible qui pesait tant sur sa vie. Il ne savait pas que la maison de Gabrielle allait être gardée par des soldats aussitôt qu’il l’aurait quittée.
Le lendemain, Étienne fut accablé de douleur quand, en allant voir Gabrielle, il la trouva prisonnière; mais Gabrielle envoya sa nourrice pour lui dire qu’elle mourrait plutôt que de le trahir; que d’ailleurs elle avait trouvé le moyen de tromper la vigilance des gardes, et qu’elle se réfugierait dans la bibliothèque du cardinal, où personne ne pourrait soupçonner qu’elle serait; mais elle ignorait quand elle pourrait accomplir son dessein. Étienne se tint alors dans sa chambre, où les forces de son cœur s’usèrent dans une pénible attente.
A trois heures, les équipages du duc et sa suite entrèrent au château, où il devait venir souper avec sa compagnie. En effet, à la chute du jour, madame la comtesse de Grandlieu à qui sa fille donnait le bras, le duc et la marquise de Noirmoutier montaient le grand escalier dans un profond silence, car le front sévère de leur maître avait épouvanté tous les serviteurs. Quoique le baron d’Artagnon eût appris l’évasion de Gabrielle, il avait affirmé qu’elle était gardée; mais il tremblait d’avoir compromis la réussite de son plan particulier, au cas où le duc verrait son dessein contrarié par cette fuite. Ces deux terribles figures avaient une expression farouche mal déguisée par l’air agréable que leur imposait la galanterie. Le duc avait commandé à son fils de se trouver au salon. Quand la compagnie y entra, le baron d’Artagnon reconnut à la physionomie abattue d’Étienne que l’évasion de Gabrielle lui était encore inconnue.
—Voici monsieur mon fils, dit le vieux duc en prenant Étienne par la main et le présentant aux dames.
Étienne les salua sans mot dire. La comtesse et mademoiselle de Grandlieu échangèrent un regard qui n’échappa point au vieillard.
—Votre fille sera mal partagée, dit-il à voix basse, n’est-ce pas là votre pensée?
—Je pense tout le contraire, mon cher duc, répondit la mère en souriant.
La marquise de Noirmoutier qui accompagnait sa sœur se prit à rire finement. Ce rire perça le cœur d’Étienne, que la vue de la grande demoiselle avait déjà terrifié.
—Hé! bien, monsieur le duc, lui dit son père à voix basse et d’un air enjoué, ne vous ai-je pas trouvé là un beau moule? Que dites-vous de ce brin de fille, mon chérubin?
Le vieux duc ne mettait pas en doute l’obéissance de son fils, Étienne était pour lui l’enfant de sa mère, la même pâte docile au doigt.
—Qu’il ait un enfant et qu’il crève! pensait le vieillard, peu m’en chault.
—Mon père, dit l’enfant d’une voix douce, je ne vous comprends pas.
—Venez chez vous, j’ai deux mots à vous dire, fit le duc en passant dans la chambre d’honneur.
Étienne suivit son père. Les trois dames, émues par un mouvement de curiosité que partagea le baron d’Artagnon, se promenèrent dans cette grande salle de manière à se trouver groupées à la porte de la chambre d’honneur que le duc avait laissée entr’ouverte.
—Cher Benjamin, dit le vieillard en adoucissant d’abord sa voix, je t’ai choisi pour femme cette grande et belle demoiselle; elle est l’héritière des domaines d’une branche cadette de la maison de Grandlieu, bonne et vieille noblesse du duché de Bretagne. Ainsi, sois gentil compagnon, et rappelle-toi les plus jolies choses de tes livres pour leur dire des galanteries avant de leur en faire.
—Mon père, le premier devoir d’un gentilhomme n’est-il pas de tenir sa parole?
—Oui!
—Hé! bien, quand je vous ai pardonné la mort de ma mère, morte ici par le fait de son mariage avec vous, ne m’avez-vous pas promis de ne jamais contrarier mes désirs? Moi-même je t’obéirai comme au Dieu de la famille, avez-vous dit. Je n’entreprends rien sur vous, je ne demande que d’avoir mon libre arbitre dans une affaire où il s’en va de ma vie, et qui me regarde seul: mon mariage.
—J’entendais, dit le vieillard en sentant tout son sang lui monter au visage, que tu ne t’opposerais pas à la continuation de notre noble race.
—Vous ne m’avez point fait de condition, dit Étienne. Je ne sais ce que l’amour a de commun avec une race; mais ce que je sais bien, c’est que j’aime la fille de votre vieil ami Beauvouloir, et petite-fille de votre amie la Belle Romaine.
—Mais elle est morte, répondit le vieux colosse d’un air à la fois sombre et railleur qui annonçait l’intention où il était de la faire disparaître.
Il y eut un moment de profond silence.
Le vieillard aperçut les trois dames et le baron d’Artagnon. En cet instant suprême, Étienne, dont le sens de l’ouïe était si délicat, entendit dans la bibliothèque la pauvre Gabrielle qui, voulant faire savoir à son ami qu’elle s’y était renfermée, chantait ces paroles:
Une hermine Est moins fine, Le lis a moins de fraîcheur.
L’enfant maudit, que l’horrible phrase de son père avait plongé dans les abîmes de la mort, revint à la surface de la vie sur les ailes de cette poésie. Quoique déjà ce mouvement de terreur, effacé si rapidement, lui eût brisé le cœur, il rassembla ses forces, releva la tête, regarda son père en face pour la première fois de sa vie, échangea mépris pour mépris, et dit avec l’accent de la haine:—Un gentilhomme ne doit pas mentir! D’un bond il sauta vers la porte opposée à celle du salon et cria:—Gabrielle!
Tout à coup, la suave créature apparut dans l’ombre comme un lis dans les feuillages, et trembla devant ce groupe de femmes moqueuses, instruites des amours d’Étienne. Semblable à ces nuages qui portent la foudre, le vieux duc, arrivé à un degré de rage qui ne se décrit point, se détachait sur le front brillant que produisaient les riches habillements de ces trois dames de cour. Entre la prolongation de sa race et une mésalliance, tout autre homme aurait hésité; mais il se rencontra dans ce vieil homme indompté la férocité qui jusqu’alors avait décidé toutes les difficultés humaines; il tirait à tout propos l’épée, comme le seul remède qu’il connût aux nœuds gordiens de la vie. Dans cette circonstance où le bouleversement de ses idées était au comble, le naturel devait triompher. Deux fois pris en flagrant délit de mensonge par un être abhorré, par son enfant maudit mille fois, et plus que jamais maudit au moment où sa faiblesse méprisée, et pour lui la plus méprisable, triomphait d’une omnipotence infaillible jusqu’alors, il n’y eut plus en lui ni père, ni homme: le tigre sortit de l’antre où il se cachait. Le vieillard, que la vengeance rendit jeune, jeta sur le plus ravissant couple d’anges qui eût consenti à mettre les pieds sur la terre, un regard pesant de haine et qui assassinait déjà.
—Eh! bien, crevez tous! Toi, sale avorton, la preuve de ma honte. Toi, dit-il à Gabrielle, misérable gourgandine à langue de vipère qui as empoisonné ma maison!
Ces paroles portèrent dans le cœur des deux enfants la terreur dont elles étaient chargées. Au moment où Étienne vit la large main de son père armée d’un fer et levée sur Gabrielle, il mourut, et Gabrielle tomba morte en voulant le retenir.
Le vieillard ferma la porte avec rage, et dit à mademoiselle de Grandlieu:—Je vous épouserai, moi!
—Et vous êtes assez vert-galant pour avoir une belle lignée, dit la comtesse à l’oreille de ce vieillard qui avait servi sous sept rois de France.
Paris, 1831-1836.