2o ÉDUCATION GÉNÉRALE DU SOLDAT POUR LE TEMPS DE PAIX
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CHAPITRE II SERVICE INTÉRIEUR
Marques extérieures de respect.
1. Quand se doivent les marques extérieures de respect et quelles sont-elles?
Tout militaire doit, en toutes circonstances, de jour et de nuit, en dehors du service comme dans le service, des marques de respect à ses supérieurs.
Ces marques consistent principalement dans le Salut.
Un militaire marque du respect envers son supérieur par ses prévenances à son égard, par sa tenue et son attitude correctes en sa présence.
L'inférieur s'adresse à son supérieur avec politesse et déférence, sans crainte et sans se montrer timide ni obséquieux.
On répond toujours à haute voix, avec calme, dans des termes convenables et en regardant dans les yeux, avec sincérité et confiance.
2. Comment se fait le salut et quelles précautions doit-on observer dans les diverses circonstances?
Le salut est exécuté de la manière suivante:
Porter la main droite ouverte au côté droit de la coiffure, la main dans le prolongement de l'avant-bras, les doigts étendus et joints, le pouce réuni aux autres doigts, la paume de la main en avant, le bras sensiblement horizontal et dans l'alignement des épaules.
L'attitude du salut doit être prise d'un geste vif et décidé; tout militaire exécutant le salut de pied ferme ou en marche rectifie son attitude, lève la tête et tend les jarrets; il regarde la personne qu'il salue; le salut terminé, il replace vivement la main droite sur le côté.
Tout militaire croisant un supérieur le salue quand il en est à six pas et continue à marcher en conservant l'attitude du salut jusqu'à ce qu'il l'ait dépassé.

Le salut.
S'il dépasse un supérieur, il le salue en arrivant à sa hauteur et conserve l'attitude du salut jusqu'à ce qu'il l'ait dépassé de deux pas.
S'il fume, il prend son cigare ou sa cigarette de la main gauche et salue de la main droite.
S'il porte un pli ou un paquet, il salue de même en prenant le pli ou le paquet dans la main gauche.
S'il conduit un cheval en main ou est empêché de la main droite pour toute autre cause, il rectifie sa démarche et regarde son supérieur jusqu'à ce qu'il l'ait dépassé.
S'il croise un supérieur dans un escalier, il lui cède la rampe et se range pour le saluer.
S'il le croise à l'embrasure d'une porte, il le laisse passer le premier; dans la rue, il lui cède le haut du trottoir.
S'il le croise étant à cheval, il passe au pas avant de le saluer.
S'il est en voiture, il salue de la main droite comme s'il était à pied; il se lève si la voiture est à l'arrêt.
S'il est à bicyclette, il ralentit l'allure et salue de la main droite sans cesser de surveiller sa machine.
S'il entre dans un café, un restaurant ou tout autre établissement public où se trouve un supérieur, il salue avant d'aller s'asseoir. Il se lève et salue lorsque, étant assis à la terrasse d'un café ou d'un établissement public, il voit passer un supérieur sur la chaussée.
Le salut ne se renouvelle pas dans une promenade ou autre lieu public.
3. À qui le salut est-il dû?
Le salut est dû à tous les supérieurs des armées de terre et de mer, depuis le caporal ou brigadier inclus.
Il est dû aux décorés de la Légion d'honneur ou de la médaille militaire s'ils sont en tenue militaire; aux officiers et sous-officiers de pompiers; aux officiers de douane et de chasseurs forestiers.
4. Qui salue-t-on encore?
Le militaire isolé salue un drapeau ou un étendard.
On salue le préfet, le sous-préfet, le secrétaire général en uniforme, ainsi que les officiers des armées étrangères.
Le sous-préfet et le secrétaire général saluent les généraux et assimilés.
5. Doit-on saluer les supérieurs en civil?
Oui, certainement, il faut saluer ceux des officiers et sous-officiers en tenue civile, qui sont autorisés à s'y mettre, que l'on connaît bien, puisque le respect est dû en toutes circonstances aux supérieurs.
Appellations.
6. Comment appelle-t-on un officier ou un adjudant?
On appelle un officier ou un adjudant: «Mon...» suivi du grade. Ex.: Mon lieutenant (pour le lieutenant et le sous-lieutenant), mon capitaine, mon commandant, mon colonel, mon adjudant.
Cette règle s'applique à tous les officiers combattants.
7. Comment appelle-t-on un sous-officier et un caporal?
On les appelle par leur grade. Ex.: caporal, sergent, fourrier, aspirant.
8. Comment s'adresse-t-on à un médecin, à un sous-intendant, à un intendant, à un officier d'administration, au ministre de la guerre, etc.?
On dit: «Monsieur le médecin-major,—Monsieur le sous-intendant,—Monsieur l'intendant,—Monsieur l'officier d'administration,—Monsieur le vétérinaire,—Monsieur le ministre.»
Présentation à un supérieur.
9. Comment un soldat s'adresse-t-il à un supérieur pour une communication verbale ou pour lui remettre un pli?
Il s'arrête carrément en face de lui, il salue, prend la position du «garde à vous», et fait sa communication verbale ou remet le pli de la main gauche.
Lorsque sa mission est terminée, il salue, fait demi-tour et se retire.

Remise d'un pli.
10. Comment procède-t-il s'il porte le fusil ou s'il a l'arme à la main?
Il se conforme à ce qui vient d'être dit, mais repose l'arme au lieu de saluer.
11. Que doit faire un militaire interpellé par un supérieur?
Il prend une allure vive pour se porter à sa rencontre; en toute circonstance, il doit fournir avec empressement à son supérieur le concours dont ce dernier peut avoir besoin.
12. Comment se présentent les hommes de troupe chez leurs supérieurs?
Ils n'entrent qu'après avoir frappé ou sonné à la porte, ils saluent et ne se découvrent que si le supérieur les y autorise.
RÉCOMPENSES Nomination à la 1re classe—Certificat de bonne conduite.
13. Comment récompense-t-on les soldats de leur esprit de discipline, de leur bonne conduite et de l'ensemble de leurs services?
On les récompense par:
1o Les félicitations verbales ou écrites;
2o Les félicitations à l'ordre du régiment;
3o La nomination à la 1re classe et aux différents grades auxquels nomme le colonel;
4o Le certificat de bonne conduite à la libération;
5o Les dispenses de certains travaux, des permissions et des faveurs autorisées et compatibles avec le bien du service;
6o Des décorations (médailles d'honneur, commémorative, militaire, coloniale, universitaire, du mérite agricole, etc.).
14. Qui nomme-t-on soldats de 1re classe?
On peut nommer deux soldats de 1re classe par escouade.
Ils sont choisis parmi les soldats ayant plus de quatre mois de service, qui, par leur instruction, leurs aptitudes, leur conduite et leur tenue, paraissent susceptibles de servir de moniteurs et de prendre, en l'absence des gradés, le commandement de leurs camarades.
Pour un acte de courage ou de dévouement, on peut nommer avant quatre mois de service.
15. Quelle est la récompense morale du soldat qui fait bien son service, avec zèle et dévouement?
Le bon soldat est heureux de posséder la confiance et l'estime de ses chefs et de ses camarades; puis il a le bonheur d'avoir la satisfaction du devoir accompli.
16. Que faut-il pour être nommé caporal?
Il faut suivre le peloton d'instruction, avoir une bonne instruction, une bonne conduite et une aptitude spéciale au commandement.
Il faut avoir six mois de service, ou quatre mois avec le brevet d'aptitude militaire.
Permissions—Prolongations—Congés.
17. Qu'est-ce qu'une permission et comment la demande-t-on?
La permission est une récompense et non un droit. La demande en est faite au capitaine par l'intermédiaire du sergent-major.
On peut obtenir, le dimanche et les jours fériés, des permissions de vingt-quatre heures pour quitter la garnison.
Certains soirs, on peut obtenir des permissions pour la soirée.
18. Dans quelle limite accorde-t-on des permissions faisant mutations, aux classes 1911 et 1912?
Les militaires accomplissant la durée légale du service ne peuvent, en dehors des dimanches et jours fériés, obtenir de permissions que jusqu'à concurrence d'un total de trente jours au maximum pendant leur présence sous les drapeaux (deux années).
Des délais de route ne comptant pas dans la durée des permissions, sont concédés aux militaires en garnison loin de leur famille, soit:
1o Vingt-quatre heures pour un trajet de plus de 400 kilomètres (aller et retour);
2o Quarante-huit heures pour un trajet de plus de 800 kilomètres (aller et retour).
En cas de force majeure dûment justifiée, le chef de corps pourra accorder une permission supplémentaire, sous réserve d'en rendre compte au général de brigade (Décret du 19 février 1913).
Le colonel peut accorder aux engagés volontaires, quelle que soit la durée de leur engagement, pendant les trois premières années de service, des permissions jusqu'à 30 jours.
19. Quels sont les devoirs du soldat permissionnaire?
Le permissionnaire doit se comporter avec dignité, éviter de compromettre son uniforme et le numéro de son régiment, soigner toujours sa tenue et pratiquer ponctuellement les marques de respect.
La permission doit être un temps de repos et une période réconfortante. Pour beaucoup elle est, au contraire, une fatigue et une occasion permanente de boire, de veiller, de faire des noces et des festins. Au moment du retour, étant mal disposé, on se refroidit dans les gares, et à la rentrée à la caserne on fait une maladie dont les suites sont souvent fâcheuses et parfois déplorables.
L'homme sage et prévoyant doit réagir contre les entraînements qui le guettent à tous les pas; pendant sa permission, il doit se reposer et conserver sa santé pour lui, pour sa famille et pour la Patrie.
20. Le militaire indigent peut-il obtenir des facilités pour pouvoir profiter d'une permission dont il aurait besoin?
Oui, des frais de route peuvent être alloués par le ministre aux hommes de troupe indigents allant en permission ou en congé dans leur famille. (Seulement dans la limite des crédits budgétaires.)
Le soldat nécessiteux qui désire obtenir cette faveur en adresse la demande à son capitaine.
21. Le port d'effets dits de fantaisie est-il permis?
Jamais, ni en garnison ni en permission, le port d'aucun effet de fantaisie n'est autorisé. Le soldat qui en ferait usage serait toujours punissable.
Le chef de corps n'accorde qu'exceptionnellement le droit aux militaires de se mettre en civil pendant leur permission. Dans ce cas, l'autorisation est inscrite sur la permission.
22. Quelle doit être la principale attention du soldat à la fin de sa permission?
C'est de rentrer au régiment exactement à l'heure. On ne doit jamais dépasser une permission, même d'une minute, sinon on est puni et privé de permissions pour l'avenir.
Il ne faut pas faire mentir l'expression proverbiale: «Exactitude militaire».
23. Quand finit une permission d'un ou plusieurs jours?
Le soldat doit rentrer à sa caserne le dernier jour de sa permission avant minuit.
Les militaires qui rentrent à la caserne après l'appel du soir sont tenus de se présenter au chef du poste de police.
24. Comment demande-t-on une prolongation de permission pour affaires personnelles?
On ne doit demander une prolongation que dans un cas de nécessité urgente.
Dans ce cas, on s'adresse à son chef de corps pour obtenir la prolongation dont on a besoin.
Toute prolongation de permission portant au delà de 30 jours la durée de l'absence n'est demandée ou accordée que sous forme de congé.
25. Que se passe-t-il pour une prolongation à cause de maladie?
Si on demande une prolongation pour une maladie, le colonel fait prendre à ce sujet tous les renseignements nécessaires.
26. Et le convalescent, qu'a-t-il à faire pendant son congé?
Le convalescent en congé se conforme exactement à ce qui est prescrit pour le permissionnaire.
S'il a besoin d'une prolongation, la gendarmerie le fait visiter par un médecin.
Devoirs en voyage—Dans les gares.
27. Le militaire voyageant doit-il être porteur de papiers?
Il doit être porteur de son livret et être muni soit d'une permission, soit d'une feuille de déplacement; cette dernière est délivrée au militaire qui se déplace pour le service ou par ordre; dans ce cas, les frais de route sont à la charge de l'État.
Le militaire muni d'un titre régulier paie quart de tarif sur les chemins de fer.
Les employés des chemins de fer, les gradés de service dans les gares et l'autorité militaire peuvent toujours se faire présenter le titre régulier de l'absence.
Il est expressément recommandé aux militaires, et notamment quand ils voyagent à l'étranger, de ne communiquer leur livret qu'aux autorités de leur pays ayant qualité pour le consulter.
28. Dans quelles voitures les militaires voyagent-ils?
Les militaires ne peuvent pas voyager en 1re classe, à moins d'une autorisation spéciale du chef de corps. Les compagnies de chemins de fer, lors des gros départs, peuvent faire usage pour les militaires de voitures à marchandises aménagées.
29. Quelles attentions doit avoir le militaire en voyage?
Dans les gares et partout en voyage le militaire doit se surveiller dans sa tenue, dans ses propos et dans son attitude; pratiquer rigoureusement les marques de respect, être poli avec chacun et faire honneur à son uniforme et à son régiment.
Quoique isolé, il importe qu'il n'oublie pas l'esprit de discipline, qui fait de son régiment une force imposante et réelle.
En toutes circonstances il donne l'exemple de la parfaite correction.
Punitions—Maintien au corps par mesure de discipline.
30. Pourquoi les punitions disciplinaires existent-elles dans les armées?
L'exécution rigoureuse du devoir militaire et la nécessité de la discipline dans l'armée entraînent l'obligation de la punition.
Les soldats sont punis pour les fautes et les actes ci-après, suivant leur gravité:
Actes contraires au respect que tout militaire doit en toute circonstance aux règlements de police, aux lois, au gouvernement de la République et aux autorités qui le représentent; les infractions aux règlements militaires; la violation des règles relatives à l'exécution des punitions; les indiscrétions, la paresse, la mauvaise volonté et la négligence dans le service; l'oubli de la dignité professionnelle; la négligence dans sa tenue, dans sa propreté personnelle et dans l'entretien parfait des effets et des armes; les dettes résultant de l'inconduite; la tentative de dissimuler son identité en cas de faute ou de se soustraire à la responsabilité de ses actes; les querelles entre militaires ou avec des citoyens; les brimades; l'ivresse dans tous les cas, même lorsqu'elle ne trouble pas l'ordre; la manifestation publique, sous quelque forme que ce soit, d'opinions, ou la publication d'écrits nuisibles à la discipline ou aux intérêts généraux du pays.
Enfin, tout murmure, tout écart de langage, tout défaut d'obéissance, les manquements aux appels, à l'instruction et aux différents services.
31. Peut-on éviter les punitions?
Oui, très facilement; la punition n'existe, en somme, que pour les hommes sans énergie, sans bonne volonté et pour les incorrigibles. Il importe d'éviter les punitions même les plus légères; leurs conséquences sont désastreuses.
32. Quelles sont les punitions qui peuvent être infligées aux soldats?
Les punitions des soldats sont variables selon la nature des négligences ou des fautes. Elles sont:
La consigne au quartier;
La salle de police;
La prison;
La cellule;
Le renvoi de la 1re classe à la 2e;
Le renvoi ou la cassation d'un emploi spécial;
L'envoi aux sections spéciales.
33. Comment se font les punitions?
Le soldat puni de consigne au quartier ne peut, en dehors du service, sortir de la caserne sous aucun prétexte. Il doit répondre aux appels des hommes punis.
Le soldat puni de salle de police ne peut pas sortir de la caserne, en dehors des exercices; le soir, à l'heure fixée, il est enfermé dans un local spécial.
Le soldat puni de prison fait ses exercices avec la compagnie et, en tout temps, il est enfermé isolément. Le chef de corps décide s'il doit paraître ou non devant la troupe.
Le soldat puni de cellule reste enfermé isolément pendant toute la durée de sa punition, sauf une sortie journalière surveillée d'une heure environ.
34. Qui doit réprimer et faire cesser toute faute?
Tout supérieur, quel que soit son grade, depuis le caporal, et à quelque corps ou service qu'il appartienne, a le devoir strict de contribuer au maintien de la discipline générale en relevant toute faute de ses inférieurs et en s'efforçant d'y mettre fin lorsque cette faute se poursuit.
Les simples soldats remplissant les fonctions de caporal ont les droits du caporal; ils peuvent punir.
35. Quand commence une punition et quand finit-elle?
Le chef qui a prononcé une punition la notifie ou la fait notifier sans retard à l'intéressé; la punition commence dès qu'elle est notifiée.
Les punitions se décomptent par jour.
36. Qu'est-ce que le sursis des punitions?
On peut accorder le bénéfice du sursis pour un délai déterminé lorsque la faute est commise par négligence légère et inconscience ou par défaut d'instruction, et que le militaire fautif se recommande par sa bonne conduite habituelle.
Si le militaire ne commet pas de faute de même nature pendant le délai fixé, la punition est annulée.
37. Quelles sont, en outre de la peine elle-même de la punition, les conséquences des punitions?
Le soldat reste au corps, après le jour fixé pour la libération, un nombre de jours égal à celui qu'il aura passé en prison ou en cellule, déduction faite des punitions n'excédant pas huit jours.
Demandes—Recommandations—Réclamations.
38. Comment un soldat adresse-t-il une demande, est-il nécessaire de se faire recommander à ses chefs?
Toute demande, à moins d'urgence, est adressée au capitaine par l'intermédiaire du sergent-major.
On ne doit pas se faire recommander par des personnes étrangères à l'armée et on doit empêcher de laisser adresser à ses chefs des lettres de qui que ce soit pour des demandes ou des recommandations.
Tout le monde est soldat: on doit se recommander soi-même par sa bonne conduite, par son travail et par son application aux exercices.
Il importe que l'on sache bien que le capitaine place dans ses plus essentiels devoirs: de s'intéresser à ses soldats, de se renseigner sur leurs besoins et de les traiter avec un esprit de justice et de bienveillance.
Que le soldat transmette donc lui-même à son capitaine ses désirs et ses besoins.
39. Un soldat a-t-il le droit de réclamer?
Le droit de réclamation est admis pour permettre aux militaires d'exercer, le cas échéant, un recours contre les mesures ou punitions imméritées ou irrégulières.
Les réclamations individuelles sont seules autorisées, elles sont adressées au supérieur qui a pris la mesure ou prononcé la punition.
Le supérieur écoute avec calme et bienveillance, puis, s'il y a lieu, il fait droit à la réclamation. S'il n'y fait pas droit, le militaire peut adresser à nouveau sa réclamation à une autorité supérieure; si cette dernière n'y fait pas droit, il y a alors punition.
Travaux divers.
40. Quel travail peut-on demander à un militaire?
En dehors de son service normal, tout militaire est tenu d'accomplir, pour le service de l'armée ou pour celui de l'État, les travaux qui lui sont demandés, y compris ceux de la profession qu'il exerçait avant son incorporation.
Il ne lui est dû aucune rétribution, excepté celles prescrites par le ministère.
41. Que font les soldats ordonnances?
Les officiers sont autorisés à employer chacun un soldat pour leur service personnel et pour le pansage de leur cheval. Ils portent toujours la tenue militaire. Un salaire leur est payé mensuellement par l'officier: 4 francs par cheval et 5 francs pour le service personnel de l'officier.
Devoirs du soldat à la caserne. Devoirs dans la chambrée.
42. Quel est le chef de chambrée?
C'est le plus ancien caporal de la chambre. Le soldat doit obéir au chef de chambrée, agir avec lui en bon camarade et lui faciliter sa tâche, car il est responsable des hommes et de l'exécution de toutes les consignes relatives à la tenue des chambres.
À défaut de caporal, les fonctions de ce grade sont remplies par un soldat de 1re classe ou pourvu d'un emploi lui conférant autorité.
43. Quels sont les devoirs du soldat au réveil?
44. Quelles sont les prescriptions relatives à l'entretien des effets?
Le soldat répare et entretient lui-même ses effets d'habillement et son linge; il est tenu de nettoyer, de brosser et de ranger chacun de ses effets lorsqu'il les quitte dans la journée; en tout cas, il doit toujours le faire le soir.
Son paquetage doit toujours être fait réglementairement.
Il est interdit de prêter aucun effet à un camarade.
45. Où le soldat peut-il mettre ses menus objets?
À défaut d'armoires fournies par le casernement, le capitaine autorise les caporaux et soldats à se pourvoir de boîtes fermant à clef.
46. Comment se font les divers travaux, le nettoyage et l'entretien des locaux communs et des chambrées?
Des consignes générales sont données pour assurer la propreté et l'entretien des locaux communs et des chambrées, pour l'observation des règles de l'hygiène et pour les distributions.
Les hommes reçoivent à ce sujet des ordres dont ils doivent assurer aussitôt la ponctuelle exécution.
La troupe doit pourvoir elle-même à tous ses besoins d'intérieur et à tous les petits travaux de nettoyage, d'installation et de mise en état du matériel, des divers locaux et des cours; elle doit également apporter à la caserne les denrées, les matières et objets qui lui sont nécessaires et s'occuper aussi de la préparation des aliments. De là la nécessité des corvées.
Les soldats sont commandés à tour de rôle pour ces corvées. Ils doivent apporter à leur exécution de la bonne volonté, de l'initiative, de la rapidité et de l'intelligence pratique, puis agir comme ils agiraient chez eux pour leurs affaires personnelles.
Ils trouveront un stimulant dans la pensée que leur travail et leurs efforts sont utiles à tous et qu'ils contribuent à leur tour au bien-être général.
47. Quels sont les services de la caserne?
Dans chaque caserne il y a un poste de police pour assurer l'ordre et la police générale selon la consigne permanente.
Dans chaque caserne on commande, en général, une compagnie de piquet (service de la place, incendies, services extraordinaires, etc...). Tous les militaires de la compagnie de piquet sont tenus de rester au quartier, prêts à prendre les armes.
L'appel du soir.
L'appel du soir a lieu en principe à 9 heures du soir (21 heures). Les rengagés et les décorés de la Légion d'honneur ou de la médaille militaire en sont dispensés. Ils doivent rentrer à 11 heures (23 heures).
Tous les rentrants après l'appel du soir sont tenus de se présenter au chef du poste de police.
Visites d'officiers.
48. Que doit-on faire quand un officier entre une chambre?
Le soldat ou le gradé qui le premier voit un officier entrer dans la chambre commande: «Fixe!» À ce commandement, les soldats se lèvent, se découvrent et gardent l'immobilité et le silence jusqu'à ce que l'officier soit sorti ou qu'il ait commandé: «Repos!»

Fixe!—Visite d'officier.—Le paquetage.
Si c'est un officier supérieur ou général, on commande d'abord: «À vos rangs!» Les soldats se placent au pied du lit, s'alignent, puis au commandement de «Fixe» qui suit immédiatement, on exécute ce qui est prescrit ci-dessus.
Si on est en armes, on ne se découvre pas et on reste immobile reposé sur l'arme.
Soldats malades.
49. Que doit faire le soldat qui se sent malade?
Le soldat malade, indisposé ou ayant une affection quelconque à un organe, doit le déclarer de suite à son chef de chambrée: c'est une obligation.
Un gradé porteur du cahier de visite le conduit à la visite journalière du médecin. Le malade qui ne peut pas se lever est transporté à l'infirmerie.
50. Que se passe-t-il si à la visite un soldat est formellement déclaré non malade?
On le punit, mais, en principe, la punition est ajournée pendant 15 jours.
51. Où sont soignés les malades?
Suivant le degré de gravité ou de contagion, ils sont soignés soit à la chambre, soit à l'infirmerie, soit à l'hôpital.
52. Est-il admissible qu'un soldat non malade aille à la visite pour chercher à obtenir du docteur une exemption de service?
Non, c'est un abus de confiance que d'aller tromper le médecin et de surprendre sa bonne foi; c'est une paresse indigne d'un homme. Cette déplorable pratique est cause de la méfiance des docteurs, méfiance qui peut leur faire commettre des erreurs.
Cette malhonnête habitude a pris naissance chez les soldats des armées mercenaires; les soldats paresseux la conservent. Aujourd'hui, cependant, elle ne saurait subsister dans l'armée nationale; la déraciner est le devoir de tout soldat de cœur! On ne doit pas la tolérer chez les camarades de la compagnie.
Le soldat trompeur mérite pour une simulation une punition sévère. Il faut avoir un peu de courage et d'énergie pour réagir contre la paresse.
53. Si un soldat, sans être malade, se sent fatigué, que doit-il faire?
Il en fait part à l'adjudant, ou à son officier, ou au capitaine; il peut être certain qu'on lui donnera, s'il y a lieu, une permission d'exercice ou un adoucissement dans le service.
En outre, aux jours et heures fixés, les soldats sont autorisés à demander des conseils aux médecins militaires, sans se faire inscrire sur le cahier de visite de la compagnie.
54. Quelles sont les visites médicales auxquelles tout militaire est soumis?
Chaque mois les soldats passent une visite médicale pour vérifier s'ils ne sont pas atteints d'une maladie contagieuse, et chaque mois ils sont soumis à une pesée constatant la variation de leur poids.
Chaque trimestre ils sont examinés au point de vue de l'état de leur dentition.
Avant un départ en permission, ils sont présentés au médecin-major; il en est de même à la rentrée d'une absence quelconque.
Service postal.
55. Quel est le sous-officier chargé du service postal?
C'est le vaguemestre; il remet aux soldats les lettres ordinaires, par l'intermédiaire du gradé de liaison.
Il remet directement les chargements et les lettres recommandées.
Une boîte aux lettres est placée à côté du poste de police. Le vaguemestre en a la clef. Les heures de levée sont inscrites sur la boîte.
56. Comment le soldat touche-t-il un mandat?
Le soldat remet son mandat au gradé de liaison qui le donne au vaguemestre; celui-ci le paie le jour même, en présence du gradé de liaison, au soldat porteur de son livret et de l'enveloppe de la lettre; le soldat signe sur le registre du vaguemestre.
57. Comment le soldat peut-il profiter des deux timbres de 10 centimes qui lui sont accordés gratuitement chaque mois?
Le soldat dépose sa lettre fermée au bureau de la Compagnie, en signant sur un registre: c'est le vaguemestre qui place lui-même le timbre-poste. Il peut utiliser ces 2 timbres simultanément ou l'un après l'autre.
CHAPITRE III DIVERS
Livrets.
58. Quels sont les livrets du soldat?
Le soldat a deux livrets: le livret individuel et le livret matricule; ils contiennent tous deux l'état civil du soldat, les renseignements sur ses services, sur sa situation militaire, sur son instruction générale et militaire, puis les mesures de l'homme.
59. Quelles sont, en outre, les inscriptions spéciales du livret individuel?
On y inscrit le classement et les récompenses de tir, y compris les prix et les mentions honorifiques obtenus par tout militaire dans les concours non militaires.
Les effets distribués, puis les armes et les effets de campement s'inscrivent sur un fascicule spécial qui se place dans le livret individuel.
Il contient ensuite le Code de justice militaire, les obligations des soldats dans leurs foyers, des cases pour le visa de la gendarmerie lors des changements de domicile ou de résidence, un billet d'hôpital (à utiliser en campagne); à la libération, on le complète par un fascicule de mobilisation renseignant sur la position et la destination du soldat dans ses foyers.
60. Quels renseignements particuliers trouve-t-on sur le livret matricule?
Le livret matricule porte l'inscription des punitions et en plus un état de notes qui est rempli à la libération.
Le livret matricule reste entre les mains du capitaine.
61. Qu'est-ce que le livret individuel pour le militaire dans ses foyers?
Le livret individuel est pour le militaire une pièce authentique et officielle qu'il doit pouvoir présenter à toute réquisition de l'autorité civile, militaire ou judiciaire.
On est tenu de conserver son livret jusqu'à la libération définitive du service militaire, c'est-à-dire pendant vingt-huit années, et de le présenter à toute réquisition de l'autorité militaire.
Il faut éviter de lui faire subir aucune détérioration.
L'homme qui perd son livret, étant dans ses foyers, doit en faire immédiatement la déclaration à la gendarmerie qui la transmet.
Le commandant de recrutement lui fait établir un nouveau livret (duplicata) et un nouveau fascicule qui sont délivrés gratuitement.
Il importe que l'homme n'apporte aucun retard dans cette déclaration de perte, qui d'ailleurs serait toujours reconnue.
Code de justice militaire.
62. Il importe de lire avec attention, dans le livret individuel, le Code de justice militaire: il instruira l'homme sur tout ce qui est crime ou délit militaire. Cela le mettra en garde contre toute défaillance et contre toute tentation d'oublier son devoir.
Correspondance militaire.
63. On doit se conformer au modèle ci-après pour la correspondance militaire, supprimer tout préambule, employer des termes convenables et respectueux envers les supérieurs et terminer sa lettre par la signature, sans formules de politesse.
* CORPS D'ARMÉE À..... le..... 19.
...e BRIGADE
...e RÉGIMENT D'INFANTERIE ......................... .......à...........
(Signature et adresse.)
Les hommes de troupe en activité de service qui ont des demandes à faire par écrit les adressent à leur capitaine ou, s'il y a lieu, au chef de corps par la voie hiérarchique.
Accidents dans le service.
64. Les militaires victimes d'un accident sont soignés par les médecins militaires. Si l'accident a eu lieu dans le service et à l'occasion du service, il leur est délivré un Certificat d'origine de blessure ou de maladie, qui peut, selon le cas, leur ouvrir des droits à la réforme avec gratification.
Sociétés de secours mutuels.
65. Des sociétés de secours mutuels sont constituées par régiment ou par bataillon faisant corps, entre les militaires appelés ou engagés.
Ces sociétés sont purement facultatives, l'entrée a lieu à la suite d'une simple demande adressée au capitaine.
Dans ces sociétés, moyennant une cotisation extrêmement minime, les militaires de passage sous les drapeaux pourront constituer un fonds de prévoyance destiné à leur permettre de rentrer ou d'entrer, après leur libération, dans les sociétés de secours mutuels civiles. Les sociétés de secours mutuels régimentaires auront, en outre, pour objet de procurer aux soldats un livret individuel sur la Caisse nationale des retraites, ou de continuer les versements déjà opérés sur les livrets individuels dont ils étaient titulaires avant leur incorporation. Elles accorderont des secours immédiats aux membres participants, à leurs veuves, orphelins ou ascendants; enfin, elles créeront un office de placement gratuit, afin de permettre aux soldats, à leur sortie du régiment, de trouver plus facilement du travail.
CHAPITRE IV ORDINAIRE—SOLDE—PRESTATIONS—DIVERS
Ordinaire et prestations.
66. Qu'est-ce que l'ordinaire?
L'ordinaire est le régime adopté pour la nourriture du soldat.
On peut dire que c'est l'organisation de la compagnie en une société coopérative pour nourrir économiquement les soldats et les caporaux.
L'ordinaire est dirigé par le capitaine; il a pour le seconder le lieutenant en premier, le sergent-major et le caporal d'ordinaire.
L'ordinaire cherche, par l'utilisation judicieuse de son outillage et de ses denrées, à obtenir une nourriture substantielle et hygiénique et à faire des préparations variées, saines, appétissantes et réconfortantes.
67. Quel est le service du cuisinier?
Le cuisinier est chargé de préparer les repas d'après les menus établis par le capitaine. Il est en outre responsable de l'entretien et de la propreté des ustensiles, du matériel et du linge mis à sa disposition.
Le cuisinier doit être d'une probité scrupuleuse, d'une propreté absolue et avoir beaucoup d'ordre et de méthode.
Le capitaine peut récompenser son zèle par une indemnité variable, mais qui ne dépasse pas 50 centimes par jour, payable sur les fonds de l'ordinaire.
68. À quoi servent les fonds de l'ordinaire, qui en est détenteur et comment sont-ils constitués?
Les fonds de l'ordinaire ont pour but unique d'assurer, concurremment avec les denrées fournies par l'État, la subsistance de la troupe.
Le capitaine dépose chez le trésorier du corps les fonds d'économie du boni, il ne garde par devers lui qu'une somme dont le chef de corps fixe le maximum, il paie les dépenses au jour le jour par l'intermédiaire du sergent-major et du caporal d'ordinaire; les acquits figurent sur le cahier d'ordinaire.
Les fonds de l'ordinaire sont alimentés par des prestations d'alimentation normales et éventuelles et par diverses recettes.
Les recettes de l'ordinaire sont:
3o Un versement fait par les militaires qui ne vivent pas à l'ordinaire et qui y prennent le café;
4o Le produit de la vente des os, eaux grasses et débris de réfectoires; la valeur de la moitié des rations de pain économisées dans l'année;
5o La solde des caporaux et soldats punis de prison et de ceux irrégulièrement absents le dernier jour du prêt ou au moment de son paiement;
6o Les prestations éventuelles lorsqu'elles sont allouées.
69. Quelles sont les prestations éventuelles?
Elles sont allouées dans des circonstances spéciales, savoir:
Prime no 1 (boissons hygiéniques et liquides) 0 f 05
Prime no 2 0 10
Prime no 3 (marches et manœuvres) 0 15
Prime no 4 (marches et manœuvres alpines) 0 20
Indemnité du 14 juillet (fête nationale) 0 30
70. Quelles sont les dépenses de l'ordinaire?
L'ordinaire paie toutes les denrées qui servent à la nourriture des soldats (le pain de table excepté) et toutes les boissons qui leur sont fournies.
71. Quel est le taux, par homme et par jour, des principales denrées achetées par l'ordinaire?
Viande de boucherie 320 gr. par jour au moins.
Poisson 180 à 200 gr. par repas.
Lapin, oie, chevreau, etc. 140 à 150 gr. par repas en moyenne.
Pain de soupe 50 à 60 gr. par soupe.
Légumes Quantité variable suivant le menu (en moyenne 1 kilo par jour).
72. Les soldats sont-ils libres de manger où ils veulent, à la cantine, par exemple?
Non. Les soldats sont tenus de manger à l'ordinaire, à la table commune, avec leur escouade.
Lorsqu'on sait que l'on s'absentera de l'ordinaire, voir et prévenir le sergent-major (pour ne pas acheter de denrées en excédent).
73. Qu'est-ce que le boni?
Le boni de l'ordinaire est la différence entre les recettes et les dépenses. Il est fait pour parer aux besoins spéciaux, aux variations de l'effectif ou de la valeur des denrées et pour améliorer les repas les jours de fête ou de fatigue. Le boni est déposé dans la caisse du corps.
Allocations gratuites.
74. Quelles sont les allocations gratuites distribuées en nature?
Les allocations distribuées gratuitement sont:
Pain (ration journalière) 675 grammes.
ou Pain biscuité de repas 700 —
ou Pain de guerre 600 —
Conserves de viande 200 gr. à certains jours indiqués, la prime de viande n'est alors pas perçue ces jours-là.
Porc salé 240 gr.
Distributions.
75. Quel est le rôle des gradés et des hommes de corvée aux distributions?
Ils ne sont pas seulement chargés d'assurer le transport des denrées distribuées, mais ils doivent surveiller les pesées et le mesurage de ces denrées, puis en examiner la qualité; s'ils ont des observations à faire à ce sujet, ils les adressent à l'officier chargé du service.
Hygiène de la viande et des légumes.
76. La viande fraîche doit toujours être vérifiée, avant la distribution, par un vétérinaire ou par un médecin et par l'officier de distribution. Il importe ensuite que les hommes de corvée et les cuisiniers donnent à la viande des soins particuliers: la placer dans des paniers propres, ne pas la déposer sur le sol ou sur des tables non nettoyées, la couvrir, puis, en attendant la cuisson, la suspendre à l'air, à l'ombre dans un local frais et sombre où les mouches ne puissent pas pénétrer.
De même, il faut éviter que les légumes, et, en particulier, les pommes de terre épluchées, soient souillés.
Salles de récréation ou cercles pour les caporaux et soldats.
77. Le service intérieur prescrit de créer dans les casernes des salles de récréation ou cercles pour les caporaux et soldats, qui ont pour but de leur procurer, à certaines heures, un local pour écrire, lire, travailler, s'amuser ou jouer, et dans lequel on peut leur servir des boissons hygiéniques.
Ces installations sont organisées en groupements coopératifs; on peut les considérer comme un prolongement de l'ordinaire.
Il y a tout intérêt, au point de vue de l'hygiène et de la bonne camaraderie, à fréquenter ces locaux partout où on a pu les organiser.
La gaieté, l'ordre et la plus parfaite mutualité doivent y régner.
Solde.
78. Qu'est-ce que le prêt?
Le prêt est la solde du soldat, qui lui est payée tous les dix jours, par le caporal; il permet au soldat d'acheter les menus objets dont il a besoin et de payer son tabac.
La solde journalière est {pour le soldat .... 0 f 05
{pour le caporal .... 0 22
Tabac.
79. Le soldat a-t-il droit au tabac?
Oui, s'il fume, il a droit à un paquet de 100 grammes de tabac, dit tabac de cantine, moyennant le paiement de 0 fr. 15, tous les dix jours, les 10, 20 et 30 du mois.
Chauffage et éclairage.
80. Tout ce qui se rapporte au chauffage et à l'éclairage des divers locaux, cuisines, corridors, cours, est payé par les fonds de la masse de chauffage du corps.
Les allocations de cette masse sont déterminées suivant les régions, les saisons, les locaux et le nombre d'hommes.
Couchage et casernement.
81. La masse de couchage et d'ameublement du corps pourvoit aux dépenses de l'entretien du couchage hommes et du mobilier (y compris les ustensiles des chambres, tels que balais, paillassons, fauberts, planches pour listes d'appel et états de casernement, planches à astiquer, crachoirs).
Celle du casernement pourvoit à l'entretien et aux réparations des locaux du casernement.
CHAPITRE V HYGIÈNE MILITAIRE
Soins de propreté corporelle.
82. Qu'est-ce que l'hygiène en général?
L'hygiène est la science du savoir-vivre en tout ce qui concerne la conservation de la santé et le développement normal et esthétique du corps humain.
83. En quoi sont bons et utiles les soins corporels?
Une exquise propreté corporelle est la première condition pour bien se porter.
Pour bien remplir ces fonctions, la peau du corps entier doit être constamment propre.
Un des premiers bienfaits de cette propreté, c'est la préservation des maladies de la peau: démangeaisons, boutons ou éruptions, pelade, gale, insectes parasites, etc...
En outre, on a partout un sentiment de répulsion à l'égard des gens malpropres.
Les soins corporels comprennent:
1o Le lavage chaque jour, et même plusieurs fois par jour, du visage, du cou et des mains;
2o Le maintien constant en état de propreté des pieds et des parties génitales;
3o Un grand bain ou une douche tous les huit ou quinze jours, si possible;
4o L'entretien constant des ongles, du cuir chevelu et des cheveux;
5o Le rinçage journalier de la bouche et le brossage des dents matin et soir.
84. Quelles recommandations importe-t-il de faire au sujet des ustensiles de toilette et du linge?
Ces ustensiles, tels que peignes, brosses, éponges, serviettes, doivent être entretenus dans le plus grand état de propreté; ils sont absolument personnels, il ne faut jamais les prêter.
Le linge de corps doit être changé au moins une fois par semaine, c'est une nécessité absolue.
Tenue des chambres.
85. Quelles sont les mesures générales à observer dans l'intérêt de l'hygiène de la chambrée?
Il faut décrotter ses chaussures à l'extérieur, nettoyer et battre ses vêtements en dehors de la chambrée, ne pas mettre de linge entre la paillasse et le matelas, ne pas fumer la nuit (ni lorsque les fenêtres sont fermées); il est défendu de se coucher sur les lits avec de la chaussure, de manger sur les lits, de cracher et de jeter les bouts de cigarettes ou les fonds de pipe ailleurs que dans les crachoirs.
Les chambres sont nettoyées avec un faubert humide; l'interdiction du balayage à sec sur les surfaces imperméables est absolue.
Le système d'aération prescrit pour les chambres doit être constamment maintenu en hiver comme en été.
Plus est considérable une agglomération humaine, plus rigoureuse doit être l'observation des principes d'hygiène et de propreté; sans cela, les maladies y éclosent facilement et s'y propagent dans de grandes et déplorables proportions.
Boissons.
86. Quelles sont les recommandations au sujet des boissons du soldat?
Les soldats sont absolument obligés de ne boire que de l'eau déclarée potable. Toute infraction à cette prescription peut être la cause d'épidémies ayant les conséquences les plus funestes.
Les eaux malsaines ou peu sûres ont de grandes chances de contenir le microbe de la fièvre typhoïde, l'eau est son véhicule ordinaire.
On ne boira donc que des eaux potables provenant de sources vérifiées, ou des eaux filtrées, stérilisées, ou bouillies.
Au point de vue du goût, il est bon de les couper avec du café, du thé, du vin ou de l'eau-de-vie.
Lorsque les soldats ont des occasions de boire du vin, de la bière, du cidre ou d'autres liquides, qu'ils sachent être sobres, c'est de l'hygiène et c'est une qualité précieuse.
87. De quoi doit-on se servir pour boire?
Le soldat ne doit jamais boire à la cruche (prescription formelle), chacun se sert de son quart.
Recommandations pour les marches, manœuvres et la vie au bivouac.
88. Quels soins particuliers doit avoir le marcheur, le fantassin?
Il faut qu'il veille à sa chaussure, qui doit être souple et en bon état à l'intérieur et à l'extérieur, puis il importe absolument qu'il soigne ses pieds avant le départ et dès l'arrivée.
Il faut se maintenir les pieds propres, sans cependant les laver à grande eau; les essuyer et les graisser; pour cela, on emploie la graisse que le capitaine fait donner ou simplement du suif. Traverser les ampoules avec un fil de soie propre et les passer avec une bande de toile suiffée. Il faut se faire couper les ongles et les cors avec soin.
89. Peut-on boire et manger en route?
Le soldat boit ce qu'il a dans son bidon, mais il ne s'arrête nulle part pour prendre de l'eau sans autorisation, ou si l'ordre n'en a pas été donné; en principe, il faut boire le moins possible, se gargariser si la soif est trop vive.
L'ingurgitation rapide de grandes quantités d'eau pendant les marches est souvent suivie d'accidents graves et même de mort.
À la grand'halte et à l'arrivée, il est prudent de manger un peu avant de boire. Quand on est en transpiration, on doit boire lentement et à petites gorgées.
On doit s'abstenir de boissons alcooliques.
Autant que possible on ne part pas à jeun. Le soldat peut en marchant manger un casse-croûte, mais il ne doit consommer les aliments destinés à la grand'halte ou aux repas que lorsque l'ordre en est donné.
90. Quelles sont encore les précautions générales à prendre?
Se conformer, en été et en hiver, aux ordres donnés pour le port des vêtements, et pour la façon de les ouvrir ou de les fermer selon la température,—se préserver du soleil par le couvre-nuque,—ne pas se coucher sur la terre humide pendant les haltes.
En rentrant d'une marche, il faut fermer les fenêtres pour éviter les courants d'air; il ne faut pas se dévêtir, à moins qu'on ne veuille changer de linge; dans ce cas, le faire rapidement.
Après une grande fatigue suivie de transpiration, un repos complet et immédiat est pernicieux; le mouvement fait éviter les refroidissements.
Au bivouac, il faut pratiquer toutes les mesures ordinaires d'hygiène et surveiller surtout la propreté, la qualité de l'eau et les refroidissements.
Maladies contagieuses et diverses.
91. Que doit-on faire à l'égard des maladies contagieuses?
Dans les casernes, les hommes atteints de maladies contagieuses doivent être isolés au plus tôt; les hommes de la chambre du malade évitent de pénétrer dans les chambres voisines, car ils peuvent être propagateurs de la maladie. S'il y a lieu, on désinfecte la chambre et les vêtements du malade.
Les maladies dont on peut éviter la propagation sont: la tuberculose (aération, soleil, éviter les poussières, ne pas cracher à terre); la fièvre typhoïde (ne boire que de l'eau potable); les maladies vénériennes, parmi lesquelles la syphilis qui a des conséquences déplorables; non seulement elle s'attaque à l'individu qu'elle frappe d'une empreinte terrible, mais elle rejaillit encore sur sa descendance et affaiblit la race (fuir les femmes suspectes, se méfier de tout contact avec un malade, voir de suite un médecin si on est atteint).
L'hygiène veut la tempérance qui évite l'alcoolisme, véritable maladie, dont les conséquences sont funestes pour la santé de l'homme et pour sa vie (ne pas boire d'alcool, pas d'apéritif à alcool, et modérément le vin, la bière, le cidre, etc.).
92. Comment soigne-t-on une plaie?
Toute plaie, si petite soit-elle, doit être nettoyée de toute souillure avec de l'eau phéniquée, ou avec une solution de sublimé, d'acide boriqué ou simplement avec de l'eau bouillie. Mettre ensuite la plaie à l'abri de l'air, au moyen d'un pansement propre et de préférence aseptique.
Paquet individuel de pansement en campagne.
93. En campagne, chaque homme possède un paquet individuel de pansement destiné à procurer au blessé un premier pansement en attendant les soins du médecin; il se compose de: un plumasseau d'étoupe enveloppée de gaze, une compresse en gaze, une bande de coton, deux épingles de sûreté (le tout dans une double enveloppe). Il se place dans la poche intérieure gauche de la capote cousue à gros points. Interdiction est faite de l'ouvrir avant le moment précis de l'utiliser.
CHAPITRE VI SERVICE DES PLACES
Principes généraux.
94. Comment le soldat doit-il considérer le service des places?
Dans le service des places, on doit être attentif, ponctuel et leste. Le soldat de garde est souvent une autorité; on compte sur lui pour la garde de personnes et d'établissements importants; il a parfois le droit de vie et de mort sur quiconque n'obéit pas aux ordres de la consigne.
Aussi aucune négligence ne doit être tolérée.
95. Quels sont les principaux devoirs dans les postes?
On ne quitte jamais son poste, on ne se déshabille pas, on n'enlève ni son équipement, ni son épée-baïonnette et on ne joue pas.
Chaque homme du poste a un numéro; les sacs et les fusils sont placés par numéro.
Il faut bien écouter et retenir les consignes données, puis lire celles affichées dans le poste et dans la guérite.
L'homme de garde doit ponctuellement obéir au chef de poste, car c'est lui qui est responsable.
96. Qu'est-ce que le mot?
C'est un moyen de reconnaissance. Il comprend deux noms: 1o le mot d'ordre, qui est le nom d'un grand homme, d'un général célèbre ou d'un brave mort au champ d'honneur; 2o le mot de ralliement, qui est le nom d'une ville, d'une bataille, d'une vertu civile ou guerrière.
Exemple: Napoléon, Nancy. Le mot varie tous les jours.
97. Quels sont les droits des commandants d'arme d'une place?
Lorsque les circonstances l'exigent, le commandant peut consigner dans l'intérieur de la place tout ou partie des troupes de la garnison.
Dans les circonstances graves, le commandant d'armes peut consigner dans les casernes la totalité ou une partie des troupes de la garnison.
Les chefs de corps et de détachements ont ce même droit pour leurs troupes.
Hors le cas d'urgente nécessité, elles ne peuvent, sans l'autorisation du commandant territorial, être prolongées au delà de vingt-quatre heures.
98. Comment une troupe se rend-elle aussitôt à la caserne?
L'alarme est annoncée par la générale; tous les militaires sont tenus de se réunir sur-le-champ au corps dont ils font partie.
99. Comment opère un chef de détachement appelé à mettre de l'ordre en ville dans un local où des soldats seraient impliqués?
Si le local est public, le militaire envoyé opère directement avec énergie; si le lieu est clos, il ne peut y entrer sans la réquisition de l'occupant, ou sans l'assistance d'un commissaire de police ou sans les cris: Au feu! à l'assassin! au secours! au voleur!
Sentinelles—Troupes—Rondes—Patrouilles.
100. Quels sont les devoirs généraux des sentinelles?
Les sentinelles ont toujours la baïonnette au canon; elles ne portent pas le sac; elles peuvent avoir l'arme au pied ou sur l'épaule; elles ne la quittent jamais, même dans la guérite; lorsqu'elles sont dans le cas de se mettre en défense, elles croisent la baïonnette.
Elles doivent toujours garder une attitude militaire, ne parler à qui que ce soit sans nécessité et ne s'écarter de leur guérite à plus de 30 pas.
101. Quels sont encore les devoirs précis des sentinelles?
Les sentinelles ne se laissent relever que par un gradé du poste ou le militaire qui en fait fonction; elles ne répètent leur consigne ou n'en reçoivent de nouvelle qu'en présence du chef ou d'un gradé du poste.
Elles doivent protection, sans toutefois s'éloigner de leur poste, à tout individu dont la sûreté est menacée et qui se réfugie auprès d'elles.
La durée de la faction est de deux heures, sauf quand la rigueur de la saison ou des circonstances particulières conduisent le commandant d'armes à la réduire.
102. Quels cris une sentinelle peut-elle avoir à faire?
Si une sentinelle a besoin de se faire relever, elle crie: Chef de poste, venez relever!
Si elle aperçoit un incendie, elle crie: Au feu!
Si elle entend du bruit ou est témoin d'un désordre, elle crie: À la garde!
Si, devant les armes, elle entend la générale ou aperçoit la personne ou le corps constitué à qui on rend les honneurs, elle crie: Aux armes!
103. Que fait une sentinelle qui, la nuit, aperçoit une troupe, une ronde ou une patrouille?
La nuit, à partir de l'heure fixée par le commandant d'armes, la sentinelle qui aperçoit une troupe, une ronde ou une patrouille, crie: Halte-là! Si la troupe, la ronde ou la patrouille s'arrêtent, la sentinelle crie: Qui vive? Sur la réponse: France, ronde ou patrouille! la sentinelle crie: Avance au ralliement! Le chef s'avance et donne le mot de ralliement à la sentinelle.
Si la troupe, la ronde ou la patrouille ne s'arrêtent pas, la sentinelle répète: Halte-là! Si on continue à avancer sans répondre, la sentinelle croise la baïonnette et empêche de passer.
S'il s'agit d'une sentinelle devant les armes, dès qu'elle a reçu le mot de ralliement, elle appelle le chef de poste qui vient reconnaître.
104. Que font les sentinelles qui, la nuit, par suite de consignes particulières, ne doivent pas se laisser approcher?
Elles crient d'une voix forte à toute personne qui passe à proximité: Halte-là! et, après ce cri répété une deuxième fois: Au large!
Si on ne s'était pas arrêté, elles auraient croisé la baïonnette et empêché de passer.

La sentinelle reconnaît la ronde.
105. Que doit faire, la nuit, une sentinelle qui ne doit pas se laisser approcher et qui a son arme chargée?
En cas d'alarme, de troubles ou d'attaque, la sentinelle crie à celui qui vient à elle: Halte-là! on ne s'arrête pas, elle répète une seconde fois: Halte-là! et, s'il y a lieu, elle crie: Halte-là ou je fais feu!
Si alors on continue à s'avancer, elle fait feu et appelle la garde.
106. Quelle est la consigne spéciale pour les sentinelles des postes placés aux prisons?
Art. 35.—Dans les postes placés aux prisons, la consigne générale est complétée, en ce qui concerne les devoirs des factionnaires, par les dispositions ci-après:
1o Les factionnaires veillent à la sûreté de l'établissement et avisent le chef de poste de tout fait de nature à la compromettre;
2o Lorsqu'ils n'ont point, en vertu des instructions reçues, leurs armes chargées, ils disposent de deux cartouches libres qu'ils placent dans la cartouchière qui est le plus à portée de la main;
3o Si un factionnaire voit, pendant le jour, un détenu sur les toits ou escaladant les murs, il lui fait immédiatement la sommation de s'arrêter, et donne sur-le-champ l'alarme en criant: Aux armes! cri qui est répété par les autres factionnaires;
4o Si le factionnaire constate pendant la nuit une tentative d'évasion, il charge son fusil, en criant: Halte-là, ou je fais feu! Si, malgré cet avertissement, le détenu ne s'arrête pas, la sentinelle fait feu et appelle la garde;
5o Si un détenu paraît la nuit à une fenêtre non garnie de barreaux, le factionnaire le somme de se retirer et renouvelle deux fois sa sommation. Il ne fait feu qu'après la dernière sommation;
6o En dehors des cas visés tant à la consigne générale qu'aux numéros 4o et 5o ci-dessus, les sentinelles ne doivent faire usage de leurs armes qu'en cas de légitime défense.
Honneurs.
107. Comment se rendent les honneurs?
Pour rendre les honneurs, les militaires armés du fusil présentent l'arme en exécutant le premier mouvement de l'arme sur l'épaule droite, si les troupes sont l'arme au pied. Si elles étaient dans la position de l'arme sur l'épaule, pour «présenter les armes», exécuter le premier mouvement de Reposer arme.
Les troupes en marche et les isolés autres que les factionnaires rendent les honneurs sans mettre baïonnette au canon.
108. À qui les sentinelles doivent-elles rendre les honneurs?
Les sentinelles présentent les armes:
Aux drapeaux et étendards;
Aux officiers des armées de terre et de mer;
Aux troupes en armes;
Aux membres de la Légion d'honneur, porteurs des insignes de leur décoration;
Aux convois funèbres;
Aux officiers des armées étrangères.
Elles gardent l'immobilité, la main dans le rang et l'arme au pied pour:
Les adjudants-chefs;
Les adjudants et assimilés;
Les décorés de la médaille militaire porteurs de leur médaille.
Garde de police de la caserne.
109. Quelle garde commande-t-on à la caserne?
On commande à la porte de la caserne un poste réduit au strict nécessaire.
110. Quelle est la consigne de ce poste?
Elle varie par caserne, c'est le chef de corps qui la donne suivant les circonstances.
111. Quels sont les devoirs de la sentinelle à la porte du quartier?
La sentinelle remplit les devoirs généraux des sentinelles et crie: Aux armes! lorsque le chef de corps vient à la caserne. Elle prévient le chef de poste de tout ce qu'il y a d'irrégulier autour de la caserne ou dedans.
112. Qu'a-t-elle à faire relativement aux entrées et aux sorties de la caserne?
En principe, sans l'autorisation du chef de poste:
1o Elle ne laisse sortir du quartier aucun étranger avec un paquet ou une arme, ni un caporal ou soldat avec un paquet, un fusil ou un revolver;
2o Elle n'y laisse entrer aucun étranger ou homme de troupe d'un autre corps.
Après l'appel du soir, elle fait entrer au corps de garde les militaires de tous grades qui entrent ou sortent; elle signale au sergent les lumières non éteintes après la sonnerie de l'extinction des feux.
Elle ne laisse entrer aucun chien à la caserne.
Service de planton—Service en cas de troubles—Main-forte due à l'autorité.
113. En quoi consiste le service de planton?
Un militaire de planton est un agent qui a une certaine importance, dans l'exécution du travail journalier des divers services d'un régiment et des états-majors.
114. Quelle doit être la qualité du soldat planton?
Le planton doit être actif et consciencieux, car il est chargé soit de transmettre des ordres et des papiers importants, soit de garder des archives et des pièces confidentielles, soit encore d'exercer une surveillance déterminée ou de faire observer une consigne particulière. Ce service ne doit souffrir aucune négligence; il faut que tout soldat en soit bien pénétré.
115. Que font les troupes lorsque la force militaire est réquisitionnée?
Pour maintenir l'ordre public, ou pour assurer l'exécution des lois, l'autorité militaire n'agit qu'en vertu de la réquisition écrite de l'autorité civile.
Dans ce cas, les troupes ne font usage de leurs armes par le feu que si des violences ou voies de fait sont exercées contre elles, ou que si elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu'elles occupent ou les postes dont elles sont chargées.
Elles agissent également par leurs armes quand elles se trouvent dans le cas prévu par l'article 3 de la loi du 7 juin 1848, qui dit:
«Lorsqu'un attroupement armé ou non armé se sera formé sur la voie publique, le maire ou l'un de ses adjoints, à leur défaut le commissaire de police ou tout autre agent ou dépositaire de la force publique et du pouvoir exécutif, portant l'écharpe tricolore, se rendra sur les lieux de l'attroupement.
«Un roulement de tambour annoncera l'arrivée du magistrat.
«Si l'attroupement est armé, le magistrat lui fera sommation de se dissoudre et de se retirer.
«Cette première sommation restant sans effet, une seconde sommation, précédée d'un roulement de tambour, sera faite par le magistrat.
«En cas de résistance, l'attroupement sera dispersé par la force.
«Si l'attroupement est sans armes, le magistrat, après le premier roulement de tambour, exhortera les citoyens à se disperser. S'ils ne se retirent pas, trois sommations seront successivement faites.
«En cas de résistance, l'attroupement sera dispersé par la force.»
Nota.—Pour le service en cas de troubles et pour la main-forte due à l'autorité, voir le paragraphe 55 «Conduite en ville et en cas de troubles», page 23, chapitre I.
CHAPITRE VII ARMEMENT—TIR—MUNITIONS
I—Armement. Fusil modèle 1886, M. 93.
116. Le fantassin est armé du fusil modèle 1886 M. 93, mais les soldats du service auxiliaire ont, comme arme, le sabre série Z.
Sont armés du revolver modèle 1892, les télémétreurs, les conducteurs de caissons de munitions, de chevaux haut le pied et à la main, les pourvoyeurs de munitions, les soldats ordonnances des médecins, des officiers supérieurs et généraux.
117. Le fusil modèle 1886, M. 93, tire la balle D, dont la portée maxima théorique est de 4.800 mètres, la vitesse initiale de la balle est de 710 mètres. La cartouche pèse environ 27gr 5.
Le fusil pèse 4kg 240 et avec la baïonnette sans le fourreau, 4kg 700.
Son magasin contient huit cartouches.
On peut l'approvisionner à dix cartouches, en mettant en plus une cartouche dans le canon et une dans la boîte de culasse.
Nomenclature sommaire.
118. En combien de parties principales se divise le fusil?
Le fusil se divise en six parties principales:
1o Le canon et sa boîte de culasse;
2o La culasse mobile;
3o Le mécanisme à répétition;
4o La monture en deux pièces;
5o Les garnitures;
6o L'épée-baïonnette.
a. Tenons. b. Cuvette. c. Boulons. Les rainures. d. Arrêtoir du tampon-masque.


Culasse mobile. Tête mobile.
a. Renfort antérieur. b. Logement du bouton. c. Renfort du levier. d. Levier. e. Rainure de départ.


Le Chien. Cylindre.
a. Corps Cylindrique. b. Logement du manchon. c. Renfort. d. Cran de départ. e. Cran de l'abattu.



Extracteur. a. Talon. b. Branche. c. Griffe.
Tampon-masque. Manchon

a. Tampon. b. Masque. c. Collet. Percuteur. a. Cordons. b. Logement du T.
a. Pointe. b. Méplat. c. Tige. d. T.


a. Pied de hausse à griffes. b. Gradins. c. Ressort de hausse. d. Planche. f. Curseur. g. Talon de la planche. a. Sommet du guidon. b. Guidon. c. Grand tenon. d. Petit tenon.
Hausse. Extrémité du canon.


Fourreau Épée-baïonnette.
a. Corps de fourreau. b. Bracelet-pontet. a. Poignée. b. Croisière. c. Quillon. d. Douille. e. Virole. f. Poussoir.
Pièces du fusil 1886, M. 93.
119. On remarque sur le canon: le guidon, le petit tenon, le grand tenon, la hausse qui comprend huit pièces (le pied de hausse à griffes avec ses gradins, ressort de hausse, planche avec ses crans de mire, le curseur, le ressort du curseur, la vis-arrêtoir du curseur et la goupille).


Corps de Mécanisme.
Mécanisme de répétition. a. Plaque. b. Nervures. c. Vis du ressort de gâchette. d. Oreilles. e. Trou pour l'axe du levier de manœuvre.
a. Pivot. b. Griffe. c. Queue.


Auget. Butoir d'auget.
a. Bec. b. Talon. c. Butoir de relèvement. d. Trou de l'axe du levier de manœuvre. e. Trou du pivot du butoir d'auget. f. Évidement pour la griffe du butoir. a. Axe. b. Came. c. Bouton quadrillé.

Levier de Manœuvre.


Mécanisme de détente. Ressort de gâchette.
a. Tête de gâchette. b. Ailettes. c. Détente. d.d. Les 2 bossettes. a. Balle. b. Disque. c. Pastille de cire. d. Charge de poudre. e. Couvre-amorce. f. Évents. g. Enclume.


Ressort du levier de manœuvre.

Arrêt de cartouches.
a. Levier. b. Plan incliné. c. Bec. d. Griffe. e. Ressort.
Pièces du fusil 1886, M. 93.
La boîte de culasse est vissée sur le canon.
L'âme cylindrique du Canon est du calibre de 8 millimètres et a quatre rayures en hélice, tournant de droite à gauche au pas de 24 centimètres; la profondeur de la rayure est de 15 centièmes de millimètre.
Démontage et remontage.
120. Dans quel ordre s'opère le démontage du fusil?
Le démontage se fait dans l'ordre suivant:
1o L'épée-baïonnette (lame, poignée, croisière, quillon, douille, poussoir et fourreau);
2o La bretelle;
3o La culasse mobile (vis d'assemblage du cylindre, tête mobile, extracteur, manchon, chien, percuteur, ressort à boudin, cylindre, tampon-masque);
4o La vis postérieure de pontet;
5o La vis de mécanisme;
6o Le mécanisme de répétition (le corps de mécanisme, vis de mécanisme, auget, butoir d'auget, levier de manœuvre et son ressort, arrêt de cartouches et mécanisme de détente);
7o L'embouchoir;
8o La grenadière;
9o Le fût—il contient le magasin qui renferme le ressort et le piston (incliner le fût pour dégager le tenon d'attache);
10o Le canon.
Le remontage se fait dans l'ordre inverse.
121. Quelles sont les pièces du fusil que le soldat ne doit jamais démonter?
Le soldat ne démonte jamais l'extracteur, le tampon-masque, la vis de culasse ni la crosse; le mécanisme de répétition n'est démonté que par ordre et en présence d'un sous-officier.
Entretien de l'arme.
122. Quelles sont les observations générales relatives à l'entretien de l'arme?
L'entretien de l'arme est le principal devoir du soldat. En effet, le fantassin qui n'aurait pas un fusil fonctionnant parfaitement ne serait plus un soldat utile dans le combat, et il serait lui-même sans défense.
Le fusil ne doit jamais être lavé à l'eau; on n'emploie ni émeri, ni brique sèche, ni grès.
On huile toutes les pièces qui éprouvent un frottement.
123. Quels sont les objets employés pour l'entretien du fusil?
En garnison, on se sert: du nécessaire d'escouade comprenant: 1o une baguette à écouvillon, 2o une baguette à chiffon, 3o deux tournevis-chassoirs; d'une fiole d'huile au râtelier, d'une boîte de graisse, d'une pièce grasse, d'une brosse d'armes, de curettes en bois tendre, de brique pilée et délayée dans la graisse, et de quelques chiffons de linge et de drap.
Trois petites baguettes vissées bout à bout forment une grande baguette qui sert à détacher les étuis de la chambre en cas de difficultés d'extraction.
En campagne, la voiture à vivres et à bagages emporte 16 baguettes de laiton par compagnie.
124. Comment se fait le nettoyage des pièces en acier non bronzées?
On les frotte légèrement avec un morceau de drap sec et propre.
S'il y a de la rouille, on l'imbibe d'huile, ensuite on l'enlève avec un linge huilé. En cas de nécessité, employer de la brique pilée délayée dans la graisse, mais jamais pour l'intérieur du canon.
Graisser ensuite légèrement les pièces et mettre une goutte d'huile sur les filets des vis.
125. Comment se fait le nettoyage des pièces en acier et des pièces bronzées?
On les nettoie avec la brosse et des chiffons gras, mais on n'emploie que du linge ou du drap exempt de poussière; on peut au besoin mouiller légèrement le chiffon, bien essuyer et graisser.
La rouille se combat avec un morceau de drap légèrement gras.
126. Comment entretient-on le bois?
L'essuyer avec un linge sec, puis après la pluie avec un chiffon huilé.
127. Comment nettoie-t-on son fusil après les exercices et le tir?
Ouvrir le tonnerre, retirer la culasse mobile en arrière jusqu'à l'arrêt, passer la baguette de nettoyage dans le canon pour bien essuyer l'intérieur, puis graisser avec l'écouvillon ou un chiffon gras.
Essuyer et graisser sur place les parties extérieures de l'arme, y compris la culasse mobile.
128. Comment se fait le nettoyage si l'arme a été mouillée (ou exposée à une forte poussière)?
Dans ce cas, on enlève la culasse et le mécanisme de répétition et on procède au démontage et au nettoyage des pièces pour lesquelles cela est nécessaire.
129. Quelles sont les pièces qui doivent être huilées?
Mettre une goutte d'huile à toutes les pièces qui éprouvent un frottement ou un mouvement de rotation et aux vis:
Boîte de culasse.—La tranche postérieure de l'échancrure et la rampe de dégagement.
Hausse.—La charnière.
Culasse mobile.—Son canal, la pointe du percuteur, la griffe de l'extracteur, les rampes du cylindre et du chien, les crans du chien et les logements du tampon-masque.
Mécanisme.—Les axes, le bec et le talon d'auget, son butoir, la griffe d'arrêt de cartouches, la tête de gâchette, les bossettes de la détente et le piston de magasin.
II—Tir. Instruction du tireur.
130. Qu'est-ce que la trajectoire?
C'est la courbe que décrit la balle pendant son trajet dans l'air.
131. Qu'est-ce que la ligne de tir?
C'est l'axe du canon indéfiniment prolongé dans la position du pointage.
132. Qu'est-ce que la ligne de mire?
La ligne de mire est celle qui est déterminée par le milieu de la ligne qui joint les bords supérieurs du cran de mire et par le sommet du guidon.
133. Qu'est-ce que la portée?
La portée est la distance du point de départ de la balle à son point de chute.
La portée maxima du fusil est actuellement de 3.200 mètres.
134. Qu'est-ce que tirer un coup de fusil sur un point déterminé?
C'est réunir en une seule opération les trois opérations ci-après: Pointer l'arme.—La maintenir en direction.—Agir sur la détente.
135. Qu'est-ce que pointer?
C'est diriger la ligne de mire sur le but à atteindre.
136. Comment maintient-on bien l'arme en direction?

Mise en joue.
En prenant régulièrement et avec calme la position du tireur et de joue, en conservant l'œil toujours lié à la ligne de mire et en diminuant l'amplitude des oscillations de l'arme, de manière à maintenir la ligne de mire sur le point à viser.
137. Comment doit-on agir sur la détente?
Étant en joue, serrer l'arme à la poignée, agir sur la détente avec l'extrémité antérieure de la deuxième phalange du doigt pour amener la seconde bossette de la détente contre le dessous de la boîte de culasse, marquer un temps d'arrêt, retenir sa respiration, et à l'instant où la ligne de mire passe par le point visé, laisser partir le coup, en fermant lentement le doigt d'un mouvement continu et sans saccade.
138. À quoi sert la hausse?
Elle sert à donner au fusil l'inclinaison voulue pour atteindre le but visé.
L'inclinaison est d'autant plus grande que la distance est plus éloignée.
139. Comment manie-t-on le curseur?
On couche la planche en avant ou en arrière pour manier le curseur entre le pouce et l'index.
140. Qu'est-ce que la vitesse du tir?
C'est le nombre de balles qu'un homme tire dans une minute.
141. Qu'est-ce que l'effet utile?
C'est le nombre de balles qu'un tireur met dans le but en une minute.
142. Quelles sont les règles d'emploi de la hausse?
Il y a trois règles d'emploi de la hausse qui sont:
1o De 0 à 250 mètres, viser par le cran de mire du pied de la planche (planche rabattue en avant);
2o De 250 à 800 mètres, viser par le cran de mire de l'arrière de la planche (rabattre la planche sur son pied, placer le curseur sur le gradin correspondant à la distance indiquée);
3o De 800 à 2.400 mètres, viser par le cran de mire du curseur, le bord supérieur du curseur à hauteur du trait marquant la distance.
Des traits et des chiffres gravés sur les côtés de la planche indiquent les distances de 100 en 100 mètres (sur le côté droit les centaines impaires, sur le côté gauche les centaines paires); des petits traits intermédiaires donnent les distances de 50 en 50 mètres.
Prendre la hausse correspondant à la distance indiquée.
Dans le cas d'une distance comprise entre deux graduations consécutives, prendre la hausse supérieure.
Aux distances de combat rapproché, prendre la hausse de 400 mètres, qui répond, dans presque tous les cas, aux nécessités du moment.

Tireur utilisant l'angle d'un mur comme abri et appui.
143. Le soldat isolé doit-il tirer?
Il doit tirer le moins possible. En principe, quand il en a reçu l'ordre, quand il doit pourvoir à sa propre défense, ou quand d'urgence il doit signaler la présence de l'ennemi.
Il a son fusil toujours approvisionné et chargé au moment de tirer.
144. Comment doit se placer et que doit faire le soldat isolé appelé à tirer?
Il cherche avant tout à voir, puis à se couvrir ou à s'abriter, enfin à trouver un appui pour son arme. Avec calme il apprécie la distance et juge s'il doit tirer; il estime simplement si le but est plus presque 250 mètres, entre 250 et 400, entre 400 et 500 mètres ou à 600 mètres.
145. Quelles sont les plus grandes distances auxquelles l'isolé peut tirer?
Le soldat isolé ne doit pas tirer à plus de:
400 mètres sur un isolé (fantassin ou cavalier);
600 mètres sur un groupe d'au moins 4 hommes.
Ne pas tirer à des distances supérieures; il est avantageux d'attendre que le but soit plus rapproché.

Tireur abrité des vues de l'ennemi.
146. Quelles règles de tir doit observer le soldat isolé?
1o Prendre la hausse de la distance évaluée;
2o Le point à viser est le bord inférieur de la partie visible du but.
Si le but se déplace transversalement, on vise le bord du côté de la marche.
Par un vent soufflant de côté, on vise le bord d'où vient le vent;
3o Tirer lentement coup par coup;
4o Observer l'effet de son tir;
5o Faire usage de la répétition dans les circonstances pressantes.
Tirs exécutés à l'instruction.
147. Quels sont les tirs exécutés à l'instruction?
1o Des tirs réels à distance réduite (ou des tirs réduits si les tirs réels ne peuvent avoir lieu);
2o Des tirs d'instruction jusqu'à 400 mètres;
3o Des tirs d'application se rapprochant du tir de guerre;
4o Des tirs individuels de combat, à distance inconnue.
Le soldat choisit lui-même la hausse et la position à prendre;
5o Des tirs de groupe de 400 à 1.200 mètres (avec cartouches à blanc et d'autres avec cartouches à balle);
6o Des manœuvres avec tir réel.

Les tireurs utilisent les fossés de la route comme abris.
148. Tir.—Comment se pose le tireur faisant partie d'une troupe dirigée par un chef, dans le tir du groupe?
Il doit trouver sa place dans l'espace dont il peut disposer sans gêner ses voisins et sans être gêné par eux; il prend la position prescrite, ou, si elle n'est pas fixée, celle qui lui permet le mieux d'utiliser le tir.
149. Quels sont les principes du tir du groupe?
Dans le tir du groupe, le feu est ouvert, arrêté et repris au commandement du chef.
Les tirailleurs prennent la hausse indiquée et la vérifient souvent; ils ont les yeux fixés sur l'objectif, écoutent les commandements et les transmettent au besoin. Chaque tireur tire comme s'il était isolé.
La vitesse du tir ne doit pas dépasser 8 à 9 coups par minute (ou 11 à 12 à répétition). (Simple indication.)
150. Quels sont les deux principes de la discipline du feu par groupe?
1o S'appliquer à distinguer l'objectif et le viser consciencieusement avec la hausse prescrite;
2o Ne pas tirer une seule cartouche, ni faire usage de la répétition sans l'ordre du chef.
151. Quelle attention le soldat doit-il apporter dans les tirs?
Le soldat doit donner toute son attention aux tirs, car il importe absolument que le fantassin soit un bon tireur.
Le fusil et la balle sont des objets sans vie, ils ne produiront aucun effet si le tireur est un incapable.

Mur écrêté pour protéger les tireurs.
Classement des tireurs dans la compagnie—Récompenses et concours.
152. Comment se fait le classement des tireurs dans la compagnie?
Lorsque la saison des tirs est terminée, le capitaine établit dans sa compagnie le classement des tireurs, en se basant sur les résultats obtenus dans toutes les parties de l'instruction technique et tactique du tireur.
Le capitaine nomme tireurs de 1re classe tous les bons tireurs.
Il donne le cor de chasse en drap aux très bons tireurs (le nombre de cors de chasse ne peut dépasser le cinquième du nombre des caporaux et soldats).
Les soldats qui n'ont pas été admis aux tirs d'application ne sont pas classés.
Les soldats sont classés dans les catégories suivantes: tireurs de 1re classe ayant le cor de chasse;—tireurs de 1re classe;—assez bons tireurs;—tireurs médiocres;—mauvais tireurs.
153. Comment se fait le concours du corps entre les caporaux et soldats?
Le concours se fait entre les caporaux et soldats du régiment qui ont obtenu les meilleurs résultats dans les tirs de l'année.

Prix.—Un nombre d'insignes de tir en argent et de cors de chasse brodés, calculé à raison d'un insigne de tir et de trois cors de chasse par compagnie. La présence de la section hors rang dans le concours augmente d'un le nombre des cors de chasse.
Un des insignes de tir est doré (1er prix).
Ces prix sont décernés aux tireurs concurrents qui ont obtenu les meilleurs résultats, quelles que soient leurs compagnies.
Les tireurs qui reçoivent un insigne ont en outre droit à l'un des cors de chasse brodés.
154. Comment se portent l'insigne de tir et le cor de chasse brodé?
L'insigne de tir et le cor de chasse brodé sont la propriété du tireur; il les porte pendant toute la durée du service actif, ainsi que pendant les périodes de rappel à l'activité.
Les sous-officiers, caporaux et soldats qui ont obtenu deux années de suite le cor de chasse brodé reçoivent, en échange, un cor de chasse brodé surmonté d'une grenade de même métal.
Le port de l'insigne de tir est obligatoire en grande tenue, en tenue de sortie et en tenue de campagne.
Il est fixé à droite, du côté opposé aux décorations, à hauteur du deuxième bouton, l'épingle passée dans deux atoles cousues sur le vêtement.
III—Munitions. Cartouches de tir.
155. Quelles sont les cartouches allouées pour les tirs de l'armée?
On alloue à chaque militaire 190 cartouches par an. L'ensemble des cartouches d'une compagnie est à la disposition du capitaine, pour les employer au mieux de l'instruction.
On alloue en outre 50 cartouches par homme participant aux manœuvres avec tir réel.
On accorde 200 cartouches à blanc modèle 1897 pour les exercices et les manœuvres.
156. Munitions en campagne.—Quelles sont, en temps de guerre, les cartouches à la disposition de chaque soldat?
Chaque homme porte dans ses cartouchières 88 cartouches 120 cartouches.
La voiture de munitions lui en transporte 32 —
La voiture de munitions en porte en outre 16.384, soit par homme 72 —
Le parc du corps d'armée en porte:
Au 1er échelon et au 2e échelon, une quantité approximative de 110 par homme 110 —
——
Total 302 cartouches.
Portent 120 cartouches avec eux:
1o Les caporaux et les chasseurs de tous les bataillons de chasseurs à pieds;
2o Les caporaux et les soldats de tous les corps d'infanterie des 6e, 7e et 20e corps d'armée.
157. Lorsque, sur la ligne de feu, le tirailleur n'a plus ou presque plus de cartouches, comment se fait le ravitaillement?
Des hommes pris dans les compagnies de réserve, qui sont en arrière, sont commandés pour ce service. Ils reçoivent des cartouches des voitures de munitions et des sections de munitions, puis, munis de bissacs, ils les portent aux tirailleurs sur la ligne. (Ils conservent leur équipement et leur fusil et demeurent sur la ligne de feu.)
CHAPITRE VIII HABILLEMENT—PAQUETAGE—TENUE
Habillement et entretien.
158. Quels sont les effets d'habillement qui sont confiés aux soldat?
Le soldat est pourvu:
1o D'effets de toile: 2 bourgerons et 2 pantalons de treillis (pour l'intérieur, les corvées et certains exercices);
2o D'une collection no 3 (d'instruction ou d'exercice), comprenant: 1 képi, 1 veste, 1 capote, 1 pantalon, 1 bonnet de police et une paire d'épaulettes (les corps qui n'ont pas la collection de guerre ont deux collections no 3);
3o D'une collection no 2 (d'extérieur, revues et dimanches), comprenant: 1 képi, 1 veste, 1 capote, 1 pantalon, 1 tunique et 1 paire d'épaulettes;

Placement des effets pour une revue de détail.
1. Boîte individuelle de conserve.
2. Chemise.
3. Caleçon.
4. Serviette.
5. Cravate.
6. Livret individuel.
7. Jambières en cuir.
9. Cuillère et fourchette.
10. Sachets de petits vivres, pour 2 jours.
11. Pains de guerre (600 gr. pour 2 jours, 12 tablettes).
12. Cartouches ou plomb destiné à faire un poids équivalent.
13. Trousse en cuir, contenant la bobine.
14. Boutons de rechange.
15. Ciseaux.
16. Dé.
17. Peigne.
18. Mouchoir.
19. Calotte de coton.
20. Courroie de capote.
21. Boîte à graisse.
23. Baguette de fusil.
24. Sac de petite monture.
25. Brosse à habits.
26. Brosse à lustrer.
27. Brosse double.
28. Brosse d'armes.
29. Brodequins.
30. Brosse à laver.
31. Patience.
32. Martinet.
33. Brosse à boutons.
Ces effets forment les effets d'habillement proprement dits.
159. Quels sont les effets dits de grand équipement?
Le soldat a les effets de grand équipement suivants: 1 havresac, des bretelles de suspension, 1 ceinturon, 3 cartouchières, 1 bretelle de fusil et 1 courroie de bidon.
160. Quels sont les effets dits de petit équipement?
On appelle effets de petit équipement les effets suivants:
1o Tous les effets de linge, les calottes de coton, les cravates, les bretelles, les chaussettes, etc.;
2o Les chaussures et les lacets;
3o Les étuis-musettes, les brosses, les boîtes à ingrédients, les petits bidons, les quarts, les gamelles, les trousses, les menus objets, etc.
161. Comment sont fournis et remplacés les effets des différentes catégories ci-dessus?
Tous les effets des catégories ci-dessus sont fournis par le magasin de la compagnie, qui s'approvisionne au magasin du corps. Tout effet est remplacé après usure constatée dans les inspections que le capitaine passe ou qu'il fait passer.
162. Comment place-t-on les effets pour une revue de détail?
Les effets sont étalés sur le lit suivant le tableau ci-contre.
163. Comment sont marqués les effets?
Les effets sont tous matriculés, même les effets personnels dont le soldat se sert pendant son service militaire.
164. Qui répare les effets du soldat?
Toutes les petites réparations sont faites au jour le jour par l'homme, qui doit entretenir ses effets en bon état de conservation et de propreté.
Il répare son linge dès qu'il rentre du blanchissage.
165. Quels sont les menus objets dont le soldat doit toujours être pourvu pour l'entretien de ses effets et de ses armes?
Il doit toujours avoir du fil de différentes nuances, des boutons, des aiguilles, de la cire, de l'encaustique, de la graisse d'armes, des curettes en bois, du tripoli, du dégras, des clous à souliers, du suif, etc.
166. Le soldat est-il responsable de tous ses effets?
Oui, le soldat est responsable de tous les effets qui lui sont confiés. Ils sont inscrits sur le fascicule pour l'inscription des effets, qui se place pendant le service actif dans le livret individuel, au moyen de la lettre indiquant leur classement et le numéro du mois de distribution. Les effets distribués sont neufs (N), bons (B) ou d'instruction (I).
Un effet distribué bon en avril 1911 s'inscrira: B 4 dans la colonne de l'année. L'homme doit s'assurer souvent de la régularité des inscriptions, puisqu'il est responsable.
167. Que deviennent les effets d'un soldat qui s'absente?
Les effets que l'homme laisse en allant en permission, en congé ou à l'hôpital, sont placés dans son havresac que l'on dépose au magasin. L'état en est établi, signé par le sergent-major et par l'homme; si l'homme ne peut assister à l'inventaire, le caporal et un soldat le remplacent.
168. Comment s'alimente la masse d'habillement de la compagnie?
169. Quelles dépenses incombent à cette masse d'habillement?
1o Frais et matériaux pour les réparations à l'habillement, à la chaussure et à la coiffure;
2o Diverses dégradations résultant de la faute et de la négligence des hommes (l'homme est alors souvent punissable);
3o Achat et entretien du petit matériel des chambres, cuisines et réfectoires (cruches, ustensiles et linge de cuisine, vaisselle, etc.);
4o Blanchissage. Objets nécessaires à l'hygiène et à la propreté corporelle;
5o Instruments et ingrédients du perruquier.
Sortie en ville—Tenues—Cheveux—Barbe.
170. Quelles sont les attentions qu'on doit avoir dans ses sorties?
Il est interdit aux militaires de fumer la pipe dans les rues, de mettre les mains dans les poches ou de lire en circulant en ville, de se donner en spectacle dans les luttes et fêtes foraines. On peut leur accorder une autorisation pour figurer honorablement dans diverses réunions.
La tenue doit être uniforme et réglementaire pour tous.
La tenue de sortie doit être irréprochable. Les effets, excluant toute fantaisie, doivent être très propres et toujours boutonnés, la coiffure placée droite, les épaulettes et la cravate bien ajustées, la chaussure en bon état. Le ceinturon doit serrer suffisamment la taille, mais sans que les effets fassent des plis. Le sabre-baïonnette doit tomber à deux doigts en arrière de la couture du pantalon.
Le deuil de famille se porte par un crêpe en brassard au bras gauche.
171. Quelles sont les différentes tenues?
Les tenues sont au nombre de quatre:
La tenue de travail, réglée par le commandant de l'unité ou l'officier qui commande le travail ou l'exercice;
La tenue de sortie, fixée par le commandant d'armes, qui fixe également l'heure à partir de laquelle elle doit être prise;
La grande tenue et la tenue de campagne, définies par les instructions ministérielles.

Tenue du matin. Tenue d'exercice. Tenue de garde.
172. Comment se portent les cheveux et la barbe?
Les militaires portent les cheveux courts, surtout par derrière, la moustache avec ou sans la mouche, ou la barbe entière. Pendant les périodes d'exercice, les militaires réservistes ou territoriaux sont autorisés à conserver leur port de barbe habituel.
Tenues de travail.
Les tenues de travail peuvent être en veste, en capote ou en effets de toile suivant le cas.
À la caserne, et surtout pour les repas, on est en effets no 3 ou en toile.
Port du sac.
173. Quand porte-t-on le sac?
Le sac est pris dans le courant du deuxième mois de l'instruction, il est ensuite pris pour tous les exercices, les tirs et les marches (à l'exception des exercices de l'instruction individuelle et des exercices préparatoires de tir).

Tenue de sortie. Grande tenue. Grande tenue de service.
Le chargement du sac et des cartouchières est progressivement augmenté de façon à ce que les recrues soient susceptibles de porter le chargement complet lorsqu'ils sont mobilisables.
À partir de cette date, les marches, les tirs d'application et les principaux exercices sont exécutés avec le chargement complet.
174. Quel est le chargement du sac pour les exercices journaliers?
Le chargement en tenue d'exercice comporte ordinairement:
1o Intérieur du sac: 1 chemise, 1 calotte de coton, 1 mouchoir de poche, 1 caleçon, 1 ceinture de flanelle.
La part individuelle de brosses et d'accessoires, à raison de 2 jeux complets par escouade. (Le caporal fixe la part de chacun.)
2o Extérieur du sac: Courroies roulées.
3o Chargement des hanches: Dans les cartouchières, 11 paquets de 8 cartouches, soit 4 paquets par cartouchière de devant et 3 dans celle de derrière. Dans les exercices, ces cartouches sont remplacées par un poids équivalent (sable, plomb, fonte ou briques).
4o Un outil.
Toutefois, le chargement du sac et des cartouchières est réglé par le directeur de l'exercice.

Tenue de campagne.
Tenue de campagne.
175. Dans quel ordre revêt-on ses effets d'équipement?
On met: 1o le ceinturon comprenant ses cartouchières et ses bretelles de suspension sans boucler la plaque; 2o l'étui-musette appuyé sur l'épaule droite (la banderolle de l'étui-musette est ajustée de telle façon que le bord supérieur de l'étui se trouve à environ deux doigts au-dessous de la croisière de l'épée-baïonnette); 3o le petit bidon, la courroie sur l'épaule gauche; 4o boucler le ceinturon en maintenant au-dessous la banderolle de l'étui-musette et la partie antérieure de la courroie du petit bidon; 5o le havresac.
176. Quelle est la tenue de campagne et son chargement?
Pour les corps qui ont les voitures à vivres et à bagages, les hommes sont déchargés de:
1 jour de vivres de réserve porté sur la voiture,
la veste ou tunique portée sur la voiture,
et des tiers de baguettes à fusil, des boîtes à graisse individuelles, des ficelles de nettoyage et des nécessaires d'armes remplacées par 16 baguettes de laiton par compagnie (4 par section).
La tenue de campagne comprend:
1o Sur l'homme:
1 képi ou béret, 1 capote ou manteau à capuchon pour les alpins et cyclistes, 1 pantalon, 1 paire de bretelles, 1 paire de brodequins, 1 cravate, 1 chemise, 1 caleçon, 1 ceinture de flanelle ou ceinture de laine (pour les régiments étrangers, les bataillons d'infanterie légère d'Afrique, les alpins et les cyclistes), 1 havresac, 1 ceinturon avec porte-épée, 3 cartouchières, 1 bretelle de suspension, 1 fusil avec sa bretelle, 1 épée-baïonnette, 1 petit bidon de 1 litre (de 2 litres en Afrique), 1 étui musette, 1 mouchoir, 1 quart, 1 cuillère et 1 paquet de pansement, 1 jersey et des bandes molletières (pour les alpins et cyclistes), 1 bâton ferré pour les alpins, 1 outil porté soit sur le sac, soit au ceinturon.
2o Dans l'intérieur du havresac:
Ces objets sont placés dans l'ordre suivant:
La chemise est pliée de façon à couvrir toute la surface intérieure du sac; elle forme matelas sur le dos.
Au bas du sac, 6 pains de guerre, 1 boîte individuelle de conserve de viande assaisonnée, 1 boîte de potage salé, 1 sachet contenant 1 ration de sucre et café.
Au-dessus des vivres de réserve, le mouchoir, la trousse garnie, le savon, la courroie de sautoir, la paire de sous-pieds de rechange, le bonnet de police ou la calotte de coton pour ceux qui n'ont ni le béret ni le bonnet de police.
Si le corps n'a pas de voitures à vivres et à bagages, la veste serait pliée la doublure en dedans à plat sous la patelette.
Nota.—Le couteau à conserve (1 par 3 hommes) est porté dans le sac.
Les pitons à œil pour l'attache des fusils dans les wagons (1 par 4 fusils) et les vrilles (1 par 20 fusils) par les sous-officiers ou caporaux désignés à cet effet.
Les clefs à crampons à glace (clefs à pointe et à taraud) par les détenteurs gradés attachés aux équipages, (les conducteurs et ordonnances).
3o À l'extérieur du sac:
La chaussure de repos (dans un 2e étui-musette sur le haut du sac).
Les ustensiles de campement qui sont:
Gamelles de campement 2 par escouade.
Marmites de campement 4 —
Seaux en toile 2 —
Moulin à café 1 pour 2 escouades.
Sacs à distribution 2 par escouade.
Ils sont placés:
La gamelle de campement la concavité tournée vers le sac;
La marmite de campement le couvercle en dessus de l'anse maintenue abaissée par la grande courroie du sac;
Le seau en toile à plat, le fond maintenu par la grande courroie qui passe sous les cordes en croix du fond du seau;
Lanterne de cantonnement, 1 par escouade, portée par les caporaux sur la face postérieure du havresac;
2 jeux de brosses par escouade (brosse à habit, double à chaussures, 1 brosse boutons, brosse d'armes);
Placer la brosse qu'un homme a dans les chaussures de repos;
Hachette, 1 par 8 hommes.
4o Dans les cartouchières:
11 paquets de 8 cartouches; soit 4 paquets par cartouchière de devant et 3 à celle de derrière.
Exceptionnellement les hommes des 6e, 7e et 20e corps d'armée, tous les bataillons de chasseurs à pied et les troupes d'Afrique portent 120 cartouches sur chaque homme.
Le personnel des sections de mitrailleuses a 56 cartouches, ceux qui ont la carabine de gendarmerie modèle 1890 en ont 54.
5o Chaque homme a en outre:
1 paquet individuel de pansement placé dans la poche intérieure de la capote fermée par une couture à points espacés;
1 plaque d'identité avec cordon au cou;
Dans l'étui-musette: 1 quart, 1 cuillère, le pain et la partie des vivres du jour non consommée, puis une boisson préparée dans le petit bidon.
Remarques générales et observations.
Dans certains cas on est pourvu de couvertures de campement et de tentes-abris. Ces effets sont tous portés sur le havresac, roulés en fer à cheval.
Les registres de campagne sont portés par les sous-officiers comptables sous la patelette du sac.
Sont armés du revolver avec 18 cartouches, le conducteur du caisson de munition, le pourvoyeur de munitions, les ordonnances appelés à faire un service à cheval et ceux des médecins.
Ont le sabre série Z, le conducteur de voiture médicale et de mulets de cantines médicales, les infirmiers régimentaires et les musiciens.
Les vélocipédistes ont la carabine de cavalerie modèle 1890 avec 18 cartouches. Ceux des chasseurs alpins ont le mousqueton modèle 1892 avec sabre-baïonnette (18 cartouches).
Les conducteurs d'animaux et les ordonnances des officiers qui n'ont qu'un cheval dans les bataillons de chasseurs alpins ont le mousqueton modèle 1892 avec sabre-baïonnette (36 cartouches).
Port des outils portatifs.
Pelle-bêche.—Est placée sur le côté gauche du sac, la concavité placée contre le sac, le manche en haut et maintenue par la courroie de sautoir qui est reliée à la courroie gauche du sac; la courroie du bas du sac engagée dans le ou les passants de l'étui.
Pour se servir de la pelle-bêche, la retirer de son étui qui reste fixé au sac.
Pelle-pioche.—La pelle-pioche (fer et manche séparés) est arrimée au côté gauche du havresac, la concavité placée contre le sac, le fer de pioche dirigé vers la partie supérieure. La courroie de côté du havresac est engagée entre le corps et la petite courroie de l'étui, au-dessous du passant fixe de cet étui.
Le fer de pioche et la partie supérieure du manche sont maintenus par la courroie de sautoir qui est reliée à la courroie gauche du sac.
Pour se servir de la pelle-pioche, retirer le fer de son étui, puis le manche (suivant que l'on veut se servir de l'outil avec ou sans le manche) et laisser l'étui relié au havresac par la petite courroie de côté.
Hache à main.—Elle est portée emmanchée, le manche placé horizontalement contre l'arrêt supérieur du sac, le fer enveloppé dans son étui, et prenant appui contre la face gauche du sac, le tranchant de la hache à main en bas. Elle est maintenue par les trois courroies, celles de droite et de gauche enroulées autour du manche, de manière à faire un tour complet pour l'empêcher de glisser.
Quand on veut se servir de l'outil, fixer l'étui au havresac en engageant la courroie de gauche dans son passant.
Scie articulée.—La scie articulée est portée extérieurement sur la patelette du havresac, la grande courroie engagée dans le passant de son étui, le bord inférieur de l'étui affleurant l'arête inférieure du sac.
Pour retirer la scie, ouvrir l'étui qui reste fixé au havresac.
Cisaille à main.—La cisaille à main est placée à la partie supérieure du havresac, contre le paquetage, l'ouverture en dehors et tournée vers le bas; elle est fixée par la petite courroie supérieure gauche et la grande courroie qui s'engage dans les deux passants de son étui.
Quand on se sert de la cisaille, laisser l'étui fixé au havresac.
Serpe.—La serpe est portée appliquée à plat contre le côté gauche du sac, le dos de la lame contre le dos de l'homme, la poignée en haut, le passant de l'étui pris par la petite courroie latérale du sac, le manche maintenu par la courroie de sautoir.
Lorsqu'on veut se servir de la serpe, la retirer de son étui qui reste fixé au havresac.
Hachette de campement.—Le mode de placement sur le havresac de la hachette de campement, qui ne comporte pas d'étui, est analogue à celui de la hache portative.
Les outils portatifs sont portés au ceinturon ainsi qu'il suit:
La pelle-bêche du côté droit, le fer dans son étui; on engage le ceinturon dans le ou les passants de l'étui, la concavité du fer tournée en dedans.
La pelle-pioche, placée dans son étui (fer et manche séparés), est portée au ceinturon, du côté droit, la concavité tournée vers le corps, le fer de pioche dirigé vers le sol.
Le ceinturon est engagé dans l'intervalle formé par le corps et la petite courroie de l'étui, au-dessus du passant fixe de cet étui.
La hache à main du côté droit, dans son étui, en engageant le ceinturon dans le passant de l'étui, le manche de l'outil en bas.
Cet outil peut aussi être porté au ceinturon sans étui; le manche est alors engagé du côté droit, entre le corps et le ceinturon, le fer reposant sur le bord supérieur du ceinturon. La hachette de campement est portée au ceinturon de la même manière.
Placée dans son étui, la scie articulée se suspend au ceinturon comme une cartouchière.
La cisaille est portée du côté droit, l'ouverture en dehors, le ceinturon engagée dans le grand passant de manière que la partie la plus longue de l'étui soit dirigée vers le bas.
La serpe n'est jamais portée au ceinturon.
Vivres divers.
Vivres du jour.—La partie de la ration des «vivres du jour» non consommée est portée:
La viande froide dans la gamelle, le pain et les petits vivres dans l'étui-musette (les vivres de réserve sont renfermés dans le deuxième sachet à vivres; les légumes secs et le sel dans un compartiment, le sucre et le café dans l'autre).
Vivres de chemin de fer.—Au départ de la garnison, les «vivres de chemin de fer» sont placés de la manière suivante:
Les repas froids dans la gamelle individuelle; le pain, les conserves de viande assaisonnées dans l'étui-musette.
Si le voyage doit durer plusieurs jours, une partie de ces vivres peut être logée dans une des voitures de l'unité.
Vivres de débarquement.—Pour les troupes transportées en chemins de fer ou en bateaux, ils sont transportés jusqu'à la gare d'embarquement ou jusqu'au bateau dans les voitures de l'unité où il y a de la place disponible. Si la place fait défaut, le transport est effectué par des voitures de corvée ou des voitures requises. Il en est de même depuis la gare de débarquement jusqu'aux cantonnements.
Pour le trajet en chemin de fer, on les place dans le fourgon de queue du train, s'ils n'ont pu être placés dans les voitures de l'unité.
Pour les troupes faisant mouvement par voie de terre, ils sont transportés, à défaut de place disponible dans les voitures de l'unité, par des voitures requises dans les garnisons.
Paquetage avec la capote ou le manteau à capuchon roulé.—La capote (ou le manteau à capuchon pour les troupes alpines), pour être placée sur le sac, est roulée en boudin sur une longueur telle qu'elle encadre exactement le dessus et les côtés du sac, en prenant soin toutefois que les extrémités du rouleau soient maintenues à une certaine distance du bas des côtés du sac, environ deux doigts; elle est fixée en fer à cheval sur la partie supérieure du sac par les deux petites courroies et par la grande courroie de charge et au bas des côtés par les courroies de côté à ce destinées.
L'étui à chaussures est placé sous la capote (ou le manteau à capuchon). Le placement de la gamelle individuelle, des outils portatifs et des ustensiles de campement reste le même que celui précédemment indiqué.
Vélocipédistes.
Les militaires de l'armée active qui désirent être affectés comme vélocipédistes dans les formations de de guerre en font la demande à leur chef de corps, au cours de leur dernière année de service actif.
Chargement de campagne allégé.
173. On prépare en ce moment un havresac nouveau modèle et, en l'attendant, on enlève au havresac modèle 1893 le cadre en bois.
On utilise la voiture à vivres et à bagages de l'unité, qui transporte également les objets ci-après: tente individuelle, demi-couverture de campement, manteau, veste, etc...
Suivre pour cela les ordres donnés.
Conseils relatifs à l'Instruction militaire.
La préparation à la guerre est le seul but de l'instruction militaire.
L'instruction militaire ne se donne pas dans les théories, ni dans les chambres, ni dans les conférences, elle ne s'acquiert que par des exercices et des manœuvres sur le terrain, souvent répétés et minutieusement exécutés. Cependant, il a semblé bon à l'auteur de ce livre d'en dire quelques mots aux soldats.