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LE FROMAGE DE SAINT-MARCELLIN.
La «tomme» de Saint-Marcellin qui ne fut pendant longtemps qu'un fromage local, si pareille expression peut être employée, est aujourd'hui appréciée dans la France entière où, depuis quelques années surtout, elle a conquis une place honorable en même temps que des débouchés relativement importants. Son écoulement commercial étant facile, son rayon de fabrication s'est rapidement étendu, si bien qu'à l'heure actuelle on trouve sur les marchés beaucoup de Saint-Marcellin qui n'ont pas été fabriqués avec le lait de chèvre récolté dans les pâturages escarpés de Saint-Vérand, de Murinais, de Chènevières ou des communes limitrophes. L'accueil hostile que l'idée des délimitations agricoles a rencontré presque partout rend inacceptable a priori l'hypothèse d'une réglementation ayant pour but d'empêcher les commerçants de se procurer à leur convenance les tommes dont ils ont besoin pour leur clientèle. Par contre, il serait absolument équitable de ne pas laisser mettre en vente sous le nom de «tomme de Saint-Marcellin» des produits qui, au lieu d'être exclusivement fabriqués avec du lait de chèvre, le sont avec un mélange de laits différents dans lequel le lait de vache entre souvent pour une très forte proportion.
Les producteurs intéressés viennent de soumettre leurs doléances au ministère de l'Agriculture. Ils demandent qu'il soit désormais défendu de vendre pour du Saint-Marcellin des tommes dans la composition desquelles le lait de chèvre n'a pas exclusivement figuré; dans le cas contraire, la dénomination de Saint-Marcellin devrait être rigoureusement interdite et remplacée par celle de «Saint-Marcellin imitation». Cette réclamation sera certainement admise, les consommateurs ayant le droit absolu de savoir très exactement à quoi s'en tenir sur la nature des fromages qu'ils achètent.
UNE CAUSE CURIEUSE D'INTOXICATION SATURNINE.
C'est chose bien connue de tous que l'on peut garder dans le corps des balles ou du plomb de chasse, pendant des années, pendant toute sa vie même, sans inconvénient. En bien des cas le chirurgien préfère laisser la balle et les plombs, là où ils sont, dans l'épaisseur des muscles, du moment où il n'y a pas nécessité absolue d'aller les chercher.
Il arrive pourtant que le plomb, à la longue, détermine des effets fâcheux. Le docteur Roux, de Brignoles, a observé un cas de ce genre. Un colonial, qui a reçu, il y a vingt ans, une balle de revolver, est pris d'accidents divers: nausées, constipation opiniâtre, coliques, anémie: bien que le liséré gingival symptomatique manque, il croit avoir la colique de plomb, et l'attribue à sa balle dont il désire être débarrassé.
Il en est fait ainsi, et la guérison est parfaite. Ce qui est curieux, c'est le temps que la balle a mis à devenir intoxicante. Le fait est d'ailleurs connu. Mais on ne l'explique pas. Faut-il supposer quelque altération du plomb s'opérant à la longue à l'humidité et à la chaleur? D'autre part, on voit les accidents saturnins se produire aussi au bout d'un temps très court, un an ou deux seulement. En tout cas il faut qu'on sache que le plomb sous la peau expose au saturnisme, même s'il est en quantité très faible: deux ou trois grains.
LA POPULATION DE LA FRANCE.
Pendant le premier semestre de 1913, l'excédent des naissances sur les décès n'a été que de 11.004 unités, au lieu de 14.712 pendant les six premiers mois de l'année précédente.
Cette diminution s'est produite malgré un relèvement assez notable du nombre des naissances au cours du semestre: 387.512 naissances au lieu de 378.807 pendant la période correspondante de 1912.
Mais cet accroissement de 8.705 naissances n'a pas suffi à compenser l'augmentation du nombre des décès, 376.508 au lieu de 364.635, soit 11.873 décès de plus.
Le nombre des mariages, 154.069, est en recul sur celui du 1er semestre 1912, 158.861, mais reste encore supérieur à celui du semestre correspondant de 1911, 153.931.
Le nombre des divorces marque un nouvel accroissement: 7.550 au lieu de 6.932.
LE NOMBRE DES ÉTOILES.
On a souvent discuté sur le nombre probable des étoiles, et les divers chiffres avancés ne sauraient avoir qu'une valeur assez relative, comme le prouvent les écarts considérables que présentent les calculs des astronomes. Après beaucoup d'autres, un astronome anglais, M. Tucker, a étudié cette troublante question, et il arrive à des conclusions intéressantes.
Le nombre des étoiles qu'on peut voir à l'oeil nu au-dessus de l'horizon ne dépasse guère 2.000, mais on s'accorde à admettre qu'il existe environ 40 millions d'étoiles visibles dans les instruments, soit une moyenne de mille étoiles par degré carré de la voûte céleste. Ces étoiles varient de la grandeur 1 à la grandeur 16. Si l'on ajoute les étoiles des 17e, 18e et 19e grandeur, qui, tout en étant invisibles, impressionnent la plaque photographique, on arrive à 100 millions.
Quant aux étoiles en croissance qui ne sont pas encore incandescentes, ou aux étoiles en décadence qui sont refroidies, on ne possède aucune base pour en supputer le nombre.
Il semble en tout cas que le total de 1.000 millions, parfois cité, soit exagéré.
LES VACCINATIONS ANTIRABIQUES EN 1912.
M. Viala, préparateur à l'Institut Pasteur, vient de faire connaître les résultats des vaccinations antirabiques pratiquées à Paris en 1912.
On a traité 395 personnes dont 59 mordues à la tête, 191 aux mains, 145 aux membres. Aucun décès n'est survenu.
Sur ce nombre, la France a envoyé 377 sujets, le Luxembourg 9, le Maroc 3, la Roumanie 2, l'Espagne, la Suède, les Etats-Unis, le Dahomey 1.
Comme à l'ordinaire, le département de la Seine tient la tête pour le nombre de personnes mordues: 118. Viennent ensuite: Somme, 47; Seine-et-Oise, 35; Puy-de-Dôme, 15; Oise, 9; Seine-Inférieure, 8; Cantal, Corrèze, Haute-Garonne, Vienne, 7 etc., etc.