EN NOUVELLE-CALÉDONIE
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Le 24 septembre 1853, le contre-amiral Febvrier-Despointes, commandant en chef de nos forces navales en Océanie, ayant son pavillon sur le Phoque, prenait possession, au nom de la France, de la Nouvelle-Calédonie: l'anniversaire de cette annexion a été célébré, il y a deux mois, à Balade, par l'inauguration d'un monument commémoratif,--une simple pierre portant une inscription et deux dates: 1853-1913.
Inauguration du monument commémoratif de l'annexion de la Nouvelle-Calédonie. Phot. A. Richard.

La cérémonie fut présidée par M. Brunet, gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, qu'entouraient les officiers de l'aviso Kersaint, représentant la Marine, les délégations du Conseil général et des sociétés patriotiques et sportives de l'île. Les tribus étaient venues des environs pour participer à cette fête française, et elles témoignèrent de leur joie en exécutant, après les discours, des danses canaques.
M. ÉDOUARD LOCKROY
Depuis longtemps déjà, une douloureuse maladie tenait M. Édouard Lockroy éloigné de la scène politique où, pendant près de quarante ans, il avait tenu une place considérable. Il a succombé samedi dernier, à l'âge de soixante-treize ans.
Édouard Lockroy.--Phot. Marius

Sa vie avait été étonnamment intéressante en raison même de sa variété. Il était le fils de l'acteur Lockroy, l'un des interprètes préférés des romantiques, et qui, insatisfait de ses lauriers de comédien, écrivit maintes pièces, en leur temps fort applaudies.
Fidèle au «tel père tel fils», comme disait Monselet, M. Édouard Lockroy se devait de produire quelques actes. Son premier rêve, pourtant, avait été d'être peintre. Il dessinait fort bien, et quand, un peu plus tard, il accompagna Renan dans son fameux voyage en Orient, il fut pour l'historien un précieux collaborateur et fournit à son ouvrage de remarquables illustrations.
Sa curiosité insatiable, son esprit d'aventure, non moins peut-être que ses convictions, l'avaient porté encore à s'attacher à la fortune de Garibaldi et à s'enrôler parmi les Mille. Il avait amassé ainsi d'innombrables souvenirs, qu'il contait avec une verve, un esprit charmants et dont il fit, tout récemment, un attachant volume.
Le journalisme, les polémiques ardentes qu'il avait soutenues à la fin de l'Empire l'avaient conduit à la politique. Il y devait trouver une enviable carrière. De 1885 à 1899, il fit partie de cinq cabinets et fut deux fois ministre de la Marine.
Rue Royale, il s'était consacré à la lourde tâche qui lui incombait avec une énergie, un zèle, une conviction profonde. On a pu discuter les systèmes dont il fut l'ardent défenseur. Qui détient la vérité pure? On ne saurait oublier qu'il fut l'un des premiers champions de la navigation sous-marine, son véritable initiateur, peut-on dire, et il est équitable de rendre hommage au dévouement, à l'affection sincère qu'il avait voués à la marine française. Même après qu'il eut quitté le ministère, il ne cessa de se passionner pour toutes les questions qui la pouvaient toucher de près. C'est ainsi qu'il donna à L'Illustration, on 1901, d'intéressants articles sur l'Experimental Dock de Bremerhaven, où il préconisait--voeu aujourd'hui réalisé--la création en France d'un laboratoire semblable, et sur les Ports allemands en Chine.
L'ex-légionnaire Troemel. --Phot. Ouvière.

L'EX-LÉGIONNAIRE TROEMEL EN FRANCE
Le cas du légionnaire Troemel, ancien bourgmestre d'Usedom, qui, au mois de mars dernier, contracta un engagement de cinq ans au 2e régiment étranger, a fait grand bruit, naguère, en Allemagne comme en France, et nous avons, dans notre numéro du 31 mai dernier, publié son portrait en même temps qu'une déclaration, écrite de sa main, par laquelle il affirmait être fort satisfait de sa nouvelle existence. Le légionnaire Troemel, après avoir été mis en observation à l'hôpital d'Oran, vient d'être réformé pour surdité; et il est arrivé cette semaine, en France.
Interrogé sur son séjour à la légion, M. Paul Troemel a assuré que «ses impressions étaient excellentes», et qu'il regrettait de n'avoir pu y rester plus longtemps.
LES THÉÂTRES
Le nouveau spectacle du théâtre Femina est des plus attrayants: il se compose de deux comédies, une en trois actes de M. Louis Bénière, Paraphe Ier, une en deux actes de M. Pierre Veber, Petite Madame.
Dans Paraphe Ier (type d'administrateur suffisant, encombrant, infatué de l'importance de sa signature), l'auteur de Papillon a mis le trésor d'observations de sa longue carrière de conducteur d'hommes et d'entrepreneur de grands travaux; on y retrouve donc cette verve satirique qui est, par moments, presque moliéresque; et l'interprète de ce personnage, M. Signoret, est admirable de solennité caricaturale.
Petite Madame vaut, au contraire, par la finesse et par le délié du trait, par la grâce légère et spirituelle.
La Comédie-Française a repris avec un succès considérable la très belle oeuvre de M. Henry Bataille, la Marche nuptiale, jouée au Vaudeville en 1905, et publiée par L'Illustration dans son numéro du 18 novembre de cette même année. C'est sans doute l'une des pièces par lesquelles l'éminent et brillant écrivain a le mieux exprimé tout ce qu'il y a en lui de sensibilité profonde et subtile. Et c'est une oeuvre dont va s'enrichir indiscutablement le répertoire de la Maison de Molière. Le rôle principal a fourni l'occasion d'un triomphe pour Mlle Piérat, et il suffit de nommer MM. Georges Berr, Grand, Granval, Mme Lara, pour juger de la qualité du reste de l'interprétation.
PARIS-LE CAIRE INTERROMPU
Au moment de mettre sous presse, une dépêche de Daucourt nous apprend que le raid Paris-Le Caire est provisoirement interrompu. D'Ada-Bazar, où nous l'avions laissé la semaine dernière, l'audacieux aviateur était parvenu sans incident à Konia puis à Eregli. A Bozanti (voir la carte, page 408), surpris par une forte tempête en traversant les monts Taurus, il fit une chute terrible, heureusement sans graves conséquences. L'appareil est brisé, mais le pilote est indemne. Son compagnon, M. Roux, avait pris le chemin de fer.
Une des photographies qui illustrent précisément (pages 408 et 409) notre article sur le chemin de fer de Bagdad permet de concevoir les difficultés avec lesquelles l'aviateur se trouvait aux prises et les risques qu'il courait. On ne saurait guère imaginer de montagnes plus abruptes et l'on frémit à la seule pensée d'une panne banale commandant l'atterrissage dans une telle région.
(Agrandissement)

Note du transcripteur: Les pages 411-414 manquent au document qui a servi de source. Comme d'habitude, les suppléments ne nous ont pas été fournis.
