DOCUMENTS et INFORMATIONS
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Mangé par les anthropophages.
Il y a quelques mois, une pénible nouvelle nous arrivait de la Côte d'Ivoire: un commerçant français, M. Huberson, avait été surpris par des anthropophages, mis à mort, et dévoré. La photographie reproduite ici, dont nous devons la communication, avec d'intéressants renseignements, à un de nos abonnés, M. le docteur Teste, évoquera cet affreux drame, heureusement fort rare.
Deux des anthropophages de la Côte d'Ivoire qui ont dévoré un commerçant français, M. Huberson.

C'est en août dernier que M. Huberson, qui se livrait au négoce, à ses risques et périls, et malgré des avertissements répétés, sur le territoire du Haut-Cewally, dans le pays Guère, fut attaqué, à la tombée du jour, par une bande de rebelles; il tenta de se défendre, mais sans doute le fusil Browning dont il se servait ne fonctionna-t-il pas. Et les sauvages purent ainsi s'emparer de lui.
On ne tarda pas à apprendre sa disparition et les circonstances de sa fin: un officier, à la tête d'un détachement de tirailleurs, se mit aussitôt à la poursuite des coupables. Il réussit à les cerner, et à en prendre deux vivants; la plupart des autres étaient tombés sous les balles de nos soldats.
Le plus grand des prisonniers--celui qui figure à gauche sur la photographie--a fait des aveux complets, et a conté dans le détail les agapes auxquelles donna lieu la capture du blanc. On a donc eu l'horrible certitude que notre vaillant mais téméraire compatriote a été dévoré par ces monstres, dont la soumission se poursuit au milieu des plus grandes difficultés.
Troncs d'arbre lumineux.
Un de nos abonnés, M. Broquet, nous signale un phénomène curieux qu'il a observé récemment à la campagne.
Un soir, on venait de rentrer dans une grange des troncs de châtaigniers, âgés d'une quinzaine d'années et qui, coupés dix mois auparavant, avaient été laissés couchés dans les bois, exposés aux intempéries. Comme il avait plu toute la journée, on se mit à les écorcer pour éviter qu'ils péchassent difficilement.
Or, à mesure que les arbres étaient écorcés, ils s'éclairaient du haut en bas de lueurs presque ininterrompues. Les morceaux d'écorce eux-mêmes étaient lumineux en de nombreux points de leur surface interne. Ces lueurs permettaient de lire sur le cadran d'une montre.
On a déjà observé pareil phénomène sur de vieux bois ou même sur les vieilles souches; il paraît dû à un champignon microscopique dont le développement est favorisé par la décomposition de l'arbre et de son écorce. Mais on peut se demander comment il s'est manifesté sur des arbres qui, quoique abattus depuis dix mois, présentaient les apparences d'un bois sain.
La levure alimentaire.
Il y a quelques années, l'industrie allemande imagina d'utiliser la levure pour la nourriture des chevaux, des vaches, des porcs et de la volaille. Mais ce débouché n'a point paru suffisamment rémunérateur, et l'on cherche à introduire dans l'alimentation humaine de la levure convenablement purifiée. La chose a une grande importance pour les brasseurs allemands. Ces industriels, en effet, emploient une partie minime de la levure qu'ils produisent; ils disposent annuellement d'un excédent de 70.000 tonnes.
La boulangerie n'utilisant plus qu'une levure spéciale, on a d'abord préparé avec les levures de brasserie des extraits destinés à remplacer les extraits de viande. Ce nouvel aliment ayant eu peu de succès auprès des estomacs teutons, on s'est borné à faire sécher la levure et à obtenir ainsi une nourriture pour le bétail aisément transportable. Cette nouvelle industrie est déjà prospère: on compte 26 usines de séchage de levure, et le prix de la levure sèche a passé de 22 francs à 29 francs le quintal.
Les chimistes veulent faire encore mieux. En débarrassant la levure sèche des principes amers de la bière, ils obtiennent un aliment facile à assimiler, représentant, disent-ils, la valeur de plus de trois fois son poids de viande de boeuf, et dont le prix atteint 6 fr. 20 le kilo.
Le travail d'un faucheur.
Un bon faucheur peut mener un train de coupe large de 1 m. 80 à 2 m. 20 sur une profondeur de coutelée qui est de 0 m. 20 environ. Chaque coup de faux rase donc une surface de 2,20 X 0,20 = 40 décimètres carrés. L'ouvrier donne en moyenne 25 coups de faux à la minute. Si l'on fait abstraction de toutes les pertes de temps, aiguisage et battage de la faux, retours et reprises du train de coupe, repas, arrêts divers, etc., il ne reste guère que six heures de travail effectif. Pour ces six heures un bon faucheur peut abattre Om. q. 40 X 25 X 60 X 6 = 36 ares.
Un monument à Annenkof.
La Russie vient d'acquitter une vieille dette de reconnaissance en élevant, à Samarcande, un monument au général Annenkof, créateur du chemin de fer transcaspien, mis en service en 1887, et promoteur du Transsibérien.
Le monument du général Annenkof à Samarcande. --Phot. Guikitine.

Ce monument, assez simple, comme on le voit sur la photographie ici reproduite, perpétuera le souvenir de l'un des hommes les plus énergiques et les plus audacieux qu'ait enfantés la Russie: celui qui lança sur l'Amou-Daria, l'antique Oxus, pour le passage du rail, un simple pont de bois de 3 kilomètres et demi, était certes d'âme hardie.
L'inauguration du monument a eu lieu le 3 novembre dernier (21 octobre vieux style). Elle a revêtu un caractère de grande solennité.
L'empereur Nicolas y était représenté par l'un de ses aides de camp, le général prince Vassiltchikof, qui, au nom de son souverain, déposa au pied du monument une superbe couronne en argent. Le général Samsonof, gouverneur général du Turkestan, présidait la cérémonie, à laquelle assistaient Mlles Annenkof, les deux filles du général, et le vicomte de Vogué, son neveu, fils du vicomte Eugène-Melchior de Vogué, de l'Académie française, lequel avait épousé une soeur du général Annenkof. Les splendides costumes du représentant de l'émir de Boukhara et des hauts dignitaires de sa suite donnaient, sous le soleil éclatant, une note de brillant pittoresque. Et la chute du voile qui recouvrait la statue fut le signal d'un impressionnant défilé des troupes, sous les ordres du représentant du tsar.
Rectifications.
Dans l'article que nous avons consacré, dans notre numéro du 15 novembre, au mariage de Nijinsky, nous avons dit que le célèbre danseur russe avait épousé une jeune fille «appartenant à une riche famille russe», Mlle Pulska. Un de nos plus notables confrères de Budapest nous informe que celle-ci descend d'une très honorable et ancienne famille hongroise: son père a été directeur des musées de Hongrie, et sa mère, écrit notre confrère, est «la première comédienne de notre théâtre national».
Sous le portrait du président de la République mexicaine qu'a publié L'Illustration la semaine dernière, et dans l'article qui le concerne, c'est Victoriano Huerta qu'il fallait lire, au lieu de Vittoriano, qui est de consonance italienne.
A propos du procès de Kief, que nous avons signalé dans notre numéro du 15 novembre, le directeur de l'Univers Israélite nous écrit que le meurtre du jeune Youtchinsky a été, d'après le jugement, commis dans une fabrique «de tuiles».
Le chef pilote Perreyon.
