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L'Illustration, No. 3674, 26 Juillet 1913

COMMENT LES SERBES ONT VAINCU LES BULGARES

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AU QUARTIER GÉNÉRAL DU PRINCE ALEXANDRE

Gradista, 10 juillet.

D'Uskub à Kumanovo, trajet que nous avons fait, en deux heures, dans un wagon de première classe réservé à notre transport, nous avons pu nous rendre compte que tout était prévu et exécuté par une organisation de premier ordre. Partout se révèlent des hommes d'initiative et un fonctionnement exact et sans heurt de tous les rouages. A la station de Kumanovo, trois automobiles envoyées par les soins de l'état-major de l'armée du prince royal nous enlèvent rapidement et, en moins d'une heure, par une route excellente, aménagée avec soin par le génie serbe, nous déposent à Gradista, auprès des tentes où se trouve bivouaqué le quartier général de la 1re armée.

Cap. Marinkovitch. Col. Fournier, A. de Penennrun. Cap. Stoïanovitch. Au quartier général du prince Alexandre de Serbie: le colonel Fournier et trois camarades de promotion de l'École de guerre.

Illustration from L'Illustration, No. 3674, 26 Juillet 1913

Les officiers de l'état-major avaient poussé l'amabilité jusqu'à retarder l'heure habituelle du repas pour nous permettre de le prendre en leur compagnie. Mais à peine avais-je mis le pied en dehors de l'auto qui nous transportait, Réginald Kann et moi, que je me trouvais serré vigoureusement dans les bras de deux officiers me saluant des plus vives exclamations de surprise: c'étaient mes anciens camarades de promotion d'École de guerre, les capitaines Stoïanovitch et Marinkovitch, qui n'en revenaient pas de me voir au milieu d'eux. L'impression première de cordialité ne s'en atténue pas, bien au contraire, d'autant que je vois arriver notre très distingué attaché militaire à Belgrade, le colonel Fournier, qu'une faveur spéciale du roi a autorisé, seul parmi tous les autres attachés, à suivre de près les opérations, en accompagnant l'armée du prince royal. Une si précieuse exception pour le représentant officiel de l'armée française prouve, mieux que tout, l'extrême sympathie, dont--depuis le roi, ancien soldat de la France, jusqu'au dernier de ses sujets--est animé le peuple serbe à notre égard.

Nous arrivons au quartier général de Son Altesse Royale le prince Alexandre, un peu comme les carabiniers, c'est-à-dire après la bataille. Il faut nous consoler en allant cueillir sur les champs des combats de la Bregalnitza les miettes de l'histoire.

... Et d'abord, tout en ne ménageant pas mon estime au haut commandement des armées du roi Pierre, en particulier à l'homme remarquable que paraît être le maréchal Poutnik, j'ai eu, depuis Belgrade jusqu'ici, cent occasions d'être frappé de l'admirable matière «homme» que constitue le soldat serbe.

L'homme consent à «se faire tuer», à souffrir... Le commandement sait «vouloir»... Abnégation de l'exécutant, énergique volonté du chef: le secret de la victoire est là!

Cependant, il pourrait paraître étrange que je semble dénier à leurs adversaires des qualités que, l'automne passé, j'affirmais être également l'apanage de l'armée bulgare. C'est précisément parce que cette dernière n'est plus telle que je l'ai connue pendant la campagne de Thrace que son sort paraît se trouver aussi cruellement compromis. Et mon opinion à ce sujet a trouvé de précieuses confirmations dans une conversation fort longue que j'ai eu le très grand honneur d'avoir avec S. A. R. le prince Alexandre.

(Agrandissement)

Illustration from L'Illustration, No. 3674, 26 Juillet 1913

Front atteint le 30 juin (soir) par les Bulgares et attaques des 1er et 2 juillet des armées serbes. Attaques des 3 et 4 juillet de la Ire armée serbe; des 6, 7 et 8 juillet de la IIIe armée.

Croquis de A. de Penennrun.

La bataille décisive de la Bregalnitza (Armées serbes: hachures horizontales--Bulgares: hachures verticales).

Le prince ayant manifesté le désir de me voir, je lui fus présenté par le colonel Fournier. Après un début d'entretien où je lui exprimais mon admiration pour les troupes magnifiques qu'il avait sous son commandement, le prince me posa quelques questions sur l'armée bulgare telle que j'avais pu l'apprécier lors de la campagne dernière contre les Turcs. Et comme j'exprimais l'idée qu'à ce moment les soldats bulgares, le haut commandement que l'on pouvait déjà à ce moment considérer comme synthétisé dans la personne du général Radko Dimitrief, étaient évidemment deux éléments d'une force incomparable, le prince me dit:

--Je partage absolument votre avis sur la très haute valeur morale de l'armée bulgare, pendant la campagne de Turquie. Mais je ne crois pas me tromper, en affirmant que les Bulgares d'aujourd'hui ne sont plus ceux d'il y a un an. L'enthousiasme surchauffé qui les a lancés en ouragan contre les Turcs, l'antique oppresseur, n'existe plus contre nous leurs alliés et leurs frères d'hier, qu'ils veulent spolier injustement. Il arrive maintes fois que leurs prisonniers avouent ne prendre part qu'à contre-coeur à cette guerre ingrate que les Bulgares ont eux-mêmes déchaînée. Leur flamme de belle énergie, leur foi en la sainteté de l'ancienne cause est tombée.

--Cependant, monseigneur, ne pensez-vous pas qu'au moment où les Bulgares se sentiront acculés par vos troupes marchant sur Sofia, ils ne tentent un effort suprême, que leur vieille énergie native ne se réveille et que, somme toute, l'adversaire déjà opiniâtre dont vous avez triomphé sur la Bregalnitza ne devienne plus tenace encore, quand il défendra le sort de la Vieille-Bulgarie?

--Vous avez tout à fait raison, monsieur, répondit le prince, mais, nonobstant la valeur d'adversaires que j'estime très redoutables, souvenez-vous que ces gens-là font une guerre inique, que dans le fond leur moral est vicié par la fourberie même de leur injuste agression vis-à-vis de nous, que de leur puissante et sauvage énergie, de leur endurance au mal, il ne leur reste plus que des vestiges et que, dans la balance morale où Bulgares et Serbes se mesurent actuellement, les uns croient à la victoire et les autres en désespèrent.

CE QUE FUT LA BATAILLE DE LA BREGALNITZA

Gradista, 11 juillet.

A 4 heures du matin, nous abandonnons nos tentes, et, conduits par mon ami le capitaine Mirko Marinkovitch, nous partons dans d'invraisemblables sapins venus d'Uskub à notre intention et qui doivent nous véhiculer à proximité du terrain des différents combats livrés du 30 juin au 6 juillet sur la Bregalnitza. Nous nous dirigeons tout d'abord vers le Drenek, point capital de la gauche serbe en avant du Tserni-Vrh, un rocher escarpé précédé d'une succession de contreforts.

Du haut du Drenek, Marinkovitch nous explique non seulement le processus de l'attaque, mais aussi l'ensemble des opérations qui ont suivi cette action, à droite, vers deux mamelons au relief nettement indiqué, qui portent les côtes 550 et 650, plus à droite encore vers Istip qu'on devine, plutôt qu'on ne le voit, dans un vague lointain fait de brume et de lumière, en face de nous enfin, sur les pentes étagées de Raïtchani qui séparent la Zletovska de la Bregalnitza nous cachant la ville de Kotchana profondément enfouie au revers des crêtes, dans un thalweg descendant vers le sud.

A notre gauche, un amas énorme de rochers découpés, dentelés bizarrement, déchire les nuées qui l'entourent, semblant menacer le ciel, très haut au-dessus de nous: c'est le Rectki-Bouki, le pivot de gauche des Serbes dont la masse imposante constituait en quelque sorte les gonds, l'axe de cette porte que l'armée du prince royal devait tenir fermée devant l'assaut désespéré des Bulgares.

Toute cette zone se présente fort nettement comme un terrain de très haute montagne, mais, contrairement à ce qu'à première vue l'on pourrait penser, il est assez manoeuvrable. Les croupes et les thalwegs largement ondulés permettent aisément le passage à peu près constant de l'artillerie de campagne et, de fait, nous voyons partout, au milieu des moissons foulées par les combattants, de larges sillons où tout semble fauché, traces, parallèles le plus souvent et accouplées par quatre, du passage d'une batterie marchant à grande allure.

Sur le haut des crêtes du Drenek, nous trouvons en quantités énormes des étuis de cartouches et des chargeurs bulgares, un peu plus loin un amas de douilles de pièces d'artillerie. Je n'exagère pas en estimant à environ 200 au mètre courant le nombre d'étuis trouvés sur la position, des tirailleurs ennemis. L'on jugera par là de l'intensité du feu et l'on s'expliquera les énormes pertes subies.

Puis, tandis que nous restions perdus' dans la contemplation de ce cirque étendu de montagnes et de vallées, où se sacrifièrent près de 30.000 hommes, le capitaine Marinkovitch reprit la parole et nous fit le récit suivant:

«Dans la nuit du 29 au 30, à 2 heures du matin, nous fûmes réveillés par des clameurs sauvages, des cris, des coups de feu de plus en plus nombreux qui venaient de la direction de nos avant-postes. Les Bulgares attaquaient en masse, tout leur monde en ligne, attaque d'une violence extraordinaire, en ordre profond, exécutée avec une brutalité et une énergie sauvages que décuplait chez l'ennemi l'ardent désir de briser d'un coup la résistance de nos armées.

» Tout le long de la Zletovska, devant l'armée du prince royal, de la Bregalnitza et de la Kriva Lakavitza, devant la IIIe armée, les sentinelles, les petits postes situés sur les berges de ces rivières et même les grand'gardes légèrement en arrière, furent non seulement disloqués et refoulés, mais même, en bien des endroits, véritablement égorgés par les Bulgares ivres de fureur et de sang. La première résistance sérieuse ne fut offerte que par notre ligne des réserves d'avant-postes qui, depuis Rectki-Bouki tenait le Drenek, les côtes 550 et 650 devant la Ire armée, les hauteurs de Suchevo et de Hadji Redjebli devant la IIIe. Mais, sur la plupart de ces points, se trouvait à peine la valeur respective d'un bataillon; aussi vers midi, le 30 juin, étaient-ils occupés par les Bulgares. Pour bien saisir toute la violence de l'attaque, une revue rapide des effectifs bulgares mis en ligne à ce moment est nécessaire: sur Rectki-Bouki, c'est le corps de volontaires à 3 brigades du général Guenef qui avait donné l'assaut; devant Drenek et les positions de la Ire armée, c'était la 7e division, renforcée d'une brigade de la 4e; plus au sud enfin là 8e division et la majeure partie de la 2e. En arrière, suivaient des bataillons de territoriale et une partie de la 3e division.

» Mais notre ligne principale de défense avait été, grâce à Dieu, fort sagement établie assez arrière pour nous permettre d'y alerter rapidement nos troupes et non seulement de prendre nos dispositions défensives, mais également d'y préparer notre mouvement ultérieur en avant et notre contre-offensive à l'agression.

» Je ne puis, naturellement, vous donner de détails que sur ce qui se passait dans un champ limité assez étroitement à ce que j'ai pu voir. Tandis que l'une des divisions de la Ire armée avait, concurremment avec l'une de celles qui faisaient face à la direction du nord, la mission de reprendre Rectki-Bouki, l'autre division, celle de droite, attaquait le Drenek et la côte 550.

» L'ordre d'offensive générale fut donné à toutes les troupes le 30 juin à midi. La division qui attaquait le Drenek partait de la ligne principale de résistance que primitivement nous avions organisée à Tserni-Vrh et sur les contreforts de Gradista. Nous avions trois régiments en première ligne: l'un attaquant le Drenek par Stoubla; l'autre attaquant également le Drenek, mais à revers, sur les pentes sud du thalweg de la Belositza; le troisième enfin, en liaison avec la division de cavalerie du prince Arsène, attaquant la côte 550.

» Commencée aussitôt, la marche en avant, malgré l'élan des troupes, eut terriblement à souffrir du feu de l'ennemi. Le soir du 30, nous avions progressé dans une certaine mesure, mais nous n'avions pas encore pu réoccuper le Drenek, ni aucun des autres points qui nous avaient été enlevés.

» Dès l'aube du 1er juillet, le mouvement en avant fut repris et, grâce au concours d'une de nos batteries d'obusiers de 120mm, le Drenek fut enlevé à midi.

» A la même heure, notre division de gauche débouchant de Kara-Tas sur Stroms et Kalnista, repoussait la droite de la 7e division bulgare ainsi que la brigade de la 4e division qui l'appuyait. Plus au sud, les côtes 550, 650 tombaient entre nos mains. De toutes parts, les Bulgares refoulés se voyaient contraints de repasser la Zletovska et la Bregalnitza, poursuivis par les nôtres, qui cependant, en aucun point, ne réussirent à franchir ces rivières.

» Après la prise du Drenek, il devenait de toute nécessité de poursuivre sans tarder l'avantage obtenu et d'attaquer les hauteurs de Raïtchani entre la Zletovska et la Bregalnitza, hauteurs que les Bulgares avaient hérissées de fortifications. Mais il était difficile de commencer cette attaque immédiatement, alors que Rectki-Bouki n'était pas encore repris par notre gauche et tant que nos éléments de droite de la Ire armée n'étaient pas reformés, reconstitués, ni ravitaillés en munitions. Aussi l'attaque ne commença-t-elle que le 3 juillet au matin, lorsque la nouvelle de la prise de Rectki-Bouki eut été confirmée dans la soirée du 2.

» Un régiment reçut comme objectif la hauteur du télégraphe et Spantchevo; deux autres, les pentes de Sokolartzi. La division de gauche formée également en deux colonnes attaqua Raïtchani et Rudare Tursko. Mais nous eûmes de grosses difficultés causées non seulement par les obstacles du terrain, mais aussi par le feu de l'ennemi, très bien posté dans des retranchements depuis longtemps préparés. Le soir du 3 juillet, notre ligne de tirailleurs la plus avancée était encore à plus de 700 mètres des tranchées bulgares. La progression avait été pénible bien que toute notre artillerie de campagne en batterie sur les pentes du Drenek, renforcée de pièces lourdes de 120mm, ait paru obtenir d'importants résultats et prendre la supériorité du feu sur celle des Bulgares. L'on pouvait s'attendre à une contre-attaque pendant la nuit, surtout en songeant au goût de l'ennemi pour ce genre d'opérations. Mais rien ne vint, et, le lendemain au petit jour, lorsque nous reprîmes la marche en avant, l'ennemi visiblement épuisé, menacé sur sa droite par un régiment devenu disponible après la prise de Rectki-Bouki, commença de fléchir, battant en retraite dans la direction de Kotchana.

» La division de cavalerie du prince Arsène, avait pour mission d'appuyer au sud l'attaque de la Ire armée, maintenant la liaison avec la IIIe armée dont l'effort s'exerçait sur Istip. S'apercevant de notre succès, elle essaya de franchir la Bregalnitza à hauteur de Krupichte, mais elle ne put y parvenir. Alors, tandis qu'une de ses brigades continuait un combat à pied le long de la rivière, l'autre brigade fut ramenée vers Raïtchani pour prendre part à la poursuite vers l'est.

» Cependant, les Bulgares battaient en retraite en assez bon ordre, bien couverts par une forte arrière-garde d'un régiment d'infanterie, d'un groupe d'artillerie et d'un régiment de cavalerie à hauteur des villages de Koutchitchino et de Bouzitchevo; cette arrière-garde fit front pendant toute la journée du 4 et réussit à ralentir considérablement notre poursuite.

» Pendant ce temps, la IIIe armée avait tenté, elle aussi, de se porter en avant pendant ces deux journées du 3 et du 4 juillet. Mais il lui avait été impossible de déboucher sur la Bregalnitza. Bien plus même, sa division d'extrême droite attaquée furieusement par les Bulgares avait été rejetée des hauteurs d'Ortabajir sur le Vardar et l'ennemi réussissait à pénétrer dans Krivolak sans parvenir toutefois à passer sur la rive droite du fleuve.

» Tout l'intérêt de la bataille se portait donc à ce moment à notre aile droite où il devenait absolument nécessaire d'assurer le succès de la marche en avant de la IIIe armée. Une brigade hâtivement ramenée de Prilep vint soutenir notre division d'extrême droite et, concurremment avec elle, reprit l'offensive dans la direction de Krivolak. Enfin, le 5 juillet, la Ire armée ayant réussi à mettre la main sur Kotchana, puis, le lendemain 6, à établir ses avant-gardes sur les crêtes de Cera et de Betsikovo, le prince Alexandre décida de distraire une de ses divisions et de l'envoyer vers le sud appuyer, dans la direction d'Istip, l'attaque générale de la IIIe armée.

Entrevue, le 16 juillet, à Uskub, des chefs des deux gouvernements serbe et grec: MM. Pachitch et Venizelos.--Phot. Marianovitch.

Illustration from L'Illustration, No. 3674, 26 Juillet 1913

» Cette attaque commença le 7 juillet, où l'une des divisions du centre de la IIIe armée enlevait les villages de Toplik et d'Enech Oba, puis, conversant au nord, poussait dans la direction de Dragovo. Le même jour, la brigade venue de Prilep entrait dans Krivolak après une suite d'assauts acharnés où le village fut pris et repris deux fois. Elle y trouvait nos blessés abandonnés lors de l'évacuation du village, massacrés, quelques-uns odieusement mutilés, quelques-uns même crucifiés, autant de crimes témoignant que, chez ceux que l'on nomme nos frères slaves, le vieux sang tartare n'est pas mort.

» Le 8 juillet, l'attaque générale sur Istip devait avoir lieu. Toute la IIIe armée, en ordre de bataille, se portait sur la Bregalnitza sur un front allant de Krupichte à la Kriva Lakavitza, lorsque l'on s'aperçut que les Bulgares s'étaient évanouis dans la direction de Radovichta, tandis que, en avant de la Ire armée, vers Cera et Betsikovo, on ne trouvait plus aucun contact, l'ennemi ayant disparu vers Tsarevo-Selo.

» Devant la double pression exercée sur ses deux ailes par les troupes de Krivolak et par la Ire armée, dont une autre division encore avait franchi la Bregalnitza à Mojantzi, marchant sur Kochevo, le général Kovatchef avait donné l'ordre de retraite. La bataille de la Bregalnitza se terminait à notre avantage.»

Tel fut le récit du capitaine Marinkovitch. Nous devons y ajouter ceci: Le 9 juillet, la division de cavalerie serbe pénétra, presque sans résistance, à Radovichta. Dans la soirée, ses reconnaissances entraient en contact avec celles de la cavalerie hellène remontant vers le nord. L'armée du roi Constantin, victorieuse à Kilkiz et à Doïran, poussait devant elle les divisions du général Ivanof, et les deux armées bulgares dans une effroyable confusion se rejetaient au nord des montagnes. L'on apprenait l'entrée en ligne de la Roumanie, le passage du Danube par ses troupes, la marche des Turcs sur Andrinople, et la demande d'intervention à l'Europe de la Bulgarie déjà aux abois... Alain de Penennrun.

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