← Table of contents
L'Illustration, No. 3266, 30 Septembre 1905

QUELQUES NOTABILITÉS SOCIALISTES ALLEMANDES

Reading edition

LES SOCIALISTES ALLEMANDS AU CONGRÈS D'IÉNA

Le congrès socialiste allemand s'est tenu à Iéna, du 17 au 23 septembre. Parmi les notabilités du parti, on y remarquait Bebel, Singer, Auer, Meist, Pfannkuch, Volmar, accompagné de sa femme. Au cours des séances qui ont eu lieu à la Maison du Peuple, devant le buste de Karl Marx, entouré de drapeaux rouges et de verdure, on a prononcé force discours, voté force résolutions, concernant l'organisation des groupes, la politique électorale, l'internationalisme, la grève générale, voire la propagande contre l'alcoolisme. Et l'on s'est séparé en décidant que le congrès de 1906 siégerait à Mannheim.

Mme GALLI-MARIÉ

La grande artiste dont la renommée, déjà ancienne, n'est point encore oubliée, bien que sa retraite du théâtre date d'une vingtaine d'années, vient de mourir à Vence, près de Nice, à l'âge de soixante-cinq ans.

Fille du ténor Marié, de l'Opéra, Mme Galli-Marié, après de brillants débuts au théâtre des Arts de Rouen, était entrée en 1862 à l'Opéra-Comique, où elle obtint un vif succès dans la Servante maîtresse, de Pergolèse. Devenue bientôt une des étoiles de la salle Favart, elle devait, durant une longue carrière, conserver la faveur du public, comme principale interprète de divers ouvrages comiques ou dramatiques: Lara, le Capitaine Henriot, Fior d'Aliza, Fantasio, Don César de Bazan, Piccolino, etc. Mais c'est surtout à Mignon, d'Ambroise Thomas, et à Carmen, de Bizet, que son nom demeure associé, et l'on s'accorde à reconnaître qu'en ces deux rôles, personne n'a surpassé leur triomphante créatrice, qui les avait marqués de son empreinte personnelle.

Dans le rôle de Mignon. Dans le rôle de Carmen.

Illustration from L'Illustration, No. 3266, 30 Septembre 1905

Mme GALLI-MARIÉ DANS SES DEUX PRINCIPAUX ROLES. --Phot. Nadar.

Mme Galli-Marié ne se montrait pas seulement habile à tirer parti d'une voix chaude et vibrante de mezzo-soprano; à la virtuosité de la cantatrice elle joignait le jeu expressif, le talent plein de souplesse et d'originalité d'une excellente comédienne.

LE COLONEL MARCHAND EN ESPAGNE

Le colonel Marchand visite en ce moment l'Espagne en touriste. Accompagné de quelques amis, il accomplit son tour en automobile, ne se contentant pas des haltes dans les sites classiques, dans les villes fameuses, et traversant souvent des bourgades perdues dont le charme pittoresque demeurera à jamais inconnu des pèlerins du «voyage circulaire à prix réduit».

L'autre jour, en allant voir les ruines antiques de Merrida--l'Emerita Augusta des Romains--il dut passer à Castuera, dans l'Estramadure. C'était la première fois qu'y paraissait une automobile. Et l'on imagine sans peine quel succès de curiosité obtinrent, auprès des populations massées en rangs pressés sur leur route, le colonel et ses compagnons, et surtout leur machine.

L'ex-colonel Marchand en Espagne. Tout le village de Castuera (Estramadure) autour de l'automobile du colonel (assis lui-même à gauche du conducteur).

Illustration from L'Illustration, No. 3266, 30 Septembre 1905
Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings