LA MISSION BRAZZA
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Le gouvernement de la République prépare à Savorgnan de Brazza des funérailles solennelles. En attendant, il a veillé à ce qu'aucun honneur ne fût marchandé à la dépouille mortelle du grand explorateur, amenée à Marseille par le paquebot les Alpes, au moment où elle allait toucher la terre de France. Mais, quelques devoirs qu'on lui prodigue, rien ne saurait effacer, dans le souvenir de ceux qui accompagnaient de Brazza dans son voyage, la vision de son débarquement à Dakar lorsque, terrassé par la maladie, il dut quitter la Ville-de-Maceio, qui le rapatriait, laissant les compagnons de son dernier labeur poursuivre leur route vers la patrie, tandis qu'il s'en allait expirer à l'hôpital, sur cette terre d'Afrique où il avait accompli une si grande oeuvre, au temps de sa belle vigueur.
Maison occupés par M. de Brazza, à Brazzaville.

Le vapeur Dolisie amenant la mission de Brazza à Brazzaville.

Il prévoyait, dès ce moment, sa fin prochaine, et ses adieux calmes et touchants à M. Hoarau-Desruisseaux, inspecteur général des colonies--à qui il confiait la direction de la mission--montrèrent qu'il ne conservait aucune illusion sur le sort qui l'attendait.
C'était déjà un agonisant que des marins tout blancs transportèrent, le 13 septembre, du bord dans une chaloupe à vapeur et débarquèrent sur le wharf de Dakar; un moribond qui ne pouvait déjà plus supporter la lumière du jour, et qui gisait presque inanimé sur ce brancard, drapé comme d'un poêle funèbre, pour le protéger contre le grand soleil.
Le petit vapeur transbordant M. de Brazza malade à l'appontement de Dakar.

Le retour: en vue de Dakar.--La civière de M. de Brazza accrochée au palan qui va descendre l'explorateur, du paquebot à bord du petit vapeur côtier.

M. Gentil. Mme de Brazza. M. de Brazza. L'arrivée à Brazzaville.--Mme de Brazza, au bras de M. Gentil, et suivie de Savorgnan de Brazza, débarque du Dolisie.

Le débarquement de M. de Brazza mourant, à l'appontement de Dakar.

QUELQUES INSTANTANÉS SUR LA MISSION D'ENQUÊTE AU CONGO FRANÇAIS
L'hôtel du commissaire général, M. Gentil, à Brazzaville.

Tandis que son cercueil s'en venait vers la France, des polémiques regrettables--à tout le moins intempestives--se sont élevées au sujet de ce Congo, dont M. de Brazza était chargé de préparer l'organisation définitive. Une lettre de lui a été livrée à la publicité, qui adresse à M. Gentil, commissaire général du Congo, des reproches assez vifs. M. Émile Gentil, qui avait précédé le retour de la mission, est défendu énergiquement par ses amis, car, malade en ce moment, il est dans l'impossibilité de se défendre lui-même. Nous nous garderons de prendre parti dans ce débat: les rapports de la mission Brazza sont aux mains de M. le ministre des Colonies. Il entendra M. Gentil. Les pièces du procès seront publiées. Alors seulement on pourra prononcer équitablement.
Ce sont deux bons Français que cet incident oppose l'un à l'autre. Il faut souhaiter que leur gloire à tous deux sorte indemne de ce débat.
Un des principaux indigènes reçus par M. de Brazza: le chef Bankoy, du village M'Pili, et sa suite. M. Hoarau-Desruisseaux, inspecteur général, qui a présenté les rapports de la mission au ministre des Colonies.


Sur l'appontement, de Dakar.--Le transport de M. de Brazza à la voiture d'ambulance qui va le conduire à l'hôpital.

Campement de la population de Pizzo, sur le rivage.--Phot. A. Croce.
