UN MONSTRE ANTÉDILUVIEN AU MUSÉE DE NEW-YORK
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Une des pattes du dinosaure mise à découvert dans une carrière de l'État de Wyoming. Le montage d'une des pattes antérieures du dinosaure au musée paléontologique de New-York.
Une gravure de notre numéro du 11 mars représentait le squelette reconstitué et monté, au muséum de New-York, d'un dinosaure, un de ces monstres gigantesques qui existaient sur la croûte terrestre, aux époques jurassique et crétacée. C'est le premier spécimen d'un animal de ce genre que le public soit appelé à contempler Ses restes fossiles ont été mis au jour en 1897, par un naturaliste américain, M. Walter Granger, près des carrières de Bone Cabin, dans l'État de Wyoming.
Après le long et délicat travail de l'extraction, du transport à New-York, du nettoyage, le montage des diverses pièces du squelette a été effectué sous la direction du professeur Henry F. Osborn, conservateur du musée de paléontologie américain.
Os du bassin du dinosaure.

Par sa forme autant que par ses proportions, le dinosaure-brontosaure diffère de tous les animaux vivants. Il avait une queue épaisse, semblable à celle des crocodiles ou des lézards, mais longue de 10 mètres, un cou flexible comme celui de l'autruche et qui mesurait près de 6 mètres; le corps de forme courte, ramassée, plat des deux côtés; les membres trapus, solides, droits, à peu près comme l'éléphant. Sa tête était très exiguë. Le cerveau devait être fort petit. Les os des jambes et de la queue sont extrêmement forts, alors que la colonne vertébrale est d'une armature relativement plus légère.
On évalue que ce monstre, qui mesurait 20 mètres de longueur totale sur 5 mètres de hauteur, ne pesait pas moins de 90.000 kilos.
Grâce à son cou extrêmement allongé, cet amphibie pouvait faire des plongeons à de grandes profondeurs pour rechercher les plantes succulentes du fond. La rangée de dents, courtes, à bouts carrés, en forme de cuillères, placées tout autour de la bouche, lui permettaient d'arracher les feuilles des arbres ou des plantes aquatiques. Mais le monstre ne pouvait point mastiquer sa nourriture, car il n'avait point de molaires: il l'avalait évidemment sans la mâcher.
M. Charles Knight a exécuté, sous la direction du professeur Osborn, un modèle en terre qui est considéré comme une reconstitution fidèle de l'animal vivant. Ce même artiste avait déjà fait d'autres reconstitutions, très remarquables également, d'animaux préhistoriques.
Suivant les déclarations du professeur Osborn, le dinosaure brontosaure vivait principalement dans les grandes lagunes et les vastes marécages de peu de profondeur, le corps immergé en partie, mais allant aussi sur la terre ferme pour y déposer ses oeufs, etc. Cet animal a dû disparaître complètement de la surface du globe vers la fin de la période crétacée.
Squelette complet du dinosaure. Le modèle du dinosaure reconstitué.

LES EXPÉRIENCES DE CHERBOURG --Le «Z», sous-marin à passerelle surélevée.

SUBMERSIBLE CONTRE SOUS-MARIN
Le monde maritime était très partagé sur la question de savoir lequel des deux types, le sous-marin ou le submersible, pourrait rendre, en temps de guerre, les meilleurs services, et duquel, partant, il convenait de construire le plus d'exemplaires. Les expériences qui se sont poursuivies, dix jours durant, à Cherbourg, et qui ont opposé le submersible Aigrette au sous-marin Z, semblent bien faites pour fixer l'opinion d'une façon définitive.
Le submersible Aigrette est en quelque sorte un torpilleur ordinaire contenant dans ses flancs un sous-marin: le profil qui apparaît sur notre dessin montre que cette combinaison est apparente même à l'extérieur. Quant au sous-marin Z, c'est un fuseau surmonté d'une plate-forme surélevée qui sert aux observations.
Le programme comportait des essais de navigation à la surface et d'habitabilité, des expériences de plongée et de navigation en immersion.
On a pu acquérir la certitude que l'Aigrette, à la surface, possède des qualités nautiques supérieures, gouverne mieux, est plus souple sur la lame et, par conséquent, moins pénible à habiter pour les équipages, qui peuvent ainsi venir respirer à l'air libre au lieu d'être confinés dans un espace hermétiquement clos, comme cela arrive à bord des sous-marins, lesquels, en raison de leur forme en fuseau, pénètrent violemment dans la vague et sont sans cesse couverts d'eau. La passerelle surélevée n'est elle-même pas tenable pour les hommes pendant la marche à la surface.
En plongée, les expériences, tout en faisant constater la bonne navigabilité de l'Aigrette, n'ont pas donné toutefois à ce bateau un avantage aussi sensible.
En résumé, pour toute navigation prolongée en haute mer, le submersible seul présente les qualités requises. C'est le navire d'offensive par excellence. Quant au sous-marin, il pourra rendre d'utiles services dans la défense des côtes.
LES EXPÉRIENCES DE CHERBOURG.-- Le submersible «Aigrette» naviguant en immersion. Dessins de Johansor, d'après des documents graphiques.]

LE «SULLY» ÉCHOUÉ DANS LA BAIE D'ALONG
Le premier courrier qui arrive en France, depuis l'échouage du Sully dans la baie d'Along, nous apporte des documents d'un extrême intérêt: ce sont des photographies prises après l'accident et permettant de se rendre compte de toute sa gravité.
Le Sully marchait à 11 noeuds, pendant un exercice de lancement de torpilles, quand, à deux heures quarante-neuf minutes exactement de l'après-midi, le 7 février, il toucha, par moins de 7 mètres, en un point où les cartes marquent 14 mètres de fond, à une distance de 108 mètres du rocher appelé le Canot. Il fut littéralement éventré sur la moitié de sa longueur, puis s'arrêta, son milieu reposant sur l'écueil comme le fléau d'une balance sur son couteau. L'énorme quantité d'eau pénétrant par l'avant le fit enfoncer, en même temps qu'il s'inclinait sur bâbord, de telle façon qu'on pouvait craindre un renversement complet. L'évacuation du navire par les 650 hommes d'équipage s'imposait.
La situation était d'autant plus critique que tous les rochers environnants étaient à pic, sauf une pointe et une plage minuscules que montrent nos photographies.
Heureusement, une dépèche avait pu être lancée, par la télégraphie sans fil, avant que les dynamos fussent noyées. Elle toucha le Gueydon qui, forçant de vitesse, arriva quelques heures après, et recueillit les naufragés du Sully, cramponnés aux aspérités de roc ou entassés dans les canots du bord. Aucun ne manquait cependant.
Trois jours après, les compartiments de l'arrière s'étant remplis à leur tour, le Sully basculait et se redressait. Mais depuis, malgré tous les efforts, sa situation ne s'est pas améliorée, et son sauvetage est des plus problématiques. Le matériel, toutefois, a pu être enlevé.

Vue du rocher Canot, prise du «Sully». (À gauche du Canot, une petite roche sur laquelle vingt hommes trouvèrent place après l'évacuation du navire.) Deux vues du pont du «Sully», pendant le débarquement du matériel dans des gabares. (Ces deux photographies, ainsi que la précédente, ont été prises le 13 février, cinq jours après le naufrage.)
Vue prise par tribord avant le 8 février, entre 10 et 11 heures du matin, pendant les opérations du sauvetage. Les seuls rochers à proximité du lieu de l'échouage, où le débarquement de l'équipage était possible: 15? hommes y passèrent la nuit du 7 au 8 février. Vue prise par le travers à tribord, le matin du 8 février. Vue prise par tribord arrière, le 8 février. LE CROISEUR CUIRASSÉ «SULLY» ÉCHOUÉ DANS LA BAIE D'ALONG



