LA FONTAINE D’ALNY
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Alny, fraîche fontaine, au creux où l’herbe pousse Abandonnée, ainsi qu’un miroir dans la mousse, Tu reflétais un front bien pur Quand cet enfant chétif et précocement sage Interposait l’écran de son jeune visage Entre ta surface et l’azur ! Le bouleau, devant lui, le coudre, honneur des sentes, Sur ta rive écartait ses branches fléchissantes ; Près des roseaux minces, dardés, Dont s’épuisait la touffe aux lents feux de l’automne, Des feuilles dessinaient une rousse couronne Autour de ses cheveux ondés. Accoutumée aux bonds des pâtres noirs et souples, Docile à réfléchir le rude aspect des couples Qui s’étreignaient en ce beau lieu, Tu doutais si, brûlant d’une fureur champêtre, Deux mortels amoureux avaient formé cet être Ou s’il était le fils d’un dieu !