SCÈNE II.
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ESTHER, ÉLISE, LE CHOEUR.
UNE DES ISRAÉLITES chante derrière le théâtre.
Ma soeur, quelle voix nous appelle? 115
UNE AUTRE.
J'en reconnais les agréables sons. C'est la Reine.
TOUTES DEUX.
Courons, mes soeurs, obéissons, La Reine nous appelle: Allons, rangeons-nous auprès d'elle.
TOUT LE CHOEUR entrant sur la scène par plusieurs endroits differents.
La Reine nous appelle: 120 Allons, rangeons-nous auprès d'elle.
ÉLISE.
Ciel! quel nombreux essaim d'innocentes beautés S'offre à mes yeux en foule et sort de tous côtés! Quelle aimable pudeur sur leur visage est peinte! Prospérez, cher espoir d'une nation sainte. 125 Puissent jusques au ciel vos soupirs innocents Monter comme l'odeur d'un agréable encens! Que Dieu jette sur vous des regards pacifiques.
ESTHER.
Mes filles, chantez-nous quelqu'un de ces cantiques Où vos voix si souvent se mêlant à mes pleurs 130 De la triste Sion célèbrent les malheurs.
UNE ISRAÉLITE seule chante.
Déplorable Sion, qu'as-tu fait de ta gloire? Tout l'univers admirait ta splendeur: Tu n'es plus que poussière; et de cette grandeur Il ne nous reste plus que la triste mémoire. 135 Sion, jusques au ciel élévee autrefois, Jusqu'aux enfers maintenant abaissée, Puissé-je demeurer sans voix, Si dans mes chants ta douleur retracée Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée! 140
TOUT LE CHOEUR.
O rives du Jourdain! ô champs aimés des Cieux! Sacrés monts, fertiles vallées, Par cent miracles signalées! Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées? 145
UNE ISRAÉLITE seule.
Quand verrai-je, ô Sion! relever tes remparts, Et de tes tours les magnifiques faîtes? Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes?
TOUT LE CHOEUR.
O rives du Jourdain! ô champs aimés des Cieux! 145 Sacrés monts, fertiles vallées, Par cent miracles signalees! Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées?