XXXII. Le Thé.
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XXXII. Le Thé.
A présent, Marie veut jouer à autre chose; mais à quoi? Si l’on jouait au thé: elle a un si joli service à thé. C’est ça, ce sera amusant.
Marie pose sur sa petite table un plateau sur lequel elle met la théière, le pot au lait, le sucrier, quelques tasses et des soucoupes et enfin une boîte avec de jolies petites cuillers. Maman met des feuilles de thé dans la théière, mais très peu, car le thé ne doit pas être trop fort. Rose ajoute de l’eau bouillante et maintenant Marie laisse infuser le thé sous le joli petit chauffe-thé que sa maman lui a fait.
Henriette et Ninette vont dans l’autre chambre. Elles doivent venir en visite chez Marie.
Elles frappent: toc toc.
«Entrez,» crie Marie.
Deux petites dames entrent dans la chambre. «Bonjour, Madame, vous allez bien?
—Très bien, merci, Madame; et comment allez-vous?
—Très bien, Madame. Quel temps, n’est-ce pas? Il y a de la neige partout et ces méchants gamins vous jettent des boules.
—Asseyez-vous donc, mesdames. Puis-je vous offrir une tasse de thé?
—Avec plaisir, Madame.
—Prenez-vous du sucre et du lait?
—Volontiers, dit Ninette.
—Vous aussi, Madame Henriette?
—Du sucre, mais pas de lait, s’il vous plaît.»
Marie remplit très bien les deux tasses, sans renverser une goutte. Mais quand elle remplit sa tasse à elle, oh la la! elle verse trop vite, et remplit aussi la soucoupe. Ce n’est pas joli de donner un bain de pied à sa tasse.
«Excusez-moi, dit Marie à ses visites. Je vais appeler Jeanne.»
Jeanne, c’est la bonne, mais elle ne peut pas bien marcher: elle a des jambes en toile, en son et en faïence. Voilà pourquoi Marie la porte et maintenant Jeanne, la bonne, lave la tasse et la soucoupe avec les mains de Madame.


«A la bonne heure! dit Marie. Le malheur est réparé! Voulez-vous un petit four, Madame?
—Avec plaisir,» disent Henriette et Ninette. Marie arrive avec une boîte en fer blanc où il y a heureusement encore quelques biscuits. Elle les offre; les deux visites se mettent à les grignoter, lorsque.... boum! on entend un grand coup contre les vitres, du côté du jardin. Les trois dames se lèvent et, de frayeur, Ninette laisse tomber son biscuit.