XV. Un bon et un mauvais écolier.
Reading edition
XV. Un bon et un mauvais écolier.
Et qu’est-ce que Paul avait appris à l’école? Aussi de jolies chansons, peut-être? Monsieur avait promis de lui apprendre à lire, à écrire et à calculer. Mais Paul était sans doute très bête, car il ne disait pas un mot quand Marie lui demandait quelque chose.
«As-tu bien travaillé en classe?»
Paul ne disait rien.
«Sais-tu lire maintenant?»
Paul se taisait toujours.
Alors Marie se fâcha. Elle allait le prendre par le bras et le secouer, mais tout à coup elle se rappela qu’il n’avait qu’un bon bras. Elle le laissa donc assis par terre et le gronda seulement.
Heureusement, la porte s’ouvrit et Marie vit entrer Louis. Elle n’était plus seule.
«O Louis, dit-elle, Paul est si bête, il n’apprend rien!
—Alors, moi je sais une poésie d’un autre Paul, dit Louis. Veux-tu que je la récite? Cela aidera peut-être un peu ton petit Paul à toi.
—Oh! je veux bien! dit Marie.»


Paul et Marie écoutaient de toutes leurs oreilles et Louis déclama:
LE BON ÉCOLIER. Le soleil a doré la plaine, Petit Paul s’éveille joyeux; Tous les jours, il quitte sans peine Son oreiller doux et soyeux. Au plus vite, il fait sa toilette, Car il sait que son teint vermeil Vient surtout de sa peau bien nette Et de ses jeux au grand soleil. Petit Paul embrasse sa mère, A l’école il s’en va chantant; Si l’étude est parfois amère, Le savoir fait le cœur content.
Marie trouvait la poésie très jolie.
«Seras-tu aussi un bon écolier, mon petit Paul?» demanda-t-elle.
Mais Paul ne disait rien.