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Dictionnaire érotique Latin-Français

DICTIONARIUM EROTICUM LATINO-GALLICUM

Reading edition

A

ABSOLVERE HOMINEM VENERI. Cicero. Priver un homme des marques de la virilité; le décharger des soins que l'on rend à Vénus; l'exempter de faire ses hommages à la déesse d'amour; le dispenser de servir les dames; mettre un frein à ses désirs amoureux; donner des bornes à ses galants exploits; retenir l'inclination qu'il peut avoir de faire service aux belles; le délier des engagements qu'il peut avoir avec la mère d'Amour; lui retrancher tout commerce galant. Ou, au contraire: rendre un homme capable de servir Vénus; le perfectionner de manière que ses soins soient toujours agréables; lui procurer tous les avantages nécessaires pour faire recevoir ses hommages; le rendre parfait dans l'art de faire service aux dames; le tourner de sorte qu'il plaise partout; lui faire prendre un air à réussir près des belles; le mettre en état de se rendre digne des regards de la mère d'Amour; en faire un joli homme, un homme consommé dans l'art de la galanterie; rendre un homme aimable et tout galant. Ou: absoudre un homme de tout ce que Vénus lui fait faire; lui pardonner tout ce qu'il entreprend en faveur de ses feux; excuser les fautes amoureuses d'un galant; avoir de l'indulgence pour les erreurs où sa passion le plonge.

ACERSECOMES, ae, m. Juv. Catamite.

ADDUCTRIX, icis, f. Conciliatrice de volontés, médiatrice31.

ADHINNIO, is, ire. Crier de joie en voyant une belle femme; se sentir vivement ému par sa présence, et ne pouvoir modérer les transports qu'elle excite.

ADINEO, ADINIO, is, ivi, itum, ire. Col. Dormir à l'Hébraïque.

ADVERSUS ET AVERSUS IMPUDICUS EST. Cic. A découvert ou en secret, il est toujours débauché; qu'on le regarde ou qu'on ne le regarde pas, il ne s'en livre pas moins à sa passion déréglée; qu'on puisse le savoir ou l'ignorer, c'est tout un pour son tempérament amoureux; qu'il soit en compagnie ou sans témoins, il faut que son dérèglement ait son cours; qu'on le voie ou non, il donne tout au plaisir de ses sens. Ou: l'une et l'autre Vénus le touchent également; de quelque côté qu'on le prenne, on n'y trouvera que débauche; s'il aime l'action, il veut bien la souffrir.

AEDOEICA ULCERA, n. Chancres aux parties naturelles.

AEDOEICON, i, n. Le membre, la verge.

AEDOEPALMUS, i, m. Priapisme, érection continuelle; maladie qui cause une tension du v.. douloureuse et continue32.

AFFERRE CONSECUTIONEM VOLUPTATIS. Cic. Faire jouir de ses amours; procurer le plaisir de la jouissance; mettre en possession de l'objet de ses vœux; faire venir le moment heureux en amour; donner la facilité d'exécuter ses desseins galants; faire naître l'occasion de satisfaire ses désirs amoureux; mettre un amant au comble de la joie; faire apercevoir que l'heure du berger sonne; mettre en état de donner dans le but des amants; rendre un amant heureux; fournir les moyens de se divertir.

AGABULA, ae, m. f. Maquereau; maquerelle.

AGAGULA, ae, m. f. Maquereau; maquerelle.

AGAGULO, onis, m. Maquereau.

AGERE LENONEM. Cic. Faire le métier de pourvoyeur de Vénus; se mêler d'appareiller des amants; travailler à concilier les volontés en amour; s'appliquer à l'union des amants; donner ses soins à rendre mutuelles les inclinations amoureuses; être agent de change en amour; s'attacher à rendre les amants contents; s'employer à faire réussir les passions galantes; faire l'office d'appareilleur d'amour; faciliter les approches intimes des amants; être conciliateur en amour.

AGITO, are. Hor. Se prend aussi pour faire l'action que demande une passion qui fait le plaisir et la peine de la plupart des hommes.

AGNEON, i, n. Bordel, lieu où l'on trouve des filles de commodité; par antiphrase, bon lieu33.

AGO, is, egi, actum, agere. Agir; est le contraire de pati; souffrir les agissants. C'est jouer avec ardeur au jeu d'amour. Il est du style Sodomitique.

AGULA, ae, f. Appareilleuse, maquerelle.

ALECTRA, ae, f. Celle qui ne laisse pas de prendre les plaisirs de l'amour, bien qu'elle soit sans mari; celle qui se console galamment de la solitude du célibat ou de la viduité; celle qui se sert du remède propre à guérir les chagrins où le célibat et le veuvage peuvent plonger34.

ALICARIAE, arum, f. Plaut. Filles de joie qui se tenaient devant les boutiques des vendeurs de fromentée, attendant aventure.

ALIENUS EST DIU VENERIS USUS EO QUI CONVALUIT. Cels. Celui qui relève de maladie se doit interdire pour un temps l'usage de Vénus; les délices de l'amour sont un mets dont les convalescents ne doivent point goûter; au sortir d'une maladie, on doit être dispensé pour quelque temps du service des belles; les plaisirs de l'amour ne sont point faits pour un convalescent; il ne sied point du tout de faire le galant tant qu'on a besoin de reprendre des forces; vouloir faire l'amour pendant une convalescence, c'est chercher entre les bras de Vénus une rechute35.

ALILARIA, ae, f. Garce suivant la Cour, putain de Cour36.

ALLUDERE AD SCORTUM. Ter. Se jouer à une courtisane37.

ALUTA, ae, f. Peau inutile; boyau sans ressort et propre à être livré au mégissier. Aluta Priami: vieil outil qui ne peut plus servir qu'à exciter les sarcasmes des jeunes filles. Instrument fêté dans sa jeunesse, et méprisé, comme tant d'autres choses, lorsqu'il se trouve usé par le service ou la vieillesse.

AMASCUS, i, m. Plaut. V. AMASIUS.

AMASIA, ae, f. Gell. Celle qui aime, ou qui est aimée, maîtresse. Ou: femme galante38.

AMASIO, onis, m. Apul. V. AMASIUS.

AMASIOLA, ae, f. Une petite maîtresse, une jeune enfant qu'on aime.

AMASIOLUS, AMASIUNCULUS, i, m. Petr. Un jeune amoureux, un petit galant. Ou: un petit favori, un jeune mignon.

AMASIUS, ii, m. Plaut. Un amoureux, un galant, le berger d'une bergère, l'amant d'une belle. Ou: celui qui est porté à l'amour, qui est enclin aux plaisirs de Vénus. Ou: un favori, un mignon, celui qui souffre les caprices amoureux d'une passion déréglée.

AMATIO, onis, f. Plaut. Amourachement, amourette; attachement galant, inclination amoureuse.

AMATOR, oris, m. Ter. Un amoureux, un galant, un passionné, un amant39.

AMATORCULUS, i, m. Plaut. Diminutif d'amator.

AMATORIA VOLUPTATE FRUI. Cic. Goûter les plus parfaites douceurs de l'amour; jouir des plaisirs amoureux; satisfaire ses amoureux désirs; s'enivrer des délices de l'amour.

AMATRICULA, ae, f. V. AMASIOLA.

AMATRIX, icis, f. Plaut. Amante, amoureuse, bergère, maîtresse.

AMATUS, us, m. Ce qu'on aime, objet aimé, ses amours, son inclination.

AMBULARE IN MASCULOS. Sen. Donner dans ses amours l'exclusion au beau sexe; prendre un sexe pour l'autre dans ses divertissements amoureux; faire un affront aux femmes et à la nature; se méprendre au sexe dans ses amours; aimer ses pareils avec dérèglement.

AMICUS LAEVIS vel LEVIS. Ami jeune et sans barbe, qui chez les Anciens tenait lieu d'une amie et en faisait les fonctions.

AMISSI CORPORIS DAMNUM. Phaed. Le dommage que cause la perte de la virilité, la perte de ce qui nous distingue et qui nous fait aimer des femmes.

AMOR, is, m. L'Amour, le fils de Vénus; la passion d'aimer. Cette passion n'est point obscène par elle-même, mais l'abus de l'amour le devient. Amor Socraticus: l'amour Socratique, quoique portant le nom d'un sage, doit être proscrit de la bonne compagnie et relégué dans les collèges, les séminaires, les couvents et dans toutes les sociétés composées d'hommes qui connaissent trop ou trop peu les femmes. La bonne philosophie n'est point de contrarier la nature. L'amour Platonique est au moins fondé sur la délicatesse, mais les femmes commencent à l'abjurer comme inutile et ridicule.

AMPHICAUSTIS, is, f. (dans les comiques). La partie sans laquelle les femmes seraient bien malheureuses.

AMPHIDAEUM, i, n. Les lèvres rebordées de la bouche inférieure, qui engloutit la plus pure substance des hommes.

AMPLEXUS, us, m. Étreinte amoureuse, embrassement, baiser.

ANAGRIPH, ind. Le plaisir amoureux pris avec une fille, ou avec une veuve.

ANAITIS, idis, f. Vénus Assyrienne, dans les temples de laquelle les filles des meilleures maisons tiraient gloire d'avoir gagné leur mariage en satisfaisant les désirs amoureux de tous ceux qui se présentaient, et après ce galant noviciat trouvaient à se marier plus avantageusement, vu leur grande expérience40.

ANAPHLASMUS, i, m. Le plaisir amoureux.

ANAPHLYSTIUM, ii, n. Le mariage solitaire, le combat de cinq contre un.

ANAPHLYSTIUS, ii, m. Qui trouve une femme dans sa main.

ANAPHRODISIA, ae, f. Apathie de la nature, insensibilité pour les plaisirs de l'amour41.

ANAPHRODISUS, a, um. Qui est insensible aux plaisirs de Vénus; qui est dans l'indolence à l'égard de l'amour; qui n'a aucun goût pour les douceurs amoureuses; que les charmes de Vénus n'attirent point; qui n'est ému d'aucuns désirs pour la beauté; que les délices de l'amour ne tentent pas; qui n'est point touché des attraits de Vénus; qui n'a aucune pente aux divertissements amoureux; qui ne se sent point; insensible aux traits de l'Amour; sur qui les appas de Vénus ne font point d'effet.

ANCUBA, ae, f. Succube, qui est introduite dessous.

ANCYRA, ae, f. V. MENTULA.

ANDROGENIA, ae, f. L'union des corps qui perpétue le genre humain; la liaison des deux sexes pour la propagation des hommes; le mélange des corps et des esprits pour reproduire son semblable; ce qui donne naissance à l'amour et ensuite aux hommes.

ANDROGENUS, a, um. Qui s'étudie à la reproduction; qui prend soin de la propagation humaine; qui fait ce qu'il peut pour perpétuer le genre humain; qui travaille à se faire des successeurs; qui s'emploie à se donner une postérité.

ANDROGYNUS, i, m. Androgyne. On appelle de ce nom l'être qui réunit les deux sexes. Deux androgynes parfaits équivaudraient à quatre personnes ordinaires; mais comme la Nature les crée presque tous imparfaits, douze androgynes ne valent ni un homme ni une femme.

ANDROPHYTIDES, is, omn. gen. Qui est propre à donner des habitants à sa patrie; qui a tous les talents nécessaires pour peupler le monde; à qui rien ne manque pour fournir des sujets à l'État; qui ne laissera pas périr la race des hommes par sa faute; qui est en état de travailler à la propagation du genre humain.

ANDROSATHUS, i, m. Que l'Amour a libéralement fourni; avantageusement pourvu des dons de l'Amour42; qui a de grandes parties pour Vénus; à qui l'Amour a fait présent d'un sceptre magnifique; qui est avantagé de la nature en faveur des dames; qui a un grand talent pour persuader en amour; un substitut du dieu des jardins; un second Zagachrist. V. MENTULATUS.

ANHELO, as, are. Juv. Montrer toute sa vigueur et se mettre hors d'haleine; être sur le grabat pour avoir trop travaillé.

ANITERGIUM, ii, n. Mouchoir de commodité, torchecul43.

ANO FASCINUM INSERERE. Petr. Introduire un suppositoire vivant.

ANTILLO, as, are. V. SCORTOR.

ANULARE, is, n. La bague que l'on court en amour; l'anneau que l'amour cherche à mettre à son doigt44.

ANXITIA, ae, f. Fille de joie, garce45.

APHRODISIA, orum, n. Plaut. Les plaisirs de Vénus, les jeux où Vénus engage les amants, les combats amoureux, les victoires amoureuses, les exercices d'amour.

APHRODISIAS, adis, f. Ile dans le golfe Persique, où Vénus était servie de la manière la plus tendre et la plus vigoureuse.

APHRODISIASMUS, i, m. Le service de Vénus; l'usage des contentements que Vénus peut procurer; le doux emploi auquel la mère d'Amour destine les amants; le devoir amoureux.

APHRODISIUM, ii, n. Les délices où Vénus invite; le plaisir sans lequel on ne verrait point d'amants; les douceurs qu'offre la mère d'Amour pour payer les maux que son fils fait souffrir.

APHRODISIUS, a, um. Qui est tout à Vénus; qui s'est voué tout entier à la mère d'Amour.

APHRODITARIUM, ii, n. Médicament propre au service de Vénus.

APOCOPUS, i, m. Eunuque; homme qui a souffert un retranchement considérable; personnage de mauvais augure pour les dames; inhabile ou impuissant; celui dont les forces ne lui permettent pas de servir sous les enseignes d'Amour; auquel il n'est pas permis de lever l'étendard amoureux; qui est dans l'impuissance de combattre amoureusement46.

APORAPHANIDOSIS, is, f. Peine des pauvres surpris en adultère à Athènes, auxquels on fourrait un navet dans le cul après leur en avoir arraché les poils; d'où est venu le proverbe: Drôle à la fesse tondue47.

AQUACULO, as, are. Maquereller, faire le maquerellage. V. AGERE LENONEM.

AQUARIOLUS, i, m. Cic. AQUARIUS, ii, m. Juv. Maquereau, pourvoyeur d'amour48. Ou (Apul.): cocu volontaire, mari commode. Ou (Fest.): suppôt de bordel, souteneur, mangeur de blanc.

AQUATICULUS, i, m. Le bas du ventre; l'endroit où sont les parties destinées à la génération, qui, par l'abondance d'une chaleur humide qui y règne, se couvre de poils; le pénil; la motte49.

ARARE FUNDUM ALIENUM. Plaut. Cultiver le champ d'autrui; travailler à la tâche d'un autre; mettre en œuvre le fonds de son voisin; prendre soin des plaisirs de la femme de quelqu'un; se divertir aux dépens des maris.

ARCUM TENDERE. Apul. Se mettre en état de servir les belles; être en amour sous les armes; se tenir prêt pour le combat amoureux; se disposer à l'attaque amoureuse; diriger son intention au service des dames.

ARDERE FELICITER. Ovid. Être heureux en amour; avoir du bonheur dans ses amours; être vu de bon œil par les dames; être bien reçu des belles; être favorisé du beau sexe; ne point soupirer à crédit; ne s'enflammer jamais seul; ne point brûler d'une passion infructueuse; être homme à bonne fortune.

ARGA, ae, f. Le vase amoureux.

ARGENTARIAE ELECEBRAE. Fest. Filles de joie.

ARIETINO, as, are. Beliner.

ARMA VIRILIA. Les armes propres à la joute amoureuse.

ARRHENOCOETES, ae, m. Pédéraste, adonné à l'amour des mâles, bougre50, Sodomite51.

ARRIDET FORTUNAE HORA. Petr. Voici l'heure du berger; berger, ton heure sonne; le moment heureux est venu.

ARRIGERE AD VETULAS. Mart. Être fort galant près des vieilles; ne pas mépriser les vieilles amoureuses52.

ARSENOCOETA, ae, m. V. ARRHENOCOETES.

ARSENOTHETA, ae, m. Corrupteur de jeunes garçons53.

ARTICULOS OMNES COMMODITATIS & SCIRE. Plaut. Connaître l'heure du berger54.

ARVA CONSERERE MULIEBRIA. Ensemencer les champs d'amour; rendre une femme fertile.

ARVUM GENITALE. Virg. ARVUM MULIEBRE. Lucr. Le champ que l'amour fait cultiver; le jardin de Vénus; la patrie commune de tous les hommes; le pays natal; le lieu de la naissance.

ASINIS (AB) AD BOVES TRANSIRE. Plaut. Quitter la mandille pour devenir fermier général; passer du régiment de l'arc-en-ciel dans la brigade de la fortune; parvenir d'une condition médiocre à une fortune considérable.

ASOTIUM, ii, n. Endroit où l'on se divertit; lieu de plaisir; maison de divertissement; maison libre; maison de liberté; maison où l'on se réjouit.

ASSILIO, is, lii, lui, ultum, ire. Col. Saillir; couvrir; faire l'action naturelle; sauter sur les quatre quartiers55.

ASTYANASSA, ae, f. La suivante d'Hélène, qui composa un livre des différentes manières d'androgyniser: ce que Philénis et Éléphantine imitèrent depuis; et, de nos jours, Louise Sigée de Tolède, dame Espagnole, et le magnifique Molza, Florentin.

ATAURUS, a, um. Qui n'a point encore fait l'exercice de Vénus56.

ATHYR, ATHYRI, ind. L'antre des Nymphes; la fontaine où l'on porte l'eau; la boutique où l'Amour fait travailler en peau.

ATTENUATUS AMORE. Ovid. Atténué par les fatigues de l'exercice amoureux.

ATTRECTARE UXOREM ALICUJUS. Cic. Manier, patiner, tâtonner la femme de quelqu'un57.

AVERSA VENUS. Jul. Cap. Amour désordonné, dérèglement en amour; injure faite à Vénus et aux belles; la Vénus antistrophe; l'art subtil.

B

BABALUM, i, n. La pique du dieu gardien des jardins; le sceptre de Cupidon.

BACCHANALIA. Bacchanales, ou les fêtes en l'honneur de Bacchus, dieu de la vendange. D'abord elles furent décentes, mais elles offrirent ensuite tous les désordres de la débauche la plus crapuleuse. On portait en procession des membres virils couronnés par des matrones respectables. Les Bacchantes couraient les rues toutes nues. Aujourd'hui il n'y a de Bacchanales que dans de petits appartements consacrés à cela, et ces fêtes se nomment, comme autrefois, orgies.

BADAS, ae, m. Qui se laisse métamorphoser en fille; qu'on emploie pour fille58.

BAETA, ae, m. Qui se laisse prendre pour une jolie fille, et qu'on traite de même.

BALANUS, i, m. Le gland qu'on offre à Vénus; la tête du dieu Priape.

BALLIO, onis. Cic. Conciliateur d'amourettes; pourvoyeur d'amour59.

BALNEA, eorum. Bains publics, endroits de rendez-vous et préparatoires à la prostitution. Les Romains y allaient pour examiner les hommes nus, et choisir en quelque sorte les jeunes gens les plus propres à contenter leur goût singulier pour le péché contre nature. On dit que, dans plusieurs de ces endroits, les hommes et les femmes se baignaient pêle-mêle. Véritablement, les Romains ont poussé très loin ce genre de mollesse, qui se retrouve en Asie.

BAPTAE, arum, m. Prêtres de Cotytto, dont il sera parlé plus bas. C'étaient de francs vauriens et les plus débauchés des hommes. De tous temps les prêtres ont été libertins plus ou moins ouvertement.

BASIATIO, onis, f. Baiser, l'action d'embrasser. Voy. OSCULUM.

BASIO, as, are. Baiser, donner des baisers, embrasser.

BASSARA, ae, f. Fille de joie, courtisane.

BATALUM, i, n. BATALUS, i, m. Le batail, ou le battant de la cloche amoureuse.

BATALUS, i, m. Qui souffre qu'on le fasse servir de femme; qui laisse exiger de lui le plaisir que les femmes seules devraient donner. Ou: Voy. PODEX.

BETA, ae, f. Voy. BAETA.

BILBIL, ind. BILBIS, idis, f. Fest. BILLIS, is, f. Le lait d'amour répandu à terre60.

BONA DEA. Cérès, ou la Bonne Déesse. Ses mystères, inconnus aux historiens et aux mythologistes, ne l'étaient pas à Juvénal. Si on l'en croit, il s'y passait de son temps des choses qui offensent rudement la pudeur. Cérès était la déesse de la terre et de la fécondité; une de ses fêtes avait lieu au mois de Mai, si célèbre par la révolution qui se fait dans la nature, qu'une chaleur nouvelle semble vivifier alors et rappeler aux actes d'une régénération entière. Ce que dit Juvénal de la licence de ces fêtes fait croire que, quoique dans les premiers temps de leur institution à Rome elles eussent été chastes, néanmoins, par analogie avec les propriétés du mois de Mai, il s'y serait introduit des mystères très opposés à leur première institution. Les prêtres de tous les pays ont le talent de régénérer, par des institutions commodes, la religion lorsqu'elle se perd. Les mystères d'Isis, de Vénus, de Bacchus, de Priape, n'étaient guère plus chastes. Clodius, à Rome, tenta le premier de violer les mystères de la Bonne Déesse, qui se célébraient à huis clos entre femmes, et, sous un déguisement féminin, s'introduisit dans la maison de César pour mieux jouir de Pompeia, qu'il aimait. Pompeia était la femme de César: elle ne pouvait mieux se venger de ses infidélités qu'avec ce Clodius, l'un des plus beaux chevaliers de son temps.

Voy. Juvénal, sat. 6e, vers 313 et suiv.; Apulée, au liv. 8e de ses Transformations.

BIPENNA, ae, f. L'instrument avec lequel l'Amour taille sa besogne.

BUBALIUM, ii, n. La bague qu'on court dans l'académie amoureuse.

BUCHEIS, idis, f. Palma Christi, plante merveilleuse pour les exercices d'amour. Elle croît en Syrie61.

C

CADERE CREBRO. Plaut. Tomber souvent sur les bras d'une aimable ennemie62.

CADURCA, orum, n. Les bords de la fontaine d'amour; les lèvres de la bouche amoureuse; ce qu'on appelle, aux vieilles, les babines.

CADURCUM, i, n. Le cabinet de Vénus, la loge amoureuse63.

CAPULUS, i, m. Priap. Le manche amoureux; la poignée d'amour.

CARUNCULA, ae, f. Carnosité; excroissance de chair; chair glanduleuse et spongieuse; caroncule, dont quatre forment une barricade au devant du chemin couvert de la forteresse d'amour. Palissade sur laquelle niche quelquefois cet oiseau rare qu'on appelle aux Indes oiseau de Paradis, et en France pucelage.

CASALBADIUM, ii, n. Petr. Fille de commodité, fille de joie.

CASALVIUM, ii, n. Lieu, à Athènes, où l'on pouvait se fournir de filles commodes.

CASAURA, ae, f. Fille commode.

CASAURIUM, ii, n. Bordel, lieu de plaisir.

CASTRA CUPIDINIS. Ovid. Le camp de l'amour; le poste amoureux.

CASTRO, as, are. Ôter le sexe à un homme; le rendre neutre, inhabile à la génération; le priver de ce qui attire les dames, de ce lien qui joint un sexe à l'autre et des deux n'en fait qu'un. Eunucho committere juvenem exprime la même chose que castrare.

CATADACTYLIUM, ii, n. La bague puérile, que courent certaines gens d'un goût extraordinaire.

CATAMITUS, i, m. Favori de Jupiter, Ganymède; jeune garçon substituant les filles. Notre mot Français chattemite, que l'on interprète par ceux-ci: patelin, rusé, hypocrite, n'aurait-il pas aussi quelque analogie avec celui-ci? Voy. CONCUBINUS, PULLUS.

CATAPYGOS, i, m. Qui recherche la Vénus antistrophe. Ou: le doigt du milieu auquel on met quelquefois une bague, mais qui n'en porte jamais64.

CATAPYGOSINE, es, f. L'amour de Vénus antistrophe, l'exercice de l'art subtil; la passion à laquelle les auteurs orientaux disent que la femme de Loth s'était soumise.

CATIA MATRONA. Femme qui s'habille à la manière des courtisanes, qui savent faire valoir tous leurs avantages corporels; femme leste, élégante.

CAUDA, ae, f. Hor. Ce qu'on appelle la queue dans les animaux qui n'en ont point.

CAULIS, is, m. CAULOS, i, m. La tige du genre animal.

CELLA, ae, f. La cellule des prêtresses de Vénus; la petite alcôve où elles se retirent pour sacrifier à l'amour dans un lieu de prostitution.

CERCOLIPA, ae, m. Catull. Voy. PENIS.

CEVEO, es, cevi, cevere. Juv. Il a la même acception que le mot crissare, crisso, cité plus bas. Cependant le verbe cevere désigne plus spécialement le mouvement des hommes pendant le plaisir à la Grecque: Ego te ceventem, Sexte, verebor. Juvenalis.

CHALAMYDES, dum, f. Celles qui, par humilité, veulent bien prendre sur elles le fardeau du genre humain.

CHALCIDISSO, as, are. Mot tiré du Grec, qui exprime un genre de fantaisie érotique qui consiste à se faire lécher ou sucer les parties naturelles par des enfants. Les anciens habitants de la Chalcide chérissaient cette singulière volupté.

CHELIDON, onis, f. La caverne de Vénus; le gouffre où se précipitent la plupart des hommes.

CHIA, ae, f. Mart. (Subaud. Ficus). La figue que les Ganymèdes donnent à entamer, que Martial dit être d'un goût piquant et qui excite: au lieu que, dans les femmes, il dit qu'elle est fade et insipide, et la nomme marisca, et prétend que c'est un second c...

CHOEROS, i, m. La bauge où se vautrent les hommes les plus propres; le bourbier où presque tous les hommes se plongent.

CHRYSION, ii, n. Le Priape enfantin, une courte, une guigi, une margot.

CICINNIA, ae, f. La patronne des mignons ou Ganymèdes.

CIDARIUS, ii, m. Pédéraste; qui aime les jeunes garçons.

CILLO, onis, m. Sext. Pomp. Ict. Qui se laisse assujettir à l'ouvrage dont les femmes sont jalouses; qui usurpe l'emploi des femmes dans la République d'Amour; qui souffre les caresses qui ne sont dues qu'aux femmes65.

CINAEDIA, ae, f. CINAEDIUM, ii, n. La patience à se laisser métamorphoser en femme.

CINAEDOLOGUS, i, m. Qui s'entretient de ce que les Italiens appellent l'art subtil; qui parle de l'amour déréglé pour les jeunes garçons.

CINAEDOLOGI, orum, m. Vers qui traitent de l'art subtil des Italiens.

CINAEDUS, i, m. Catull. Jeune garçon qui se livre à toutes les caresses que l'on veut lui faire66.

CIPUS, i, m. Le terrain où se plante le piquet amoureux.

CISTUS, i, m. Plin. La corbeille féminine; le panier où l'Amour met ses œufs67.

CLAVUS CUPIDINIS. Plaut. Le clou de Cupidon, qui entre par la tête68.

CLAZOMENAE, arum, f. Les fesses: la partie chérie des hérétiques en amour. Comme les habitants de la ville Grecque nommée Clazomène étaient fort amateurs en ce genre, le nom de la ville est resté à l'objet de leur amour. C'est comme nous appliquons le nom de Normand à quelqu'un que nous jugeons fin et cauteleux.

CLINOPALE, es. Suet. L'exercice de la couchette; les tours de lit; la lutte amoureuse sur un lit, de peur de se blesser en tombant69.

CLITORIAZO, is, ire. Clitoriser, se chatouiller le clitoris avec le bout du doigt pour se faire rire; ou faire cette action sur une personne dans la même intention. Badiner à l'endroit sensible; se jouer à la partie chatouilleuse; folâtrer du bout du doigt avec le loquet du cabinet d'amour70.

CLITORIS, is, f. CLITORIUM, ii, n. Le clitoris, petit corps très sensible au haut de la partie naturelle de la femme; il a la figure du membre de l'homme. Le loquet du cabinet d'amour; le Priape féminin.

CLIVUS, i, m. La double colline qui se trouve au bas du dos. Voy. CLUNES.

CLUNES, ium, f. Clunes agitare, movere. Priap. S'agiter, se remuer pendant le plaisir amoureux; faire sauter son homme. Ce qui suit s'applique aux non-conformistes comme aux femmes: clunibus fluctuare crispatis.

COA, ae, f. Femme qui boit bien, et qui ne refuse pas d'autres plaisirs71.

COEO, is, ivi, itum, ire. Ovid. Se choquer amoureusement; unir les corps comme les cœurs; s'exercer au combat amoureux; faire l'action; faire en compagnie le voyage amoureux.

COETUS, us, m. L'union charnelle des corps, légitime lorsque des contrats l'ont sanctionnée; illégitime quand elle tient à la convention du moment ou à la volonté passagère de deux individus. Coitus et concubitus lui sont synonymes.

COIRE FURTIM. Ovid. Dérober la connaissance d'un duel amoureux; prendre à la dérobée le plaisir, qui est plus doux quand on le dérobe72.

COGNOSCO, is, ovi, itum, ere. Ovid. Connaître de la manière la plus intime et la plus sensible, et par celui de tous les sens qui fait le plus de plaisir73.

COGNOSCERE AMORES SUOS. Ovid. Jouir de ses amours; connaître actuellement quel est le plaisir qu'on peut tirer de ce qu'on aime.

COLEATUS, a, um. Pomp. Ict. Qui a des témoins pour prouver son droit en amour.

COLEATA CUSPIS. Pomp. Ict. L'aiguille de l'horloge d'amour et ses contrepoids; le dard, ou la flèche de Cupidon garnie de ses pennes.

COLEPHIUM, ii, n. Pain qui avait la figure de ce que, par excellence, l'on appelle le membre74.

COLES, is, m. Cels. La pique du dieu qui gardait les jardins; le dard de Cupidon, la flèche de l'Amour75.

COLEUS, i, m. Cic. Témoin en justice amoureuse; ce qui rend témoignage de la virilité; témoin de la validité d'un mariage.

COLUMBOR, ari, dép. Sen. Baiser à la pigeonne; pigeonner; donner et recevoir des coups de langue qui n'offensent point76.

COLUMNA, ae, f. La colonne de l'architecture humaine.

COMMITTERE OSCULA LINGUAE. Ovid. Commettre à la langue le soin de l'assaisonnement des baisers; faire servir la langue à rendre les baisers plus délicieux.

COMPRESSA VIRGO. Ter. Fille qui a été vivement embrassée; fille qui a souffert les plus tendres et les plus sensibles embrassements77.

COMPRESSUS, us. Ter. L'accolade de Cupidon; une embrassade tendre, vive et très sensible; le plus vif de tous les embrassements78.

EX COMPRESSU EJUS GRAVIDA FACTA EST. Ter. Cette fille est grosse de son fait; il a engrossé cette fille.

CONCHA, ae, f. Plaut. La coquille de Vénus.

CONCILIATRIX, icis, f. Cic. Conciliatrice; celle qui s'insinue dans les bonnes grâces, qui gagne les cœurs, ou pour soi-même, ou pour d'autres.

CONCILIATRIX ANCILLA. Plaut. Une suivante qui ménage les intrigues de sa maîtresse; une fille qui entre dans le commerce amoureux de sa dame; une confidente des galanteries de sa maîtresse; l'intendante des plaisirs de sa dame79.

CONCILIUM GENITALE. Lucr. Conseil où l'on agite si l'on mettra un homme au monde; assemblée où l'on traite plaisamment de la génération de l'homme; accord mutuel de la nature; correspondance des natures.

CONCIPERE EX ALIQUO. Cic. Concevoir du fait de quelqu'un; être grosse des œuvres d'une personne; s'être imprimé fortement les plus vives et les plus sensibles expressions d'amour de quelqu'un.

CONCUBINA, ae, f. Cic. Concubine; maîtresse; femme d'un homme qui n'est pas marié; celle à qui un homme ne s'est pas engagé pour toujours80.

CONCUBINATUS, us. Plaut. Concubinage; habitude de plaisir amoureux avec une personne81.

CONCUBINUS, i, m. Catull. Qui a une maîtresse; qui est en habitude amoureuse avec une fille; qui a une concubine. Ou (Quintil.): qui a une patience féminine en amour; catamite82.

CONCUBITOR, oris, m. Qui couche avec un autre de quelque sexe que ce soit, ou par compagnie, ou dans la vue du plaisir.

CONCUBITUS, us, m. Ovid. Les caresses du lit; la tâche des amants; le devoir amoureux; l'ouvrage d'amour83.

CONCUBITUM PETERE, PATI. Ovid. Rechercher, souffrir les caresses du lit.

CONCUBO, as, are, CONCUMBO, is, ubui, ubitum, umbere. Coucher avec quelqu'un, homme ou femme: ce mot n'est obscène qu'autant que, de l'action très innocente de coucher deux, il résulte un plaisir qui n'est pas innocent.

CONFICERE VIRGINEM. Ter. Abattre la fermeté d'une fille; avoir les gants d'une belle; humilier une pucelle84.

CONFUTUO, is, ere. Catull. Faire de compagnie ce qu'on appelle f...... Ou: pondre au même nid qu'un autre85.

CONGENUO, as, are. Varr. Serrer les genoux pour être plus ferme en lice.

CONGRESSUS, us, m. Combat de deux personnes sur un lit ou sur un canapé. Congressio exprime la même chose.

CONISALUS, i, m. Les armes de Priape.

CONJUGIUM, ii, n. Virg. L'action du mariage, le devoir conjugal.

CONJUGIO ALTERIUS POTIRI. Virg. Faire un cocu; jouir de la femme d'un autre; planter des cornes à quelqu'un.

CONNATATIO, onis, f. V. CONNATIO.

CONNATILIS, m. f. le, n. is, g. Qui travaille au même atelier amoureux; qui entre de part dans une intrigue amoureuse; qui nage en amour dans la même eau; qui fait société avec un autre pour un commerce d'amour; qui vogue en amour sur la même mer.

CONNATIO, onis, f. Plaut. Course dans la même lice amoureuse; société en amour; jouissance par indivis; travail au même atelier amoureux; intrigue amoureuse partagée de concert. Ou, autrement: partage des faveurs d'une belle avec quelqu'un.

CONNATO, as, are. Plaut. Partager un cœur avec un autre; être rival heureux d'un amant bien traité; cultiver amoureusement avec quelqu'un le même champ; travailler au même atelier d'amour, n'être pas seul qui ait part aux faveurs d'une belle; goûter les douceurs d'amour au même endroit qu'un autre; aimer sans jalousie en même lieu; être en société d'amour avec quelqu'un; avoir un compagnon de jouissance.

CONQUINIO, is, ire, CONQUINISCO, is, ere. Plaut. Offrir le présent de Ganymède. Ou: baisser la tête et plier le corps, pour donner belle à l'enfilade.

CONSTUPRO, as, are. Violer, faire violence à la pudeur; vouloir donner par force du plaisir à des femmes qui n'en veulent pas avoir.

CONSUESCERE ALICUI. Ter. ALIQUO ou & CUM ALIQUO. Plaut. Être l'un avec l'autre dans la dernière privauté; avoir l'un pour l'autre une amoureuse complaisance; se donner ensemble de telles libertés, qu'on ne puisse se refuser rien; être familier au dernier point avec une personne86.

CONSUESCERE CUM MULIERE. Cic. Être en intrigue avec une belle; avoir commerce ou des liaisons secrètes avec une personne; avoir une habitude; avoir une inclination; avoir une maîtresse; faire galanterie avec une belle.

CONSUETIO, onis, f. Plaut. Commerce amoureux, galanterie; habitude galante; intrigue; liaison d'amour.

CONTUBERNIUM, ii, n. Cohabitation qui dégénère quelquefois en colibertinage, et tellement que ce mot, dans Suétone, veut dire concubitus. Vesticontubernium exprime la même chose.

CONTUS PEDALIS vel SESQUIPEDALIS. La perche d'amour. Ce mot est bien expliqué à l'article MENTULA.

CONVENIO, is, ire. Plin. S'accorder dans le point qui fait la liaison la plus étroite des deux sexes; ne faire qu'un tout amoureux de deux moitiés séparées; en venir aux prises sous les étendards de l'Amour; livrer le combat amoureux; s'assembler amoureusement.

COPA, ae, f. Virg. Fille de plaisir; fille de joie; fille de commodité; courtisane; fille commode.

COPULO, as, are. Se joindre deux à deux, corps à corps: s'unir étroitement; jouir amoureusement.

COROLLARIUM PUERILE. Apul. La bague que courent certains amoureux dévoyés du chemin naturel; le soleil rouge-brun de Vénus antistrophe.

CORONA, ae, f. La tête du dieu Priape.

COTYTTIA, orum, n. Les mystères de la déesse Cotytto, ou de l'impudicité. Cette déesse n'était ci-devant qu'une danseuse, dont l'extrême lubricité mérita des autels; ses prêtres s'appelaient Baptae; ils dansaient en contrefaisant les femmes, et probablement prenaient leur place quand ils trouvaient des amateurs. Eupolis fit une comédie intitulée Baptae: Alcibiade, le Socratique Alcibiade, s'y trouvant désigné, tua tout bonnement l'auteur pour l'empêcher de critiquer les mœurs de ses contemporains.

COXA, ae, f. La cuisse touche de bien près au temple de Vénus, et celui-ci est souvent désigné chez les poètes par tout ce qui l'avoisine. Laufella tollit pendentis praemia coxae (Juven.): cela veut dire qu'elle se présente de si bonne grâce au combat amoureux, qu'elle remporte la victoire.

CRISSANS, tis, omn. gen. Juven. Qui remue les fesses; qui joue du croupion; qui tortille les fesses; qui remue le cul fort dru.

CRISSATURA, ae, f. Lucret. Remuement de fesses: jeu du croupion; mouvement de cul fort prompt; tortillement de fesses fort dru.

CRISSO, as, are. Remuer les fesses; faire des mouvements de fesses fort drus; jouer du croupion; tortiller le cul légèrement; faire des tortillements de cul fort prompts. Ce verbe est particulier aux femmes et à ceux qui en font l'office87.

CROCOTULA, ae, f. Movere lumbos in crocotula. Habit léger pour les femmes, et couleur de safran, peut-être par allusion à quelques usages dans les orgies des Anciens autrement appelées fêtes nocturnes, mystères, etc. Habits de combat qui ne mettent que peu d'obstacles à la jouissance. Si l'on veut avoir des détails sur les habillements des femmes voluptueuses de l'Antiquité, il faut consulter l'Errotika Biblion, p. 94.

CRYPTA, ae, f. La grotte de Vénus.

CTIR, ind. La fontaine des amoureux et le gazon qui l'environne88.

CUCURBITA, ae, f. Plaut. Femme galante89.

CUCURBITARIUS, ii, m. Qui met en œuvre la femme d'autrui, principalement celle de son seigneur de fief, ou de son maître, ou quelqu'une de leurs parentes.

CUCURBITATIO, onis, f. La liberté qu'on prend de semer dans le jardin secret d'autrui, etc.

CUCURBITO, as, are. Planter dans le jardin de plaisir d'autrui, et particulièrement de son seigneur de fief, ou de son maître; ou mettre en œuvre quelqu'une de leurs parentes.

CULICES PATI. Se laisser Ganymédiser.

CULUS, i, m. Visage à deux parties, autrement dit postérieur; objet du culte des hérétiques en amour. Culus tritus, autel trop fréquenté, où les sacrifices sont banaux. Synonymes: pars postica, clunes.

CUNNAGIUM, ii, n. Le droit du seigneur en amour; droit de coucher, la première nuit des noces, avec les femmes de ses vassaux, possédé autrefois par les comtes chanoines de Lyon90.

CUNNATUS, a, um. Qui est pourvu de la partie qui fait presque tout le mérite des femmes.

CUNNILINGUS, a, um. Priap.91. Qui lèche le plat dans lequel on sert le mets amoureux; lèche-c.., épithète des petits chiens des dames, qui, par là, deviennent souvent enragés92.

CUNNOSUS, a, um. Qui loge au large les pèlerins d'amour93.

CUNNULUS, i, m. Ce qui ne se trouve que chez les petites filles, un conin, un conichon.

CUNNUS, i, m.94 Hor. Le conduit de l'urine féminine; le vase amoureux; le chemin couvert de l'amour; la coquille de Vénus; le pays natal du genre humain; le but où visent les amants; l'endroit, chez les femmes, qu'on dit, mais qu'on n'imprime pas; l'autel où l'on sacrifie à l'Amour; le temple de Vénus; l'objet des peines et des plaisirs des amants; le bel endroit; le carquois de Cupidon; la boutique où l'Amour fait travailler en peau; le colombier de Vénus; le point d'honneur des dames95; le centre des délices amoureuses; le champ de bataille d'amour; le manège des coursiers de Cupidon; la nasse où se prennent les anguilles amoureuses; la salle d'armes du dieu d'amour; la fontaine où l'on porte l'eau; le réservoir de propagation; le four qui fait lever la pâte; la cuve de la brasserie humaine; le marais d'amour où l'on enfonce jusqu'au ventre; le trébuchet amoureux; le nid de l'oiseau d'amour; le nord de l'aiguille amoureuse; le calendrier naturel; le puits d'amour; la grotte de Vénus; l'embrasure des canons de Cupidon; le mortier amoureux; le terroir où l'on plante l'herbe sensitive; le champ qu'on aime à défricher; le terrier du lapin de Vénus; l'hôtellerie des pèlerins amoureux; l'objet de la galanterie; le creux où l'on moule les hommes; le cadran qui a souvent besoin d'aiguille; la manufacture de Cupidon; le tronc où chacun s'empresse de mettre la pièce; le trône du dieu des appas; le tribunal d'amour; le clocher où Vénus fait carillonner; le fourreau propre à toutes lames; le chemin qui conduit au plaisir; le receveur des droits de la mère d'Amour; le lieu de la folâtrerie; le bureau de la confrérie de Vénus; le bassin où l'on met les offrandes amoureuses; le peloton où Vénus fiche ses épingles; le fourneau où l'on fixe le mercure d'amour; le camp où l'Amour fait planter le piquet; le plus fort des objets de la tentation; le manichordion de Vénus; le creuset où l'on met les hommes en fonte; le palais de la galanterie; la galère qu'une seule rame met en mouvement; la prairie des amours; le cabinet de Vénus; le jardin de plaisir; la lice des coursiers d'Amour; le magasin des plaisirs amoureux; la niche du dieu Priape; la foulerie d'Amour; l'abreuvoir des coursiers de Cupidon; le tire-moelle amoureux96.

CURRUCA, ae, m. Celui que nous appelons improprement cocu, à qui sa femme donne un substitut97.

CYANISSANS, tis, omn. gen. Qui a envie de travailler naturellement; qui veut mettre en pratique le symbole de la fève qui a encore sa peau (c'est la fève de marais, symbole qui a fait dire à Pythagore: Abstine a fabis, abstenez-vous des fèves)98.

CYBELE, es. f. Cybèle, la mère des Dieux, la Bonne Déesse. Ses mystères se célébraient dans le plus grand secret, mais il paraît que la chasteté et la tempérance n'y présidèrent pas toujours, quoique les femmes eussent été dans l'origine les seules initiées. P. Clodius fut le premier qui entreprit de les violer en s'introduisant, sous l'habit d'une danseuse, dans l'appartement de Pompeia, épouse de Jules César. La chronique dit qu'il voulait abuser de cette femme. Les prêtres de cette déesse se nommaient Galli, et avaient été privés de cette partie qui nous rend hommes. Dans les temps de corruption, des hommes faisant fonctions de femmes imitèrent entre eux ces mystères et, comme on peut le croire, y introduisirent ce que la lubricité humaine a de plus dégoûtant.

CYDON, onis, m. Pédéraste, Gomorrhiste.

CYLLO, onis, m. Cic. Qui a été amplement pourvu par l'Amour en faveur des dames; personnage bien envitaillé.

CYNAEDUS. Voy. CINAEDUS.

CYSONIPTES, ae, m. Baigneur qui a soin de tenir propre tout ce qui est plus particulièrement dédié à l'amour.

CYSOS, i, m. L'écrin du bijou d'amour; la gaine du poignard de Cupidon.

CYSTHOS, i, m. V. CYSOS. Ou: les fesses. Ou: le trou du cul.

D

DECURRERE SPATIUM AMORIS. Faire la course au jardin d'amour; courir la bague; jouir amoureusement.

DEGLUTIO, is, ire. Prendre à la bouche la flûte de Cupidon; la recevoir, la presser avec les lèvres:

Deglutit, fellat, molitur per utramque cavernam.

(Auson.)

DEJICERE CAPUT. Baisser la tête en courbant les reins pour offrir mieux la bague; présenter le cul en haut99.

DELPHYS, yos, f. La coquille du limaçon d'amour. Ou: la matrice.

DELTA, ind. Le triangle de la géométrie d'amour; l'entrée du jardin de Vénus; l'ouverture de l'antre des Nymphes.

DEMITTERE CAPUT. Faire près d'une femme l'office de petit chien; lécher la baratte où l'on bat le beurre en amour100.

DEPRENSUS, DEPRENSA. Pris sur le fait: Nihil est audacius, illis deprensis (adde mulieribus.) Juven.

Quantum deprensi damna pudoris ement.

(Auson.)

DEPSO, is, psui, psitum, ere. Cic. Pétrir le levain amoureux; battre le beurre d'amour.

DESTUPRATRIX, icis, f. Mart. Une tribade.

DIFFUTUTUS, a, um. Épuisé par trop de jouissance. Voy. EXFUTUTUS. Virgo diffututa, fille commode, qui se laisse caresser par tout le monde.

DIGITUS IMPUDICUS, INFAMIS. C'est le substitut d'un très joli instrument dont les dames aiment à jouer. Les Anciens paraissent avoir employé ce doigt à plusieurs usages: tantôt à procurer du plaisir aux femmes, tantôt à montrer aux hommes le désir d'une jouissance contre nature.

DINDYMUS, i, m. Le trou de la verge de l'homme.

DIOBOLARES, ium, f. Courtisanes pour le bas peuple; raccrocheuses; salopes à deux sols; paillasses de corps-de-garde.

DISSAVIOR vel DISSUAVIOR, aris, ari. Embrasser avec ardeur, avec vivacité.

DIVIDERE CUM ALIQUA. Petr. Partager avec une belle les plaisirs de l'amour; diviser le terrain amoureux.

DIVISOR, oris, m. Cic. Corrupteur de jeunes garçons.

DIVOLTRES, ium, f. Garces à canailles; donneuses de bonsoir101.

DO, as, are. Dare solet. Mart. Elle a coutume de s'en faire donner102.

DARE OPERAM LIBERIS. Cic. S'étudier à faire des enfants; s'appliquer à se faire des successeurs; s'employer à perpétuer sa race; travailler à sa postérité.

DORILLUS, i, m. Le jardin de Nature; le champ de Vénus; le clapier d'amour.

DRAUCUS, i, m. Mart. Pédéraste.

DRILOPOTA, ae, m. Celui qui boit dans un vase qui représente le laboureur de la Nature103.

DUCO, is, xi, ctum, cere. Plaut. Trouver une femme, ou un mari, dans sa main104.

DUCTO, as, are. Ter. Conduire au plaisir.

DUCTARE AMICAM. Plaut. Conduire du bout du doigt sa maîtresse au plaisir.

E

EMASCULATOR, oris, m. Apul. Pédéraste. Ou: qui effémine, qui rend efféminé105.

EFFEMINO, vel EFFOEMINO, as, are. Être sans force et sans courage. Ce verbe a des rapports, au figuré, avec ementulare. Effeminatus culus. Priap. Bijou Grec sans ressort, ou dont le ressort est usé par le service.

ELECEBRAE, arum, f. Courtisanes, filles de joie.

ELEPHANTIS, idis. Priap. Jeune fille Grecque auteur d'ouvrages galants dans le genre de ceux de l'Arétin, des Élégances Latines du faux Meursius, du Portier des Chartreux, et de tous les livres lubriques à l'usage des modernes. Philænis et Cyrène, autres jeunes filles Grecques, passent pour avoir composé de pareilles tablettes où étaient peintes les postures libidineuses et leur explication. Elles étaient autrefois, comme à présent, les leçons préparatoires pour la jeunesse de l'un et l'autre sexe que les personnes d'un âge mûr ne prenaient pas la peine d'instruire. De jeunes filles innocentes venaient offrir en don ces tablettes au dieu Priape, pour lui demander la réalité des peintures. On doit croire qu'elles traitaient fort mal leur protecteur, lorsque le vœu n'était pas exaucé; Sotade, poète de Mantinée, a composé un ouvrage intitulé Cinaedica; c'est Suidas qui nous l'apprend. L'empereur Tibère avait orné les murs de sa chambre à coucher, à Caprée, de ces peintures lubriques, et cette mode a été adoptée par quelques vieux et invétérés libertins de son siècle et des suivants.

EMASCULATUS, a, um. Bardache, Ganymède, catamite. Ou: châtré; ou: rendu efféminé.

EMASCULO, as, are. Apul. Châtrer. Ou: efféminer, rendre efféminé. Ou: métamorphoser un mâle en femelle; se servir d'un mâle aux usages féminins.

EMBOLUM, i, n. Ce qui est cause que l'écusson des filles est fait en losange; le losange de la géométrie d'amour; l'entrée du palais de Vénus.

EMENTULO, as, are. Priver du sceptre amoureux106.

ENTESYPATHIA, ae, f. Ce qui se passe dans celui qui se laisse Ganymédiser; ce que souffre un successeur de Ganymède.

EPISIUM, ii, n. Ce qu'on recherche dans le sexe féminin, quoiqu'on lui donne le nom de partie honteuse.

EQUITO, as, are. Faire la cavalcade; se frotter mutuellement l'endroit sensible en remuant l'un sur l'autre; tribader:

Inque vices equitant, ac luna teste moventur.

(Juven.)

EQUUS HECTOREUS. Mart. La posture favorite du sexe; le cheval d'Hector; l'amoureuse situation qu'Andromaque exigeait de la complaisance d'Hector107.

EREBINTHINUS, a, um. Qui concerne le bélier d'amour.

EREBINTHUS, i, m. Bélier de Cupidon; la machine avec laquelle l'Amour force les remparts amoureux.

EROMENE, es, f. Maîtresse; inclination; bonne amie.

EROMENUS, i, m. Mignon; favori; Ganymède.

EROTIUM, ii, n. Plaut. Une petite maîtresse; un petit amour; une jeune mignonne108.

ERUCA, ae, f. Herba salax; c'est une herbe qui excite à l'amour. Les personnes d'un tempérament paresseux en font usage. C'est, selon Tournefort, la roquette. Les oignons et le satyrion, les artichauts, font, à ce qu'on dit, le même effet; mais malheur à ceux qui en font trop usage, car il est pernicieux.

ESCHARA, ESCHARIA, ae, f. Les lèvres de la bouche d'en bas109.

EUGIUM, ii, n. Laber. et Lucil. Le clitoris. Ou: la membrane Hymen. Ou: voy. CUNNUS.

EUNUCHUS, i, m. Triste sujet, homme nul, impropre au plaisir des dames et, par conséquent, l'objet de leur antipathie. En Asie, ils sont les gardiens de la vertu des belles; mais celui qui porte la clef de leur trésor est toujours sûr de s'en rendre maître, malgré ces odieux Argus. En France, et surtout en Italie, ils sont fort utiles aux prélats, soit pour la musique de la cathédrale, soit pour un usage moins canonique.

Il y a cependant des eunuques à qui il reste l'image de la virilité, et qui n'en ont perdu que les témoins: ceux-ci sont encore utiles au beau sexe, qui s'en amuse sans danger pour la grossesse. Martial a dit:

Cur tantum eunuchos habeat tua Gellia quaeris, Pannice? Vult futui Gellia, non parere.

EXERCINATES, is, omn. gen. Qui sait remuer les fesses; savant en l'exercice des fesses; dressé au manège des fesses; qui sait jouer du croupion.

EXFORNICOR, ari. Pécher contre nature.

EXFUTIO, is, ui, utum, ire. Énerver; effouter110.

EXFUTUTOR, oris, m. EXFUTUTRIX, icis, f. Qui énerve; qui effoute.

EXFUTUTUS, a, um. Catull. Énervé; effouté111.

EXIMEQUI, orum. m. Pourvoyeurs d'amour.

EXOLETUS, a, um. Usé, anéanti par les débauches.

EXONIROTTICUS, a, um. A qui les pollutions nocturnes sont fréquentes; qui répand d'ordinaire sa semence pendant la nuit.

EXONIROGMUS, i, m. Écoulement de semence involontaire pendant le sommeil.

EXPATRO, as, are. Faire la douce affaire. V. PATRO.

EXPERTA PUELLA VIRUM. Hor. Fille qui sait ce que c'est qu'un homme; fille qui connaît par expérience les plaisirs qu'un homme peut lui procurer; fille qui s'est fait essayer; fille qui a combattu en champ clos; fille qui s'est éprouvée avec un homme.

EXPROCOR, ari. Demander la courtoisie. Ou: obtenir la dernière faveur.

EXPUGNATOR PUDICITIAE. Cic. Un galant dangereux; un crocheteur de pucelages; un forceur de remparts amoureux112.

EXPUGNARE PUDICITIAM PUELLAE. Cic. Forcer un jeune cœur à se rendre à ses désirs galants; tirer les premières faveurs d'une jeune fille; venir à bout d'une jeune personne; avoir les gants d'une belle; obliger un jeune enfant à céder à ses galanteries; crocheter un pucelage; cueillir les premiers fruits de l'amour.

EXSORBERE VIROS. Avaler des hommes (par métaphore.) C'est assez pour les dames d'avaler la partie qui leur plaît davantage, et cela par la voie ordinaire; car l'idée de l'extraordinaire fait vomir.

F

FACILIS VIRIS. Complaisant avec les hommes; ne sachant pas les refuser, quand même il s'agirait d'offenser la nature.

FACIO, is, ere. Plaut. Faire ce qu'on appelle faire113.

FACTURIO, is, ivi, itum, ire. Plaut. Avoir envie de le faire; souhaiter de travailler d'après nature114.

FASCINOSUS, a, um. Priap. Bien fourni du charme viril; amplement pourvu de ce qui charme les belles; qui a un grand persuasif en amour.

FASCINUM, i, n. Hor. Le membre par excellence; le charme viril; le laboureur naturel115.

FASCINUS, i, m. Petr. Petite figure du laboureur naturel qu'on pendait au cou des enfants pour les préserver des charmes; le contre-charme de Priape116.

FELES VIRGINALIS ou VIRGINARIA, f. Plaut. Celui ou celle qui dérobe des jeunes filles pour les dédier à Vénus117.

FELES PULLARIA, f. Auson. Qui enlève des petits garçons pour en faire des Ganymèdes118.

FELLATOR, oris, m. Mart. Suceur; qui boit des hommes; qui suce le doigt qui est sans os.

FELLATRIX, icis, f. Suceuse; qui emploie la bouche supérieure à l'usage de l'inférieure; qui boit des hommes.

FELLICANDUS, a, um. Solin. Qu'on donne à sucer; qu'on donne à teter.

FELLICATIO, onis, f. Le sucement; l'action de teter le trayon amoureux.

FELLICO, onis, m. V. FELLATOR.

FELLICO, as, are. Solin. Sucer, teter.

FELLITO, as, are. Solin. Sucer souvent.

FELLO, as, are. Mart. Sucer, teter. Ou: sucer le doigt qui n'a point d'os; teter ce qui n'est pas fait pour être teté; prendre à la bouche le trayon amoureux119.

FEMINAL, is, n. L'endroit par où les femmes se distinguent120.

FEMINALIA, um, n. Suet. Haut de chausses, caleçons, et tout ce qui sert à couvrir les cuisses et les parties de la génération.

FEMEN, FEMINA, n. Se prend quelquefois pour femur et femora. On veut aussi que cela signifie le chemin de la création, ce qui ne serait pas extraordinaire, vu la proximité.

FEMUR et FEMORA, n. Les cuisses, ou les grosses colonnes du temple de Cypris; ou le temple lui-même. Femori conserere femur, committere, vel imponere: jouir, confondre deux corps en un.

FESCENNINI VERSUS. Vers obscènes qui se chantaient aux noces. Catulle, dans l'Epithalame de Julie et de Manlius, dit:

Nec diu taceat procax Fescennina locutio.

Lorsqu'on veut dire des injures en vers, cela s'appelle Fescennina licentia.

FIBULA, ae, f. Cadenas de chasteté; gaine où l'on renfermait les instruments de la génération, soit pour les cacher par pudeur, soit pour empêcher les jeunes gens d'en abuser, ou les chanteurs de perdre leur voix. Les Juifs en faisaient assez d'usage: c'est ce que Martial appelle Judaeum pondus.

Fibula indique aussi l'anneau de sagesse dont les Anciens se bridaient le prépuce en le passant à travers des deux côtés de cette peau qui couvre le gland. On le soudait lorsqu'on voulait le conserver longtemps; mais je pense que le plus grand nombre ressemblaient aux anneaux qui servent à enchaîner plusieurs clefs. Fibulare, infibulare, fibulatio, infibulatio, dérivent de fibula. Quelques religieux Asiatiques ont conservé l'infibulation par esprit de pénitence. Theca est synonyme de fibula.

FLAGITATUS, a, um. Fest. Qui s'est laissé employer aux usages amoureux; qu'on a mis en œuvre en amour.

FLAGITO, as, are. Apul. Employer aux usages amoureux; soumettre aux désirs amoureux; mettre en œuvre amoureusement.

FLAGITARE ANCILLAM. Ulp. Mettre en œuvre sa servante; employer amoureusement sa servante.

FLAGITIUM, ii, n. Crime que les jeunes filles pardonnent à l'amant chéri. Le viol est un attentat contre la pudeur: l'amour seul peut le faire pardonner.

FLOS, oris, m. Catull. Le pucelage.

FODERE JACENTEM. Sonder quelqu'un amoureusement. V. STUPRO.

Servus erit minus ille miser, qui foderit agrum, Quam dominum...

(Juven.)

FORNIX, icis, f. Hor. Maison de plaisir; bordel; lieu de prostitution; maison de débauche. Ou (Suet.): personne prostituée de l'un ou de l'autre sexe; fille de commodité; ou: Ganymède.

FORNIX BITHYNICUS. Suet. Jules César, galantisé dans sa jeunesse par Nicodème, roi de Bithynie.

FOSSAE INGUINIS. Périphrase. V. CUNNUS. Fossa notissima cinaedis est le contraire de cunnus.

FRANGO, is, ere. Ganymédiser.

FRICARE TERGA, FRICARE MEATUM VENERIS. Frotter, électriser la partie amoureuse. Le frottement produit le feu: c'est ce qui rend les femmes si endiablées, que plus on les frotte et plus elles veulent être frottées.

FRICATRIX, icis, f. Mart. Frotteuse; celle qui fait une légère friction sur quelque partie, soit pour le plaisir, soit pour la santé.

FRICTRIA, ae, FRICTRIX, icis, f. Tribade; femme qui veut contrefaire l'homme dans les fonctions d'amour121.

FRUTINAL, is, n. Fest. Temple dédié à Vénus qui procure la jouissance.

FRUTIS, is, f. Solin. Surnom de Vénus qui procure la jouissance.

FULLO, onis, m. Naev. Pédérastie. Ou: pédéraste.

FULLONIUS FRUCTUS. Plaut. Le gland de Cupidon. Cras mihi potandus fructus est fullonius. Plaut. Je dois demain passer par les piques; il faudra demain que je prenne le gobet amoureux.

FURTIVA VENUS. Ovid. De furtives amours; un mariage clandestin; des larcins amoureux; une amourette cachée; des plaisirs d'amour dérobés122.

FURTA VENUS SUA VULT CELARI. Ovid. Vénus pardonne les larcins qu'on lui fait, pourvu qu'on s'en taise; la mère d'Amour impose silence sur les faveurs qu'on lui dérobe; on ne doit point parler des larcins amoureux123.

FUTUITIO, onis, f. Mart. L'art de la génération; l'exercice de Vénus; le combat amoureux; l'enfilade amoureuse; l'estocade d'amour; la lutte amoureuse.

FUTUO, is, tui, tutum, ere. Mart. Exercer l'art de la génération; combattre amoureusement; faire l'exercice de Vénus; pousser une estocade amoureuse; le faire; baiser; lutter amoureusement; courir dans la lice amoureuse; empaler amoureusement; donner, et recevoir le plaisir amoureux; goûter les délices d'amour; faire la joie; enfiler amoureusement; travailler naturellement; sangler; exploiter124.

FUTUTIO, onis, f. Catull. V. FUTUITIO.

FUTUTOR, oris, m. FUTUTRIX, icis, f. Mart. Qui le fait; qui exerce l'art de la génération; qui fait l'exercice de Vénus; qui court dans la lice amoureuse; qui combat amoureusement; qui donne, et qui reçoit le plaisir amoureux; qui goûte, et fait goûter les délices d'amour; qui travaille naturellement; qui lutte amoureusement; qui baise125.

FUTUTUS, a, um. Mart. Exercé amoureusement; employé à l'exercice de Vénus; à qui on l'a fait; enfilé amoureusement; travaillé naturellement; baisé; sanglé; exploité amoureusement126.

G

GALLUS, i, m. En langage ordinaire, gallus est un coq; mais en style obscène, gallus veut dire un chapon, un castrat, un chanteur à voix claire, un prêtre de Cybèle. Gallo turpius est nihil Priapo. Mart.

GANEO, onis, m. Libertin; pilier de mauvais lieux.

GANYMEDES, is, m. Fils de Tros, roi des Troyens. C'était un beau garçon, et si beau, qu'il plut à Jupiter, qui tour à tour s'amusait avec les hommes et avec les femmes. Or donc, Jupiter en fit son page, son échanson, son mignon, son giton, et lui donna les grandes entrées à la Cour céleste, afin de le voir plus souvent. Depuis ce temps, beaucoup de potentats, de grands seigneurs, tant laïques qu'ecclésiastiques, ont voulu avoir leur Ganymède. Cette fantaisie gagna les villes et les faubourgs dans les pays civilisés; et, ce qu'il y a de singulier, c'est que des sauvages ont eu le même goût.

GENITALE, is, n. Plin. Le laboureur de nature; le coutre de la charrue d'amour; l'instrument de la génération; l'outil de Cupidon127.

GENITALE ARVUM. Ovid. V. ARVUM GENITALE.

GESTIO, is, ire. Exprimer ses désirs par des mouvements involontaires, quoique très naturels.

GLANS, dis, f. Le gland; c'est la partie obscène de la partie naturelle de l'homme, celle où réside la sensation la plus vive des plaisirs Vénériens.

GLOTTISMUS, i, m. Un baiser à la pigeonne.

GLUBO, is, ere. Varr. V. FELLO.

GNATHO, onis, m. Cic. Suceur; qui entreprend sur l'office d'une espèce de bouche128.

GNATHONICUS, a, um. Ter. De suceur, de teteur; de suceuse, de teteuse; qui concerne ceux dont la bouche entreprend sur l'office d'une espèce de bouche.

GNATO, as, are, GNATURIO, is, ire. Travailler à se faire une postérité; s'exercer à la multiplication de son espèce.

GRAOSOBA, ae, m. Consolateur d'une vieille amoureuse: savetier en amour; amoureux charitable qui ne dédaigne pas la vieillesse129.

GREGARIA VENUS. Solin. Une coureuse; une Vénus du tiers-ordre; une raccrocheuse nocturne; une chauve-souris d'amour; une à tous venants beau jeu; une femme du genre humain. Ou: inclination pour les maîtresses du public; penchant pour celles qui ne refusent personne; attache pour les publiques.

H

HABERE REM CUM ALIQUA, Ter. NOTITIAM & FOEMINAE. Cic. Avoir avec une femme le commerce le plus particulier; connaître à fond une femme autant qu'il se peut faire; avoir les plus étroites liaisons avec une belle; prendre connaissance d'une belle personne de la manière la plus intime; avoir affaire avec une femme130.

HARPOCRATEM REDDERE. Catull. Empêcher de parler en mettant quelque chose dans la bouche; engager une bouche au silence en l'occupant aux fonctions d'une autre espèce de bouche; obliger à se taire en faisant subir à la bouche la peine dont le gardien des jardins menace les voleurs qui ont de la barbe; rendre muet en mettant le doigt amoureux à la bouche; fermer la bouche en faisant prendre le gobet amoureux.

HASTA, ae, f. Pique d'amour; sceptre de Cythère. Voy. MENTULA: c'est le mot propre; celui-ci n'est que figuré.

HEMITHEON, is, m. Hémithéon de Sybaris, auteur de livres Sybaritiques cités par Martial et Lucien pour leur lubricité.

HERMAPHRODITUS, a, um. Hermaphrodite: être neutre, qui porte souvent les marques spécifiques des deux sexes et qui n'est parfaitement d'aucun. Cela s'appelle une curiosité d'histoire naturelle. En amour, ces êtres ne sont bons que pour les personnes qui n'aiment pas les routes ordinaires.

HILLAS CAEDERE. Laber. Chercher une femme dans sa main131.

HIPPOMANES, is, n. C'est la liqueur qui sort de la vulve d'une jument lorsqu'elle est en chaleur. Les sorcières et empoisonneuses s'en servaient dans la composition de leurs drogues infernales.

HIPPOPORNOS, i, f. Amoureuse d'un cheval: surnom de Cérès lorsque, s'étant changée en cavale, Neptune, son frère, sous la figure d'un cheval, l'engrossa. Surnom de Philyra, mère du centaure Chiron, engrossée par Neptune sous la figure d'un cheval. Surnom de Méduse, que Neptune, sous la figure d'un cheval, engrossa du cheval ailé Pégase132.

HIPPOS, i, m. Le coursier d'amour.

HIRQUITALLUS, i, m. Fest. Jeune garçon qui s'abandonne à l'amour Socratique, qui souffre les caresses des hommes.

HORTI HESPERIDUM. Les jardins de l'Amour133.

HUMIDUS LACUS. Plaut. Le lac où l'on pêche quelquefois de cuisants souvenirs.

HYSTERA, ae, f. La matrice; ou: le chemin qui conduit à la matrice, la gaine.

HYSTERICA, ae, f. Suffocation de matrice: maladie qui ordinairement se guérit par l'introduction d'un pessaire vivant134.

I

ILLIC. Là; à l'endroit. Illic habere manum: avoir la main à l'endroit du plaisir.

ILLUD. Cela. Faire cela; se donner du plaisir plus ou moins gracieux, plus ou moins hérétique.

ILLUDERE CORPORI MULIERIS. Quint. Curt. Se divertir avec une femme; tirer d'une femme tout le plaisir qu'on en peut prendre. Ou: Ganymédiser une femme135.

ILLUDERE FOEMINARUM CAPITIBUS. Suet. Ôter aux femmes l'usage de la parole d'une manière toute extraordinaire; priver les femmes de deux plaisirs qui leur sont chers, en leur fermant la bouche d'une façon peu séante, et laissant l'autre mâcher à vide.

IMMEIERE VULVAE PATRICIAE. Pers. Pisser dans un pot de chambre de qualité136.

IMMINUERE VIRGINIS PUDICITIAM. Plaut. Dépuceler une fille; avoir le pucelage d'une belle. Ou: apprivoiser une fille; accoutumer une belle aux caresses; mettre amoureusement une belle sur le pied de ne pas s'effaroucher; ébranler la retenue d'une jeune personne; écorner la fermeté d'une jeune enfant137.

IMPUDICUS, a, um. Paillard ou paillarde: reproche que l'on fait aux gens qui aiment à goûter le plaisir amoureux. Impudicum digitum ostendere: montrer le doigt impudique, que les Anciens appelaient le doigt infâme. C'est le doigt du milieu qui, par sa longueur, fait le mieux plaisir aux belles, ou sert à indiquer la secte des amoureux.

IMPURUS, a, um. Impudique; crapuleux libertin qui laisse souiller son corps par des complaisances infâmes.

INACHIDOS LIMINA. Le portique du temple d'Isis, ou le temple même de cette déesse, où se rendent tous ceux qui font des plaisirs de l'amour leur occupation favorite. Voy. ISIACA SACRA.

INAM CAEDERE. Jeter un homme à terre, étant cinq contre un; branler la pique sans faire peur à personne; répandre un homme informe; se battre amoureusement contre l'air.

INCESTARE SE INVICEM. Suet. Se livrer à qui mieux mieux à la luxure; se souiller mutuellement par la plus sale lubricité; faire le chapelet comme les colimaçons; s'enfiler réciproquement; se tenir comme les hannetons.

INCESTUM, i, n. Toute copulation contraire aux lois de la nature ou de la société est un inceste, ou manque de respect envers l'une ou l'autre. Cestum est la ceinture dont Vénus ornait les filles sages qui se destinaient au mariage, et Vénus n'a jamais présidé aux mariages que la chasteté réprouve: de là on a nommé incestueux les gens qui violaient la chasteté.

INCUBA, ae, f. Celle qui veut prendre le dessus dans la lutte amoureuse; celle qui, dans le combat d'amour, se veut soumettre ce qu'elle aime; celle qui veut primer dans les exercices androgyniques138.

INCUBITATUS, a, um. Plaut. A qui l'on a introduit un pessaire animé, ou un suppositoire vivant.

INCLINARE MARITOS IPSOS. Juv. Courber les maris après avoir renversé leurs femmes. Voy. INCURVO.

INCURVO, as, are. Mart. Faire montrer le nord de l'aiguille animale; le faire présenter beau139.

INEO, is, ire. Cic. Idem ac COEO. Prendre le plaisir amoureux; jouir de ses amours; entrer dans le plus particulier de ce qu'on aime; pénétrer dans l'intime de l'objet aimé.

INEQUITATIO, onis. f. L'une des postures amoureuses dont on donne des leçons à Lampsaque: c'est celle où la femme se met à cheval sur son amie pour tribader, ou, plus agréablement, sur son ami, pour en recevoir ou lui donner plus de plaisir. Voy. EQUITO.

INERRARE IN FILIOS. Minut. Fel. Se tromper en prenant amoureusement de jeunes garçons pour des filles.

INIRE ALIQUAM. Suet. Faire galanterie avec une belle; sonder l'intérieur d'une jolie personne.

INIRE CUBILE ALICUJUS. Cic. Se mêler de partager avec quelqu'un les plaisirs de son lit; entrer dans les plaisirs secrets de la femme d'autrui140.

INFAMIAM (AD) USQUE ORIS LIBIDINIBUS & FLAGRARE. Suet. Être si déréglé dans ses plaisirs que d'en salir sa bouche ou celle d'autrui.

INFAMIS DIGITUS141. Pers. Le doigt du milieu de la main (à cause de certains usages auxquels il est préférablement employé).

INFORATIO, onis, f. L'action de mettre amoureusement en perce.

INFORATOR, oris, m. Apul. Celui qui, par plaisir, perce un trou qui est déjà tout fait142.

INFORATUS, a, um. Qu'on a mis amoureusement en perce.

INFORO, as, are. Plaut. Percer amoureusement un trou qui est déjà percé.

INGUEN, inis; INGUINA, um, n. Les parties naturelles de l'homme et de la femme, et tout ce qui les avoisine, comme l'aine, le haut des cuisses, le bas-ventre, etc. Inguina recutita. Hor. Les parties de l'homme marquées de la circoncision, ou dont la peau du prépuce a été coupée.

INSCENSUS, us, m. Apul. La cavalcade d'amour; le manège amoureux; le saut sur les quatre quartiers.

INTERFEMINEUM, i, n. Apul. A l'égard des hommes: le périnée, l'entrefesson. Ou, à l'égard des femmes: la situation d'où un des moindres animaux, voulant éviter Scylla, tomberait en Charybde. Ou: le détroit d'entre les deux colonnes de Vénus143.

INTERNUCULUS, i, m. Petr. Un petit Ganymède.

INTESTABILIS, m. f., le, n., INTESTATUS, a, um, INTESTIS, m. f., te, n. Plaut. Léger de deux grains au trébuchet d'Amour; à qui on a enlevé les témoins amoureux; qui manque de témoins pour prouver sa galanterie; eunuque; châtré; chapon; chaponné.

INVITARE IN AMPLEXUS, ATQUE IN CUBITUM. Demander la courtoisie; prier d'amour (grâce que ce galant d'empereur Caligula demandait à la Lune)144.

IRRUMATIO, onis, f. Catull. L'action de faire teter à la bouche supérieure ce qui n'est fait que pour l'inférieure.

IRRUMATOR, oris, m. Catull. Celui qui fait prendre à la bouche d'en haut ce qui n'est dû qu'à la bouche d'en bas; qui fait servir la bouche supérieure à l'usage de l'inférieure; qui met à la bouche le gobet amoureux145.

IRRUMATUS, a, um. Mart. Dont la bouche a servi à l'usage de certaine autre bouche; qui a pris avec la bouche le gobet amoureux; irrumé; à qui l'on a fait teter le trayon amoureux.

IRRUMO, as, are. Mart. Faire teter le trayon amoureux; employer la bouche supérieure aux usages de l'inférieure; faire prendre avec la bouche le gobet d'amour; donner à la bouche d'en haut ce qui n'est dû qu'à la bouche d'en bas; faire servir la bouche de vase amoureux; irrumer146.

ISIACA SACRA. Le plus secret du mystère amoureux; le sacrifice d'amour; les mystères de Vénus.

ISICAE SACRARIA LUNAE. Juv. Les petits temples d'Isis, où quantité d'aventures galantes se mettaient à fin147.

ITHYPHALLUS, i, m. Le Priape en belle humeur porté en procession, et les poésies qu'on y chantait à sa louange, aux fêtes d'Osiris en Égypte, et à celles de Bacchus et de Priape à Athènes.

J

JACEO, es, ere. Être couché dans une posture favorable au plaisir. Briseis multum aversa jacebat: Briséis, selon Martial, voyait très fréquemment la feuille à l'envers; c'est qu'elle avait un héros pour ami.

JUDAEUM PONDUS. Le paquet des trois pièces utiles à la génération. Voy. FIBULA, PENSILIA, PONDUS.

K

KALENDAE FOEMINEAE. Les Calendes de Mars, pendant lesquelles il y avait, dans l'intérieur des maisons, des fêtes pour les domestiques du genre féminin. Les maîtresses les servaient alors, comme les maîtres servaient leurs esclaves mâles pendant les Saturnales. Ces fêtes étaient appelées Matronalia. Les uns veulent qu'elles aient été instituées en mémoire de la paix avec les Sabins à pareille époque, pour cause de l'enlèvement des Sabines; d'autres disent que c'est en l'honneur de Vénus. Il en est aussi qui assurent que les premiers jours du printemps étaient comme des jours de fête pour les dames; qu'elles paraient leurs appartements, et qu'alors elles recevaient des présents de leurs maris ou de leurs galants. Juvénal reprend quelques hommes efféminés de son siècle pour les imiter en cela (Sat. IX, vers 46 et suiv.).

L

LABDA, ae, m. f. Varr. Qui fait usurper à sa bouche l'emploi d'une autre espèce de bouche; qui engloutit des hommes liquides; qui boit le plaisir amoureux; qui dévore les hommes avant qu'ils puissent être vus.

LABDACE, es, f. Varr. Le suçage du trayon amoureux; le sucement du doigt qui est sans os; l'action de faire servir sa bouche aux usages d'une autre espèce de bouche.

LABRA MORDERE. Pincer avec les dents les lèvres de sa mie. Ces petits amusements ont lieu en attendant des plaisirs plus vifs.

LACINATA MULIER. Petr. Femme qu'on a déchirée à force de vouloir lui faire plaisir.

LAECASTRA, ae, f. Une courtisane sous les armes; une fille commode en équipage de conquête.

LAECACITAS, atis, f. Maquerellage. Ou: paillardise.

LAECATOR, oris, m. Pourvoyeur d'amour. Ou: paillard.

LAECO, as, are. Faire un maquerellage. Ou: paillarder, faire la joie.

LAEVIS. Voy. LEVIS.

LAMBERE MEDIOS VIROS. Faire un métier de chien; Voy. DEMITTERE CAPUT, PHOENICISSARE, TERERE INGUINA. C'est faire aux dames, avec la langue, le même plaisir qu'elles font aux hommes avec la bouche.

LAMPADIUM, ii, n. Sortes de filles de joie qui se tenaient la nuit dans les rues avec une petite lampe à la main, afin que le marchand pût voir si la marchandise lui plaisait. A Rome, il y a encore de petits coquins qu'on trouve assis le soir dans les places et dans les rues, avec une petite lumière, et qui crient de temps en temps: «Chi me vuol levar?»

LAMPSACUM, i, n. Lampsaque, ville de Bithynie, célèbre par le culte de Vénus, de Cupidon et de Cybèle. C'est à Lampsaque que le dieu Priape, fils de Bacchus et de Vénus, fut élevé. Par reconnaissance, il fit toutes sortes de niches aux habitants de cette ville, c'est-à-dire aux maris des plus belles femmes, ce qui d'abord le fit chasser. Il finit cependant par y être adoré, et son culte y devint public.

LANDICA, ae, f. Voy. CUNNUS.

LANGORES, orum, m. Débauchés aux femmes.

LANGUS, i, m. Adonné aux femmes. Ou: bardache.

LANUVINI, orum, m. Cic. Les témoins d'amour, vénérables par leur barbe.

LANUVIUM, ii, n. Prop. La foulerie d'Amour; le fouloir de Vénus; la fouloire de Cupidon.

LASCIVIA, ae, f. Lubricité; recherche des moyens de varier, augmenter, suspendre ou prolonger les plaisirs amoureux. Improbitas Venerea, selon Juvénal.

LASCIVIRE. C'est prolonger la jouissance; user des plaisirs de l'amour tantôt avec délicatesse, quelquefois avec assez d'emportement pour se mettre hors de combat.

LASTAURUS, i, m. Celui qu'en amour on appelle bien fourni; qui est bien emmanché. Ou: qui a l'entrefesson velu. Ou: l'entrefesson, le périnée. Ou: paillard, ribaud.

LATUS MOLLE. La croupe, les parties supérieures aux fesses; le fessier lui-même.

Quantum et quale latus! quam juvenile femur!

(Ovid.)

LAXUS, a, um. Se dit des hommes et des femmes dont le vase amoureux s'est élargi à force de servir. Il y a du remède avec l'onguent de la Comtesse; mais les palliatifs ne rendent jamais à la nature son vrai mérite.

LECTAMBULUS, i, m. Qui essaie de diverses garnitures de lit sans se fixer à pas une; un pirate d'amour; galant qui se divertit aux dépens des maris; un amant qui vit sur le commun; un corsaire en amour; qui court le bon bord en amour.

LECTICARIOLA, ae, f. Mart. Une femme qui trouve du ragoût dans les porteurs de chaise.

LECTI FURTIVI FOEDERA. Tib. Les secrètes liaisons où les larcins amoureux engagent; les tendres engagements que font prendre les vols que l'on fait en amour.

LEGAEGYNAECES, cum, f. Femmes âpres à la curée; gaillardes de grand appétit148.

LENA, ae, f. Plaut. Appareilleuse; conciliatrice de volontés; entremetteuse; médiatrice de plaisir; pourvoyeuse d'amour; maquerelle; ministre de Vénus149.

LENO, onis, m. Ter. Marchand d'esclaves. Ou: ministre d'amour; intendant des plaisirs amoureux; pourvoyeur d'amour; appareilleur de Vénus; agent de change en amour; conciliateur de volontés amoureuses; courtier de plaisirs; maquereau; médiateur de tendres unions150.

LENO, as, are. Vet. epigr. Être marchand d'esclaves. Ou: fournir des sujets de plaisirs amoureux; concilier les volontés en amour; être ministre de Vénus; appareiller des amants; être courtier de plaisir; se mêler de pourvoir aux besoins amoureux; être pourvoyeur de Cupidon; être agent de change en amour; faire trafic de ce que recherchent les amants; s'entremettre d'unir les cœurs et les corps; être médiateur de tendres unions; faire commerce de marchandise amoureuse; négocier en faveur des amants; battre la caisse pour enrôler sous les étendards de Vénus; maquereller; prostituer.

LENOCINAMENTUM, i, n. Voy. LENOCINIUM.

LENOCINATOR, oris, m. Voy. LENO.

LENOCINE, adv. Lamprid. En maquereau; à la manière des pourvoyeurs d'amour; en courtier de Vénus; par maquerellage.

LENOCINIUM, ii, n. Cic. Trafic d'esclaves. Ou: conciliation de volontés en amour; intendance de plaisirs amoureux; trafic d'union de cœurs et de corps; charge de pourvoyeur de Vénus; médiation entre les amants; commerce de sujets de plaisirs amoureux; emploi d'appareilleur d'amants; courtage de plaisir; négociation en faveur des amants; office d'entremetteur d'amour; négoce de marchandise amoureuse; commerce de prostitution. Ou (Sueton.): coquetterie; air coquet; soin excessif de se parer; afféterie; affectation dans la propreté; manière affétée.

LENONICE, adv. Voy. LENOCINE.

LENONIUS, a, um. Plaut. Qui concerne les marchands d'esclaves. Ou: qui concerne les ministres des plaisirs amoureux.

LEPUS, oris, m. Ter. Qui est, comme le lièvre, tantôt mâle, tantôt femelle; qui se laisse Ganymédiser. Ou (Ovid.): le lièvre qu'on fait lever pour le mener au gîte. Ou (Plaut.): Terme de caresse amoureuse.

LESBIO, as, are. Aimer à la manière de Sapho; vouloir imiter les hommes dans les caresses qu'on fait aux belles personnes de son sexe; tribader151.

LEVIS. Homme efféminé, qui prend soin de son corps comme une femme; qui se fait épiler pour qu'on se méprenne à la douceur de sa peau, et pour mieux jouer le rôle de femme.

LIBIDINES IN ALIQUO FACERE. Catull. Soumettre quelqu'un au dérèglement de ses passions152.

LIBIDINOR, aris, ari. Polissonner; s'abandonner à la débauche.

LIBIDINOSUS, a, um. Débauché; libertin, tantôt impudique, et tantôt voluptueux.

LIBIDO, inis, f. Passion; désir; volonté; fantaisie; débauche.

LIGURIRE NATURAM CAPRIS. Suet. Employer sa langue à découvrir la propreté de la nature de nos chèvres153.

LIMARE CAPUT CUM ALIQUA. Plaut. Donner à une personne et en recevoir coup sur coup des baisers affectueux; s'entrebaisotter. Ou: joindre de près une belle; se frotter avec elle.

LINGERE CUNNUM. Voy. LIGURIRE et CUNNILINGUS. Fantaisie ultramontaine et Florentine: les Français ont le cœur trop faible pour s'y livrer aussi fréquemment que les Italiens. Selon Martial, Eryx, fils de Vénus et de Butis, en est mort; mais les mythologistes prétendent qu'Hercule l'a tué, ce qui est bien différent.

LINGUA MALA. Mauvaise langue, en terme ordinaire. Ici, cela veut dire une langue impudique, lubrique. Voy. LAMBERE MEDIOS VIROS.

LINGUA MARITUS. Martial. Langue qui entreprend sur les droits d'un mari, d'un amant.

LONGANO, onis, m. Varr. L'intestin rectum, que les Italiens appellent budel gentile. Pourquoi cela? je m'en rapporte. Le boyau culier; le gros boyau154.

LONGANON, is, m. Veget. LONGANUM, i, n. Voy. LONGANO.

LUCUS HUMIDUS. Plaut. Le bosquet que l'Amour a soin d'arroser.

LUDERE, EDERE, BIBERE. Hor. Boire, manger, dormir à l'Hébraïque.

LUDERE IN UMBRA VOLUPTATIS. Petr. Se divertir en idée; goûter des plaisirs en imagination; s'arrêter à des voluptés imaginaires. Ou: préluder amoureusement; tâter le clavier amoureux.

LUDERE CUM ALIQUA. Petr. Badiner avec une personne; se jouer avec une belle; se divertir avec quelqu'une155.

LUMBI, orum, m. Les reins: le levier d'amour; la puissance motrice et génératrice; la source de la liqueur séminale.

LUPA, ae, f. Cic. Courtisane; fille de joie; personne de commodité.

LUPAL, LUPANAR, is, n. Juv. Lieu de plaisir; maison de commodité; retraite de débauche; bordel.

LUPANARIS, m. f., re, n. Apul. De maison de commodité; de bordel; qui concerne les lieux de plaisir.

LUPANARIUM, ii, n. Ulp. Voy. LUPANAR.

LUPANARIUS, ii, m. Lamprid. Suppôt de bordel; un souteneur; un mangeur de blanc. Ou: coureur d'aiguillette.

LUPOR, ari, dép. Accius. Courir l'aiguillette; rechercher les belles apprivoisées; mordre sur toute bête comme un chien d'amour affamé; en vouloir jusqu'aux chèvres coiffées; ne mépriser pas en amour les restes du genre humain; se plonger dans la débauche des femmes.

LUSIZONOS, i, f. Celle qui a éprouvé ce que vaut un homme; personne qui a fait expérience des talents amoureux d'un galant; fille qui a expérimenté combien un homme peut être utile au sexe156.

LUSTRO, onis, m. Catull. Chercheur de bonnes fortunes aisées; fureteur de lieux de plaisir; coureur d'aiguillette.

LUSTROR, ari, dép. Plaut. Courir l'aiguillette; fureter les lieux de plaisir; fréquenter les maisons de commodité.

LUSTRUM, i, n. Cic. Lieu de plaisir; maison de commodité; bordel.

LUXURIA, ae, LUXURIES, ei, f. La luxure; la débauche; l'impureté.

... Saevior armis Luxuria incubuit, victumque ulciscitur orbem.

(Juven.)

Le péché de luxure a son agrément, lorsqu'il n'est pas poussé trop loin.

LYZIZONA, ae, f. Fille devenue femme; celle qui a fait épreuve des bons offices mutuels que les deux sexes peuvent se rendre. Voy. LUSIZONOS.

M

MACROCAULUS, MACROCOLUS, i, m. Piquier dans le régiment de Vénus; lancier en la milice d'Amour; un longue-queue.

MAENADES, dum, f. C'étaient des espèces de prêtresses de Bacchus ou de Priape, qui, dans les fêtes de Cérès, ou de la Bonne Déesse, ou d'Isis, contrefaisaient peut-être ensemble, par chasteté, les mystères de l'amour, comme les philosophes Socratiques les contrefaisaient entre eux, par sagesse. Il résultait de tout cela que de l'imitation on voulait venir à la réalité, et que, sortant des mystères, les Ménades ou les Bacchantes couraient après les hommes, ululabant Priapum, avec une fureur qui écartait tout le monde. Aussi, ne trouvant personne à qui parler, on assure qu'elles sollicitaient les animaux.

MALA, orum, n. Priap. Ce sont les petites pommes de l'arbre de vie. Ève en fut gourmande, et ses descendantes ont conservé le même appétit pour ce fruit. Voy. COLEUS, TESTES.

MAMMA, ae, f. La mamelle; le sein d'une femme; la pomme d'amour. Mamilla est le diminutif; le terme est plus joli, mais la chose vaut mieux dans une belle et juste proportion. Mamilla se prend aussi pour la fraise ou le bouton qui couronne le sein d'une femme. Mamma inclinata: pendard.

MANGO, onis, m. Mart. Un maquignon; un Mercure procureur d'amourettes; intendant de sérail; directeur des menus plaisirs de la cour de Cythère.

MANUS PULLARIA, PROTERVA. Main libertine ou officieuse, qui rend à d'autres le service qu'on peut se rendre à soi-même. La jeune amie d'Ovide ne lui refusait pas cet aimable service:

Hanc etiam mea non est dedignata puella Leniter admota sollicitare manu.

La main d'une belle femme a produit des miracles, et rajeuni des vieillards dont le cœur toutefois n'était pas mort:

Illius ad tactum Pylius juvenescere possit, Tithonusque annis fortior esse suis.

(Ovid.)

MARISCA, ae, f. Mart. (Subaud. FICUS). Voy. CHIA157.

MASTRUPATOR, oris, m. Mart. Voy. MASTUPRATOR.

MASTRUPOR, ari, dép. Mart. Voy. MASTUPROR.

MASTRYLLIUM, ii, n. Voy. LUPANAR.

MASTUPRATOR, oris, m. Mart. Assassin d'hommes informes; qui se passe de femme parce qu'il a cinq doigts à chaque main; celui qui se conduit par la main au plaisir; qui trouve une femme dans sa main; qui se joue à soi-même158. (En cas que ce mot soit composé de manus et de stupror: car s'il est fait de mas et de stupror, il signifie un Ganymédiseur; un puériseur; celui qui emploie dans ses plaisirs un sexe pour l'autre; qui métamorphose des garçons en filles; un bougre.)

MASTUPROR, ari, dép. Mart. Assassiner des hommes informes; se passer de femme parce qu'on a cinq doigts à chaque main; trouver une femme dans sa main; se jouer à soi-même; conduire au plaisir par la main (soi ou un autre); clitoriser. Cette signification n'est qu'en cas que ce verbe soit composé de manus et de stupror: car, si on le dérive de mas et de stupror, il signifie Ganymédiser; puériser; métamorphoser des garçons en filles; faire emploi d'un sexe pour l'autre dans ses plaisirs159.

MASTURBATOR, oris, m. Mart. Qui devient mari de sa main; ou: qui conduit au plaisir par la main. Voy. MASTUPRATOR.

MASTURBATUS, a, um. Mart. Qui est devenu le mari de sa main; qui a été conduit au plaisir par la main; qui s'est amoureusement chatouillé pour se faire rire; qui s'est joué soi-même; qui a trouvé une femme dans sa main. Ou: clitorisé.

MASTURBO, are, MASTURBOR, ari, dép. Mart. Voy. MASTUPROR.

MATRIMONIUM, ii, n. Honnête concubinage ordonné par des lois et fondé sur des conventions entre hommes et femmes, qui presque toujours s'en repentent. Les Anciens en usaient avec encore plus d'appareil que les Modernes. Ils avaient une multitude de dieux, grands et petits, qui présidaient à toutes les cérémonies du mariage. Quand la fille avait engagé sa foi, les matrones la conduisaient au dieu Priape et la faisaient asseoir sur le membre énorme de ce dieu: là, on ôtait la ceinture de la jeune mariée, et l'on invoquait la déesse Virginensis. Le dieu Subigus soumettait la fille aux transports du mari. Le déesse Prema la contenait sous lui pour l'empêcher de remuer à contre-temps. Enfin la déesse Pertunda, ou Perforatrice, ouvrait à l'homme le sentier de la volupté. Dans les Indes, ce sont les prêtres qui se sont emparés de cette fonction divine. D'autres dieux et déesses présidaient aux travaux de l'enfantement; mais ici il ne s'agit que du plaisir, et non de la peine qui le suit.

MELLINA, ae, f. Plaut. Le cabaret où l'Amour enivre les hommes; le lieu où l'on goûte ses douceurs.

MEMBROSUS, a, um. Priap. Membrosior aequo Priapus: bien fourni de la pièce essentielle au jeu d'amour: puissant plus que l'homme n'a coutume de l'être.

MEMBRUM, i, n. Il y a beaucoup d'épithètes à ce mot. Voy. MENTULA.

MENTULA, ae, f. Mart. Le sceptre d'amour160; le bâton de commandement dans la milice amoureuse; le flambeau de Cupidon; le poisson de Vénus; l'arc-boutant de Nature; le coutre de la charrue d'amour; le serpent tentateur; le pilon du mortier amoureux; la lardoire et le lardon dont fait piquer sa viande Cupidon; le pinceau qui redonne la couleur aux filles; le chalumeau dont l'Amour se sert pour enfler son ballon; le hoyau des jardins de Vénus; le bourdon des pèlerins amoureux; ce qui n'est qu'une ligne droite et fait pourtant les cornes aux cocus; le ciseau des sculpteurs d'amour; le refouloir des canonniers de Vénus; l'aiguillon de la volupté; le prototype des chevilles; la clef du cabinet de la mère d'Amour; l'instrument que l'Amour emploie à faire un étui pour les âmes; la quille, le mât et le gouvernail des vaisseaux amoureux; la lame que Vénus aime bien au fourreau; le hochet des amours; le plongeon de Vénus; le battant de la cloche amoureuse161.

MENTULATUS, a, um. Plaut. Qui est pourvu d'un grand persuasif en amour; qui est avantageusement partagé en faveur des dames; qui est bien fourni, doué par la Nature de magnifiques talents pour le service des belles; qui a de quoi servir le sexe à bouche que veux-tu; qui a une ample garniture amoureuse; que Nature a libéralement fourni à l'usage des dames, bien entalenté pour le sexe.

MERENDUM (AD) A LENONE COGI. A. Gell. Être forcé par un marchand d'esclaves à s'attirer les caresses du public par sa complaisance.

MERETRICATIO, onis, f. Voy. MERETRICIUM.

MERETRICIE, adv. Plaut. En courtisane; en coquette outrée; à la manière des filles de joie; d'un air de garce; en putain.

MERETRICIUM, ii, n. Suet. Coquetterie outrée; profession de courtisane; métier de fille de joie.

MERETRICIUS, a, um. Cic. De coquette outrée; de fille de joie; de courtisane; de fille de commodité; de putain.

MERETRICOR, ari, dép. Colum. Fréquenter les maisons de commodité; hanter les lieux de plaisir.

MERETRICULA, ae, f. Cic. Diminutif de MERETRIX.

MERETRIX, icis, f. Coquette outrée; courtisane; fille de commodité; fille commode; fille de joie; garce; putain; débauchée; fille d'amour162.

MERITORIUS PUER. Cic. Jeune mignon qu'on entretient dans la vue de s'en servir à sa fantaisie; un Ganymède.

MERITORIA TABERNA. Suet. Maison de commodité.

MERITORIA SCORTA. Suet. Personnes qui s'attirent les bonnes grâces par des complaisances sans réserve.

MOBILIS, m. f., e, n. Cet adjectif est pris dans un sens assez lubrique par Ovide au second livre des Amours, où il parle du mérite des femmes et soutient que celle dont la démarche est hardie, agaçante, doit procurer sur un lit la plus voluptueuse agitation:

Sive procax aliqua est, capior, quia rustica non est, Spemque dat in molli mobilis esse thoro.

MOECHA, ae, f. Femme mariée qui se livre aux désirs de tous les hommes qui lui font la cour; femme adultère; impudique, infidèle.

MOECHISSO, are. Entretenir un commerce adultère; pondre dans le nid d'autrui; cocufier son voisin, son ami, son parent.

MOECHOCINAEDUS, i, m. Lucil. Le mignon du mari et de la femme; celui qui rend à la femme ce que lui prête le mari; celui qui souffre du mari les caresses qu'il fait à la femme.

MOECHOR, ari, dép. Violer le lit nuptial; déchirer le contrat de mariage.

MOECHUS, i, m. Mari débauché, qui porte à la femme d'autrui ce qui n'appartient qu'à la sienne; adultère.

Fundum alienum arat: incultum familiarem deserit.

(Plaut.)

Semitarii moechi: libertins, coureurs de filles dans les carrefours et les places publiques.

MOLLES MARES. Hommes efféminés qui se prostituent à d'autres hommes; Ganymèdes, etc. Le synonyme de mollis serait le mot facilis. Voy. PATHICUS.

MOLO, is, ere. Petr. Moudre amoureusement163.

MONETA, ae, f. Le lieu où se frappe la monnaie d'amour; la pièce avec laquelle les femmes se font battre monnaie.

MORARI GAUDIA, vel sustinere sese in gaudiis. Ovid. Suspendre, arrêter, prolonger le plaisir et la volupté d'une jouissance. C'est un talent heureux, et auquel les amants délicats et bien constitués savent se livrer. Ovide prétend qu'il faut avoir sept lustres, ou trente-cinq ans, pour bien savourer le plaisir des sens; mais cela dépend d'une constitution plus ou moins forte.

MORDERE LABELLA. Catull. Sorte de caresse amoureuse imitée des oiseaux, qui se mordent bec en bec dans leurs transports érotiques. La marque qui reste quelquefois de cette morsure ne fait pas plaisir aux dames.

MORIGERARI ORE ALICUI. Suet. Livrer sa bouche aux plaisirs de quelqu'un; accommoder quelqu'un de sa bouche164.

MORIGERARI SIBI CUM ALIQUA. Plaut. Se divertir avec une belle; se donner du plaisir avec une personne; se satisfaire avec quelque belle; trouver une personne complaisante à tout ce qu'on veut d'elle; ne se refuser rien auprès d'une personne.

MORSIUNCULA, ae, f. Voy. NOTA MEMOR.

MOTUS IONICI. Mouvements gracieux perfectionnés par les filles d'Ionie:

Motus doceri gaudet Ionicos Matura virgo, et fingitur artubus.

(Horat., od. 6, l. III.)

MUGILIS, is, m. Muge ou mulet: c'est un poisson vorace que l'on appliquait, à Athènes, au fondement d'un homme surpris en adultère. Ce genre de supplice devait être cruel, en raison de la force de l'animal. On épilait aussi le derrière de ces criminels avec de la cendre chaude, ou on leur enfonçait un raifort dans le fondement. La jalousie conjugale a inventé tous ces supplices, dont il est parlé dans Catulle et Juvénal.

MULIEBRIA, ium, n. Quintil. Ce que les dames aiment à souffrir165.

MULIEBRIA PASSUS A CENTURIONE ADOLESCENS. Quintil. Jeune garçon qui a souffert qu'un capitaine l'enrôlât au nombre des femmes.

MULIEBRIA, ium, n. La principale, et peut-être l'unique chose qui fait considérer les femmes dans le monde166.

MULIEBRE BELLUM GERERE. Cic. Combattre une aimable ennemie; faire la douce guerre.

MULIERO, are. Varr. Employer en guise de femme: faire servir de femme; métamorphoser en femme.

MUSAEUS, i, m. Auteur de livres lubriques. Voy. ELEPHANTIS.

MUTINUS, i, m. Le dieu Priape, ou son arme.

MUTO, onis, m. Hor. Le membre par excellence.

MUTONIATUS, a, um. Mart. Voy. MENTULATUS.

MUTONIUM, ii, n. Le coin des charpentiers naturels.

MUTONUS, MUTUNUS, i, m. Solin. Voy. MUTINUS167.

MYSTAE, arum, m. Les prêtres de Priape et de Bacchus. On peut voir par là combien leur ministère était utile et respectable. Les prêtres ont été partout les ministres de la débauche et du mensonge.

N

NASUTUS BENE, vel bene mentulatus. Bien fourni d'un instrument qui fait plaisir aux dames; bien savant dans l'art de la luxure.

NATES MOVERE. Remuer les fesses: mouvement très naturel pendant la durée du plaisir amoureux. Pastas glande nates habere: se livrer au plaisir contre nature.

NATURA, ae, f. Se prend pour les parties naturelles des femmes comme des hommes.

NECESSARIA, ae, f. Cic. Amie intime; bonne amie; personne qui est de moitié dans nos plaisirs.

NEQUITIA, ae, f. Petites folies amoureuses; badinages lascifs; débauche; vie déréglée; fredaines de la jeunesse. Martial prétend que les habitants de l'Égypte les connaissaient mieux que les autres peuples du monde. Juvénal les appelle lasciviam et improbitatem Veneream.

NOLANI ORE MORIGERANTES. Fantaisie en amour à laquelle les habitants de Nole étaient fort adonnés. Voy. les mots ILLUDERE FOEMINARUM CAPITIBUS, et ORE MORIGERARI. Les Osques et les habitants de la campagne de Rome connaissaient ce genre de volupté. Les Florentins en ont un autre, et rendent aux femmes avec la langue le plaisir que celles-ci cherchent à donner aux hommes avec la bouche. Ces sortes de voluptés servent à diversifier une action qui deviendrait fastidieuse par son uniformité.

NOTA MEMOR. Hor. Suçon amoureux.

NOTA VIRILIS. Caractère spécifique du sexe masculin.

NUPTIAE TURPES, SPONSAE TURPES. Juv. Mariage d'un homme avec un homme. Les Romains avaient poussé jusque-là le dérèglement des passions. Rome et Sodome depuis longtemps sont synonymes. En outre, les Romains couchaient sans scrupule avec de jeunes esclaves fruits de leurs amours: cela s'appelait injustae nuptiae et illegitimae.

O

OBSCENA, orum, n. Tout ce qui est contre la pudeur et l'honnêteté des mœurs est obscène et bon à cacher. Obscena pars, la partie obscène et que les dames ne voient pas sans rougir.

OFFENDERE BUCCAM. La même chose que ORI ILLUDERE, MORIGERARI.

OFFICIUM, ii, n. Cic. Ce que l'on appelle le devoir, le bon office amoureux168.

OPUS JUVENILE. Travail d'amour, dont on se charge volontiers quand on est jeune. Voy. CONCUBITUS. Opus dulce (Ovid.): la douce affaire, l'occupation la plus gracieuse de la vie.

ORTHOPHALLICUS, a, um. Varr. Qui se tient droit comme un Priape de noce.

ORTHOPHALLUS, i, m. Priape en belle humeur; un Priape de noce.

OS, oris, n. La bouche. Elle ne devient obscène que par l'abus qu'on en fait en la prêtant aux plaisirs de l'amour. Voy. MORIGERARI ORE. Martial prétend qu'avec la bouche on ressuscite le physique d'un homme usé par la jouissance ordinaire:

Quid miseros frustra cunnos culosque lacessis? Summa petas: illic mentula vivit anus.

OSCULUM, i, n. Petite bouche qui donne grand appétit; préliminaire du jeu d'amour; charmant badinage; baiser: le plus innocent, le plus aimable des plaisirs amoureux. Oscula delibare, dare, adfigere alicui: donner et prendre des baisers; cueillir des baisers sur une bouche vermeille. Jungere salivas oris: s'embrasser étroitement.

Oscula cognosco cupidae; luctantia linguae,

dit Ovide; et c'était un grand maître, à qui tous les jeux d'amour étaient si bien connus, qu'il en a pu donner la leçon à qui voudrait en profiter.

P

PAEDERASTES, ae, m. Pédéraste; puériseur; qui aime à caresser les jeunes garçons169.

PAEDERASTIA, ae, f. Pédérastie; amour désordonné pour les jeunes garçons; l'art subtil des Italiens170.

PAEDEROS, otis, m. Voy. PAEDICO.

PAEDICATIO, onis. Voy. PAEDERASTIA.

PAEDICATOR, oris, m. Suet., PAEDICO, onis, m. Catull. Pédéraste; puériseur; qui aime à caresser désordonnément les jeunes garçons; qui exerce l'art subtil des Italiens; Gomorrhiste, bougre, Ganymédiseur171.

PAEDICO, are. Mart. Puériser; exercer l'art subtil; Ganymédiser172.

PAEDISCA, ae, f. Servante qu'on emploie à tout; une domestique dont on fait litière; servante caressée par son maître173.

PAEDISCIUM, ii, n. Voy. LUPANAR.

PAEDOMANES, is, m. Éperdument porté à l'amour des jeunes garçons; qui aime les jeunes garçons à la folie.

PAEDOMANIA, ae, f. Amour désordonné pour les jeunes garçons.

PAEDOPHTHORIA, ae, f. Corruption de jeunes garçons.

PAEDOPHTHORUS, i, m. Qui débauche les jeunes garçons; corrupteur de jeunesse; puériseur.

PAEDOPOEIA, ae, f. Génération des enfants.

PAEDOPOEUS, i, m. Qui fait des enfants.

PAEDURGIA, ae, f. Le travail qui fait des enfants; l'exercice de la génération; la manière de faire des enfants.

PAEDURGUS, a, um. Qui travaille à faire des enfants; qui s'exerce à la génération; qui fait des enfants174.

PALAESTRA, ae, f. Cic. Magasin de pourvoyeur d'amour; lieu de plaisir; maison de commodité: académie d'Amour; collège de Vénus175.

PALAESTRICA, ae, f. Petr. Femme qui donne des leçons de lutte; celle qui forme aux exercices du corps et de l'esprit les personnes qu'elle veut rendre agréables; maîtresse d'académie galante.

PALPATIO, onis, f. Plaut. Patinage; patinement176.

PALPATOR, oris, m. Plaut.; PALPO, onis, m. Pers. Patineur.

PALPATUS, a, um. Patiné177.

PALPO, are. Juv.; PALPOR, ari, dép. Hor. Patiner178.

PALPARI MULIERI. Plaut. Caresser une femme. Ou: Sonder le cœur d'une femme.

PALUS RUBER. Un pieu; un pal plus humain que ceux dont on se sert en Turquie. C'est un instrument dont le dieu des jardins est toujours armé. Voy. MENTULA.

PANNUCEA MENTULA. Hochet dont les jeunes filles ne peuvent plus faire usage; instrument hors de service, flétri, ridé.

PAPILLA, ae, f. Le mamelon; la fraise qui termine le sein d'une femme; les mamelles. Carpere papillas, cueillir les pommes d'amour; mettre la main sous le mouchoir des belles.

Forma papillarum quam fuit apta premi!

(Ovid.)

PARATUS, a, um. Prêt à faire plaisir aux dames.

PARCERE LATERI. Juv. Faire le paresseux; dormir auprès d'une femme, au lieu de s'occuper à lui faire plaisir.

PATENS, tis, omn. gen. Ouvert. En amour il ne faut pas être trop ouvert.

PATHICUS, i, m. Juv.; PATHICUS, a, um. Juv. Qui souffre qu'on le Ganymédise; qu'on emploie à l'office amoureux de Ganymède179.

PATHICA PUELLA. Priap. Jeune fille qu'on Ganymédise; une jeune enfant qu'on fait servir de Ganymède; fille dont on se sert comme d'un jeune garçon qu'on emploie pour une fille.

PATHICISSIMUS, a, um. Mart. Qui se souffre employer à tout ce que peut demander une passion déréglée.

PATIENTIAE MULIEBRIS LEGEM ACCIPERE. Petr. Supporter les fatigues où le beau sexe s'expose lorsqu'il entre dans la milice amoureuse.

PATI CONCUBITUS. Ovid. Souffrir les caresses du lit180.

PATI TANGI. Ovid. Se laisser patiner; se souffrir manier; vouloir bien être tâtonnée.

PATRANS, tis, omn. gen. Pers. Qui fait ce qu'on appelle faire; qui travaille à l'ouvrage naturel; qui fait l'action.

PATRANS OCELLUS. Pers. Un œil mourant de plaisir.

PATRATIO, onis, f. Cornut. L'accomplissement de ce qu'on appelle l'action; le travail amoureux; l'exercice de Vénus.

PATRATOR, oris, m. Tac. Un faiseur; un artiste amoureux.

PATRO, are. Sall. Ce qu'on appelle faire; se mettre à l'ouvrage naturel; s'exercer au travail amoureux; faire l'action.

PECULIO, are. Entrer au petit magasin d'amour; jouir amoureusement.

PECULIUM, ii, n. Petr. Le magasin d'amour et sa marchandise.

PECULIUM PROLATUM. Petr. Marchandise amoureuse étalée.

PECULII MAJORIS HOMINES. Lampr. Les hommes les mieux fournis; les substituts de Priape.

PELLEX, icis, f. Fille commode; concubine; femme entretenue; femme galante dont la physionomie et les grâces attirent les hommes.

PELLICATUS, us, m. Concubinage.

PENIS, is, m. Cic. La queue des animaux, tant raisonnables qu'irraisonnables181.

PENI DEDITI ADOLESCENTES. Cic. Jeunes gens qui s'en prennent à eux-mêmes quand la passion les presse182.

PENSILIA, ium, n. Priap. Le paquet d'amour; l'aiguille et les contrepoids de l'horloge amoureuse183.

PERAGERE VIRUM AUT MULIEREM. Jouir d'un homme ou d'une femme; se prêter aux désirs amoureux.

PERCIDO, ere; PERCISUS, a, um; PRAECIDO, ere; & PRAECISUS. C'est à peu près la même signification que perforare, mais il s'applique aux hommes plutôt qu'aux femmes. Puer percisus, virgo perforata, sont deux individus violés, chez qui l'on est entré de force.

PERDEPSO, is, ere. Catull. Pétrir vigoureusement dans le pétrin naturel.

PERDUCO, ere. Conduire une femme contre sa volonté chez un amateur; la tromper; la produire contre son intention.

PERDUCTATIO, onis, f. Maquerellage.

PERDUCTATOR, oris, m. Voy. PERDUCTOR.

PERDUCTO, are. Plaut. Maquereller.

PERDUCTOR, oris, m. Cic. Courtier d'amour; pourvoyeur de Vénus; maquignon de plaisirs; appareilleur de cœurs; conciliateur de volontés amoureuses.

PERFICIO, is, ere. Jul. Cap. Achever une besogne qu'on voudrait toujours recommencer.

PERFORO, are. Entrer de force; faire un trou plus grand qu'il n'était; dépuceler; jouir amoureusement. Le dieu des jardins menaçait les voleurs de tout sexe de leur faire subir cette peine: aussi était-il souvent volé.

PERIRE MULIEREM. Ces deux mots sont marqués dans le Dictionnaire de Danet pour être de Plaute. Ils n'en sont pas; mais ils se trouvent dans le premier vers de l'argument acrostiche du Truculentus de Plaute. Ces arguments acrostiches des comédies de Plaute sont ordinairement attribués à Priscien, qui aurait fait une faute dans cette construction, s'il avait entendu se servir de perire dans le sens ordinaire. Il a prétendu rire, et, pour cadrer à son jeu, il a fait un verbe de per et de ire, aller au travers: pour peu qu'on y ait été en sa vie, on entendra bien ce que signifie perire mulierem184.

PERMOLENDUS, a, um. Plaut. A qui il faut faire broyer le vermillon de Vénus.

PERMOLITOR, oris, m. Plaut. Qui moud et fait moudre amoureusement sous soi.

PERMOLO, is, ere. Hor. Moudre et faire moudre amoureusement sous soi; broyer le vermillon de Vénus185.

PERPELLO, ere. Ter. Faire tomber à la renverse sans risque de blessure186.

PERPULIT MIHI PUDICITIAM PRIMUS. Plaut. Il m'a dépucelée; il a eu mon pucelage; il a eu ma fleur; il est le premier qui m'ait entamée.

PERTUNDA, ae. La déesse qui présidait à l'attaque d'un pucelage; la présidente au premier assaut nuptial187.

PHALLAGOGIA, orum, n. Les fêtes de Bacchus et de Priape.

PHALLICA, orum, n. Les mystères de Bacchus et de Priape.

PHALLICUS, a, um. Qui concerne le laboureur du champ de Nature; ou: qui concerne le symbole de la fécondité de la Nature.

PHALLICUM CARMEN. Hymne, poème, chanson à la louange de l'instrument de la vie animale, qu'on chantait aux processions en l'honneur de Bacchus, de Priape ou d'Osiris.

PHALLOPHORI, orum, m. Cic. Ceux qui portaient la représentation du dieu Priape, ou du laboureur naturel, à la procession des fêtes d'Osiris en Égypte, et à celle des fêtes de Bacchus et de Priape à Athènes; ou: ceux qui portaient ce symbole de fécondité pendu au col dans le temps de la célébration de ces fêtes188.

PHALLOPHORIA, orum, n. Procession en Égypte aux fêtes d'Osiris, et à Athènes aux fêtes de Bacchus et de Priape, où le symbole de la fécondité naturelle était porté en pompe au bout d'un bâton.

PHALLOPOTES, ae, m. f. Jul. Cap. Qui boit dans un Priape de verre, ou d'autre matière189.

PHALLOVITROBOLUS, i, m. Jul. Cap. Priape de verre qui sert de tasse.

PHALLUS, i, m. Figure du laboureur naturel, faite de bois de figuier, que portaient pendue au col ceux et celles qui célébraient en Égypte les fêtes d'Osiris, et à Athènes celles de Bacchus et de Priape, et qu'on portait aussi en pompe au bout d'un bâton aux processions qui se faisaient alors190.

PHICIDISSO, are. Suet. Employer de jeunes chiens à lécher les testicules. Ce mot vient du Grec.

PHOENICISSO, are. L'une des hérésies des libertins. V. le mot LIGURIRE NATURAM MULIEBREM, et celui DEMITTERE CAPUT; c'est la même chose que Lesbiare. Les Phéniciens différaient des Lesbiens, en ce que les premiers se rougissaient les lèvres pour mieux imiter l'entrée du sanctuaire de l'amour: les Lesbiens, au contraire, n'y mettaient d'autre fard que l'empreinte des libations amoureuses qui les rendaient blanches: demisso labra notata sero (Catull.). Chaque peuple et chaque individu a son goût favori en amour, et il n'y a rien dont un homme usé de débauche ne s'avise pour ranimer la langueur de ses sens. Mais autant de tentatives de ce genre, autant de pas faits vers la mort, ou l'imbécillité, qui est un état plus affreux.

PHORMISIUM, ii, n. Voy. CUNNUS.

PHYSSIONUS, a, um. Pour qui la Nature a été prodigue, ou avare, selon les besoins qu'en ont les deux sexes dans les plaisirs mutuels.

PIPINNA, ae, f. Joli diminutif d'un nom qui ne manque pas de synonymes. Nous avons en Français le même nom, à peu de chose près. Voy. MENTULA.

PODEX, icis, m. C'est le contraire de cunnus; mais il y a des gens qui se plaisent à rapprocher les contraires, et pour qui tout est bon, lorsqu'ils sont tourmentés du désir charnel. Une chose singulière, c'est que chaque homme tient à la partie qu'il préfère avec beaucoup d'obstination, et qu'il est presque impossible de convertir un hérétique en amour. Synonyme: luteum symplegadis antrum.

POLLA, ae, f. Mart. Il paraît que les commentateurs et les lexicographes Latins n'ont pas connu la signification de ce mot, qui doit avoir de l'analogie avec MENTULA.

POLLUO, ere. Tacher son linge ou celui d'autrui; tuer des hommes avant leur naissance; tromper la nature; abuser de sa main, de ses doigts, ou de la bouche de quelques gens commodes; céder trop vite à ses désirs; y succomber trop tôt.

POLYGITON, onis, m. Archibougre; archilibertin; dictateur en crapule, en Sodomie.

POMUM, i, n. Voy. COLEUS.

PONDUS, eris, n. Hor. Le poids de la virilité; le paquet d'amour191.

POPPYSMA CUNNI. Le cliquetis des armes de Cupidon, lorsque le dard remue dans le fourreau naturel. C'est, pour la bouche, le sifflement du baiser, le bruit qu'on entend quand deux amants s'embrassent bien tendrement.

Notes in this chapter

Note 1 · Voyez AGABULA, LENO.Note 2 · Une tension douloureuse et continue dans la partie reproductive de l'espèce humaine.Note 3 · Ou, plutôt, mauvais lieu que le plaisir n'habite jamais, et où le mal habite toujours.Note 4 · Épicurienne qui laisse à qui les veut les peines et les tourments du mariage, mais qui s'en procure les plaisirs.Note 5 · Ou même la mort. Les vieillards sont comme les convalescents: l'usage des plaisirs amoureux les tue ou les rend imbéciles.Note 6 · Comme les gens de Cour sont au-dessus des préjugés, c'est pour cela qu'elles y abondent.Note 7 · Badiner, folâtrer avec une fille de joie.Note 8 · Bonne amie à qui il ne manque que le contrat matrimonial pour être une femme parfaite.Note 9 · En Français, le mot amateur équivaut à libertin: un friand de jeunes tendrons.Note 10 · Si les divinités des Assyriens avoient des temples en France, nos jeunes filles n'auraient pas les pâles couleurs.Note 11 · Mort anticipée.Note 12 · Qui a de grands moyens de plaire au beau sexe.Note 13 · Si ce mot n'est pas propre, au moins il est expressif.Note 14 · Et qui est propre à tous les hommes.Note 15 · Coquine.Note 16 · Dont le lit est un lit de repos.Note 17 · Le code criminel d'Athènes méritait aussi d'être réformé.Note 18 · Voy. BALLIO.Note 19 · L'aqueduc d'amour.Note 20 · Bulgare.Note 21 · Hérétique en amour.Note 22 · Heureux qui peut ainsi faire, car les jeunes doivent bien trouver leur compte avec un tel homme. Le mot arrigere s'emploie presque toujours Note 23 · Homme dangereux, qui ne fait rien qu'à rebours du bon sens.Note 24 · Deviner le moment de la faiblesse des dames.Note 25 · Cela se dit plutôt des animaux que des hommes.Note 26 · Novice qui ne connaît rien aux plaisirs de l'amour.Note 27 · La caresser.Note 28 · Par une erreur bien volontaire.Note 29 · Négociant en jeunes filles.Note 30 · Esprit-de-vin évaporé contre l'intention de la Nature.Note 31 · Rien n'est plus dangereux que ces remèdes aphrodisiaques. Ils conduisent à l'impuissance par le plus court chemin.Note 32 · C'est un plaisir qu'on n'a pas toujours le pouvoir de se procurer et qui n'en est que plus piquant lorsqu'on l'éprouve.Note 33 · La chambrette des délices.Note 34 · Des religieux Asiatiques, par esprit de pénitence, se mettent au gland un anneau assez lourd pour empêcher l'effet des désirs charnels.Note 35 · Et mérite par conséquent leur juste indignation.Note 36 · Octave, qui depuis fut appelé Auguste, passe pour avoir joué ce rôle auprès de César, qui, par reconnaissance, l'adopta. Les Romains, avant Note 37 · Heureux qui les casse!Note 38 · Le passe-partout du jardin de Cypris.Note 39 · Les gens à tempérament regardent cet exercice comme aussi nécessaire que celui de boire et de manger; et souvent ils ne considèrent les femmNote 40 · Gratter à la porte du palais d'amour.Note 41 · Venus Coa: femme débauchée, libertine à table. In triclinio Coa, in cubiculo Nola.Note 42 · Si toutefois on dérobe un plaisir consenti par les deux personnes intéressées à ce plaisir.Note 43 · Connaître est alors synonyme avec posséder et jouir.Note 44 · Coliphia: c'était le pain dont se nourrissaient les athlètes. On croit qu'il était de même sorte que la béquille du Père Barnaba, et qu'on yNote 45 · La clef de toutes les serrures féminines.Note 46 · Ou, par périphrase, humida dare oscula pugnantibus linguis. Tibull. S'embrasser de tout cœur.Note 47 · Comprimere patronam, mettre une femme en presse.Note 48 · L'étreinte la plus douce, le moment où deux corps ne font qu'un.Note 49 · Duègne qui trahit son maître pour contenter sa maîtresse, et vice versa.Note 50 · Synonymes: concuba, concubia, succuba, pellex.Note 51 · Qui n'est point sa femme par contrat notarié.Note 52 · Ganymède. Voy. CATAMITUS, PULLUS.Note 53 · Concubitus quaerere: désirer, rechercher le plaisir amoureux.Note 54 · Forcer la garde du palais d'Amour.Note 55 · Posséder à deux les faveurs d'une belle.Note 56 · Être bien d'accord ensemble.Note 57 · On croit qu'il se prend plus particulièrement pour la posture qu'adopte la femme quand elle se met sur l'homme pour ne pas avoir le dessous;Note 58 · La carte des pays bas.Note 59 · Qui se livre aisément.Note 60 · Tout cela est aboli, en France, avec les droits de fiefs.Note 61 · Lingua maritus (Martial.)Note 62 · Il y a des hommes qui leur envient ce nom. On dit que les chiens deviennent enragés à force de s'occuper de cet ouvrage: mais il faut l'êtreNote 63 · Anneau trop grand pour le doigt.Note 64 · EPIGRAMMA JOANNIS SECUNDI Dicite, grammatici, cur mascula nomina cunnus. Et cur foemineum mentula nomen habet? Sic ego, sic aliquis seniorNote 65 · Ce que les dames appellent «leur honneur», le «cœur» du chevalier de Boufflers.Note 66 · La partie qui distingue spécialement le sexe féminin. Nulle femme sans c.., nul homme sans v... Synonymes Latins de ce bijou: vagina, fossa Note 67 · Qui n'est pas seul possesseur de son bien.Note 68 · Axiome rejeté par les femmes, même les plus philosophes.Note 69 · Voyez la différence entre dejicere caput et demittere caput, au mot DEMITTERE.Note 70 · Voy. VORARE TENTA.Note 71 · Coureuses de nuit; chauves-souris.Note 72 · Dare. Ce verbe se prête à beaucoup d'obscénités; c'est un de ces mots commodes dans les langues, que l'on prend en bonne ou mauvaise part seNote 73 · Vitreo bibit ille Priapo (Juven.).Note 74 · Faire jouer le prépuce sur le gland.Note 75 · Bourreau des facultés viriles; destructeur d'hommes.Note 76 · Retrancher la partie spécifique du sexe masculin.Note 77 · Et dont toutes les femmes font usage dans le déduit.Note 78 · Sunamite.Note 79 · V. ci-dessous EXSORBERE VIROS.Note 80 · Rendre nul, impuissant.Note 81 · Latera exfututa: flancs mis à sec par trop de jouissance.Note 82 · Un dénicheur de vertu.Note 83 · Par excellence. C'est agir d'une manière agréable.Note 84 · Désirer ardemment le déduit.Note 85 · L'instrument de la propagation humaine.Note 86 · Les Vestales sacrifiaient au culte du dieu Fascinus, et peut-être s'en servaient-elles comme de correctif au vœu de virginité qui leur interNote 87 · Corruptrice de jeunes filles.Note 88 · Autre genre de corruption, mais contraire aux lois de la Nature.Note 89 · Se dit des femmes qui consentent à cette vilenie.Note 90 · La partie spécifique du sexe féminin.Note 91 · Mais un palliatif n'a jamais valu l'objet à remplacer.Note 92 · Paillardise secrète.Note 93 · Furta novare ignota Venere: s'égayer, se ravigoter par une jouissance nouvelle.Note 94 · Et, selon Martial, tribader.Note 95 · Martial appelle une tribade fututor foemina.Note 96 · Caressé.Note 97 · Genitalia se dit pour les parties de la génération.Note 98 · Destinée par la Nature à cet usage.Note 99 · Nos abbés, par prudence, se sont destinés à ce service: il y a trop de danger avec les jeunes.Note 100 · La posséder entièrement.Note 101 · Tuer des hommes dans leur plus tendre enfance.Note 102 · Les dieux des Anciens avaient tous les vices, et il paraît que Neptune était le patron de la bestialité.Note 103 · Hortus Cupidinis dit la même chose au singulier.Note 104 · Les médecins de cette maladie sont très faciles à trouver; c'est pourquoi rarement les femmes en meurent. Les plus honnêtes, cependant, sontNote 105 · S'amuser avec une femme par tous les bouts.Note 106 · Consacrer ses soins aux dames de qualité. Autrefois ces soins menaient à la fortune les gens de lettres et les abbés.Note 107 · Faire une brèche à la pudeur.Note 108 · C'est de l'orgueil tout pur. Il faut espérer que les femmes nobles y renonceront dorénavant, en admettant leurs inférieurs dans leur lit; caNote 109 · Faire ramasser des cerises aux jeunes gens. Inclinare exprime la même chose. Inclinare discipulos: habitude de collège dont il faut se gardeNote 110 · Cocufier.Note 111 · Vel impudicus.Note 112 · Enfonceur de porte ouverte.Note 113 · Le pont du Diable qui sépare Charybde de Scylla.Note 114 · Jouer le rôle de Putiphar avec Joseph.Note 115 · Cet expédient était nécessaire aux vieux libertins usés par la jouissance, et, lorsqu'on voyait un vieillard rechercher les femmes, irrumatoNote 116 · Se dit des hommes qui usent entre eux de cette affreuse jouissance.Note 117 · Les mystères de cette déesse devinrent ceux de l'amour et de la débauche. Le culte en fut proscrit sous le consulat de Pison et de Gabinius;Note 118 · Femmes à tempérament.Note 119 · Tante d'Opéra. Lena juventa, dans Ausone: la fraîcheur de l'âge attire les hommages.Note 120 · Accapareur de filles; marchand de chair humaine.Note 121 · Gamahucher. Les Lesbiennes sont célèbres pour avoir rendu la bouche le plus fréquent organe de la volupté. Elles employaient la langue à se Note 122 · Libido praepostera: passion bizarre des non-conformistes.Note 123 · Il est difficile de rendre proprement cette expression. Voy. LESBIO, TERERE INGUINA.Note 124 · Le gentil boyau: instrument de fantaisie.Note 125 · Folâtrer, préluder, batifoler.Note 126 · Voy. LYZIZONA.Note 127 · Tumeurs au fondement, par l'effet du libertinage contre nature.Note 128 · Un Narcisse, un Hippolyte; tout homme épris des jouissances solitaires: onanisme, et, pour les femmes, nymphomanie.Note 129 · User du Manuel des Solitaires.Note 130 · Ce sceptre amoureux a plus d'une fois procuré le trône à des mortels favorisés de la Nature: Imperium nobis mentula sola dedit. (Priap.)Note 131 · La plume de l'Amour. Voici les synonymes Latins de cette partie essentielle: Pars obscena, pars tegenda, tenta, penis, telum, columna, trabsNote 132 · Synonymes: alicaria, diobolaris, elecebra, schoenicula, scortum.Note 133 · Molitur per utramque cavernam: moudre à tout vent; ne refuser aucune proposition; entreprendre en tout sens. Molitor, dans Ausone, se distinNote 134 · Tacere, pris obscènement, veut dire la même chose.Note 135 · Le plaisir des dames.Note 136 · La distinction spécifique du sexe.Note 137 · Mutona verba: paroles obscènes en usage parmi les libertins.Note 138 · Ovide ne veut pas que l'on fasse par devoir ce qu'on peut faire par plaisir: à la bonne heure pour les maris!Note 139 · Sodomite.Note 140 · Et des Grecs.Note 141 · Jupiter est le premier qui ait eu cette fantaisie à la cour céleste, et Laïus, père d'Œdipe, l'a fait connaître sur terre. Il enleva ChrysipNote 142 · Faire l'amour à la Grecque. Il existe un distique Latin composé par un ancien poète, où, dans les premières syllabes des quatre noms propresNote 143 · Par conséquent, servante maîtresse.Note 144 · Qui s'occupe de sa postérité.Note 145 · Gymnase ou lieu d'exercice pour le libertinage.Note 146 · Maniement.Note 147 · Touché, manié.Note 148 · Manier, toucher.Note 149 · Synonymes: mollis, facilis. Sénèque nous apprend qu'on connaissait un homme de cette espèce à la manière dont il se grattait la tête: uno diNote 150 · Ne pas repousser le plaisir. Pathicus en dérive.Note 151 · Le battant de la cloche d'amour. Voy. MENTULA. Agere inter viscera penem. Juv. S'amuser au jeu contre nature.Note 152 · Disciples de Narcisse et d'Hippolyte.Note 153 · Les trois pendards masculins; les trois pièces.Note 154 · Traverser le beau sexe. Voy. PERAGERE.Note 155 · Permolere uxores alienas: caresser la femme d'autrui; pondre dans un nid qui n'est pas le sien; ensemencer un champ que d'autres labourent.Note 156 · Sur le dos, et comme il faut que tombe toute fille.Note 157 · Pertundere tunicam tentigine: sentir l'aiguillon d'amour.Note 158 · Les chevaliers de l'ordre de Cupidon. On trouvera dans Apulée le détail de ces fêtes et de ces cérémonies obscènes dont les prêtres PhallophNote 159 · On a vu plus haut que les Anciens avaient des pains de même figure.Note 160 · Le Phallus est encore adoré chez les Chrétiens par beaucoup de filles recluses, de vierges timides et de veuves qui craignent les suites desNote 161 · Voy. PENSILIA, JUDAEUM PONDUS.
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