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Au pays des pardons

RUMENGOL LE PARDON DES CHANTEURS (continued 2)

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Ils sont à jeun depuis minuit, afin de pouvoir communier à la messe d’aube. Chacun d’eux accomplit le pèlerinage pour son clan et doit rapporter à tous les siens la bénédiction de Notre-Dame. Il n’y a pas de famille dans l’île qui n’ait parmi eux son représentant, son délégué, muni des recommandations les plus expresses. Souvent on le tire au sort, à la courte paille. Son premier soin, dans la semaine qui précède le départ, est de faire visite à toute la parenté, depuis le grand-oncle jusqu’à l’arrière-petit-cousin. Tous ont à le charger de quelque « commission » pour la sainte. C’est l’aïeul qui sent que sa vue baisse et qui demande qu’elle lui soit conservée ; c’est la tante Barba qui a les « gouttes » et qui supplie qu’on l’en délivre ; c’est tonton Guillou, tourmenté par un procès, et qui compte sur la Vierge pour intervenir auprès des juges ; c’est Gaïdik Tassel, une nièce souffrante, surnommée la Trop-blanche, à cause de sa pâleur : elle se languit, à peine au seuil de ses vingt ans, d’un mal dont ni elle, ni personne ne saurait dire la cause ; mais la Vierge de Tout-Remède s’y reconnaîtra… Que d’autres vœux encore ! Et que de prescriptions, dont quelques-unes fort compliquées ! « Ce sou que voici, tu le déposeras dans le tronc de l’église ; celui que voilà, tu le laisseras tomber dans la fontaine. Garde-toi de confondre. » Ou bien : « Tu allumeras un cierge à la droite de la madone et tu noteras combien de sauts aura fait la flamme avant de brûler d’une clarté tranquille. » Bref, tout un système inextricable de rites où notre mémoire de civilisés se perdrait. L’îlien, lui, s’y retrouve aussi aisément que dans l’écheveau d’agrès de sa gabarre. Il range, il ordonne tout cela dans sa tête, avec les habitudes de méthode et de classement particulières aux matelots. Soyez assuré qu’il n’omettra aucun détail et qu’il s’acquittera point par point de la mission de confiance dont il est investi. Pour peu qu’il y manquât, il croirait commettre un sacrilège. La destinée des êtres qui lui sont chers n’est-elle pas intéressée à ces pratiques ? Et lui-même n’est-il pas le premier, du reste, à avoir foi en leur efficacité ?

On ne cite qu’un seul exemple d’îlien ayant failli. Le malheureux aimait à boire ; le démon de l’eau-de-vie le possédait. Il s’oublia dans une des tavernes du Faou, ne mit pas les pieds à Rumengol. Quand les personnes qu’il avait amenées revinrent du pardon, elles le trouvèrent dégrisé et repentant ; elles ne refusèrent pas moins de s’en retourner à son bord, et bien elles firent, car on n’entendit plus parler de lui ni de sa barque : la mer ne rendit même pas son cadavre.

Et l’Ouessantin qui me fournit ces renseignements ajoute d’un ton grave :

— Heureux encore qu’il n’ait pas attiré sur sa race de pires infortunes !

— Dans quel dessein ces femmes vous ont-elles donc accompagné, au lieu de se faire représenter par un père, un mari, un fils ou quelque cousin ?

— Hé ! prononce-t-il, — c’est apparemment qu’elles n’ont plus ni l’un ni l’autre. Ils sont nombreux à l’Ile, les foyers sans hommes ; et il se couche chaque année bien des Ouessantins dans le grand cimetière où l’on est à soi-même son propre fossoyeur !

Du geste, il me montre là-bas l’Océan, — la douce mer rose, voluptueusement étalée sur un peuple de morts…

VII

A petits coups pressés, la cloche tinte. Et c’est le signal d’un remuement universel. Des granges, des étables, de la soupente des auberges se lève une multitude en désordre, visages encore bouffis de sommeil, avec du foin dans les cheveux et des plaques de poussière dans le dos. On se débarbouille en un tour de main d’un peu d’eau puisée à l’auge de la cour. Les femmes redressent leur coiffe, tapotent leurs jupes et leur tablier. Des files interminables s’acheminent vers le sanctuaire. Il sort du monde de partout ; il en surgit des prés, il en descend des arbres même, des gros chênes nains sculptés par le temps en forme de sièges. La terre de Rumengol tout entière présente l’aspect d’un lit défait, d’une couche immense où des milliers d’êtres ont dormi ; et, des herbes écrasées, des grands foins foulés gardant l’empreinte des corps, un parfum monte qui embaume l’espace.

Çà et là des tas de cendres fument encore, pareils à des feux de bivouacs abandonnés.

En juin, saison des nuits tièdes, les paysans bretons ne font point rentrer les troupeaux, les laissent paître ou ruminer en liberté sous les étoiles, pour les reposer de l’étable. Et Rumengol, avec ses eaux vives dans son vallon accidenté, est un centre renommé d’élevage. Aussi, en ce clair matin, tous les alentours de la bourgade sont-ils comme mouchetés de taches blanches, ou rousses, ou noires. C’est par centaines qu’il faudrait nombrer les têtes de bétail éparses sur les pentes. Elles se meuvent avec la belle indolence des animaux repus ; un peu étonnées d’une telle affluence de monde dans la monotonie habituelle de leur solitude, elles appuient aux claies des barrières ou tendent par-dessus les haies d’ajonc leurs mufles emperlés de rosée, et meuglent doucement en roulant leurs gros yeux graves. Plus d’un pèlerin allonge le bras pour caresser leur poil au passage ; elles font partie du décor traditionnel de la fête. N’est-il pas écrit dans la Vie de la Vierge qu’elle enfanta le Mabik au milieu des bœufs ? Et Notre-Dame de Tout-Remède n’a-t-elle pas souci des bêtes à l’égal des hommes ?

Une année, des saltimbanques — des mécréants — dérobèrent nuitamment une vache. Ils l’avaient emmenée dans la forêt du Kranou et s’apprêtaient à l’abattre pour se régaler de sa chair, quand éclata un orage subit que rien dans l’état de l’atmosphère ne faisait prévoir. Trois coups de tonnerre retentirent, foudroyant à la fois les voleurs et l’arbre auquel la vache était attachée, mais sans causer à celle-ci le moindre dommage, bien au contraire : car, son lien ayant été rompu dans la secousse, elle put rejoindre le troupeau avant même qu’on eût eu le temps de s’apercevoir qu’elle y manquât. Par la suite il résulta pour elle de cette aventure quantité d’avantages. Nul ne douta, en effet, qu’elle n’eût été sauvée par un miracle ; on la considéra comme une « protégée » de la Vierge et on la traita avec les égards dus à sa qualité ; elle eut désormais la meilleure litière et le râtelier le mieux garni, et, après avoir vécu dans l’abondance, elle mourut paisiblement de vieillesse, sans avoir connu l’exil des foires lointaines…

Pour se faire une idée de la surprenante variété de notre race, de la diversité de ses types et de la richesse de ses costumes, il n’est que d’assister à la sortie de la messe d’aube, dans le cimetière de Rumengol, le jour du pardon. Toute la Bretagne est rassemblée là comme en un raccourci puissant. Que de reliefs et de contrastes ! Ici, les Léonards aux grand corps, spéculateurs hardis et fanatiques sombres, nés pour être marchands ou prêtres, et dont les lèvres dédaigneuses ne se desserrent volontiers, dit-on, que pour réciter la prière ou parler argent. Près d’eux, les Trégorrois, aux yeux vifs et nuancés, à la physionomie ouverte, discoureurs aimables, avec une pointe d’ironie dans leur sourire. Là, les Tran’Doué[51], équipés à la façon des Mexicains d’une veste brodée de jaunes arabesques et d’un pantalon très ample s’évasant au-dessus des chevilles : beaux hommes pour la plupart, la figure encadrée d’un large collier de barbe rousse, ils laissent à leurs femmes les besognes qui déforment, n’ont, quant à eux, d’autre souci que de promener leur fière prestance de mâles à travers les foires et les pardons. Et voici le bleu clair, le bleu azuré des glazik[52] de Cornouailles, où courent en festons les tons d’or de la fleur du genêt. Un peu lourds et pansus, ces Bretons du sud, et joyeux d’une bonne joie matérielle qui éclate dans leurs faces rondes, rases, roses et poupines, dans leur goût des couleurs, des choses voyantes, dans l’allégresse grivoise de leurs chansons. Ils ne font que mieux ressortir l’élégance montagnarde des fils de l’Aré, souples et droits ainsi que des pins, et pareils, dans leur accoutrement de laine brune, à des pasteurs des temps primitifs, — ou la gravité hautaine des forbans de l’Aber, souvent comparés aux palikares des côtes grecques et qui portent comme eux le bonnet et la fustanelle, grands gars superbes, avec des bras d’une envergure immense et le profil aigu d’un oiseau de mer fendant l’espace.

Debout sur une éminence, sur une sorte de dune herbeuse qui prolonge à gauche le cimetière et au sommet de laquelle se dresse un oratoire, Yann Ar Minouz attaque de sa voix rauque, la complainte de Plac’hik Eûssa.

A l’île Eûssa fut une fille, Jolie et sage comme un ange, Jolie et sage comme un ange, Et son nom était Corentine. Hélas ! elle n’avait pas quinze ans, Déjà lourde croix elle portait. Sur un rocher, jouxte la mer, La fille pleurait pleurs amers. Et de plein cœur elle priait Et vers les cieux ainsi criait…

Un oblique rayon de soleil se joue sur les tempes dégarnies du barde. Iliens et Iliennes ont fait cercle autour de lui : ils boivent ses paroles et suivent le mouvement de la chanson jusque dans l’expression de son visage. Car il ne se contente pas de chanter, il mime ; si bien que la complainte se transforme en un drame monologué. Et quel prestigieux acteur que ce Yann ! Il a joint les mains, il lève au ciel un regard mouillé de larmes ; sa voix, traînante au début, éclate en accents déchirants :

— En se battant contre l’Anglais, Mon père s’est noyé dans la mer profonde. Le cœur de ma mère se fendit, Quand ce malheur elle entendit. Et je n’ai plus personne, hélas ! Que faire désormais ici-bas ? Je n’ai plus hélas ! sur la terre Proche ni parent, père ni mère. Père ni mère, proche ni parent ; Vivre m’est deuil et navrement !

Une des Ouessantines s’est caché la figure dans son mouchoir : on sent qu’elle fait effort pour étouffer des sanglots. Le marin avec qui j’ai causé tantôt me chuchote à l’oreille :

— Elle a une cœursée, la pauvre ! On jurerait que c’est sa propre gwerz, en vérité, que l’homme aux chansons lui débite là.

Sur un rythme plus doux, avec un balancement léger de tout le corps, Yann poursuit :

Mais non !… Il est au ciel un Père, Et à Rumengol bonne Mère ! Ma mère bien souvent m’a dit De prier la Vierge bénie, La Vierge tendre de Rumengol, Et jamais ne serais abandonnée. Étendez votre main sacrée, Vierge, sur votre enfant navrée. Moi, la mineure[53] à l’abandon, J’irai pieds nus à votre pardon ;

J’irai pieds nus demander aide A votre maison de Tout-Remède. Et sept fois je ferai le tour Du grand autel sur mes genoux ; Sept fois le tour de votre sanctuaire, Vierge, patronne des Bas-Bretons ! Madame Marie, les pauvres gens Ne vous sauraient faire de présents. Ni ceinture de cire[54], ni cierge, Rien !… sinon leur prière, ô Vierge.

Pauvre comme eux, pour seul trésor J’ai mes cheveux blonds couleur d’or. Je tresserai pour vous une guirlande Faite avec ma chevelure blonde, Faite avec les fleurs des champs, les simples fleurs ; En gouttes de rosée y brilleront mes pleurs.

Elle brille aussi, la triste rosée des larmes, dans les yeux des femmes qui sont là ; elle trace de larges sillons humides sur leurs joues hâlées, s’égoutte lentement dans les plis de leur petit châle noué en croix. Les hommes eux-mêmes sont émus : sans cesse ils s’essuient les paupières du revers de leurs grosses mains toutes tailladées et noires de goudron. Et, de minute en minute, le groupe des auditeurs grossit : le pardon afflue vers le chanteur dont le buste ensoleillé domine la foule, la chemise ouverte, son poitrail nu hérissé de touffes de poils fauves. Le récitatif reprend, d’une allure dolente et comme alanguie :

S’est mise Corentine en chemin, Sa baguette blanche à la main ; Passe la mer, suit le chemin Qui mène aux cieux, qui mène aux saints. Et la voici déjà tout proche : Du clocher on entend la cloche. Elle s’agenouille, en le voyant, Son cœur palpite, en l’entendant. A Rumengol quand se trouva, Les pieds de la Vierge baisa. Et dit : — Ma Mère, Mère bénie, J’aimerais bien mourir ici ! Je n’ai plus personne à aimer. Daignez me prendre et m’emporter ! Ici mon corps reposera, Mon âme avec vous s’en ira.

Yann s’interrompt, éponge avec sa manche son front où la sueur perle, puis, d’un ton sacramentel, imposant les mains à l’assistance :

— Chrétiens, signez-vous ! La Vierge va parler.

Alors, la Vierge avec douceur A dit à la fillette en pleurs : — Sur terre il n’est que gens méchants ; Que Dieu te sauve, mon enfant ! Ta douce âme et ton pauvre cœur Sont maintenant purs comme l’or. Viens, Corentine, au ciel profond, Louer Jésus, le Maître bon. Et Corentine se mourait, Et à voix haute elle disait : — A la Vierge je donne mon cœur, Ma malédiction aux Anglais !

Ce vers final, cri de guerre de la race, le barde le lance à pleins poumons, d’un timbre si âpre et si vibrant que la foule tressaille, frémit, sentant passer en elle le frisson des grandes haines ataviques, vieilles de douze cents ans !…

Le soleil est haut sur l’horizon. Déjà commencent à déboucher, devers Le Faou, Landerneau, Châteaulin, les omnibus et les breaks aux essieux criards, bondés de familles bourgeoises qui viennent à Rumengol comme à une fête foraine, histoire de se gaudir de la paysantaille et de manger du veau froid sur l’herbe où les pèlerins ont dormi. Le vrai pardon désormais est clos. C’est l’heure de fuir, si je veux emporter intactes les fortes impressions de la nuit et du matin naissant.

Je trinque une dernière fois avec le vieux poète trégorrois dans l’auberge où la veille nous nous sommes rencontrés. Nous échangeons de mélancoliques adieux.

— J’ai le pressentiment — me dit-il — que je ne chanterai plus aux Iliennes la triste chanson de Plac’hik Eûssa. Ce n’est point là ce qui me fait peine, mais de songer que les temps sont proches où c’en sera fini en Bretagne des belles gwerz aimées de nos pères et des sônes délicieuses qui, jusque sur la lèvre défleurie des aïeules, sonnent aussi gai qu’un oiseau de printemps. Toutes ces choses sont près de mourir, et d’autres encore qui ont réjoui nos âmes. Les pardons, hélas ! les pardons eux-mêmes disparaîtront. J’en sais dont je suis probablement le seul à me souvenir. Les chemins où je marche à présent sont jonchés de chapelles en ruines. Le fantôme de la cloche continue à tinter au-desssus du clocher détruit ; j’ai souvent ouï, le soir, son glas mystérieux et plaintif. Mais, à part moi, qui donc prête l’oreille pour l’entendre ? Nos prêtres sont les premiers à tuer nos saints, à laisser tomber leur culte en oubli[55]. Eh oui ! ce sont eux qui travaillent à faire le vide autour de nos sanctuaires les plus vénérés, en entraînant les paroisses par troupeaux vers les églises lointaines, vers les Vierges étrangères, à Lourdes, à la Salette, à Paray-le-Monial ! Quel besoin ont-ils de dépayser la dévotion bretonne ? Qu’ils prennent garde qu’à tant voyager elle ne s’altère. Ma mère déjà déplorait ces modes nouvelles. « Le paradis, disait-elle, ne se gagne qu’aux pieds des saints de son pays. » J’augure mal des jours à venir. Grâces à Dieu, je ne les verrai point : on aura depuis longtemps jeté sur ma face le drap sous lequel on dort pour jamais…

Je m’en retourne vers Quimerc’h par le sentier des fougères. A mi-côte je croise deux bons vieux Cornouaillais en goguette qui, s’arc-boutant des épaules, se racontent simultanément des histoires sans fin, et ne s’écoutent ni l’un ni l’autre. Leur double soliloque me suit quelque temps, puis s’évanouit dans le profond silence. C’est maintenant une paix vaste, le calme saisissant d’un désert. Dans la direction du nord, les bois du Kranou moutonnent à perte de vue ; vers l’ouest, la mer flambe ainsi qu’un bain de métal en fusion. Rumengol, son pardon, ses mendiants, ses chanteurs, tout cela semble avoir glissé dans l’ombre du ravin ; la croupe dorée du pays d’Hanvec s’affaisse à son tour, tandis que se déroulent au loin, sur le fond du ciel, les cimes bleuâtres de l’Aré. Pas un clocher à l’horizon, pas un toit, pas même une de ces grêles fumées, révélatrices de la présence de l’homme. On a de nouveau la sensation d’une terre vierge, d’un monde à peine éveillé du chaos. Le paysage tout entier apparaît comme figé encore dans la raideur des choses primitives, et l’on jurerait qu’on n’y a point changé de place une pierre depuis le fabuleux soir d’automne où le soleil s’y coucha sur la mort de Gralon.

Soudain, un cri part, un sourd et sinistre mugissement déchire la solitude : du sein d’une colline éventrée un train se précipite, et la civilisation passe, au branle des wagons, sans souci des fleurs d’âme qu’elle écrase et des grands symboles qu’elle anéantit. La douloureuse prédiction de Yann Ar Minouz me revient en mémoire. Aux futurs pardons de Rumengol reverra-t-on les chanteurs ?

Discret et charmant Esprit de l’antique chanson bretonne, tes fervents se font rares. Dans la hiérarchie nouvelle, mieux vaut être cantonnier que barde. De vieilles fileuses, des tailleurs de campagne, de pauvres pâtres, de nomades sabotiers, voilà les seuls qui te vénèrent encore d’un culte simple et profond. Ta voix mélodieuse est condamnée à s’éteindre avec le bruit du dernier rouet. Aux générations qui te furent hospitalières d’autres ont succédé, trop affairées pour t’entendre, trop matérielles pour te goûter. Discret et charmant Esprit de l’antique chanson bretonne, toi qui portas si longtemps sur tes ailes le rêve de notre race, je songe avec tristesse à l’heure prochaine où tu ne seras plus.

Notes in this chapter

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