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A Year's Journey through France and Part of Spain, Volume 2 (1777)

FABLE

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Les Aquilons et l'Oranger. De fougeux Aquilons une troupe emportée Contre un noble Oranger éxhaloit ses fureurs Ils soufflerent en vain, leur rage mutinée De l'arbre aux fruits dorés n'ôta que quelques fleurs.

MADRIGAL Du tumulte, du bruit, des vaines passions Fuyons l'eclat trompeur: à leurs impressions Préférons les douceurs de ce sejour paisible, Disoit un jour Ariste à la tendre Délos. Soit, repart celle-ci; mais las! ce doux repos N'est que le pis-aller d'une ame trop sensible.

QUATRAIN Telle que ce ruisseau qui promene son onde Dans des lieux ecartés loin du bruit et du monde Je veux pour peu d'amis éxister desormais C'est loin des faux plaisirs que l'on trouve les vrais.

REVERIE SUR UNE LECTURE. Aux froids climats de l'ourse, et dans ceux du midi, L'homme toujours le même est vain, foible, et crédule, Sa devise est partout Sottise et Ridicule. Le célébre Chinois, le François étourdi De la raison encore n'ont que le crepuscule Jadis au seul hazard donnant tout jugement, Par les effets cuisans du fer rougi qui brule On croyoit discerner le foible et l'innocent; A Siam aujourd'hui pareille erreur circule, Et l'on voit même esprit sous une autre formule: Quand quelque fait obscur tient le juge en suspens On fait aux yeux de tous à chaque contendant D'Esculape avaler purgative pillule, Celui dont l'estomac répugne à pareil mets Est réputé coupable et paye tous les frais. Du pauvre genre-humain telles sont les annales: Rome porta le deuil de l'honneur des vestales, Du Saint Pere à présent, elle baise l'ergot: Plus gais, non plus sensés dans ce siécle falot Nous choisissons au moins l'erreur la plus jolie: De l'inquisition, le bal, la comédie Remplacent parmi nous le terrible fagot; Notre légéreté détruit la barbarie Mais nous n'avons encore que changé de folie.

ENVOI A MON MARI. Tandis, mon cher, que tes travaux Me procurent ce doux repos. Et cette heureuse insouciance But incertain de l'opulence; Mon ame l'abeille imitant Aux pays d'esprit élancée Cueille les fleurs de la pensée Et les remet aux sentiment. Mais helas! dans ce vaste champ En vain je cherche la sagesse, Près de moi certain Dieu fripon Me fait quitter l'école de Zenon Pour le charme de la tendresse; "L'homme est crée pour être bon Et non savant, dit il, qu'il aime, Du bonheur c'est le vrai systême" Je sens, ma foi, qu'il a raison.

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