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Œuvres complètes de lord Byron, Tome 13

DE LORD BYRON. (continued 4)

Paulin Paris translation

Alors les médecins, encore plus alarmés, exprimèrent le désir d'une consultation, et proposèrent d'appeler, sans retard, le docteur Freiber, aide de M. Millingen, et Lucca Vega, médecin de Mavrocordato. En entendant parler d'eux, Lord Byron refusa d'abord de les voir; mais étant informé que Mavrocordato était de cet avis, il dit:--«Eh bien, qu'ils viennent; mais qu'ils promettent de me regarder sans rien dire.» Cette promesse donnée, ils furent admis; mais comme l'un d'eux, en tâtant son pouls, faisait mine de vouloir parler:--«Songez à votre promesse, dit Byron, et allez-vous en.»

Ce fut après cette consultation que Lord Byron parut au comte Gamba pressentir pour la première fois que sa fin approchait. MM. Millingen, Fletcher, et Tita étaient restés debout près du lit; mais les deux premiers, incapables de retenir leurs larmes, sortirent de la chambre. Tita pleurait aussi; mais comme Byron le tenait par la main, il ne put s'en aller, mais détourna les yeux. Alors Byron, en le regardant fixement, dit avec un léger sourire: «Oh! questa è una bella scena.» Puis il sembla réfléchir un moment, et s'écria: «Appelez Parry.» Presque immédiatement après, il fut pris de délire; il se mit à crier comme s'il montait à la brêche,--moitié en anglais, moitié en italien: «En avant!--en avant!--courage!--suivez mon exemple, etc., etc.»

En revenant à la raison, il demanda à Fletcher, qui était rentré dans la chambre: «S'il avait envoyé chercher le docteur Thomas, comme il le désirait?» Et sur la réponse affirmative du fidèle serviteur, il répliqua: «Vous avez bien fait, car j'aimerais à savoir où j'en suis.» Peu de tems auparavant, avec ce ton de bienveillance qu'il gardait envers tous ses gens, et qui fut une des principales sources de leur inébranlable attachement, il avait dit à Fletcher: «Je crains que vous et Tita vous ne tombiez malades, en restant près de moi jour et nuit.» Il fut alors évident qu'il savait qu'il était mourant; et son désir de faire comprendre ses dernières volontés à son serviteur, en luttant contre la perte rapide de ses moyens d'expression, donna lieu à la plus douloureuse scène. Comme Fletcher lui demandait s'il fallait qu'il prît une plume et du papier pour écrire sous sa dictée:--«Oh! non, répondit-il;--il n'est plus tems:--la vie me fuit. Allez trouver ma sœur.--Dites-lui.--Allez trouvez lady Byron;--vous la verrez, et lui direz.--» Ici sa voix s'affaiblit, et devint de moins en moins distincte. Cependant il continua toujours à murmurer en lui-même, durant près de vingt minutes, avec beaucoup de vivacité, mais d'une voix si faible, que peu de mots purent être saisis. Ces mots furent des noms isolés:--«Augusta,--Ada,--Hobhouse,--Kinnaird.» Enfin il dit: «Maintenant, je vous ai tout dit.»--«Milord, répliqua Fletcher, je n'ai pas compris un mot de ce que votre seigneurie a dit.»--«Vous ne m'avez pas compris?» s'écria Lord Byron, avec l'air de la plus vive tristesse. «Quel malheur!--Il est trop tard, tout est fini.»--«J'espère que non, répondit Fletcher; mais la volonté de Dieu soit faite.»--«Oui, et non pas la mienne,» dit Lord Byron. Puis il essaya encore de prononcer quelques mots, dont il n'y eut d'intelligible que ceux-ci: «Ma sœur,--mon enfant.»

La mesure adoptée à la consultation avait été, contrairement à l'opinion de M. Millingen et du docteur Freiber, l'administration d'une forte potion antispasmodique, qui, en produisant le sommeil, ne fit peut-être que hâter la mort. Afin de lui persuader de prendre cette potion, on fit venir M. Parry, qui le décida sans peine à en avaler quelques gorgées.--«Quand il prit ma main (dit Parry), je trouvai ses mains glacées d'un froid mortel. Avec l'aide de Tita, je tâchai d'y ranimer doucement un peu de chaleur, et je relâchai le bandage qui entourait sa tête. Pendant tout ce tems, il parut fort agité, joignit ses mains plusieurs fois, grinça des dents, et laissa échapper l'exclamation italienne: Ah! Christi! Il fut tout-à-fait passif en laissant relâcher son bandage de tête; puis il versa des larmes; et reprenant ma main, me souhaita le bon soir d'une voix faible, et retomba dans le sommeil.»

Il était environ six heures du soir quand Lord Byron dit: «Maintenant je vais dormir.» Puis, se retournant, il tomba dans ce sommeil dont il ne se réveilla pas. Durant les vingt-quatre heures suivantes, il resta privé de sentiment et de mouvement,--hormis quelques légers symptômes de suffocation qui se manifestaient de tems en tems, et durant lesquels on lui tenait la tête élevée;--et le 19, à six heures un quart, il ouvrit les yeux un instant pour les refermer sur-le-champ. Les médecins cherchèrent son pouls:--Lord Byron n'était plus.

Le prince Mavrocordato, qui sentait le mieux toute l'étendue de cette perte, et qui avait à pleurer l'ami de la Grèce et le sien, publia le 19 au soir cette triste proclamation.

GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE LA GRÈCE OCCIDENTALE.

(Art. 1185.)

«Le présent jour de fête et de réjouissance est devenu un jour de chagrin et de deuil. Lord Noël Byron a cessé de vivre à six heures de l'après-midi, après une maladie de dix jours; il a succombé à une fièvre inflammatoire. Tel a été l'effet de la maladie de sa seigneurie sur l'opinion publique, que toutes les classes avaient oublié les récréations ordinaires de Pâques, même avant que le triste événement ne fût appréhendé.

»La perte de cet illustre personnage doit sans doute être déplorée par toute la Grèce; mais elle doit être plus spécialement un sujet de lamentation pour Missolonghi, où sa générosité s'était si manifestement déployée, et dont il était même devenu citoyen, avec la détermination de participer désormais à tous les dangers de la guerre.

»Tout le monde connaît les actes de bienfaisance de sa seigneurie, et on ne cessera jamais d'honorer son nom comme celui d'un véritable bienfaiteur.

»En conséquence, en attendant que la résolution définitive du gouvernement national soit connue, en vertu des pouvoirs dont il m'a investi, je décrète ce qui suit:

»1º Demain matin, au point du jour, on tirera de la grande batterie trente-sept coups de canon, nombre qui correspond à l'âge de l'illustre décédé.

»2º Tous les services publics, même les tribunaux, vaqueront pendant trois jours successifs.

»3º Toutes les boutiques, excepté celles où se vendent les provisions de bouche et les médicamens, seront fermées; et il est strictement enjoint que les récréations publiques de toute espèce, et les démonstrations de joie usitées dans le tems pascal soient suspendues.

»4º Un deuil général sera observé pendant vingt-un jours.

»5º Des prières et des cérémonies funéraires seront célébrées dans toutes les églises.

»Signé A. MAVROCORDATO.

George PRAIDIS, secrétaire.

»Donné à Missolonghi, ce 19 avril 1824.»

De semblables honneurs furent rendus à la mémoire de Lord Byron en divers autres endroits de la Grèce. A Salona, où le congrès était assemblé, on pria dans l'église pour son ame; après quoi, toute la garnison et les habitans sortirent dans la plaine, où une autre cérémonie religieuse eut lieu à l'ombre des oliviers. Cette seconde cérémonie terminée, les troupes firent feu; et une oraison funèbre, pleine de la louange la plus chaude et de la plus vive reconnaissance, fut prononcée par le grand-prêtre.

Lorsque les étrangers témoignaient pour Lord Byron une telle vénération, quel a dû être le deuil de ses compagnons et de ses serviteurs?--Un seul va parler pour tous.--«Il mourut (dit le comte Gamba) sur une terre étrangère, et parmi des étrangers; mais il n'aurait pu être plus regretté, plus sincèrement pleuré, en quelque autre lieu qu'il eût rendu son dernier soupir. Il avait inspiré à ceux qui l'entouraient un tel attachement, mêlé de respect et d'enthousiasme, qu'aucun de nous n'eût refusé de braver pour sa seigneurie tous les dangers du monde.»

Le colonel Stanhope, qui reçut à Salona la déplorable nouvelle, écrit au comité en ces termes:--«Un courrier vient d'arriver de la part du chef Scalza. Hélas! toutes nos craintes sont réalisées. L'ame de Byron a pris son dernier vol. L'Angleterre a perdu son plus brillant génie, la Grèce son plus noble ami. Pour nous consoler de sa perte, il a laissé derrière lui les émanations de son esprit magnanime. Si Byron eut des défauts, il eut des vertus en revanche:--il sacrifia son bien-être, sa fortune, sa santé et sa vie à la cause d'une nation opprimée. Que sa mémoire soit honorée!»

M. Trelawney, qui se rendait alors à Missolonghi, raconte dans les termes suivans comment il reçut la première nouvelle de la mort de son ami:--«Malgré toute mon impatience, je ne pus arriver ici avant le troisième jour. Ce fut le second jour, après avoir traversé le premier grand torrent, que je rencontrai quelques soldats qui venaient de Missolonghi. Je les avais tous laissés passer, avant de me résoudre à leur demander des nouvelles de Missolonghi. Je revins donc sur mes pas, et j'interrogeai un traînard. Je n'entendis que cette parole:--Lord Byron est mort,--et je continuai mon chemin dans un sombre silence.» M. Trelawney, après avoir détaillé les particularités de la maladie et de la mort du poète, ajoute: «Pardonnez-moi, Stanhope, de m'être ainsi écarté de la grande cause où je suis engagé. Mais ce n'est pas un deuil particulier. Le monde a perdu son plus grand homme, et moi, mon meilleur ami.»

Les serviteurs de Lord Byron éprouvèrent une douleur non moins vive et non moins sincère: «J'ai en ma possession (dit M. Hoppner, dans les notes dont il m'a favorisé) une lettre où son gondolier Tita, qui l'avait suivi depuis Venise, rend compte à ses parens de la mort de son maître. Le pauvre garçon parle de cet événement dans les termes les plus touchans, en disant qu'il avait perdu en Lord Byron un père plutôt qu'un maître, et en s'étendant sur la bonté avec laquelle sa seigneurie avait toujours traité ses domestiques, et sur l'intérêt qu'elle prenait à leur bien-être.»

Son valet de chambre Fletcher, en annonçant la nouvelle à M. Murray, dit aussi: «Excusez, je vous prie, toutes mes négligences, je sais à peine ce que je dis ou ce que je fais; car depuis vingt ans que je servais milord, il était devenu pour moi plus qu'un père, et je suis trop affligé pour vous donner aujourd'hui un récit exact de toutes les particularités.»

La cérémonie des funérailles, qui, à cause des pluies, avait été retardée d'un jour, eut lieu dans l'église de Saint-Nicolas à Missolonghi, le 22 avril. Un témoin oculaire en donne cette touchante description.

«Au milieu de sa brigade, des troupes du gouvernement et de la population entière, sur les épaules des officiers de son corps, remplacés de tems en tems par d'autres Grecs, la plus précieuse portion de ses restes révérés fut portée à l'église, où gisent les cendres de Marc Botzari et du général Normann. C'est là que nous déposâmes ces restes précieux. Le cercueil était une caisse de bois, grossièrement construite; un manteau noir servait de poële, et nous mîmes dessus un casque, une épée et une couronne de laurier; mais nulle pompe funèbre n'eût produit l'impression, ni exprimé les sentimens de cette simple cérémonie. Le deuil et la désolation de la ville même; les guerriers sauvages et à demi-civilisés qui nous entouraient; leur douleur profonde et naturelle; les touchans souvenirs, les espérances déjouées, les sombres soucis, et les tristes pressentimens qui se lisaient sur toutes les physionomies:--tout enfin concourait à former la scène la plus frappante qui ait jamais eu lieu autour de la tombe d'un grand homme.

»Quand le service funèbre fut terminé, nous laissâmes la bière au milieu de l'église, où elle resta jusqu'au lendemain soir, et où elle fut gardée par un détachement de la brigade de sa seigneurie. L'église fut sans cesse remplie par la foule des personnes qui venaient honorer et regretter le bienfaiteur de la Grèce. Le soir du 23, la bière fut secrètement rapportée par les officiers de la brigade dans la maison que Byron avait habitée. Le cercueil ne fut clos que le 29. Immédiatement après sa mort, Byron avait un air de calme, mêlé à une sévérité qui sembla graduellement s'adoucir; car lorsque je jetai sur lui un dernier regard, l'expression de ses traits parut, à mes yeux du moins, véritablement sublime.»

Nous avons vu avec quelle énergie Lord Byron, durant son séjour en Italie, exprima sa répugnance à l'idée d'une sépulture en terre anglaise; et l'injonction qu'il fit si fréquemment sur ce point à M, Hoppner, montre que ses désirs ont été sincères,--du moins à cette époque. Mais, chez un homme si inconstant dans ses volontés, ce ne serait pas trop prétendre que de soutenir que l'affection cordiale témoignée par lui envers ses compatriotes à Céphalonie eût été suivie d'un changement analogue de sentiment par rapport à cette antipathie pour l'Angleterre comme dernier lieu de repos. En tout cas, il est heureux que sa terre natale n'ait point été, par un caprice du moment, privée de son droit naturel de conserver dans son sein un de ses plus nobles morts, et d'expier les torts qu'elle a pu avoir envers lui quand il vivait, en faisant de sa tombe un lieu de pélerinage pour toutes les générations futures.

Le colonel Stanhope et d'autres conseillèrent que, comme tribut à la contrée que Lord Byron avait célébrée, et pour laquelle il était mort, ses restes fussent déposé à Athènes, dans le temple de Thésée, et Ulysse envoya un exprès à Missolonghi pour appuyer cette idée. Les habitans de la ville où le grand homme avait rendu son dernier soupir, firent la même demande;--et l'on jugea à propos d'accéder jusqu'à un certain point à leurs désirs, en leur laissant pour être enterré, un des vases où ses nobles restes avaient été renfermés après l'embaumement.

La première mesure, avant de rien décider sur ses conséquences ultérieures, fut de faire transporter le corps à Zante; et, toutes les facilités ayant été données par le résident, sir Frédéric Stoven, qui envoya des navires de transport à Missolonghi dans ce but, le corps fut embarqué, dans la matinée du 2 mai, et ce triste départ fut salué par les canons de la forteresse:--«Que cette salve d'artillerie, dit le comte Gamba, était différente de celle qui avait, quatre mois auparavant, accueilli la venue de Byron.»

A Zante, on se détermina à envoyer le corps en Angleterre; et le brick la Floride, qui venait d'arriver avec le premier versement de l'emprunt, fut engagé dans ce but. M. Blaquière, sous la direction duquel cette première portion de l'emprunt était arrivée, était aussi porteur de la nomination d'une commission destinée à surveiller l'emploi de ces fonds en Grèce, commission dont Lord Byron était nommé président; mais le même navire qui lui apportait cette honorable marque de confiance, devait remporter son cadavre. Le colonel Stanhope, qui était alors à Zante, et qui s'en retournait en Angleterre, fut chargé de reconduire les restes de son illustre collègue; et le 25 mai, il s'embarqua avec eux à bord de la Floride.

On lit sur le poète Hafez, dans la Vie de sir William Jones, une anecdote que ce dernier exemple d'illibéralisme ramène naturellement à notre mémoire. Après la mort du grand poète persan, quelques religieux de sa patrie lui contestèrent, par une vive protestation, le droit de sépulture, en alléguant pour motif le ton licencieux de sa poésie. Après une grande controverse, on convint de laisser la décision de la question à un mode de divination usité chez les Persans, qui consistait à ouvrir à tout hasard le livre du poète, et à prendre les premiers vers venus. On tomba sur les vers suivans:

Oh! ne fuyez point d'un cœur froid le cercueil du poète, N'arrêtez pas les saintes larmes versées par la pitié, Car si le corps du poète sommeille ici dans le péché, Son ame, absoute par Dieu, vole déjà vers le ciel.

Ces vers, dit la légende, furent regardés comme un décret divin. Les dévots n'insistèrent plus sur leurs objections, et les restes du poète purent jouir de leur paisible sommeil près de ce «doux ombrage de Mosellay,» qu'il avait si souvent célébré dans ses vers.

Si le droit de sépulture de notre Byron devait se décider de la même manière, combien peu de ses pages, prises ainsi au hasard, ne lui donneraient, par un noble trait de sympathie pour la vertu, par un ardent hommage aux œuvres brillantes de Dieu, ou par une saillie de piété naturelle plus touchante que toute homélie, un titre à l'admission dans le temple le plus pur dont la charité chrétienne ait jamais eu la garde!

Ce fut le vendredi 16 juillet que, dans la petite église villageoise de Hucknall, les derniers devoirs furent rendus aux restes de Byron, qui furent déposés, près de ceux de sa mère, dans le caveau de famille. Exactement au même jour du même mois de l'année précédente, Byron, comme on doit s'en souvenir, avait dit au comte Gamba, avec un ton de désespoir: «Où serons-nous dans un an?» Le jeune comte à qui cette parole de funeste présage avait été adressée, rendit une visite à Hucknell quelques mois après l'enterrement, et en approchant du village, fut, dit-on, extrêmement frappé de la ressemblance de ce lieu avec cette triste Missolonghi, où son ami avait rendu le dernier soupir.

Sur une table de marbre blanc, dans le chœur de l'église de Hucknell, on lit l'inscription suivante:

DANS LE CAVEAU CI-DESSOUS, OU PLUSIEURS DE SES ANCÊTRES ET SA MÈRE SONT ENTERRÉS, REPOSENT LES RESTES DE G E O R G E G O R D O N N O E L BYRON, LORD BYRON, DE ROCHDALE, DANS LE COMTÉ DE LANCASTER, AUTEUR DU PÉLERINAGE DE CHILDE-HAROLD, NÉ A LONDRES, LE XXII JANVIER MDCCLXXXVIII, MORT A MISSOLONGHI, DANS LA GRÈCE OCCIDENTALE, LE XIX AVRIL MDCCCXXIV, ENGAGÉ DANS LA GLORIEUSE ENTREPRISE DE RENDRE A CETTE CONTRÉE SON ANCIENNE LIBERTÉ ET SON ANCIENNE GLOIRE. SA SŒUR, L'HONORABLE AUGUSTA-MARIA LEIGH, A CONSACRÉ CE MONUMENT A SA MÉMOIRE.

Εἰς Τὸν ἐν τῆ Ἐλλἀδι τελευτγστα Ποιητήν. Οὐ τὸ ζῆν ταναὸν ϐίον εὐκλεὲς, οὐδ᾽ ἐναριθμεῖν Ἀρχαίας προγόνων εὐγενέων ἀρετάς Τὸν δ᾽ εὺδαιμονίας μοῖρ᾽ ἀρῳέπει, ὅσπερ ἀπάντων Αἲεν ἀριστεύων γίγνεται ἀθάνατος-- Εὔδεις οὖν σὺ, τέκνον, χαρίτων ἔαρ; οὐκ ἔτι θάλλει Ἀκμαῖος μελέων ἡδυπνόων στέῳανος; Ἀλλὰ τεὸν, τριπόθητε, μόρον πενθοῦσιν Άθήνη, Μοῦσαι, πατρὶς, Άρης, Ἑλλὰς, ἐλευθερία.

DERNIER PÉLERINAGE DE CHILDE-HAROLD. PAR LE RÉVÉREND W.-L. BOWLES.

I.

II.

«Je ne dirai pas à la pitié de déplorer les capricieuses erreurs de celui qui mourut ainsi à la fleur des ans: encore moins, Childe-Harold, aujourd'hui que tu n'es plus, irai-je rappeler le mauvais emploi de ton génie, ou les ombres déjà passées de ton hypocondrie et de ton orgueil!--Mais je commanderai aux cyprès de l'Arcadie de balancer leurs cimes sur ta cendre; je transplanterai le vert laurier des bords du Pénée, et je souhaiterai que ton ame jouisse du plus profond repos, et que jamais une pensée ennemie ne soit murmurée sur ta tombe.»

III.

«Ainsi Harold finit en Grèce son pélerinage!--Oui, c'est là qu'il devait finir.--Sur cette terre renommée, dont le puissant génie vit dans le livre de la gloire, sur le sol consacré aux Muses, il s'endort dans son dernier sommeil, lui dont le jeune front est ceint de l'impérissable couronne des nœufs sœurs!--Troupes joyeuses, suspendez dans les vallons de Tempé les gais accens de la flûte! Harold, je suis jusqu'au lieu de ta naissance la lente marche du char funèbre,--et ton dernier pélerinage terrestre.»

IV.

V.

She thus might give the welcome of the dead:-- 'Here rest, my son, with me;--the dream is fled;-- The motley mask and the great stir is o'er: Welcome to me, and to this silent bed, Where deep forgetfulness succeeds the roar Of Life, and fretting passions waste the heart no more.'»

Sa seigneurie, en vertu d'un testament dont on trouvera une copie dans l'Appendice, légua à ses exécuteurs testamentaires, en dépôt pour le bénéfice de sa sœur, Mrs. Leigh, les sommes d'argent provenant de la vente de tous ses immeubles à Rochdale et ailleurs, avec tous les autres biens dont la propriété n'appartînt pas à lady Byron et à sa fille Ada, à cette fin que Mrs. Leigh en eût la jouissance hors du contrôle de son mari, durant sa vie entière, et qu'après son décès ses enfans en héritassent.

Nous avons donc suivi jusqu'à son dernier terme une vie qui, si brève qu'en ait été l'étendue, a peut-être compris une plus grande diversité de ces sensations et de ces intérêts variés qui naissent de la profonde activité des passions et de l'intelligence, que toutes les autres vies jusqu'ici décrites par la plume de la biographie. Comme il reste encore parmi les papiers de mon ami quelques fragmens curieux que l'abondance des matières m'a empêché jusqu'à présent de placer, mais qui contribuent trop à le peindre pour être laissés dans l'oubli, je vais, en les recueillant pour le lecteur, profiter de cette occasion pour imposer à sa patience, pour la dernière fois, quelques remarques générales.

On a dû observer, dans ces pages,--et peut-être avec regret,--que Lord Byron, en tant que poète, n'a presque pas été l'objet d'aucun examen critique; mais que, content d'exprimer généralement le plaisir que, de concert avec tout le monde, je puise dans sa poésie, j'ai laissé à d'autres la tâche d'analyser les sources de ce plaisir. En éludant,--si toutefois on doit prendre la chose sous ce point de vue,--un de mes devoirs de biographe, j'ai été non moins influencé par la conscience de mon inaptitude à l'office de critique, que par le souvenir de la surveillance assidue avec laquelle, durant toute la carrière du poète, chaque nouvelle apparition de son génie fut signalée du haut des grands observatoires de la critique, et les perpétuelles variations de sa course et de son éclat suivies et notées si habilement et si minutieusement, qu'il ne reste presque plus rien à découvrir aux observations ultérieures. Ç'a été d'ailleurs le but immédiat de ces volumes, que d'étudier le caractère et la conduite de Lord Byron, comme homme, étude qui jette le plus grand jour sur son caractère comme écrivain; et si, dans le cours de cet ouvrage, j'ai donné quelque explication satisfaisante de ces anomalies morales et intellectuelles que la vie de Lord Byron a présentées,--à plus forte raison encore, si mes humbles travaux ont eu l'effet de dissiper quelques-uns des nuages qui environnaient mon ami, et de le montrer, sous beaucoup de rapports, aussi digne d'amour qu'il fut, sous tout point de vue, digne d'admiration, alors le principal but de mon livre sera rempli.

Puisque j'ai consacré à cet objet une si large portion des réflexions dont j'ai parsemé cet ouvrage, et que j'ai mis le monde en état de se former un jugement par lui-même, en plaçant l'homme, à nu et sans déguisement, devant tous les yeux, il paraît ne rester que la tâche facile de réunir les divers élémens de son caractère, et de faire un portrait complet par la combinaison des traits, déjà décrits isolément. La tâche, cependant, n'est pas aussi facile qu'elle peut le paraître. Il y a peu de caractères dans lesquels une observation intime ne nous découvre une disposition ou passion prédominante, assez conséquente dans ses effets pour être prise hardiment en ligne de compte dans l'appréciation de toutes les circonstances où ces caractères se trouvent placés. De même que dans le corps ou dans le visage humain, toutes les proportions se rapportent à certains points fixes, de même il y a dans la plupart des esprits une influence souveraine, qui,--contrariée, sans doute, en quelques occasions par d'autres influences,--est la source principale de toutes les inclinations et de toutes les tendances. Mais Lord Byron n'offre presque point du tout dans son caractère cette espèce de pivot fondamental. Gouverné en différens momens par des passions totalement différentes, et mu quelquefois, comme durant son court accès de parcimonie en Italie, par des motifs qui ne s'étaient jamais développés auparavant en lui, il met souvent en défaut ce simple mode d'observation qui consiste à remonter aux sources du caractère; et si,--ce qui n'est pas impossible,--en essayant d'expliquer les étranges variations de son esprit, je me suis laissé moi-même tomber dans la contradiction et l'inconséquence, l'extrême difficulté d'analyser, sans être ébloui ni dérouté, une complication si inouie de qualités diverses, doit me servir d'excuse.

En vérité, les attributs moraux et intellectuels de Lord Byron furent si variés et si contradictoires, qu'on peut dire de lui qu'il n'était pas un, mais multiple; et ce ne serait pas trop exagérer la vérité que de dire que, par le simple partage des qualités de ce seul esprit, on aurait pu former plusieurs caractères, tous différens et tous vigoureux. Ce fut par ces aspects multiformes que, durant sa courte et merveilleuse carrière, Byron donna lieu de se faire comparer avec cette macédoine de personnages, presque tous différens les uns des autres, qu'il énumère plaisamment dans un de ses journaux:--

«J'ai songé l'autre jour aux diverses comparaisons, bonnes ou mauvaises, que j'ai lues sur mon compte dans divers journaux anglais et étrangers. Cette réflexion me vint dernièrement en feuilletant accidentellement un journal étranger,--car je me suis fait depuis peu une règle de ne jamais rien chercher de ce genre, mais de ne pas en éviter la lecture offerte par le hasard.

»Donc, pour commencer, je me suis vu comparé, comme homme ou comme poète, en anglais, en français, en allemand (que je me suis fait traduire), en italien et en portugais, depuis les derniers neuf ans de ma vie, à Rousseau, à Goëthe, à Young, à l'Arétin, à Timon d'Athènes, à Dante, à Pétrarque: «Vase d'albâtre, illuminé au-dedans; à Satan, à Shakspeare, à Buonaparte, à Tibère, à Eschyle, à Sophocle, à Euripide, à Arlequin, au Clown, à Sternhold et à Hopkins; à la fantasmagorie, à Henri VIII, à Chénier, à Mirabeau, au jeune écolier R. Dallas, à Michel-Ange, à Raphaël, à un petit-maître, à Diogène, à Childe-Harold, à Lara, au comte dans Beppo, à Milton, à Pope, à Dryden, à Burns, à Savage, à Chatterton, au «J'ai souvent entendu parler de toi, seigneur Byron,» de Shakspeare; au poète Churchill, à l'acteur Kean, à Alfieri, etc., etc., etc.

»Ma ressemblance avec Alfieri fut soutenue très-sérieusement par un Italien qui l'avait connu dans sa jeunesse. Elle ne portait à la vérité que sur nos qualités extérieures et personnelles. Cet Italien ne le dit pas à moi-même (car nous n'étions pas alors bons amis), mais en société.

»L'objet de tant de comparaisons contradictoires est probablement un être un peu différent de tous les autres; mais quel est-il? C'est ce que ni moi ni personne ne pouvons dire.»

Entre les dispositions et les habitudes d'Alfieri, et celles du noble poète de l'Angleterre, on peut signaler de non moins remarquables coïncidences; et le sonnet dans lequel le dramatiste italien déclare peindre son propre caractère, contient, en un vers d'une admirable concision, un portrait du versatile auteur de Don Juan:--

Par l'extrait même que je viens de donner du Journal de Lord Byron, on voit que, dans sa propre opinion, un caractère qui, comme le sien, permettait tant de comparaisons contradictoires, ne pouvait être autre chose qu'un caractère totalement indéfinissable. On trouvera toutefois, en y réfléchissant, que cette versatilité même, qui rend si difficile de fixer, «avant une métamorphose,» l'édifice merveilleux de ce caractère, est le seul fil qui nous conduise à travers les détours de ce labyrinthe bâti, pour ainsi dire, par un art de féerie,--est la véritable solution de tout ce qu'il y eut d'éclatant dans la puissance de Lord Byron et de repoussant dans sa légèreté, de tout ce qu'il y eut de plus attrayant et de plus répugnant dans sa vie ou dans son génie. Variété presque infinie de talens, déployés avec un orgueil non moins vaste,--susceptibilité pour les impressions et les émotions nouvelles, portée au-delà du lot ordinaire du génie, et obéie avec une intraitable impétuosité, tant par habitude que par nature:--telles furent les deux grandes et principales sources de ce spectacle varié que Lord Byron présenta dans sa vie, de cette succession de victoires remportées par son génie sur presque tous les champs ouverts à l'intelligence humaine, et de tous ces élans de caractère, produits sous toutes les formes et dans toutes les directions, par une sensibilité indomptée et par une volonté irrésistible.

Tous ceux qui sont doués de quelque disposition à l'association des idées, doivent avoir remarqué que, si une pensée ou un sentiment quelconque se présente à leur esprit, le sentiment ou la pensée contraire s'éveille au même instant:--à côté du sublime, le ridicule, qui en est le voisin, apparaît constamment;--à une vue brillante du présent ou de l'avenir, une vue sombre mêle ses nuages;--et, même dans les questions relatives à la morale et à la conduite, tous les motifs et tous les raisonnemens qui engagent à l'adoption de l'un des deux partis contraires seront, dans de tels esprits, contrebalancés sur-le-champ par un groupe de motifs et de raisonnemens équivalens. Un esprit de ce genre,--et tels sont, plus ou moins, tous les esprits chez lesquels le raisonnement est subordonné à l'imagination,--tout capable qu'il est, par cette rapide association d'idées, de multiplier ses ressources sans fin, a besoin du contrôle d'un jugement exercé pour conserver ses pensées pures et nettes entre les contrastes qu'il appelle ainsi simultanément; car il y a danger que, en matière d'art, l'habitude de former des rapprochemens incongrus,--par exemple, entre le burlesque et le sublime,--ne finisse par corrompre le goût de l'esprit pour le plus noble et le plus haut point de vue; et que, dans les questions de morale encore plus importantes, la facilité de trouver le pour et le contre n'aboutisse, sinon à un mauvais choix, du moins à une indifférence sceptique.

Lorsqu'on se représente un événement aussi terrible qu'un naufrage, une scène d'horreur et de péril s'offre seule aux imaginations ordinaires; mais la vive et versatile imagination de Byron y vit encore autre chose, et aux circonstances les plus horribles et les plus épouvantables, mêla tout ce qu'il y a de plus ridicule et de plus bas. Mais dans ce douloureux mélange il ne fut que trop fidèle peintre de la nature humaine, si l'on en croit le témoignage du cardinal de Retz, témoin oculaire d'un tel événement:--«Vous ne pouvez vous imaginer, dit le cardinal, l'horreur d'une grande tempête;--vous en pouvez imaginer aussi peu le ridicule.» Mais assurément, un poète moins entraîné par la variété de son talent, et moins désireux d'en faire parade, se serait arrêté avant de confondre, par une si cruelle ironie, la dégradation et les souffrances de l'humanité, et, content d'éprouver notre cœur par le tableau des misères de nos semblables, se serait abstenu de nous arracher, un instant après, un sourire amer à la vue de leur bassesse.

Les résultats de ce genre d'esprit sont si dangereux pour le sens moral, qu'on risquerait peut-être de trop généraliser en affirmant que partout où existe une grande versatilité d'imagination, on trouvera aussi une tendance prononcée à la versatilité de principes. Le poète Chatterton, dans l'ame duquel les germes de tout ce qu'il y a de bon et de mauvais dans le génie mûrirent si prématurément, disait, dans l'orgueilleuse conscience de ce multiple talent, que «il avait le plus profond mépris pour l'homme qui ne pouvait écrire le pour et le contre,» et ce fut en agissant lui-même conformément à ce principe, qu'il souilla son nom de quelques taches durant la vie si courte que le destin lui accorda. Mirabeau aussi, quand dans le cours des hostilités légales de son père et de sa mère, il mit la main aux plaidoyers de l'un et de l'autre, fut, sans aucun doute, moins influencé par le plaisir du mal que par la piquante vanité de cette souplesse de talent, et fut aveuglé sur la révoltante perfidie de son travail, par l'habileté avec laquelle il l'exécutait.

Cette qualité, que j'ai nommée ici versatilité, en tant qu'elle concerne l'imagination, Lord Byron l'a lui-même désignée par le nom français de mobilité, en tant qu'elle concerne les sentimens et la conduite; et dans un des chants de Don Juan, il en a heureusement esquissé quelques traits. Après nous avoir dit que son héros avait commencé d'après la grande prédominance de cette qualité chez Adeline, «à douter un peu de la réalité de ses perfections», il dit:--

Nous avons à peine besoin de la note où Lord Byron, à propos de ce passage, qualifie cette mobilité de «malheureux don», pour voir combien il sentait la prééminence de cette qualité en lui-même, et le danger qui en résultait pour son caractère. La conscience de sa tendance naturelle à céder ainsi à toute impression fortuite, et à varier suivant mille impulsions passagères, non-seulement fut toujours présente à son esprit, mais encore comme il savait bien que le monde attache un soupçon de faiblesse à la rétractation ou à l'abandon d'opinions long-tems professées,--elle eut l'effet de le maintenir, sur certains points importans, dans une ligne générale d'uniformité, que, malgré quelques fluctuations et contradictions accidentelles dans les détails, il continua à garder toute sa vie. Un passage d'un de ses manuscrits montrera avec quelle sagacité il aperçut la nécessité de se prémunir contre son instabilité sous ce rapport. «Le monde traite un changement de système politique ou de religion avec un blâme plus sévère qu'une pure différence d'opinion ne me semblerait le mériter. Mais il doit y avoir une raison de ce sentiment;--et c'est, je crois, parce qu'on a vu cet abandon des premières idées inspirées à notre enfance, et de la ligne de conduite par nous choisie lors de notre première entrée dans la vie publique, produire plus de mauvais résultats pour la société, et prouver plus de faiblesse d'esprit que d'autres actions en elles-mêmes plus immorales». Ce peu de confiance en sa stabilité, tenant ainsi Byron toujours en éveil, ne concourut point peu, sans aucun doute, avec la bonté naturelle de son cœur, à donner tant de solidité et de durée à la plupart de ses attachemens,--dont quelques-uns, comme son amitié pour sa mère, durent évidemment à un sentiment de devoir, plutôt qu'à une affection réelle, la constance si honorable avec laquelle il les conserva.

Mais tandis que, sous ces rapports comme dans la persévérance avec laquelle il s'attacha aux habitudes et aux amusemens de la jeunesse, il réussit à vaincre sa variabilité et son inconstance naturelles,--dans toutes les autres applications de son esprit, dans toutes les excursions de sa raison ou de son imagination, il s'abandonna à cette humeur versatile sans scrupule et sans frein, prit toutes les formes sous lesquelles le génie pouvait se manifester, et se transporta dans toutes les régions intellectuelles où de nouvelles conquêtes pouvaient être accomplies.

Il était impossible qu'il n'abusât pas d'une telle puissance de volonté et de talent. Il était impossible que, parmi les esprits qu'il invoquait de tous côtés, les esprits de ténèbres n'apparussent pas, à son ordre, avec les esprits de lumière. Et ici les dangers d'une activité si multipliée, se complaisant ainsi dans ses transformations, se montrent d'eux-mêmes. Devant ce grand et unique objet, le déploiement d'une imagination variée, splendide, et propre à tout embellir,--toute autre considération et tout autre devoir ne pouvaient qu'être sacrifiés. Il faut que l'avocat déploie son éloquence et son art, n'importe pour quelle cause;--il faut que le talent grave partout son empreinte, n'importe avec quel sceau. Pouvait-on espérer que dans une telle carrière il ne surviendrait rien de mal, et qu'au milieu de ces éclairs d'imagination, la lumière morale demeurerait pure? Doit-on donc s'étonner que dans les œuvres d'un homme ainsi entraîné par ses brillantes qualités, nous trouvions,--certes, sans aucun dessein de corruption de sa part,--le vice embelli d'un éclat trompeur et d'un faux air de vertu, et le mal trop souvent investi d'une grandeur qui n'appartient essentiellement qu'au bien?

Entre autres maux moins sérieux, nés de cet abus d'une riche et versatile imagination,--plus spécialement développés dans l'œuvre la plus caractéristique de Lord Byron, dans Don Juan,--on trouvera que l'impression même d'une poésie vigoureuse est quelquefois fort affaiblie par ces saillies capricieuses et folâtres, où cette souplesse d'essor entraîne le poète. En vérité, tous ceux qui lisent cet ouvrage, et surtout ceux qui, ne possédant eux-mêmes qu'à une faible dose une telle flexibilité, sont incapables de suivre toutes ces brusques digressions, doivent sentir que la soudaineté avec laquelle Byron passe d'un ton à un autre,--du bouffon au mélancolique, du comique au tendre,--produit un manque de foi dans la sincérité de l'un ou l'autre, ou même de l'un et l'autre sentiment, et partant diminue, ou même refroidit tout-à-fait, la sympathie qu'une transition plus naturelle inspirerait. En général, un tel soupçon serait injuste envers Lord Byron; car, parmi les singulières combinaisons que son esprit présentait, celle de la versatilité et de la profondeur de sentiment n'était pas la moins remarquable. Mais, en somme, quelque favorable que fût cette vivacité et cette variété d'association à l'étendue de son essor poétique, on peut mettre en question si une concentration plus judicieuse de ses talens n'aurait pas produit un résultat encore plus grand et plus précieux. Si l'esprit de Milton et celui du Tasse avaient été ainsi ouverts aux incursions de frivoles et burlesques conceptions, qui peut douter que ces majestueux sanctuaires du génie n'eussent souffert autant de dommage que de profanation?--Et l'on peut au moins se demander si Lord Byron, moins versatile, moins dominé par n'eût pas été moins étonnant, peut-être, mais plus grand.

Une imagination libre comme l'air

Cette étrange propension en vertu de laquelle l'homme en Byron, fut, pour ainsi dire, inoculé par le poète, réagit sur sa poésie, de manière à produire, dans le portrait de quelques-uns de ses personnages, cette contradiction qui a été fréquemment signalée par ses critiques,--je veux dire, l'union d'une ou deux vertus sublimes et brillantes avec «un millier de crimes» tout-à-fait incompatibles avec elles; or, en vérité, cette anomalie s'explique par les deux différentes sortes d'ambition qui l'animaient,--l'une, très-naturelle, celle d'imprimer à ses personnages ces hautes et bonnes qualités qu'il sentait en lui-même,--l'autre, purement artificielle, celle de leur prêter ces crimes que par un véritable enfantillage il souhaitait lui être attribués par le monde.

Indépendamment de ces efforts pour noircir son propre nom, et même après qu'une amère expérience lui eût appris l'imprudente folie d'un tel système, il y eut toujours, dans la sincérité et la franchise outrée de son ame, et dans cet abandon facile avec lequel il exprimait toutes les impressions passagères de son esprit et de son cœur, plus qu'il n'en fallait pour exposer son caractère sous les aspects les moins favorables aux yeux de tout le monde. Quel homme, en vérité, pourrait supporter l'épreuve d'être jugé même d'après les meilleures de ces innombrables pensées qui se succèdent les unes aux autres, comme les vagues de la mer, dans l'intérieur de nos esprits, et passent sans être émises au dehors, sans même être pour la plupart, avouées de nous-mêmes?--Cependant, voilà l'épreuve que Byron subit durant sa vie entière. Tant par cette précipitation avec laquelle il céda à la moindre impulsion, que par la passion qu'il avait de rappeler ses impressions, toutes ces pensées, fantaisies et envies hétérogènes, qui dans les esprits des autres hommes, «surviennent comme des ombres, et comme elles s'évanouissent,» étaient par lui fixées et personnifiées à mesure qu'elles se présentaient, et, prenant soudain une forme reconnaissable, soit dans ses actions ou ses paroles, soit dans la rapide lettre du moment ou dans le poème destiné à l'immortalité, elles offraient au jugement de l'opinion publique un cercle de points vulnérables que nul individu, peut-être, ne présenta jusqu'ici.

Avec une telle abondance et une telle variété d'élémens pour composer un portrait, on peut aisément concevoir comment deux peintres avoués de Lord Byron, l'un par trop partial, et l'autre plein de méchanceté, ont pu:--le premier, en choisissant exclusivement les plus beaux traits, et le second les plus sombres,--produire deux portraits aussi différens l'un de l'autre qu'ils ressemblent peu, somme toute, à l'original.

Or, quant à ces appréhensions qui assiégent les imaginations vives, certes, Lord Byron en avait une part considérable, et dans tous les cas de péril ordinaire, il s'y abandonnait sans réserve. J'ai vu peu d'hommes, même peu de femmes, qui eussent plus de crainte en voiture; et, lorsqu'il montait à cheval, ses précautions contre les accidens révélaient cette même timidité nerveuse d'imagination. «Sa bride» dit feu lord B***, qui se promenait souvent à cheval avec lui à Gênes, «avait, outre le caveçon et la martingale, différentes rênes; et toutes les fois que sa seigneurie approchait d'un endroit où son cheval devait ralentir son pas, elle saisissait les susdites rênes et se fixait comme si elle allait contre une porte barricadée.» Il n'y a sans doute qu'un observateur très-superficiel ou très-prévenu qui puisse sérieusement, sur ces indications d'inquiétude nerveuse, fonder quelque conclusion contre le courage réel de celui qui les présentait. Le poète Arioste, qui était, ce semble, victime des mêmes alarmes, qui descendait de cheval à la moindre apparence de danger, et qui surtout avait peur de se trouver sur l'eau,--put néanmoins, dans l'action entre les vassaux du pape et ceux du duc de Ferrare, se battre comme un lion; et pareillement Lord Byron, comme tous ses compagnons de péril en portent témoignage, possédait cette noble espèce de courage qui s'élève à la hauteur des circonstances, et qui devient d'autant plus impassible et inébranlable, que le danger est plus imminent.

On trouvera un exemple frappant de ce trait de caractère dans une anecdote racontée par Parry, qui, tout en étant victime de l'indiscrétion, eut le bon sens et le bon esprit d'apercevoir la source à laquelle la conduite de Byron devait être rapportée. Tandis que la flotte turque bloquait Missolonghi, sa seigneurie, un jour, s'avança avec Parry, dans un petit esquif qu'un enfant faisait aller à la rame, jusqu'à l'entrée du port; le prince Mavrocordato et sa suite les accompagnaient dans une grande chaloupe. En cette situation, l'ingénieur anglais fut saisi d'un vif sentiment de mépris et d'indignation à l'égard de la nonchalance de leurs amis grecs, et se mit à le communiquer à Lord Byron en termes peu mesurés. Il dit, par exemple, que le prince Mavrocordato était «une vieille femme,» et finit, suivant son rapport, par les paroles suivantes: «Si j'étais à leur place, la seule pensée de mon incapacité et de mon ignorance me donnerait la fièvre, et je brûlerais d'impatience d'entreprendre la destruction de ces coquins de Turcs. Mais les Grecs et les Turcs sont, par leur commune imbécilité, des adversaires dignes les uns des autres.»

«J'eus à peine fini de parler, ajoute M. Parry, que Lord Byron ordonna de placer notre chaloupe à côté de l'autre, et rapporta de point en point toute notre conversation au prince Mavrocordato. Tout en agissant ainsi, il se chargea d'apaiser la colère du prince et la mienne; et, quoique je fusse d'abord très-irrité, et que le prince fût aussi, je crois, fort indisposé, il y réussit. Mavrocordato ne me témoigna aucune sorte de mécontentement, et j'attachais trop de prix à la considération de Lord Byron pour lui garder longue rancune d'un procédé qui n'était, après tout, qu'une façon désagréable de nous réprimander tous deux».

La personne de Lord Byron a été si fréquemment représentée par la plume et par le pinceau, que je serais dispensé de la décrire, si un biographe n'était strictement obligé d'ébaucher au moins cette tâche.

La figure de Byron offrait le plus haut degré de beauté; car elle unissait à-la-fois la régularité des traits à l'expression la plus variée et la plus vive. En effet, la versatilité remarquable de son ame se trahissait dans le libre jeu de sa physionomie, qui s'obscurcissait ou brillait tour-à-tour sous la passagère influence des diverses pensées du moment.

Ses yeux, quoique d'un gris clair, étaient capables d'exprimer tous les sentimens, depuis la plus extrême hilarité jusqu'à la tristesse la plus profonde, depuis la bienveillance la plus tendre jusqu'aux plus sombres mouvemens de dédain ou de colère. J'eus l'occasion de voir avec quelle terrible énergie ils annonçaient cette dernière passion, un jour que je lui rapportai, assez indiscrètement, qu'une personne m'avait dit: «Défiez-vous de Lord Byron; il fera quelque jour un méchant trait.»--Est-ce un homme ou une femme qui vous a dit cela,» s'écria-t-il, en tournant soudain sur moi un regard de colère, qui, tout momentané qu'il fut, laissa en moi un souvenir durable, et dont je ne puis donner une exacte idée qu'en me servant des termes mêmes de l'écrivain, qui dit de Chatterton que «des flammes roulaient au fond de ses yeux.»

Mais c'était dans la bouche et dans le menton que résidaient la grande beauté et l'expression de la physionomie de Byron.--«On a fait de lui (dit une femme) plusieurs bustes ou portraits, avec un succès plus ou moins grand; mais l'extrême beauté de ses lèvres a échappé à tous les peintres et à tous les sculpteurs. Dans leur infatigable jeu, elles représentaient toutes ses émotions,--sa colère par leur pâleur, son dédain par leur moue, sa joie par leur sourire, son espiéglerie et son amour par leurs gracieuses fossettes.» Je croirais faire une injustice aux lecteurs, si je ne leur offrais encore quelques touches du même pinceau. «Cette extrême mobilité d'expression était quelquefois pénible à voir; car j'ai vu Lord Byron avoir l'air absolument laid;--je l'ai vu avoir l'air si dur et si froid, qu'il paraissait haïssable; puis, en un moment, plus radieux que le soleil, il avait une si aimable douceur dans son air, faisait briller une affection si empressée dans ses regards, donnait à ses lèvres un épanouissement si supérieur au sourire, qu'on oubliait l'homme,--Lord Byron,--dans l'image de beauté offerte à nos yeux, et contemplée avec une vive curiosité.--J'allais presque dire que tel dut apparaître le dieu de la poésie, le dieu du Vatican, lorsqu'il conversait avec les fils et les filles des hommes.»

En revoyant le Journal dont j'avais intention de donner des extraits, je n'ai choisi que les opinions ou rêveries suivantes, relatives pour la plupart aux croyances religieuses. J'avais avancé dans la première partie de cet ouvrage que, «en aucun tems de sa vie, Lord Byron ne fut un incrédule décidé.» On a objecté à cette assertion que plusieurs passages de ses écrits prouvent directement le contraire. Mais cette objection, ainsi que l'interprétation de la plupart des passages citée à l'appui, se fonde, ce me semble, sur l'erreur, fort ordinaire en conversation, qui consiste à confondre la signification des mots incrédule et sceptique;--le premier supposant une opinion arrêtée, et le second le doute. Je n'ai pas moi-même toujours observé scrupuleusement cette distinction; et, dans un cas, je suis même entré par mégarde dans les idées de ceux que je combats en représentant Byron, dans sa jeunesse, comme «un écolier incrédule,» tandis que le mot «douteux» eût plus exactement exprimé ma pensée. Après cette explication nécessaire, je répéterai ici mon assertion; ou plutôt,--pour en mettre la substance sous une différente forme,--je dirai que Lord Byron fut, jusqu'au dernier moment, un sceptique, ce qui veut dire implicitement qu'il ne fut jamais un incrédule décidé.

PENSÉES DÉTACHÉES.

I.

II.

«L'immortalité de l'ame me paraît peu douteuse, si nous songeons un instant à l'action de l'esprit; il est dans une perpétuelle activité. Je doutai autrefois, mais la réflexion m'a mieux inspiré. L'esprit agit même indépendamment du corps,--dans les rêves, par exemple:--d'une manière incohérente et folle, je l'avoue; mais enfin c'est l'esprit qui agit, et même beaucoup plus que lorsque nous sommes éveillés. Or, cet esprit ne peut-il agir isolément, aussi bien que lors de son union avec le corps? Qui oserait nier cela? Les stoïciens, Épictète et Marc-Aurèle nomment l'existence actuelle «l'état d'une ame qui traîne un cadavre,»--lourde chaîne, sans aucun doute; mais toutes les chaînes, par cela même qu'elles sont matérielles, peuvent être brisées. Jusqu'à quel point notre vie future sera-t-elle individuelle; ou, pour mieux dire, jusqu'à quel point ressemblera-t-elle à notre existence présente? C'est une autre question; mais toujours est-il que l'éternité de l'esprit me semble aussi probable que celle du corps l'est peu. A la vérité, j'attaque ici la question sans recourir à la révélation, qui, après tout, en est une solution au moins aussi rationnelle qu'aucune autre. Une résurrection matérielle semble étrange et même absurde, excepté dans le but de punir; et toute punition, qui doit plutôt avoir le caractère d'une vengeance que d'une correction, est moralement mauvaise. Or, après la fin du monde, quelle pourra être la moralité ou l'utilité de tourmens éternels? Les passions humaines ont probablement défiguré les vérités divines sur ce point:--mais le problème est un mystère inabordable.»

III.

«Il est inutile de me dire: «Crois, et ne raisonne pas.» Vous feriez aussi bien de dire à un homme: «Ne veille pas, mais dors.» Puis, à quoi bon cet épouvantail de tortures, etc.? Je ne puis m'empêcher de penser que la menace de l'enfer fait autant de diables que les sévères codes pénaux de l'inhumaine humanité font de scélérats.»

IV.

«L'homme est né avec des passions charnelles, mais sa patrie spirituelle a une tendance secrète à l'amour du bien. Mais, grand Dieu! il est à présent un triste vase d'atomes.»

V.

«La matière est éternelle, toujours changeante, mais reproduite; et, autant que nous pouvons comprendre l'éternité, éternelle. Pourquoi l'esprit ne le serait-il pas? Pourquoi l'esprit n'agirait-il pas avec l'univers et sur l'univers, comme ses parcelles agissent avec et sur l'amas de poussière appelé humanité? Voyez comme un homme agit sur lui-même et sur les autres, ou même sur une multitude! La même action, dans un degré plus haut et plus pur, peut s'exercer sur les étoiles, etc, à l'infini.»

VI.

«J'ai souvent penché pour le matérialisme en philosophie, mais je n'ai jamais pu en concevoir l'introduction dans le christianisme, qui me paraît essentiellement fondé sur l'ame. Pour cette raison, le Matérialisme chrétien de Priestley me pétrifia toujours d'étonnement. Croyez à la résurrection du corps, si vous voulez, mais non pas sans ame. Ce serait le diable, si après avoir eu ici-bas une ame, un esprit, une intelligence (comme il vous plaira de dire), nous devions en être privés dans l'autre monde, même pour une matérialité immortelle. J'avoue ma partialité pour l'esprit.»

VII.

«C'est toujours par un brillant soleil que je suis très-religieux, comme s'il y avait une association entre un essor intérieur vers une plus grande et plus pure clarté, et l'allumeur de cette sombre lanterne de notre existence extérieure.»

VIII.

IX.

«Si d'après certaines considérations, vous pouviez prouver que le monde est de plusieurs milliers d'années plus vieux que ne le fait la chronologie mosaïque, ou si vous pouviez vous débarrasser d'Adam et d'Ève, de la pomme et du serpent, que mettriez-vous à la place? ou quelle difficulté se trouve levée? Les choses doivent avoir eu un commencement, et peu importe quand ou comment?»

X.

XI.

»En effet (qu'on me permette la supposition), si les sottises des sots étaient toutes consignées par écrit comme celles des sages, les sages (qui ne paraissent aujourd'hui qu'une meilleure espèce de sots) sembleraient presque intelligens.»

XII.

«C'est singulier comme nous perdons vite l'impression de ce qui cesse d'être constamment sous nos yeux: une année la diminue, un lustre l'oblitère. Il n'en reste rien de distinct sans un effort de mémoire. Puis, en vérité, la lumière reparaît pour un moment; mais qui peut être sûr que l'imagination ne nous prête pas alors son flambeau? Qu'un homme essaie au bout de dix ans de se rappeler les traits, ou l'esprit, ou les paroles, ou les habitudes de son meilleur ami, ou de son grand homme (je veux dire son favori, son Bonaparte, son monsieur tel ou tel), et il sera surpris de l'extrême confusion de ses idées. Je parle avec assurance sur ce point, car j'ai toujours passé pour être doué d'une bonne,--d'une excellente mémoire. J'excepte pourtant nos souvenirs de femmes; nous n'oublions pas plus ces maudites créatures que toute époque remarquable, comme la révolution,» ou «la peste,» ou «l'invasion,» ou «la comète,» ou «la guerre» de telle ou telle année,--toutes dates favorites de l'humanité, qui a tant de prospérités en partage qu'elle les met, comme choses trop vulgaires, dans la composition de ses calendriers. Par exemple, vous voyez: «grande sécheresse,» «Tamise gelée,» «guerre de sept ans,» «commencement de la révolution anglaise, française ou espagnole,--» «tremblement de terre de Lisbonne,» «tremblement de terre de Lima,» «tremblement de terre de Calabre,» «peste de Londres,» «item de Constantinople,» «suette épidémique,» «fièvre jaune de Philadelphie, etc., etc., etc.» Mais vous ne voyez pas: «L'abondante moisson,» «le bel été,» «la longue paix,» «les spéculations prospères,» «l'heureuse navigation,» dans de si emphatiques éphémérides. A propos, il y a eu une guerre de trente ans et une guerre de soixante-dix ans; y a-t-il eu jamais une paix de soixante-dix ou trente ans? Y a-t-il même eu jamais une paix universelle d'un jour? Excepté peut-être en Chine, où l'on a trouvé le misérable bonheur d'une médiocrité stationnaire et pacifique. Et cela vient-il de l'avarice ou de la cruauté de la nature? ou de l'ingratitude des hommes? Que les philosophes décident. Je ne le sais pas.»

XIII.

«En général, je ne cadre pas bien avec les hommes de lettres; non pas que je les aie en aversion, mais je n'ai jamais rien à leur dire après avoir loué leur dernier ouvrage. Il y a plusieurs exceptions, sans aucun doute; mais alors ce sont des hommes du monde, comme Scott, Moore, etc.; ou des visionnaires étrangers au monde, comme Shelley, etc. Mais, pour les autres, je ne me trouvai jamais bien dans leur compagnie, et surtout je ne pus jamais souffrir vos littérateurs étrangers, excepté Giordani, et--et--et--(ma foi, je ne puis en citer un autre);--il n'y en a pas un que j'aie désiré voir deux fois, excepté peut-être Mezzophanti, qui est un monstre de linguistique, le Briarée des parties du discours, un polyglotte ambulant, qui aurait dû exister au tems de la Tour de Babel pour servir d'interprète universel. Il est vraiment merveilleux,--et pourtant modeste. Je le mis à l'épreuve dans toutes les langues dont je connaissais le plus petit juron (ou imprécation contre postillons, sauvages, tartares, bateliers, matelots, pilotes, gondoliers, muletiers, chameliers, voituriers, maîtres de poste, chevaux de poste, relais de poste, et tout ce qui concerne la poste); eh bien! il me confondit,--même dans mon anglais.»

XIV.

En plaçant devant les yeux du lecteur ces derniers extraits des papiers que je possède, je devrais peut-être dire quelque chose,--en addition à ce que j'ai déjà émis sur le sujet,--concernant ces Mémoires, qu'en vertu du pouvoir discrétionnaire à moi confié par mon noble ami, je mis, peu de tems après sa mort, à la disposition de sa sœur et de son exécuteur testamentaire, et qu'un sentiment de respect pour sa mémoire fit livrer aux flammes. Toutefois, comme les circonstances liées à la reddition de ce manuscrit,--exigeant d'ailleurs beaucoup plus de détails que mes bornes ne me permettent, --ne concernent, sous aucun rapport, le caractère de Lord Byron, mais touchent uniquement le mien, ce n'est pas ici du moins que je me crois appelé à entrer en explication. Le monde continuera, sans doute, à juger de cette mesure comme il lui plaira; mais, après tout, c'est de notre propre opinion sur nos actions que notre bonheur dépend principalement, et je ne puis que dire que, si j'étais de nouveau placé dans les mêmes circonstances, je me déciderais,--dussé-je décupler le sacrifice pécuniaire que ma conduite me coûta,--à agir précisément de la même manière.

En vérité, si la suppression est blâmable, j'ai, dans le cours de mon travail, plus d'une fois encouru ce blâme; car, comme le lecteur a dû s'en apercevoir, j'ai omis une portion considérable de matériaux, auxquels Lord Byron, sans doute, dans son insouciance complète des conséquences, aurait désiré donner la publicité, mais qui, suivant les plus grandes probabilités, ne verront jamais le jour.

La biographie de Byron est une tâche ardue que je n'ai pas, du moins, de moi-même entreprise: mon ami avait plus d'une fois exprimé le désir que je me chargeasse de cet office, à une époque où lui seul pressentait que j'eusse une grande chance d'avoir ce triste honneur. Si dans quelques cas j'ai consulté plutôt l'esprit que la lettre de ses injonctions, ç'a été dans l'unique but d'être plus juste envers lui qu'il ne l'a été lui-même; car il n'y avait point de mains entre lesquelles son caractère pût être plus compromis qu'entre les siennes, ni on ne pouvait faire plus de tort à sa mémoire qu'en substituant ce qu'il affectait d'être à ce qu'il était réellement. Je ne crois point, toutefois, avoir poussé la partialité au-delà du degré que notre amitié mutuelle explique et justifie; et, en vérité, il ne serait pas possible à l'ami le plus partial d'alléguer rien de plus convaincant en faveur de son caractère que la simple énonciation des faits par lesquels je conclurais--durant sa vie, malgré toutes ses fautes, il ne perdit jamais un ami;--ceux qui l'entourèrent dans sa jeunesse, comme camarades, professeurs ou domestiques, lui demeurèrent attachés jusqu'au dernier moment;--la femme à qui il accorda son amour dans la maturité de l'âge, l'idolâtre encore; et, à une malheureuse exception près, on citerait à peine l'exemple d'une seule personne qui, après avoir eu les plus courtes relations d'amitié avec lui, n'ait pas éprouvé pour lui un sentiment de bienveillance, et gardé de lui un doux souvenir.

J'ai maintenant terminé mon sujet, et je ne serai pas aisément amené à y remettre la main. Toutes les erreurs qui me seront démontrées seront corrigées;--tous les faits nouveaux que d'autres pourront produire parleront d'eux-mêmes. Quant aux pures opinions, je n'y ferai aucune attention,--et encore moins aux insinuations mystérieuses. J'ai dit ce que je sais et pense sur mon ami, et j'abandonne maintenant son caractère moral et littéraire au jugement du monde.

FIN.

APPENDICE.

DEUX ÉPITRES TRADUITES DE L'ARMÉNIEN.

ÉPITRE DES CORINTHIENS A L'APÔTRE SAINT PAUL.

1. «Étienne, et avec lui les anciens de l'église corinthienne, Numène, Eubule, Théophile et Xinon, à Paul, notre père, notre évangéliste et fidèle maître en Jésus-Christ, salut.

2.»Il est venu à Corinthe deux hommes, nommés Simon et Cléobe, qui ébranlent dangereusement la foi de quelques-uns de nos frères par des paroles trompeuses et corrompues;

3.»Desquelles paroles il faut t'instruire:

4.»Car nous n'avons point entendu de telles paroles, ni de toi ni des autres apôtres;

5.»Mais nous savons seulement ce que nous avons entendu de toi et d'eux; et nous l'avons fermement gardé.

6.»Mais notre Seigneur a eu compassion de nous, en ceci surtout que, tandis que tu es encore avec nous en chair, nous pouvons encore entendre de toi la parole divine.

7.»Écris-nous donc, ou viens toi-même bientôt parmi nous.

8.»Nous croyons dans le Seigneur qui, comme il fut révélé à Théonas, t'a délivré des mains des infidèles.

9.»Mais voici les paroles criminelles de ces hommes impurs. Ils disent et enseignent:

10.»Qu'il convient de ne point admettre l'autorité des prophètes.

11.»Ils n'affirment pas non plus l'omnipotence de Dieu;

12.»Ils n'affirment pas non plus la résurrection de la chair;

13.»Ils n'affirment pas non plus que l'homme fut créé par Dieu;

14.»Ils n'affirment pas non plus que Jésus-Christ fut incarné dans le sein de la Vierge Marie;

15.»Ils disent aussi que le monde ne fut pas l'ouvrage de Dieu, mais d'un ange.

16.»Hâte-toi donc de venir parmi nous,

17.»Afin que cette cité des Corinthiens demeure sans scandale,

18.»Et que la folie de ces hommes devienne manifeste par une claire réfutation. Adieu.»

Les diacres Thérepte et Tique reçurent et portèrent cette épître à la cité des Philippiens.

Lorsque Paul reçut l'épître, quoiqu'il fût alors dans les fers à cause de Stratonice, femme d'Apollophane, cependant, oubliant pour ainsi dire ses chaînes, il fut affligé de ces paroles, et dit en pleurant: «Mieux vaudrait pour moi être mort, et avec le Seigneur; car tandis que je suis dans ce corps, et que j'entends les abominables paroles d'une si fausse doctrine, voyez, j'éprouve douleur sur douleur; et mon affliction ajoute un poids à mes fers, quand je vois cette calamité, et ce progrès des machinations de Satan qui cherche à nuire.»

Et ainsi, dans une profonde affliction, Paul composa sa réponse à l'épître.

ÉPITRE DE PAUL AUX CORINTHIENS.

1. «Paul, emprisonné pour Jésus-Christ, et troublé par diverses douleurs, à ses frères Corinthiens, salut.

2.»Je ne m'étonne pas que les prédicateurs du mal aient fait ce progrès.

3.»Car, comme le Seigneur Jésus est près d'accomplir sa venue, c'est pour cela même que certains hommes altèrent et méprisent ces paroles.

4.»Mais, en vérité, je vous ai, dès le principe, enseigné ce que j'appris des premiers apôtres, qui demeurèrent toujours avec le Seigneur Jésus-Christ.

5.»Et je vous dis maintenant que le Seigneur Jésus-Christ naquit de la Vierge Marie, qui était de la race de David.

6.»Conformément à l'annonciation du Saint-Esprit, à elle envoyé par notre Père du haut des cieux;

7.»Afin que Jésus fut introduit dans le monde, et délivrât notre chair par sa chair, et qu'il nous ressuscitât d'entre les morts;

8.»Comme il en a été lui-même un exemple;

9.»Afin qu'il fût manifeste que l'homme a été créé par le Père céleste;

10.»Il n'a pas été abandonné dans la perdition;

11.»Mais il est recherché pour être revivifié par l'adoption.

12.»Car Dieu, qui est le Seigneur tout-puissant, le père de notre Seigneur Jésus-Christ, et qui créa le ciel et la terre, envoya d'abord les prophètes aux Juifs;

13.»Afin qu'il les purifiât de leurs péchés, et les amenât à son jugement.

14.»Parce qu'il désirait sauver, d'abord, la maison d'Israël, il donna et inspira son esprit aux prophètes;

15.»Afin qu'ils prêchassent pendant long-tems le culte de Dieu, et la nativité du Christ.

16.»Mais celui qui fut le prince du mal, quand il désira se faire dieu lui-même, mit sa main sur eux;

17. Et retint tous les hommes dans le péché.

18.»Car le jugement du monde approchait.

19.»Mais le Tout-Puissant, quand il voulut juger, n'abandonna pas volontiers sa créature;

20.»Mais quand il vit son affliction, il eut compassion d'elle:

21.»Et à la fin du tems, il envoya le Saint-Esprit dans la Vierge annoncée par les prophètes.

22.»Laquelle, ferme dans sa foi, fut rendue digne de concevoir et d'enfanter notre Seigneur Jésus-Christ.

23.»Afin que le malin esprit fût chassé de ce corps périssable, où il s'était glorifié, et qu'il devînt manifeste.

24.»Qu'il n'était point Dieu: car Jésus-Christ, par sa chair, avait sauvé cette périssable chair, et l'avait appelée à la vie éternelle par la foi.

25.»Car dans son corps il préparait un pur temple de justice pour tous les âges;

26.»Et c'est en lui que, quand nous croyons, nous sommes sauvés.

27.»Sachez donc que ces hommes sont, non pas les enfans de la justice, mais les enfans de la colère;

28.»Lesquels éloignent d'eux la compassion de Dieu;

29.»Lesquels disent que ni les cieux ni la terre ne furent les œuvres produites par la main du père de toutes choses.

30.»Mais ces hommes maudits ont la doctrine du serpent.

31.»Mais vous, par la grâce de Dieu, retirez-vous loin d'eux, et bannissez loin de vous la doctrine des méchans.

32.»Car vous n'êtes pas les enfans de la rebellion, mais les fils de l'église bien-aimée.

33.»Et c'est pour cela que le tems de la résurrection est prêché à tous les hommes.

34.»Donc ceux qui affirment qu'il n'y a pas de résurrection de la chair, ne sont point appelés à la vie éternelle;

35.»Mais c'est pour être jugé et condamné que l'incrédule ressuscitera en chair;

36.»Car à ce corps qui renie la résurrection du corps, la résurrection ne sera pas accordée, puisqu'il y a des hommes qui repoussent la résurrection.

37.»Mais vous, Corinthiens! vous avez appris, d'après l'exemple du blé et des autres semences;

38.»Qu'un grain tombe dans la terre, et d'abord y meurt;

39.»Et puis renaît, par la volonté de Dieu, avec le même corps;

40.»Et, en vérité, il ne renaît pas qu'avec le même corps, mais il renaît multiple, et comblé de bénédictions.

41.»Mais nous citons l'exemple, non-seulement des semences, mais des honorables corps des hommes.

42.»Vous aussi avez entendu parler de Jonas, fils d'Amathi.

43.»Parce qu'il tarda d'aller prêcher à Ninive, il fut englouti dans le ventre d'un poisson durant trois jours et trois nuits;

44.»Et après trois jours, Dieu entendit la supplication de Jonas, et le retira du profond abîme;

45»Aucune partie de son corps n'était corrompue, ni son sourcil ne s'était abaissé.

46.»Et à combien plus forte raison serez-vous ressuscités, ô hommes de peu de foi!

47.»Si vous croyez en notre Seigneur Jésus-Christ, il vous ressuscitera, comme il est lui-même ressuscité.

49.»A plus forte raison, vous, qui êtes soutenus par la chair, le sang et l'esprit du Christ, vous vous releverez en ce grand jour avec un corps accompli?

51.»A plus forte raison Jésus-Christ vous ranimera, en ce jour, avec un corps accompli, comme il est lui-même ressuscité.

52.»Vous n'admettrez pas d'autres choses en vain.

53.»Désormais personne ne peut plus m'inquiéter, car je porte sur mon corps ces fers;

54.»Pour obtenir le Christ; et je souffre avec patience ces afflictions, pour devenir digne de la résurrection d'entre les morts.

55.»Et vous qui avez reçu la loi des mains des bienheureux prophètes et du saint évangéliste, gardez-la tous fermement;

56.»Jusqu'à la fin du monde, afin que vous soyez récompensés dans la résurrection de la chair, et dans la possession de la vie éternelle.

57.»Mais si quelqu'un de vous meurt dans l'incrédulité, il sera jugé avec les pécheurs, et puni avec ceux qui ont une fausse foi.

58.»Car c'est une race de vipères, ce sont les enfans des dragons et des basilics.

59.»Retirez-vous loin d'eux, et fuyez avec l'aide de notre Seigneur Jésus-Christ.

60.»Et la paix et la grâce du fils bien-aimé soient avec vous. Ainsi-soit-il.»

Fait en anglais par moi, en janvier-février 1817, au couvent de San-Lazaro, à l'aide du texte arménien expliqué par le père Pascal Aucher, moine arménien. BYRON.

Venise, 10 avril 1817.

J'eus aussi le texte latin, mais il est en plusieurs endroits fort altéré, et il y a de grandes omissions.

LETTRE DE M. TURNER, RELATIVE A L'EXPLOIT DE LÉANDRE.

Huit mois après la publication de mon Tour dans le Levant, il parut dans le London Magazine, puis dans la plupart des journaux, une lettre de feu Lord Byron à M. Murray.

J'éprouvai sur-le-champ le désir de repousser une accusation d'erreur si directement portée contre moi; mais je pensai, et les amis que je consultai pensèrent avec moi, que je ferais mieux d'attendre une occasion plus favorable que celle fournie par les journaux pour défendre mon opinion, qu'une autorité aussi imposante que la lettre de Lord Byron n'ébranlait pas, et qui, j'ose dire, reste encore inébranlable.

Je dois cependant regretter d'avoir résisté au premier mouvement qui me portait à répondre sur le champ. Le bras de la mort a enlevé Lord Byron de son trône littéraire et poétique, et je ne puis que me garder de l'imputation illibérale d'attaquer les morts puissans, dont le talent m'eût fait trembler de lutter avec eux de leur vivant, en me bornant scrupuleusement aux faits et aux éclaircissemens qui sont strictement nécessaires pour détruire l'accusation d'erreur, de faux rapport et de présomption, griefs dont tout écrivain doit souhaiter de se montrer innocent.

Lord Byron commença par dire: «Le courant n'était pas en notre faveur», et ajouta «ni moi ni personne à bord de la frégate n'avions connaissance d'une différence de courant sur la rive asiatique; je n'en entendis jamais parler jusqu'à ce moment». Sa seigneurie avait probablement oublié que Strabon décrit distinctement la différence de courant dans les termes suivans:

L'auteur dit clairement que le courant assiste ceux qui partent de Sestos, et les mots ἀφιέντες τὰ πλοῖα,--navigia dimittentes:--«laissant leurs barques aller d'elles-mêmes,» montrent combien l'assistance du courant était considérable; tandis que les mots πλάγιον,--obliquè,--et τελέως,--prorsùs, prouvent nettement que ceux qui venaient d'Abydos étaient obligés de traverser le détroit dans une direction oblique, ou qu'ils auraient eu le courant tout-à-fait contre eux.

De cette ancienne autorité, qui, je l'avoue, me paraît incontestable, passons aux modernes. Le baron de Tott, qui, ayant résidé quelque tems sur les lieux en qualité d'ingénieur pour la construction des batteries, doit être supposé pleinement instruit sur ce point, s'est exprimé en ces termes:--

«La surabondance des eaux que la mer Noire reçoit, et qu'elle ne peut évaporer, versée dans la Méditerranée par le Bosphore de Thrace et la Propontide, forme aux Dardanelles des courans si violens, que souvent les bâtimens, toutes voiles dehors, ont peine à les vaincre. Les pilotes doivent encore observer, lorsque le vent suffit, de diriger leur route de manière à présenter le moins de résistance possible à l'effort des eaux. On sent que cette étude a pour base la direction des courans, qui, renvoyés d'une pointe à l'autre, forment des obstacles à la navigation, et feraient courir les plus grands risques si l'on négligeait ces connaissances hydrographiques».--Mémoires de Tott, IIIe partie.

A ces citations j'ajouterai l'opinion de Tournefort, qui, dans sa description du détroit, exprime avec ironie son peu de foi à la réalité de l'exploit de Léandre; et pour montrer que les plus récens voyages s'accordent avec les anciens, je terminerai par une phrase de M. Madden, qui vient de revenir du lieu même. «Ce fut en partant de la rive européenne que Lord Byron nagea avec le courant, dont la vitesse est d'environ quatre milles à l'heure. Mais je crois qu'il eût trouvé le trajet totalement impraticable en allant d'Abydos en Europe».--Voyages de Madden, vol. I.

Il y a dans la lettre de Lord Byron deux autres observations que je crois nécessaire de rappeler.

Ici Lord Byron a raison, et je n'hésite point à avouer que j'eus tort. Mais j'eus tort selon la lettre, et non suivant l'esprit. Tout objet jeté de la rive européenne dans le courant, serait entraîné dans l'Archipel, parce qu'après être arrivé à une distance assez courte de la rive asiatique pour qu'un homme pût y avoir pied ou peu s'en faut, il serait de nouveau éloigné de la côte par le courant qui part du promontoire asiatique. Mais ce serait chose indifférente pour un nageur, qui, étant si près de terre, gagnerait le bord, sinon en marchant, du moins par un léger effort.

Lord Byron ajoute, dans son post-scriptum: «Le détroit, toutefois, n'est point extraordinairement large, même dans sa plus grande dimension au-dessus et au-dessous des forts». Ici je me hasarderai à exprimer un sentiment contraire, avec défiance toutefois, mais avec une défiance diminuée par la facilité avec laquelle ce fait peut être vérifié. Le détroit s'élargit si considérablement au-dessus des forts par la baie de Maytos, et par la baie opposée sur la côte d'Asie, que l'espace à traverser à la nage en ce sens serait, suivant mon pauvre jugement, trop grand pour être franchi par qui que ce fût d'Asie en Europe, avec un tel courant à vaincre.

Je conclus en énonçant comme mon humble opinion, que personne n'est obligé de croire à la possibilité de l'exploit de Léandre, jusqu'à ce que le trajet ait été fait par un nageur, au moins d'Asie en Europe. Le sceptique est même en droit d'exiger, comme condition de sa foi, que le détroit soit traversé, comme Léandre est dit l'avoir fait, dans les deux sens au moins dans l'espace de quatorze heures. W. TURNER.

EXPOSÉ DE LA CONSULTATION,

PAR M. MILLINGEN.

Comme l'exposé de M. Millingen diffère totalement de celui du docteur Bruno, il est à-propos que le lecteur voie les propres paroles de Millingen:--

«Le matin (18 février) on se décida à faire une consultation à laquelle le docteur Lucca-Vega et le docteur Freiber, mes aides, furent invités. Le docteur Bruno et Lucca proposèrent d'avoir recours aux antispasmodiques et autres remèdes employés dans la dernière période du typhus. Freiber et moi nous soutînmes que ces moyens ne pourraient que hâter la fatale terminaison; que rien n'était plus empirique que de courir d'un extrême à l'autre; que si, comme nous le pensions tous, le mal était dû à la métastase de l'inflammation catarrhale, les symptômes actuels ne dépendaient que du progrès rapide et considérable qu'il avait fait dans un organe auparavant si affaibli et si irritable. Les antiphlogistiques ne pouvaient être nuisibles dans ce cas; ils seraient inutiles, il est vrai, si la désorganisation était déjà opérée; mais alors, puisque tout espoir serait anéanti, quels moyens ne seraient pas superflus? Nous recommandâmes l'application de nombreuses sangsues aux tempes, derrière les oreilles, et le long du trajet de la veine jugulaire, un large vésicatoire entre les épaules, et les sinapismes aux pieds, comme moyens offrant les dernières chances de succès, si faibles qu'elles fussent. Le docteur Bruno, comme médecin ordinaire du malade, eut voix prépondérante, et prépara la potion antispasmodique que le docteur Lucca et lui étaient d'avis d'administrer; elle était composée d'une forte infusion de valériane, d'éther, etc. Après l'administration de la première dose, le mouvement convulsif et le délire s'accrurent; mais, malgré mes représentations, une seconde dose fut donnée une demi-heure après. Après avoir articulé conformément quelques phrases entrecoupées, le patient tomba bientôt dans un sommeil comateux, qui le lendemain se termina par la mort. Il expira le 19 avril, à six heures du soir.»

TESTAMENT DE LORD BYRON,

EXTRAIT DU REGISTRE DE LA COUR DE CANTORBÉRY.

Moi, George Gordon, lord Byron, baron Byron, de Rochdale, dans le comté de Lancastre, signifie mes dernières volontés par le testament suivant:--Je donne et lègue mon susdit fief de Rochdale, dans le dit comté de Lancastre, avec jouissance entière des droits, prérogatives, dépendances et appartenances d'icelui, et toutes mes terres, métairies, héritages et immeubles situés dans la paroisse, ou seigneurie susdite de Rochdale, et tous mes autres domaines, terres, héritages et immeubles quelconques, à mes amis John Cam Hobhouse, ci-devant du collége de la Trinité, à Cambridge, esquire, et John Hanson, membre de la chancellerie, à Londres, esquire, pour qu'ils en usent et disposent, eux, leurs héritiers et légataires, suivant l'intention par moi déclarée que les susdits John Cam Hobhouse et John Hanson; et en cas de décès du survivant, et les héritiers et légataires du survivant, vendent et cèdent, aussitôt qu'on pourra le faire convenablement après mon décès, le susdit fief et les susdits immeubles au plus haut prix possible, soit par contrat fait de gré à gré ou par vente publique à l'enchère, soit en un seul lot ou en plusieurs, comme mes susdits fondés de pouvoir le jugeront à propos; et pour faciliter cette vente ou ces ventes, j'entends que le reçu ou les reçus de mes susdits fondés de pouvoir, ou du survivant, ou des héritiers et légataires d'icelui, soient une bonne et suffisante quittance à l'acheteur ou aux acheteurs de mes susdits immeubles, et d'une ou plusieurs parties d'iceux, pour autant d'argent que ces reçus reconnaîtront; et que l'acheteur ou les acheteurs, et leurs héritiers et légataires ne soient plus en aucune façon responsables du prix d'achat, ni obligés de surveiller l'emploi de ces fonds: et je veux et entends que mes susdits fondés de pouvoir demeurent en possession de tout l'argent à retirer de la vente de mes susdits immeubles comme dépôt destiné et consacré à l'accomplissement des intentions et volontés que je manifeste et déclare ci-après concernant iceux. Et tandis que j'ai, par certains actes passés par-devant notaire lors de mon mariage avec ma présente femme, cédé la totalité de mon fief et domaine de Newstead, dans les paroisses de Newstead et de Linley, comté de Nottingham, à des fondés de pouvoir, à condition de vendre le susdit domaine ou fief, et d'appliquer la somme de soixante mille livres sterling, partie de l'argent à provenir de cette vente, à l'exécution de mon contrat de mariage: aujourd'hui je donne et lègue par le présent acte tout le reste du prix de la vente de mon susdit domaine de Newstead, et la totalité des susdites soixante mille livres sterling, ou telle part d'icelles qui ne sera point payée et payable pour mon susdit contrat de mariage, aux susdits John Cam Hobhouse et John Hanson, à leurs exécuteurs testamentaires, mandataires et légataires, comme dépôt destiné à l'accomplissement des intentions et volontés que je manifeste ci-après sur le reste de ma fortune personnelle. Je donne et lègue à chacun de mes exécuteurs testamentaires, les susdits John Cam Hobhouse et John Hanson, la somme de mille livres sterling. Je donne et lègue tout le reste, résidu ou reliquat de ma fortune personnelle aux susdits John Cam Hobhouse et John Hanson, à leurs exécuteurs testamentaires, mandataires et légataires, à cette fin que les deux susdits fondés de pouvoir ou le survivant, ou les exécuteurs testamentaires et mandataires du survivant, se mettent en possession de tous les restes et reliquats de ma fortune personnelle, et de tout l'argent à provenir de la vente de mes immeubles à eux légués ci-dessus, et de tout ce qui reste disponible sur le prix de vente de mon susdit fief de Newstead, après le paiement de mes dettes et de mes legs, pour remplir mes volontés et intentions ci-après déclarées, c'est-à-dire, pour que mes susdits fondés de pouvoir, ou le survivant, ou les exécuteurs testamentaires et mandataires du survivant, placent les susdites sommes sur les fonds publics, ou sur le trésor, ou sur hypothèques, avec pouvoir de varier, changer et transposer ces placemens durant la vie de ma sœur Augusta-Marie Leigh, épouse de George Leigh, esquire, d'en toucher les intérêts, dividendes et produits annuels, au fur et à mesure que ces intérêts, dividendes et produits annuels écherront et deviendront payables, et de verser les susdits intérêts, dividendes et produits annuels entre les propres mains de la dite Augusta-Marie Leigh, pour son usage et bénéfice particulier, sans que les susdits intérêts, dividendes et produits annuels puissent jamais être atteints par le contrôle, les dettes ou les engagemens du mari actuel ou à venir de ladite Augusta-Marie Leigh, ou entre les mains de la personne ou des personnes que ma dite sœur désignera chaque fois, par un écrit de sa main, nonobstant son mariage présent ou un mariage à venir; et pour que, immédiatement après le décès de ma dite sœur, mes susdits fondés de pouvoir, ou le survivant, ou les exécuteurs testamentaires et mandataires du survivant, donnent et transfèrent tous mes biens ci-dessus mentionnés et à eux confiés en dépôt, ou les titres de rentes, capitaux ou immeubles, en lesquels ou sur lesquels les susdits biens auront été convertis ou hypothéqués, à l'enfant ou, s'il y en a plus d'un, aux enfans de ma dite sœur, suivant telles répartitions, distributions et proportions, et cela en intérêts ou en principal à telle époque ou telles époques, et avec telles conditions, clauses et restrictions, que ma dite sœur aura déterminées et réglées de son vivant, à quelque époque que ce soit, en puissance de mari ou non, par un ou plusieurs actes, notariés ou non, dressés par écrit, avec ou sans pouvoir de révocation, et scellés et délivrés en présence de deux témoins honorables ou plus, ou par ses dernières volontés exprimées dans un testament écrit, ou par toute pièce écrite en guise de testament; et au cas que ma dite sœur meure sans testament ou de mon vivant, je veux que mes deux susdits fondés de pouvoir, ou le survivant, ou ses exécuteurs testamentaires, mandataires et légataires, donnent et transfèrent tous les biens mobiliers et immobiliers à eux confiés à l'enfant, ou, s'il y en a plus d'un, aux enfans de ma dite sœur, par portions égales, et cela, suivant le cas, à l'unique enfant mâle ou à chacun des enfans mâles, à l'époque de sa vingt-et-unième année, et à la fille unique ou à chacune des filles à l'époque de sa vingt-et-unième année, ou de son mariage s'il a lieu avant sa vingt-et-unième année; et au cas qu'un enfant meure, si c'est un garçon, sans avoir atteint l'âge de vingt-et-un-ans, et si c'est une fille, sans avoir atteint le même âge de vingt-et-un ans ni s'être mariée, je veux et ordonne que la part ou les parts du décédé, ou des décédés, reviennent à l'enfant ou aux enfans survivans. Et j'entends que mes susdits fondés de pouvoir emploient et consacrent les intérêts et dividendes des parts de chacun des susdits enfans à leur entretien et à leur éducation durant leur minorité; mais que les intérêts et dividendes qui n'auront pas été ainsi employés s'accumulent et grossissent le capital. Or je nomme, établis et désigne les susdits John Cam Hobhouse et John Hanson pour exécuteurs de ce testament. Et je veux et entends que mes susdits fondés de pouvoir ne soient pas responsables l'un pour l'autre, mais que chacun ne soit responsable que de ses actes, contrats, reçus ou malversations, et que mes susdits fondés de pouvoir soient autorisés à retenir et à prélever sur les fonds qui viendront en leurs mains d'après les dispositions ci-dessus mentionnées, tous les frais et toutes les dépenses qu'ils auront à payer et à soutenir en exécution des clauses ci-dessus mentionnées. Je fais les susdites dispositions en faveur de ma sœur et de ses enfans, parce que ma chère femme lady Byron et tous les enfans que je puis avoir sont amplement pourvus; et, enfin, je révoque tous les testamens antérieurement faits par moi, et je déclare celui-là seul comme valable. En foi de quoi j'ai, sur ce testament, contenu dans trois feuilles de papier, apposé ma signature aux deux premières feuilles, et ma signature et mon sceau à cette troisième et dernière feuille, ce 29e jour de juillet, en l'an de grâce 1815.

BYRON (L. S.)

Signé, scellé, publié et déclaré par ledit testateur Lord Byron, comme son dernier testament, en notre présence; et, à sa requête, en sa présence, et en présence les uns des autres, nous avons signé comme témoin.

Thomas-Jones MAWSE, Edmund GRIFFIN, Frederick JERVIS,

Clercs de chancellerie.

Codicille.--Je soussigné, très-honorable George Gordon, Lord Byron, ajoute ce codicille à mon testament. Je donne et lègue à Allégra Byron, enfant d'environ vingt mois, élevée par moi, et résidant maintenant à Venise, la somme de cinq mille livres sterling, que je charge mes exécuteurs testamentaires de lui payer à l'époque de sa vingt-et-unième année, ou le jour de son mariage, s'il a lieu avant cette époque, à condition qu'elle ne se mariera pas avec un natif de la Grande-Bretagne. Et je charge mes susdits exécuteurs testamentaires de placer, aussitôt que possible après mon décès, ladite somme de cinq mille livres sterling sur le gouvernement ou sur bonne hypothèque, et d'en employer le revenu annuel à l'entretien et à l'éducation de la susdite Allégra Byron, jusqu'à ce que la susdite ait atteint l'âge de vingt-et-un ans, ou se soit mariée, comme il est dit plus haut; mais au cas qu'elle meure avant d'atteindre ledit âge et sans s'être mariée, alors je veux que ladite somme de cinq mille livres sterling fasse partie du reste de ma fortune personnelle; et, sous tous autres rapports, je confirme mon testament, et déclare y ajouter ce codicille. En foi de quoi j'ai mis ici ma signature et mon sceau, à Venise, ce 17e jour de novembre, l'an de grâce 1818.

BYRON (L. S.).

Signé, scellé, publié et déclaré par ledit Lord Byron, comme codicille ajouté à son testament, en notre présence; et à sa requête, en sa présence, et en présence l'un de l'autre, nous avons signé comme témoins.

Newton HANSON. William FLETCHER.

Confirmé à Londres (avec un codicille), le 6 juillet 1824, par-devant l'honorable Étienne Lushington, docteur ès-lois, et substitut, par les sermens de John Cam Hobhouse et de John Hanson, esquires, à qui l'exécution du testament a été confiée, lesquels ont juré qu'ils l'exécuteraient fidèlement.

Nathaniel GRISKINS, George JENNER, Charles DYNELEY,

Greffiers.

FIN.

INDEX ALPHABÉTIQUE DES PERSONNAGES MENTIONNÉS DANS LES ŒUVRES POÉTIQUES DE LORD BYRON117.

A.

Abailard, VIII, 128. Abel, personnage de Caïn, VIII, 166. Passim. Aberdeen (lord), II, 35; III, 134. Abdallah, personnage de la Fiancée d'Abydos, V, 98. Passim. Achille, I, 292, 408, 469; II, 305; III, 61, 99, 103; V, 123; VIII, 186. Achmet III, V, 239. Ada, fille de Lord Byron, I, 43, 49; III, 143, 187. Adah, VIII, 166. Passim. Adam, personnage de Caïn, VIII, 166, 376. Adam, I, 115, 132, 319; II, 10, 213; V, 123. Addison, II, 297; III, 341; VII, 399. Adeline Amundeville (lady), personnage de Don Juan, II, 141. Passim. Adrien, II, 320; III, 165. Aesietes, V, 123. Afres (génie malfaisant), V, 33. Aglietti, III, 206. Agostini (Léonard), III, 315. Aguccheek, sir Andrews, II, 389. Aholibaniah, personnage de Ciel et Terre, VI, 372, Passim. Ajax, III, 99. Alaric, III, 61. Albane, II, 161. Albrizzi, III, 206. Alcée, I, 245; II, 352. Alcibiade, II, 227, 308. Aldabelle, IV, 364. Alembert (D'), III, 143. Alexandre-le-Grand, I, 309; II, 8, 138; III, 104, 390; V, 123. Alexandre, empereur de Russie, I, 395; II, 215. Alexandre III (le pape), III, 290. Alfieri, III, 206, 228, 317; V, 335; VII, 165. Ali-Pacha, I, 17, 18, 318; III; 78, 80, 86, 105; 106, 133, 135, 137; V, 126; VII, 396. Almoro Donato, VIII, 147, 148. Alph, personnage du Siége de Corinthe, V, 295. Alphonse III, V, 230. Alphonse le roi, VIII, 387. Alphonso, personnage de Don Juan, I, 96. Passim. Al-Sirat (arche de), V, 23. Altada, personnage de Sardanapale, VII, 5. Passim. Anacréon, I, 13, 90; II, 299, 320. Anah, personnage de Ciel et Terre, VI, 372. Passim. Anastasius-Macédon, III, 141. Anchise, III, 227. Anderson, IV, 40. Andrews, II, 369. Ange (du Seigneur), personnage de Caïn, VIII, 166. Passim. Angelo, III, 228. Angiolina, personnage de Marino Faliero, VI, 86. Passim. Angiolin, II, 363. Angle, II, 173. Anjou (Charles d'), III, 320. Anna Comnène, III, 132. Anne (Marie). Il lui adresse une pièce de vers. V, 420. Anne (l'impératrice), II, 57. Anne (la reine), II, 40. Annibal, III, 336, 337; VIII, 291. Anselme, personnage du Corsaire, V, 161. Anson (George), I, 189. Anstey, I, 350; II, 278. Antonio Venieri, VIII, 147. Antiloque, V, 123. Antinoüs, III, 99. Antoine, I, 359, 364; II, 243; III, 120. Antonia, personnage de Don Juan, I, 124. Passim. Apicius, II, 247. Arbaces, personnage de Sardanapale, VII, 5. Passim. Archidamus, VIII, 309. Arétin, III, 329. Aretino (Leonardo), IV, 104, 126, 360. Argyle (lord), II, 364. Arici, IV, 96. Arien, VII, 178. Arimane, personnage de Manfred, VI, 2. Passim. Arion, III, 64. Arioste, I, 42, 113, 138, 251, 256, 291; II, 264; III, 5, 209, 283, 284; IV, 116, 355; V, 156. Aristippe, I, 211. Aristogiton, III, 189. Aristote, II, 232, 233, 306; V, 369. Armide, I, 98. Armstrong (Johnny), III, 191. Arnheim, personnage de Werner, VII, 186, Passim. Arnold, personnage du Défiguré Transfiguré, VI, 288. Passim. Arseniew, I, 409, 443, 489. Asdrubal, VIII, 291. Atargul, V, 78. Attila, IV, 159. Aubernetthy, II, 52. Audifret, cité, II, 16. Auger (M.), II, 255. Auguste, III, 273. Augustin (Saint), I, 96, 211; III, 301. Aulugelle, III, 54. Azaïs, I, 405; II, 216. Azaziel, personnage de Ciel et Terre, II, 372. Passim. Azo, personnage de Parisina, V, 335. Passim. Azrael, ange de la mort, V, 80.

B.

Baccus, VIII, 294. Backrhyme, II, 172. Bacon, I, 188, 229. Baillie (Joanna), II, 52; VI, 83. Bailly, VI, 259. Bajazet, IV, 163. Balea, personnage de Sardanapale, VII, 5. Passim. Ballantyne, III, 299. Bandelli, V, 356. Bankes (sir Joseph), III, 8; VI, 284. Baptista (John), III, 280. Barbarigo, personnage des Deux Foscari, VIII, 2. Passim. Barbarina, V, 359. Barence, II, 295. Baring, II, 109. Barnek (Lewis), V, 229. Barossa, IV, 298. Barthélemy, III, 129; VIII, 361. Basili, III, 106, 107. Bastie (de la), III, 302, 303. Bathurst (capitaine), IV, 224. Bayard, III, 8; VI, 369. Bayes, II, 337. Bayle, II, 71; III, 364. Bazile, V, 61. Béatrix, IV, 97. Passim. Beattie, III, 5, 299. Beaumont, II, 361; V, 426. Beccaria, III, 127. Becher. Il lui adresse une pièce de vers. V, 408. Becket, II, 64. Beckford (lord), auteur de Wathek, V, 63. Bedford, II, 340. Bedford (duc de), IV, 411. Béjot, III, 301. Beleses, personnage de Sardanapale, VII, 5. Passim. Bembo (Antonia), V, 292. Bembo (Bernard), III, 321. Ben Bunting, VIII, 307, 312. Passim. Benintende, personnage de Marino Faliero, VI, 86. Benserade, III, 390. Bentley, IV, 46. Benzoni (la comtesse), VI, 284. Berenger, II, 86. Bergami, VII, 387. Berkeley, II, 71. Bernardin de Saint-Pierre, II, 310. Berni, IV, 355. Bernis (abbé de), VI, 77. Berry (M.), III, 284. Bertram, personnage de Marino Faliero, VI, 86. Passim. Betty, II, 360. Bevius, III, 333. Bey Aglou, V, 76. Beyle (M.), cité, II, 46. Bianca, V, 340. Bill, II, 240. Biron (famille française), II, 57. Black-Bourne (l'archevêque), V, 228. Blackette (Joë), V, 431. Blackmore (sir Richard), II, 344. Blake, III, 286. Blaud, III, 189. Blessington (lady), Il lui adresse des vers. V, 423. Blich (le capitaine), VIII, 337. Bligh, VIII, 275. Blomfield, II, 371; V, 426. Blount (Martha), VII, 397, 398. Blount (Henry), II, 339. Boccace, I, 46, 254; III, 230, 327, 333; IV, 104. Bodoni, III, 289. Boiardo, III, 189; IV, 355. Boileau, III, 222. Bolingbroke (lord), II, 350. Bolivar, IV, 316. Bombazeen (miss), II, 170. Bonaparte, V, 227, 421. Boniface VIII, III, 321. Bonnivard (François-Louis-Jean-Aimé), III, 417, 432, 433, 434, 435. Boudot, III, 301. Bourbon (le connétable de), IV, 120. Bourbon, personnage du Défiguré Transfiguré, VI, 288. Passim. Bowles (le docteur), II, 326, 347, 348, 349, 350, 379; VII, 387, 389. Boylen (Anne), V, 224. Bracci (l'abbé), III, 365. Brantome, II, 174; VI, 366, 368, 369. Brasidas, III, 99, 288. Breurier (le général), V, 328. Brougham, II, 172. Brummel, II, 101. Brunck, IV, 46. Brunswick (prince de), III, 151. Brunswick (maison de), V, 335. Brutus, II, 241; III, 230, 239; V, 410; VIII, 297. Buffon, II, 71. Buonaparte (Jacopo), IV, 109. Burchard, cité, V, 286. Burke, III, 377. Burke, II, 138; III, 7; IV, 145. Burkits (Thomas), VIII, 346. Burns, V, 61. Busey (lady), II, 170. Bute (lord), VIII, 378. Byron (ancêtre de Lord), II, 49. Byron, II, 57. Byron (Mrs.), V, 405.

C.

Cades (Jacques), I, 272. Cahora, I, 457. Caïn, V, 123. Caïn, personnage de Caïn, Mystère, VIII, 166. Calderon, I, 80. Calendaro (Philippe), personnage de Marino Faliero, VI, 86. Passim. Caligula, VI, 77. Calypso, III, 67. Cameron (sir Evan), III, 189. Campbell, IV, 89; VII, 387. Campbell, I, 6, 103, 140, 350, 351; II, 93, 373; III, 100. Canden (lord), IV, 411. Cannieng, I, 359. Canning, IV, 329. Camoëns, IV, 13. Canova, II, 410; III, 206, 229. Caperonier, bibliothécaire du roi, III, 301. Caracalla, III, 362. Caradza (le prince), III, 379. Carlisle (lord), IV, 2. Carlisle (le comte de), I, 8, 12, 69. Carmarthen (lady), I, 44. Caroline de Brunswick, III, 271. Caroline (la princesse), I, 352. Carrara (François de), III, 294, 303; VIII, 140. Carthy, IV, 414. Cartwright (le major), IV, 388. Passim. Casimir (Jean), III, 385. Cassandre, I, 275. Castelnau (le marquis de), I, 434. Passim. Castlereagh (lord), IV, 308; VIII, 384. Catherine II, personnage de Don Juan, I, 395. Passim, III, 124, 128. Catherine, IV, 312, 325. Catilina, I, 401. Caton, I, 366, 405. Catulle, I, 90, 116. Cava (la), III, 26; VI, 77. Cazzani, I, 122. Ceccho, III, 295. Cellini, personnage du Défiguré Transfiguré, VI, 288. Passim. Cervantes, I, 404. César, personnage du Défiguré Transfiguré, VI, 288. Passim. César, I, 211, 249, 254, 359, 364, 431; II, 243; III, 132, 230, 240, 249, 262; VI, 74; VIII, 297. Cesarotti, III, 323. Chandler, III, 103, 119. Charlemagne, IV, 360, 361, 362, 363, 364. Charlement (mistress), I, 140. Charles-Quint, IV, 161. Charles Ier, IV, 4, 64, 65. Charles II, IV, 4, 67. Charles IV, roi d'Espagne, III, 31, 53. Charles XII, I, 477; III, 385, 387, 390, 391, 414; IV, 313. Charley, IV, 429. Charlotte (la princesse), III, 271. Châteaubriand, I, 11, 20, 40; IV, 337, 338. Chaworth (M.), I, 3, 4, 9, 10. Cheops, I, 144. Chesi (M.), cité, V, 114. Childe-Harold (le Pélerinage de), poème, III, 1. Passim. Chinazzo (Daniel), III, 296. Chokenoff, I, 400. Chrematoff, I, 400. Christian, VIII, 306, 310. Passim. Christodoulos, I, 128, 142. Chrysostôme, (saint Jean-), I, 91, 256. Cibber, VII, 398. Cicéron, III, 195, 225, 239, 249, 273. Cicogna (le comte César), I, 286. Cicognara, III, 206, 288. Cimon, VI, 69. Clarence (George, duc de), I, 127. Clarendon, IV, 65. Clarke, III, 103, 134. Cléon, III, 120. Cléonice, VI, 69. Cléopâtre, I, 364; II, 247; III, 242; V, 188; VIII, 297. Clootz, I, 78. Coleridge, VI, 82, 371. Coleridge, I, 29, 104, 139, 250. Commode, VI, 77. Condorcet, I, 78. Congreve, I, 116. Constant (Benjamin), IV, 326. Constantin (Dragasie), I, 328. Constantin (George), III, 141. Contarini, III, 296. Contarini (André), II, 325. Contemir (le prince), I, 349, 374. Cooke, IV, 10; VI, 83. Coray (M.), III, 127, 128, 133, 142. Corneille, IV, 214; VI, 97. Cornélie, III, 246. Corniani (le comte), I, 122. Corsi (Domeu Maria), I, 293. Cosme II, III, 328. Cosme III, III, 335. Cosroes, V, 121. Cowper, I, 351, 461. Coxe, I, 249. Crabbe, I, 140; II, 376. Crashaw, I, 243. Crech, I, 334. Cromwell, I, 249; III, 240, 344; IV, 67; VI, 77. Cumberland (duc de), I, 77. Cumberland (Richard), IV, 9. Currie, I, 349. Cuvier, VIII, 164.

D.

Dallas (M.), I, 5, 26. Damas (le comte), I, 414, 437. Damodos (Vicenzo), III, 142. Dandolo (André), VI, 263. Dandolo (Henry), III, 293. Daniel, I, 320. Dante, I, 40, 45, 46, 172, 219, 226, 293, 389, 404; II, 61, 62, 301, 307; III, 221, 223, 229, 230, 231, 320, 323; IV, 361. Danton, I, 78. Daru, I, 278; VI, 280; VIII, 132. Darwil, II, 378. David, I, 128, 272. Davy (sir Humphrey), I, 117. Dearbhorgil, VI, 77. Démétrius, III, 142. Démosthène, III, 195. Denis jeune, IV, 162, 163. Derwich (Tahire), III, 106, 108, 109. Desaix, I, 78. Dibdin, VI, 82. Diderot, VIII, 155. Didoi, I, 448. Diodore de Sicile, VII, 5, 179. Diogène, I, 405; II, 81, 275, 276; III, 159, 326. Diogène Laerce, IV, 5. Dogolino, personnage de Marino Faliero, VI, 86. Passim. Dolfino, III, 293. Domati (Corso), IV, 104. Domitien, VI, 77. Donoughmore (le comte de), IV, 404. Doria, III, 213. Doria (Pierre), III, 294, 325. Dorotheus de Mitylène, III, 128, 141. Dorset (duc de), IV, 36. Drummond (sir W.), III, 134; VI, 181. Drury, III, 342. Dryden, I, 139, 252, 254; IV, 1. Dubellay (Martin), VI, 369. Ducis, I, 455. Dudu, personnage de Don Juan, I, 377. Duff (Marie), I, 300. Duguesclin, I, 6; IV, 310. Dumourier, I, 77. Duncan, I, 78. Dunkas (Étienne), III, 379.

E.

Échinard, III, 359. Edgeworth (miss), I, 82. Edvard Young, VIII, 349. Ekenhead (lieutenant), I, 21, 22, 179; IV, 224. Eldon (lord), I, 14, 15. Elgin (lord), I, 20, 21, 26; III, 100, 102, 103, 117; IV, 284, 290. Elliston, VI, 83. Épaminondas, III, 91. Épicure, I, 211. Espinasse (Mlle) L', IV, 178. Éric, personnage de Werner, VII, 186. Passim. Erizzo, III, 288; VIII, 148. Ésaü, I, 314. Est (Alphonse d'), III, 222. Étienne (Robert), III, 347. Éton, III, 121. Eugène (le prince), VI, 74. Eunapicus, VI, 69. Eustace, III, 329; IV, 297. Ève, I, 82, 206, 214, 236; VIII, 376. Ève; personnage de Caïn, VIII, 166, 376. Passim.

F.

Falconner, III, 100. Faliero (Bertuccio), personnage de Marino Faliero, VI, 86. Passim. Faliero (Vital), VI, 80. Fauvel, III, 100, 120. Fea (l'abbé), III, 363. Feinaigle, I, 80. Femlon, I, 405. Ferdinand VII (roi d'Espagne), III, 53; IV, 422. Ferdinand (le prince), I, 77. Ferdousi, II, 368. Fielding, I, 291, 344. Filicaia, III, 313. Fitz-Gérald, II, 391. Fletcher, I, 15, 19, 24, 38, 64, 65; IV, 410. Florence, III, 67, 68. Fontenelle, III, 128. Forbes (sir W.), III, 299. Foscari (François), I, 277; VIII, 2. Foscari (Marc), VIII, 140. Foscolo (Ugo), III, 206, 324. Fox, IV, 11, 145; VIII, 378. François (saint), I, 369. Franklin, VIII, 382. Frédéric-Barberousse, III, 290. Frédéric-le-Grand, I, 45, 448; VI, 77; VIII, 332. Frédéric III, VIII, 135. Fritz, personnage de Werner, VII, 186. Passim.

G.

Gabor, personnage de Werner, VII, 186. Passim. Gail (M.), III, 127. Galilée, III, 228. Gallus, I, 9. Gamba, I, 50, 51, 54, 57. Ganellon, IV, 361. Passim. Garcilasse, I, 105. Garrick, IV, 150. Gaston de Foix, I, 292. Gell, III, 134. Gemma, IV, 104. George I(er), I, 358; V, 128, 229. George III, I, 142, 339; II, 101, 103, 257; VIII, 157, 357, 360, 369, 377, 381, 389. George IV, I, 368, 352, 483; II, 18, 69, 86, 101, 138, 172, 215; III, 271; V, 414. George de Trésibonde, IV, 141 German, VII, 183. Gessner, VIII, 162. Gibbon, III, 104, 116, 132, 199, 293, 300, 303, 315; IV, 158; V, 223, 230; VIII, 159. Gieta (le colonel), III, 385, 387. Gilbert, IV, 133. Gilchrist, VII, 389, 395. Ginguené, VI, 282. Giorgione, II, 399, 400. Gneisenan, I, 457. Godoy, prince de la Paix, III, 53. Goëthe, I, 244; VI, 286, VII, 182. Goldsmith, III, 204. Gontaut (Biron), I, 3. Gordon (miss Catherine), I, 5. Graftan (lord), VIII, 378. Gramby, I, 77. Grattau, I, 360. Gray, I, 256; IV, 7. Gritti (Jacomo), III, 280. Gropius, III, 102, 103. Guiccioli (Teresa Gamba, comtesse), I, 48, 52, 197, 213; IV, 91. Guichardin, IV, 109. Guillaume III, I, 358; IV, 40. Gulleyaz, personnage de Don Juan, I, 340. Passim. Guizot, I, 346. Gurney, I, 135. Gustave-Adolphe, IV, 314.

Notes in this chapter

Note 1 · Note 73: (retour) Nous traduisons la phrase du texte anglais: «There are things which make the world dear to me,» qui d'ailleurs ne nous parNote 2 · Note 74: (retour) Il est bon de rappeler au lecteur que les paroles attribuées ici à Lord Byron; quelques naturelles et probables qu'elles sNote 3 · Au bout d'une demi-heure il se réveilla, et une seconde dose de la potion lui fut administrée. «D'après le rapport de ceux qui l'entourèrentNote 4 · Note 75: (retour) Parry, Derniers jours de Lord Byron, p. 128. (Note de Moore.)Note 5 · Il serait aussi difficile que superflu de chercher à décrire combien la nouvelle de ce triste événement frappa tous les cœurs. Celui dont leNote 6 · Note 76: (retour) Titre donné par Shelley à Lord Byron, dans son Élégie sur la mort de Keats : «--Le Pélerin de l'Éternité, qui, vivant, a vNote 7 · Note 77: (retour) Parry mentionne aussi un cas pareil.--«Lorsque j'étais au lazaret à Zante, un Anglais vint me voir, et me fit de nombreuseNote 8 · En parlant de l'effet que cet événement produisit sur les amis de la Grèce, M. Trelawney dit:--«Je pense que le nom de Byron était le grand Note 9 · Note 78: (retour) L'Abbaye de Westminster, où l'Angleterre donne la sépulture à ses grands hommes. (Note du Trad.)Note 10 · Note 79: (retour) Un doyen de Westminster porta, dit-on, le scrupule au point d'exclure de l'Abbaye une épitaphe qui contenait le nom de MilNote 11 · Dans la lettre que le colonel, à son arrivée aux Dunes, le 29 juin, écrivit aux exécuteurs testamentaires de Lord Byron, on remarque le passNote 12 · Note 80: (retour) Mot à mot: Grande rue de Georges. (Note du Trad.)Note 13 · Toutefois, quelle qu'eût été définitivement la décision de ces révérends personnages, c'était le désir de la plus chère parente de Lord ByroNote 14 · Note 81: (retour) Par John Williams, esquire.--Moore donne en note la traduction de ces distiques grecs en vers anglais, faite par un H.H. JNote 15 · Parmi les tributs d'hommages qui ont été offerts, en prose et en vers, et presque dans toutes les langues de l'Europe, à la mémoire de Lord Note 16 · Note 82: (retour) Ce spectre, c'est la mort, à qui la poésie anglaise attribue le sexe masculin, et à qui elle donne un dard, et non pas uneNote 17 · Note 83: (retour) Petit fleuve de l'Attique. (Notes du Trad.)Note 18 · «Ainsi Childe-Harold finit son dernier pélerinage!--Sur les rivages de la Grèce il se leva, et cria: «Liberté!» Ces rivages, renommés de sièNote 19 · Note 84: (retour) Nous risquons le pluriel, comme dans le texte. (Note du Trad.)Note 20 · «A pas lents s'avance le char funéraire, le cortége de deuil. Je suis avec un soupir la triste procession qui marche silencieusement vers ceNote 21 · Note 85: (retour) : Nous jugeons à propos d'adjoindre en note le texte, en faveur des lecteurs qui connaissent l'anglais. «CHILDE HAROLD'S LNote 22 · «Rompant le silence de la mort,--si cette tendre mère eût pu parler--(parler quand la terre était amoncelée sur la tête de son fils),--elle Note 23 · Note 86: (retour) On voit que Moore est poète.--Cette phrase fait allusion à l'origine de la fontaine d'Hippocrène, qui, suivant les mythes,Note 24 · Note 87: (retour) Paul JoveB.--Bayle aussi dit de Dante: «Il fit entrer plus de feu et plus de force dans ses livres qu'il n'y en eût mis s'Note 25 · Il ne serait pas sans intérêt, si nous avions assez d'espace et de tems pour une telle tâche, de passer en revue les personnages cités dans Note 26 · Note B: (retour) C'est ainsi que d'amères pensées éveillèrent la puissance encore occulte de ce divin génie. (Note du Trad.)Note 27 · Note 88: (retour) Laisse dire les hommes.Note 28 · Par le mépris pour l'opinion du monde, mépris qui porta Dante à s'écrier: «Lascia dir le genti88,» Lord Byron avait encore une grande ressemNote 29 · Note 89: (retour) Quelques passages de l'Essai de Foscolo sur Pétrarque peuvent être appliqués, avec une égale vérité, à Lord Byron.--Par exNote 30 · Note 90: (retour) «Il Petrarca poteva credere candidamente ch' ei non pativa d'invidia solamente, perchè fra tutti i viventi non v' era chi Note 31 · J'ai déjà eu occasion de remarquer ses rapports avec Pétrarque, en d'autres traits de caractère89; et s'il est vrai, comme on l'a souvent coNote 32 · Note 91: (retour) : Tantôt me croyant un Achille, et tantôt un Thersite.Note 33 · Or stimandome Achille ed or Tersite91.Note 34 · Note 92: (retour) : Don Juan, ch. xvi, st. 97.Note 35 · Tant elle faisait preuve tour-à-tour, et à l'égard de chaque convive, de cette brillante versatilité que bien des gens confondent avec la séNote 36 · Note 93: (retour) A fancy, like the air, most free, And full of mutability.Note 37 · Et pleine de mobilité93,Note 38 · Note 94: (retour) Nous avons vu combien de fois, dans ses Journaux et dans ses lettres, il exprime ce soupçon sur la solidité de son état meNote 39 · Note 95: (retour) Dans son Journal de 1814, il y a un passage que j'avais conservé dans l'unique but de jeter du jour sur ce travers de son Note 40 · Et ce ne fut pas seulement dans ses créations poétiques que cet amour de la nouveauté et de la variété se déploya;--une des plus remarquableNote 41 · Note 96: (retour) «Il disait souvent (dit M. Trelawney) qu'il ne croyait pas avoir beaucoup d'années à vivre, et qu'il mourrait en Grèce. IlNote 42 · Pour montrer l'excessive indiscrétion avec laquelle il énonçait toutes ses pensées et toutes ses impressions,--surtout si elles avaient traiNote 43 · Note 97: (retour) : Jean Churchill, duc de Marlborough, qui fut si fatal à la France sur la fin du règne de Louis XIV, qui gagna, avec le prNote 44 · Ceux qui ont quelque connaissance de la nature humaine, n'oseront nier que de tels découragemens n'aient, sous l'influence d'un semblable abNote 45 · Note 98: (retour) Jean de Wit, grand pensionnaire de Hollande, qui brava par patriotisme l'inimitié de Guillaume III, prince d'Orange, et péNote 46 · Quelque prix qu'on attache au courage physique, c'est, sans aucun doute, à ceux que la nature a doués de la plus active imagination, et qui,Note 47 · Note 99: (retour) Relativement à cette facilité de s'adapter à toutes sortes de sociétés, et à prendre tous les rôles, je trouve dans les prNote 48 · Note 100: (retour) Citation de la stance de Don Juan ci-dessus rapportée. (Note du Trad.)Note 49 · Note 101: (retour) Il est curieux d'observer comme, en tout tems et en tout pays, ce qu'on appelle le caractère poétique a produit de semblaNote 50 · En me proposant de montrer que les attributs distinctifs de Lord Byron, comme homme et comme écrivain, naissaient de ces deux grandes sourceNote 51 · Cette mobilité,--cette faculté d'être «plus vivement impressionné par ce qui touche plus immédiatement100,» était chez lui portée à un si haNote 52 · Note 102: (retour) Vin qu'on prépare avec le moût de raisins muscats, cuit jusqu'à la diminution de deux tiers, écumé avec soin, puis fortemNote 53 · Ce ne serait point une tâche dépourvue d'intérêt, que de suivre ainsi le caractère de Byron dans toutes ses ramifications;--car nous sommes Note 54 · Note C: (retour) L'Académie donne à ce mot le genre féminin. (Note du Trad.)Note 55 · Note 103: (retour) «Plusieurs d'entre nous,» dit le colonel Napier, «essayèrent un jour son chapeau, et, sur douze ou quatorze personnes quiNote 56 · Sa tête était remarquablement petite,103--au point d'offrir même un défaut de proportion avec sa figure. Le front, quoique un peu trop étroiNote 57 · Note 104: (retour) En parlant de cette infirmité au commencement de mon ouvrage, je m'abstins, tant d'après mes propres doutes à ce sujet, qNote 58 · Sa taille était, comme il l'a dit lui-même, de cinq pieds huit pouces et demi, et c'est à la longueur de ses membres qu'il attribuait son taNote 59 · Note 105: (retour) «Swift adopta de bonne heure (dit sir Walter-Scott) la coutume de regarder l'anniversaire de sa naissance comme un terme,Note 60 · «Si je devais recommencer à vivre, je ne sais ce que je voudrais changer dans ma vie, sinon vouloir n'avoir pas du tout vécu105. L'histoire,Note 61 · Note 106: (retour) Astronome célèbre par la découverte de la planète Uranus, et surtout par ses belles recherches en astronomie sidérale. (NNote 62 · «La nuit offre aussi un intérêt religieux,--et elle me l'offrit surtout quand je contemplai la lune et les étoiles à travers le télescope d'Note 63 · Note 107: (retour) C'est-à-dire tous les peuples que les naturalistes groupent sous le nom de race hyperboréenne. (Note du Trad.)Note 64 · «Je soupçonne quelquefois que l'homme est le débris d'un être matériel supérieur, qui, échappé au naufrage d'un monde primitif, a dégénéré pNote 65 · Note 108: (retour) La leçon la plus probable du texte grec est Ἠρακλειτος et non Ἠρακλπς. (Note du Trad.)Note 66 · Note 109: (retour) Fille de Mme de Staël, et femme du pair actuel. (Note du Trad.)Note 67 · «Plutarque dit, dans sa Vie de Lysandre, qu'Aristote remarque «qu'en général les grands génies sont mélancoliques, et cite en exemple SocratNote 68 · «Je pense, moi, que la plupart des hommes sont au fond mélancoliques, mais qu'on ne remarque cette disposition que chez les hommes remarquabNote 69 · Note 110: (retour) No man would live his life over again.Note 70 · «Nul homme ne voudrait vivre de nouveau sa vie110,» est un ancien et véritable dicton que chacun peut résoudre pour son propre compte. En mêNote 71 · Note 111: (retour) Cette réflexion ne s'applique qu'à la seconde partie des Mémoires, car il n'y avait que peu de chose à publier dans la prNote 72 · Pour la satisfaction de ceux dont le regret naît d'un meilleur motif que le simple désappointement d'une vaine curiosité, j'ajouterai ici quNote 73 · Note 112: (retour) En parlant de la Vie de Henri VIII de lord Herbert de Cherbury. (Note de Moore.)Note 74 · Il ne me reste que peu de chose à ajouter. Lord Orford112 a remarqué, comme «chose étrange, qu'en général le biographe devenait partisan fouNote 75 · Note 113: (retour) L'Écriture dit qu'un mort, ayant été jeté dans le tombeau d'Élisée, ressuscita en touchant les os de ce prophète. (Note dNote 76 · Note 114: (retour) Élie multiplia l'huile de la veuve de Sarepta, et ressuscita son fils. (Note du Trad.)Note 77 · 48.»Si les os du prophète Élisée ranimèrent le mort qui les toucha113,Note 78 · 50.»Le prophète Élie, en embrassant le fils de la veuve114, le ressuscita d'entre les morts:Note 79 · Note 115: (retour) Strabon, liv. XIII, édition d'Oxford.Note 80 · «Διὸ καὶ εὐπετέστερον ἐκ τῆς Σηστοῦ διαίρουσι παραλλαξάμενοι μικρὸν ἐπὶ τὸν τῆς Ἡροῦς πύργον, κἀκεῖθεν ἀφιέντες τὰ πλοῖα συμπράττοντος τοῦ ῥNote 81 · Note 116: (retour) «C'est évidemment une méprise de l'écrivain ou de l'imprimeur. Sa seigneurie doit avoir voulu dire un vent violent de la Note 82 · «M. Turner dit: «Tout ce qu'on jette dans le courant de ce point de la côte européenne arrive nécessairement à la rive asiatique». Cela est Note 83 · Note 117: (retour) Le chiffre romain indique le volume; le chiffre arabe, la page.
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