APPENDIX.
Paulin Paris translation
Chez un peuple esclave, obligé d'avoir recours à des presses étrangères, même pour ses livres de religion, il est moins étonnant de trouver un si petit nombre de publications sur des sujets généraux, que d'en trouver quelques-unes sur un sujet quelconque. Le nombre total des Grecs, dispersés dans l'empire turc et partout ailleurs, peut s'élever tout au plus à trois millions; et cependant, pour un si petit nombre, il est impossible de trouver une nation riche d'une si grande proportion de livres et d'auteurs que les Grecs du siècle actuel. «Oui!» diront les généreux avocats de la servitude, qui, tandis qu'ils affirment l'ignorance des Grecs, désirent les empêcher de la dissiper. «Oui! ce sont pour la plupart, si ce ne sont tous, des traités ecclésiastiques, et, par conséquent, utiles à rien.» Fort bien! Que peuvent-ils écrire autre chose, je vous demande? Il est assez plaisant d'entendre un Frank, principalement un Anglais, qui abuse ainsi le gouvernement de son propre pays; ou un Français, qui peut abuser tout autre gouvernement, excepté le sien, et qui peut écrire à sa volonté sur chaque sujet philosophique, religieux, scientifique, sceptique ou moral, méprisant les légendes grecques! Un Grec ne peut écrire sur la politique, et ne peut esquisser aucune science, faute d'instruction; s'il doute, il est excommunié et damné: c'est pourquoi ses compatriotes ne sont pas empoisonnés par la philosophie moderne; et quant aux écrits moraux, remerciez-en les Turcs: ils ne connaissent pas ces choses-là. Que leur reste-t-il donc, si le cercle dans lequel ils peuvent écrire est tracé? La religion et la biographie sacrée; et il est assez naturel que ceux qui ont si peu de choses en partage dans cette vie jettent leurs regards sur la vie future. Alors on ne devra pas être surpris que dans un catalogue que j'ai maintenant sous les yeux, de cinquante-cinq écrivains grecs, dont la plupart étaient encore vivans il y a peu d'années, il ne s'en trouve pas plus de quinze qui aient traité autre chose que la religion. Le catalogue en question est contenu dans le vingt-sixième chapitre du quatrième volume de l'Histoire Ecclésiastique de Mélétius. J'extrais de ce catalogue une liste des auteurs qui ont écrit sur des sujets généraux; elle sera suivie de quelques spécimens en romaïqueA.