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Tableau du climat et du sol des États-Unis d'Amérique

CHAPITRE III. Configuration générale.

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POUR bien concevoir la construction générale de ce vaste pays, il faut prendre une connaissance plus détaillée de la chaîne des montagnes qui en est le trait dominant. Cette chaîne part du Canada inférieur et de l’embouchure du Saint-Laurent sur sa rive méridionale, où ses caps sont appelés par les marins monts de Notre-Dame et de la Magdeleine: en remontant le fleuve, elle s’en écarte peu à peu, et séparant les eaux de son bassin vers nord-ouest, d’avec les eaux du Nouveau-Brunswick, de Nova-Scotia et du district de Maine[18] vers sud-est, elle tracé de ce côté la frontière des États-Unis, jusqu’au Newhampshire: là elle pénètre par une ligne presque sud dans l’intérieur du Vermont, sous le nom de Green-mountains, divisant le bassin de la rivière Connecticut d’avec celui des lacs Champlain et Georges; et après avoir jeté de ce côté des rameaux qui repoussent à l’ouest et au nord-ouest les sources de l’Hudson, elle vient traverser ce fleuve à West-point, par un chaînon très scabreux, qui a mérité le nom de High-lands (Terres-hautes): ici l’on peut dire que la chaîne subit une double interruption, soit parce qu’elle est coupée par des eaux, soit parce qu’ayant jusque-là été de granit, son prolongement ultérieur va être de grès. La tête de ce prolongement remonte plus haut sur la rive ouest de l’Hudson, au groupe de Cats-Kill, et dans une masse de montagnes qui donnent les sources de la Delaware. De ce local part un faisceau de sillons montueux qui, après s’être incorporé la chaîne précédente, s’avance du nord-est au sud-ouest, à travers les États de New-York, de Pensylvanie, de Maryland et de Virginie, s’écartant de la mer à mesure qu’il marche au midi: par un cas singulier en géographie, plusieurs de ces sillons coupent à l’angle droit le cours des plus grands fleuves de ces états sur la côte atlantique, et ils ne leur laissent de passage que par des brèches, qui attestent que la violence seule des eaux a pu rompre l’obstacle de leur digue: arrivés à la frontière de la Virginie et de la Caroline-nord, ces sillons, jusqu’alors parallèles, se réunissent en un nœud que j’appelle l’arc de l’Alleghany, parce que ce chaînon principal y enveloppe par une courbe tous ses collatéraux de l’est: un peu plus loin au sud, encore dans la Caroline-nord, un second nœud réunit à l’Alleghany tous ses collatéraux de l’ouest[19], et forme un point culminant de têtes de fleuves, d’où partent, vers le nord, le grand Kanhawa; vers l’ouest, le Holstein, branche nord de la Tennessee; et vers l’est, les rivières Pédee et Santee, et toutes les autres des deux Carolines. De ce nœud part encore vers l’ouest une branche de montagnes qui, par une première bifurcation au nord-ouest, fournit les nombreux rameaux de Kentucky, et par une seconde, droit à l’ouest, s’avance sous le nom de montagnes Cumberland, à travers l’état de Tennessee, où elle divise nord et sud, le bassin des rivières Cumberland et Tennessee, jusqu’à leur embouchure dans l’Ohio; tandis que la chaîne propre d’Alleghany, restée presque seule, continue sa route au sud-ouest, et achève de limiter les deux Carolines et la Géorgie, où elle reçoit les noms divers de montagne du Chêne-Blanc[20], du Grand-Fer, de montagne Chauve, et même de montagne Bleue. Parvenue à l’angle de la Géorgie, elle change de direction et encore de noms, et sous ceux d’Apalaches et de Cherokees, se portant droit à l’ouest jusqu’au Mississipi, elle devient la ligne de partage entre le bassin de la Tennessee au nord, et les nombreuses rivières qui versent au sud dans le golfe du Mexique, par les Florides. La longue continuité de cette chaîne l’avait fait appeler par les sauvages du nord montagne sans fin: les Espagnols et les Français, qui la connurent d’abord par la Floride, appliquèrent à toute son étendue le nom d’Apalache, qui était celui d’une tribu sauvage conservé encore dans une rivière considérable du pays[21]; mais les géographes anglais et anglo-américains, qui l’ont connue par le nord, l’ont constamment désignée sous celui d’Alleghany, que je crois être sa dénomination sauvage, traduite dans le mot Endless, ou sans fin, par le géographe Évans, qui semble mettre ces deux mots en comparaison synonyme. Quoique moins sonore qu’Apalache, le nom d’Alleghany a obtenu dans l’usage une préférence que je ne lui disputerai point; mais, pour plus de clarté, j’appellerai Apalache le rameau qui, comme je l’ai dit, se détourne à l’angle de la Géorgie, et qui, moins élevé et moins rapide, se divise en une foule de monticules et de sillons dont est couvert le pays jusqu’au Mississipi: là ils se terminent brusquement en escarpements scabreux, appelés Cliffs, régnant depuis le coteau de Natchez jusque vers l’embouchure de l’Ohio: ils ne traversent point le Mississipi, dont l’autre rive, basse et plate, est un marécage de 20 lieues de largeur moyenne, depuis son embouchure jusqu’à celle d’Ohio, distante de 7 degrés (140 lieues); là finit la forêt continentale, et commencent les immenses steps ou savanes qui se prolongent vers l’ouest, jusqu’aux montagnes nord du Mexique et aux Stony-mountains, que j’appellerai dans le cours de cet ouvrage chaîne Chipéwane, du nom générique de la race des sauvages qui l’habitent.

Il résulte de cette disposition de terrain que je viens de décrire une sorte de partage physique des États-Unis en 3 longues contrées parallèles, prises dans le sens de la côte, c’est-à-dire du nord-est au sud-ouest, savoir:

Une 1re contrée orientale située entre l’Océan et les montagnes (vulgairement côte atlantique).

Une 2e contrée occidentale située entre le Mississipi et les montagnes (pays d’ouest ou Back-country).

Une 3e enfin, celle de ces montagnes elles-mêmes, qui est intermédiaire aux deux autres: et parce que chacune de ces contrées a des caractères particuliers de climat, de sol, de configuration et de structure intérieure, il me paraît convenable d’entrer dans quelques détails relatifs à chacune.

§ I.

Côte Atlantique.

La côte atlantique, ainsi nommée de l’Océan qui la baigne, et où elle verse toutes ses eaux, s’étend depuis le Canada jusqu’à la Floride, sur une largeur croissante du nord au sud, qui varie depuis 20 jusqu’à 70 lieues. Elle est le siége originel et principal des États de l’Union, qui y sont rangés dans l’ordre suivant.

Georgie, Caroline-sud, Caroline-nord, Virginie, Maryland, Delaware, Pensylvanie, New-Jersey, New-York, Connecticut, Rhode-island, Massachusets, Newhampshire, Vermont et Maine.

Dans toute sa longueur, le pays est d’un niveau peu élevé, plus plat dans les États du sud jusqu’au Maryland, même jusqu’en New-Jersey: plus inégal et presque montueux dans les États du nord, surtout en Connecticut, Massachusets et Rhode-island. L’on peut considérer Long-island (Ile longue) comme un point de partage assez précis entre ces deux caractères de terrain: car de cette île allant au nord jusqu’à la rivière Sainte-Croix[22], et même jusqu’à l’embouchure du Saint-Laurent, le rivage est élevé, rocailleux, parsemé de récifs qui tiennent au noyau du continent adjacent: au contraire, allant de Long-island vers le sud, la côte est continuellement une plage basse presque à fleur d’eau et de pur sable: ce sable, qui s’annonce pour un délaissement de la mer, se retrouve fort avant dans les terres. Il y sert de lit à la forêt de pins, sapins, et autres résineux dont j’ai parlé: à l’approche des montagnes, il se mêle avec une portion d’argile ou de gravier que les eaux ont amenée des hauteurs voisines: il en résulte un terrain jaunâtre, maigre, et meuble, qui domine dans la lisière moyenne des États du sud, dans le Maryland, la Pensylvanie, et le haut New-Jersey, à tel point que l’on peut considérer ces trois derniers États comme de grandes alluvions des fleuves Potômac, Susquehannah, Delaware et Hudson. Plus au nord, spécialement en Connecticut, Rhode-island et Massachusets, le pays est sillonné de monticules et de chaînons qui rendent âpre et raboteuse toute la Nouvelle-Angleterre proprement dite: l’on serait même tenté de croire cette contrée un prolongement de la lisière montueuse, si la nature granitique de ses pierres et la confusion de ses sillons ne la distinguaient des Alleghanys, essentiellement formés de grès, et qui concourent sur une ligne plus intérieure et plus occidentale.

§ II.

Pays d’Ouest, on bassin de Mississipi.

La seconde contrée qui est située à l’est des Alleghanys, mérite le nom de Bassin de Mississipi, en ce que la presque totalité des rivières qui l’arrosent, versent médiatement ou immédiatement dans ce fleuve. Ce bassin a pour limites, à l’est, les Alleghanys; à l’ouest, le Mississipi; au nord, les lacs Michigan, Érié et Ontario; au sud enfin les Florides: l’on remarquera que vers le sud, dans la Géorgie occidentale, la majeure partie des eaux se rend au golfe du Mexique, et semble former une contrée distincte; mais le peu d’étendue qu’aurait cette contrée, relativement aux autres, et l’analogie de son climat, de ses productions, même de ses relations futures, m’engagent à comprendre dans le pays d’ouest ou de Mississipi, tout ce qui est situé au couchant de la rivière Apalache, que je regarde comme la limite naturelle de la côte atlantique, dans l’intérieur et vers sud-ouest.

Les États contenus dans le bassin de Mississipi sont, la Géorgie occidentale, le Tennessee, le Kentucki, le grand district Nord-d’Ohio, appelé Northwest-territory, et quelques portions occidentales des États de Virginie, de Pensylvanie et de New-York. Les habitants de la côte atlantique donnent à toute cette partie le nom de Back-Country (Pays de derrière), indiquant par-là leur attitude morale, constamment tournée vers l’Europe, berceau et foyer de leurs intérêts et de leurs pensées: par un cas singulier et cependant naturel, à peine eus-je traversé les Alleghanys, que j’entendis les riverains du grand Kanhawa[23] et de l’Ohio, appeler aussi la côte atlantique Back-Country (Pays de derrière); ce qui prouve que déja leur situation géographique a donné à leurs regards et à leurs intérêts une direction nouvelle, conforme à celle des eaux qui leur servent de routes et de portes vers le golfe mexicain, foyer principal de l’ambition spéculative de tous les Américains.

Si l’on examine avec plus de détail cette grande contrée, l’on trouvera que la nature du sol et certaines limites naturelles de fleuves et de montagnes y forment une subdivision de 3 grands districts bien distincts.

Le premier est le pays situé au sud de la rivière Tennessee et du chaînon de l’Apalache qui l’enveloppe, d’où les rivières se versent au golfe du Mexique et au bas du Mississipi. Dans sa partie maritime, qui est la Floride, le sol est absolument plat, sablonneux et stérile au bord de la mer; marécageux, formant des prairies naturelles, quand on avance dans les terres, et alors gras et fécond principalement sur les banquettes des fleuves, où le riz et le maïs croissent de la plus grande taille. A peine trouverait-on une pierre de 2 ou 3 livres à la distance de 12 à 15 lieues du rivage. A mesure que l’on remonte vers l’intérieur, le pays devient plus collineux, le sol plus rocailleux, et aussi moins fertile, comme l’attestent les arbres de sa forêt, l’ilex, le pin, le sapin, les chênes rouge et noir, le magnolia, les cèdres rouge et blanc, le cyprès, et une foule d’arbustes indigènes des pays chauds. Un voyageur botaniste anglais[24] en a fait un vrai paradis terrestre; mais en renvoyant ses descriptions poétiques aux romans sentimentaux, ce sera traiter raisonnablement ce pays, que de le comparer au Portugal ou à la côte de Barbarie, et assurément ce lot est beau.

Le second district a pour limites, au sud, la rivière de Tennessee; au nord, celle d’Ohio; à l’est, les Alleghanys; et à l’ouest, le Mississipi. Il comprend l’État de Kentucki et celui de Tennessee, que j’ai vu se constituer en 1796. Tout cet espace est prodigieusement brisé de monticules et de sillons rapides, et cependant la plupart boisé. Il est surtout traversé de l’est à l’ouest par le chaînon dit Cumberland qui a jusqu’à 30 milles de largeur, et qui court entre la rivière du même nom et celle de Tennessee. Dans les vallons et dans ce qu’il y a de plaines, le sol est généralement d’une qualité excellente, étant une espèce de terreau noir, gras, meuble, et profond depuis 3 jusqu’à 15 pieds, par conséquent d’une extrême fertilité. Les arbres forestiers qu’il produit, bien supérieurs par leur diamètre et leur grandeur aux arbres effilés et maigres de la côte atlantique, sont: les chênes rouge, noir, blanc, les noyers hickorys, de 4 ou 5 espèces, les peupliers-tulipiers, les vignes sauvages, grimpant à 20 et 30 pieds, les frênes, les érables à sucre, les acacias, les sycomores, marronniers d’Inde, arbres-à-gomme, pins, cèdres, sumacs, pruniers sauvages, pruniers-persimons, et cerisiers sauvages, dont quelques-uns ont jusqu’à un mètre 2 tiers de diamètre.

Cette nature meuble et perméable du terrain y occasione aux ruisseaux et aux rivières une particularité que j’ai vue en quelques lieux de la Syrie, même de la France, mais nulle part dans une proportion aussi étendue; car, dans tout le Kentucky et le Tennessee, l’on ne cesse de rencontrer des entonnoirs du diamètre depuis 50 jusqu’à 500 pas sur une profondeur de 15 à 50, ayant dans leur fond un ou plusieurs trous ou crevasses dans lesquels s’engouffrent, non-seulement les eaux pluviales voisines, mais encore des ruisseaux et des rivières déja considérables. Ils disparaissent tout à coup au sein des broussailles, devant le voyageur stupéfait, et achèvent leur cours dans des lits souterrains. En général, les ruisseaux et les rivières, dans leur cours visible, y déchirent et y creusent la terre perpendiculairement jusqu’à un lit de pierres calcaires qui lui sert de noyau, ou plutôt de plancher presque horizontal. De ce mécanisme il résulte,

1º Que presque tous les ruisseaux et rivières du Kentucky et du Tennessee sont encaissés comme dans des fossés, entre deux rives à pic, hautes depuis 50 pieds, comme celle de l’Ohio, jusqu’à 400 pieds, comme l’écore de la rivière Kentucki à Dixon’s-point;

2º Que le pays se trouve raboteux et sillonné de ravines profondes; d’ailleurs, traversé des chaînons latéraux des Alleghanys, aussi brusques dans leur pente, qu’ils sont étroits sur leurs sommets[25];

3º Que le terrain ne pouvant être arrosé par irrigation, les habitants de Kentucky et un peu ceux du Tennessee se plaignent déja d’une aridité qui s’accroît à mesure que le pays se déboise, et qui dissipe, d’une manière fâcheuse, les illusions des spéculateurs de terre et les promesses des voyageurs romanciers.

Je dois citer ici un fait physique singulier, bien constaté en Kentucky, savoir, que beaucoup de sources y sont devenues plus abondantes depuis que les bois des environs ont été coupés; j’ai discuté sur les lieux avec des témoins dignes de foi, les causes de ce phénomène: il nous a paru que jadis les feuilles de la forêt accumulées sur la terre, y formaient un lit épais et compacte, comme on le voit encore là où cette forêt subsiste; et que ce lit retenant les eaux pluviales à sa surface, leur donnait, surtout en été, le temps de s’évaporer avant qu’elles pussent pénétrer dans l’intérieur: aujourd’hui que ce lit de feuilles n’existe plus, et que le sein de la terre est ouvert par la culture, les pluies qui ont la faculté de l’imbiber y établissent des réservoirs plus durables et plus abondants; mais ce cas particulier ne détruit point la doctrine plus générale et plus importante que la coupe des forêts, particulièrement sur les hauteurs, diminue généralement la masse des pluies et des fontaines qui en résultent, en empêchant que les nuages ne se fixent et ne se distillent sur les forêts: le Kentucky lui-même en offre la preuve ainsi que tous les autres États de l’Amérique, puisque l’on y cite déja une multitude de ruisseaux qui ne tarissaient pas il y a 15 ans, et qui maintenant manquent d’eau chaque été. D’autres ont totalement disparu; et plusieurs moulins, dans le New-Jersey, ont été abandonnés par cette cause[26].

Un autre phénomène remarqué en Amérique, trouve peut-être son explication dans le fait que je viens de citer. L’on ne traverse point de forêt dans ce continent sans rencontrer des arbres renversés; et l’on observe que la racine n’est qu’un chevelu superficiel, en forme de champignon, à peine de 18 pouces de profondeur pour des arbres de 70 pieds. Si ces racines ne pivotent point, n’est-ce pas afin de profiter de l’humidité superficielle qui les couvre et du terreau gras résultant des feuilles pourries dans lequel elles trouvent une substance bien préférable aux couches de l’intérieur restées sèches, et par suite, plus dures à pénétrer? Et maintenant, que par le laps des siècles ces végétaux ont contracté cette habitude, il faudra des siècles pour la changer.

Le troisième district a pour limites, au sud, le cours de l’Ohio; au nord, les lacs du Saint-Laurent, et toujours à l’est et à l’ouest l’Alleghany et le Mississipi. Cet espace, appelé par les Américains North-west-territory, ne compte encore aucun État constitué, faute de population suffisante:[27] sa surface est presque plane ou commodément ondulée: à peine y citerait-on une montagne ou un sillon de 100 toises d’élévation, et dans tout son ouest, depuis la rivière Wabash jusqu’au Mississipi, ce ne sont que vastes et plates prairies. Néanmoins c’est d’un tel local que coulent en sens opposés une foule de rivières considérables qui, les unes vont au golfe du Mexique par le Mississipi, les autres à la mer du Nord par le Saint-Laurent, et d’autres encore à l’Atlantique par le Mohawk, l’Hudson et la Susquehannah: d’où il résulte que les monts Alleghanys, de qui ces derniers fleuves tirent leurs sources, ne sont en quelque sorte que la rampe de ce plateau qui les égale presque en niveau. Sur ce vaste espace les pentes opposées sont si douces, que les rivières, hésitant dans leurs cours, s’y égarent en sinuosités et en marécages; et que dans les crues de l’hiver il y a jonction d’eaux navigables en canot, entre les sources de la Wabash qui va à l’Ohio, du Miami, qui va au lac Erié, de la rivière Huron, qui tombe à l’entrée de ce même lac, de la grande-rivière qui tombe dans le lac Michigan, et ainsi de plusieurs autres.

Par contraste avec le Kentucky, les rivières de North-west-territory, coulent à fleur de terre, à raison non-seulement de ce niveau plat, mais encore de la qualité argileuse du sol, qui empêche l’eau d’y pénétrer: circonstance heureuse pour le commerce et l’agriculture de cette contrée: aussi l’opinion commence-t-elle à préférer ce pays au Kentucky; je présume qu’un jour il sera la Flandre des États-Unis pour le blé et les pâturages: j’ai vu, en 1798, au bord du grand Sioto, un champ de maïs, à la vérité en première année de culture, où cette plante avait généralement 4 mètres de hauteur, et des épis en proportion: à cette même époque, à l’exception de quelques habitations éparses, ce n’était au-dessus du Moskingom qu’un désert de forêts, de marais, et de fièvres: j’ai traversé 40 lieues de cette forêt depuis Louisville, près des rapides de l’Ohio, jusqu’au poste Vincennes sur la Wabash, sans rencontrer une cabane, et, ce qui m’a étonné, sans entendre le chant d’un oiseau (quoiqu’en juillet). Elle finit un peu avant la Wabash; et de là au Mississipi, pendant 80 milles, l’on ne trouve que les prairies, dont j’ai déja parlé comme de steps tartares; et là réellement commence une Tartarie américaine, qui a tous les caractères de la Tartarie asiatique; d’abord chaude dans sa partie méridionale, elle devient de plus en plus froide et stérile vers le nord: dès le 48e de latitude, elle est glacée dix mois de l’année, dépourvue de hauts bois, noyée de marécages, traversée de fleuves qui, dans une espace de 1000 lieues, n’ont pas 15 lieues d’interruptions ou de portages: elle offre à tous ces titres les caractères de la Tartarie; il ne manquait que d’en voir les indigènes devenir cavaliers; et cette circonstance vient d’avoir lieu, depuis 25 à 30 ans, par les vols que les sauvages Nihiçaoué ou Nadouessis[28], jusqu’alors piétons, ont fait des chevaux espagnols errants dans les savanes du nord du Mexique. Avant 50 ans ces nouveaux Tartares pourront devenir des voisins incommodes à la frontière des États-Unis: et le système colonial des bords du Missouri et du Mississipi éprouvera des difficultés que n’ont pas connues les pays de l’intérieur de la confédération.

§ III.

Contrée des montagnes.

La troisième grande lisière parallèle est cette ligne de terrain montueux, dont j’ai déja parlé, laquelle s’étend de l’embouchure de Saint-Laurent aux confins de la Géorgie, partage les eaux de l’est et de l’ouest, et forme comme une haute terrasse ou rempart entre les deux contrées Atlantique et Mississipi. On peut estimer à environ 400 lieues la longueur de cette bande, sur une largeur très-variable, mais assez généralement de 30 à 50 lieues.

Cette contrée, quoique très-étroite comparativement, exerce néanmoins une grande influence de température sur les deux adjacentes dont elle diffère par le climat, le sol, et même par les productions. Vers le Sud, l’air y est plus pur, plus sec, plus élastique, plus sain: vers le nord, et dès le Potômac, les brumes et les pluies y sont plus communes, les animaux plus grands et plus vifs; et les arbres forestiers, sans être aussi gros que ceux de l’ouest, le sont plus que ceux de l’est, et surpassent les uns et les autres en élasticité.

Cette chaîne de montagnes diffère de celles de notre Europe, en ce que plus longue et plus régulière dans ses sillons, que les Alpes et les Pyrénées, elle est cependant bien moins haute qu’elles. Des mesures prises en divers points avec précision, vont en fournir des preuves instructives et satisfaisantes.

En Virginie, le pic Otter, point dominant de tout le pays, n’a de hauteur que 1218 mètres ⅔ (4000 pieds anglais)[29].

Dans le même canton, M. Jonathan Williams[30], parti du lieu où finit la marée, au-dessous de Richmond, et mesurant sa route jusque sur la première chaîne de Blue-ridge, a trouvé au col (cap) de Rockfish, 350 mètres d’élévation (1150 pieds anglais). Près de là, un pic dominant lui a donné 554 mètres (1822 pieds anglais); plus loin, après la ville de Staunton, montant un chaînon de l’Alleghany, il a trouvé 577 mètres (1898 pieds anglais); un second chaînon, celui de Calf-pasture, lui a donné 683 mètres (2247 pieds anglais); enfin, un troisième chaînon, celui qui partage les eaux, et qui n’est coupé par aucune, mesuré à 6 milles sud-ouest de Red-spring lui a donné 822 mètres (2706 pieds anglais).

En Maryland, Georges Guilpin et James Smith ont levé, en 1789, les niveaux suivants:

Sur le fleuve Potômac, à partir du terme de la marée, c’est-à-dire, des rapides de George-town, jusqu’à l’embouchure de Savage-river, dans une étendue de 218 milles anglais (environ 73 lieues), le niveau est de 352 mètres ⅔ (1160 pieds anglais); dans ce compte, les rapides de Georgetown sont portés pour 11 mètres ¼ (37 pieds anglais), et la grande chute de Matilda pour 23 mètres 1/10 (76 pieds anglais), y compris ses rapides qui se prolongent 3 milles au-dessus d’elle.

Depuis l’embouchure de Savage-river jusqu’au lieu dit Moses-williams, sur le sommet de l’Alleghany, dans un espace de 8 ¾ milles, le niveau est de 637 mètres ½ (2097 pieds anglais), total 990 mètres (3257 pieds anglais).

En sorte que l’Alleghany, que j’ai moi-même traversé dans cette partie, et qui m’a paru y être le plus élevé, n’a pas, au-dessus de l’océan, plus de 822 mètres, ou 405 toises. Blue-ridge, à la brèche de Harper’s-ferry, sous l’embouchure de la rivière Chenando, m’a paru avoir à peu près la même hauteur qu’à Rock-fish-gap; ainsi son terme moyen peut être évalué à 350 mètres, c’est-à-dire, moins de la moitié de l’Alleghany (dans la Virginie).

En Pensylvanie, la hauteur de l’Alleghany, au-dessus du plat pays, n’est, selon le docteur Rush, que de 395 mètres ⅕ (1300 pieds anglais); et en effet, les voyageurs remarquent que l’on y arrive par une suite de pentes douces et graduelles, sans beaucoup s’en apercevoir.

Dans l’État de New-York, aux montagnes appelées Catskill, le plus haut pic mesuré en 1798 par Peter de la Bigarre[31], a donné de hauteur 1079 mètres (3549 pieds anglais) au-dessus des eaux de l’Hudson, qui éprouve la marée jusqu’à 10 milles au-dessus d’Albany.

En Vermont, le pic de Killington mesuré par Samuel Williams, comme le plus élevé de toute la chaîne, n’a que 1049 mètres ⅔ (3454 pieds anglais)[32].

Enfin, les montagnes Blanches (White-hills) dans le New-Hampshire, qui sont vues de trente lieues en mer, et que M. Belknap évalue[33], d’après des voyageurs, à 3040 mètres (10,000 pieds d’élévation), ne sont portées, par M. S. Williams, qui en donne des raisons motivées, qu’à 2361 mètres (7800 pieds anglais).

La chaîne de l’Alleghany ne doit donc être considérée que comme un rempart d’une hauteur moyenne de 700 à 800 mètres (environ 350 à 400 toises), ce qui diffère absolument des grandes chaînes du globe, telles que par exemple les

Alpes évaluées à3000 mètres

Les Pyrénées2700

Les Andes5000

Le Liban2905

et l’on conçoit que cette circonstance doit beaucoup influer sur la météorologie des États-Unis et de tout leur continent, ainsi que je le développerai par la suite.

Les voyageurs européens remarquent tous avec surprise, que les montagnes américaines ont dans leur direction plus de régularité, dans leurs sillons plus de continuité, dans la ligne de leurs sommets plus d’égalité que les montagnes de notre continent. Ce caractère est surtout frappant en Virginie et en Maryland dans le sillon de Blue-ridge. Ce sillon, que j’ai traversé ou suivi depuis la frontière de Pensylvanie jusqu’au fleuve James, m’a toujours présenté l’aspect d’une terrasse de 1000 à 1200 pieds d’élévation sur la plaine avec une pente très-roide et un sommet si égal, qu’à peine y voit-on des ondulations et quelques brèches ou gap qui servent de passage. La base de cette masse n’excède pas quatre à six milles (deux à trois lieues). En venant au nord, cette chaîne s’abaisse ainsi que ses parallèles; et parce que quelques bifurcations ont causé en Pensylvanie une confusion de noms qui embarrasse même les géographes, je tenterai d’abord de les éclaircir.

En Virginie, l’on distingue nettement trois sillons principaux bien caractérisés, qui sont:

1º Le sillon Blue-ridge, situé le plus à l’est, qui tire ce nom, signifiant Chaîne-bleue, de son apparence bleuâtre lointaine quand on vient du pays plat maritime: il porte le nom de South-mountain, ou Montagne du Sud dans les cartes d’Evans et d’autres géographes, sans que l’on en puisse donner une bonne raison. En général, les montagnes des États-Unis, nommées au hasard par les colons de chaque canton, n’ont qu’une nomenclature insignifiante et souvent bizarre. Quoi qu’il en soit de Blue-ridge, ce sillon part du grand arc ou nœud de l’Alleghany; il est même le prolongement le plus direct de cette chaîne en venant du sud: il traverse le fleuve James au-dessous de la jonction de ses deux branches supérieures; le Potômac au-dessous de la Shenandoa; la Susquehannah au-dessous de Harrisburg; et les voyageurs observent que le lit de cette rivière, jusque-là navigable sur un fond calcaire, devient intraitable à cause des rocs et des grès de Blue-ridge. En Pensylvanie, ce sillon, moins continu et moins élevé, prend, selon les cantons, les noms divers de Trent, de Flying, de Holy-hills; mais il n’en est pas moins le même rameau qui traverse le Schoolkill sous Reading; la Delaware au-dessous de sa branche ouest et de la ville d’Easton; d’où il va se perdre au groupe de Catskill, vers les bords de l’Hudson.

La seconde chaîne, appelée North-mountain, montagne du Nord, sans plus de raison que la précédente, part aussi du grand arc de l’Alleghany, et se tenant parallèle, mais occidentale à Blue-ridge, elle traverse les hautes branches du James, douze à quatorze milles au-dessus de leur jonction; le Potômac vingt-quatre milles au-dessus de la Shenandoa; mais lorsqu’elle atteint les branches ouest de la rivière grande Conegochigue, elle se divise en plusieurs rameaux, qui jettent de l’incertitude sur sa suite. Quelques géographes veulent voir son prolongement dans le chaînon de Tuscarora, quoique divergent, lequel, après avoir traversé la rivière Juniata, va se perdre dans les déserts rocailleux et marécageux du nord-est de la Susquehannah: d’autres suivent North-mountain dans le chaînon de Kittatiny, lequel, plus direct, court parallèlement à Blue-ridge, jusqu’à la Delaware, qu’il passe au-dessus de sa branche ouest et de Nazareth: après quoi il côtoie la rive orientale de ce fleuve, et va se terminer, avec les sillons de Blue-ridge, au groupe de Catskill et aux montagnes qui séparent les sources de la Delaware du cours de l’Hudson.

En Pensylvanie, l’on confond assez généralement Blue-ridge avec North-mountain, parce que les caractères de l’un et de l’autre étant moins marqués, chaque canton a donné l’épithète de bleue à sa chaîne la plus élevée, et des noms particuliers à chaque rameau différent; mais la continuité géographique de North-mountain par Kittatiny, et de Blue-ridge par les Flying et Holy-hills, telle que je l’ai tracée, me paraît la mieux établie par la direction générale de ces chaînes, par la nature de leurs pierres et par leurs concours à former une vallée calcaire qui se prolonge entre elles sans interruption depuis la Delaware et les territoires d’Easton et de Nazareth, jusqu’aux sources de la Shenandoa, par-delà Staunton[34].

La troisième chaîne principale, l’Alleghany proprement dit, est le sillon le plus élevé à l’ouest qui, partageant toutes les eaux, sans être traversé d’aucune, a mérité le nom d’Endless ou Sillon sans fin. Celui-là pris à son extrémité sud, vient de l’angle de la Géorgie et de la Caroline, où il reçoit les noms divers de montagnes du Chêne-blanc, du Grand-fer, de montagne Chauve, et même de montagne Bleue[35]. Là il verse à l’ouest quelques branches de la rivière Tennessee; à l’est les fleuves des deux Carolines, auxquelles il sert de limite occidentale: arrivé en Virginie, il forme l’arc dont j’ai parlé, en se courbant vers le nord-ouest, et enveloppant les sillons précédents; puis il reprend sa route nord nord-est, envoie à l’Ohio les eaux du grand Kanhawa et de la Monongahéla; à l’océan Atlantique, celles des fleuves James, Potômac, Susquehannah, etc.: mais vers les sources de la branche ouest de ce dernier, il se divise en rameaux divers, dont les plus considérables se dirigent à l’est, et vont à travers toutes les eaux de la Susquehannah, se terminer au Catskill et aux sources de la Delaware sur l’Hudson; tandis que d’autres rameaux à l’est enveloppent les sources mêmes de la Susquehannah, et par Tyoga, vont fournir celles des lacs Iroquois ou du Génessee: à moins que l’on ne veuille attribuer ces rameaux à un sillon plus occidental qui, sous les noms de Gauley, de Laurel et de Chesnut-ridge, vient aussi se terminer dans cette contrée.

Outre les trois chaînes principales de la Virginie que je viens de décrire, il est encore plusieurs sillons intermédiaires, qui souvent les égalent en hauteur, en roideur, en continuité: tels sont ceux de Calf-pasture, de Cow-pasture[36] et de Jackson, que j’ai traversés en me rendant de Staunton à Greenbrïar. C’est dans ces dernières montagnes que sont situées les eaux thermales de diverses qualités, célèbres en Virginie pour leurs cures, et désignées sous les noms de Warm-spring, source chaude tempérée; Hot-spring, source très-chaude; Red-spring, source rouge, etc.; Warm-spring que j’ai vu, est une source sulfureuse ammoniacale d’environ 20 degrés de chaleur: elle est située au fond d’un profond vallon en forme d’entonnoir, que tout indique avoir été le cratère d’un volcan éteint.

A l’ouest de l’Alleghany, vers le bassin d’Ohio, il est aussi plusieurs sillons remarquables; j’en ai traversé un premier sous le nom de Reynick[37] et High-ballantines, 8 milles à l’ouest du town ou village de Green-brïar, et il m’a paru aussi élevé, mais bien plus large que Blue-ridge. De son plateau j’en vis une foule d’autres vers sud-ouest et nord-est. Quinze milles plus loin, par une route tortueuse, j’entrai dans une série d’autres chaînons que je ne cessai de traverser, pendant 38 milles, au nombre de 8 ou 10 jusqu’à celui de Gauley, le plus élevé, le plus rapide de tous, et le plus étroit sur sa crète. Je regarde tout l’espace de ces 38 milles, comme une seule et même plate-forme assez élevée. Par-delà le Gauley l’on ne traverse plus de haut chaînon qu’avec le cours des eaux dont on suit la direction, et souvent le lit; mais j’ai remarqué que le lit du grand Kanhawa se fait souvent jour à travers l’un des pays les plus scabreux que j’y aie rencontré. Beaucoup de ces sillons se dirigent sur l’Ohio, et nous verrons que quelques-uns doivent l’avoir traversé: ce Gauley-ridge prend son origine aux sources du grand Kanhawa, au sud-ouest de l’arc d’Alleghany; et sous le nom de Laurel-hill, de Chesnut-ridge, il va dans le nord se terminer aux têtes de la Susquehannah: au sud, les colons de Kentucky et de Tennessee ont étendu le nom de grand Laurel au rameau principal qui sépare le Kentucky de la Virginie; et ils ont communiqué le nom de Cumberland à sa continuation, qui côtoie et limite la rivière de Cumberland jusqu’à son embouchure. Je n’ai pas de renseignements suffisants sur cette partie. Le gouvernement des États-Unis a en main un moyen très-simple de s’en procurer un corps complet; ce serait de soumettre tous les arpenteurs par une ordonnance du collége de William et Mary de Williamsburg, où ils subissent leur examen et reçoivent leur patente, à ajouter des détails de topographie aux stériles procès verbaux de leurs alignements. En peu d’années, l’on aurait sans frais un système complet des montagnes et des eaux.

Il me reste à donner sur la structure intérieure de ces montagnes, c’est-à-dire sur la disposition et la nature des bancs et couches de pierre qui leur servent de noyau, les renseignements que j’ai pu me procurer; quelque incomplets qu’ils puissent être, j’ai lieu de croire qu’ils seront de quelque intérêt, ne fût-ce que par leur nouveauté; leur ensemble et le soin que j’y ai donné pour satisfaire les lecteurs qui attachent à la géographie physique l’importance que mérite cette science. Pour qui sait observer des faits et en tirer de sages inductions, la structure de notre globe est un livre bien autrement instructif et authentique sur ses révolutions et sur leur histoire, que les traditions, vagues d’abord et sans autorité, des peuples ignorants et sauvages, érigées ensuite en systèmes dogmatiques chez les peuples civilisés.

Notes in this chapter

Note 1 · Maine n’est encore qu’un district de Massachusets; mais il ne peut tarder d’être constitué en état.Note 2 · Les sillons du Kentucky.Note 3 · White-oak, Great-iron, Bald-mountain, Blue-mountain.Note 4 · Apalachi-cola, mot double dans lequel cola signifie rivière chez les sauvages Creeks.Note 5 · Frontière des États-Unis vers les possessions anglaises du Canada.Note 6 · Rivière considérable de la Virginie occidentale qui verse dans l’Ohio.Note 7 · Bartram.Note 8 · C’est néanmoins sur ces sommets que les sauvages, imités en cela par les Américains, avaient établi leurs sentiers ou routes: l’exemple le pNote 9 · Il faut aussi remarquer que jadis les lits encombrés d’arbres renversés, et de roseaux, gardaient mieux les eaux, et qu’aujourd’hui nettoyésNote 10 · Il faut 60,000 ames.Note 11 · Ces Nihiçaoué forment 10 à 12 tribus établies entre le lac du Cèdre et le Missouri, d’où ils paraissent venir originairement.Note 12 · Voyez les notes de M. Jefferson, page 49, édition de Paris, 1785. Je préviens le lecteur, que j’ai évalué le pied anglais à raison de 304 miNote 13 · Neveu du docteur Franklin, auteur de plusieurs mémoires de physique, insérés dans l’American Musæum, et dans les Transactions de la société Note 14 · Transactions of the society of New-York, part. 2, page 128.Note 15 · Voyez History of Vermont by Samuel Williams, pag. 23, 1 vol. in-8º, imprimé à Walpole, New-Hampshire, 1794. L’auteur observe qu’à ces latituNote 16 · History of New-Hampshire by Belknap, page 49, tome III. Voyez aussi Samuel Williams, page 23.Note 17 · Ce n’est pas sans avoir examiné cette question avec soin, que je m’écarte de la projection de M. Arrow-Smith, qui, négligeant totalement le Note 18 · White-oak, Great-iron, Bald, Blue-mountain.Note 19 · Pâture du veau et de la vache.Note 20 · Nom du colon primitif ou principal sur la route: presque tous les noms de lieu aux États-Unis ont pareille origine.
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