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Proses moroses

LES CORRESPONDANCES

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A Edouard Dubus.

«Il est étonnant que l'homme ne sache pas encore que son Mental est dans une lumière absolument autre que la lumière du monde; mais tel est l'état des choses, que pour ceux qui sont dans la Lumière du monde, la Lumière du ciel est comme des ténèbres...»

Emmanuel Swedenborg. Les Arcanes célestes, 3224.

Mi-dévêtue, il la prit sur ses genoux et le jeu des doigts en promenade signalait à mesure la localisation des Correspondances. Ton des explications: cette affectueuse ironie qui réussit à capter l'attention des petits enfants.

—«Mais oui, chère, le corps humain, tout son interne mécanisme, tout le geste, tous les organes sont en homologie avec le monde spirituel avec le Ciel-Enfer, vaste espace en forme humaine, Très Grand Hermaphrodite habité selon les régions par des créatures célestes, infernales, purgatoriales: les infernales végètent parmi les excrétions, les choses mortes.

Ce ne sont pas des symboles bien complexes: aux yeux correspondent les anges de lumière; au cœur, des anges d'amour; aux poumons, des anges de foi; aux bras, les anges de la Force: «Un Bras nu m'est apparu, qui avait en lui une grande force...»

Cette vie résolue, les avares vont s'enclore dans la geôle de l'estomac; les improbes barboteront dans les marécages du fiel; les stupides et les vaniteux, dans l'égout du colon; quant aux glorieux massacreurs, ils expieront dans le perpétuel in-pace du rectum la joie des champs de bataille.

Âmes tendres qui adorâtes les enfants—et qui en fîtent—la matrice de l'Hermaphrodite sera votre palais.

—Oh! que tu m'ennuies!

—Tiens, là,—et au contact indicateur elle s'ennuyait déjà moins,—entre les jambes divines de l'Infini, c'est la demeure des bonnes amoureuses.

—Je ne comprends pas.

—Voyons, figure-toi des organes immenses, et tu te promènes, tu respires des odeurs de rut, tu te roules dans la neige des germes, tu cueilles des fleurs phalliques, l'herbe est douce et crêpelée, les désirs, comme des aromates, sont vaporisés dans l'air et le vent chante des vers d'amour...

—Et tu seras avec moi?

—Eternellement!

—Oui, mais tout ça n'est pas vrai.

—Oh! enfant, tout est vrai. Crois,—et crois aussi quand je te dirai le contraire de ceci, car il n'est pas nécessaire de croire toujours la même chose. La route ne traverse pas d'identiques paysages. Soyons successivement dupes des perspectives qui violentent nos yeux: c'est le moyen de ne pas s'ennuyer.

—Après?

—Si tu étais une chaste vierge, je te prometterais d'attachantes fonctions. Tu résiderais dans les reins de l'insigne Hermaphrodite et là, tu veillerais à ce que les vaisseaux spermatiques n'enlevassent pas au sang, pour d'abusifs coïts, toute son essence et toute sa vitalité.

—Est-ce fini?

—Oh! non, il y en a très long. Mais, écoute. Ma belle, j'ai bien peur qu'au lieu des dilections du paradis génital, nos péchés ne nous destinent aux excrémentiels enfers, ne nous duisent irrévocablement sous les fesses du Grand Corps, parmi les adultères, les sensuels, les dévergondés de la charnalité...

—Tout cela est bien malpropre!

—Comme la vie, ma chère âme, comme la vie!..»

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