CHAPITRE XVIII. Résolution de ma mère.
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Mon père ne rentra donc chez lui que de très-mauvaise humeur, et après avoir murmuré tout le long de la route.—Il ne dit cependant rien de la résolution qu'il avoit prise de faire usage de la clause du contrat de mariage que mon oncle avoit fait insérer en sa faveur.—Ce ne fut que treize mois après, et la même nuit précisément où il songea à réparer, par mon existence, la perte dont il se plaignoit, qu'il annonça à ma mère, en causant gravement avec elle, le parti qu'il avoit pris. Il lui dit qu'elle n'avoit qu'à s'arranger comme elle voudroit;… mais qu'il entendoit absolument qu'elle accouchât cette fois à la campagne, pour balancer la dépense du voyage inutile qu'elle lui avoit fait faire.
Mon père étoit doué de bien des vertus;—mais il avoit en partage, et dans un degré un peu fort, ce qu'on peut appeler persévérance, lorsque la cause est bonne, et obstination quand elle est mauvaise.—Ma mère le connoissoit très-bien, et elle n'ignoroit pas que ses remontrances seroient inutiles.—Elle ne lui en fit donc aucunes, et se détermina à attendre l'événement.