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Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)

PARTIE II Généralités

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CHAPITRE I Classification des champignons.

Dans le premier volume du Nouvel Atlas des Champignons comestibles et vénéneux, nous avons envisagé la classification des champignons d’une façon un peu sommaire, aussi croyons-nous utile d’y revenir aujourd’hui.

Nous diviserons l’immense classe des champignons en 5 groupes, qui sont:

I.—Les Basidiomycètes, qui comprennent les champignons dont les organes reproducteurs (spores) sont placés sur des basides bien conformées et persistantes, comme dans les Agarics, les Bolets, les Hydnes, etc. (Voir fig. 1 et tableau II.)

Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)
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Fig. 1.

II.—Les Ascomycètes, dont les organes reproducteurs sont constitués par des asques (ou thèques) renfermant les spores à leur intérieur, comme dans les Pézizes, les Truffes, etc. (Voir fig. 2 et tableau III.)

III.—Les Phycomycètes, qui n’ont ni asques ni basides; qui de plus sont souvent parasites sur les plantes ou les animaux vivants et dont le mycélium est unicellulaire, comme dans les Péronosporées. (Voir tabl. IV.)

IV.—Les Myxomycètes, qui n’ont ni asques ni basides, qui ne sont jamais parasites sur les plantes vivantes ou sur les animaux et dont la substance est amiboïde (c’est-à-dire mobile et susceptible de changer de forme). Ex. Les fleurs de tan.

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Fig. 2.

V. Les Deutéromycètes, qui sont des champignons imparfaits ou inférieurs: ils représentent des états transitoires d’autres champignons plus élevés en organisation. Ils peuvent avoir des organes analogues aux périthèces, mais pas d’asques, et leur mycélium n’est pas unicellulaire: on les trouve le plus souvent sur les feuilles, le bois, où ils forment des taches bien visibles et très limitées. Ex. Les Septoria, les Phoma, etc. (Voir tableau VI.)

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Fig. 3.

Si nous examinons chaque groupe en particulier, nous verrons qu’ils peuvent se subdiviser à leur tour en sous-groupes, qui seront susceptibles eux-mêmes de former des ensembles plus circonscrits, que nous nommerons familles. Puis ces familles seront le résultat de la réunion d’un certain nombre de genres, lesquels renfermeront les espèces. Le tableau I résume les principaux caractères de ces groupes.

Nous examinerons tout premièrement les Basidiomycètes, et nous verrons dans le tableau II, que ce groupe comprend les Hyménomycètes, les Gastéromycètes, les Ustilaginées et les Urédinées.

Si nous agissons de même pour ces sous-groupes, nous verrons que les Hyménomycètes renferment les familles ci-après désignées: les Agaricinées, les Polyporées, les Hydnées, les Téléphorées, les Clavariées, les Auriculariées ou Trémellinées. (Voir tableau II.)

Nous verrons également que les Gastéromycètes, qui diffèrent des Hyménomycètes en ce que leur hyménium est renfermé à l’intérieur du champignon, comprennent les Phalloïdées, les Nidulariées, les Lycoperdacées, les Hyménogastrées (Voir tableau II.)

Quant aux Ustilaginées et aux Urédinées, dont les spores sont disposées à l’extrémité de cellules analogues aux basides, elles n’ont pas été subdivisées en familles, ou plutôt, ce sont des groupes qui portent également le nom de familles, et elles comprennent un très grand nombre de genres qu’il nous est impossible de citer. Nous nous contenterons de rappeler que certains de ces champignons sont bien connus, surtout des agriculteurs et des horticulteurs, à cause des dommages qu’ils leur causent. En effet, la carie des céréales est due à une Ustilaginée, et les nombreuses rouilles qui s’attaquent aux organes verts des végétaux font partie des Urédinées.

Le deuxième groupe, celui des Ascomycètes, se divise en 4 sous-groupes, qui sont (Voir tableau III.):

Les Pyrénomycètes, qui sont légion et qui, examinés superficiellement, se présentent à nous sous forme d’agglomérations noires comme du charbon et incrustant les végétaux ou affectant les formes les plus bizarres. Si l’on examine au microscope une section transversale mince de ces champignons, on y trouve une quantité de petites loges en forme d’urnes, lesquelles renferment de nombreuses thèques (ou asques) à 8 spores généralement, ce sont des périthèces. (Voir tableau III.)

Les Tubéromycètes sont des champignons généralement charnus ou coriaces, affectant la forme de tubercules non carbonacés, et se développant le plus souvent dans le sol, sur les racines ou les radicelles des arbres. De là le nom de champignons hypogés qui leur a été donné. Dans ce sous-groupe, les thèques ne sont pas allongées comme dans les autres sous-groupes des Ascomycètes, mais elles sont courtes et volumineuses et elles renferment, non plus 8 spores, mais de 1 à 8. Ce sous-groupe a été subdivisé en plusieurs familles, parmi lesquelles nous citerons celle des Tubéracées, qui renferme comme genres principaux, les Elaphomyces, les Genea, Balsamia, Tuber, Chæromyces, Terfezia, etc. Les plus connus sont les Elaphomyces, que l’on trouve à peine enterrés sous la mousse, et que l’on nomme vulgairement Truffes des cerfs, et surtout les différentes espèces de Truffes qui font l’objet d’un commerce important. (Voir tableau XIV.)

Les Discomycètes (champignons en forme de disque) sont fort nombreux, mais il ne faudrait pas croire qu’ils ont tous cette forme caractéristique d’un disque ou d’une coupe, bien loin de là, mais tous ont une consistance charnue ou à peine coriace et nullement carbonacée, ce qui les distingue des Pyrénomycètes. Ils ne se développent pas sous terre comme les Tubéromycètes, et ne sont pas parasites comme les Gymnomycètes, enfin, ils ont des thèques à 8 spores, quelquefois davantage, et des paraphyses. (Voir tableau XV.) (Voir fig. 2.)

Les Gymnomycètes sont des champignons parasites qui n’ont pas de réceptacle proprement dit, d’où leur nom de Gymnomycètes (champignons nus). Ils se différencient des Pyrénomycètes par l’absence de périthèces; ils ne se développent pas sous terre comme les Tubéromycètes et manquent de paraphyses, qui existent dans les Discomycètes. (Voir tableau III.)

Le troisième groupe, celui des Phycomycètes, se divise en 5 familles.

Les Phycomycètes sont des champignons d’une organisation très simple et qui ne ressemblent en rien à ceux que nous avons étudiés jusqu’ici. Ils sont d’une très grande ténuité, et leur mycélium, qui n’est jamais compact, se compose essentiellement de filaments non cloisonnés, caractère qui ne se retrouve pas dans les autres groupes. Ils se développent, soit dans l’air, soit dans l’eau et sont parasites ou saprophytes sur les végétaux ou les animaux. A première vue, on les reconnaîtra à leur aspect blanchâtre, filamenteux et formant comme une efflorescence blanche ou comme une agglomération de filaments blancs qui ne sont visibles à l’œil que par leur grand nombre; aussi est-il nécessaire de recourir au microscope pour s’assurer que l’on est bien en présence d’un champignon de ce groupe.

On a divisé les Phycomycètes en plusieurs familles, qui sont:

Les Mucoracées sont des champignons vivant à l’air, qui prennent naissance sur des substances avariées ou en voie de décomposition. Nos aliments sont souvent attaqués par des Mucoracées. Leur mycélium donne naissance à des filaments dressés (hyphes) qui portent des sporanges renfermant de nombreuses spores. Ces champignons ont plusieurs modes de reproduction.

On peut se procurer facilement une forêt de Mucoracées en mettant sous une cloche du crottin frais de cheval.

Les Entomophthorées sont des champignons aériens qui se développent surtout sur les insectes. Le mycélium prend naissance dans le corps de l’animal, qu’il tue, et lorsqu’il est mort, les filaments fructifères sortent à l’extérieur et se couvrent de spores appelées conidies; plus rarement, on les trouve sur les plantes.

Tout le monde a pu remarquer que vers la fin de l’année, les mouches domestiques se collent en grand nombre aux murs ou sur les vitres, où elles meurent; si on les examine d’un peu près, on voit qu’elles sont recouvertes d’une efflorescence blanche due à un champignon de cette famille, l’Empusa muscæ.

Les Chytridiées sont des champignons qui vivent soit sur les plantes dans l’air, soit sur les algues dans l’eau, ou encore sur les infusoires. Le mycélium, très peu développé, ne donne pas lieu à des filaments (hyphes) fertiles et les zoosporanges se développent presque à nu.

Les Saprolégniées sont des champignons qui vivent dans l’eau sur les poissons, les insectes, les plantes. Le mycélium donne lieu à des filaments fructifères (hyphes) qui portent des zoosporanges. On les reconnaît à première vue aux lésions qu’ils déterminent sur leurs hôtes nourriciers. Ils ont plusieurs modes de reproduction.

Les Péronosporées sont des champignons aériens qui vivent sur les feuilles des plantes et en général sur les organes charnus. Le mycélium donne lieu à des filaments fructifères qui produisent des conidies. Ils ont plusieurs modes de reproduction.

Certaines des maladies qui attaquent la vigne, les pommes de terre, etc., sont causées par des Péronosporées.

(Voir tableau IV pour la détermination des familles des Phycomycètes.)

Le quatrième groupe est celui des Myxomycètes.

Les Myxomycètes sont des champignons qui vivent en saprophytes sur les matières organiques d’origine végétale; ils sont constitués par un plasmode (matière constitutive du champignon) quelquefois très développé et formé par une matière mucilagineuse susceptible de se déplacer et de prendre des formes diverses. D’autres fois, le plasmode est très réduit, affecte les formes les plus curieuses, et est doué souvent d’un coloris très vif. Ils sont pourvus de spores ordinairement rondes, riches en protoplasma, mais ils n’ont pas de zoospores (spores munies de cils et susceptibles de se mouvoir).

A côté des Myxomycètes, on peut, pour ceux qui les considèrent comme des végétaux, placer les Monadinées, qui vivent dans l’eau, en parasites, sur les plantes et sur les animaux aquatiques. Ils manquent de plasmode et donnent lieu à des zoospores ciliés.

Le cinquième groupe est celui des Deutéromycètes.

Les Deutéromycètes sont, comme nous l’avons dit plus haut, des champignons imparfaits; ils sont destinés à se retrouver à un moment donné sous une forme plus perfectionnée, mais il s’en faut que cette forme plus élevée en organisation soit connue pour tous, et l’on ne peut, dans bien des cas, que faire des suppositions.

Les Deutéromycètes peuvent se diviser en 3 sous-groupes, d’après la consistance et la forme de l’appareil fructifère et du stroma.

Ces sous-groupes sont:

I.—Les Sphéropsidées, champignons microscopiques ayant un périthèce, que l’on nomme souvent pycnide, mais pas d’asques; les spores sont renfermées dans le périthèce, et elles naissent à l’extrémité de basides plus ou moins bien constituées. On a divisé les Sphéropsidées en 4 familles, qui sont: les Sphérioïdées, les Nectrioïdées, les Leptostromées, les Excipulées. Nous en reparlerons plus loin. (Voir tableau VI.)

II.—Les Mélanconiées, champignons microscopiques, n’ayant ni périthèces ni asques; ce sont le plus souvent des amas superficiels ou à peu près, généralement de consistance molle et de couleur peu foncée ou claire, mais non carbonacés. Les spores naissent sur des basides plus ou moins visibles et de formes variées. Ce sous-groupe ne comporte qu’une famille. (Voir tabl. VI.)

III.—Les Hyphomycètes, champignons microscopiques, n’ayant ni périthèces ni asques; ils sont tout à fait superficiels sur la plante nourricière, et manquent de stroma proprement dit; rarement ils vivent en parasites sur les insectes. Les spores naissent librement à l’extrémité de filaments généralement bien développés, auxquels on a donné le nom d’hyphes. Ce groupe renferme 4 familles: les Mucédinées, les Dématiées, les Stilbées, les Tuberculariées, que nous décrirons plus loin. (Voir tableau VI.)

Les Sphérioïdées sont des champignons microscopiques munis d’un périthèce, mais ils manquent d’asques; ils ont à leur intérieur des sortes de basides donnant naissance à des spores très petites (qui ont été appelées stylospores ou spermaties). Les périthèces sont noirs, coriaces, en forme de poires et munis à leur sommet d’un orifice par où sortent les spores. On les trouve surtout sur les feuilles, les bois morts ou mourants. Nous citerons, comme exemples de Sphérioïdées, les Phoma, Diplodia, Sphæropsis, etc.

Les Nectrioïdées, champignons microscopiques, charnus, ayant un mycélium (stroma peu abondant), munis de périthèces globuleux de couleur claire, et non noirs, comme dans les Sphérioïdées.

Les Leptostromées sont des champignons microscopiques membraneux ou carbonacés, noirs, se développant sur les feuilles, les tiges ou les bois malades ou morts. Dans ces champignons, les périthèces sont plus ou moins fendus, et au lieu d’être globuleux, ils ont plutôt la forme d’un écusson.

Les Excipulées sont des champignons microscopiques membraneux ou carbonacés, noirs, se développant à la surface des feuilles ou sur les bois malades ou morts. Leurs périthèces ont plus ou moins la forme d’une cupule ou d’un fuseau.

Les Mélanconiées sont des champignons microscopiques dépourvus de périthèces; ils forment de petits amas mous, de couleur pâle ou grisâtre, donnent des spores (conidies) qui se développent sur des basides rudimentaires et de formes variées, et végètent sur les feuilles, les bois.

Les familles des Hyphomycètes sont:

Les Mucédinées, champignons formés de filaments pâles ou peu colorés, disparaissant de bonne heure; les hyphes sont peu serrés et portent des spores (conidies) incolores ou peu colorées. Comme exemples de Mucédinées, nous pourrons citer les Oospora, les Penicillium, qui envahissent nos fruits, le pain humide et en général toutes les substances organiques d’origine végétale.

Les Dématiées, champignons formés de filaments assez foncés ou noirs, fermes, peu serrés et persistant longtemps; ils ont des spores (conidies) noires, rarement hyalines.

Les Stilbées, champignons qui diffèrent des Dématiées en ce que leurs filaments fertiles sont persistants, brunâtres ou pâles et intimement réunis en une sorte de faisceau; ils portent des conidies incolores ou pâles.

Les Tuberculariées, champignons assez petits, charnus, formant un stroma qui se développe surtout sur les feuilles, les bois, en voie de décomposition. Les filaments fructifères sont agglomérés et donnent lieu à des conidies de formes très différentes, incolores ou brunes.

(Voir tableau VI pour la détermination des familles.)

Liste des tableaux de détermination des champignons, en groupes, familles et genres.

I. Tableau de détermination des groupes de champignons.

II. Tableau de détermination des principales familles des Basidiomycètes.

III. Tableau de détermination des Ascomycètes.

IV. Tableau de détermination des principales familles des Phycomycètes.

V. Pas de tableau de détermination des Myxomycètes.

VI. Tableau de détermination des principales familles des Deutéromycètes (champignons imparfaits).

VII. Tableau de détermination des genres d’Agaricinées.

VIII. Tableau de détermination des genres des Polyporées.

IX. Tableau de détermination des genres d’Hydnées.

X. Tableau de détermination des genres des Théléphorées.

XI. Tableau de détermination des genres des Clavariées.

XII. Tableau de détermination des genres des Auriculariées.

XIII. Tableau de détermination des genres des Gastéromycètes.

XIV. Tableau de détermination des principaux genres des Tubéracées.

XV. Tableau de détermination des principaux genres des Discomycètes.

TABLEAU I

Détermination des groupes des champignons.

A. Champignons microscopiques parasites sur les animaux ou les végétaux et ayant un mycélium unicellulaire. Phycomycètes.

A. Mycélium pluricellulaire:

B. Hyménium formé par des asques. Ascomycètes.

B. Pas d’asques:

C. Hyménium comportant des basides bien conformées et persistantes. Basidiomycètes.

C. Pas de basides ou basides rudimentaires:

D. Champignons non parasites, à trame plus ou moins mobile (amiboïde) à un moment donné. Myxomycètes.

D. Champignons parasites sur les végétaux, avec ou sans périthèces, et à trame cellulaire. Deutéromycètes.

TABLEAU II

Basidiomycètes, détermination des familles.

A. Champignons produisant leurs spores en dehors du support où ils prennent naissance:

B. Hyménium visible à l’extérieur du réceptacle (Hyménomycètes):

C. Hyménium non continu tourné vers le sol (infère):

D. Hyménium disposé en lames rayonnantes. Agaricinées.

D. Hyménium affectant la forme de tubes ou de pores. Polyporées.

D. Hyménium muni de pointes ou de protubérances variées. Hydnées.

C. Hyménium continu tourné vers le ciel (supère):

E. Champignons de consistance coriace. Théléphorées.

E. Champignons charnus ou à peine coriaces, dressés, souvent ramifiés. Clavariées.

E. Champignons gélatineux ou gélatineux coriaces, globuleux ou versiformes. Auriculariées (Trémellinées).

B. Hyménium caché à l’intérieur du réceptacle (Gastéromycètes):

F. Champignons charnus mous sortant d’une volve. Phalloïdées.

F. Champignons de consistance diverse, n’ayant pas de volve:

G. Champignons aériens, coriaces, cupulés d’abord clos, puis ouverts. Nidulariées.

G. Champignons aériens, charnus ou charnus-coriaces plus ou moins sphéroïdes. Lycoperdacées.

G. Champignons poussant sous terre (hypogés) de consistance ferme, et de forme tuberculeuse. Hyménogastrées.

A. Champignons produisant leurs spores à l’intérieur de la plante nourricière:

H. Champignons non érumpents, se développant surtout sur les organes floraux, et ayant un mycélium très fugace; ils ne présentent pas de formes secondaires. Ustilaginées.

H. Champignons se développant de préférence sur les organes végétatifs des végétaux, et devenant érumpents: ils ont généralement plusieurs formes secondaires. Urédinées.

TABLEAU III

Ascomycètes, détermination des sous-groupes.

A. Asques renfermés dans un périthèce qui s’ouvre à l’extérieur. Champignons aériens souvent noirs et comme carbonacés. Pyrénomycètes.

A. Asques non renfermés dans un périthèce. Champignons non carbonacés:

B. Champignons se développant sous terre (hypogés) et ayant la forme de tubercules arrondis. Tubéromycètes (Tubéracées).

B. Champignons non hypogés, non en forme de tubercules arrondis:

C. Réceptacle parfois très développé, ayant souvent la forme d’un disque; asques et paraphyses serrés dans le tissu. Discomycètes.

C. Pas de réceptacle proprement dit, mais un tissu (stroma) en contact intime avec la substance nourricière; asques presque libres sans paraphyses. (Nous n’en parlerons pas autrement.) Gymnomycètes.

TABLEAU IV

Phycomycètes, détermination des familles.

A. Mycélium nul ou très peu développé. Chytridiées.

A. Mycélium bien développé:

B. Champignons aériens:

C. Champignons se développant sur les substances végétales en voie de décomposition. Mucoracées.

C. Champignons se développant sur les insectes vivants, qu’ils tuent. Entomophthorées.

C. Champignons se développant sur les plantes vivantes et en général sur les parties vertes et charnues. Péronosporées.

B. Champignons vivant dans l’eau et se développant sur les poissons, insectes et plantes aquatiques. Saprolégniées.

TABLEAU V

Les Myxomycètes s’éloignant du cadre de nos études, nous ne donnerons pas, pour ce groupe, de tableau de détermination.

TABLEAU VI

Deutéromycètes (Champignons inférieurs), détermination des familles.

A. Champignons ayant des périthèces renfermant les spores. (Sphéropsidées.):

B. Champignons charnus, de couleur claire. Nectrioïdées.

B. Champignons coriaces, membraneux, noirs:

C. Périthèces piriformes ayant un orifice au sommet. Sphérioïdées.

C. Périthèces en écusson et plus ou moins fendus longitudinalement. Leptostromées, Excipulées.

A. Champignons n’ayant pas de périthèces:

D. Champignons tout à fait superficiels constitués par des filaments mycéliens libres ou cohérents. (Hyphomycètes.):

E. Filaments libres ou peu serrés:

F. Filaments grêles, pâles ou peu colorés, disparaissant de bonne heure. Mucédinées.

F. Filaments assez rigides, foncés ou noirs, persistants. Dematiées.

E. Filaments agglomérés:

G. Filaments pâles ou brunâtres réunis en faisceau. Stilbées.

G. Filaments réunis en une masse compacte (stroma) s’étalant sur le support. Tuberculariées.

D. Champignons sous-cutanés (se développant d’abord sous l’écorce), puis érumpents, charnus. (Mélanconiées.) Mélanconiées.

TABLEAU VII

Agaricinées, détermination des genres.

Leucosporées ou à spores blanches.

A. Champignons pourvus d’une volve, plus ou moins visible au pied ou sur le chapeau. Amanita.

A. Champignons dépourvus d’une volve:

B. Pied orné d’un collier bien constitué:

C. Chair du chapeau non continue avec celle du pied, feuillets libres. Lepiota.

C. Chair du chapeau continue avec celle du pied, feuillets adhérents ou décurrents. Armillaria.

B. Collier nul ou filamenteux:

D. Feuillets et chair laissant écouler un lait de couleur variée. Lactarius.

D. Pas de lait:

E. Feuillets épais, semblables à des bourrelets, rameux et décurrents. Cantharellus.

E. Feuillets minces sur la tranche et plus ou moins larges:

F. Pied central:

G. Champignons non putrescents (c’est-à-dire se desséchant sans pourrir). Marasmius.

G. Espèces putrescentes:

H. Pied coriace cartilagineux au moins extérieurement:

I. Feuillets décurrents, espèces plutôt petites. Omphalia.

I. Feuillets non décurrents:

J. Chapeau mince, ordinairement strié, non enroulé; feuillets sinués. Mycena.

J. Chapeau consistant, rarement strié, d’abord enroulé; feuillets adhérents. Collybia.

H. Pied charnu ou fibreux mais non cartilagineux:

K. Feuillets sinués ou échancrés. Tricholoma.

K. Feuillets adhérents ou décurrents:

L. Feuillets égaux ou presque, souvent fourchus, spores verruqueuses. Russula.

L. Feuillets inégaux, spores lisses:

M. Feuillets assez épais souvent veineux, chair granuleuse. Hygrophorus.

M. Feuillets minces souvent décurrents, chair fine. Clytocybe.

F. Pied excentrique ou nul:

N. Espèces putrescentes. Pleurotus.

N. Espèces non putrescentes:

O. Feuillets fendus sur l’arête, et formant gouttière, disposés en éventail. Schizophyllum.

O. Feuillets non fendus:

P. Champignons de consistance ligneuse, feuillets souvent anastomosés. Lenzites.

P. Champignons coriaces mais non ligneux:

Q. Feuillets entiers. Panus.

Q. Feuillets déchiquetés sur l’arête. Lentinus.

Rhodosporées ou à spores roses.

A. Champignons présentant une volve à la base et quelquefois un collier. Volvaria.

A. Pas de volve:

B. Pied excentrique ou nul. Claudopus.

B. Pied central:

C. Champignons munis d’un collier. Annularia.

C. Pas de collier:

D. Feuillets décurrents, chair du chapeau se continuant avec celle du pied. Clitopilus.

D. Feuillets libres, sinués ou échancrés:

E. Espèces lignicoles; pied distinct du chapeau, feuillets libres. Pluteus.

E. Espèces terrestres; chair du chapeau se continuant avec celle du pied, feuillets sinués ou échancrés, libres ou adnés. Entoloma.

Ochrosporées ou à spores couleur rouille.

A. Pied orné d’un collier filamenteux ou aranéeux (semblable à de la toile d’araignée). Cortinarius.

A. Pied orné d’un collier membraneux. Pholiota.

A. Pied sans collier:

B. Pied non central ou nul, espèce poussant sur le bois. Crepidotus.

B. Pied central ou rarement excentrique:

C. Pied charnu ou fibreux charnu:

D. Feuillets sinués:

E. Chapeau sec, fibrilleux ou soyeux. Inocybe.

E. Chapeau glabre, plus ou moins visqueux. Hebeloma.

D. Feuillets adhérents ou décurrents:

F. Feuillets facilement séparables du chapeau, réunis à la base. Paxillus.

F. Feuillets non séparables, non réunis entre eux à la base, espèces non terrestres. Flammula.

C. Pied plus ou moins cartilagineux:

G. Feuillets assez décurrents, presque triangulaires. Tubaria.

G. Feuillets non décurrents:

H. Chapeau arrondi, à bords primitivement infléchis; pied plus ou moins long. Naucoria.

H. Chapeau conique à bords primitivement droits; pied toujours très long. Galera.

Mélanosporées ou à spores noires.

A. Feuillets liquescents ou diffluents:

B. Feuillets et spores bruns pourpres non franchement noirs. Bolbitius.

B. Feuillets et spores noirs. Coprinus.

A. Feuillets secs ou presque:

C. Collier aranéeux fugace, restant adhérent au chapeau sous forme de franges. Hypholoma.

C. Collier consistant, membraneux et persistant:

D. Feuillets adnés (collés au pied). Stropharia.

D. Feuillets libres. Pratella.

C. Collier nul:

E. Feuillets décurrents, chapeau charnu, spores fusiformes, chapeau en toupie. Gomphidius.

E. Feuillets non décurrents, spores non fusiformes:

F. Pied un peu cartilagineux:

G. Bords du chapeau d’abord recourbés. Psilocybe.

G. Bords du chapeau d’abord appliqués droits. Psathyra.

F. Pied simplement fibreux:

H. Chapeau membraneux strié. Psathyrella.

H. Chapeau un peu charnu. Panœolus.

TABLEAU VIII

Polyporées, détermination des genres.

A. Tubes pouvant aisément se séparer les uns des autres:

B. Tubes adhérents entre eux dès le début, à orifice non frangé. Boletus.

B. Tubes libres au début, à orifice frangé. Fistulina.

A. Tubes ne se séparant pas les uns des autres sans rupture manifeste:

C. Espèces rameuses ou naissant d’une même souche. Merisma.

C. Espèces non rameuses:

D. Champignons étalés, adhérents au support, et munis, à leur partie extérieure, de rides superficielles, plutôt que de tubes. Merulius.

D. Champignons munis de tubes bien conformés:

E. Tubes pénétrant plus ou moins dans la chair du champignon:

F. Pores flexueux labyrinthiformes. Dedalea.

F. Pores arrondis ou allongés, mais non flexueux. Trametes.

E. Tubes ne pénétrant pas dans la chair du chapeau et formant une couche bien distincte:

G. Champignons formant une lame étalée adhérente au support. Physisporus (Poria).

G. Champignons ne formant pas une lame étalée adhérente au support:

H. Tubes disposés en deux ou plusieurs couches distinctes. Fomes.

H. Une seule couche de tubes:

I. Pores grands, réguliers et anguleux comme les alvéoles des abeilles. Hexagona.

I. Pores grands, radiants, anguleux, mais non réguliers. Favolus.

I. Pores petits ou très petits, généralement arrondis ou un peu irréguliers. Polyporus.

TABLEAU IX

Hydnées, détermination des genres.

A. Hyménium sous forme de pointes coniques régulièrement disposées, libres à la base, espèces souvent charnues, terrestres, plus rarement lignicoles. Hydnum.

A. Hyménium sous forme de dents plates, de papilles, de tubercules ou granules irréguliers. Espèces poussant de préférence sur le bois:

B. Hyménium présentant des dents ou des lames:

C. Champignons charnus, à lames libres à la base, flexueuses ou irrégulièrement disposées, pouvant se séparer du tissu sous-jacent. Sistostrema.

C. Champignons coriaces, à dents soudées à la base, non séparables. Irpex.

B. Hyménium présentant des tubercules, granules ou verrues:

D. Champignons membraneux, non charnus, filamenteux à leur pourtour ou sur les verrues. Odontia.

D. Champignons membraneux, charnus, céracés:

E. Hyménium formant des veines ou des rides. Phlebia.

E. Hyménium formant des tubercules allongés. Radulum.

E. Hyménium formant des tubercules ou plutôt des granules sphériques. Grandinia.

TABLEAU X

Théléphorées, détermination des genres.

A. Champignons ayant la forme de cupule ou de disque. Cyphella.

A. Champignons non en cupule ou en disque:

B. Champignons en forme de tube, ou de cônes déprimés, ressemblant aux Cantharellus. Craterellus.

B. Champignons non en forme de tube ou de cônes déprimés:

C. Hyménium se fendillant par le sec, non distinct du mycélium et se présentant sous forme de lame mince adhérente au support. Corticium.

C. Hyménium distinct du mycélium, ne se crevassant pas par le sec:

D. Champignons sans cuticule, ramifiés, rarement membraneux ou résupinés. Thelephora.

D. Champignons membraneux ayant une cuticule. Stereum.

TABLEAU XI

Clavariées, détermination des genres.

A. Champignons très ramifiés, à rameaux aplatis, fertiles sur les deux faces. Sparassis.

A. Champignons simples ou ramifiés, mais à rameaux non aplatis:

B. Partie fructifère normalement plus grosse que le reste:

C. Masse fructifère cylindracée. Typhula.

C. Masse fructifère ventrue. Pistillaria.

B. Partie fructifère non renflée, sauf dans Clavaria pistillaris:

D. Champignons filiformes. Pterula.

D. Champignons non filiformes:

E. Champignons plus ou moins visqueux, cartilagineux, cornés étant secs. Calocera.

E. Champignons charnus, non visqueux. Clavaria.

TABLEAU XII

Auriculariées, détermination des genres.

A. Hyménium infère, c’est-à-dire tourné vers le sol:

B. Champignons plus larges que hauts, confluents; hyménium plissé. Auricularia.

B. Champignons plus hauts que larges, versiformes ou spatulés; hyménium non plissé. Gyrocephalus (Guepinia).

A. Hyménium supère ou réparti sur la surface du champignon:

C. Hyménium localisé sur une partie nettement caractérisée:

D. Réceptacle membraneux, mince, cupuliforme. Hirneola.

D. Réceptacle en forme de disque ou de membrane épaisse. Exidia.

C. Hyménium réparti sur toute la surface du champignon:

E. Champignons mous, gélatineux, tremblotants, plissés, ondulés, souvent grands. Tremella.

E. Champignons gélatineux, non tremblotants, en forme de petits tubercules érumpants, et de petites dimensions. Dacrymyces.

TABLEAU XIII

Gastéromycètes, détermination des genres.

A. Champignons charnus, mous, sortant d’une volve (Phalloïdées):

B. Réceptacle non en réseau, longuement pédicellé; pulpe sporifère extérieure au réceptacle. Phallus (Mutinus).

B. Réceptacle en réseau, sessile ou légèrement pédicellé; pulpe sporifère intérieure au réceptacle:

C. Réceptacle pédicellé. Colus.

C. Réceptacle non pédicellé. Clathrus.

A. Champignons dépourvus de volve, coriaces, en forme de capsules ou d’urnes, d’abord clos, puis ouverts, renfermant des sporangioles (amas de spores) (Nidulariées):

D. Péridium (nom que l’on donne au réceptacle fructifère) simple:

E. Un seul sporangiole dans chaque péridium. Thelebolus (Dacryobolus).

E. Plusieurs sporangioles dans chaque péridium:

F. Péridium muni d’un opercule caduc:

G. Péridium formé de trois couches. Cyathus.

G. Péridium n’ayant qu’une seule couche. Crucibulum.

F. Péridium clos mais sans opercule. Nidularia.

D. Péridium double. Sphærobolus.

A. Champignons dépourvus de volve, charnus ou charnus coriaces, de forme plus ou moins sphéroïde, se développant sur terre (Lycoperdacées):

H. Péridium ayant une columelle centrale. Podaxon.

H. Péridium, sans columelle, formé de deux membranes (Diplodermées):

I. Péridium muni d’un pied:

J. Péridium s’ouvrant à la maturité. Tulostoma.

J. Péridium ne s’ouvrant pas à la maturité. Queletia.

I. Péridium dépourvu de pied (sessile). Geaster.

K. Péridium sans columelle, à une seule membrane mince (Lycoperdées):

L. Péridium pourvu d’une base non fertile. Lycoperdon.

L. Péridium fertile jusqu’à sa base. Bovista.

K. Péridium sans columelle, à une seule membrane épaisse (Sclérodermées). Scleroderma.

A. Champignons charnus fermes, dépourvus de volve, de forme tuberculeuse poussant sous terre (Hyménogastrées):

M. Un péridium distinct facilement séparable. Hysterangium.

M. Un péridium distinct non séparable:

N. Mycélium visible autour du tubercule, sous forme de filaments ramifiés et appliqués:

O. Spores hyalines (incolores) à la maturité. Rhizopogon.

O. Spores colorées à la maturité. Melanogaster.

N. Mycélium nul ou très peu développé:

P. Spores lisses ou presque, assez colorées. Hymenogaster.

P. Spores échinulées, colorées ou non. Hydnangium.

M. Pas de péridium distinct. Gauthiera.

TABLEAU XIV

Tubéracées, détermination des genres.

A. Spores se résolvant en poussière à leur maturité. Elaphomyces.

A. Spores ne se résolvant pas en poussière à la maturité:

B. Chair (glèbe) parcourue par des veines:

C. Veines bicolores. Tuber.

C. Veines unicolores:

D. Asques allongés. Chæromyces.

D. Asques ovales ou globuleux. Terfezia.

B. Chair dépourvue de veines:

E. Asques linéaires. Genea.

E. Asques oblongs ou globuleux. Balsamia.

TABLEAU XV

Discomycètes, détermination des genres.

A. Thèques s’ouvrant au sommet par un opercule (Voir fig. 45):

B. Champignons ayant un hyménium limité par les bords du réceptacle (Voir fig. 47 à 56):

C. Réceptacle formé de plusieurs hyméniums (Voir fig. 47):

D. Bords du réceptacle adhérents au pied. Morchella.

D. Bords du réceptacle libres. Mitrophora.

C. Un seul hyménium (Voir fig. 48 à 56):

E. Réceptacle retombant sur le pied, non cupulé ni lenticulé (Voir fig. 48-49):

F. Réceptacle formé de deux ou plusieurs lobes infléchis, libres ou presque. Helvella.

F. Réceptacle entier réfléchi sur le pied, libre (Voir fig. 49). Verpa.

E. Réceptacle, cupulé ou étalé, ne retombant pas sur le pied (Voir fig. 50). Peziza, etc.

E. Réceptacle non cupulé, mais lenticulé sessile, ne retombant pas sur le pied (Voir fig. 52-53):

G. Hyménium lisse, thèques non saillantes (Voir fig. 52). Humaria, etc.

G. Hyménium rugueux, thèques saillantes sur le disque (Voir fig. 53). Ascobolus, etc.

B. Champignons ayant un hyménium superficiel non limité:

H. Champignons végétant à terre sur les places à charbon. Pyronema.

H. Champignons se développant sur les végétaux vivants. Taphrina, etc.

A. Thèques sans opercule au sommet, mais ayant un simple pore ou orifice (Voir fig. 46):

B. Champignons ayant un hyménium limité par les bords du réceptacle (Voir fig. 47 à 56):

C. Champignons charnus ou charnus gélatineux:

D. Réceptacle fructifère allongé ou en massue supporté par un pied très développé (Voir fig. 51, 54 à 56):

E. Massue se continuant insensiblement avec le pied (Voir fig. 51). Geoglossum, etc.

E. Sillon visible entre le pied et la massue:

F. Champignons mous gélatineux (Voir fig. 55). Leotia.

F. Champignons charnus, fermes:

G. Massue comprimée (Voir fig. 56). Spathularia.

G. Massue non comprimée (Voir fig. 54). Mitrula.

D. Réceptacle plus ou moins pédicellé, plan ou convexe, rarement cupulé:

H. Champignons assez développés, longuement pédicellés, charnus, non gélatineux. Ombrophila, etc.

H. Champignons assez développés, à réceptacle se continuant avec le pied, gélatineux ou élastiques:

I. Espèces violacées, gélatineuses. Coryne.

I. Espèces noires, élastiques. Bulgaria.

H. Champignons petits, lenticulés, charnus. Calloria, Orbilia.

D. Réceptacle pédicellé ou non, cupulé au moins à l’état jeune:

J. Réceptacles pédicellés, souvent assez grands, non velus extérieurement. Ciboria, Sclerotinia, Phialea, Chlorosplenium, Helotium.

J. Réceptacles non pédicellés, petits, non velus extérieurement. Mollisia, etc.

J. Réceptacles velus extérieurement. Lachnella, Trichopeziza.

C. Champignons charnus ou charnus coriaces:

K. Réceptacles libres ou le devenant. Patellaria, Dermatea, etc.

K. Réceptacles enfoncés dans le support. Stictis, Phacidium.

B. Champignons à hyménium superficiel non limité.

Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)
Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)

CHAPITRE II Causerie sur les Hyménomycètes.

Les champignons de ce groupe important sont déjà familiers à beaucoup de nos lecteurs, et ils n’est personne qui ne connaisse, pour les avoir maintes et maintes fois récoltés, les Agarics, les Polypores, les Hydnes, les Clavaires et même les Trémelles.

Ce qui caractérise tous ces champignons si différents d’aspect, ce qui permet de les grouper sous le même vocable d’Hyménomycètes, c’est que chez tous l’hyménium (ou partie fructifère) est établi sur un même plan.

Que l’on examine en effet au microscope une coupe mince d’un hyménium d’Agaric, de Polypore ou de Clavaire, etc., on le trouvera toujours formé de nombreuses cellules venant s’épanouir à l’extérieur comme le montre la lettre A de la fig. 3. Ces cellules sont beaucoup plus longues et plus volumineuses que celles qui constituent la masse du tissu de ces champignons. Elles ont en substance la forme d’un sac allongé rétréci à sa partie non libre qui se continue avec le tissu sous-jacent. Ces cellules, auxquelles on a donné le nom de basides, sont le siège d’une vie active, et leur intérieur est rempli d’un protoplasma abondant: à leur partie libre, ces basides sont surmontées de petites pointes très ténues auxquelles on a donné le nom de stérigmate (mot qui signifie support), elles supportent en effet les spores destinées à reproduire le champignon.

Les basides, tout en étant foncièrement bâties sur le même plan, peuvent cependant varier de forme, de dimensions, suivant qu’elles se rapportent à telle ou telle famille, et même dans un même genre, elles sont susceptibles de présenter des différences, surtout au point de vue de la forme et de la taille, aussi est-il de la plus grande utilité de noter ces différences et de les fixer par un dessin fait à la chambre claire et à un grossissement connu.

Les stérigmates, eux aussi, sont susceptibles de varier et comme nombre et comme dimensions: ainsi les Agaricinées, les Polyporées, etc., ont leurs basides surmontées de 4 stérigmates; d’autres fois, il n’y en a que deux, comme le montre la figure 3, prise dans le genre Clavaria; plus rarement même, il peut n’y en avoir qu’un seul, ou même plus de quatre.

Indépendamment des basides, on trouve sur l’hyménium des Hyménomycètes, et en assez grand nombre, d’autres cellules de deux sortes, et ayant à peu près le même aspect que les basides: les unes, en tout semblables aux basides, mais non surmontées de stérigmates; ce sont, à tout croire, des cellules arrêtées dans leur évolution et qui sont stériles; les autres attirent l’attention par des différences caractéristiques; ou elles sont beaucoup plus longues que les basides, et dépassent longuement l’hyménium, comme on peut s’en assurer en examinant la figure 3, ou bien elles s’élargissent d’une façon démesurée; on dirait qu’elles sont hypertrophiées. Ces cellules ont reçu le nom de cystides; voir la fig. 3, où sont représentées différentes formes de cystides.

Les cystides peuvent être fusiformes ou sphériques, et elles sont généralement remplies d’un protoplasma vivant et actif; d’autres fois, elles sont à peu près vides; de plus, elles sont souvent agrémentées à leur extrémité libre d’ornementations caractéristiques. (Voir fig. 3.)

Quel est le rôle des cystides? On sait peu de choses à cet égard, et il serait possible qu’elles intervinssent dans le phénomène de la fécondation des champignons. Nous avons constaté souvent que le protoplasma des cystides paraissait différer de celui des basides ou des autres cellules neutres qui les accompagnent. Leur contenu paraît plus défini, plus divisé en parties organisées, et douées d’un mouvement très vif, qui semble différer du mouvement Brownien.

Nous avons vu notamment que dans Russula expallens, les cystides étaient remplies d’un nombre incalculable de petits éléments paraissant indépendants les uns des autres et animés d’un vif mouvement. A côté, nous avons pu voir des cystides qui s’étaient ouvertes à leur extrémité et qui étaient complètement vides. Nous ne voulons pas tirer une conclusion peut-être hasardée, nous nous contentons de signaler le fait.

Les spores qui se forment à l’extrémité des stigmates commencent d’abord par être très petites, puis peu à peu elles grossissent jusqu’à ce qu’elles aient acquis les dimensions voulues.

Nous avons, dans la figure 1, représenté un certain nombre de spores, toutes au même grossissement de 825 diamètres; on verra combien elles peuvent différer et de forme et de volume; on se rendra compte aisément de l’utilité qu’il y a de les représenter toutes au même grossissement. Nous estimons qu’il est plus rationnel de les dessiner au grossissement de 1.000 diamètres, ce qui n’est pas difficile. Le grossissement de 500 diamètres est déjà quelque chose, mais il peut arriver que certains détails, certains ornements importants ne soient pas suffisamment visibles.

Les spores des champignons sont non seulement différentes de forme et de volume, mais leur contenu et leur couleur peuvent varier à l’infini. Nous savons déjà, puisqu’on en a fait la base de la classification des Agaricinées, qu’elles peuvent être blanches comme dans les Leucosporées, roses dans les Rhodosporées, ochracées comme dans les Ochrosporées, noires ou brunes-noires comme dans les Mélanosporées. Quant à leur contenu, il peut être également très différent; dans certaines spores, on ne distingue rien; le protoplasma est si réfringent ou si peu abondant qu’on ne le voit pas, la spore paraît donc comme si elle était vide; on dit alors qu’elle est hyaline. D’autres fois, on distingue dans les cellules, un, deux, trois, ou même plusieurs petits globules, qui peuvent être de nature huileuse. Leur disposition est quelquefois assez fixe pour pouvoir servir comme élément de distinction; on peut aussi y rencontrer un ou plusieurs globules plus gros qui peuvent être des vacuoles. Nous terminerons en disant que les spores montrent souvent un apicule ou saillie qui provient du point d’attache sur le stérigmate.

Tout ce que nous venons de dire est imputable en grande partie au deuxième sous-groupe des Basidiomycètes, aux Gastéromycètes, mais il y a entre ces deux sous-groupes une différence capitale. L’hyménium des Hyménomycètes est toujours en contact direct et immédiat avec l’atmosphère, en un mot, il est visible à l’extérieur du réceptacle, ce qui n’a pas lieu chez les Gastéromycètes.

Il est facile de s’en assurer en examinant les lames des Agaricinées qui sont couvertes par la couche fructifère.

Dans les Polyporées, cette couche fructifère tapisse l’intérieur des tubes, comme il est facile de s’en assurer en examinant au microscope une section transversale d’un tube de Polypore.

Dans les Hydnées, l’hyménium recouvre les pointes; dans les Téléphorées, les Clavariées, les Auriculariées (Trémellacées), ce même hyménium recouvre la plus grande partie de la surface du champignon; mais ces trois dernières familles se distingueront aisément des Agaricinées, Polyporées, Hydnées, par ce fait que l’hyménium est tourné vers le ciel, il regarde en haut; on dit alors qu’il est supère, tandis que dans les Agaricinées, les Polyporées, les Hydnées, il regarde en bas, il est infère.

Les autres caractères distinctifs des différentes familles des Hyménomycètes seront aisément saisis à l’examen du tableau II.

Les Hyménomycètes constituent un sous-groupe important et très prisé des mycologues: ce sont eux qui renferment la grande majorité des espèces comestibles, et aussi, hâtons-nous de le dire, des espèces toxiques; il importe donc de les étudier avec soin.

CHAPITRE III Causerie sur les Gastéromycètes.

Nous nous sommes étendus assez longuement sur les Hyménomycètes, et une partie de ce que nous avons dit sur ce sous-groupe sera applicable aux Gastéromycètes.

Egalement ici, les spores se développent sur des basides qui peuvent varier de forme et de dimension, mais elles n’offrent pas la variété que l’on trouve dans les Hyménomycètes. Elles sont souvent très petites, rondes ou elliptiques, lisses ou rugueuses, de couleur claire ou très foncées, surtout à la maturité. Leur enveloppe est généralement plus épaisse que celle des Hyménomycètes.

Dans la famille des Nidulariées (que l’on nomme aussi champignons nids d’oiseaux), les spores sont réunies sous la forme de petites masses auxquelles on a donné les noms de péridioles ou sporangioles. Ces sporangioles, qui peuvent être lenticulaires ou sphéroïdes, reposent dans l’intérieur de la coupe du champignon, comme des œufs d’oiseau dans un nid, et quelquefois, particularité curieuse, ces petits organes sont reliés à la cupule par un filament ténu, comme dans les Nidulaires et les Crucibulum.

Si les spores ne nous offrent pas en elles-mêmes une très grande diversité, les autres parties de ces champignons sont intéressantes à étudier.

Lorsque, par exemple, on examine un œuf de Phallus ou de Clathrus, on ne peut s’empêcher d’être surpris de le voir fendre son enveloppe et donner issue très rapidement à un ensemble beaucoup plus gros que n’est l’œuf lui-même.

Les Phallus ont une tête sporifère placée à l’extrémité d’un grand pédicule creux et tout parsemé de cavités qui le rendent d’une extrême légèreté, tout en étant très résistant. Le chapeau ou réceptacle qui coiffe l’extrémité supérieure du pédicule, est recouvert d’une pulpe brunâtre ou verdâtre d’odeur repoussante pour certaines espèces et renfermant des myriades de spores. Les mouches attirées par cette odeur viennent se poser sur la tête du Phallus, et en s’en allant emportent un grand nombre de spores, soit dans leur intestin, soit sur leur corps, et elles concourent ainsi inconsciemment à propager l’espèce en déposant ces spores dans d’autres endroits.

Les Clathrus sont encore plus curieux, s’il est possible; l’œuf qui les renferme laisse voir, lorsqu’il s’ouvre, un magnifique réseau à mailles polygonales d’un rouge très vif. Ici, la pulpe sporifère se trouve, non plus à l’extérieur, mais bien à l’intérieur des mailles.

Les espèces exotiques ont, si cela est possible, des formes encore plus bizarres et véritablement étranges, car il faut dire que dans nos pays tempérés, elles sont peu nombreuses, et au contraire, très bien représentées dans les pays chauds.

Avec les Nidulariées, autre sujet de surprise; nous ne sommes plus ici en présence de champignons charnus, mais bien coriaces, fermes, et ayant la forme de petites urnes, d’abord fermées, puis s’ouvrant à la maturité pour donner issue aux spores. On a donné à ces champignons le nom de champignons nids d’oiseaux.

Les Lycoperdacées nous sont plus familières, et il n’est personne qui n’ait rencontré ou même ramassé dans les bois, les prairies, ces masses blanchâtres généralement rondes, sessiles ou pédicellées, et ne les ait même foulées du pied. D’autres ont pu se trouver en présence d’une énorme boule blanche revêtue d’une enveloppe satinée, que l’on croirait avoir été amenée dans les jardins ou les pâtures par quelque sorcière en quête de magie.

Cette production a, comme tous les champignons, une origine toute naturelle; elle se développe sur un mycélium blanc né d’une spore infiniment petite; elle est d’abord minuscule, mais croît très rapidement, et finit par atteindre un volume considérable, jusqu’à 1 m. 10 de tour et le poids de 5 à 6 kilos. On nomme ce champignon la vesse-loup des bouviers, ou vesse-loup gigantesque, Lycoperdon giganteum.

D’autres Lycoperdacées, comme les Sclérodermes, ont une enveloppe très épaisse et sont dépourvues de pied; d’autres, comme les Geaster, ont la propriété de fendre leur enveloppe extérieure en plusieurs parties qui se recourbent à l’extérieur pour laisser libre la partie sporifère; à cet état, ils représentent assez bien une étoile sur laquelle on aurait placé une sphère.

Enfin, il peut arriver que le réceptacle sporifère soit, comme dans les Phalloïdées, placé au sommet d’un pédicule, c’est ce qui a lieu dans les Tulostoma. Mais chez les Lycoperdacées, le réceptacle fructifère (le péridium) s’ouvre à un moment donné pour donner passage aux spores; les Lycoperdacées sont de couleurs peu vives, souvent blanchâtres ou jaunâtres.

Les Hyménogastrées se distinguent à première vue des autres Gastéromycètes, parce qu’ils poussent sous terre (ils sont hypogés): ils ont le plus souvent la forme de petits tubercules arrondis, irréguliers et presque toujours recouverts de filaments mycéliens. Ils sont de couleur jaunâtre ou grisâtre, et au premier abord, on serait tenté de les prendre pour des champignons analogues à certaines Truffes, mais un simple examen microscopique permettra d’éviter cette erreur, car dans les Tubéracées il y a des thèques, ce qui n’est pas le cas ici, puisque les spores sont portées sur des basides.

CHAPITRE IV Causerie sur les Discomycètes.

Les Discomycètes (champignons en forme de disque) intéressent également les mycologues de profession et les mycophages; aux premiers, ils offrent des sujets d’études fort intéressants et très variés; aux autres, ils fournissent d’excellents champignons comestibles, tels que les Morilles, les Gyromitres, les Helvelles et même certaines grandes Pézizes. Les Morilles surtout sont très appréciées, en ce qu’elles viennent au premier printemps, alors qu’il n’y a pas d’autres champignons: elles se vendent toujours à un prix très élevé, et il n’est pas rare de les voir payer 10 à 12 francs le kilog.

Les Discomycètes forment un sous-groupe très naturel renfermant un grand nombre de genres et une multitude d’espèces, qui ont été fort bien étudiées et magnifiquement illustrées par M. Boudier, qui pendant plus de quarante années s’est attaché à décrire, coordonner et dessiner toutes les espèces existant en Europe. Aussi a-t-il pu résumer toutes ses recherches dans un gros livre, publié sous le nom de Discomycètes d’Europe, histoire et classification.

Dans ses Icones il a donné une multitude de dessins qui sont les plus beaux et les plus exacts qui existent, de sorte que l’on peut dire que les Discomycètes sont bien connus.

Tous les Discomycètes n’ont pas, à première vue, la forme d’un disque, il faut procéder par induction pour retrouver cette forme type; si nous prenons une Morille, par exemple, il ne nous sera pas difficile, après un court examen, d’admettre que chaque alvéole peut être regardée comme une coupe, un disque qui serait placé à côté d’un autre disque, dont il serait séparé par une bordure qui forme les côtes de la Morille. Ainsi envisagées, les Morilles seraient considérées comme une réunion de disques, et représenteraient une association de Pézizes.

Dans les Helvelles, la forme du réceptacle ou chapeau semble s’éloigner encore davantage de la forme d’un disque, mais là encore, si nous voulons bien chercher, nous trouverons des Helvelles dont le chapeau forme une véritable coupe surmontant un pied élancé, comme cela serait dans l’Helvelle à grand pied. Ainsi, en raisonnant par analogie, on arrive assez facilement à faire rentrer dans ce sous-groupe des Discomycètes, des champignons, qui, comme les Spathularia, les Geoglossum, paraissent tout d’abord devoir s’en éloigner.

N’y a-t-il pas dans les Hyménomycètes des faits analogues, et ne voit-on pas certaines Agaricinées se rapprocher des Polyporées, comme les Lenzites par exemple, dont les feuillets quelquefois anastomosés rappellent certains Polypores.

Les Discomycètes ont généralement une consistance charnue, parfois charnue coriace; plus rarement, et surtout dans les petites espèces, elle devient cartilagineuse. Leur réceptacle, susceptible, comme nous l’avons dit, de varier étonnamment de forme, peut aussi revêtir des couleurs variées et souvent très vives; il y en a de vertes, jaunes, rouges, etc., avec tous les intermédiaires.

L’hyménium est établi sur un plan à peu près uniforme et toujours tourné en haut; il est supère: il se compose d’une couche de thèques pressées les unes contre les autres et séparées par des paraphyses. Ces asques ou thèques sont toujours relativement beaucoup plus longs que larges, arrondis à leur partie libre, et rétrécis insensiblement à leur base où ils se continuent avec le tissu du champignon.

Ces asques renferment presque toujours huit spores, plus rarement davantage: ces spores, si l’on en juge par la fig. 2, sont excessivement variées; elles peuvent être rondes ou ovales, ou encore fusiformes plus ou moins allongées, et relativement grandes, en comparaison de celles des Hyménomycètes. Elles ont ou non un revêtement qui fournit des indications précieuses pour la détermination des genres ou des espèces: à leur intérieur elles montrent presque toujours des globules, souvent au nombre de deux, que l’on utilise également pour la détermination. Ces spores une fois mûres doivent sortir des asques et se répandre au dehors, pour concourir à la dissémination de l’espèce. Dans bien des cas il est facile d’assister à cette sortie qui a lieu en si grand nombre que l’on croirait voir un petit nuage blanchâtre envelopper le champignon.

Le phénomène est surtout visible avec les grandes espèces de Pézizes, de Morilles ou d’Helvelles; ainsi, quand on touche un peu brusquement une Pézize de grande dimension, on observe la projection d’innombrables spores visibles par leur grand nombre; qu’on laisse un peu reposer le champignon et l’on pourra répéter l’expérience.

M. Boudier, dont le nom doit être cité chaque fois que l’on parle des Discomycètes, a reconnu que les thèques ne s’ouvraient pas toujours de la même manière. Ou bien il se soulève à leur extrémité libre un petit clapet qui laisse une ouverture circulaire par où sortent les spores, ou bien la perforation est une simple déchirure qui laisse finalement une ouverture circulaire permettant aux spores de sortir. Comme ces caractères sont constants, M. Boudier s’en est servi pour diviser les Discomycètes en deux catégories, les Operculés et les Inoperculés.

Les Morilles, les Helvelles et les grandes Pézizes rentrent dans les Operculés. Les Géoglosses, Spathularia, Mitrula, Bulgaria, etc., rentrent dans les Inoperculés.

Les Discomycètes viennent un peu partout, sur la terre comme les Morilles, les Helvelles, les grandes Pézizes; sur le bois mort, les déchets de toute nature, comme un grand nombre de petites espèces de Pézizes. On les trouve toute l’année et toutes les espèces charnues sont normalement comestibles et inoffensives. On a bien signalé des symptômes d’empoisonnement, ou plutôt, des troubles gastriques assez prononcés ont été signalés à diverses reprises après l’ingestion de ces cryptogames: mais il paraît hors de doute que ces accidents sont dus à l’usage de champignons trop avancés et insuffisamment cuits. On sait, en effet, que la cuisson fait disparaître certains principes nocifs analogues à des ptomaïnes, qui se développent dans les Discomycètes trop avancés. Ceci nous indique clairement qu’il sera prudent de ne consommer que des champignons bien frais et surtout pas trop vieux, cela sera le meilleur moyen d’éviter ces accidents et de jeter le discrédit sur certains champignons d’ailleurs excellents.

Le conseil que nous donnons ici pour les Helvelles et les Morilles s’applique également aux autres champignons comestibles, quels qu’ils soient; jamais il ne faut consommer des champignons vieux ou cueillis depuis longtemps, car, à l’inverse des autres végétaux alimentaires, leur composition chimique comporte des principes azotés en assez grande proportion, puisqu’elle peut aller jusqu’à 44%; il n’est donc pas étonnant que ces principes ne se transforment rapidement pour donner des combinaisons nocives.

CHAPITRE V Causerie sur les Tubéromycètes.

Les Tubéromycètes, qui renferment la famille des Tubéracées, forment un sous-groupe des Ascomycètes, au même titre que les Pyrénomycètes, les Discomycètes, les Gymnomycètes (voir tableau III).

Le caractère le plus saillant des Tubéromycètes et aussi le plus facile à constater est qu’ils se développent sous terre; aussi a-t-on donné à ces champignons le nom d’Hypogés (qui pousse sous terre). Ils ont la forme de tubercules plus ou moins arrondis, jaunâtres, brunâtres ou noirs; l’enveloppe extérieure, toujours assez épaisse, peut être papilleuse, rugueuse ou verruqueuse, parfois agrémentée d’une ornementation susceptible de varier suivant les genres.

La chair, qui porte aussi le nom de glèbe, est charnue ou charnue coriace et parsemée de loges plus ou moins grandes, munies de thèques souvent ovales, plus rarement allongées et renfermant de 1 à 8 spores. Les spores sont rondes ou ovales, lisses ou revêtues d’ornementations caractéristiques; elles peuvent en effet être réticulées ou alvéolées, épineuses ou verruqueuses, pellucides ou colorées.

Les principaux genres des Tubéromycètes sont les Elaphomyces, appelés aussi Truffes blanches ou Truffes des cerfs, parce que l’on croit que ces animaux les déterrent pour les manger.

Puis, viennent les Tuber proprement dits (les Truffes), si connues et si appréciées par les gourmets, à cause de leur parfum, si subtil et si particulier.

Enfin les Terfezia (Terfas) qui sont particuliers aux pays chauds, où ne vient pas la Truffe. On trouve en abondance les Terfas en Algérie, où ils sont parasites sur les Cistes.

Comme le genre Tuber nous intéresse plus particulièrement, nous allons en dire quelques mots.

Il y a plusieurs sortes de Truffes, mais la plus appréciée est la Truffe du Périgord, encore appelée Truffe des gourmets, Truffe violette, Babasse. En latin les mycologues la nomment Tuber melanosporum (Truffe à spores noires).

Les Truffes viennent un peu dans tous les terrains et un peu partout en France; mais la Truffe du Périgord est surtout abondante dans cette province, où elle acquiert toutes ses qualités. C’est de préférence au voisinage des chênes, qualifiés de truffiers, et surtout du chêne pubescent (Quercus pubescens) que l’on en trouve en plus grande abondance.

La récolte se fait de décembre à mars, au moyen de chiens ou de porcs, qui sentent la Truffe de fort loin et la recherchent pour la manger.

Ils ne sont pas les seuls parmi les animaux à avoir une prédilection pour les Truffes, et l’on prétend que le renard, le loup, le cerf, le chevreuil, l’écureuil et même le chat en sont très friands.

La Truffe du Périgord se trouve dans le sol à une profondeur de 10 à 15 centimètres, mais il est d’autres espèces à peine enterrées, et pour lesquelles il suffit de gratter légèrement le sol ou de relever la mousse pour apercevoir le champignon, qui s’annonce par une petite tache noire; de ce nombre est la Truffe d’été, Tuber æstivum.

CHAPITRE VI Photographie des champignons.

Il arrive bien souvent, lorsqu’on s’occupe de l’étude des Champignons, que l’on aurait le plus grand intérêt, en présence du peu de durée de ces végétaux, à en conserver la représentation. Il n’y a pour cela d’autre moyen que d’en faire un dessin; mais tout le monde n’est pas dessinateur, et de plus il est très difficile de faire un dessin exact à moins d’être un artiste. Si l’on ne peut faire un dessin, on peut tout au moins, maintenant que tout le monde fait de la photographie, photographier les Champignons. Nous sommes persuadés qu’il y a beaucoup à faire dans cet ordre d’idée, et nous allons donner, d’après M. le professeur Bourquelot, des renseignements qui pourront engager nos abonnés à photographier des espèces rares, ou présentant un intérêt quelconque.

Nous ne pouvons mieux faire que de transcrire ici la communication de l’auteur.

«Lorsqu’un botaniste rencontre une plante phanérogame, il peut en général déterminer aisément l’espèce à laquelle elle appartient. Il lui suffit pour cela de consulter certaines flores spéciales; une clef dichotomique, dont le jeu repose sur des caractères précis et faciles à constater, le conduit facilement à la famille, de là au genre, puis à l’espèce. La lecture d’une description un peu détaillée de l’espèce à laquelle il est ainsi parvenu, et au besoin de quelques espèces voisines, achève de porter la conviction dans son esprit.

Si pourtant il lui reste encore des doutes, il peut dessécher l’échantillon qu’il a trouvé, le conserver et plus tard, quand l’occasion s’en présente, le comparer soit à un échantillon-type de l’espèce soupçonnée, soit à des échantillons d’espèces avec lesquelles la confusion est possible.

La détermination des plantes cryptogames et en particulier des Champignons présente plus de difficultés. Il n’existe pas à cet égard de clef dichotomique satisfaisante, par cette raison que les caractères sont peu tranchés et quelquefois insaisissables pour certaines personnes. Telle Russule, par exemple, diffère d’une Russule voisine par une saveur qui lui est propre. Tel autre Champignon exhale une odeur particulière. Mais on n’ignore pas qu’il faut une grande habitude pour apprécier l’odeur et la saveur et qu’il existe nombre de botanistes qui restent toute leur vie inhabiles à percevoir ces caractères organoleptiques.

Si encore on pouvait conserver avec leurs caractères les échantillons qu’on récolte et dont la détermination est douteuse? Mais il n’y faut pas songer. On a essayé des liquides conservateurs de compositions diverses; ceux-ci détruisent en quelques semaines les plus brillantes couleurs! On a eu recours à la dessiccation? Le procédé a réussi pour quelques espèces, mais pour la plupart il n’a donné que des spécimens déformés, ratatinés, noircis ou décolorés!

On a remédié aux premiers de ces inconvénients en ajoutant des planches aux descriptions. Tous les mycologues connaissent les planches de Bulliard qui sont consultées depuis un siècle et qu’on n’a pas surpassées. Il n’est pas douteux que la possession de bonnes planches facilite singulièrement la détermination des espèces; mais les bonnes planches coûtent cher et les mycologues ne sont pas tous riches. Le moyen n’est donc pas à la portée de tout le monde.

On conseille d’autre part de dessiner avec soin les espèces qu’on récolte: le dessin aide à l’observation, car il oblige à remarquer tous les caractères. On fait d’ailleurs ainsi une sorte d’herbier dont la conservation est indéfinie et à l’aide duquel on peut effectuer des comparaisons. Malheureusement on ne dessine pas toujours bien, on ne dessine même pas toujours. Il faut en outre beaucoup de temps pour faire un bon dessin. Il y a des Champignons comme des Amanites qu’il est important d’avoir à plusieurs âges et dans plusieurs positions. Le bénéfice que l’on retire de son travail ne répond nullement à la peine qu’on s’est donnée.

En réalité, il semble que tous les efforts doivent converger vers la recherche d’un procédé accessible à tous, qui puisse fournir rapidement une représentation fidèle d’une espèce sous tous ses aspects. J’avais remarqué à l’Exposition d’Horticulture de 1885 des photographies en grandeur naturelle de plantes fleuries. Ces photographies étaient coloriées et donnaient une idée très exacte des plantes qu’elles représentaient et qui se trouvaient du reste exposées à peu de distance. Je pensai dès lors qu’il y aurait peut-être intérêt à utiliser la photographie pour la représentation des Champignons. J’ai fait dans ce sens un assez grand nombre d’essais et il me paraît que cet art aujourd’hui si répandu résout dans une certaine mesure le problème que je viens de poser.

Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)
Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)

Fig. 1

Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)
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Fig. 2

Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)
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Fig. 3

Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)
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Fig. 4

Avec un peu d’exercice, de soins et d’entente des procédés, on peut arriver, si l’on dispose d’un appareil convenable, à reproduire en fort peu de temps, non seulement un individu d’une espèce, mais un groupe d’individus, qui donnera une idée suffisante de cette espèce. La photographie présente un autre avantage, c’est de permettre, le cliché une fois fait, d’en tirer un nombre presque indéfini d’épreuves sur papier sensible et même sur papier ordinaire, comme on le verra par la suite.

Les procédés généraux de photographie sont exposés tout au long dans un grand nombre de traités dont quelques-uns sont fort bien faits; aussi je ne donnerai ici que des renseignements se rapportant plus particulièrement au but dont j’ai parlé et j’examinerai successivement: 1o le choix de l’appareil et en particulier de l’objectif; 2o la récolte et le choix des échantillons; 3o l’opération photographique proprement dite; 4o la préparation des positifs sur papier sensible; 5o la reproduction sur papier ordinaire.

1o Du choix de l’appareil et de l’objectif.—Lorsqu’on commence à photographier, on ne s’occupe pas en général des dimensions de l’image par rapport à l’objet, et, en fait, cela n’a pas une grande importance quand il s’agit de paysages ou de portraits, les objets étant très grands par rapport à l’image. Ici, il n’en est pas de même. Dès les premiers essais, on sent la nécessité d’obtenir une image dont les dimensions se rapprochent autant que possible de celles de l’objet à photographier; mais il faut en même temps que les divers plans de l’objet, les plus rapprochés comme les plus éloignés, soient reproduits nettement.

On peut arriver à donner à l’image les dimensions de l’objet avec toute espèce d’objectif. Il suffit pour cela que l’objet soit placé à une distance de l’objectif égale au double de la distance focale principale de cet objectif. Il faut donc déterminer une fois pour toutes cette distance focale qu’on appelle encore longueur de foyer absolu. On l’obtient d’une façon suffisamment précise pour la pratique en mettant au point un objet très éloigné: un arbre ou une maison. La distance entre la lentille et le verre dépoli pour un objectif simple, entre le diaphragme et le verre dépoli pour un objectif composé, constitue la distance focale principale. D’ailleurs, dans le cas d’égalité de dimensions de l’image et de l’objet, celui-ci et celle-là sont également distants de la lentille. Ce principe peut encore guider à l’occasion.

Quant à la netteté de l’image dans les conditions que je viens d’indiquer, elle dépend du mode de construction de l’objectif, et pour un objectif donné de l’ouverture du diaphragme. Il y a donc un choix à faire parmi les différents systèmes qu’on trouve chez les opticiens. Il existe à cet égard un terme technique dont la connaissance évite bien des périphrases; c’est l’expression profondeur de foyer. La profondeur de foyer est l’aptitude d’un objectif à représenter nettement à la fois les objets éloignés et les objets rapprochés. Il importe par conséquent d’avoir un objectif possédant une grande profondeur de foyer. On peut dire d’une façon générale que plus la distance focale principale d’un objectif est courte, moins l’objectif a de profondeur; ce qui conduit à se servir d’un objectif à long foyer et celui-ci comporte une chambre noire longue en proportion.

La plupart des appareils photographiques d’amateurs destinés à être transportés à la campagne, à faire des portraits, etc., sont munis d’objectifs à court foyer. Ces objectifs possèdent des qualités spéciales, mais pas celles qui conviennent dans le cas actuel.

Il n’est pas possible d’ailleurs d’entrer ici dans tous les détails que demanderait le sujet. Je m’en tiendrai à donner les conseils suivants: 1o se faire la main avec un objectif quelconque; 2o demander à l’essai plusieurs objectifs à longs foyers, par exemple un objectif simple et un objectif rectilinéaire de bonne fabrication, puis exécuter avec chacun de ces objectifs la reproduction d’un même groupe de Champignons en se servant des plus petits diaphragmes. L’examen attentif des clichés même médiocrement réussis donnera des renseignements précis sur la valeur des instruments. Toutes les affirmations et explications des constructeurs n’équivaudront jamais à cette simple expérience.

J’ai parlé tout à l’heure d’images de dimensions égales à celles de l’objet. Les dimensions d’un Champignon constituent en effet un de ses caractères qu’il serait désirable de conserver dans l’épreuve. On peut cependant garder à ce point de vue une certaine latitude, les dimensions d’une même espèce variant elles-mêmes dans de certaines limites. Si, par exemple, on a récolté de grands échantillons, il n’y a aucun inconvénient à photographier avec des dimensions réduites, car on rentrera ainsi dans les dimensions moyennes. L’image y gagnera beaucoup de netteté. Je me suis bien trouvé, dans la plupart des cas, de faire mes reproductions aux 4/5 ou aux 2/3 de l’objet.

Pour la grande majorité des Champignons, on peut se servir de plaques mesurant 18 centimètres de longueur sur 13 centimètres de largeur. Ces plaques qui sont dites demi-plaques sont les plus employées1. Il y a bien un certain nombre de Champignons comme le Lepiota procera qui atteignent des dimensions beaucoup plus considérables; mais ils constituent l’exception.

2o Récolte et choix des Champignons.—Il ne me paraît pas pratique de photographier les Champignons dans la campagne; il est de toute façon préférable de les récolter, de les envelopper avec soin et de les rapporter chez soi pour les photographier soit en plein air, soit dans une pièce convenablement éclairée. Comme les caractères de la plupart des Champignons changent avec l’âge, il est important d’en prendre quatre ou cinq de chaque espèce, pour le choix desquelles on ne peut se guider que sur ses connaissances.

Certaines espèces présentent au point de vue du transport des inconvénients fâcheux. Chez quelques-unes, la moindre pression amène une tache foncée qui, à peine visible sur l’échantillon, apparaît fortement sur l’image photographique. Ainsi en est-il pour les Paxillus, pour le Lactarius volemus, le Boletus cyanescens et autres bolets bleuissants, etc. D’autres sont doués d’un géotropisme remarquable qui amène en quelques heures le contournement des échantillons. Si, par exemple, on couche horizontalement dans une boîte un Amanita mappa ou un A. rubescens, le chapeau se relève verticalement et le pied se trouve bientôt coudé à angle droit. Il est évident qu’un échantillon ainsi tourmenté ne peut être représenté. Cette propriété paraît appartenir à des degrés inégaux à toutes les Amanites. D’autres Champignons enfin comme le Clitocybe laccata, quelques Russules pâlissent rapidement; et, pour les Champignons dont la teinte se rapproche du bleu ou du violet, il est important de les photographier en bon état, ces couleurs agissant sur les plaques sensibles.

3o Opération photographique proprement dite.—L’éclairage est une grande question, mais quelques essais, et surtout quelques mécomptes sont plus profitables que tous les conseils. Les Champignons doivent être placés sur un appui à la hauteur de l’objectif. Pour les faire ressortir davantage, il faut avoir soin de placer derrière eux un écran de papier blanc ou de carton blanc. On peut fixer les échantillons sur le carton lui-même, mais cette disposition donne lieu à des ombres disgracieuses. Il vaut mieux, à mon avis, les fixer sur une motte de terre. On les groupera de telle sorte que l’un étant placé verticalement dans sa position naturelle, un deuxième laisse visible le dessous du chapeau, un troisième le dessus, etc. On met alors l’écran blanc à une distance telle qu’il ne puisse y avoir d’ombre portée.

La mise au point se fait de la façon suivante. On avise le Champignon vertical dont le chapeau est le plus large; on colle un morceau de papier imprimé sur le bord postérieur et un autre morceau sur le bord antérieur.—On met au point sans diaphragme pour le premier, puis pour le second, après quoi on ramène le verre dans une position intermédiaire. En se servant dans ces conditions du plus petit diaphragme, on doit obtenir la plus grande netteté possible d’ensemble avec l’objectif dont on dispose.

Je ne puis rien dire du temps de pose qui varie avec la longueur de foyer de l’objectif, l’ouverture du diaphragme, la lumière et aussi avec les plaques. Il faut puiser des renseignements dans des traités spéciaux. Dans tous les cas, on s’évite bien des déboires en essayant chaque douzaine de plaques avant de s’en servir définitivement. Cet essai est important non seulement pour la pose, mais encore pour la connaissance de la valeur de ces plaques. Le commerce en fournit de temps en temps dont on ne peut rien tirer, et il est particulièrement désagréable, lorsqu’on a impressionné un certain nombre de plaques, de s’apercevoir qu’elles ne valent rien.

Il y a cependant un détail qu’il faut connaître, c’est que les objets rouges et jaunes n’agissent sur les plaques sensibles que par la faible lumière blanche qu’ils réfléchissent. Pour un temps de pose ordinaire, le cliché obtenu donnera un positif dans lequel les parties rouge ou jaune seront en noir, et si l’on fait des épreuves destinées à être coloriées, on constate qu’il est à peu près impossible de colorier convenablement sur le noir. Il est préférable de dépasser fortement le temps de pose. Cela ne présente qu’un faible inconvénient dans le cas où il existerait à côté du rouge des couleurs actives, par cette raison que si on dépasse le temps de pose pour les couleurs actives, une partie de l’effet qu’elles ont produit est détruit.

4o Positifs sur papier sensible.—Je dois laisser de côté tout ce qui regarde le développement et le fixage des clichés. Je ne dirai également rien de l’obtention des positifs sur papier albuminé. Ceux-ci donnent des images très fines, mais ne peuvent être coloriées qu’avec des couleurs spéciales qui ne résistent que fort peu de temps à l’action de l’air et de la lumière.

Le papier sensible qui donne actuellement les meilleurs résultats au point de vue de l’application des couleurs est le papier au platine. Son emploi exige deux opérations: 1o exposition à la lumière; 2o développement de l’image.

Le papier au platine est plus sensible que le papier albuminé et doit être coupé dans la chambre noire à la lueur d’une bougie. La couche sensible est jaune clair, ce qui permet de reconnaître le côté qui doit être appliqué sur le cliché. L’image positive n’apparaît pas en noir, mais en jaune gris peu foncé. C’est là un des côtés défectueux du procédé, car il est difficile avec une image aussi faible de voir quand l’exposition à la lumière a duré suffisamment. Cependant on arrive en peu de temps à acquérir à cet égard assez d’expérience.

L’image qu’on a ainsi obtenue n’est pas définitive. Pour la développer, on la passe rapidement dans une solution d’oxalate de potasse à 300 p. 1.000, maintenue à une température comprise entre 60 et 80°. L’épreuve est alors portée dans un bain d’eau acidulée à 15 gr. d’acide chlorhydrique par litre. Ce bain qu’il faut renouveler tant qu’il se colore en jaune enlève tous les sels de platine non réduits.

On lave ensuite à grande eau, on sèche et l’épreuve se conserve indéfiniment. Ces opérations se font, sauf la dernière, dans une demi-obscurité.

L’avantage de ce papier est de donner des images dont la teinte se rapproche de celle de l’encre de chine. En ne poussant pas trop l’exposition à la lumière on obtient des épreuves un peu faibles qu’on peut ensuite colorier à l’aide des couleurs de l’aquarelle.

Il est un point qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que ce papier ne se conserve pas longtemps et se détériore rapidement en présence de l’humidité. Il est toujours livré dans un étui en fer-blanc fermant hermétiquement et renfermant dans une boîte spéciale du chlorure de calcium desséché. Mais même dans ces conditions, il ne se conserve pas plus d’un mois à partir du jour de sa fabrication. Aussi lorsqu’on se procure ce papier chez des intermédiaires, on s’expose à être mal servi. Tout papier de bonne qualité doit donner un fond tout à fait blanc. Pour peu que le fond soit gris terne, c’est que le papier est vieux ou avarié. Une bonne précaution consiste à en développer un petit morceau sans exposition préalable à la lumière, comme on ferait d’un positif ordinaire. Après lavage, le papier doit être entièrement blanc.

5o Reproduction sur papier.—Je dirai seulement quelques mots du procédé qui actuellement, avec le plus de simplicité, donnent des épreuves qui reviennent à des prix qui rappellent ceux des gravures ordinaires. Il repose sur la propriété que possède la gélatine bichromatée de retenir l’encre grasse lorsqu’elle a été exposée à la lumière. Si donc on a une surface recouverte d’une couche de gélatine bichromatée sèche, si on recouvre cette surface d’un cliché et si on expose à la lumière, sous les parties claires du cliché se formera un dessin capable de retenir l’encre grasse, tandis que sous les noirs la gélatine repoussera cette encre. Il suffira par conséquent d’encrer la surface impressionnée, de recouvrir cette surface d’un papier quelconque et de soumettre à une pression convenable pour avoir une épreuve.

Cette propriété de la gélatine bichromatée est connue depuis longtemps et constitue le principe d’un grand nombre de procédés dits de phototypie. Le procédé qui a le plus de vogue, est celui dans lequel la couche de gélatine est étendue sur une glace, mais depuis quelque temps on est arrivé à recouvrir de gélatine le papier parchemin. Ce papier a plusieurs avantages sur la glace, c’est, par exemple, de ne pas se casser et d’être beaucoup plus maniable. Il donne, au reste, des résultats comparables à ceux que fournit la glace.»

A la suite de cet article très détaillé et très clair, nous ferons remarquer qu’au paragraphe 3, l’auteur dit que les objets rouges et jaunes n’agissent sur les plaques sensibles que par la faible lumière blanche qu’ils réfléchissent, et qu’alors les parties rouges et jaunes viendront en noir, c’est-à-dire qu’elles ne pourront être coloriées.

Pour remédier à cet inconvénient, M. Rolland a proposé de les décolorer au moyen de l’eau de javelle.

Pour décolorer par exemple le chapeau d’une fausse oronge, on immerge dans l’eau de javelle seulement la partie rouge; au bout de quelques minutes le chapeau devient blanc ou légèrement rosé. On laisse sécher et procède à la pose.

Nous donnons, figure 1, une planche montrant ce qu’on peut obtenir par la photographie.

Le Champignon représenté ici est un beau Polypore que nous croyons devoir rapporter au Polyporus varius que Quélet assimile au Polyporus picipes. Nous l’avons recueilli sur une souche, au milieu des souches et des brindilles tombées.

Exécution de photographies pouvant être coloriées à l’aquarelle.

Par M. Albert Jahandier.

Dans le numéro d’avril 1911 de l’Amateur, un article relatif à la photographie des champignons recommande, lorsqu’ils sont très colorés, surtout en rouge, de les décolorer à l’eau de javelle, afin d’en obtenir une épreuve claire, propre à être ensuite coloriée à l’aquarelle.

Cette manière d’opérer, très simple en elle-même, peut servir dans beaucoup de cas. Elle présente cependant des difficultés pour certains champignons délicats, c’est pourquoi il nous paraît utile de faire connaître aux amateurs un procédé qui, sans modifier l’original, permette d’en obtenir une photographie aussi claire que si le modèle était décoloré; ce procédé n’est autre que celui employé pour la photographie des couleurs par sélection, il consiste à se servir de plaques orthochromatiques avec interposition d’un écran coloré approprié.

Renseignements pratiques pour l’exécution des clichés et des épreuves positives.—Afin que le lecteur puisse avoir sous les yeux le modèle qui servira aux expériences, nous avons choisi l’Oronge vraie (Ire planche en couleurs du premier volume du nouvel Atlas), un des champignons les plus difficiles à reproduire à cause de ses couleurs peu photogéniques.

Si nous voulons en faire une photographie avec des plaques ordinaires, nous obtenons le résultat de la figure 2, chapeau noir et pied gris foncé, image impossible à colorier.

Prenons maintenant une plaque orthochromatique sensible au jaune et au rouge, plaçons à l’avant ou de préférence à l’arrière de notre objectif, un écran jaune foncé (de ceux que l’on emploie couramment dans la photographie des paysages à grands contrastes), donnons une pose en rapport avec l’intensité de notre écran, nous obtiendrons le résultat de la figure 3, le pied est devenu blanc, le chapeau légèrement teinté; une telle épreuve serait suffisante pour être coloriée à l’aquarelle.

Si nous voulons obtenir le chapeau plus blanc, il nous suffira d’employer un écran orangé, nous augmenterons la pose, et nous obtiendrons le résultat de la figure 4, dans laquelle rien ne s’oppose plus à une coloration aussi brillante qu’on peut la désirer.

Comme suite à cet exposé général, nous entrerons maintenant dans le détail des opérations.

1o Choix de plaques sensibles.

Trois sortes de plaques au gélatino-bromure sensibles aux couleurs se trouvent dans le commerce: 1o les plaques orthochromatiques sensibles au jaune et au rouge; 2o celles sensibles au jaune et au vert; 3o les plaques panchromatiques, sensibles à toutes les couleurs.

On peut encore employer les plaques ordinaires, que l’on sensibilisera soi-même aux couleurs.

Les plaques orthochromatiques et panchromatiques donnent de bons résultats lorsqu’elles sont de fabrication récente, mais elles perdent assez rapidement leur sensibilité chromatique, c’est pourquoi nous leur préférons la plaque ordinaire sensibilisée au trempé au moment de l’emploi; d’ailleurs, le résultat sera toujours supérieur à celui que donnerait une plaque orthochromatique même de fabrication récente.

Sensibilisation aux couleurs des plaques au gélatino-bromure.—Nous choisirons une bonne plaque de rapidité moyenne, par exemple, les étiquettes bleues de la maison Lumière, les bandes bleues de Jougla, etc. Parmi les nombreuses matières colorantes employées pour la sensibilisation chromatique, nous donnerons la préférence à celle qui nous conférera la meilleure sensibilisation générale, soit actuellement le Pinaverdol ou le Pinachrôme.

Ces colorants sont d’un prix assez élevé, mais la quantité à employer étant minime, on peut les acheter en solutions alcooliques à 1 gramme pour 1.000, et l’on composera, comme suit, la solution sensibilisatrice:

Solution alcoolique à 1 gramme pour 1.000 de Pinachrôme ou Pinaverdol 2 c3

Ammoniaque 1 c3

Eau distillée—ou alcool à 90° 100 c3

Dans le cabinet noir, éclairé le plus faiblement possible en rouge foncé, nous plongerons notre plaque au gélatino-bromure dans le sensibilisateur ainsi constitué, l’on agitera constamment la cuvette recouverte d’un carton, pendant deux à trois minutes, ensuite, après un bon lavage d’une demi-minute sous un robinet, la plaque rapidement égouttée pourra être employée de suite à l’état humide, ou bien on la placera pour sécher dans un meuble obscur où elle sera utilisable pendant une huitaine de jours: on doit tenir compte qu’il est nécessaire que le séchage soit assez rapide; s’il était trop lent, on aurait des clichés voilés, c’est pourquoi, lorsque l’on voudra les conserver, il sera préférable d’employer dans la constitution du bain sensibilisateur, l’alcool à 90° à la place de l’eau distillée, mais cette formule étant peu économique, nous nous servirons de la première à l’eau distillée, en doublant la durée d’immersion de la plaque; après lavage, elle sera mise pendant quelques minutes dans de l’alcool à 90°; essorer avec un tampon d’ouate et mettre à sécher dans un meuble obscur, dans lequel il sera bon, pour dessécher l’air, d’y ajouter quelques morceaux de chlorure de calcium.

Écrans.—Dans beaucoup de cas, l’écran jaune foncé pourra suffire; on le trouvera chez tous les marchands de fournitures pour la photographie, mais si l’on désire obtenir un résultat plus complet, il sera mieux de constituer soi-même un écran liquide, auquel on donnera facilement la coloration nécessaire pour chaque cas particulier. Pour cela, on trouve dans le commerce des cuves en verre à faces parallèles, dont l’épaisseur intérieure est de 10 millimètres. Au moyen d’un dispositif facile à installer, à l’intérieur de toute chambre noire, nous placerons notre cuve garnie de son liquide coloré à l’arrière de l’objectif.

Avec un colorant jaune et un rouge, on pourra constituer une série d’écrans allant du jaune clair à l’orangé rouge. Pour le cliché de la figure 4, nous avons simplement employé, comme écran orangé, une solution de bichromate de potasse à 10 pour 100.

Pour la figure 3, il a été employé un écran pelliculaire jaune foncé, placé entre les lentilles et l’objectif.

Disposition du modèle, mise au point, exécution du négatif.—Sur une planchette placée à hauteur de l’objectif, nous disposerons le groupe à photographier, un champignon debout piqué sur une pointe, un deuxième couché, laissant voir le dessus du chapeau, puis un troisième le dessous, le tout disposé dans le même plan, de telle façon que la distance entre le plan avant et le plan arrière soit la plus réduite possible, ceci pour la meilleure mise au point, car nous savons que dans la photographie des petits objets très rapprochés de l’appareil, la mise au point n’a pas de profondeur, c’est-à-dire que si mettant au point sur le rebord antérieur du chapeau d’un champignon qui aurait 10 centimètres de diamètre et que l’on voudrait reproduire grandeur naturelle ou même plus petit, le plan arrière de ce chapeau ne sera pas net, même en diaphragmant fortement. Il y a donc lieu de prendre une moyenne entre la mise au point du plan avant et du plan arrière, laissant plutôt ce dernier un peu moins net. Si notre modèle n’avait que 5 centimètres de profondeur, nous aurions une meilleure netteté d’ensemble.

Nous emploierons, comme fond, une feuille de papier blanc placée à une certaine distance en arrière, afin d’éviter les ombres portées. Avec un écran blanc ou un miroir, nous refléterons le plus possible les ombres du modèle et nous serons prêts pour la pose.

Nous la calculerons d’après le diaphragme que nous aurons choisi par examen sur la glace dépolie, le plus petit possible pour la bonne netteté de l’image, mais en nous arrêtant avant qu’elle ne devienne trop obscure et ne puisse plus impressionner suffisamment notre plaque sensible; nous serons donc obligés d’employer un diaphragme d’autant plus grand que notre écran sera plus foncé et plus rouge.

Dans un atelier bien éclairé, par temps de soleil, en juillet, le cliché de la figure 3 a été obtenu comme suit: écran orangé, plaque sensibilisée au Pinaverdol, utilisée humide, avec diaphragme F. 28, la pose a été de 5 minutes et le cliché légèrement renforcé. (Notre modèle étant une planche en couleurs, c’est-à-dire sans profondeur, nous aurions pu conserver la même netteté avec un grand diaphragme et poser beaucoup moins.) Donc, lorsque notre modèle aura peu de profondeur, nous pourrons faire de même, la pose sera d’ailleurs d’autant plus réduite que nous emploierons un écran plus clair.

Les indications ci-dessus représentent en quelque sorte le maximum de difficulté pour l’obtention d’une photographie très claire, avec un modèle de coloration vive et des moins photogéniques. Si nous voulons reproduire, par exemple, le Bolet fauve, il ne sera pas nécessaire de l’obtenir blanc, ses couleurs n’étant pas vives, la teinte photographique d’une épreuve simplement fixée s’ajoutera utilement à la couleur que nous emploierons pour avoir le ton désiré; pour l’obtention du cliché, un écran jaune moyen sera suffisant.

Si maintenant nous voulons reproduire un champignon de couleur très différente des deux précédents, la Cortinaire bleuâtre, champignon à chapeau bleu, ici, nous emploierons les plaques ordinaires, très sensibles au bleu, nous supprimerons l’écran, et le bleu étant foncé, pour l’avoir en blanc nous surexposerons un peu. Avant de passer à l’exécution des épreuves positives, nous ajouterons qu’il n’y a rien de particulier pour le développement des plaques sensibilisées au trempé; on développera à fond afin d’avoir tout l’effet orthochromatique et une vigueur suffisante.

Épreuves positives.—Choix du papier.—Les épreuves positives que nous tirerons de ces clichés devant être coloriées à l’aquarelle, il nous faut choisir un papier sur lequel la couleur puisse s’étendre aisément sans laisser de marques à chaque coup de pinceau.

D’une façon générale, tous les papiers à couche de gélatine sont à écarter, c’est-à-dire les genres citrate et bromure, et ce sont les plus nombreux, aussi en reste-il peu à choisir; le papier au platine pourrait être employé, mais outre qu’il se conserve peu de temps frais, il exige des manipulations assez compliquées; les papiers Néos de Lumière, le papier salé, le ferro-prussiate sont d’un traitement simple et pourraient se colorier, mais nous préférons de beaucoup, à tous ces papiers, celui que l’on préparera soi-même, ce qui d’ailleurs est très facile; nous pourrons alors choisir parmi les bons papiers à aquarelle, celui qui nous conviendra le mieux et le préparer de la façon suivante:

1o Étendre à la surface du papier, avec un tampon ou un pinceau plat, une couche de colle d’amidon et laisser sécher.

2o On prépare la solution sensibilisatrice:

Eau distillée 90 c3

Azotate d’argent 5 gr.

Acide tartrique 7 gr.

Avec un tampon d’ouate, nous l’étendrons bien régulièrement sur la couche de colle et nous le laisserons sécher dans l’obscurité; il pourra servir aussitôt sec.

Cette préparation n’étant pas très sensible, l’impression se fera de préférence au soleil, un peu plus forte que l’intensité que l’on désirera.

Si une couleur brun rouge n’est pas gênante pour la coloration de l’espèce à reproduire, on pourra se contenter d’un simple fixage à l’hyposulfite de soude à 5 pour 100 en y ajoutant un peu de bisulfite de soude, fixage de 5 minutes, précédé et suivi d’un bon lavage. Si l’on préfère un ton plus noir, se servir d’un des bains courants de virage-fixage que nous étendrons d’un peu d’eau.

L’image une fois sèche, il ne nous reste plus qu’à la colorier. Pour cela, les couleurs courantes d’aquarelle ne sont pas très bonnes, à part quelques exceptions; en général, elles ne sont pas assez transparentes et couvrent trop les ombres et demi-teintes de la photographie, les vermillons, les chrômes et les terres surtout; aussi, à leur place, nous emploierons des solutions de colorants d’aniline, dans le genre de celles que l’on vend pour la photo-miniature.

On pourrait aussi préparer ces solutions en choisissant parmi les nombreuses matières colorantes; par exemple, pour les jaunes, la Tartrasine, l’Aurantia; pour le rouge, l’Érytrosine, le rouge solide, puis le bleu de métylène, le vert naphtol, etc. Ces couleurs doivent être employées très diluées, car elles prennent beaucoup d’intensité en séchant.

Nota.—Pour se procurer les cuves pour écrans liquides, ainsi que les matières colorantes pour sensibilisation et coloriage, s’adresser aux maisons de fournitures pour procédés photo-mécaniques; on trouvera ces articles à la maison Calmels, 150, boulevard du Montparnasse, à Paris.

CHAPITRE VII Les ressources du microscope.

Nous n’avons pas l’intention d’écrire ici un article sur la façon de se servir de cet instrument indispensable aux mycologues et en général à tous ceux qui font de l’histoire naturelle: on trouvera dans les traités spéciaux tous les renseignements sur ce sujet; nous voulons seulement montrer à ceux qui n’ont pas encore fait usage du microscope, qu’il est facile de s’en servir, et qu’il peut, dans une foule de cas, rendre des services importants.

Le microscope se compose essentiellement de deux parties: un pied muni d’un miroir pour éclairer par transparence les objets placés sur une platine, et au-dessus de celle-ci un tube dans lequel peut se mouvoir, au moyen d’une crémaillère, la partie optique de l’instrument.

Cette partie, la plus importante de l’appareil, se compose d’un tube en cuivre, long de 160 millimètres, portant à sa partie inférieure un ensemble de verres ou lentilles, appelé objectif (parce qu’il est tourné vers l’objet à observer): à la partie supérieure se trouve un autre ensemble de lentilles, mais beaucoup plus grandes, que l’on nomme oculaire.

L’objectif a pour but de donner dans le corps du tube du microscope, une image virtuelle que l’oculaire, faisant fonction de loupe composée, grossit à son tour et que perçoit l’œil de l’observateur.

Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)
Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)

Fig. 4.

Voilà en quelques lignes la théorie du microscope.

Les fabricants livrent leurs instruments avec des oculaires et des objectifs de puissance différente, permettant d’obtenir plusieurs grossissements, et ils indiquent, sur un papier ad hoc, les combinaisons des différents objectifs avec les oculaires, et les grossissements correspondants.

Dans la pratique, nous conseillons d’établir soi-même ces grossissements: il suffira pour cela de se procurer un micromètre objectif, c’est-à-dire une lame de verre portant à son centre la représentation d’un millimètre divisé en cent parties égales, ou pour être plus exact, de deux millimètres divisés en deux cents parties égales, ce qui revient au même.

Chaque division représentera donc un centième de millimètre. Si nous plaçons cette lame (ainsi divisée) sur la platine du microscope, et que, avec un objectif et un oculaire quelconque, nous examinions ces divisions, nous les verrons plus ou moins grossies suivant la combinaison employée.

Si alors faisant usage de la chambre claire qui doit toujours compléter le microscope dont on se sert, nous dessinons sur un papier les différents traits que nous apercevons, il ne nous restera plus qu’à mesurer au moyen d’un double décimètre, combien chaque intervalle entre deux traits comporte de millimètres, et nous pourrons dire que si une division du micromètre objectif mesure 10 millimètres, cela voudra dire que notre combinaison d’objectif et d’oculaire grossit 1.000 fois. Si au contraire cet intervalle ne comporte que 5 millimètres, le grossissement n’est que de 500 fois.

Si nous répétons la même opération pour toutes les combinaisons possibles d’objectifs et d’oculaires, nous aurons les grossissements correspondant à chaque combinaison.

Prenons un exemple; il s’agit d’un microscope déjà ancien, mais bon malgré tout. Il comprend comme objectifs les nos 0, 2, 6, 7, et comme oculaires les no 1 et 3 ordinaires et 18 compensateur. Nous pouvons, en les combinant, obtenir quinze grossissements différents qui sont: 10, 20, 27, 52, 90, 100, 160, 240, 330, 340, 410, 620, 850, 1.000, 1.200. Nous aurions pu en obtenir un plus grand nombre si nous avions voulu nous servir du tirage que possède tout microscope, mais à quoi bon, nous estimons que les grossissements, les seuls utiles, sont ceux de 10, 20, 50, 100, 500 et 1.000.

Le grossissement de 500 n’est pas indiqué dans l’énumération que nous avons donnée plus haut: pour l’obtenir il suffira de prendre l’objectif 7 et l’oculaire 3, mais au lieu de dessiner à plat sur la table qui supporte l’instrument, ce qui donnerait une amplification de 620 diamètres, il suffira de relever le plan de dessin de 5 centimètres au moyen d’un livre ou d’une boîte bien dressée et présentant cette hauteur. C’est du reste ainsi qu’il faut procéder lorsque l’on veut dessiner à un grossissement de 1.000. En effet, si avec l’oculaire 18 et l’objectif 7, on dessine à même sur la table, on obtient un grossissement de 1.200 diamètres, alors qu’en se servant comme nous venons de le dire d’un livre ou d’une boîte de 5 centimètres de hauteur, le grossissement se trouve réduit à 1.000 diamètres.

Nous croyons devoir faire remarquer que les grossissements indiqués par les constructeurs correspondent au cas où les dessins sont faits à la hauteur de la platine; mais lorsqu’on dessine sur la table où est placé le microscope, le grossissement n’est plus le même, il est plus grand. Nous conseillons cependant, pour simplifier, d’établir la série des grossissements en dessinant sur la table elle-même, et de s’attacher à faire ses observations à des chiffres qui soient des multiples de 10; nous choisirons donc les chiffres suivants: 10, 20, 100, 500, 1.000, qui permettent de satisfaire à toutes les exigences.

Pour obtenir le grossissement de 20 diamètres, nous userons d’un petit stratagème, car l’objectif 0 et l’oculaire 3 nous donnent 27 diamètres, chiffre qui ne répond à rien, mais si nous dévissons la lentille inférieure de notre objectif 0, nous réduirons sa puissance, et le grossissement sera exactement de 20 diamètres; or il peut être très utile de faire un dessin à 20 diamètres. Il est profondément regrettable de voir qu’il n’y a aucune entente entre les naturalistes au sujet des grossissements auxquels sont faits les dessins microscopiques: il serait pourtant bien simple de décider que pour les faibles grossissements, les chiffres 10, 20, 100 seront seuls admis, alors que pour les forts grossissements, on emploiera ceux de 500 et de 1.000. Nous estimons qu’il est toujours possible avec un microscope quelconque d’obtenir ces grossissements.

Comme chambre claire on choisira de préférence un système que l’on puisse conserver sur l’instrument, de façon à pouvoir à tout instant s’en servir ou non. Cette chambre claire se compose essentiellement de deux prismes réunis dans une même monture, et disposés de telle sorte que l’œil puisse voir en même temps et l’objet que l’on veut représenter et la pointe du crayon qui se meut sur le papier en suivant les contours que l’on a intérêt à fixer sur le papier.

Ce genre de chambre claire, si commode dans la pratique, présente cependant un inconvénient, celui de déformer un peu les objets représentés; pour obvier à ce défaut on a conseillé de dessiner sur un pupitre incliné, et pour trouver cette inclinaison, il est un moyen simple indiqué par le Dr Malassez. On dessine à la chambre claire sur un plan incliné le contour circulaire du champ du microscope. Si l’inclinaison du papier est convenable, la figure est un cercle parfait, sinon on obtient une ellipse et l’inclinaison devra être modifiée jusqu’à ce qu’on arrive à un cercle complet.

On peut aussi, pour trouver l’inclinaison convenable, se servir du micromètre objectif, qui, comme on le sait, est divisé en centièmes de millimètre. On trace à la chambre claire un certain nombre de divisions du micromètre, et si l’inclinaison du papier est suffisante, l’éloignement des divisions est égal à toutes les hauteurs; si l’écartement des divisions allait en augmentant vers la droite du papier, cela indiquerait qu’il est trop incliné, si au contraire l’écartement augmentait vers la gauche, il ne serait pas assez incliné. Nous dirons que l’inclinaison du pupitre sur lequel se trouve la feuille de papier, doit être de 25°.

Certains micrographes et non des moindres préfèrent, au lieu de dessiner sur un plan incliné, faire subir l’inclinaison au microscope lui-même, et dessiner à plat ce qui est toujours plus commode.

Le Dr Malassez a fait construire une chambre claire qui permet d’éviter les déformations. Cette chambre claire se place sur le microscope de telle façon qu’elle soit tournée, non sur la droite de l’observateur comme cela a lieu généralement avec les chambres claires les plus employées, mais bien derrière le microscope et vers l’observateur ainsi que le montre la figure ci-contre. En inclinant le microscope à 45°, l’image sera projetée sans déformation.

Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)
Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)

Fig. 5.

On se figure généralement qu’avec un microscope on ne doit faire d’observations qu’à un grossissement relativement élevé; c’est une erreur. Il est aisé de dessiner à 20 et même à 10 diamètres. Si, par exemple (toujours avec notre microscope), nous prenons l’objectif 0 et l’oculaire 1, nous obtiendrons une amplification de 27 diamètres, mais si nous prenons la précaution de dédoubler notre objectif 0, c’est-à-dire de dévisser la lentille inférieure, nous diminuerons la puissance de grossissement et nous aurons 10 diamètres exactement: mais alors, au lieu de placer l’objet à observer sur la platine du microscope, où nous ne verrions rien, il nous faudra le disposer sur la table où repose le microscope entre les branches du pied, ou encore sur les branches elles-mêmes, en le plaçant sur une carte ou un papier fort.

Nous pourrons de la sorte faire une très bonne observation de notre objet, et en prendre un dessin d’une exactitude mathématique, ce qu’il serait impossible de faire autrement. Voulons-nous maintenant grossir une partie de notre objet à 20 diamètres, rien de plus simple, il nous suffira de remplacer l’oculaire no 1 par celui no 3 et nous aurons un grossissement de 20 diamètres.

Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)
Illustration from Nouvel atlas de poche des champignons Comestibles et Vénéneux les plus répandus. Série II (Première édition)

Fig. 6.

Dans ces deux cas, bien entendu, l’objet est éclairé par la lumière directe et non par transparence. Pour bien apercevoir l’objet à dessiner, il est nécessaire d’enlever le diaphragme, sans quoi on ne verrait qu’une très petite partie de l’objet à examiner.

Tout ce que nous venons de dire, peut s’appliquer non seulement aux Champignons, mais aussi aux mousses, lichens, algues et même aux phanérogames.

Un dessin est si facile à faire dans ces conditions que l’on n’hésitera pas à prendre un document cent fois préférable à une longue description. Voir figure 6 la représentation d’une mousse et d’une hépatique au grossissement de 10 diamètres.

CHAPITRE VIII L’Esperanto et la Mycologie.

Les mycologues, à quelque titre que ce soit, ne peuvent se désintéresser de l’espéranto, cette langue annexe, si simple, si précise et si facile à apprendre. Elle n’est pas appelée à concurrencer aucune des langues existantes; elle a la prétention de laisser à chaque nation le génie de sa langue, et son seul but est de permettre à tous les hommes, de quelque nationalité qu’ils soient, de pouvoir se comprendre aussi bien par la parole que par l’écriture.

L’homme génial qui a réalisé une chose si longtemps cherchée est un Russe, le Dr Zamenof; et il l’a fait d’une façon si simple, si facile à comprendre, que quiconque veut se donner la peine de lire les règles très simples et peu nombreuses qu’il a établies comme base de sa langue, pourra dire comme César en modifiant quelque peu les trois mots historiques, veni, vidi, scivi (je suis venu, j’ai vu, j’ai su) que nous écrivons en espéranto mi venis, mi vidis, mi konis.

Les mycologues sont souvent appelés à se préoccuper des Champignons qui poussent dans des régions dont ils ne connaissent pas la langue: ils trouveront dans l’espéranto un moyen facile de correspondre avec des mycologues de cette région, soit pour leur demander des renseignements, soit pour répondre à leur demande. Il leur suffira pour cela de consulter l’annuaire des espérantistes, et sans nul doute ils trouveront dans la région qui les intéresse un correspondant qui se fera un plaisir de leur répondre en espéranto.

Quand nous aurons dit à nos lecteurs que pour apprendre toutes les règles de l’espéranto, et qui plus est pour les savoir, il faut moins de temps que pour lire un mauvais roman, nous voulons bien croire qu’il n’en est pas un qui ne voudra au moins essayer; et s’il essaie, c’est un adepte; il est séduit, il est pris dans l’engrenage. Il en fera plus ou moins, mais du moins, il saura toujours lire un texte espérantiste, une lettre; il possédera en un mot le mécanisme de cette langue, et si les circonstances se présentent, il complétera son bagage par la connaissance des mots.

Dans le but de servir les deux causes, nous avons résumé aussi succinctement que possible les notions essentielles et suffisantes de l’espéranto et nous les avons groupées en quelques articles faciles à s’assimiler.

Ainsi, par exemple, le premier paragraphe comprend tout ce qui a rapport à l’alphabet et à la prononciation.

Le second, les parties du discours: substantifs, adjectifs, pronoms, adverbes, etc.

Le troisième, le verbe et les préfixes.

Le quatrième, les suffixes.

Le cinquième, la numération.

Avez-vous besoin de renseignements sur les suffixes ou la numération; vous n’avez qu’à consulter les tableaux 4 ou 5, où vous trouverez tout ce qui a rapport à ces parties.

Combien de temps vous faut-il pour lire lentement et bien comprendre ces cinq tableaux? une heure au grand maximum! au bout de ce temps vous pouvez dire que vous connaissez l’espéranto.

I.—ALPHABET.—PRONONCIATION

L’alphabet est le même qu’en français: a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, r, s, t, u, v, z, sauf q, x, y, qui n’existent pas en esperanto.

Les voyelles a, e, i, o, se prononcent comme en français. Ex.: do, ré, mi, fa, sol.

La voyelle u se prononce ou. Ex.: unu (un) se prononce ounou.

ŭ surmonté de ˘ et j sont considérés comme demi-voyelles, et font corps avec la voyelle qui précède ou qui suit. Ex.: Laŭro (laurier) se prononce laouro (rapidement); kaj (et) fait caille; jes, ja, font ies, ia.

Les consonnes se prononcent comme en français, sauf c, g, h, j, s, qui ont une prononciation différente suivant qu’elles sont surmontées ou non d’un accent circonflexe.

c, ordinaire, a le son de ts. Ex.: celerio (céleri) se prononce tsélério.

ĉ, accentué, a le son de tch. Ex.: ĉemizo (chemise) se prononce tchémizo.

g, ordinaire, a le son de g (dur comme gant). Ex.: garnizono (garnison) se prononce garnisono.

ĝ, accentué, a le son de dj. Ex.: ĝirafo (girafe) se prononce djirafo.

Notes in this chapter

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