LE COUCHER DE SOLEIL DU SIÈCLE
Cécil Georges-Bazile translation
(Poème écrit en Bengali le dernier jour du siècle dernier.)
1
Le dernier soleil du siècle se couche parmi les nuages rouges de sang de l’Occident et dans le tourbillon de la haine.
La passion toute nue de l’amour égoïste des Nations, en son ivre délire de cupidité, danse au cliquetis de l’acier et aux poèmes hurlant la vengeance.
2
Le soi affamé de la Nation, en une violence furieuse, explosera de sa propre nourriture éhontée.
Car elle a fait du monde sa nourriture,
Et le léchant, le mâchant et l’avalant en gros morceaux,
Elle enfle et gonfle
Jusqu’à ce qu’au milieu de son impur festin descende du ciel la flèche soudaine qui percera son cœur grossièrement matériel.
3
La lueur écarlate à l’horizon n’est point la lumière de ton aube de paix, ma mère patrie.
C’est l’éclat du bûcher où se consume en cendres la chair énorme — l’amour égoïste de la Nation — morte de ses propres excès.
Ton matin attend derrière la nuit patiente de l’Orient,
Humble et silencieux.
4
Veille, Inde.
Apportez vos offrandes d’adoration à ce lever de soleil sacré.
Que le premier hymne de sa bienvenue résonne en votre voix et chantez.
« Viens, Paix, toi qui es fille de la grande souffrance de Dieu.
Viens avec tes trésors de contentement, l’épée de la force,
Et l’humilité couronnant ton front. »
5
N’ayez pas honte, mes frères, de vous dresser devant les fiers et les puissants
En votre blanche robe de simplicité.
Que votre couronne soit d’humilité, votre liberté, la liberté de l’âme.
Édifiez quotidiennement le trône de Dieu sur la vaste nudité de votre pauvreté.
Et sachez que ce qui est formidable n’est pas grand et que l’orgueil n’est pas éternel.