A PROPOS DES PRÉSENTATIONS
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Revenons sur ce chapitre pour ajouter quelques conseils et renseignements nouveaux:
Ne faites jamais de présentations à un personnage considérable, sans qu'il vous y ait préalablement autorisé.
En général, on ne doit présenter deux personnes l'une à l'autre qu'après les avoir consultées séparément.
C'est toujours la personne la plus jeune qu'on présente à la plus âgée, l'inférieur à son supérieur.
On présente un homme à une femme, et jamais une femme à un homme, à moins qu'il n'occupe une position très élevée ou qu'il n'appartienne au clergé.
Voici la formule en usage:
Si c'est un homme qui fait la présentation:
—«J'ai l'honneur de vous présenter Monsieur ou Madame (puis on ajoute les nom et titres de la personne).
Si c'est une femme, elle dira:
—«Permettez-moi» ou: «Veuillez me permettre, etc.», et jamais: «J'ai l'honneur», etc.
L'homme présenté saluera respectueusement, la femme s'inclinera gracieusement, et tous deux répondront par quelques paroles aimables à l'accueil qui leur est fait.
Lorsqu'il règne une certaine familiarité, ou qu'il s'agit de procéder rapidement, on se contente de nommer les personnes l'une à l'autre. C'est ce qui a lieu le plus ordinairement.
Quand on présente quelqu'un à un personnage élevé, on ne nomme jamais celui-ci.
DES PRÉSÉANCES
Nous avons eu déjà l'occasion de faire observer combien il est difficile, dans une grande réunion, de placer son monde au mieux et à la satisfaction de chacun.
Entrons à ce sujet dans quelques détails:
Les places d'honneur sont celles qui se rapprochent le plus du maître et de la maîtresse de la maison, en commençant par la droite. Ainsi la femme la plus notable ou la plus âgée, s'assiéra à la droite du maître du logis, et le personnage à qui l'on veut faire honneur, à la droite de la maîtresse.
A leur gauche, prennent place les autres invités, par ordre de rang et d'âge, en ayant soin d'alterner les sexes.
Rien de plus simple et de plus facile en apparence; cependant lorsqu'on vient à l'application de ces petites grandes choses, l'on est souvent fort embarrassé.
En pareil cas, ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de s'en référer aux règles prescrites par le décret de messidor an XII. En voici un extrait succinct, mais suffisant pour se guider:
La première place, la place d'honneur, appartient aux cardinaux, aux ministres de l'État, aux maréchaux, aux amiraux.
Immédiatement après viennent:
Le général commandant en chef; le premier président de cour; l'archevêque; le général de division; le préfet,—à moins que celui-ci ne soit conseiller d'État, auquel cas il passe avant le général; puis l'évêque, puis le général de brigade, puis le maire de la localité.
En ce qui concerne la magistrature, celle qui est assise a le pas sur la magistrature debout. C'est d'abord le président de la cour de cassation avec les membres de la cour; ensuite le conseil d'État et les procureurs généraux; puis la cour d'appel, ses avocats et ses avoués; les tribunaux civils avec leurs avoués, les greffiers et huissiers.
S'il arrive qu'il y ait cumul de fonctions, c'est naturellement la plus élevée qui fait titre et passe la première.
A égalité de grades dans l'armée, la préséance revient de droit à l'ancienneté du grade.
Les femmes bénéficient de la position hiérarchique de leur mari.
Notons en passant que si l'armée a le pas sur la magistrature, cette préséance est tout individuelle. En tant que corps constitué, dans les cérémonies publiques, l'armée ne vient qu'après la magistrature.
C'est l'application du vieux principe: Cedant arma togæ.
Notons aussi que, dans les réunions privées, toutes deux, par un juste sentiment des convenances sociales, se font un devoir de toujours céder la place d'honneur à un prélat, et même à un simple curé. C'est un hommage respectueux que l'on rend à la robe du prêtre, au ministre du Très-Haut.