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Mademoiselle de Maupin

Front matter (continued 9)

Reading edition

La phrase qu'elle allait prononcer s'éteignit dans un baiser auquel en succédèrent beaucoup d'autres, que l'on ne comptait plus et dont nous ne ferons pas le catalogue exact, parce que cela serait assurément un peu long et peut-être fort immoral — pour certaines gens, — car pour nous, nous ne trouvons rien de plus moral et de plus sacré sous le ciel que les caresses de l'homme et de la femme, quand tous deux sont beaux et jeunes.

Comme les instances de d'Albert devenaient plus tendres et plus vives, au lieu de s'épanouir et de rayonner, la belle figure de Théodore prit l'expression de fière mélancolie qui donna quelque inquiétude à son amant.

— Pourquoi, ma chère souveraine, avez-vous l'air chaste et sérieux d'une Diane antique, là où il faudrait plutôt les lèvres souriantes de Vénus sortant de la mer?

— Voyez-vous, d'Albert, c'est que je ressemble plus à Diane chasseresse qu'à toute autre chose. — J'ai pris fort jeune cet habit d'homme pour des raisons qu'il serait long et inutile de vous dire. — Vous avez seul deviné mon sexe, — et, si j'ai fait des conquêtes, ce n'a été que de femmes, conquêtes fort superflues et dont j'ai été plus d'une fois embarrassée. — En un mot, quoique ce soit une chose incroyable et ridicule, je suis vierge, — vierge comme la neige de l'Himalaya, comme la Lune avant qu'elle n'eût couché avec Endymion, comme Marie avant d'avoir fait connaissance avec le pigeon divin, et je suis grave ainsi que toute personne qui va faire une chose sur laquelle on ne peut revenir. — C'est une métamorphose, une transformation que je vais subir. — Changer le nom de fille en nom de femme, n'avoir plus à donner demain ce que j'avais hier; quelque chose que je ne savais pas et que je vais apprendre, une page importante tournée au livre de la vie. — Voilà pourquoi j'ai l'air triste, mon ami, et non pour rien qui soit de votre faute. En disant cela, elle sépara de ses deux belles mains les longs cheveux du jeune homme, et posa sur son front pâle ses lèvres mollement plissées.

D'Albert, singulièrement ému par le ton doux et solennel dont elle débita toute cette tirade, lui prit les mains et en baisa tous les doigts, les uns après les autres, — puis rompit fort délicatement le lacet de sa robe, en sorte que le corsage s'ouvrit et que les deux blancs trésors apparurent dans toute leur splendeur: sur cette gorge étincelante et claire comme l'argent s'épanouissaient les deux belles roses du paradis. Il en serra légèrement les pointes vermeilles dans sa bouche, et en parcourut ainsi tout le contour. Rosalinde se laissait faire avec une complaisance inépuisable, et tâchait de lui rendre ses caresses aussi exactement que possible.

— Vous devez me trouver bien gauche et bien froide, mon pauvre d'Albert; mais je ne sais guère comment l'on s'y prend; — vous aurez beaucoup à faire pour m'instruire, et réellement je vous charge là d'une occupation très pénible.

D'Albert fit la réponse la plus simple, il ne répondit pas, — et, l'étreignant dans ses bras avec une nouvelle passion, il couvrit de baisers ses épaules et sa poitrine nues. Les cheveux de l'infante à demi pâmée se dénouèrent, et sa robe tomba sur ses pieds comme par enchantement. Elle demeura tout debout comme une blanche apparition avec une simple chemise de la toile la plus transparente. Le bienheureux amant s'agenouilla, et eut bientôt jeté dans un coin opposé de l'appartement les deux jolis petits souliers à talons rouges; — les bas à coins brodés les suivirent de près.

La chemise, douée d'un heureux esprit d'imitation, ne resta pas en arrière de la robe: elle glissa d'abord des épaules sans qu'on songeât à la retenir; puis, profitant d'un moment où les bras étaient perpendiculaires, elle en sortit avec beaucoup d'adresse et roula jusqu'aux hanches dont le contour ondoyant l'arrêta à demi. — Rosalinde s'aperçut alors de la perfidie de son dernier vêtement, et leva son genou pour l'empêcher de tomber tout à fait. — Ainsi posée, elle ressemblait parfaitement à ces statues de marbre des déesses, dont la draperie intelligente, fâchée de recouvrir tant de charmes, enveloppe à regret les belles cuisses, et par une heureuse trahison s'arrête précisément au-dessous de l'endroit qu'elle est destinée à cacher. — Mais, comme la chemise n'était pas de marbre et que ses plis ne la soutenaient pas, elle continua sa triomphale descente, s'affaissa tout à fait sur la robe, et se coucha en rond autour des pieds de sa maîtresse comme un grand lévrier blanc.

Il y avait assurément un moyen fort simple d'empêcher tout ce désordre, celui de retenir la fuyarde avec la main: cette idée, toute naturelle qu'elle fût, ne vint pas à notre pudique héroïne.

Elle resta donc sans aucun voile, ses vêtements tombés lui faisant une espèce de socle, dans tout l'éclat diaphane de sa belle nudité, aux douces lueurs d'une lampe d'albâtre que d'Albert avait allumée.

D'Albert, ébloui, la contemplait avec ravissement.

— J'ai froid, dit-elle en croisant ses deux mains sur ses épaules.

— Oh! de grâce! une minute encore!

Rosalinde décroisa ses mains, appuya le bout de son doigt sur le dos d'un fauteuil et se tint immobile; elle hanchait légèrement de manière à faire ressortir toute la richesse de la ligne ondoyante; — elle ne paraissait nullement embarrassée, et l'imperceptible rose de ses joues n'avait pas une nuance de plus: seulement le battement un peu précipité de son coeur faisait trembler le contour de son sein gauche.

Le jeune enthousiaste de la beauté ne pouvait rassasier ses yeux d'un pareil spectacle: nous devons dire, à la louange immense de Rosalinde, que cette fois la réalité fut au-dessus de son rêve, et qu'il n'éprouva pas la plus légère déception.

Tout était réuni dans le beau corps qui posait devant lui: — délicatesse et force, forme et couleur, les lignes d'une statue grecque du meilleur temps et le ton d'un Titien. — Il voyait là, palpable et cristallisée, la nuageuse chimère qu'il avait tant de fois vainement essayé d'arrêter dans son vol: — il n'était pas forcé, comme il s'en plaignait si amèrement à son ami Silvio, de circonscrire ses regards sur une certaine portion assez bien faite, et de ne la point dépasser, sous peine de voir quelque chose d'effroyable, et son oeil amoureux descendait de la tête aux pieds et remontait des pieds à la tête, toujours doucement caressé par une forme harmonieuse et correcte.

Les genoux étaient admirablement purs, les chevilles élégantes et fines, les jambes et les cuisses d'un tour fier et superbe, le ventre lustré comme une agate, les hanches souples et puissantes, la gorge à faire descendre les dieux du ciel pour la baiser, les bras et les épaules du plus magnifique caractère; — un torrent de beaux cheveux bruns légèrement crêpelés, comme on en voit aux têtes des anciens maîtres, descendait à petites vagues au long d'un dos d'ivoire dont il rehaussait merveilleusement la blancheur.

Le peintre satisfait, l'amant reprit le dessus; car, quelque amour de l'art qu'on ait, il est des choses qu'on ne peut pas longtemps se contenter de regarder.

Il enleva la belle dans ses bras et la porta au lit; en un tour de main il fut déshabillé lui-même et s'élança à côté d'elle.

L'enfant se serra contre lui et l'enlaça étroitement, car ses deux seins étaient aussi froids que la neige dont ils avaient la couleur. Cette fraîcheur de peau faisait brûler d'Albert encore davantage et l'excitait au plus haut degré. — Bientôt la belle eut aussi chaud que lui. — Il lui faisait les plus folles et les plus ardentes caresses. — C'étaient la gorge, les épaules, le cou, la bouche, les bras, les pieds; il eût voulu couvrir d'un seul baiser tout ce beau corps, qui se fondait presque au sien, tant leur étreinte était intime. — Dans cette profusion de charmants trésors, il ne savait auquel atteindre.

Ils ne séparaient plus leurs baisers, et les lèvres parfumées de la Rosalinde ne faisaient plus qu'une seule bouche avec celle de d'Albert; — leurs poitrines se gonflaient, leurs yeux se fermaient à demi; — leurs bras, morts de volupté, n'avaient plus la force de serrer leurs corps. — Le divin moment approchait: — un dernier obstacle fut surmonté, un spasme suprême agita convulsivement les deux amants, — et la curieuse Rosalinde fut aussi éclairée que possible sur ce point obscur qui l'inquiétait si fort.

Cependant, comme une seule leçon, si intelligent qu'on soit, ne peut pas suffire, d'Albert lui en donna une seconde, puis une troisième… Par égard pour le lecteur, que nous ne voulons pas humilier et désespérer, nous ne porterons pas notre relation plus loin…

Notre belle lectrice bouderait à coup sûr son amant si nous lui révélions le chiffre formidable où monta l'amour de d'Albert, aidé de la curiosité de Rosalinde. Qu'elle se souvienne de la mieux remplie et de la plus charmante de ses nuits, de cette nuit où… de cette nuit de laquelle l'on se souviendrait pendant plus de cent mille jours, si l'on n'était mort depuis longtemps; qu'elle pose le livre à côté d'elle, et suppute sur le bout de ses jolis doigts blancs combien de fois l'a aimée celui qui l'a le plus aimée, et comble ainsi la lacune que nous laissons dans cette glorieuse histoire.

Rosalinde avait de prodigieuses dispositions, et fit en cette nuit seule des progrès énormes. — Cette naïveté de corps qui s'étonnait de tout et cette rouerie d'esprit qui ne s'étonnait de rien formaient le plus piquant et le plus adorable contraste. — D'Albert était ravi, éperdu, transporté, et aurait voulu que cette nuit durât quarante-huit heures, comme celle où fut conçu Hercule. — Cependant, vers le matin, malgré une infinité de baisers, de caresses, de mignardises les plus amoureuses du monde et bien faites pour tenir éveillé, après un effort surhumain, il fut obligé de prendre un peu de repos. Un doux et voluptueux sommeil lui toucha les yeux du bout de l'aile, sa tête s'affaissa, et il s'endormit entre les deux seins de sa belle maîtresse. — Celle-ci le considéra quelque temps avec un air de mélancolique et profonde réflexion; puis, comme l'aube jetait ses rayons blanchâtres à travers les rideaux, elle le souleva doucement, le reposa à côté d'elle, se dressa, et passa légèrement sur son corps.

Elle fut à ses habits et se rajusta à la hâte, puis revint au lit, se pencha sur d'Albert, qui dormait encore, et baisa ses deux yeux sur leurs cils soyeux et longs. — Cela fait, elle se retira à reculons en le regardant toujours.

Au lieu de retourner dans sa chambre, elle entra chez Rosette. — Ce qu'elle y dit, ce qu'elle y fit, je n'ai jamais pu le savoir, quoique j'aie fait les plus consciencieuses recherches. — Je n'ai trouvé ni dans les papiers de Graciosa, ni dans ceux de d'Albert ou de Silvio, rien qui eût rapport à cette visite. Seulement une femme de chambre de Rosette m'apprit cette circonstance singulière: bien que sa maîtresse n'eût pas couché cette nuit-là avec son amant, le lit était rompu et défait, et portait l'empreinte de deux corps. — De plus, elle me montra deux perles, parfaitement semblables à celles que Théodore portait dans ses cheveux en jouant le rôle de Rosalinde. Elle les avait trouvées dans le lit en le faisant. Je livre cette remarque à la sagacité du lecteur, et je le laisse libre d'en tirer toutes les inductions qu'il voudra; quant à moi, j'ai fait là-dessus mille conjectures, toutes plus déraisonnables les unes que les autres, et si saugrenues que je n'ose véritablement les écrire, même dans le style le plus honnêtement périphrase.

Il était bien midi lorsque Théodore sortit de la chambre de Rosette. — Il ne parut pas au dîner ni au souper. — D'Albert et Rosette n'en semblèrent point surpris. — Il se coucha de fort bonne heure, et le lendemain matin, dès qu'il fit jour, sans prévenir personne, il sella son cheval et celui de son page, et sortit du château en disant à un laquais qu'on ne l'attendit pas au dîner, et qu'il ne reviendrait peut-être point de quelques jours.

D'Albert et Rosette étaient on ne peut plus étonnés, et ne savaient à quoi attribuer cette étrange disparition, d'Albert surtout qui, par les prouesses de sa première nuit, croyait bien en avoir mérité une seconde. Sur la fin de la semaine, le malheureux amant désappointé reçut une lettre de Théodore, que nous allons transcrire. J'ai bien peur qu'elle ne satisfasse ni mes lecteurs ni mes lectrices; mais, en vérité, la lettre était ainsi et pas autrement, et ce glorieux roman n'aura pas d'autre conclusion.

Chapitre 17

«Vous êtes sans doute très surpris, mon cher d'Albert, de ce que je viens de faire après ce que j'ai fait. — Je vous le permets, il y a de quoi. — Parions que vous m'avez déjà donné au moins vingt de ces épithètes que nous étions convenus de rayer de votre vocabulaire: — perfide, inconstante, scélérate, — n'est-ce pas? — Au moins, vous ne m'appellerez pas cruelle ou vertueuse, c'est toujours cela de gagné. — Vous me maudissez, et vous avez tort. - - Vous aviez envie de moi, vous m'aimiez, j'étais votre idéal; — fort bien. Je vous ai accordé sur-le-champ ce que vous demandiez; il n'a tenu qu'à vous de l'avoir plus tôt. J'ai servi de corps à votre rêve le plus complaisamment du monde. — Je vous ai donné ce que je ne donnerai assurément plus à personne, surprise sur laquelle vous ne comptiez guère et dont vous devriez me savoir plus de gré. — Maintenant que je vous ai satisfait, il me plaît de m'en aller.

«Qu'y a-t-il de si monstrueux?

«Vous m'avez eue entièrement et sans réserve toute une nuit; — que voulez-vous de plus? Une autre nuit, et puis encore une autre; vous vous accommoderiez même des jours au besoin. — Vous continueriez ainsi jusqu'à ce que vous fussiez dégoûté de moi. — Je vous entends d'ici vous écrier très galamment que je ne suis pas de celles dont on se dégoûte. Mon Dieu! de moi comme des autres.

«Cela durerait six mois, deux ans, dix ans même, si vous voulez, mais il faut toujours que tout finisse. — Vous me garderiez par une espèce de sentiment de convenance, ou parce que vous n'auriez pas le courage de me signifier mon congé. À quoi bon attendre d'en venir là?

«Et puis, ce serait peut-être moi qui cesserais de vous aimer. Je vous ai trouvé charmant; peut-être, à force de vous voir, vous eussé-je trouvé détestable. — Pardonnez-moi cette supposition. — En vivant avec vous dans une grande intimité, j'aurais sans doute eu l'occasion de vous voir en bonnet de coton ou dans quelque situation domestique ridicule et bouffonne. — Vous auriez nécessairement perdu ce côté romanesque et mystérieux qui me séduit sur toutes choses, et votre caractère, mieux compris, ne m'eût plus paru si étrange. Je me serais moins occupée de vous en vous ayant auprès de moi, à peu près comme on fait de ces livres qu'on n'ouvre jamais parce qu'on les a dans sa bibliothèque. — Votre nez ou votre esprit ne m'aurait plus semblé à beaucoup près aussi bien tourné; je me serais aperçue que votre habit vous allait mal et que vos bas étaient mal tirés; j'aurais eu mille déceptions de ce genre qui m'auraient singulièrement fait souffrir, et à la fin je me serais arrêtée à ceci: — que décidément vous n'aviez ni coeur ni âme, et que j'étais destinée à n'être pas comprise en amour.

«Vous m'adorez et je vous le rends. Vous n'avez pas le plus léger reproche à me faire, et je n'ai pas le moins du monde à me plaindre de vous. Je vous ai été parfaitement fidèle tout le temps de nos amours. Je ne vous ai trompé en rien. — Je n'avais ni fausse gorge ni fausse vertu; vous avez eu cette extrême bonté de dire que j'étais encore plus belle que vous ne l'imaginiez. — Pour la beauté que je vous donnais, vous m'avez rendu beaucoup de plaisir; nous sommes quittes: — je vais de mon côté et vous du vôtre, et peut-être que nous nous retrouverons aux antipodes.

«Vivez dans cet espoir.

«Vous croyez peut-être que je ne vous aime pas parce que je vous quitte. Vous reconnaîtrez plus tard la vérité de ceci. — Si j'avais moins fait de cas de vous, je serais restée, et je vous aurais versé le fade breuvage jusqu'à la lie. Votre amour eût été bientôt mort d'ennui; — au bout de quelque temps, vous m'auriez parfaitement oubliée, et, en relisant mon nom sur la liste de vos conquêtes, vous vous seriez demandé: Qui diable était donc celle- ci? — J'ai au moins cette satisfaction de penser que vous vous souviendrez de moi plutôt que d'une autre. Votre désir inassouvi ouvrira encore ses ailes pour voler à moi; je serai toujours pour vous quelque chose de désirable où votre fantaisie aimera à revenir, et j'espère que, dans le lit des maîtresses que vous pourrez avoir, vous songerez quelquefois à cette nuit unique que vous avez passée avec moi.

«Jamais vous ne serez plus aimable que vous l'avez été dans cette soirée bienheureuse, et, quand même vous le seriez autant, ce serait déjà l'être moins; car, en amour comme en poésie, rester au même point, c'est reculer. Tenez-vous-en à cette impression, — vous ferez bien.

«Vous avez rendu difficile la tâche des amants que j'aurai (si j'ai d'autres amants), et personne ne pourra effacer votre souvenir; — ce seront les héritiers d'Alexandre.

«Si cela vous désole trop de me perdre, brûlez cette lettre, qui est la seule preuve que vous m'ayez eue, et vous croirez avoir fait un beau rêve. Qui vous en empêche? La vision s'est évanouie avant le jour, à l'heure où les songes rentrent chez eux par la porte de corne ou d'ivoire. — Combien sont morts qui, moins heureux que vous, n'ont pas même donné un seul baiser à leur chimère!

«Je ne suis ni capricieuse, ni folle, ni bégueule. — Ce que je fais est le résultat d'une conviction profonde. — Ce n'est point pour vous enflammer davantage et par un calcul de coquetterie que je me suis éloignée de C***; n'essayez pas de me suivre ou de me retrouver: vous n'y réussirez pas. Mes précautions pour vous dérober mes traces sont trop bien prises; vous serez toujours pour moi l'homme qui m'a ouvert un monde de sensations nouvelles. Ce sont là de ces choses qu'une femme n'oublie pas facilement. Quoique absente, je penserai souvent a vous, plus souvent que si vous étiez avec moi.

«Consolez au mieux que vous pourrez la pauvre Rosette, qui doit être au moins aussi fâchée que vous de mon départ. Aimez-vous tous deux en souvenir de moi, que vous avez aimée l'un et l'autre, et dites-vous quelquefois mon nom dans un baiser.»

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