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Les Divins Oracles de Zoroastre

Les Epigrammes.

Reading edition

A Monseigneur Davanson, President du grand Conseil.

J'ay des neuf Seurs eu quelque fois faveur (Noble Seigneur, prudent et honorable) Qu'ayez trouvé en mes Escrits saveur Qui sont sacrez à ce Roy venerable, Mais le Scavoir qui vous rend admirable, Meritoit bien stile plus doux coulant Que n'est le mien, pour d'oeuvre perdurable Magnifier vostre nom excellant. Si doy je bien me monstrer vigilant A honorer par humble obeissance Vostre Scavoir des vertus distillant, Dont noblement vous avez jouissance, Combien que j'aye entiere cognoissance Que vous ayez un fruict plus savoureux De l'Olivier plein de resjouissance, Duquel seroit Apollon amoureux. Quand toutefois de ce fruict bien heureux De l'Olivier, qui pres de vous fleuronne, Vous aurez pris le plaisir plantureux, En luy offrant du Laurier la Couronne, Qui dignement son front sainct environne, Je vous supply un peu baisser voz yeux Sur les Escritz qu'humblement je vous donne, Vous soubhétant toute faveur des Cieux.

A Monseigneur M. Jean Bertrand Lieutenant Criminel de Paris.

La Prophetique Escriture Ordonne judicature D'hommes puissans, non pollus, Craignans Dieu, loing d'avarice, Pour administrer Justice, Comme estans de Dieu eslus. Ceste grand Divinité Qui est une en trinité, Pour l'heur de la Republique Juge à Paris vous debvoit, Ou droict aller on vous voyt Sans chercher la voye oblique. Et avec vostre prudence Joincte à la Jurisprudence Dont voz sens sont penetrez, Vostre grand perfection Conjoinct la dilection Des lettres, et des lettrez. Voyla pourquoy ma Minerve Un los Eternel reservé Aux excellentes vertus, Dont par un don admirable De Dieu aux bons favorable Vous avez les sens vestus. Pour la grand felicité De la plus noble Cité Dont nous ayons cognoissance, Ceux qui vivent sagement Desirent fort longuement Vous voir en convalescence. De ma part, sachant combien Merite d'honeur et bien Vostre constance immobile, Je pry ce divin Recteur Qu'il vous soit distributeur De l'age de la Sibylle.

A Monseigneur de Frelu General de Lyon.

Sachant combien ce Thresorier illustre Du Bourg, cognoist vostre perfection D'hommes rassis au rang avoir grand lustre, Et cognoissant la grand dilection De vos deux cueurs par ferme affection, Ne doy je pas orner mon escriture Des dons exquis par admiration Qu'avez receus par graces de Nature? Certes ouy, car si l'architecture Des grands Palais Royaux est belle à voir, De vostre Esprit (O noble Creature) En plus grand pris fault la science avoir. Royaux Palais peuvent fin recevoir, Mais vostre Esprit est d'une vigueur telle, Que de la Mort l'audacieux pouvoir N'abolira vostre grace immortelle.

A Monseigneur Godefroy, Conseiller du Roy, au Chastellet de Paris.

Sonnet.

Si quelque fois la grand maturité Des Loix & Droicts, ou vostre estat s'applique Pour l'entretien d'une grand Republique, Donne repos à vostre auctorité, Je vous supply par la benignité Qui tant vous rend humain et pacifique, De voir un peu mon oeuvre Poetique, C'est Zoroastre ou gist divinité. En le lisant, s'il vous plaist en gré prendre L'humilité, laquelle je doy rendre A voz vertus, d'un cueur obeissant, J'ay bon espoir que vous verrez autre oeuvre Par cy apres, qui publie et descueuvre Aux successeurs vostre nom florissant.

A Monseigneur Hector Maniquet, Secretaire de ma Dame la Duchesse de sainct Paul.

Minerve un jour visitoit les fontaines Que de ses piedz feit le cheval volant, Ou les neuf Seurs, doctes, sainctes, haultaines, Faisoient chapeaux de Laurier excellant. Pallas leur dict, O Troupeau vigilant Incessament à toute chose bonne, Je vous supply que vostre main ordonne A mon Hector le Chapeau de hault pris, Cela fut faict, du Laurier la Couronne Sur vostre front des lors son siege a pris.

A Monseigneur de Luce, Secretaire de Monseigneur le Prince de Ferrare.

Résusciter il faudroict Apelles Pour paindre au vif vostre magnificence, Ou l'excellant graveur Praxiteles Pour à jamais graver vostre excellence En Marbre fin, car la supresme Essence Vous a donné telle perfection (Trescher Seigneur) que la mettre en silence, N'est au Scavoir porter dilection.

A Monseigneur Garnier Parisien, Receveur des Tailles.

Comme les grains sont gardez au Grenier Pour des humains estre la nourriture, En vous ainsi (noble Seigneur Garnier) Sont conservez plusieurs dons de Nature. Telle saveur portez à l'Escriture En rejectant les thresors d'avarice, Que ceux qui ont des lettres l'exercice, Doibvent trop mieux graver qu'en Marbre fin Les dons divins, qui sont en vous sans vice, Et qui par Mort ne peuvent prendre fin.

A Monseigneur de Fontenay Secretaire du Roy de Navarre.

Bien sainctement nous a faict à scavoir Celluy Caton qui l'Esprit endoctrine, Qu'en nous de Mort une image on peut voir, Si nostre Esprit demeure sans Doctrine. Celluy qui seul aveugles illumine, De hault Scavoir vous a tant exorné, Que vous estiez du tout predestiné A faict fruict d'escriture honorable En la maison de ce Roy tant bien né Des Navarroys, d'honeur incomparable.

A Monseigneur Lopin, Conseiller en la Court de Parlement.

Sonnet.

Comme au matin la rubiconde Aurore Donne splendeur au Monde spacieux, Comme au Printemps le Soleil gracieux, De rayons d'Or cest univers decore, La grand douceur qui les prudens honore Vostre renom faict voler jusqu'aux Cieux, Et au Senat vous rend plus precieux Que l'Argent pur, ne que l'Or fin encore. Tels Senateurs que vous, ou grace abonde, Sont estimez une perle en ce Monde, Loing d'avarice, et pres de charité, Aussi celluy qui recompensera Le bien et mal, vostre ame poulsera Au sainct repos du lieu de Verité.

A Monseigneur Carles, Secretaire de Monseigneur le Prince de Condé.

Sonnet.

Celluy qui peut toutes choses donner, Vous a pourveu d'une telle sagesse, D'un tel esprit, d'une telle largesse, De tant de dons qui me font m'estonner, Que je ne puis par escrit ordonner Si hault honeur, que meritez sans cesse, Representant tout acte de Noblesse, Qui faict par tout vostre nom résonner. Si l'Orateur dont l'Arpine se vente Vivoit encor, par sa bouche éloquente Il ne pourroit réciter voz valeurs, Parquoy bien plus on trouveroit estrange. Si je pouvois paindre vostre louange (Comme il convient) de bien vifves couleurs.

A Monseigneur, Francois Charpillet, Lyonnois.

Comme l'amoureuse Abeille Du doux Miel qu'elle appareille Nous donne un goust savoureux, Et comme d'Atlas les Filles En leurs beaux jardins fertiles Recueillent l'Or plantureux, Ainsi de vostre clemence S'espand par tout la semence, Et de vostre Esprit gentil, Dont pour louer voz merites, Il me faudroit des Carites Avoir stile plus subtil. Si est ce que les neuf Seurs Qui ont tesmoignages seurs De vostre tant noble zele, Feront poetiques vers Deubs à voz honeurs divers Avec louange éternelle.

A monsieur M. Guillaume Oger, Procureur au Chastellet de Paris.

Doy je effacer de silence De voz graces l'excellence, O sage et prudent Oger, Qui exerceant la pratique, Loing de dol et fraude inique Faictes les proces juger? Vostre nature n'est telle De chercher faulse cautelle, Et toute déception, Car selon jurisprudence Vous monstrez vostre prudence En vostre vocation. Oultre vous aymez les Muses Qui voz louanges diffuses, Et ce qu'avez merité Par mes vers annonceront, Et vostre nom laisseront Aux yeux de posterité.

A monseigneur l'Enfant, Secretaire de monseigneur le Cardinal de Lorraine.

Sonnet.

Esprit bien né, aux lettres florissant, Si autrefois vostre benigne grace, A pris en gré tous mes sermons d'Horace, Ovide aussi voué au Roy puissant, Je vous supply, de vostre obeissant Voir le labeur, qui ses autres efface, Bien humblement il s'offre à vostre face, C'est un labeur d'un Philosophe yssant. Long temps y à que debteur je me sens A vostre Esprit tant noble entre cinq cens, Et le Scavoir qui vous monstre honorable, Merite bien que je vous soys donneur De quelque escrit, qui rendra vostre honeur Aux successeurs dignement perdurable.

A monseigneur Bertrand Thresorier du Roy.

On dict bien vray que l'oeuvre est couronné De bonne fin, pour la fin de mon livre J'ay ce petit Epigramme ordonné En vostre nom digne de tousjours vivre: Car l'Eternel qui ses graces vous livre, Au rang heureux des hommes non pollus, Le sainct Nectar qui mect l'ame à delivre, Ja vous prepare avec tous ses Eslus.

Aux Compaignons de l'imprimerie.

Le boys tortu croissant parmy la vigne Duquel Bacchus a esté plantateur, Et dont on boyt aussi droict qu'une ligne, Faict parler l'homme ainsi qu'un Orateur. O mes amys, je suis vostre debteur, Pour le travail que prenez à ceste heure, Buvez à moy, soulageans le labeur, Si qu'une goutte en voz Pots ne demeure.

A monseigneur, Claude de Granval, maistre d'hostel de ma dame la Duchesse d'Aumale.

Que n'ay je du Grec Pindare L'eloquence Riche et rare Pour mieux chanter vostre nom, Cher Seigneur, duquel la grace Tant de merites ambrace Par un immortel renom? Que n'ay je la plume exquise De Ciceron tant requise Au facond stile latin, Pour, au desir qui me presse, Chanter de vostre maistresse La grandeur, soir et matin? Ou que ne suis je à Mauni Avec vous d'un cueur uni Dessoubs la fresche Ramee, Pour escrire la beauté, La douceur, la privauté De ceste Duchesse aymee? Je dy de ceste Duchesse Loise, dont la Richesse Fondee en toute vertu Monstre l'honeur admirable De la grace incomparable Dont son Esprit est vestu. Si ay je bien ceste envie Que quelque jour de ma vie A Mauni vous me voyez, Et que la sur la verdure Alors que le Printemps dure Mes joyeux Sonnetz oyez. Ce sont Sonnetz Poetiques, Et sentences heroiques, Pour tout courroux appaiser, Ou gist l'honeur de ma Dame, Dont le nom tourné, sans blasme Contient: Loy de se baiser. Ce ne sera sans escrire Quelque chose, pour bien rire, Avec tous voz alliez, De Boyssay tant estimable, Et des Houlles honorable N'y seront point oubliez. Tandis celluy qui domine Terre et Ciel, et illumine Les Espris des ignorans Permette à vostre noblesse Que vous passiez en liesse Du Facond Nestor les ans.

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